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  • Mouche noyĂ©e, vive les cannes Ă  deux mains lĂ©gĂšres !

    Mouche noyée, vive les cannes à deux mains légÚres !

    D’un point de vue historique, les longues cannes Ă  mouche font partie de notre patrimoine halieutique pour pĂȘcher Ă  la mouche noyĂ©e. Les “pelaudes” limousines et bretonnes n’avaient pas que des dĂ©fauts et avec les matĂ©riaux actuels une canne de 13 pieds reste trĂšs maniable. Saumonier mais avant tout pĂȘcheur de truites et d’ombres, spĂ©cialiste de la pĂȘche Ă  la mouche noyĂ©e, Claude Ridoire nous vente les mĂ©rites des longues cannes dites “à deux mains”, dont la qualitĂ© des dĂ©rives est incomparable.

    Par Claude Ridoire

    La technique de la mouche noyĂ©e requiert un Ă©quilibre de l’ensemble : canne, soie, bas de ligne, particuliĂšrement soignĂ©. L’approche matĂ©riel de cette technique de pĂȘche est trĂšs spĂ©cifique. Dans nos grandes riviĂšres du Sud-Ouest (Garonne, gaves, Dordogne
), et durant la pĂ©riode printaniĂšre des deux Ă  trois mois qui suivent l’ouverture mais aussi pendant celle de pĂȘche de l’ombre Ă  l’automne, les niveaux d’eau consĂ©quents font appel Ă  la pĂȘche en dĂ©rive aval sous toutes ses formes. PĂȘcher de larges et puissantes riviĂšres au niveau d’eau soutenu n’est pas une mince affaire. Aussi, l’utilisation d’une longue canne est indispensable Ă  bien des Ă©gards. Les matĂ©riaux dont on dispose actuellement donnent naissance Ă  des engins parfaitement utilisables toute la journĂ©e. Cette dĂ©marche, bien que trĂšs ancienne, devient de plus en plus rare, au profit de techniques qui ressemblent de moins en moins Ă  de la pĂȘche Ă  la mouche. Et pourquoi ne pas tenter de se ressourcer dans cette technique de la mouche noyĂ©e avec une canne de grande longueur ?


    Historique

    Il reste encore quelques cannes vestiges des Ă©coles limousines ou bretonnes au fond des greniers ou au-dessus des cheminĂ©es en guise d’ornement. Le bambou noir et le roseau Ă©taient largement utilisĂ©s en dĂ©but du siĂšcle dernier. Certains scions Ă©taient Ă©laborĂ©s avec des baleines de parapluie ! L’ensemble mesurait au total quatre bons mĂštres en deux piĂšces. RaccordĂ©es d’abord par “splice” ou sifflet, les viroles sont ensuite apparues. DĂšs les annĂ©es 1950, la fibre de verre et le Conolon ont permis des montages plus lĂ©gers. Leur action lente n’était pas d’un maniement aisĂ©, mais s’adaptait aussi Ă  des pĂȘches plus naturelles, telle la volante, ou aux esches naturelles. Dans le Limousin, la pelaude, utilisĂ©e d’abord par les moucheurs d’Eymoutiers, appelĂ©s pelauds, Ă©tait accusĂ©e de vider la VĂ©zĂšre, la LuzĂšge, et on la redoutait jusqu’en CorrĂšze !
    DĂšs le dĂ©but des annĂ©es 80 et en dĂ©pit de l’avĂšnement du carbone, quasiment aucun monteur ou fabricant artisanal ne s’intĂ©ressait Ă  ces grandes barres. Cependant, Jacky Montagnac, fin moucheur et grand preneur de truites corrĂ©zien, avait rĂ©ussi, Ă  force de conviction et de savoir-faire, avec le prĂ©cieux concours toutefois de Guy Plas, l’élaboration d’une canne mesurant 13,1 pieds. Outre sa dĂ©coration artistique (les fameux Ă©maux), elle Ă©tait et reste encore une canne d’une extraordinaire efficacitĂ© pour la pĂȘche Ă  la mouche noyĂ©e en grande riviĂšre. EquipĂ©e d’une soie n° 5 ou 6, elle autorise des lancers de grande longueur. Sa diffusion restreinte et son utilisation consi-dĂ©rĂ©e comme anachronique Ă  l’époque en ont fait une canne plus que rare et donc trĂšs chĂšre sur le marchĂ© de l’occasion. Depuis, le carbone a largement Ă©voluĂ©. Toutefois les carbones hauts modules n’ont jamais eu mes faveurs, mais certaines des fibres rĂ©centes mises au point par les pĂȘcheurs Ă  l’anglaise ou au toc sont vraiment dignes d’ĂȘtre habillĂ©es pour un moucheur recherchant l’efficacitĂ© dans de longues dĂ©rives vers l’aval. Hormis pour les pĂȘcheurs de poissons migrateurs utilisant de lourdes soies n° 8 Ă  12, la canne Ă  deux mains en carbone n’a jamais attirĂ© les foules pour pratiquer avec des soies lĂ©gĂšres n° 5 ou 6. Quel dommage !

    Les avantages de la canne Ă  deux mains

    Ainsi, avant les annĂ©es 80, c’est la polyvalence qui prĂ©valait pour ces longues barres. Aussi efficaces Ă  la mouche sĂšche qu’à la mouche noyĂ©e ou qu’avec des esches  naturelles, elle constituait l’unique canne des coureurs de riviĂšres. Petit Ă  petit, la multiplication des cannes “à une main” de courte longueur a relĂ©guĂ© les longues barres traditionnelles Ă  l’état de relique. Mais  c’est avant tout l’évolution des techniques de pĂȘche qui leur a Ă©tĂ©  fatale. Les pĂȘches Ă  la nymphe “au fil” et la pĂ©nĂ©tration – fort dommageable – des pĂȘcheurs Ă  la mouche dans le lit des cours d’eau par l’usage exagĂ©rĂ© du wading ont privĂ© la mouche noyĂ©e de ses lettres de noblesse. Sa rĂ©elle efficacitĂ© pour les longues dĂ©rives, mĂȘme avec des puissance de 5 Ă  6, est surprenante. Pour ĂȘtre nĂ© dans un vĂ©ritable moulin, j’ai toujours Ă©vitĂ© autant que possible de pĂ©nĂ©trer dans l’eau, car il y a aussi des poissons sur les bordures

    La gestuelle qui entoure ces grandes cannes, outre le fait qu’elle vous replonge immĂ©diatement dans le rĂȘve d’un pĂšlerinage pour migrateurs lointains, est des plus agrĂ©ables. Dans la longueur de base de 13 pieds (3,90 m), c’est en fait une canne Ă  une main et demie
 La courte poignĂ©e basse sous le moulinet n’est en rĂ©alitĂ© qu’un simple pivot pour la deuxiĂšme main. Ce type de canne relativement lĂ©gĂšre de 110 Ă  160 g reste maniable Ă  une seule main pour les petits coups jusqu’à une dizaine de mĂštres.


    Les deux types de pĂȘche Ă  la mouche noyĂ©e

    MĂȘme si le sujet du jour tourne particuliĂšrement autour d’un type de matĂ©riel spĂ©cifique pour pĂȘche lĂ©gĂšre, il me paraĂźt nĂ©anmoins opportun, au passage, de bien distinguer les deux types de pĂȘche en noyĂ©e. La base de cette technique, dite pĂȘche imitative, consiste Ă  faire dĂ©river sous peu d’eau l’imitation du moment. Dans ce cas, alourdir le bas de ligne ou, pire, lester les mouches ne peut que nuire Ă  la prĂ©sentation. Et c’est bien lĂ  que notre longue canne fait la diffĂ©rence, en prĂ©sentant l’artificielle d’une façon inĂ©galable Ă  longue distance. L’autre pĂȘche Ă  la mouche noyĂ©e, dite incitative, se diffĂ©rencie dĂšs que la mouche devient leurre. Dans ce cas, mĂȘme si une classique canne Ă  une main convient, je reste  souvent fidĂšle dans cette pĂȘche Ă  une canne Ă  deux mains, mais plus puissante (canne Ă  saumons lĂ©gĂšre de puissance 8). Cette canne convient pour les grosses truites migratrices (farios, truites de mer, steelhead
), que l’on peut rechercher Ă  l’étranger (Argentine, Canada
). En fait, le premier type de pĂȘche, dit imitatif, est tout en finesse, avec des mouches le plus diaphanes possible, et le second, dit incitatif, s’apparente plus Ă  de la pĂȘche avec des streamers.


    L’action de pĂȘche

    Pour un pĂȘcheur rodĂ© aux grandes cannes, la prospection des grands cours d’eau Ă  la recherche des truites ou des ombres en mouche noyĂ©e vers l’aval est un rĂ©el plaisir. Les sensations de distance, de finesse et de suivis tactiles du train de mouches sont amplifiĂ©es par le long bras de levier. Le train de trois mouches est ici plus facile Ă  manipuler. Un des rares spĂ©cialistes de la Dordogne, l’ami Patrice, n’hĂ©sitait pas, il y a une vingtaine d’annĂ©es, avec sa CorrĂ©zienne (la fameuse canne Guy Plas), Ă  faire dĂ©river quatre Ă  six mouches (avant la limitation rĂ©glementaire Ă  trois mouches au maximum) ! De toute Ă©vidence, la polyvalence d’utilisation d’un tel bras de levier sera optimale en l’actionnant d’une façon rĂ©guliĂšre en lancer roulĂ©. Les bons “spey caster” trouveront largement leur compte dans toutes les configurations de berge. NĂ©anmoins, dans les endroits dĂ©gagĂ©s, les lancers au-dessus de la tĂȘte confirmeront Ă©galement l’intĂ©rĂȘt d’un tel outil.


    La soie

    A force d’essais sur la densitĂ© des soies, j’ai depuis longtemps optĂ© pour des soies flottantes, au pire  intermĂ©diaires, terminĂ©es par un bas de ligne plongeant. La liaison boucle dans boucle me permet d’en changer rapidement, mais c’est dans la plupart des cas un bas de ligne plongeant lĂ©ger (tissĂ© plongeant type Ragot) ou, Ă  dĂ©faut, une longueur variable de soie naturelle plongeante type ThĂ©bault pour 1,20 Ă  2,50 m que je retiens. A
    l’issue du lancer, il est nĂ©cessaire d’avoir une immersion rapide du train de mouches tout en noyant l’ensemble simplement sous le film de la pellicule de l’eau. Outre une soie Ă  profil dĂ©centrĂ© WF, un fuseau de lancer “shooting-head” reste le propulseur idĂ©al. Il y a plusieurs annĂ©es, dans cette mĂȘme revue, j’avais prĂ©sentĂ© la mĂ©thode maison pour fabriquer soi-mĂȘme ce type de fuseau. Pour les cannes Ă  deux mains avec un numĂ©ro de soie AFTMA 5 ou 6, un corps de soie de 10 Ă  12 m convient parfaitement pour un poids de 10 Ă  12 g. La notion du gramme par mĂštre est garante de prĂ©cision. La partie courante sera fine et souple avec une connexion Ă  la soie la plus discrĂšte possible (soie parallĂšle n° 2 Ă  3 ou mono-filament spĂ©cial running line d’environ 60/100). Ce profil de soie procure une meilleure glisse, moins d’efforts contre le vent et un shoot final relativement droit eu Ă©gard Ă  la lĂ©gĂš-retĂ© du bas de ligne plongeant qui arme la tĂȘte de lancer. La configuration optimale longueur/poids du corps de soie avec l’ensemble bas de ligne et train de mouches se situe aux environs de 15 m pour 15 g. Ce fuseau doit permettre au shoot final Ă  partir de la tĂȘte de scion une sortie de partie courante de 8 Ă  10 m. Cet ensemble permet alors de rĂ©aliser des lancers hors tout d’environ 25 m, ce qui reste fort honorable compte tenu de sa lĂ©gĂšretĂ©.


    Le moulinet

    L’important bras de levier des cannes Ă  deux mains impose le recours Ă  un moulinet au frein trĂšs sensible, fiable, et au rĂ©glage trĂšs prĂ©cis. Le plus important reste de pouvoir le rĂ©gler selon la tension qu’exerce l’ensemble soie, bas de ligne et train de mouches, qui dĂ©rivent dans le courant vers l’aval. Le rĂ©glage complĂ©mentaire sera relatif Ă  la touche et au diamĂštre de fil utilisĂ©. De nos jours, de nombreux moulinets conviennent, il faudra cependant retenir un modĂšle lĂ©ger (120 Ă  150 g). A la base, un moulinet Vivarelli possĂšde ces qualitĂ©s tout comme les modĂšles de gros diamĂštres lĂ©gers (“large-arbor” de 80 Ă  110 mm). A mon avis, le nec plus ultra reste un moulinet multiplieur, compte tenu de la grande longueur de soie Ă  gĂ©rer. Il peut ĂȘtre Ă©quipĂ© d’un systĂšme anti-reverse. L’ami Jean Goudard, gĂ©nial artisan, en a fabriquĂ© voici plus de quinze ans et ils constituent aujourd’hui encore de vĂ©ritables bijoux.


    La canne type et son montage

    ConcrĂštement, aujourd’hui, ce type de cannes de grande longueur pour faibles numĂ©ros de soie ne couvre pas les Ă©talages de nos halieutistes
 Les essais avec des cannes Ă  saumons, beaucoup plus puissantes, vous feront passer inĂ©vitablement Ă  cĂŽtĂ© du sujet. Il faut en effet passer en dessous de la puissance 6 pour conserver une vĂ©ritable dĂ©rive tactile et une certaine lĂ©gĂšretĂ© dans la prĂ©sentation : rappelez-vous la rĂšgle de 1 g au mĂštre de l’ensemble propulseur.  La longueur conventionnelle est de 13 pieds (3,90 m). Au-delĂ , mes diffĂ©rents montages n’ont rien prouvĂ© de mieux. A partir de 12 pieds (3,60 m), vous pouvez considĂ©rez dĂ©tenir une “une main et demie”, utilisable Ă  deux mains ! Le poids se situera entre 110 Ă  160 g selon le montage, mais cela dĂ©pend de la longueur et du type de poignĂ©e retenus. L’ensemble canne/moulinet/soie ne doit pas dĂ©passer 300 g.
    L’action correcte est Ă  dĂ©finir de la sorte : en prenant la canne Ă  son extrĂ©mitĂ© en tĂȘte de scion et en faisant glisser son doigt sous la canne, la courbure principale engendrĂ©e par le poids propre du talon sur le scion (et sur le ou les brins intermĂ©diaires) doit agir au minimum sur le tiers et au maximum sur la moitiĂ© de la longueur totale.
    La sensibilitĂ© pour la puissance recherchĂ©e doit permettre Ă  une charge de 75 g situĂ©e en tĂȘte de scion une dĂ©flexion par rapport Ă  l’horizontale au repos de 65 cm pour la plus rigide Ă  80 cm pour la plus souple.

  • Barrages de la SĂ©lune : les pĂȘcheurs accentuent la pression

    Barrages de la SĂ©lune : les pĂȘcheurs accentuent la pression

    La FĂ©dĂ©ration nationale de la pĂȘche en France (FNPF), l’Union rĂ©gionale des fĂ©dĂ©rations de pĂȘche de Bretagne, Basse-Normandie, Pays de la Loire, ainsi que de la FĂ©dĂ©ration pour la pĂȘche de la Manche ont publiĂ© un communiquĂ© de presse commun, oĂč ils annoncent l’organisation d’une manifestation lors de la derniĂšre rĂ©union des « Amis des barrages », une association qui milite pour le maintien des barrages sur la SĂ©lune. Voici un extrait de ce communiquĂ© : « Mardi 14 fĂ©vrier Ă  20h30 se tiendra la toute derniĂšre rĂ©union des « Amis des barrages » de la SĂ©lune au centre culturel d’Isigny le Buat. La FĂ©dĂ©ration nationale de la pĂȘche en France (FNPF), l’Union rĂ©gionale des fĂ©dĂ©rations de pĂȘche de Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire (UR Ouest) ainsi que la FĂ©dĂ©ration dĂ©partementale de la Manche avec 24 de ses associations locales, protecteurs et gestionnaires des milieux aquatiques, seront prĂ©sents afin de dĂ©fendre la position ministĂ©rielle face aux « pro barrages » et couper court aux allĂ©gations et contradictions rĂ©guliĂšrement Ă©voquĂ©es par cette association et quelques Ă©lus locaux. (
) En effet, jeudi 16 fĂ©vrier, Mme Nathalie Kosciusko Morizet recevra au MinistĂšre les Ă©lus locaux du Sud-Manche, accompagnĂ©s de M. Legrand, prĂ©sident du Conseil gĂ©nĂ©ral de la Manche et M. Michel Thoury, prĂ©sident de la Commission locale de l’eau du SAGE SĂ©lune. Cette ultime rencontre ministĂ©rielle pourrait sceller dĂ©finitivement la fin des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit. » EspĂ©rons que ce soit bien le cas


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    Moulinets DAIWA

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  • PCB : une victoire pour les pĂȘcheurs du RhĂŽne

    PCB : une victoire pour les pĂȘcheurs du RhĂŽne

    Le Tribunal administratif (TA) de Lyon vient de donner raison Ă  trois associations de pĂȘcheurs et Ă  la quasi-totalitĂ© des dĂ©taillants et commerçants en articles de pĂȘche de l’agglomĂ©ration lyonnaise qui s’était montrĂ© solidaires de la dĂ©marche des pĂȘcheurs de loisir. En effet, les magistrats ont annulĂ© l’arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral pris en 2009 autorisant la consommation de certains poissons du RhĂŽne dans le secteur Grand Large – canal de Jonage, alors que depuis 2005 la consommation des poissons du fleuve avait Ă©tĂ© interdite par le prĂ©fet du RhĂŽne suite Ă  une pollution importante au PCB. Le prĂ©fet a deux mois pour faire appel, mais cette dĂ©cision constitue une victoire importante pour les pĂȘcheurs locaux : les poissons sont de nouveaux interdits Ă  la consommation dans le secteur Grand Large – canal de Jonage.

  • Europe : le coĂ»t humain et financier de la surpĂȘche

    Europe : le coĂ»t humain et financier de la surpĂȘche

    Une Ă©tude publiĂ©e le 10 fĂ©vrier en Grande-Bretagne par le New Economics Foundation, un think-thank britannique, estime que la surpĂȘche des stocks europĂ©ens de poissons coĂ»te 3,2 milliards d’euros tous les ans et plus de 100 000 emplois. Uniquement pour les 27 pays de l’UE, la restauration des stocks europĂ©ens et leur exploitation durable reprĂ©sente 1,8 milliard d’euros et 83 000 emplois. Nous savions tous que la surpĂȘche Ă©tait mauvaise pour l’environnement. Aujourd’hui, nous dĂ©couvrons qu’elle est Ă©galement mauvaise pour l’économie.

  • La pĂȘche aux gros jerkbaits

    La pĂȘche aux gros jerkbaits

    Nous allons dĂ©crire ici la pĂȘche avec de gros jerkbaits sans bavettes (lipless). Ces leurres d’aspect trĂšs basique sont lourds et volumineux. S’ils permettent de sortir les brochets de leur torpeur, ils nĂ©cessitent, pour ĂȘtre efficaces, l’usage d’un matĂ©riel spĂ©cifique et une bonne technique d’animation.

    Par Philippe Collet

    J’ai dĂ©couvert cette technique en 1996, Ă  l’occasion de deux parties de pĂȘche sur un plan d’eau de l’Aisne avec Wim Van de Velde, pĂȘcheur flamand, spĂ©cialiste du carnassier qui, entre autres, a contribuĂ© pour une bonne part Ă  la dĂ©couverte de la pĂȘche verticale en France. Celui-ci m’avait fait une dĂ©monstration mĂ©morable de l’efficacitĂ© de ces “bouts de bois” grossiĂšrement taillĂ©s et peints. J’avais eu beau m’appliquer au mort maniĂ©, avec des vifs bien frais, je n’avais pas pu lutter face aux jerkbaits animĂ©s par Wim. Ces leurres originaux, dĂ©routants de rusticitĂ© et de simplicitĂ© (en apparence seulement), sont utilisĂ©s depuis longtemps dans le nord de l’Europe par les pĂȘcheurs suĂ©dois, mais aussi hollandais, belges, polonais, allemands
 Ils offrent de bonnes bouchĂ©es aux plus gros carnassiers de nos eaux europĂ©ennes et ne laissent que rarement les brochets insensibles. Peu utilisĂ©s chez nous, ils font partie depuis longtemps de l’attirail de base des pĂȘcheurs du nord de l’Europe. En France, nous sommes passĂ©s de la domination de la cuillĂšre tournante Ă  de nombreux leurres sophistiquĂ©s venant du Japon ou des Etats-Unis souvent destinĂ©s au black-bass et plutĂŽt polyvalents, sans trop nous intĂ©resser Ă  ces leurres plus spĂ©cifiques.
    Les gros jerkbaits ont longtemps Ă©tĂ© difficiles Ă  trouver et seuls quelques magasins spĂ©cialisĂ©s commencent Ă  les vendre avec les cannes et les moulinets adaptĂ©s. Pourtant, cette pĂȘche est trĂšs intĂ©ressante et productive.


    Pourquoi un si faible engouement des Français pour ces leurres

    Il peut ĂȘtre dĂ» aux raisons suivantes :
    – Ces leurres ne sont pas si faciles Ă  utiliser. Il faut les animer. RamenĂ©s linĂ©airement, ils ne nagent le plus souvent pas bien.
    – Ces leurres ne sont pas vraiment utilisables avec le matĂ©riel traditionnel. Ils fatiguent rapidement le matĂ©riel trop lĂ©ger et ne peuvent pas ĂȘtre animĂ©s correctement avec celui-ci.
    – Ces leurres sont relativement sĂ©lectifs. Ils permettent surtout la prise de brochets, dont les gros spĂ©cimens (mĂȘme s’ils ne rebutent absolument pas un brochet de moins de 50 cm) et ne permettent que plus occasionnellement de leurrer des perches, des sandres et des black-bass.
    – Ces leurres sont bruyants. UtilisĂ©s dans de petites surfaces d’eau et mal lancĂ©s, ils peuvent caler les poissons trop Ă©duquĂ©s par le bruit de leur impact.
    – Enfin, utilisĂ©s dans des eaux ou les brochets ont de plus en plus de mal Ă  se reproduire et oĂč la ressource est souvent pillĂ©e dĂšs qu’elle dĂ©passe la trĂšs modeste taille lĂ©gale, ces leurres ont du mal Ă  croiser des Ă©socidĂ©s de belle taille et donc Ă  en prendre. Notons qu’en Hollande par exemple, oĂč ces leurres sont trĂšs utilisĂ©s, le no-kill est pratiquĂ© de longue date.

    Les leurres

    Les jerkbaits rĂ©alisĂ©s de façon artisanale sont dĂ©coupĂ©s dans de simples planches de bois dur. Une fois les contours Ă©galisĂ©s, les arĂȘtes sont adoucies, mais les leurres gardent deux grandes faces planes. Ils sont Ă©quilibrĂ©s par une masselotte de plomb situĂ©e le plus souvent dans leur premier tiers avant, cĂŽtĂ© ventre. C’est autour d’elle qu’ils vont tourner Ă  la moindre sollicitation. Selon le poids de l’insert et sa disposition, la nage des leurres sera plus ou moins dodelinante. Ils piqueront ou non du nez aprĂšs chaque tirĂ©e. La position du plomb et de l’attache de tĂȘte influence beaucoup leur nage. Il n’est pas facile de rĂ©aliser soi-mĂȘme un jerkbait bien Ă©quilibrĂ© du premier coup, mĂȘme avec un plan. Sur ce principe, quelques fabricants ou marques de matĂ©riel de pĂȘche plutĂŽt localisĂ©s dans le nord de l’Europe (Hollande, Pologne, Royaume-Uni, SuĂšde, etc.), ont industrialisĂ© cette production artisanale et mis sur le marchĂ© des jerkbaits fabriquĂ©s en bois ou en matiĂšre plastique qui fonctionnent Ă  coup sĂ»r. Pour un certain nombre d’entre eux (Strike Pro, Fox
) la forme plate a Ă©tĂ© maintenue, d’autres ont arrondi les formes (Prologic, Salmo
). Quelques modĂšles sont dotĂ©s de billes bruiteuses (Buster Jerk de Strike Pro par exemple) ce qui peut ĂȘtre un plus dans certaines circonstances. De nombreux autres n’en possĂšdent pas, demeurant plus discrets lorsque c’est nĂ©cessaire. Sur certains leurres, les triples de piĂštre qualitĂ© gagnent Ă  ĂȘtre affĂ»tĂ©s ou changĂ©s pour des hameçons plus performants.


    L’animation d’un gros jerkbait

    J’apprĂ©cie ce leurre car on peut rĂ©ellement le faire danser. En eau peu profonde, avec un modĂšle flottant ou mieux, suspending, c’est un vrai plaisir de lui faire faire des embardĂ©es Ă  droite et Ă  gauche de plus de 60 cm (un peu Ă  la façon d’un skieur de fond en pas de patineur) ; puis de le laisser s’immobiliser dans le zig ou dans le zag, avant de le faire pivoter presque sur place, de droite Ă  gauche dans un mouvement de « non, non, non  » comme s’il ne voulait pas se faire happer par le premier brochet venu. Ce leurre peut pĂȘcher vite, mais il permet aussi de trĂšs lentes prospections. Une grosse bouchĂ©e qui pousse beaucoup d’eau et reste Ă  se dĂ©hancher prĂšs d’un poste prometteur a tout pour attirer un gros brochet postĂ© Ă  proximitĂ©. C’est lĂ  l’intĂ©rĂȘt d’un gros jerkbait. Sa nage est moins prĂ©visible, souvent moins frĂ©nĂ©tique que celle des leurres traditionnels et cela fait la diffĂ©rence. Il permet aussi bien d’imiter une proie malade ou blessĂ©e incapable de se sauver qu’un intrus insolent irritant le maĂźtre des lieux.
    Ce leurre est un glider (glisseur), il nage en zig-zag dans un plan horizontal en envoyant de larges Ă©clats. C’est une forme de walking the dog sous l’eau. Son mouvement est dĂ©clenchĂ© par les coups de canne secs donnĂ©s par le pĂȘcheur. L’animation se fait le plus souvent canne basse, le scion au ras de l’eau, la canne dans l’axe du fil ou de cĂŽtĂ©. Vous devez taper dans le fil sur environ 20 Ă  30 cm pour dĂ©clencher la rotation du leurre et son dĂ©part vers la droite ou vers la gauche. À ce moment-lĂ , vous moulinez suffisamment pour rester en contact avec le leurre, mais sans le brider. Vous tapez alors une nouvelle fois dans le fil Ă  moitiĂ© dĂ©tendu, ce qui va renvoyer le leurre de l’autre cĂŽtĂ©. Vous n’avez plus qu’à rĂ©pĂ©ter la manƓuvre en rĂ©glant le rythme de rembobinage du fil, comme lorsque vous animez un leurre de surface en walking the dog. Les tapes dans le fil doivent ĂȘtre sĂšches au point qu’il fende l’eau bruyamment avec les plus gros leurres (en faisant des grands chlac !). Elles doivent ĂȘtre rythmĂ©es et rĂ©glĂ©es sur le fonctionnement du leurre utilisĂ©.
    Vous disposez d’un leurre capable de faire des embardĂ©es considĂ©rables sur son inertie, risquant d’emmĂȘler le fil dans les hameçons si vous ne reprenez pas automatiquement au moulinet la banniĂšre dĂ©tendue excĂ©dentaire. A la diffĂ©rence de l’animation walking the dog d’un leurre de surface classique, le leurre peut se soustraire Ă  votre vue puisqu’il est sous l’eau. Son animation en aveugle est un peu plus difficile car vous pouvez vite lui taper dedans Ă  contre-temps et le stopper dans son Ă©lan. Je vous recommande de commencer en eau claire avec des modĂšles flottants ou mieux suspending pour les pĂȘches lentes dans peu d’eau, vous vous familiariserez ainsi facilement avec les rythmes convenant Ă  vos divers jerkbaits. Pour mieux voir vos leurres, s’ils sont coulants, ou pour Ă©viter de les accrocher sur un fond qui remonte par exemple, vous pouvez les animer canne haute Ă  condition de vous situer Ă  une distance suffisante pour que le fil pose encore sur l’eau. Toute la rĂ©ussite de cette pĂȘche rĂ©side dans la qualitĂ© de l’animation qui, comme vous l’aurez compris, est loin d’ĂȘtre mĂ©canique. Les changements de rythme bien dosĂ©s permettent au leurre de passer de petites Ă  de grandes embardĂ©es et inversement en alternant avec des arrĂȘts. Pendant ces moments, il convient de bien garder le contact en tendant lĂ©gĂšrement le fil pour dĂ©tecter la moindre touche.
    Le ferrage doit ĂȘtre Ă©nergique pour faire glisser le leurre, bloquĂ© fermement dans la gueule pavĂ©e d’un gros brochet et y claver correctement les gros hameçons triples. A dĂ©faut, le poisson ne serait pas piquĂ© et se dĂ©crocherait rapidement, ce qui est souvent le cas avec des cannes trop souples.

    Le matériel

    Cette technique ne convient pas au matĂ©riel traditionnel de spinning ou de casting. Elle nĂ©cessite plutĂŽt un ensemble de casting robuste. Le risque, avec du matĂ©riel trop lĂ©ger, c’est la casse de la canne au moment du lancer de leurres trop lourds. Ensuite, une canne trop souple ne permet pas de rĂ©aliser une animation assez sĂšche, elle encaisse l’impulsion qui n’arrive pas au leurre. Plus le leurre est gros et lourd, plus la canne doit ĂȘtre puissante et raide, autant pour l’animation que pour le ferrage. Les fabricants indiquent souvent les puissances sur leurs cannes, il convient de s’y rĂ©fĂ©rer.
    La canne doit ĂȘtre courte, entre 1m80 et 2m10, et lĂ©gĂšre pour ne pas ĂȘtre trop fatigante. Le jerking du leurre nĂ©cessite de placer le scion au ras de la surface de l’eau, la canne faisant un angle le plus important possible avec la surface. Une canne longue handicape cette manƓuvre. Un matĂ©riel bien Ă©quilibrĂ© permet de pratiquer cette pĂȘche confortablement.
    Le moulinet est garni d’une tresse solide d’un diamĂštre d’environ 25/100 pour permettre d’assurer une parfaite transmission des impulsions vers le leurre. Cette tresse autorise aussi des ferrages puissants. Il n’y a rien de plus rageant que de casser net au ferrage avec une tresse sous-dimensionnĂ©e, fragilisĂ©e, sur un raccord par exemple, aprĂšs plusieurs heures d’animation. Le frein est rĂ©glĂ© dur pour un ancrage optimal des pointes du triple dans la gueule d’un beau spĂ©cimen. Il devra ĂȘtre rapidement desserrĂ© aprĂšs la prise pour Ă©viter de risquer le dĂ©crochage d’un poisson par manque d’élasticitĂ© de l’ensemble canne / tresse sur un rush puissant. La tresse sera prolongĂ©e d’un avançon mĂ©tallique ou en nylon hard mono ou fluorocarbone d’environ 70/100. Nous avons dĂ©jĂ  eu l’occasion d’expliquer l’efficacitĂ© de ce type d’avançons Ă  plusieurs reprises dans la revue. Les avançons mĂ©talliques sont la garantie absolue contre les dents des brochets, ils peuvent ĂȘtre multibrins ou monobrin en acier inoxydable ou titane. Le titane a l’avantage de rĂ©sister Ă  la dĂ©formation.
    Lorsqu’on s’emmĂȘle un peu lors de l’animation ou au poser de son leurre, ou aussi lorsqu’on souhaite faire couler lĂ©gĂšrement un leurre suspending, l’utilisation d’un avançon mĂ©tallique monobrin se justifie. Je prĂ©fĂšre pour ma part la discrĂ©tion du nylon ou du fluorocarbone. Si l’eau est claire, il peut ĂȘtre utile de faire prĂ©cĂ©der les avançons de 1 Ă  1,5 mĂštre de fluorocarbone. Attention toutefois Ă  ne pas crĂ©er un point faible supplĂ©mentaire qui pourrait lĂącher sur un ferrage appuyĂ©. Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, le leurre doit ĂȘtre attachĂ© Ă  une agrafe solide et fiable lui laissant toute libertĂ© de mouvement.

    Le matériel spinning est inadapté

    MĂȘme s’il est bien sĂ»r possible de pratiquer la technique occasionnellement avec un moulinet Ă  tambour fixe, il vaut mieux l’éviter si le moulinet n’est pas vraiment robuste. Le tambour fixe ne permet pas un bon contrĂŽle de la ligne et donc de la chute du leurre, ce qui engendre un impact bruyant et un risque d’emmĂȘlage de la ligne dans les hameçons. Avec ce type de moulinet et un leurre de prĂšs de 100 grammes, on risque Ă  tout moment de se blesser les doigts avec la tresse, autant au moment du lancer en risquant de se cisailler l’index, qu’en voulant contrĂŽler le dĂ©roulement du fil et l’impact du leurre. Il est beaucoup plus facile de freiner ce type de leurre avec le pouce sur une bobine tournante d’un moulinet de casting qu’avec la main opposĂ©e ou l’index sur un tambour fixe. Le moulinet de casting permet un bien meilleur contrĂŽle. Il est aussi beaucoup plus robuste qu’un tambour fixe et encaissera les chocs Ă  rĂ©pĂ©tition infligĂ©s par le contact rythmĂ© avec le leurre.

    Minimiser l’impact du leurre sur l’eau

    Avec un moulinet de casting, on peut, avec un peu d’habitude, minimiser l’impact du leurre Ă  la surface de l’eau. Il faut pour cela effectuer un lancer puissant, balancĂ© sous la canne de telle façon que le leurre parte horizontalement en rasant l’eau. Au fur et Ă  mesure de son avancĂ©e vers le point d’impact, on remonte la canne vers la verticale tout en appliquant une pression de plus en plus forte avec le pouce pour freiner le dĂ©roulement de la bobine. On peut rĂ©ellement finir avec le bras tendu vers le ciel si le leurre est assez loin. Avec un peu de maĂźtrise (je reconnais que c’est plus facile Ă  dire qu’à faire), on peut poser de trĂšs gros leurres discrĂštement. C’est une forme de pitching lourd.


    CÎté couleurs

    Osez les couleurs tape-Ă -l’Ɠil style Fire Tiger pour les eaux teintĂ©es ou les poissons trĂšs actifs ou au contraire endormis. Revenez Ă  des couleurs plus imitatives comme perche naturelle ou gardon pour les eaux claires et les poissons plus mĂ©fiants. PossĂ©der un coloris agressif et un coloris neutre de ses modĂšles favoris est un bon choix. Si vous souhaitez essayer Ă  peu de frais, je vous suggĂšre de commencer en achetant quelques leurres de taille moyenne entre 30 et 50 grammes et en utilisant une de vos cannes les plus rigides. Vous pourrez goĂ»ter Ă  cette technique avant de franchir le pas vers un matĂ©riel lourd spĂ©cifique. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, bon “jerk”


  • Bretagne : quand le prĂ©sident d’un syndicat d’agriculteurs dĂ©rape


    Bretagne : quand le prĂ©sident d’un syndicat d’agriculteurs dĂ©rape


    Nous relatons ici l’échange
    musclé entre Thierry Merret, Président de la FDSEA
    (FĂ©dĂ©ration dĂ©partementale des syndicats d’exploitants agricoles) du FinistĂšre et Eau & riviĂšres de Bretagne, une association qui lutte pour la qualitĂ© des eaux
    bretonnes. Devant
    les membres du Conseil économique, social, environnemental de Bretagne, le syndicaliste a complÚtement dérapé, notamment en
    accusant l’association de « porter plainte contre les Bretons» (sic). Il vous suffit de lire ce qui suit pour vous faire votre opinion. Nous avons d’ailleurs gardĂ© l’intĂ©gralitĂ© des propos. De notre cĂŽtĂ©, nous ne pouvons qu’apporter notre
    soutien Ă  Eau
    & riviĂšres de Bretagne…

    L’intervention de Thierry
    Merret, président
    de la FDSEA du FinistĂšre

    Je m’exprime ici au nom des acteurs de la profession agricole.
    Il fallait bien un rapport transversal pour se rendre compte, effectivement, que tout est algues vertes dans la politique du Conseil rĂ©gional. Les algues vertes sont un Ă©lĂ©ment structurant de la politique fonciĂšre, de la politique Ă©conomique, de la politique agricole, de la communication du Conseil rĂ©gional. N’avez-vous pas l’impression d’en faire trop ? Le Conseil rĂ©gional nous assure qu’il veillera Ă  la gestion Ă©conome du foncier agricole, me voilĂ  rassurĂ© ! Rappelons que la Profession agricole s’est engagĂ©e depuis de nombreuses annĂ©es sur ce thĂšme et n’a pas attendu que cela relĂšve de la lutte contre les marĂ©es vertes, mais passons, l’intention est louable et cela indique que le Conseil rĂ©gional n’envisage pas l’avenir sans agriculteurs.
    Par contre, je suis particuliĂšrement inquiet de la tournure que prend l’appui Ă  l’Etablissement Public Foncier de Bretagne pour la crĂ©ation de rĂ©serves fonciĂšres. La gestion du foncier agricole est dĂ©jĂ  trĂšs encadrĂ©e par diffĂ©rentes commissions (SDDS, CDOA, SAFER
). En voulant orienter la rĂ©trocession des terres agricoles vers la forme d’agriculture voulue par le Conseil rĂ©gional, on créé des inĂ©galitĂ©s inacceptables. En octobre 2011, nous rappelions dĂ©jĂ  que « tous les modes de production agricoles peuvent rĂ©pondre aux objectifs de qualitĂ© de l’eau et que c’est leur adaptation au contexte local qui est Ă  construire et non pas l’obligation de passer Ă  un type particulier de production. C’est bien par la diversitĂ© des modes de production et leur imbrication sur le territoire que des Ă©volutions positives de la qualitĂ© de l’eau pourront aussi ĂȘtre obtenues et confortĂ©es ». Il s’agit Ă©galement lĂ  d’une question de fond pour l’amĂ©nagement du territoire et la survie de filiĂšres agro-Ă©conomiques durables.
    Soyons Ă©galement trĂšs prudents concernant les missions des porteurs de programmes d’actions sur les bassins versants. MĂȘme si le Conseil rĂ©gional se dĂ©fend de vouloir attribuer de nouvelles compĂ©tences Ă  certaines structures, il les dote nĂ©anmoins des moyens nĂ©cessaires pour que cela se produise. Des instances de dĂ©cisions, de rĂ©gulation et d’orientation existent au niveau dĂ©partemental tant pour le foncier, que pour l’amĂ©nagement du territoire ou l’économie. Il est important de respecter les dĂ©cisions et d’éviter de compliquer, voire court-circuiter les initiatives prises Ă  ces niveaux de dĂ©cision. L’enfer est pavĂ© de bonnes intentions, prenons garde de ne pas nous orienter dans cette voie avec la stratĂ©gie de lutte contre les marĂ©es vertes.
    Selon le Conseil rĂ©gional, les Ă©volutions de pratiques ou de systĂšmes doivent s’intĂ©grer dans des filiĂšres agricoles et agroalimentaires garantissant une juste rĂ©munĂ©ration des agriculteurs, grĂące Ă  une meilleure valeur ajoutĂ©e. Le Conseil rĂ©gional nous renvoie Ă  des dispositifs accompagnant notamment la mise en place de filiĂšres de diversification pour rĂ©pondre prioritairement Ă  des besoins locaux, notamment par le dĂ©veloppement des circuits courts.
    Plus loin, on comprend qu’une meilleure prise en compte de l’environnement par l’agriculture lui donnera une image positive et renforcera l’attrait touristique des espaces ruraux et agricoles et pourra ĂȘtre un support de valorisation des produits locaux. L’agriculture bretonne ne peut se cantonner aux marchĂ©s de proximitĂ© ! Concernant les Ă©lĂ©ments d’analyse de la politique rĂ©gionale de lutte contre les marĂ©es vertes, le Conseil rĂ©gional reconnaĂźt lui-mĂȘme, en introduction, que les indicateurs prĂ©sentĂ©s n’ont pas de vocation Ă  Ă©valuer ni la totalitĂ© d’un programme, ni l’ensemble d’une politique rĂ©gionale. Cela ne l’empĂȘche pas de dĂ©tailler dans cette partie 3 indicateurs : le niveau de contractualisation individuelle, la surface en prairies/SAU et l’évolution des ventes d’engrais minĂ©raux. Je m’interroge d’abord sur l’opportunitĂ© pour le Conseil rĂ©gional de fixer des indicateurs de suivi alors mĂȘme que, d’une part, il a Ă©tĂ© actĂ© que chaque territoire devait fixer, au vu de ses caractĂ©ristiques, les indicateurs spĂ©cifiques Ă  l’atteinte des rĂ©sultats demandĂ©s et que, d’autre part, les Ă©crits de plusieurs projets territoriaux ne sont toujours pas finalisĂ©s.
    Ce faisant, le Conseil rĂ©gional mĂ©prise publiquement le principe de dĂ©mocratie participative qu’il a portĂ© aux nues dans les bassins versants algues vertes. En effet, que valent les indicateurs choisis par les acteurs de territoire pour suivre leurs projets quand la RĂ©gion avance son propre modĂšle d’évaluation ? Nous en sommes d’autant plus Ă©tonnĂ©s que c’est faire fi de la reconnaissance des Ă©volutions de pratiques dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©es. Par exemple, et tout en reconnaissant que des amĂ©liorations doivent ĂȘtre engagĂ©es en matiĂšre de substitution de l’azote minĂ©ral par de l’azote organique, nous ne comprenons pas la rĂ©fĂ©rence faite Ă  l’évolution d’engrais minĂ©raux. N’en dĂ©plaise au Conseil rĂ©gional, aucun projet dĂ©posĂ© Ă  ce jour ne comporte cet indicateur pour Ă©valuer l’efficacitĂ© des actions. En aucun cas l’évolution des ventes d’engrais minĂ©raux ne saurait ĂȘtre corrĂ©lĂ©e aux actions mises en place dans les bassins versants algues vertes. L’utilisation de cet indicateur est fonciĂšrement malhonnĂȘte car il est Ă©vident que l’évolution des ventes d’engrais minĂ©raux est bien plus influencĂ©e par des dispositifs structurants comme l’évolution des Zones d’ExcĂ©dents Structurels (ZES), les financements pour la rĂ©sorption ou le cours des engrais minĂ©raux.
    Enfin, je souhaiterais revenir sur le soutien apportĂ© par le Conseil rĂ©gional Ă  «Eaux et RiviĂšres de Bretagne», « la Maison de la Consommation et de l’Environnement » et « l’AssemblĂ©e Permanente des PrĂ©sidents de Commission Locale de l’Eau (CLE) de Bretagne». Nous comprenons ce soutien Ă  des organismes dĂšs lors qu’ils agissent de maniĂšre favorable Ă  la mise en oeuvre de la politique dĂ©fendue par le Conseil rĂ©gional. Toutefois, il y a un manque de cohĂ©rence entre les orientations politiques du Conseil rĂ©gional et la prolongation de la convention pluriannuelle d’objectifs d’Eaux et RiviĂšres de Bretagne.
    Le risque de contentieux communautaire est systĂ©matiquement utilisĂ© comme justifiant le plan d’actions algues vertes et les projets territoriaux. Or, faut-il rappeler que la demande d’information de la Commission europĂ©enne Ă  la France a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e suite Ă  une plainte portĂ©e par Eaux et RiviĂšres de Bretagne ? Alors que le Conseil rĂ©gional appelle Ă  la cohĂ©sion et au travail collectif de tous les acteurs concernĂ©s, nous nous Ă©tonnons qu’une association, qui porte plainte contre les bretons et met ainsi en cause les orientations prises dans ce dossier, soit soutenue politiquement et financiĂšrement. Nous demandons dĂšs lors que l’opportunitĂ© de prolonger cette convention soit dĂ©battue.

    Je vous remercie de votre attention



    La rĂ©ponse de Jo HervĂ©, prĂ©sident d’Eau & riviĂšres de Bretagne

    Monsieur le PrĂ©sident, De nombreux membres du CESER nous ont fait part de leur Ă©motion et de leur rĂ©probation Ă  la suite de votre intervention lors de la session des 23 et 24 janvier de cette assemblĂ©e consacrĂ©e Ă  l’examen du budget du Conseil RĂ©gional.
    A cette occasion, avez regrettĂ© « qu’une association qui porte plainte contre les Bretons et met en cause des orientations prises dans le dossier des algues vertes soit soutenue politiquement et financiĂšrement”.
    Une telle hauteur de vue ne nous Ă©tonne guĂšre de votre part 
 Nous avons encore en mĂ©moire l’analyse remarquable que vous aviez exprimĂ©e en fĂ©vrier 2009 Ă  la suite du saccage des locaux brestois de notre association par des agriculteurs : « « A la vue des photos qu’il m’a Ă©tĂ© donnĂ© de voir, je suis quasi sĂ»r que ceux ne sont pas des paysans qui ont fait les dĂ©gĂąts car, en colĂšre comme ils le sont aprĂšs cette association, rien ne serait restĂ©. Par contre, subversifs comme ils le sont, bon nombre d’entr’eux ayant Ă©tĂ© formĂ© Ă  l’école de Trotski ou de Bakounine, il ne serait pas Ă©tonnant qu’à des fins de publicitĂ©, ils aient en fait eux-mĂȘmes tout organisĂ©. » ! Les citoyens rassemblĂ©s au sein d’Eau & RiviĂšres s’honorent que ni leur association, ni ses responsables, n’aient fait l’objet en quarante cinq annĂ©es d’activitĂ©, d’aucune condamnation par les tribunaux de la RĂ©publique. S’il en Ă©tait besoin, ceci dĂ©montre que notre action s’inscrit dans un cadre parfaitement lĂ©galiste.
    Ne vous en dĂ©plaise Monsieur le PrĂ©sident, il est parfaitement lĂ©gitime que cette activitĂ© dont l’opinion publique bretonne et les pouvoirs publics apprĂ©cient l’importance, la qualitĂ© et la clairvoyance, soit aidĂ©e par des financements publics, dans le respect de la libertĂ© d’information, d’action et d’expression, fondements mĂȘmes de notre dĂ©mocratie.
    D’ailleurs, le montant de l’aide annuelle du Conseil RĂ©gional Ă  Eau & RiviĂšres, 110 000 €, est sans commune mesure avec les sommes considĂ©rables que les contribuables ont dĂ» supporter pour rĂ©parer les dĂ©gĂąts commis lors de manifestations violentes suivies de destructions d’édifices publics ou de biens privĂ©s, organisĂ©es par votre syndicat (par exemple, 7 millions d’euros pour la seule manifestation de FougĂšres en 2001 
) Monsieur le PrĂ©sident, votre intervention Ă  la tribune du CESER, est infondĂ©e et inopportune.
    Elle fait suite Ă  votre refus obstinĂ© d’accepter le diagnostic des marĂ©es vertes, et Ă  vos tentatives d’entrave dans la mise en oeuvre des actions collectives pour y remĂ©dier. Elle vous isole, comme en tĂ©moignent les nombreuses rĂ©actions qui nous sont parvenues dont celles de nombreux responsables agricoles et Ă©conomiques. Elle crĂ©e inutilement un risque de division, alors mĂȘme que les enjeux de la reconquĂȘte de l’eau impliquent une mobilisation de l’ensemble des acteurs autour d’objectifs partagĂ©s.
    C’est en tout cas dans cet esprit d’ouverture, et pour obtenir la nĂ©cessaire application des engagements europĂ©ens de la France et des rĂšglementations en vigueur, que notre association poursuivra rĂ©solument son action, sans se laisser intimider ou dĂ©tourner par de faux procĂšs et de vaines querelles.
    J’adresse copie de ce courrier Ă  Monsieur le PrĂ©sident du Conseil RĂ©gional, Ă  Monsieur le PrĂ©sident du Conseil Economique, Social, Environnemental, RĂ©gional, et aux membres de cette assemblĂ©e, ainsi qu’à Monsieur le PrĂ©fet de RĂ©gion. Dans l’esprit de transparence et d’information qui anime notre association, j’en assure Ă©galement la diffusion sur notre site internet.

    Je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur le PrĂ©sident, l’expression de mes sentiments attristĂ©s.

    Le Président

  • Mr Mouches, un site 100 % sans ardillon

    Mr Mouches, un site 100 % sans ardillon

    Saluons cette bonne idĂ©e du site Mr Mouches qui ne vend que des mouches sans ardillon assurant ainsi au passage la promotion du No kill. DĂ©veloppĂ© par un passionnĂ© de pĂȘche qui monte lui-mĂȘme toutes les mouches proposĂ©es, ce site marchand propose des mouches Ă  l’unitĂ© ainsi que des kits thĂ©matiques. A noter qu’un blog est Ă©galement accessible sur le site.

     

    Renseignements :

    http://www.mrmouches.com

  • L’Anguille europĂ©enne : une espĂšce en danger

    L’Anguille europĂ©enne : une espĂšce en danger

    Autrefois trĂšs rĂ©pandue dans les riviĂšres et les plans d’eau, l’anguille est en dĂ©clin depuis maintenant plus de deux dĂ©cennies. Les causes de la rĂ©gression de cette espĂšce au cycle de vie extraordinaire sont multiples et difficiles Ă  apprĂ©hender dans leur globalitĂ©. Pour tenter d’enrayer cette tendance, un plan de gestion de l’anguille, d’initiative europĂ©enne, a Ă©tĂ© lancĂ© il y a quelques annĂ©es et un cortĂšge de mesures pour sa restauration a Ă©tĂ© mis en place. Voyons tout cela plus en dĂ©tail


    Par Sylvain Richard et Guy Périat

    L’espĂšce qui colonise nos lagunes, lacs, Ă©tangs et cours d’eau mĂ©tropolitains est l’Anguille europĂ©enne, Anguilla anguilla. L’ancĂȘtre prĂ©historique de l’anguille est apparu il y a une centaine de millions d’annĂ©es. A l’image du premier salmonidĂ© (cf. PĂȘches sportives n° 74) et au fur et Ă  mesure de la dĂ©rive des continents, ce groupe s’est diversifiĂ© pour atteindre aujourd’hui une vingtaine d’espĂšces, qui peuvent ĂȘtre sĂ©parĂ©es en deux ensembles : les anguilles de l’Atlantique et celles du Pacifique. Ce dernier groupe est le plus riche. En France d’outre-mer, prĂšs de dix espĂšces diffĂ©rentes peuvent ĂȘtre observĂ©es : en PolynĂ©sie (A. megastoma, A. obscura), Ă  la RĂ©union (A. marmorata) ou encore en Nouvelle-CalĂ©donie (A. mossambica, A. australis australis, A. australis australis schmidti, A. reinhardtii).

    Un cycle de vie partiellement inconnu

    Toutes les anguilles sont des poissons migrateurs dits amphihalins, c’est-Ă -dire qu’ils sont capables de vivre alternativement en eau douce et eau salĂ©e, et thalassotoques, qui ont donc une reproduction ayant lieu en mer et une croissance en eau douce, Ă  l’inverse des saumons. Il n’y a qu’à peine un siĂšcle que le lieu de ponte des anguilles de l’Atlantique a Ă©tĂ© localisĂ© par Schmidt (1922), dans la mer des Sargasses. De plus, aucune anguille sexuellement mature n’a encore Ă©tĂ© capturĂ©e dans le milieu naturel
 Beaucoup de mystĂšre entoure ainsi la reproduction de l’anguille ! Toutefois, nous savons que, pour dĂ©clencher la maturation sexuelle de l’espĂšce, de fortes pressions et une tempĂ©rature de l’eau de plus de 17 °C sont nĂ©cessaires. Or, ces conditions environnementales particuliĂšres ne sont rĂ©unies que dans la mer des Sargasses, dans l’Atlantique, au large des CaraĂŻbes. AprĂšs la reproduction de l’Anguille europĂ©enne, les oeufs fĂ©condĂ©s donnent naissance Ă  des larves aplaties latĂ©ralement, ressemblant Ă  une feuille de saule, qui remontent Ă  la surface et sont appelĂ©es leptocĂ©phales. Incapables de nager, elles se laissent alors porter par les courants du Gulf Stream, qui arrosent les cĂŽtes europĂ©ennes : de Gibraltar et la MĂ©diterranĂ©e jusqu’aux pays scandinaves, en passant par le littoral français. La durĂ©e rĂ©elle de cette migration au grĂ© des courants reste un sujet de discorde au sein du monde scientifique et elle est estimĂ©e entre un et trois ans.


    Des civelles, des anguilles jaunes et des anguilles argentées

    ArrivĂ©es au niveau du talus continental, les leptocĂ©phales se mĂ©tamorphosent en civelles transparentes. Elles deviennent ainsi cylindriques, ne s’alimentent plus et se dirigent vers les estuaires : la premiĂšre phase marine de l’espĂšce s’achĂšve ici ! PortĂ©es au dĂ©part par les marĂ©es, elles entament alors une migration active, qui leur permet de remonter progressivement les cours d’eau en nageant contre les courants. Au bout de quelques semaines, les civelles se pigmentent, se transforment physiologiquementet atteignent le stade non sexuĂ© d’anguillettes, qui leur permet de poursuivre leur migration et leur croissance en eau douce. Certaines resteront en zone littorale, tandis que d’autres atteindront la tĂȘte des bassins versants. Au bout de quelque temps, l’anguillette va dĂ©velopper ses attributs sexuels et se sĂ©dentariser au sein du rĂ©seau hydrographique continental : elle devient alors anguille jaune, en rĂ©fĂ©rence Ă  la couleur dominante de ses flancs. Cette pĂ©riode de croissance peut durer de huit Ă  douze ans pour les mĂąles et de douze Ă  dixhuit ans pour les femelles. Durant cette pĂ©riode de vie dulcicole, les anguilles occupent des milieux et des habitats trĂšs variĂ©s. Des secteurs de plaine calmes aux riviĂšres tumultueuses, c’est une espĂšce ubiquiste capable de s’adapter Ă  tout un panel de situations.
    A la fin de sa croissance en eaux douces, de nouveaux changements morphologiques, anatomiques et physiologiques interviennent : la peau s’épaissit, le ventre devient argentĂ© alors que le dos et les flancs noircissent, les nageoires pectorales s’allongent, les yeux grossissent et l’appareil digestif se rĂ©tracte. L’anguille, appelĂ©e alors anguille argentĂ©e, est prĂȘte pour dĂ©valer le cours d’eau, souvent au grĂ© des crues d’automne, regagner la mer et aller se reproduire sur le lieu qui l’a vu naĂźtre : la mer des Sargasses ! Si l’on a pu suivre des anguilles argentĂ©es sur le bord du talus continental, il faut reconnaĂźtre qu’aucune information sur ce qui se passe aprĂšs n’est disponible
 Certes, des expĂ©riences en laboratoire ont permis de dĂ©clencher la maturation sexuelle en augmentant la pression hydrostatique, mais cela n’a encore pas pu ĂȘtre vĂ©rifiĂ© dans le milieu naturel. L’ultime phase du cycle de vie de l’anguille, la reproduction, reste bel et bien une Ă©nigme !


    Une régression drastique sans équivoque

    Historiquement, la distribution de l’anguille Ă©tait trĂšs Ă©tendue. Les densitĂ©s les plus fortes Ă©taient logiquement rencontrĂ©es dans les secteurs les plus proches de la mer. La colonisation vers les parties les plus amont des bassins Ă©tait loin d’ĂȘtre anecdotique : en dehors des zones de montagne, naturellement inaccessibles, l’anguille Ă©tait prĂ©sente dans l’ensemble de nos lacs et cours d’eau. A tel point que la rĂ©glementation de la pĂȘche l’a considĂ©rĂ©e comme nuisible jusqu’en 1985, et des pĂȘches de destruction Ă©taient carrĂ©ment organisĂ©es afin de tenter d’éradiquer ce funeste ogre de nos riviĂšres !

    Si l’on avait su Ă  l’époque


    Aujourd’hui, la rĂ©gression, voire la rarĂ©faction, de tous les stades de dĂ©veloppement de l’espĂšce inquiĂšte, tant du cĂŽtĂ© de la communautĂ© scientifique que de celui des pĂȘcheurs professionnels. Ainsi, un certain nombre de rapports du Conseil international pour l’exploitation de la mer (CIEM) ou encore de la Commission europĂ©enne consultative pour les pĂȘches dans les eaux intĂ©rieures (CECPI) mettent en Ă©vidence une diminution drastique des captures d’anguilles par les exploitants professionnels. A l’échelle du continent europĂ©en, le niveau de recrutement, estimĂ© Ă  travers la biomasse en civelles, est passĂ© Ă  partir des annĂ©es 2000 en dessous des 5 % du niveau historique. De mĂȘme, les captures d’anguilles par les professionnels ont diminuĂ© de maniĂšre continue depuis les annĂ©es 1960 et sont actuellement en dessous de 25 % de leur niveau historique.
    La situation est donc alarmante !

    Des causes diverses et variĂ©es expliquent le dĂ©clin de l’espĂšce

    Chaque stade de dĂ©veloppement de l’anguille est particulier. L’espĂšce est ainsi sensible Ă  toute une sĂ©rie de pressions diffĂ©rentes, dont les effets se cumulent au fur et Ă  mesure de son dĂ©veloppement. A terme, la rĂ©duction des stocks de gĂ©niteurs ne permettra plus d’assurer un niveau de recrutement nĂ©cessaire au remplacement des gĂ©nĂ©rations. La pĂ©rennitĂ© de l’espĂšce peut donc ĂȘtre remise en cause
 Etablir la liste exhaustive des problĂšmes rencontrĂ©s par l’anguille Ă©tant impossible, concentrons-nous de prĂ©fĂ©rence sur les perturbations les plus Ă©videntes et les plus couramment citĂ©es.


    Les obstacles Ă  la migration

    Les obstacles Ă  la migration que sont les barrages, seuils et autres ouvrages transversaux, sont considĂ©rĂ©s comme un facteur important de la fragilisation de l’espĂšce. En effet, en bloquant la migration d’amontaison, ils empĂȘchent l’accĂšs aux zones de grossissement et rĂ©duisent au final les stocks de gĂ©niteurs Ă  l’échelle des bassins versants. ParallĂšlement, les ouvrages hydroĂ©lectriques perturbent Ă©galement la dĂ©valaison, en causant une mortalitĂ© plus ou moins importante lors du passage dans les turbines. Compte tenu de la densitĂ© trĂšs importante d’ouvrages transversaux sur le territoire national, a minima 50 000 ouvrages principaux recensĂ©s rĂ©cemment par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, leurs effets doivent se mesurer en cumulant les impacts de chacun d’eux Ă  l’échelle d’un axe fluvial. En effet, par exemple, si unitairement une centrale hydroĂ©lectrique engendre un taux de mortalitĂ© dans les turbines Ă  la dĂ©valaison de l’ordre de 5 Ă  10 %, la succession de plusieurs centrales entraĂźne une addition des mortalitĂ©s, qui au final se rĂ©vĂšlent trĂšs importantes et rĂ©duisent de maniĂšre drastique la quantitĂ© de gĂ©niteurs d’un bassin susceptibles de retourner en mer se reproduire. En plus du problĂšme de l’accĂšs, celui de la destruction mĂȘme des habitats de l’anguille est Ă©galement un facteur important de fragilisation de l’espĂšce. L’assĂšchement des zones humides, la dĂ©connexion des systĂšmes latĂ©raux, l’endiguement des cours d’eau participent ainsi Ă  dĂ©truire les milieux de vie privilĂ©giĂ©s de l’espĂšce



    Les maladies et épidémies

    Parmi les nombreux parasites susceptibles de contaminer l’anguille, le plus virulent est sans aucun doute le nĂ©matode Anguillicola crassus, originaire du Sud-Est asiatique et de l’Australie. Ce parasite hĂ©matophage se rencontre dans la vessie natatoire de l’anguille, son hĂŽte dĂ©finitif. Ses effets pathogĂšnes peuvent ĂȘtre directs, en provoquant des lĂ©sions et une altĂ©ration progressive de cet organe, ou encore indirects, en diminuant l’endurance et le niveau de rĂ©sistance de l’individu, qui devient alors plus vulnĂ©rable aux autres pressions environnementales. Au final, les anguilles argentĂ©es fortement infestĂ©es par ce parasite n’ont aucune chance d’atteindre leur lieu de ponte
 Le virus dit Evex, apparu pour la premiĂšre fois en 1977, est Ă©galement reconnu comme pouvant significativement affecter la migration de l’anguille. Ce virus provoque des hĂ©morragies et des anĂ©mies sur tous les stades de l’anguille, diminuant alors les capacitĂ©s de nage. En France, cette virologie a Ă©tĂ© observĂ©e sur les civelles de l’estuaire de la Loire au dĂ©but des annĂ©es 1980, puis rĂ©cemment sur les civelles de MĂ©diterranĂ©e.
    Cependant, il n’a encore jamais Ă©tĂ© observĂ© sur des anguilles jaunes ou argentĂ©es.


    Les polluants toxiques

    Les micropolluants, tels mĂ©taux lourds, pesticides, hydrocarbures, etc., rencontrĂ©s et accumulĂ©s dans l’eau et les sĂ©diments des Ă©cosystĂšmes aquatiques sont un facteur important de rĂ©gression de l’anguille. En effet, les traits de vie de l’espĂšce la rendent particuliĂšrement vulnĂ©rable Ă  ces pollutions : position Ă©levĂ©e dans les chaĂźnes alimentaires, accumulation de beaucoup de graisses, longue durĂ©e de vie Ă  reproduction unique. Certaines substances, comme les pesticides neurotoxiques et les substances chimiques, agissent de maniĂšre directe sur sa physiologie. Par exemple, le lindane, les dioxines ou certains PCB perturbent le fonctionnement de la glande thyroĂŻdienne, impliquĂ©e dans le stockage des lipides. Les PCB perturbent Ă©galement le systĂšme neuronal, pouvant induire des troubles comportementaux. De graves altĂ©rations hĂ©patocytaires et branchiales ont Ă©tĂ© observĂ©es expĂ©rimentalement aprĂšs une exposition des anguilles Ă  l’atrazine et au cadmium.
    Enfin, rĂ©cemment, des chercheurs hollandais ont mis en Ă©vidence l’effet direct des composĂ©s de type dioxines (PCB
) sur le dĂ©veloppement embryonnaire et la survie des embryons d’anguille, et ce pour des teneurs prĂšs de trois fois infĂ©rieures aux normes de consommation de l’OMS… ! Par ailleurs, on peut observer une corrĂ©lation Ă©trange entre les Ă©missions de PCB dans l’environnement et le dĂ©clin du stock d’anguille !


    L’exploitation des stocks

    L’anguille est exploitĂ©e Ă  tous ses stades biologiques continentaux pour la pĂȘche professionnelle, mais Ă©galement pour la pĂȘche de loisir. Ces activitĂ©s de pĂȘcherie, aux rendements estimĂ©s Ă  100 tonnes de civelles et plus de 800 tonnes aux autres stades en France, ont une influence sur la variabilitĂ© des stocks d’anguilles et constituent donc Ă©galement un facteur potentiel supplĂ©mentaire de fragilisation de l’espĂšce. A noter qu’en France la pĂȘche de la civelle ou pibale est interdite en MĂ©diterranĂ©e. En ajoutant que le prix de ce mets exquis peut atteindre 500 euros le kilogramme. Attirant toute la convoitise du braconnage !

  • Les GĂźtes de France des PyrĂ©nĂ©es-Orientales lance « Passion PĂȘche »

    Les GĂźtes de France des PyrĂ©nĂ©es-Orientales lance « Passion PĂȘche »

    Les GĂźtes de France des PyrĂ©nĂ©es-Orientales ont lancĂ© une thĂ©matique « Passion PĂȘche »afin de faire partager le potentiel halieutique et
    touristique de la région.RiviÚres, lacs de
    montagnes, salmonidĂ©s, carnassiers : les pĂȘcheurs ne manquent pas ici de
    coins pour célébrer leur passion.Les propriétaires adhérents à ce programme se sont
    engagés à proposer à leur clientÚle une information personnalisée et de qualité
    pour des parties de pĂȘche rĂ©ussies.PassionnĂ©s, ces propriĂ©taires pourront dispenser des conseils sur les
    meilleurs coins autour de leur gĂźte,ainsi que tous les
    documents utiles pour se lancer.


    Renseignements :

    http://www.gites-de-france-66.com