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Auteur/autrice : admin_lvdr

La chaîne trophique des étangs
Cet article est le premier d’une série qui devrait nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement biologique des étangs et autres lacs et gravières et ainsi de mieux les gérer ou, au minimum, de mieux les pêcher. Il a été écrit par deux hommes de terrain habitués à travailler en partenariat sur des diagnostics de plans d’eau. Cette première partie, ainsi que la seconde à venir, aborde la chaîne trophique des étangs. Même si elle présente un caractère un peu austère, elle est un préalable indispensable à quiconque a l’ambition de comprendre le fonctionnement d’une pièce d’eau. La dernière partie s’attachera à décrire des aspects plus pratiques, à savoir la description des principaux dysfonctionnements et de leurs causes, la description des remédiations envisageables pour rétablir une situation d’équilibre.
Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet
L’étang est, pour certains une étendue d’eau mystérieuse et muette inspirant une forme de mélancolie, pour d’autres un « réservoir à moustiques » trouble et stagnant entouré de roseaux de piètre utilité, ou encore, un milieu envasé et fréquenté par des espèces peu attractives. L’étang, c’est aussi le souvenir des baignades estivales, des parties de pêche au bouchon avec le grand-père, des pique-niques au bord de l’eau. C’est encore des idées de valorisation diverses et variées parfois un peu contre nature. L’étang ne laisse personne indifférent, mais peu d’entre nous comprennent réellement ce qui se passe sous son miroir et sur ses berges. Il peut receler des richesses insoupçonnées ou être complètement stérile, seuls les observateurs les plus avertis feront la différence.
Les étangs ont un mécanisme de fonctionnement complexe. Il est d’ailleurs difficile de parler d’ »étang » au singulier, tant leurs types sont variés : en effet, le milieu aquatique ne peut être envisagé indépendamment de son contexte environnemental naturel, et le cas échéant des perturbations anthropiques (perturbations liées à l’activité humaine) qui y sont associées.
Dans un souci de schématisation, on peut toutefois définir trois grands types d’étangs à partir de leur fonctionnement hydrologique :
– ceux qui disposent d’une arrivée d’eau permanente (source ou cours d’eau), avec un taux de renouvellement variable selon les situations,
– ceux dont l’alimentation est assurée par le seul ruissellement pluvial sur le bassin versant,
– ceux en relation avec une nappe alluviale (gravières) ou phréatique.
Il apparaît d’emblée des profils très différents. Cette première approche est ensuite nuancée par des paramètres de deux ordres :
– facteurs exogènes (extérieurs), tels que l’altitude, l’ensoleillement, le type de couverture végétale périphérique, la qualité des intrants, la nature géologique des sols, les activités humaines,
– facteurs endogènes (intérieurs), comme la profondeur, la surface, le peuplement végétal ou piscicole, le cycle hydrologique, le mode de gestion.
Il ressort de cette vision très synthétique une multitude de situations différentes. Chaque étang est particulier et l’approche de sa gestion nécessite une démarche unique, a fortiori si l’on intègre la dimension essentielle qu’est la vocation qui lui sera dévolue.
Au sein de l’étang lui-même et en excluant dans un premier temps toute notion d’environnement périphérique, il est possible de séparer un certain nombre de compartiments : l’eau, le sédiment, le phytoplancton, le zooplancton, les macrophytes, le poissons, l’avifaune et les autres espèces animales. Cette fragmentation est volontairement simplifiée, car nous verrons que les niveaux décrits sont étroitement interdépendants dans le cadre de la chaîne trophique (chaîne alimentaire). Nous traiterons de l’eau et du sédiment dans cette première partie.
L’eauIl est inutile de préciser à quel point la qualité de cet élément est essentielle au bon fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble. C’est au travers de ses paramètres physico-chimiques que l’on va l’apprécier.
S’il est évident qu’une eau « pure » est souhaitée dans le contexte particulier de certaines utilisations comme la baignade ou la pêche des salmonidés, les fourchettes de valeur données ci-après sont davantage typiques d’un milieu équilibré au sens biologique du terme, et favorable à ce titre au développement harmonieux de la biocénose (ensemble des organismes vivants).
La température
Hormis les plans d’eau alimentés par des intrants (sources) à température constante, généralement froide et avec un fort taux de renouvellement, la température de l’eau d’un étang évolue selon les saisons et les localisations géographiques de 2 à 30 °C. La plupart des espèces autochtones (salmonidés exclus) tolèrent de telles amplitudes thermiques. L’activité des poissons est très réduite en-dessous de 5 °C et les développements trophiques les plus harmonieux sont rencontrés dans une fourchette de 15 à 25 °C. La température est un élément primordial, à la base de la notion de gestion. Toute intervention sur l’étang intègrera ce paramètre.
L’oxygène
C’est un autre élément essentiel, dont la teneur dans l’eau est le fruit d’un subtil équilibre intégrant les apports (échanges air-eau, photosynthèse) et les pertes (respiration végétale nocturne, dégradation organique et consommation par les autres composants de la biocénose). Si l’on exclut arbitrairement toute intervention des organismes vivants, l’état d’équilibre optimal est rencontré pour une saturation de l’eau à 100 %. Ce niveau de saturation étant lui-même lié à la température de l’eau et à la pression atmosphérique. A titre d’exemple, à pression atmosphérique constante (760 mm de mercure), la saturation en oxygène est de 14.5 mg/l à 0 °C. Elle descend à 9.1 mg/l à 20 °C, et 7.5 mg/l à 30 °C… L’agitation moléculaire, source de dégazage, augmente avec la température et entraîne donc une baisse du niveau de saturation de l’eau. On rencontre également de façon habituelle des sursaturations en oxygène (150 % et plus), corrélées à une activité photosynthétique intense dans des eaux généralement chaudes. Pour ces raisons, toute mesure brute du taux d’oxygène (en mg/l) doit être rapportée au pourcentage de saturation, donnée beaucoup plus éloquente et donc utilisable. On considère de façon générale qu’un taux d’oxygène de 6 mg/l et plus est optimal pour la vie piscicole. Bien que nombre d’espèces soient capables d’accepter ponctuellement des taux très faibles (2mg/l ou moins sur de courtes périodes). Les salmonidés introduits dans les réservoirs ont des exigences nettement supérieures aux poissons d’étangs.
Le pHCe paramètre mesure le niveau d’acidité de l’eau. La fourchette considérée comme idéale se positionne dans une gamme de 6,5 à 9, la neutralité se situe à 7. Le pH est étroitement lié à la nature de l’environnement : un sol tourbeux ou une forêt de résineux sur le bassin versant généreront par exemple de l’acidité. Il est aussi lié à la photosynthèse qui au contraire le fait augmenter, à la qualité de l’eau (pouvoir-tampon), etc. De manière générale, toute consommation d’oxygène par les organismes vivants entraîne une diminution du pH (rejet de dioxyde de carbone qui est un acide faible) et à l’inverse toute production d’oxygène (photosynthèse avec consommation du CO2) génère une augmentation de ce dernier. Ceci explique les variations diurnes et nocturnes du pH dans un même étang. Le pH peut être corrigé (notamment lorsqu’il est acide) par des apports extérieurs. Les eaux alcalines (pH basique supérieur à 7) présentent globalement un potentiel productif supérieur. La tolérance des poissons admet des fourchettes s’étendant pratiquement de 4,5 à 10 (à nuancer selon les espèces).
L’azote
Cet élément peut être présent dans l’eau sous quatre formes essentielles : ammoniac, ion ammonium, nitrites, nitrates. Résultant de la dégradation des déchets organiques ou du métabolisme des êtres vivants, l’ammoniac est un composé toxique pour les poissons, contrairement à sa forme ionisée (ammonium). Son ionisation est facilitée par des pH acides. Les bactéries naturellement présentes dans le milieu (nitrosomonas et nitrobacter) oxydent ensuite l’azote pour le transformer en nitrites (toxiques, mais cet état est normalement fugace), puis en nitrates valorisables par les végétaux. Cet élément est l’une des bases de la chaîne trophique. La présence d’ammoniac ou de nitrites témoigne soit d’une pollution extérieure, soit d’un déséquilibre du milieu, consécutif classiquement à une surpopulation piscicole et/ou à un défaut d’oxygène.
Le phosphoreLe phosphore mérite une attention toute particulière, dans la mesure où il peut être à l’origine de perturbations débouchant sur des déséquilibres importants : en effet, le développement harmonieux des populations phytoplanctoniques (plancton végétal) est conditionné par le rapport phosphore/azote qui se situe idéalement dans une fourchette de 1/4 à 1/10. À défaut, on peut voir apparaître des espèces indésirables de phytoplancton : les cyanophycées, impasses dans la chaîne trophique car peu consommées et potentiellement toxiques (nous aurons l’occasion d’en parler longuement dans les prochains articles).
Le calcium
C’est un élément également essentiel pour la productivité primaire (production de phytoplancton). Il est souvent stocké au niveau du sédiment. On retiendra comme base un taux de Calcium (Ca) de l’ordre de 10 mg/l. Son taux permet d’apprécier la dureté de l’eau. Il joue un rôle essentiel dans le piégeage sédimentaire du phosphore.
Ces divers paramètres ou éléments sont étroitement imbriqués et conditionnent l’équilibre ou le déséquilibre d’un milieu suite à leur utilisation par la biocénose.
On citera, pour mémoire, un certain nombre d’autres paramètres comme : la conductivité qui lorsqu’elle est élevée constitue un marqueur de pollution, hors cas des eaux fortement minéralisées à l’état naturel ; les Demandes Biologique et Chimique en Oxygène (DBO et DCO témoins de l’altération de la qualité biologique ou chimique du milieu) qui doivent rester dans des gammes basses, ou encore les Matières En Suspension (MES) dont l’augmentation du taux entraîne un phénomène de turbidité (perte de transparence) peu propice au développement harmonieux du phyto- plancton.
Le sédiment
Ce second compartiment est essentiel à plus d’un titre. C’est au niveau du sédiment que l’on rencontre les micro-organismes responsables de la dégradation de la matière organique, ainsi que les bactéries impliquées dans le cycle de l’azote. Ces organismes trouvent là un support pour se fixer, se développer. La fine couche productive située à la surface du sédiment, à l’interface avec l’eau, est une véritable « usine à recycler ». Elle est très mince et ne mesure que quelques millimètres mais conditionne le fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble.
Le sédiment est composé d’une fraction minérale : sables, graviers, limons… d’une fraction organique et d’eau contenue surtout dans l’ »éponge » constituée par la matière organique. La matière organique du sédiment est pour partie inerte (issue de la dégradation des feuilles, des herbiers, du phytoplancton et des êtres vivants… tombés au fond de l’eau une fois morts) et pour partie vivante (macro-invertébrés benthiques colonisant le substrat, phytoplancton se développant à la surface du sédiment, bactéries…).
Nombre d’éléments minéraux cités auparavant transitent par le sédiment où ils peuvent être piégés, c’est le cas en particulier du phosphore et du calcium, puis relargués consécutivement à des variations de paramètres physico-chimiques (augmentation de la température, baisse du taux d’oxy-gène…). Le sédiment est donc loin d’être inerte et il convient de prendre en considération l’importance des transferts qu’il réalise avec l’eau.
A l’interface du sédiment, les micro-organismes responsables de la dégradation de la matière organique ont besoin, pour la plupart d’entre eux, d’oxygène pour se développer et « travailler », ce qui est le cas en particulier pour les bactéries du cycle de l’azote (qui ont un métabolisme qualifié d’aérobie). À défaut, ce sont des processus fermentaires qui vont apparaître (anaérobiose ou absence d’air), avec leur cortège caractéristique de déséquilibres et de désagréments olfactifs (odeur d’œuf pourri de la vase par exemple).
Pour être imagé, un processus de dégradation aérobie d’une masse de matière organique est « rapide » et produit, à l’image d’un feu de bois, son petit tas de cendres résiduel, alors qu’un processus anaérobie est très long, ne dégrade rien et transforme la matière organique en une masse imposante de vase ou de tourbe ou, à l’échelle géologique, de charbon ou de pétrole qui ne sera apte à se dégrader qu’une fois de nouveau en contact avec de l’oxygène.
Au fond des plans d’eau anciens, l’accumulation de matière organique morte génère souvent une anoxie (absence d’oxygène) quasi-permanente. Ce simple constat nous permet par exemple de tordre immédiatement le cou à des pratiques abusives consistant à proposer à des gestionnaires de plans d’eau de recourir, sans autres formes de remédiations, à des cocktails de bactéries aérobies pour réduire l’envasement et dynamiser le milieu en digérant la matière organique. Tout apport de nouvelles bactéries ne représente, dans un tel contexte, qu’un cataplasme sur une jambe de bois, elles ne survivront pas plus que les autres. Si l’on ajoute à cela que certaines préconisations sont faites en l’absence d’analyse permettant de connaître la fraction organique du sédiment, on assiste parfois à des traitements bactériens réalisés sur un comblement d’origine minérale. Dans ce cas, les bactéries sont totalement inopérantes pour dévaser car, même si elles sont boostées, elles ne peuvent toujours pas dévorer les limons, le sable et les graviers ! On trouve enfin dans le sédiment un ensemble d’organismes de petite taille regroupés sous l’appellation de « benthos ». Il s’agit de vers, de crustacés, de larves, de mollusques, dont certains sont détritivores et participent activement à ce titre à la dégradation de la matière organique. Tous ces organismes ont besoin d’oxygène (à des degrés divers) pour se développer.
Carnassiers : l’hiver saison morte ? pas si sûr !
Eaux claires, températures glaciales, rien n’encourage le pêcheur aux leurres à aller au bord de l’eau tant l’activité des carnassiers semble ralentie. Pourtant, quelques bonnes surprises nous y attendent, à condition d’arriver à analyser les différences notoires de comportement, comparé à la pêche pratiquée durant le reste de l’année.
Par Achille Gan
Avouons-le, l’hiver n’est tout de même pas la meilleure saison de l’année pour pêcher aux leurres. Les bass à grande bouche semblent avoir disparu et le brochet, la perche et le sandre, qui sont plus mordeurs, restent difficiles à décider. On le sait, les pêches aux appâts naturels à poste fixe sont généralement plus efficaces face à des poissons peu mobiles, au métabolisme quasi léthargique. Cependant, pour qui est observateur et curieux d’infirmer des idées et des concepts largement répandus depuis des lustres, il peut être intéressant de forcer ses habitudes. L’obstination et un choix tactique judicieux pourraient bien se solder par un de vos plus gros poissons de l’année.
Orienter sa recherche
La météo et la température de l’eau des sites sont importantes et elle orienteront vos choix. La partie méridionale de la France est privilégiée car elle offre de réelles possibilités de pêche aux leurres durant ces mois hivernaux (pendant la fermeture du brochet, seulement dans les eaux échappant à la loi pêche, bien entendu). Même si cela ne représente que quelques jours par-ci par-là, c’est toujours bon à prendre ! Au nord de la Loire, l’apathie des bass et leur densité moindre prédéterminent les poissons recherchés vers les percidés et notre esocidé « national ». Après le chamboulement naturel des couches d’eau appelé turn-over, on a assisté à une période où les poissons ont été sont désorientés et assez difficilement accessibles. L’hiver est maintenant bien installé et, de janvier à mi-mars, il faut surveiller attentivement l’arrivée de périodes stables et ensoleillées pour ressortir le matériel en profitant des heures les plus chaudes de la journée. C’est dans les petites pièces d’eau (étangs, lacs, reculs) qu’il faudra vous diriger en priorité. A moins d’en avoir une bonne connaissance, les grands lacs (naturels ou de barrage) rendent la localisation longue et hasardeuse pour de si courtes journées. Nous le savons tous, le black-bass à grande bouche est un poisson dont l’optimum thermique, autrement dit sa zone de confort concernant la température de l’eau, se situe plutôt au-dessus de 20 °C que des températures à un chiffre que nous rencontrerons la plupart du temps ! On dit habituellement que sous la barre des 10 °C le bass entre dans une sorte de léthargie et cesse de s’alimenter. Si cela a été scientifiquement démontré, profitons du fait qu’il est capable de ressentir des différences de températures de l’ordre de un demi-degré et qu’il est bien adapté au climat hexagonal. Il se remettra en activité alimentaire de temps en temps, à l’occasion d’un réchauffement régulier de certaines zones d’un site.
Le brochet, le sandre et les perches maintiennent une activité élevée un peu plus longtemps durant la saison froide, mais on remarquera que les variations de pression atmosphérique et les mouvements d’eau qui y sont souvent associés (coloration, hausse du débit) se révèlent capitaux pour déclencher des périodes plus fastes, dont il faudra profiter. Les rives Nord et Est sont celles qui sont les plus exposées au soleil, il y a donc de grandes chances qu’elles soient encore pourvues de proies (écrevisses, poissonnets) que les carnassiers ne manqueront pas de venir rechercher. Une zone refuge, souvent profonde de plus de 5 m, donnant accès à un plateau littoral placé sur ces rives, constitue à coup sûr un fameux spot ! Repérez la première cassure, ou la seconde en cas de grandes profondeurs, et exploitez la zone au spinnerbait, crankbait grand plongeur ou au lipless en prospectant lentement avec des leurres de grande taille. Les spinnerbaits seront des 5/8 oz (17g) au minimum, l’idéal étant de présenter ce type de leurre en slow-rolling près du fond. Les tailles 21 ou 28 g (3/4 ou 1 oz) seront donc les plus appropriées. J’utilise depuis leur sortie sur le marché les Hula Shad River2Sea (renommés Crystal Spin cette année) qui sont distribués par Sakura. Ils possèdent un centre de gravité très bas, pour coller au fond, et de grandes palettes double willow parfaitement adaptées aux récupérations très lentes recommandées en slow rolling. Leur épingle spécifique et leur émerillon à roulement à bille optimisent la mise en action des palettes et leurs capacités vibratoires. En ce qui concerne les poissons nageurs, des cranks volumineux comme les fameux DD22, les Mad Pepper ou les Hi Dep Crank 88 sont mes préférés pour le brochet. Pour les sandres et les perches, un lipless crank type LV300, LV500, Twin Vib 65 ou Glassie Vib 50 reste plus efficace tant pour trouver les poissons mordeurs assez rapidement que pour en décider de plus apathiques repérés au sondeur.
En eaux claires, des leurres aux couleurs naturelles ou nacrées conviennent bien pour simuler la robe des poissons-fourrage. Sélectionnez sans hésiter des coloris plus flashants comme les « tiger » et leurs diverses variations, si l’eau est teintée ou la lumière moins vive. Ne négligez pas non plus les leurres de couleur noire ou les combinaisons « noir/bleu » et surtout « noir/rouge » car vous vous priveriez d’un grand nombre de touches.
Si les pratiques « horizontales » ne donnent rien, un leurre souple de type worm monté en drop shot ou un modèle pisciforme sur tête plombée prendra le relais en verticale. N’oubliez pas d’inspecter les postes encombrés de ces rives ensoleillées avec des rubber jigs équipés de trailers en couenne de porc (c’est l’idéal en hiver) ou constitués d’un leurre souple assez volumineux (écrevisse Talon 120 et 140 par exemple). Les écrevisses représentent des proies faciles à capturer pour de nombreux prédateurs et elles sont présentes dans la majorité de nos milieux aquatiques. Il se peut parfois que des herbiers de fond composés de myriophylles et de potamots persistent dans ces fosses jusqu’à de grandes profondeurs si l’eau est claire. Il faudra s’y attarder et jouer du sondeur et du marqueur pour les exploiter au mieux. Le poisson-fourrage y trouve refuge et nourriture, les carnassiers aussi ! Commencez par en exploiter les bordures externes, exposées aux vents dominants, puis en l’absence de touches explorez-en les parties centrales et les anses intérieures abritées. Plus encore qu’en été, en atteignant les extrêmes thermiques supportés par les poissons, des précautions s’imposent en veillant à limiter les stress métaboliques qui leurs sont imposés. Abrégez le combat, réduisez au maximum les séances photo et libérez impérativement sur le lieu de capture votre prise, « réanimée » au besoin. Si vous pêchez profond, sachez que la décompression qu’il subit en remontant des profondeurs provoque l’exorbitation des yeux, un gonflement des viscères et de la vessie gazeuse. Faire du « catch and release », c’est bien, mais avec ces poissons et à partir de 10 mètres, les chances de survie diminuent proportionnellement avec l’augmentation de la profondeur et ce, de façon drastique. Pensez-y !
Un concours culinaire pour promouvoir une pêche responsable
A l’occasion du salon Prorestel, qui s’est tenu le 28 février dernier, les professionnels de la restauration ont honoré quatre jeunes chefs français et six élèves en lycée hôtelier lors de la remise des prix du concours « Produits de la mer durables ». Originalité de ce prix : les concurrents ont dû travailler des produits de la mer respectueux des ressources aquatiques. Ils ont reçu le précieux Graal de la main d’Olivier Roellinger, chef des Maisons de Bricourt à Cancale, vice-président de l’association Relais & Châteaux et parrain du concours, l’un des représentants les plus importants de la cuisine française contemporaine. Plus de 50 jeunes chefs de moins de trente ans et élèves d’écoles hôtelières de la France entière ont participé à la première édition de ce concours culinaire national organisé par l’Alliance Produits de la mer (un programme de l’ONG Seaweb) et l’Ecole Ferrandi, une école de cuisine parmi les plus réputées de France. Les candidats ont dû argumenter le choix de l’espèce travaillée sur des critères de durabilité devant un jury de professionnels. Saluons un moyen original de sensibiliser les chefs et les futurs chefs sur les dangers qui pèsent sur les ressources aquatiques. Bravo donc aux organisateurs et aux participants.
Les lauréats :
Catégorie des professionnels de moins de 30 ans
1er prix : Jean-Louis Hello, second de cuisine, « Henri et Joseph », Lorient.
Catégorie élèves pré-bac
1er prix : Sébastien Renard du lycée hôtelier du Touquet
Catégorie élèves post-bac
1er prix : Dimitri Vitry du lycée hôtelier de Saint-Paul, La Réunion.
Renseignements :

Le parc naturel marin des Glorieuses voit le jour
Ce sera probablement l’une des dernières annonces de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) en tant que ministre, puisqu’elle rejoint l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. NKM a annoncé le 22 février la création d’un quatrième parc marin en France, le deuxième dans l’Océan Indien. Le parc naturel marin des Glorieuses, dans les Terres australes et antarctiques françaises, accueille un récif de 17 km de long et d’une superficie de 165 km² qui sert de refuge à de nombreuses espèces. Située à l’entrée du canal du Mozambique, dans l’Océan Indien, la zone protégée s’étend jusqu’à la limite de la zone économique exclusive. Il couvre plus de 43 000 km². « Situé dans un archipel quasi indemne, cet espace emblématique par la richesse de sa biodiversité marine constitue une référence sur le plan mondial et une extraordinaire plate-forme pour la recherche scientifique » a déclaré NKM.
Photo :
© Serge Gélabert
Haute-Vienne : les ateliers Pêche Nature de la fédération ouvrent le 4 avril
A partir du mercredi 4 avril, la Fédération de pêche de la Haute-Vienne propose ses ateliers Pêche Nature afin d’initier le plus grand nombre aux mystères du milieu aquatique et aux finesses des différentes techniques de pêche.
Situées à Aixe-sur-Vienne (sur le plan d’eau d’Arliquet) et à Bessines-sur-Gartempe (sur le plan d’eau de Sagnat), deux écoles de pêche seront ouvertes à tous (à partir de 8 ans), jeunes et adultes, tous les mercredis après-midi hors périodes de vacances scolaires. L’encadrement est assuré par deux animateurs de la fédération et par des bénévoles formés. Vous pouvez suivre les actualités de cette fédération dynamique sur sa page Facebook, ainsi que sur son site Internet.
Renseignements :
Tél. : 05 55 06 34 77 ou 05 55 06 08 18
Mail : [email protected]

Politique : il n’existe plus de ministère de l’Environnement
Nommée porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) a quitté le ministère du Développement durable jeudi 23 février. Face à la presse et aux membres de son cabinet, et en présence du ministre des Transports Thierry Mariani et du ministre du Logement, Benoist Apparu, NKM a remis les clés de son ministère au Premier ministre François Fillon. « J’ai souhaité quitter le ministère pour éviter le mélange des genres, a indiqué NKM. » Il n’y a donc plus aujourd’hui de ministère de l’environnement, le Premier ministre ayant précisé qu’il ne lui avait « pas semblé raisonnable de nommer un nouveau ministre pour quelques semaines ». Rien à voir avec la soudaine aversion de notre Président de la République pour les questions d’écologie et qui déclarait il y a peu : « L’environnement, ça commence à bien faire ! » ?
Photo : © Guillaume Leborgne / Photorail

Le catalogue Cormoran 2012 vient de sortir
La marque Allemande Cormoran, filiale de Daiwa, a publié un catalogue à l’usage du grand public. On y trouve tous les produits de la marque : cannes, moulinets, fils, leurres, hameçons, épuisettes, bagagerie, vêtements, amorces, détecteurs de touche, etc. Ce pavé de 300 pages présente près de 6 000 références pour toutes les pêches et est accessible sur le site Internet de Daiwa France (Liens ci-dessous).
Renseignements :

Leurres à brochet : les 50 indispensables
Parmi la multitude de leurres qui peuvent faire prendre des brochets, seules quelques dizaines se détachent nettement du lot. Ce dossier, dont le but est de permettre aux pêcheurs de ne pas se tromper lors des achats, met en évidence des leurres dont la plupart commencent à dater un peu. Ils demeurent des valeurs sûres que, souvent, les créations nouvelles n’égalent pas.
La pêche aux leurres connaît un engouement certain de la part des pêcheurs depuis une dizaine d’années en France et un peu partout en Europe. Basée sur un modèle américano-japonais, cette technique consiste à créer des nages de leurres non répétitives qui sont censées surprendre le carnassier. Le brochet réagit très bien à ce principe. Les leurres japonais modernes sont donc quasiment tous conçus sur ce modèle, à l’exception des cranckbaits, des lipless et de certains swimbaits, pour des raisons techniques. C’est l’évolution des premiers poissons nageurs, dotés alors d’une nage régulière et d’une vitesse de nage invariable. Dans les années 1990, les concepteurs japonais ont décuplé la possibilité de nage des leurres. Seiji Kato, le plus doué d’entre eux, avait alors mis au point la plus fabuleuse des gammes de leurres jamais inventée pour le compte de Lucky-Craft. Plus de quinze ans plus tard, les B’Freeze, Sammy, Flash Minnow ou encore le lipless D-15 restent parmi ce qui se fait de mieux. Les brochets ne font pas partie des poissons qui s’adaptent très rapidement à la nage des leurres au point de s’en méfier (le silure est autrement plus doué pour refuser en moins d’une saison ce qu’il voit passer un peu trop souvent).
Les brochets réagissent de façon positive à certains leurres qui leur plaisent dans la mesure où ils sont actifs. Car le plus denté des carnassiers reste très lunatique, alternant de grandes périodes de faible activité et quelques moments de folie au cours de la saison. Dans tous les cas, autant pêcher avec les bons leurres pour mettre toutes les chances de son côté. Ce dossier fait également apparaître que les produits qui traversent les années sans souffrir de la concurrence sont toujours ceux dont les créateurs ne se sont pas contentés de copier l’existant, mais qui ont imaginé un concept nouveau et fait l’effort de le développer.
De la bonne utilisation de chaque modèle :
Un très bon leurre ne l’est que s’il est utilisé à bon escient. Pêcher avec un leurre de surface dans dix mètres d’eau n’est pas très logique. Dans la pratique, les erreurs sont nombreuses et elles nous indiquent à quel point la pêche aux leurres demande de la précision dans l’utilisation des différents modèles. Prenons, par exemple, le cas des chatterbaits, ces jigs ultra-vibrants, si efficaces pour débusquer des brochets qui se tiennent dans des herbiers très denses. En eaux libres, ils font souvent figure d’épouvantail.

La pêche au plomb palette
En ces temps où tout pêcheur au leurre qui se respecte se doit d’avoir une panoplie complète des derniers leurres souples ou durs du marché, le plomb palette aussi simple et dépouillé que bon marché a un petit côté insolent. D’autant qu’assez souvent il prend plus de poissons que des leurres bien plus sophistiqués. Encore faut-il y croire et bien l’animer.
Par Philippe Collet
J’aime bien le côté rétro et simple du plomb palette, digne de l’époque où je rêvais à des pêches extraordinaires en feuilletant les pages pêche du catalogue Manufrance ou de l’unique revue La Pêche et les poissons qui nous décrivait la pêche des perches au guignol. Le plomb palette appelé parfois plomb à dandiner n’a pas vieilli. Il revient en force au goût du jour. Encore utilisé couramment dans certaines régions pour pêcher la perche et le sandre, il semble avoir été remis sur le devant de la scène par Christian Cochard, guide de pêche de Corrèze qui a développé une gamme de modèles avec la Société Delalande. Ce leurre très simple est en même temps très moderne. Il est notamment utilisé régulièrement par les compétiteurs carnassiers, à qui il permet de sauver des manches, voire de gagner certains concours. J’avais beau avoir entendu parler de ces leurres, en avoir même acheté quelques-uns, je n’y croyais pas vraiment et les avais laissés au fond de mes boîtes, pensant qu’ils pouvaient certainement fonctionner dans les rassemblements de perches, en lacs de barrage par exemple.
A l’occasion d’un salon, alors que j’expliquais à Guillaume Legarrec (guide de pêche salarié de l’office de tourisme d’Evreux) mes difficultés à leurrer les sandres, le long des palplanches, dans les canaux proches de chez moi, il m’avait répondu sans hésiter : « Plomb palette ! Essaye au plomb palette, tu les prendras ! » Sur le salon suivant, il m’en avait rapporté quelques-uns tous montés et m’avait expliqué brièvement, mais de façon assez démonstrative, l’animation.
De retour chez moi, je réalisai rapidement une petite sortie en canal, en fin de journée et eus l’agréable surprise de leurrer deux jolis sandres au ras du bord. Depuis j’ai repris des sandres, mais aussi des perches, quelques brochets dont plusieurs m’ont coupé net, et même une brème (par la gueule bien sûr). Je peux vous dire que maintenant j’y crois !
Le plombLe plomb palette est une petite pyramide allongée, percée dans son sommet. Sa face est large et plate, en forme de triangle. Ses côtés sont fins et arrondis ou biseautés. Sa base est biseautée. Avec une telle forme, la base, plus large donc plus lourde, va redescendre la première sur les relâchers. Puisqu’elle est biseautée, elle va avoir tendance à décrocher si elle prend assez de vitesse. Un plomb palette animé lentement ou plutôt mollement ne sera que rarement pêchant. Il se contentera de monter et descendre dans un plan strictement vertical. Si l’animation est plus rapide et surtout plus saccadée, il décrochera de façon complètement imprévisible et deviendra beaucoup plus attractif. Les plombs les plus classiques pèsent de 10 à 20 grammes. Face à l’engouement de plus en plus important pour cette technique, on trouve maintenant sur le marché des plombs de 7,5, 9,5, 12, 15,5, 22 et, grande nouveauté, 31 et 41 grammes chez Delalande (a priori le seul fabricant). Les petits grammages 7,5 à 12 seront préférés pour les pêches du bord dans peu d’eau et, en lancer ramener, les grammages plus importants pour les pêches en bateau ou des pêches plus lourdes du bord. Les plombs de 31 et 41 grammes trouveront certainement leurs inconditionnels pour les pêches en bateau dans les grandes rivières à courant soutenu, et pourquoi pas en mer. La première réaction lorsqu’on a ce plomb en main, c’est de vouloir le gratter, lui coller des plaques imitant des écailles pour le rendre brillant ou le peindre. Il semble que la couleur terne naturelle soit encore celle qui marche le mieux.
Ce petit leurre est capable de prendre de beaux sandres ou brochets, probablement parce qu’il colle bien à la taille des petits alevins que consomment parfois ces derniers. Un plomb palette bien animé peut ressembler à un alevin en perdition.
Le montageLes montages diffèrent quelque peu d’un utilisateur à l’autre mais le principe de base est très simple. En partant de la canne, on enfile le plomb, une perle, un morceau de gaine plastique de couleur, puis on noue un hameçon triple. On rabat ensuite la gaine sur l’hameçon, dont on recouvre la hampe. Cette gaine sert à éloigner le triple du plomb, elle est coupée de telle façon qu’une fois le montage terminé l’hameçon triple dépasse du bas du plomb. Certains, dont Christian Cochard, pincent un plomb fendu entre la perle et le plomb palette éloignant alors un peu plus le morceau de gaine et le triple. Il m’est arrivé, un soir où je n’avais ni gaine ni plombs fendus dans ma boîte, de réaliser un montage complètement dépouillé comportant le plomb, une perle butant sur une ligature et un triple sur un fluorocarbone solide de 35 centièmes. J’ai pris deux sandres ce soir-là, ce qui m’a convaincu de l’efficacité du plomb palette à lui tout seul.
Pour le montage, vous veillerez à utiliser un fil suffisamment gros et rigide pour permettre, lorsque vous tiendrez le montage par le fil, que la gaine soit presque perpendiculaire au plomb et ne retombe pas à plat le long de celui-ci. C’est un aspect important. Avec un fil suffisamment rigide, le triple est bien mieux placé, et les poissons chipoteurs, qui attirés par le plomb tapent seulement dans la gaine, se prennent bien mieux. N’hésitez pas à réaliser vos montages avec un morceau de fluorocarbone de 30 à 35 centièmes, dont la dureté (permettant une bonne résistance à l’usure liée au passage répété du plomb et aux frottements sur le fond), la rigidité et la discrétion vous permettront de meilleurs résultats. Certains, comme Guillaume (qui pêche souvent en Seine avec des plombs assez lourds de 20 à 25 grammes), doublent un fluorocarbone de 30 centièmes sur 15 cm au-dessus du triple. Ils le torsadent puis le nouent. Ils augmentent ainsi encore sa rigidité, sa résistance à l’usure et se font un peu moins couper par les brochets. Veillez à bien déboucher le trou du plomb palette, voire à l’agrandir pour que ce dernier coulisse bien sur le fil et ne voie pas sa nage entravée.
L’émerillonVous pouvez préparer d’avance des montages sur un morceau de fil d’environ 70 à 80 cm terminé par un émerillon et les stocker, soit sur un petit dévidoir de pêche au coup, soit dans un petit sachet plastique. Ainsi, vous pourrez en changer facilement en cours de pêche en les raccordant directement au bout de votre ligne.
Personnellement, je ne m’encombre pas toujours de l’émerillon, notamment lorsque je pêche en canal du bord à courte distance, voire à l’aplomb de mon scion, car les risques de voir le plomb tourner et vriller la ligne sont minimisés. J’évite ainsi de taper l’anneau de tête de ma canne avec l’émerillon en voulant ramener le leurre en bout de scion. S’il est bien animé, un plomb palette ne tourne pas beaucoup, mais part plutôt de droite à gauche en une série de zigzags. Dans les grands courants, en profondeur et en lancer ramener, il est recommandé d’utiliser un émerillon pour éviter de vriller son fil ou sa tresse.Ajouter un leurre
En plus de la gaine, il est possible de placer un leurre sur l’hameçon triple, mais vous veillerez à ce que celui-ci ne soit pas trop gros. N’oubliez pas que c’est avant tout le plomb qui « pêche ». Un plomb palette fonctionnera bien s’il n’est pas bridé ou ralenti dans sa chute. Aussi, lorsqu’on lui adjoint un leurre un peu gros, de type virgule de 10 cm par exemple, on casse son action. Certes, on peut encore prendre du poisson, mais on aurait été probablement plus efficace en armant le leurre avec une simple tête plombée. Guillaume aime particulièrement ajouter un petit poulpe blanc par-dessus le tube. Celui-ci n’entrave pas la nage du leurre et ses tentacules viennent recouvrir l’hameçon triple et ajouter un signal supplémentaire. Ce petit teaser peut être pris même à l’arrêt, lorsque le plomb touche le fond. Dans ce cas, le bon coulissement du fil à travers le trou du plomb est un atout pour une bonne prise en gueule par le poisson. N’hésitez pas à varier les montages en changeant de grammage et de couleur de tube ou de poulpe. Les tubes ont un diamètre d’environ 3 mm. Ils peuvent être en silicone, en latex ou en caoutchouc de différentes couleurs. La plus courante est le rouge, mais vous pourrez la changer pour du blanc, du jaune, du chartreuse transparent, du rose… D’après Guillaume, qui a un bon retour d’expérience avec ses collègues de pêche, la couleur a son importance, surtout sur les perches. Un poste qui a donné quelques poissons et s’est tari peut redonner de suite des poissons sur un simple changement de couleur de gaine. Comme pour la pêche de la truite au streamer en réservoir ou la pêche des bars à l’anguillon, il faut trouver la bonne couleur. Souvent, cela permet un meilleur score, parfois c’est indispensable pour prendre un poisson. Essayez de pêcher à deux sur un même poste et n’utilisez pas la même couleur, vous trouverez ainsi plus vite celle qui marche le mieux. Utilisez des hameçons triples suffisamment gros, de taille 4 ou 6 pour le sandre, 6 pour la perche et les plombs de petits grammages. Pour la perle, choisissez-la si possible en verre, car elle va cliqueter contre le plomb en rendant le montage plus attractif.
L’animation
Le plomb palette n’est pas un leurre qui pêche « seul ». S’il est d’une sobriété déconcertante, il n’est efficace que correctement animé. Il est très attractif à la descente à condition d’avoir cette nage erratique que seul peut lui permettre un fil détendu. Toute la subtilité de son animation réside dans la capacité du pêcheur à accompagner au plus près sa descente, sans la brider, tout en étant très proche du contact, pour sentir les touches et pouvoir ferrer. Il faut trouver le juste milieu. A la montée, il faut taper un peu dans le leurre une ou plusieurs fois en le tirant vers le haut pour le faire virevolter, avant de le relâcher à nouveau en contrôlant sa descente. Une animation molle ne réussira pas à ce leurre, elle doit être sèche. Son amplitude peut par contre être minimaliste, en alternant des pauses sur le fond et des sauts de 10 cm, ou plus ample en s’échelonnant sur 50 cm. Le plomb palette peut être animé verticalement sous un bateau ou à l’aplomb d’un quai ou d’une structure. Il peut aussi être lancé et ramené. L’animation du plomb palette peut encore se faire en pleine eau, lorsque les poissons ne sont pas collés au fond. C’est toutefois essentiellement une pêche de fond qui donne de bons résultats en période froide, quand les carnassiers sont en bas de la couche d’eau. Lorsqu’on sait les poissons présents sur un poste ou que le poste est très marqué et prometteur, il convient d’insister et d’alterner les rythmes et amplitudes d’animation et les couleurs.
La canne
Pour pêcher efficacement et aussi confortablement, vous rechercherez une canne courte, d’action de pointe très marquée, avec une bonne réserve de puissance dans les deux tiers arrière. Sur les animations, seul le bout du scion doit travailler, permettant un contact subtil avec le plomb. Au ferrage, la puissance du reste du blank permet d’ancrer l’hameçon. La canne travaille ensuite sur toute sa longueur pour contrer les rushs des plus beaux poissons. Lorsqu’il pêche au « plomb pal », Guillaume utilise exclusivement la Spécialist Sinker Jig de Pezon et Michel. Cette petite canne de 1,95 m a été conçue par Jérôme Riffaud, un de ses collègues occasionnels de pêche, pour cette technique spécifique. Cette canne est particulièrement réussie. Il existe de multiples autres cannes pouvant convenir à cette technique sur le marché, notamment des cannes verticales en action médium heavy. Merci à Guillaume pour le partage de son expérience.

Les performances des crankbaits grands plongeurs
Nombreux sont les pêcheurs qui hésitent à utiliser des poissons nageurs pour pêcher près du fond de peur de les perdre dans des obstacles. Par solution de facilité et souci d’économie, ils attachent un leurre souple alors que d’autres solutions, souvent beaucoup plus efficaces, s’offrent à eux : ce type de pêche est le domaine des crankbaits grands plongeurs.
Par Alban Choinier
Imaginez un leurre qui se lance superbement bien, qui soit solide, qui flotte à l’arrêt, qui descende rapidement, qui puisse racler le fond tout en passant au-dessus des obstacles sans s’accrocher. Quel bonheur ! Et bien ce leurre existe, c’est un crankbait grand plongeur !
A quoi ressemble un crankbait ?
La famille des crankbaits est très vaste et il existe une multitude de variations autant en matière de taille que de forme ou de nage. Mais en règle générale, on peut distinguer un crankbait d’un autre poisson nageur par son allure très ramassée (souvent du type »boule ») et par le fait qu’il flotte. Comme pour tous les poissons nageurs, c’est la longueur de la bavette et son inclinaison qui vont modifier la profondeur de nage. Nous ne nous intéresserons ici qu’aux crankbaits grands plongeurs, ceux qui vont nager de 1,5 m mètre de profondeur jusqu’à plus de 6 m pour certains. On reconnaît ces leurres grands plongeurs par la taille importante de leur bavette qui mesure la plupart du temps plus de la moitié de la longueur de leur corps.
Pourquoi peut-il passer dans les obstacles ?
Les crankbaits destinés à plonger profondément sont conçus pour aller heurter le fond et débusquer les poissons qui s’y trouvent. L’attache de la ligne est située sur la bavette et non sur la tête du leurre comme dans la plupart des cas. Ainsi, l’eau appuyant fortement sur la bavette, les crankbaits grands plongeurs vont nager quasiment à la verticale : la bavette vers le bas et l’arrière du leurre vers la surface. Quand le leurre va heurter le fond et nager, les deux triples ventraux seront donc situés au-dessus du fond, parallèles à la surface (suite au déplacement) et seront protégés par le corps et la bavette du leurre. D’ailleurs, pour les crankbaits grands plongeurs qui sont bien conçus, la bavette ainsi que le corps du leurre sont un peu plus large que l’hameçon triple ventral afin d’éviter les accrochages. Imaginez un crankbait en train de nager et de heurter des blocs rocheux ou des souches : il va avancer avec la bavette vers le bas et les triples vers le haut, seule la bavette heurte les obstacles, les triples étant »cachés » derrière son corps. De plus, les crankbaits sont très flottants, ils remontent donc très rapidement vers la surface quand on arrête la récupération. Si jamais votre crank passe derrière un rocher ou une grosse branche, il suffit de garder le fil tendu et d’attendre qu’il remonte pour qu’il passe derrière l’obstacle.
Quelle différence avec un leurre souple ?
Les leurres souples peuvent eux aussi passer facilement à travers des obstacles, tout comme les crankbaits, mais ils déplacent très peu d’eau et nécessitent une animation lente. A l’inverse, les crankbaits, comme beaucoup de poissons nageurs, sont bruyants dans l’eau et vous permettent de pêcher assez rapidement. En résumé, mieux vaut utiliser un leurre souple quand vous savez où se trouvent les poissons (pour explorer un arbre mort par exemple), mais si vous devez pêcher de grandes étendues et prospecter rapidement, un crankbait grand plongeur sera de loin le plus performant. En une heure de pêche, vous lui aurez facilement fait parcourir un kilomètre et ce chemin parcouru représente un grand nombre de chances de croiser la route d’un poisson en chasse.
Quelle est la meilleure animation ?
Le crankbait est un des rares leurres qui ne nécessite pas d’animation particulière. Quand vous le ramenez en le faisant taper au fond, il faut même éviter au maximum de l’animer. En effet, avec une récupération linéaire, il va venir heurter le fond, les triples bien protégés derrière la bavette et le corps du leurre. Si vous commencez à l’animer alors que vous traversez un »champs de mines » (racines, souches, rocaille…), le leurre va avoir tendance à tourner sur lui-même et les triples ne seront plus protégés… avec des conséquences souvent désastreuses pour l’intégrité de votre boîte à leurres ! En revanche, on peut très bien varier la vitesse de récupération, ou faire de courtes pauses pendant lesquelles le crank va légèrement remonter. Quand je pêche au crankbait, j’utilise systématiquement une astuce qui m’a rapporté un nombre incalculable de touches : quand le leurre arrive presque à l’aplomb du bateau ou de la berge, je l’arrête une seconde et donne deux petits coups de scion avant de terminer par une récupération linéaire. Il arrive bien souvent que les poissons suivent votre leurre sur une grande distance sans jamais le croquer. En procédant comme expliqué précédemment, vous allez donner au crank un changement brusque de nage et de vitesse qui peut décider le prédateur à attaquer avant que sa proie ne lui échappe.
Pour quel poisson ?Tous les poissons carnassiers sans exception peuvent attaquer un crankbait. Les modèles grands plongeurs sont excellents pour pêcher les poissons qui se tiennent près du fond comme les sandres ou les silures ou pour aller chercher ceux qui s’y cachent à certaines périodes comme les brochets, les black-bass, les perches ou les truites. Peu de pêcheurs pêchent la truite avec des crankbaits alors que c’est à mon avis un des leurres les plus performants pour aller chercher le poisson directement dans sa cache. Si vous pêchez un fond en sable ou en vase, votre crank va soulever de petits nuages de sédiments chaque fois qu’il va heurter le fond, mimant ainsi un poisson en train de se nourrir et d’attirer les prédateurs. Quand vous heurtez les cailloux, c’est le bruit de la bavette tapant la roche qui sera attractif. Il arrive même de temps à autre que l’on capture une carpe, une brème et très régulièrement des barbeaux qui n’hésitent pas à gober une petite bouchée devant leur museau.
Quel modèle choisir ?Il est bien sûr nécessaire d’adapter la taille à l’espèce recherchée. Si vous cherchez par exemple le black bass, la perche, le chevesne, la truite ou l’aspe, vous allez plutôt pêcher avec des cranks dont la taille du corps sera comprise entre 2 et 4 cm alors que pour le brochet ou le silure, les cranks dont le corps mesure jusqu’à 10 cm de long seront les mieux adaptés. On choisit la profondeur de nage du leurre par rapport à la profondeur moyenne de la zone de pêche. Si la profondeur moyenne est de 2 mètres, vous allez attacher à votre canne un crankbait qui plongera à 2,5 mètres. Ainsi, vous serez sûr de toucher rapidement au fond sur l’ensemble de la zone. Quand la bavette heurte le substrat, il suffit de ralentir la cadence de récupération pour que la flottaison importante du leurre compense la profondeur de nage. En ce qui concerne les sons que produisent les cranks, il en existe de toutes sortes : des non bruiteurs, avec un son clair et d’autres avec un son sourd. En règle générale, plus les poissons sont éduqués, plus le milieu est calme et plus on cherche à utiliser un leurre silencieux. À l’opposé, plus les poissons sont vierges, plus la zone de pêche est mouvementée (aval de barrage, courant puissant, vagues…) et plus on cherchera à avoir un leurre bruyant. Les sons clairs ayant tendance à être beaucoup plus rapidement assimilés par les poissons au danger que les sons sourds. La famille des crankbaits est tellement vaste qu’il existe beaucoup d’autres façons de les utiliser. Mais la technique dite à »gratter » le fond avec des crankbaits très plongeants est assez peu pratiquée alors que c’est une méthode absolument redoutable, surtout à l’arrivée de l’hiver qui refroidit les eaux et entraîne les poissons vers les profondeurs. Ne moulinez pas trop vite, suivez bien les mouvements de votre leurre et ferrez à la moindre sensation suspecte !