Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Pari rĂ©ussi pour la seconde Ă©dition du Rise Festival

    Pari réussi pour la seconde édition du Rise Festival

    AprĂšs un passage Ă  Caen et Pau, la derniĂšre Ă©tape du Rise festival s’est dĂ©roulĂ©e au Puy-en-Velay le 3 mars dernier. 650 spectateurs se sont rĂ©unis se sont rĂ©unis pour faire le plein d’images de pĂȘche Ă  la mouche sur grand Ă©cran. Le Club Mouche de la Haute VallĂ©e de la Loire (http://cmhvl.over-blog.com/) porte l’évĂšnement depuis l’annĂ©e derniĂšre et en collaboration avec la sociĂ©tĂ© de production Gin-Clear a permis la diffusion du festival en France. GrĂące au travail de quelques bĂ©nĂ©voles passionnĂ©s, les films ont Ă©tĂ© traduits et sous-titrĂ©s, ces mĂȘmes passionnĂ©s ont mĂȘme doublĂ© le film phare de la soirĂ©e : « Eclosions ».

    L’une des ambitions du festival est de porter une vision de la pĂȘche respectueuse de l’environnement et du poisson. La synergie trouvĂ©e entre les diffĂ©rents partenaires constitue ainsi un espoir dans l’évolution du loisir pĂȘche et dans la prise de conscience de la protection de nos milieux aquatiques.

  • Ouverture des salmonidĂ©s : quelques heures Ă  tenir…

    Ouverture des salmonidĂ©s : quelques heures Ă  tenir…

    Vous attendez cette date depuis trop longtemps… Cette nuit, nombre d’entre vous ne parviendront pas Ă  trouver le sommeil en pensant Ă  ce moment tant attendu, au son de l’eau, au premier lancer, Ă  la premiĂšre truite… Et oui demain c’est l’ouverture de la pĂȘche aux salmonidĂ©s ! AprĂšs ces longs mois d’hiver, nous allons enfin pouvoir ressortir les cannes et tout le matĂ©riel et Ă  dĂ©faut de faire une bonne pĂȘche, au moins, retrouver nos sensations et ce milieu que nous aimons temps : les riviĂšres ! N’oubliez pas de vous munir de votre carte de pĂȘche. Pour obtenir le prĂ©cieux sĂ©same, il vous suffit de vous rendre ici.

  • Une partie de pĂȘche en nymphes  et chironomes  avec Albert BigarĂ©

    Une partie de pĂȘche en nymphes et chironomes avec Albert BigarĂ©

    La Belgique compte de nombreux pratiquants de la pĂȘche Ă  la mouche en lacs et rĂ©servoirs et un circuit de compĂ©tition trĂšs Ă©toffĂ©. Cette rubrique Ă©tait l’occasion d’aller y faire un tour et d’y rencontrer un des moucheurs incontournables du pays : Albert BigarĂ©, compĂ©titeur de talent mais aussi dĂ©taillant spĂ©cialisĂ©. Nous l’avons retrouvĂ© sur un plan d’eau non moins connu en Belgique et dans le nord de la France, le lac de Rabais.

    Par Philippe Collet

    La journĂ©e choisie pour se retrouver au bord de l’eau n’était pas des plus faciles : froid, averses et absence de soleil ont Ă©tĂ© Ă  l’ordre du jour, un temps de saison me direz-vous. MalgrĂ© tout nous avons pu nous mesurer Ă  de nombreux poissons. La technique que s’est proposĂ© de nous expliquer Albert est une de ses favorites. Il s’agit de la pĂȘche en nymphe sous la surface Ă  l’aide d’une soie flottante Ă  pointe intermĂ©diaire courte, ou d’une soie hover. S’il utilise des soies du commerce, comportant une pointe d’environ un mĂštre en densitĂ© intermĂ©diaire, comme par exemple la Teeny Invisi Tip et la Rio Midge Tip, Albert prĂ©fĂšre se fabriquer une soie maison. Il apprĂ©cie les soies Vision Extreme Distance pour leurs capacitĂ©s de lanceuses et leur ajoute en pointe un polyleader intermĂ©diaire rapide Airflo destinĂ© Ă  la pĂȘche du bonefish. Ce polyleader peut ĂȘtre raccordĂ©, boucle dans boucle, au bout de la soie mais Albert prĂ©fĂšre le raccorder en direct. Pour ce faire il dĂ©nude une partie du Polyleader en trempant ses premiers centimĂštres dans de l’acĂ©tone. L’ñme monofilament ainsi mise Ă  nu est ensuite enfilĂ©e dans l’ñme tissĂ©e de la soie Ă  l’aide d’un fil tungstĂšne (cette technique a Ă©tĂ© expliquĂ©e dans le DVD « La leçon de pĂȘche volume 5 » du numĂ©ro 70 de PĂȘches sportives). Le raccord entre les deux soies est ensuite lissĂ© avec du Stormsure ou Aquasure et laissĂ© sĂ©cher au moins 24 heures. Cette derniĂšre opĂ©ration garantit un passage fluide dans les anneaux. Le Polyleader et prolongĂ© par une micro boucle pour accrocher le bas de ligne. Albert choisit un Polyleader bonefish pour la soliditĂ© de son Ăąme, qui ne s’use pas trop rapidement Ă  l’usage au niveau de la boucle.

    Une petite astuce d’Albert

    Le Stormsure ou l’Aquasure est un produit initialement conçu pour rĂ©parer les waders. Lorsque Albert m’en a parlĂ© pour le bricolage de la soie, je lui ai dit que cela faisait un peu cher du raccord, sachant que le tube une fois entamĂ© ne dure jamais bien longtemps, mĂȘme soigneusement refermĂ©. Il m’a alors fait part de cette petite astuce pour garder un tube au moins un an dans l’état d’origine aprĂšs ouverture. Il le stocke dans un sachet plastique au congĂ©lateur. Il ne lui reste plus qu’à la ressortir et le laisser revenir Ă  la tempĂ©rature ambiante avant usage. Les qualitĂ©s du produit n’en seraient pas du tout  altĂ©rĂ©es.
    Dans des conditions normales, cette soie permet de pĂȘcher prĂ©cisĂ©ment des poissons actifs, juste sous la surface. Elle place directement les mouches Ă  la bonne profondeur et surtout les maintient Ă  ce niveau. Une soie entiĂšrement intermĂ©diaire ne peut pas rĂ©ellement le faire car, mĂȘme ramenĂ©e, elle coule inexorablement.
    La soie flottante permet de visualiser les touches et de dĂ©clencher un ferrage rapide. Elle permet aussi de pĂȘcher avec des fils fins, plus fins qu’avec une soie intermĂ©diaire dont l’inertie est bien plus forte sous l’eau. Ce type de soie trouve ses limites les jours de vent. Elle offre alors trop de prise aux risĂ©es et dĂ©rive trop vite, entraĂźnant les mouches de façon peu naturelle Ă  sa suite. Dans ces conditions, Albert prĂ©fĂšre utiliser des soies Hover, c’est-Ă -dire des intermĂ©diaires trĂšs lentes se maintenant sous la surface et les vagues. Ces soies se soustraient non seulement Ă  la dĂ©rive dans un plan horizontal, mais aussi aux tractions occasionnĂ©es dans un plan vertical par les vagues. Ces soies sont peu nombreuses sur le marchĂ©. Il existait une soie SP Hover chez Airflo chĂšre Ă  Albert et trĂšs intĂ©ressante pour sa capacitĂ© Ă  rester Ă  10 cm sous la surface. Elle a Ă©tĂ© remplacĂ©e par une soie Anti Wake moins performante. Lors de la sortie, Albert essayait pour la seconde fois une nouvelle soie Rio de ce type, trĂšs lente. Cette soie lui a donnĂ© entiĂšre satisfaction. Il s’agit de la soie Rio Outbound Hover WF 7 S1. Cette derniĂšre, au fuseau de couleur « glacial » (bleu translucide), se lance trĂšs bien et descend Ă  peine plus vite que la Hover Airflo de rĂ©fĂ©rence.


    Le bas de ligne

    Pour pĂȘcher du bord, dans un souci d’efficacitĂ© et afin de minimiser les risques d’emmĂȘlage, Albert place le plus souvent deux mouches sur son bas de ligne. Il ne pĂȘche en nymphe, de cette façon, Ă  trois mouches, quasiment qu’en barque dĂ©rivante dans les grands plans d’eau.
    Au bout d’une soie flottante Ă  pointe intermĂ©diaire, la premiĂšre mouche est placĂ©e Ă  1,6 mĂštre de la soie puis, la deuxiĂšme, entre 1,3 mĂštre Ă  2 mĂštres en fonction des conditions de vent. Pour une pĂȘche Ă  une seule mouche, cette derniĂšre est placĂ©e au bout d’un bas de ligne d’environ 4 mĂštres. Au bout des soies Hover, Albert noue un bas de ligne dĂ©gressif en queue de rat de 9 pieds ou 2,7 mĂštres en nylon. Ce bas de ligne se termine en 18 centiĂšmes (4 X). La partie Ă©paisse du bas de ligne est recuite trois minutes, dans l’eau bouillante, en maintenant le dernier mĂštre, le plus fin, hors de l’eau pour ne pas altĂ©rer ses qualitĂ©s. Cette opĂ©ration donne plus de souplesse au fil et surtout le rend plus coulant. Albert prĂ©fĂšre utiliser un bas de ligne dĂ©gressif sans nƓuds pour limiter les turbulences, qui lui paraissent dissuasives pour les poissons lors de l’animation. L’absence de nƓud contribue aussi Ă  limiter les risques d’emmĂȘlage. Au bout de ce bas de ligne, il rĂ©a-lise une micro boucle Ă  laquelle il connecte sa pointe. Pour deux mouches celle-ci est composĂ©e de 60 cm de fil avant la premiĂšre potence puis 1,80 m avant la mouche de pointe. Pour une mouche, une pointe de 2 mĂštres prolonge le bas de ligne dĂ©gressif.
    Albert rĂ©alise des potences de  30 cm, qu’il rĂ©duit Ă  15 cm en cas de vent pour une pĂȘche du bord. Celles-ci sont rĂ©alisĂ©es avec un nƓud de chirurgien Ă  trois tours. Une fois le nƓud rĂ©alisĂ©, le fil revenant vers la soie est coupĂ©. Seul le fil orientĂ© vers la mouche de pointe est utilisĂ©. En cas d’utilisation de deux diamĂštres diffĂ©rents, le plus fin Ă©tant bien sur placĂ© en pointe, la potence est formĂ©e par le fil le plus gros. Les fils utilisĂ©s sont le fluorocarbone Sightfree G3 de chez Airflo, le fluorocarbone Fulling-Mill, et le Rio Fluoroflex Plus, mais aussi des nylons. Albert juge en effet important de signaler que parfois le fluorocarbone coule trop vite, entraĂźnant les mouches hors de la vue des poissons collĂ©s sous la surface. Un nylon est alors indispensable pour les maintenir au bon niveau.


    Cannes et moulinets

    Pour cette technique et de nombreuses autres, Albert utilise des cannes qu’il monte lui-mĂȘme en  10 pieds soie de 7 chargĂ©es de soies en taille 7. Il utilise des moulinets Compo 69 modifiĂ©s par l’ajout d’un arceau de corde Ă  piano inox. Cette amĂ©lioration permet d’éviter que la soie ne sorte sur le cĂŽtĂ© de la bobine lorsqu’on tire dessus (dĂ©faut de ce moulinet). Il apprĂ©cie ce moulinet pour son gros diamĂštre, son prix et celui de ses bobines, qui permettent une interchangeabilitĂ© rapide des nombreuses soies nĂ©cessaires en compĂ©tition.

    L’animation

    L’animation se fait canne basse, dans l’axe de la soie, scion au ras de l’eau. Si la pĂȘche est difficile et les poissons tatillons, le scion est maintenu Ă  40 cm de l’eau et la boucle de soie qui se forme surveillĂ©e de trĂšs prĂšs. La moindre remontĂ©e ou non-descente, suite Ă  une traction, est sanctionnĂ©e par un ferrage en relevant la canne. Il s’agit ici de ne pas tirer sur la soie avec la main libre, car on risque de casser, compte tenu du diamĂštre des fils utilisĂ©s. L’animation peut aller de l’immobilitĂ© Ă  un pulling (tirĂ©es successives) rapide. Elle est tout de mĂȘme le plus souvent lente, alternant des phases de tricotage, de tirĂ©es et d’arrĂȘts plus ou moins prolongĂ©s. Plus l’animation est rapide, plus le fil doit ĂȘtre solide. En pulling, il est difficile de descendre en dessous de 18 Ă  20 centiĂšmes. En pĂȘche plus statique, Albert descend jusqu’au 12 centiĂšmes. Il pĂȘche le plus souvent en 15 ou 16 centiĂšmes. Pour la mĂȘme technique sur les rĂ©servoirs anglais, ses diamĂštres de fil s’échelonnent entre le 20 et le  23 centiĂšmes. Retenez que le diamĂštre du fil doit ĂȘtre adaptĂ© Ă  votre  maĂźtrise du ferrage. Si vous avez la main un peu lourde ne vous acharnez pas Ă  pĂȘcher trop fin.

    Les mouches

    Les mouches utilisĂ©es par Albert, pour cette technique, sont trĂšs variĂ©es. Elles ont par contre la particularitĂ© de ne pas ĂȘtre lestĂ©es, pour ne pas couler et pĂȘcher dans un plan horizontal. Les hameçons ne sont pas trop forts de fer toujours pour Ă©viter aux mouches de couler trop vite et aussi pour permettre une bonne pĂ©nĂ©tration sur des ferrages peu appuyĂ©s sur fil fin. Dans nos petits plans d’eau (en comparaison aux lacs anglais), des mouches en taille 12 ou 14 sont une bonne moyenne. Les mouches destinĂ©es Ă  ĂȘtre pullĂ©es sont montĂ©es sur des hameçons droits et peuvent ĂȘtre montĂ©s sur des hameçons plus forts de fer dans les petites tailles, pour Ă©viter leur ouverture. Des mini streamers, de la taille d’une grosse nymphe peuvent aussi ĂȘtre utilisĂ©s avec succĂšs avec cette technique certains jours.

  • MatĂ©riel : Lidl casse les prix pour l’ouverture

    MatĂ©riel : Lidl casse les prix pour l’ouverture

    Demain, jeudi 8 mars, les supermarchés discount Lidl vont
    proposer à leurs clients des packages complets composés de matériel Crivit Outdoor,
    une marque développée par le groupe de grande distribution. Cannes télescopiques,
    moulinets, Ă©puisettes, supports pour canne Ă  pĂȘche, fils et accessoires : un
    équipement complet pour se lancer dans une nouvelle saison.

    Plusieurs sets complets sont proposés autour de :

    – la canne tĂ©lĂ©scopique 4 parties 420 cm et son moulinet
    avec frein arriùre : 29,99 €

    – la canne enfichable 2 parties 240 cm et son moulinet avec
    frein avant puissant : 29,99 €

    La gamme de sets de pĂȘche dĂ©marre Ă  19,99 € avec diffĂ©rents
    kits adaptĂ©s Ă  la pĂȘche au brochet et au sandre / Ă  la truite et Ă  la perche ou
    à la carpe et à l’anguille.

    Pour compléter cet équipement, Lidl propose

    – un moulinet ultra lĂ©ger avec 3 roulements Ă  billes et
    manivelle à balancier : 7,99 €

    – une Ă©puisette tĂ©lescopique avec manche aluminium : 11,99 €

    – et un trĂ©pied lĂ©ger en aluminium Ă  hauteur rĂ©glable :
    12,99 €.

    Lidl s’engage sur la qualitĂ© de ce matĂ©riel en offrant une garantie de 3 ans.



    Renseignements :

    www.lidl.fr

  • Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Les bas de lignes Ă  nƓuds ont depuis quelques annĂ©es la prĂ©fĂ©rence des pĂȘcheurs français. Modulables, discrets, suffisamment rigides, leurs qualitĂ©s sont nombreuses. Pourtant, leur schĂ©ma dĂ©sormais classique, progressif ou dĂ©gressif, ne permet pas toujours de rĂ©pondre aux attentes des pĂȘcheurs recherchant des dĂ©rives naturelles, nĂ©cessaires sur de nombreux parcours aujourd’hui. On croyait avoir fait le tour des bas de lignes Ă  nƓuds, mais ce n’est pas le cas. Voici les spĂ©cificitĂ©s d’un modĂšle atypique.

    Par Philippe Boisson

    ÉlĂ©ment clef de l’équipement du pĂȘcheur Ă  la mouche, le bas de ligne est la partie du matĂ©riel la plus Ă©sotĂ©rique avec ses formules personnelles, fruit de l’expĂ©rience de chacun. Nous savons Ă  quel point cet Ă©lĂ©ment constituĂ© de brins de nylon perturbe les moucheurs de tous niveaux, car il faut bien le dire, la formule miracle, qui donne satisfaction dans toutes les conditions, n’existe pas. Les bas de ligne Ă  nƓuds, largement rĂ©pandus aujourd’hui permettent une adaptation permanente de la longueur totale ou partielle du bas de ligne et de la pointe en toute libertĂ©. C’est principalement pour cette raison qu’ils rencontrent un si large succĂšs auprĂšs des pĂȘcheurs français. Le niveau technique gĂ©nĂ©ral des pĂȘcheurs Ă  la mouche dans notre pays est Ă©levĂ© si on le compare Ă  ceux de nos voisins anglo-saxons ou scandinaves et, Ă  n’en pas douter, les bas de lignes Ă  nƓuds y sont pour beaucoup. En contrepartie, cette facilitĂ© de crĂ©ation et d’adaptation contribue Ă  rendre le bas de ligne Ă  nƓuds complexe en raison de sa modularitĂ©. Le schĂ©ma classique de ce genre de bas de ligne, surtout pour les modĂšles progressifs, dont les brins s’allongent au fur et Ă  mesure que les diamĂštres diminuent, veut que l’on respecte une diminution rigoureuse des diamĂštres de nylon. Soit de 5/100 en 5/100 depuis le brin le plus fort jusqu’au porte pointe. On obtient ainsi un bas de ligne dont la progressivitĂ© est totale sur toute la longueur.

    Une formule perfectible

    Comme beaucoup, j’ai utilisĂ© ce type de bas de ligne durant plus de vingt ans avec bonheur tout en imaginant diffĂ©rentes formules afin de trouver ce qui me correspondait le mieux. De toutes ces expĂ©riences, je garde le souvenir de formules globalement satisfaisantes, mais surtout le sentiment permanent que ce systĂšme n’était pas parfait. En effet, la prĂ©sence des trois derniers brins avant la pointe, gĂ©nĂ©ralement en 20, 16 et 14/100 constituait trois problĂšmes :
    – Le premier, d’ordre purement technique, oblige Ă  un calcul prĂ©cis de la longueur de ces brins pour les harmoniser avec ceux de la partie prĂ©cĂ©dente. De plus, un porte pointe relativement court doit ĂȘtre remplacĂ© aprĂšs trois ou quatre changement de pointes, car chaque nouveau nƓud le fait rĂ©gresser de  5 Ă  8 centimĂštres.
    – Le deuxiĂšme problĂšme, d’ordre fonctionnel, est liĂ© prĂ©cisĂ©ment Ă  cette section du bas de ligne trĂšs progressive qui prĂ©cĂšde la pointe et qui ne permet pas de “casser” l’énergie au niveau de la pointe pour obtenir des posers trĂšs dĂ©tendus. En pratique, cela se traduit par un bas de ligne au comportement homogĂšne, mais qui n’autorise pas facilement le poser d’une longue pointe (2,80 m ou plus) vraiment dĂ©tendu. Entendons par lĂ  la possibilitĂ© de poser trois mĂštres de pointe sur une surface de 30 ou 40 cm2 comme cela est souvent nĂ©cessaire lorsque l’on pĂȘche Ă  la nymphe Ă  vue ou lorsqu’il devient indispensable d’effectuer de longues dĂ©rives naturelles Ă  la mouche sĂšche.
    – Le troisiĂšme problĂšme concerne le brin de 14/100, qui n’a plus lieu d’ĂȘtre si l’on utilise une pointe de ce diamĂštre. Dans ce cas, Ă  longueur Ă©gales de pointes, la longueur totale du bas de ligne se retrouve soudain rĂ©duite de 50 Ă  70 cm. Cet Ă©cart de longueur se traduit Ă©galement par un comportement diffĂ©rent du bas de ligne qui compte un Ă©lĂ©ment de moins. Certains pĂȘcheurs dont je fais partie n’aiment pas pĂȘcher avec des bas de ligne dont la longueur totale varie. Cela vient sans doute de mon vĂ©cu avec la pĂȘche des grosses truites Ă  la nymphe Ă  vue, technique qui implique un nombre d’essais trĂšs limitĂ©s oĂč tout doit ĂȘtre parfait. C’est pour cette raison que j’ai toujours voulu pĂȘcher avec un matĂ©riel identique : mĂȘme canne, mĂȘme soie et surtout avec un bas de ligne invariable.


    Une solution osée !

    Las de composer avec ces facteurs et aprĂšs plusieurs essais, j’ai finalement optĂ©, il y a deux ans, pour une solution assez radicale, qui simplifie considĂ©rablement les choses tout en permettant d’obtenir l’effet recherchĂ©. Mon bas de ligne est devenu trĂšs atypique, mais il me convient parfaitement. Il comprend uniquement six brins, pointe comprise, ne dĂ©bute plus en 45/100 mais en 40/100 (le classique Maxima) et ne compte que des brins de longueurs Ă©gales (hormis la pointe). Notons que le 18/100 n’est pas en Maxima mais de mĂȘme nature que la pointe (Water King Pole Fishing). Ce dĂ©tail est trĂšs important pour prĂ©server une soliditĂ© de l’ensemble suffisante. La progressivitĂ© du bas de ligne est obtenue uniquement par l’affinement des diamĂštres puisque les brins sont de mĂȘmes longueurs. Ce principe permet de conserver une bonne Ă©nergie tout en obtenant des posers trĂšs doux. Cela est dĂ» Ă  la grande longueur des brins. La jonction entre le 18/100 et la pointe (voir l’encadrĂ© consacrĂ© au nƓud de raccord), assure une cassure d’énergie franche sur toute la pointe. Ce bas de ligne convient particuliĂšrement bien pour les posers de type “parachute” autant pour la pĂȘche Ă  la nymphe qu’à la mouche sĂšche, ainsi que pour les posers “plaquĂ©s dĂ©tendus” oĂč la pointe du bas de ligne doit se poser sur une trĂšs faible surface afin d’obtenir une descente parfaitement verticale de la nymphe.  D’autres formules, plus courtes  (il suffit de rĂ©duire la taille des cinq premiers brins) sont possibles. Elles prĂ©sentent une plus grande facilitĂ© de manipulation et sont aussi plus adaptĂ©es aux cours d’eau de petites largeurs.


    D’excellents rĂ©sultats

    La qualitĂ© des posers et des dĂ©rives obtenues avec ce bas de ligne m’a sĂ©duit dĂšs les premiers essais. AprĂšs plusieurs saisons d’utilisation exclusive autant en lacs qu’en riviĂšres, Ă  la mouche sĂšche ou Ă  la nymphe (Ă  vue et au fil), les rĂ©sultats obtenus sont trĂšs satisfaisants. La prĂ©cision est au rendez-vous sans nuire Ă  la rĂ©ussite des posers
  A la mouche sĂšche, on obtient des posers trĂšs dĂ©tendus qui offrent une excellente parade au dragage de la mouche. Effectuer de longues dĂ©rives vers l’aval devient ainsi un jeu d’enfant. Dans tous les cas, ce bas de ligne doit ĂȘtre utilisĂ© avec une trĂšs longue pointe, d’une longueur minimum de deux mĂštres pour la mouche sĂšche et 2,80 m pour la nymphe pratiquĂ©e Ă  vue. Pour les posers “parachute”, on peut dĂ©passer les trois mĂštres.
    Bien entendu, l’efficacitĂ© de ce bas de ligne se trouve accrue par une bonne technique de lancer avec une boucle de soie en l’air rapide et Ă©troite pour une meilleure pĂ©nĂ©tration dans le vent.


    Le choix du nylon

    La partie la plus forte du bas de ligne, du 40/100 au 25/100 est constituĂ©e de Maxima “classique”. Elle peut l’ĂȘtre Ă©galement avec du JMC Camoufil ou du Maxima CamĂ©lĂ©on. Le choix est beaucoup moins facile au niveau du brin de 18/100 et de la pointe, deux Ă©lĂ©ments qu’il est prĂ©fĂ©rable de prĂ©voir de mĂȘme nature (mĂȘme modĂšle). Une diffĂ©rence de duretĂ© pouvant entraĂźner une dĂ©gradation anormale de l’un ou l’autre des deux brins. Parmi les meilleurs nylons pour rĂ©aliser ces deux Ă©lĂ©ments, citons le Devaux Tiger, le Teklon et le Teklon Gold, le Rio Power flex ou le Sensas Palmer. Ces monofilaments sont Ă  la fois souples et rĂ©sistants, ce qui reprĂ©sente des qualitĂ©s qui font difficilement bon mĂ©nage. Il est Ă  regretter une baisse sensible de qualitĂ© du Water King Pole Fishing (Water Queen), qui fut pendant plus de dix ans un nylon exceptionnel pour la pĂȘche Ă  la mouche, pourvu d’une grande souplesse et  d’une rĂ©sistance remarquable. Actuellement, ce fil souffre d’un manque de rĂ©gularitĂ© agaçant, puisque sur une mĂȘme bobine, certaines sections peuvent ĂȘtre parfaitement convenables, alors que d’autres sont beaucoup plus faibles. EspĂ©rons que ce problĂšme ne sera que passager !
    Peu de progrĂšs sont rĂ©alisĂ©s en matiĂšre de fils fins par les fabricants, qui semblent avoir atteint les limites en matiĂšre de rĂ©sistance et de finesse. Le fluorocarbone souffre d’une rigiditĂ© importante qui le rend difficilement compatible avec l’utilisation de petites nymphes, car il est gĂ©nĂ©rateur de dragage et par consĂ©quent de prĂ©sentations alĂ©atoires. Le nylon reste donc le fil le plus utilisĂ© pour pĂȘcher Ă  la mouche en riviĂšre.


    Formule grande riviĂšre

    DiamĂštres : 40/100 – 35/100 – 30/100 – 25/100 – 18/100. Pointe : 16 Ă  8/100.
    Longueurs : 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 2,80 m ou plus = 7,05 Ă  7,50 m.

  • PremiĂšre Ă©dition du salon PĂȘche au Pays basque

    PremiĂšre Ă©dition du salon PĂȘche au Pays basque

    Le premier salon « PĂȘches Pays basque » s’installera le dimanche 27 mai 2012 sur la grande Nive sur le parcours no-kill de Saint-Martin-d’Arrossa. OrganisĂ© par l’AAPPMA de la Nive et l’Office de tourisme de Saint-Jean-Pied-de-Port dans le cadre d’un programme transfrontalier avec l’Espagne, l’évĂšnement se dĂ©roulera simultanĂ©ment au bord de la riviĂšre (animations pĂȘche, dĂ©monstrations de professionnels, parcours de lancer ou encore banc d’essais) et dans un lieu couvert avec de nombreux exposants. Vous pourrez y rencontrer les principaux acteurs pĂȘche du dĂ©partement, ainsi que des professionnels (guides, compĂ©titeurs, dĂ©taillants, etc.). L’entrĂ©e est gratuite, alors n’hĂ©sitez pas Ă  faire un tour dans ce tout nouveau salon si vous ĂȘtes dans la rĂ©gion. Bonne chance donc Ă  ce tout nouvel Ă©vĂšnement halieutique !

     

    Renseignements :

    www.aappma-delanive.fr

  • Bourgogne : un club mouche dynamique en CĂŽte d’Or

    Bourgogne : un club mouche dynamique en Cîte d’Or

    Le Club Mouche Saint-Apollinaire (CMSA), affiliĂ© Ă  la FFPML, est un club mouche proche de Dijon. Il Ɠuvre au sein du comitĂ© Bourgogne Ă  la promotion de la pĂȘche Ă  la mouche. Les juniors du CMSA ont rejoint derniĂšrement les rangs d’une Ă©cole de pĂȘche nouvellement crĂ©e : l’Ecole de pĂȘche du Grand Dijon, Ă©manation du ComitĂ© Bourgogne, du GPS Dijon et de l’APPMA de la Truite Bourguignonne. Le CMSA soutient cette structure qui favorise l’accĂšs des jeunes Ă  la pĂȘche Ă  la mouche.

    Du cĂŽtĂ© des seniors, le CMSA se rĂ©unit tous les quinze jours pour parler technique et montage de nouvelles mouches. Le club organise Ă©galement des sorties de pĂȘche (coups du soir dans la proche banlieue de Dijon, sorties dans le Doubs, le Jura, voire les Vosges ou l’Alsace). Le club, dont la devise est « PĂȘcher ensemble pour progresser », se fixe comme objectif de recruter des moucheurs de l’agglomĂ©ration dijonnaise expĂ©rimentĂ©s, afin de partager avec les moucheurs nĂ©ophytes leur amour et leur connaissance de la pĂȘche.

    Renseignements :

    Le Blog du Club : http://clubmouchestapo.canalblog.com

    Mail : [email protected]

  • Les problĂšmes de dĂ©compression des captures faites en profondeur

    Les problÚmes de décompression des captures faites en profondeur

    Les poissons possĂšdent une vessie qui sert de stabilisateur hydrostatique. Elle permet d’ajuster leur flottabilitĂ©, tout comme les ballasts d’un sous-marin. Cependant, Ă  la diffĂ©rences des physostomes (brochets, carpes), cette vessie gazeuse, faussement appelĂ©e « natatoire », n’est pas reliĂ©e Ă  l’Ɠsophage chez les poissons physoclistes (sandres, perches, black-bass). Par consĂ©quent, ils ne peuvent pas Ă©vacuer le surplus de gaz contenu dans cette vessie par la bouche pour changer rapidement leur profondeur de nage et leur pression interne. Ils possĂšdent en revanche une glande spĂ©cialisĂ©e qui s’occupe de rĂ©guler les gaz mais dont l’action, on le devine, est trĂšs lente. A 10 mĂštres de fond, la pression sur un de ces poisons est deux fois plus grande que sur la surface et elle s’accroĂźt avec la profondeur. Quand des poissons physoclistes sont apportĂ©s Ă  la surface d’une profondeur de 10 mĂštres, le volume de gaz de la vessie augmente rapidement, doublant en volume et faisant pression grave sur les organes internes. En arrivant Ă  la surface depuis une vingtaine de mĂštres, le changement de pression est si grand que la vessie sort parfois par la bouche, les yeux sont exorbitĂ©s et des bulles de gaz peuvent se former dans les vaisseaux sanguins et les branchies. On estime que la mortalitĂ©a sur des captures rĂ©alisĂ©es Ă  20 mĂštres peut dĂ©passer 50 %.

    L’utilisation d’une aiguille de seringue pour rééquilibrer des poissons en perçant leur vessie gazeuse est-elle recommandable ?

    Non ! Car si cela apporte une possibilitĂ© au poisson de regagner les profondeurs en Ă©vitant l’effet « flotteur », nombre d’entre eux finissent par mourir quelques jours plus tard suite au stress de la manipulation, Ă  des infections ou Ă  des lĂ©sions faites sur d’autres organes lors de l’insertion de l’aiguille. Ce n’est pas parce qu’un poisson repart en nageant vers le fond qu’il survivra.

    Faut-il remonter lentement ou rapidement un poisson ferré en profondeur ?

    Rapidement ! Contrairement aux idĂ©es reçues, le fait de remonter un poisson de maniĂšre lente jusqu’à la surface ne lui donne pas le temps de faire sa balance gazeuse corporelle. Il lui faut en rĂ©alitĂ© de vingt Ă  trente minutes pour Ă©quilibrer sa pression interne s’il a Ă©tĂ© pris Ă  10 mĂštres. Faire traĂźner le combat signifie aussi plus d’acide lactique dans les tissus, plus de stress
 donc moins de chances de survie. Les tissus et les muscles qui entourent la vessie gazeuse sont capables d’empĂȘcher son hypertrophie pendant cinq minutes environ. Il ne faut donc pas s’éterniser, l’idĂ©al Ă©tant de redescendre rapidement les poissons capturĂ©s Ă  la profondeur oĂč ils se trouvaient.

  • VĂ©gĂ©taux aquatiques, poissons, avifaune, etc.

    Végétaux aquatiques, poissons, avifaune, etc.

    Ce volet consacrĂ© Ă  la chaĂźne trophique des Ă©tangs vient clore une sĂ©rie d’articles riche en enseignement sur la vie de ces piĂšces d’eau dont on ne soupçonne pas la complexitĂ© de fonctionnement, mais aussi la fragilitĂ©. DĂ©sormais vous verrez les Ă©tangs, théùtre de vos exploits halieutiques, d’un Ɠil averti !

    Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet

    Ce troisiĂšme article d’une sĂ©rie destinĂ©e Ă  permettre une meilleure comprĂ©hension du fonctionnement biologique des Ă©tangs, lacs et graviĂšres, clĂŽt la description des Ă©lĂ©ments essentiels de la chaĂźne trophique. Dans les deux prĂ©cĂ©dents, nous avions Ă©voquĂ© les compartiments eau, sĂ©diment, phytoplancton, zooplancton, les insectes aquatiques et les crustacĂ©s. Nous terminerons ici avec les macrophytes, les poissons, l’avifaune et les autres espĂšces animales.


    La végétation aquatique

    On recense dans les plans d’eau environ 100 espĂšces de bryophytes ou mousses, 15 000 espĂšces d’algues (y compris les micro-algues dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es dans le prĂ©cĂ©dent article) et 200 espĂšces d’angiospermes ou plantes Ă  fleurs. Il serait illusoire d’en passer ici en revue l’ensemble des familles. Nous aborderons simplement le cas des vĂ©gĂ©taux supĂ©rieurs, Ă  la fois indispensables au bon fonctionnement de l’écosystĂšme et source de problĂšmes lorsqu’ils prolifĂšrent.

    On classifie généralement ces végétaux selon la nomenclature suivante :
    – VĂ©gĂ©taux dressĂ©s ou hĂ©lophytes (joncs, roseaux, iris
)
    – VĂ©gĂ©taux flottants ou Ă  feuilles surnageantes (potamots, nĂ©nuphars, lentilles d’eau
) ou hydrophytes flottants
    – VĂ©gĂ©taux immergĂ©s (Ă©lodĂ©es, cĂ©ratophylles, myriophylles
) ou hydrophytes immergĂ©s.

    Les végétaux dressés

    Les vĂ©gĂ©taux dressĂ©s ou hĂ©lophytes, dont les plus typiques sont les phragmites, les typhas, les iris et autres joncs et carex, ont, en conditions d’eau normales, la plus grande partie de leurs feuilles et leurs fleurs Ă©mergĂ©es et les pieds dans l’eau. Ils extraient les Ă©lĂ©ments nutritifs minĂ©raux contenus dans le sol au moyen de leurs racines, mais utilisent le gaz carbonique et l’oxygĂšne contenus dans l’air pour se dĂ©velopper. Ils constituent une protection efficace des digues et des berges contre l’érosion et le batillage en jouant le rĂŽle de “brise- vagues” et sont nĂ©cessaires Ă  leur stabilitĂ©. Ces vĂ©gĂ©taux captent une grande part des nutriments et polluants pouvant ruisseler dans les plans d’eau qu’ils ceinturent et jouent souvent un rĂŽle trĂšs important dans l’épuration du milieu. Ils sont d’ailleurs Ă  la base des stations d’épuration sur rhizosphĂšres (oĂč les effluents circulent au travers d’un rĂ©seau dense de leurs rhizomes ou racines). Leur mise en place est souvent possible en replantant des portions de rhizomes. La rĂ©partition de ce type de vĂ©gĂ©tation est fonction de la profondeur de la bordure du plan d’eau. L’espĂšce la plus invasive, Scirpus lacustris, peut se dĂ©velopper jusqu’Ă  une profondeur de 110 cm. GĂ©nĂ©ralement, la profondeur favorable aux hĂ©lophytes s’étale de 20 Ă  70 cm.

    Les végétaux flottants

    Certains sont enracinĂ©s dans le sol, oĂč ils puisent les Ă©lĂ©ments nutritifs, alors que leurs feuilles, pourvues d’un revĂȘtement cireux (cas typique des nymphĂ©as ou nĂ©nuphars), flottent Ă  la surface de l’eau. D’autres ont des racines pendantes leur permettent de prĂ©lever, dans l’eau, des Ă©lĂ©ments minĂ©raux. Les lentilles d’eau (genre Lemna), qui font partie de cette famille, se dĂ©veloppent en gĂ©nĂ©ral dans des eaux trĂšs riches (apports importants d’eaux rĂ©siduaires). Les stomates situĂ©s Ă  la surface des feuilles absorbent le gaz carbonique de l’air et restituent de l’oxygĂšne directement dans l’atmosphĂšre.
    Ces vĂ©gĂ©taux d’étangs calmes et bien abritĂ©s du vent forment un Ă©cran qui gĂšne la pĂ©nĂ©tration des rayons du soleil sous l’eau et donc la photosynthĂšse, limitant la production de phytoplancton ou le dĂ©veloppement d’une vĂ©gĂ©tation aquatique diversifiĂ©e. Ils contribuent ainsi indirectement Ă  dĂ©soxygĂ©ner l’eau. Leur prĂ©sence exclusive sur des surfaces importantes d’un plan d’eau est nĂ©faste. D’autres vĂ©gĂ©taux flottants comme certains potamots ou les renouĂ©es aquatiques, aux feuilles plus petites et moins couvrantes, ont un impact bien moins nĂ©gatif.

    Les végétaux submergés

    La vĂ©gĂ©tation aquatique submergĂ©e se dĂ©veloppe en pleine eau. Chez certaines espĂšces, de petites feuilles et/ou des inflorescences peuvent apparaĂźtre Ă  la surface (cas des myriophylles, par exemple). La photosynthĂšse a lieu dans l’eau. Elle entraĂźne des variations d’oxygĂšne et de pH importantes pendant le cycle jour/nuit. Ces plantes se multiplient facilement par voie vĂ©gĂ©tative. En se bouturant, elles peuvent devenir rapidement envahissantes. Cet Ă©lĂ©ment primordial doit ĂȘtre pris en considĂ©ration dans le cadre de la rĂ©gulation de la vĂ©gĂ©tation aquatique. Un grand nombre de variĂ©tĂ©s hibernent sous forme de bourgeons Ă  la surface du sĂ©diment.
    Les familles les plus frĂ©quemment rencontrĂ©es dans les Ă©tangs sont : Myriophyllum, Ceratophyllum, Potamogeton, Renonculus, Elodea. Ces plantes ont la rĂ©putation d’ĂȘtre oxygĂ©nantes, et donc bĂ©nĂ©fiques pour le milieu. Leur prolifĂ©ration peut toutefois ĂȘtre nĂ©faste. En effet, si ces vĂ©gĂ©taux produisent de l’oxygĂšne dans la journĂ©e, par le biais de la photosynthĂšse, ils en consomment la nuit en respirant (phĂ©nomĂšne inverse oĂč le vĂ©gĂ©tal produit du gaz carbonique) et peuvent dans certains cas gĂ©nĂ©rer des anoxies (dĂ©ficits en oxygĂšne) nocturnes. La quantitĂ© de vĂ©gĂ©taux admissible dans un Ă©tang peut ĂȘtre guidĂ©e par sa vocation et son utilisation. Il peut ĂȘtre tentant de les Ă©liminer pour favoriser la pĂȘche. Il convient alors de rappeler qu’ils constituent un support, un garde-manger, une cache
 pour de nombreuses espĂšces allant des diatomĂ©es aux poissons, en passant par les invertĂ©brĂ©s aquatiques Il sont indispensables Ă  la reproduction de nombreuses espĂšces piscicoles.


    Les algues filamenteuses

    Il existe des sous-groupes que l’on ne classe pas dans les vĂ©gĂ©taux supĂ©rieurs : celui des algues filamenteuses, parmi lesquelles on trouve les frĂ©quentes spirogyres, mais Ă©galement les Cladophora, Enteromorpha, etc., celui des algues de croissance secondaire, siliceuses, vertes, bleues, qui adhĂ©rent, par le biais de supports constituĂ©s d’agrĂ©gats gĂ©latineux, Ă  la surface des vĂ©gĂ©taux aquatiques ou Ă  des matĂ©riaux inertes (pierres, ouvrages
), oĂč elles forment des dĂ©pĂŽts glissants. L’invasion rĂ©guliĂšre d’un plan d’eau par les algues filamenteuses traduit souvent de graves dĂ©sĂ©quilibres. Les apparitions ponctuelles de ces algues sont moins alarmantes.

    Les poissons

    Il s’agit des derniers maillons de la chaĂźne alimentaire aquatique, hors prĂ©dateurs extĂ©rieurs. Dans un plan d’eau non rempoissonnĂ© rĂ©guliĂšrement, leur prĂ©sence en nombre et leur rĂ©partition sont fonction des nombreux paramĂštres : richesse en nourriture, supports de reproduction, potentiel d’abris et de nourrissage pour les juvĂ©niles, diversitĂ© des milieux
 En cas d’empoissonnement, la proportion relative des diverses espĂšces introduites, et leur quantitĂ© dĂ©pendront tout autant de la vocation de l’étang (pĂȘche de loisirs, production piscicole
) que de l’aptitude du milieu Ă  favoriser le dĂ©veloppement de telle ou telle espĂšce. Il doit aussi ĂȘtre tenu compte des contraintes lĂ©gales, qui interdisent l’introduction d’espĂšces non autochtones ou susceptibles de provoquer des dĂ©sĂ©quilibres biologiques dans les eaux libres. L’introduction d’espĂšces considĂ©rĂ©es comme autochtones : brochets, sandres, perches, black-bass, est proscrite dans le cas d’étangs en communication avec un cours d’eau de premiĂšre catĂ©gorie (Ă  prĂ©dominance salmonicole). On distingue grossiĂšrement trois grands groupes de poissons dans la plupart de nos plans d’eau :

    Les cyprinidés

    BrĂšme, gardon, rotengle, carpe, tanche, goujon, carpes « chinoises » (amour blanc, argentĂ©, marbrĂ©), carassin
 appartiennent au groupe des cyprinidĂ©s. Le rĂ©gime alimentaire de ces espĂšces est souvent mixte. Elles peuvent consommer des animaux benthiques, du zooplancton, du phytoplancton, des nutriments organiques inertes, voire des vĂ©gĂ©taux. Notons le cas particulier des carpes chinoises, qui sont strictement herbivores ou consommatrices de phytoplancton ou de zooplancton, selon les espĂšces. Les cyprinidĂ©s constituent le poisson fourrage consommĂ© par les espĂšces carnassiĂšres.

    Les carnassiers

    Brochet (Ă©socidĂ©), sandre et perche (percidĂ©s), silure (siluridĂ©) et black-bass (centrarchidĂ©) constituent l’essentiel du groupe des carnassiers. On peut y ajouter dans certains cas (avec les limites des paramĂštres physico-chimiques de l’eau) les salmonidĂ©s : truites fario et arc-en-ciel, saumon de fontaine… La cohabitation de plusieurs espĂšces carnassiĂšres est gĂ©nĂ©ralement difficile au sein d’un Ă©tang, dans la mesure oĂč il existe une compĂ©tition interspĂ©cifique. Plus la surface en eau est importante et les milieux diversifiĂ©s, plus cette derniĂšre est harmonieuse.


    Les espÚces indésirables

    Le caractĂšre indĂ©sirable de certaines espĂšces est liĂ© Ă  leur potentiel prolifĂ©rant, Ă  la prĂ©dation ou Ă  la concurrence qu’elles exercent sur les autres espĂšces. Leur introduction peut conduire Ă  la disparition de peuplements autochtones. Rentrent dans ce classement les poissons-chats, les perches soleil, les grĂ©milles ainsi que, depuis une Ă©poque plus rĂ©cente, les Pseudorasbora. Ce petit poisson, originaire du Japon (sa forme n’est pas sans rappeler celle de certains poissons nageurs japonais), a tout d’abord Ă©tĂ© introduit dans les pays de l’Est. Il a ensuite colonisĂ© nos eaux via des importations de poissons. Le transport de ces espĂšces vivantes est interdit. L’équilibre piscicole optimal d’un Ă©tang repose sur une rĂ©partition harmonieuse d’espĂšces qui valorisent l’ensemble des compartiments trophiques. En cas d’apparent dĂ©sĂ©quilibre des populations, une approche prĂ©cise du milieu est indispensable en prĂ©alable Ă  tout empoissonnement.

    L’avifaune

    Les oiseaux frĂ©quentant les Ă©tangs peuvent ĂȘtre sĂ©dentaires ou migrateurs. Les populations les plus importantes et impactantes sont constituĂ©es par les palmipĂšdes (canards de diverses espĂšces, oies, cygnes
). La quantitĂ© de canards sĂ©dentaires admissible sur un Ă©tang est fonction de la qualitĂ© initiale du milieu ainsi que des consĂ©quences biologiques liĂ©es Ă  leur prĂ©sence. Ils participent Ă  l’équilibre Ă©cologique global, en valorisant des niveaux trophiques non exploitĂ©s par les espĂšces piscicoles, mais leur prĂ©sence en excĂšs sera nĂ©faste, surtout s’ils sont nourris. Leur prĂ©sence en surnombre peut avoir des rĂ©percussions sĂ©rieuses sur le milieu aquatique par un excĂšs de fertilisation et une dĂ©gradation de la qualitĂ© bactĂ©rienne de l’eau liĂ©s Ă  leurs dĂ©jections.
    Les foulques, infatigables consommatrices de vĂ©gĂ©tation aquatique, peuvent aussi ĂȘtre prĂ©sentes en grand nombre sur les plans d’eau. Elles jouent probablement un rĂŽle important dans le bouturage des macrophytes immergĂ©es qu’elles consomment.
    Les oiseaux ichtyophages (ou piscivores) sont aussi des hĂŽtes des Ă©tangs. Cette partie de l’avifaune, qui regroupe les hĂ©rons, grĂšbes, martins-pĂȘcheurs, butors, mouettes ou autres cormorans, joue Ă©galement un rĂŽle Ă©cologique de premier plan, en consommant les poissons malades ou affaiblis et en Ă©vitant ainsi certaines Ă©pizooties (Ă©pidĂ©mies chez les animaux). Depuis quelques annĂ©es, on assiste cependant Ă  l’explosion dĂ©mo- graphique de certaines espĂšces, dont le grand cormoran. La prĂ©sence massive de cet oiseau sur un Ă©tang compromet sĂ©rieusement l’équilibre piscicole, par consommation directe, blessure ou stress des poissons. Il est de plus un vecteur potentiel de pathologies, par ses dĂ©placements d’un Ă©tang Ă  l’autre. Les mesures de rĂ©gulation prises Ă  son encontre semblent ĂȘtre d’une portĂ©e limitĂ©e. A l’heure actuelle, et en dĂ©pit des campagnes de rĂ©gulation qui sont menĂ©es (comptage des oiseaux avec dĂ©finition de quotas de tir), la prĂ©sence excessive de cette espĂšce dans certains secteurs pose toujours problĂšme. L’avifaune apprĂ©cie les bordures d’hĂ©lophytes denses, oĂč elle peut s’abriter, se reproduire et trouver de la nourriture.
    Le milieu Ă©tang est frĂ©quentĂ© par une multitude d’autres espĂšces, pour lesquelles il reprĂ©sente une source de nourriture, d’abreuvement, un abri, un milieu de vie strict
 Les plans d’eau et leurs berges sont des lieux trĂšs riches en insectes, batraciens, reptiles et mĂȘme mammifĂšres. Concernant ces derniers, on insistera plus particuliĂšrement sur les espĂšces susceptibles de porter atteinte Ă  la qualitĂ© du milieu et/ou des ouvrages. Citons notamment : les rats (surmulot), les rats musquĂ©s (ondatra), les ragondins (myocastor). Ces trois espĂšces creusent des galeries prĂ©judiciables Ă  l’intĂ©gritĂ© des digues et des berges en gĂ©nĂ©rant des effondrements ou des fuites. Elles peuvent transmettre certaines pathologies dangereuses pour l’homme, telle la leptospirose. Cette derniĂšre, dont l’agent infectieux est dissĂ©minĂ© par l’urine de rat, vĂ©hiculĂ©e par l’eau, peut ĂȘtre mortelle. Ces rongeurs doivent donc faire l’objet d’une rĂ©gulation (piĂ©geage ou tir) selon des modalitĂ©s dĂ©finies par la loi.
    Vous avez pu commencer Ă  percevoir, Ă  la lecture de ces trois articles, Ă  quel point l’ensemble des compartiments de la chaĂźne trophique dĂ©crits sont interdĂ©pendants. Nous nous attacherons, dans de prochaines parutions, Ă  dĂ©cortiquer les mĂ©canismes de l’apparition des dĂ©sĂ©quilibres les plus classiques. Cette approche vous permettra de mieux en comprendre les causes. Elle vous donnera des bases diagnostiques utiles pour mieux gĂ©rer un plan d’eau et aussi pour mieux pĂȘcher !

  • Les Ă©lĂ©ments essentiels de la chaĂźne trophique

    Les éléments essentiels de la chaßne trophique

    Ce deuxiĂšme article d’une sĂ©rie destinĂ©e Ă  permettre une meilleure comprĂ©hension du fonctionnement biologique des Ă©tangs, lacs et autres graviĂšres, traite des Ă©lĂ©ments essentiels de la chaĂźne trophique des Ă©tangs. Dans le prĂ©cĂ©dent numĂ©ro, nous avions dĂ©crit les compartiments eau et sĂ©diments. Nous allons ici nous focaliser sur le phytoplancton, le zooplancton et les insectes aquatiques.

    Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet

    Le phytoplancton

    Le phytoplancton est la composante vĂ©gĂ©tale du plancton. Il s’agit d’algues de trĂšs petite taille, pouvant ĂȘtre mono ou pluri-cellulaires. Le phytoplancton contribue largement Ă  la coloration de l’eau. On en distingue cinq grands groupes :

    – Les diatomĂ©es, Ă  coque siliceuse, largement reprĂ©sentĂ©es dans les milieux pauvres en Ă©lĂ©ments nutritifs.
    – Les dinophycĂ©es et les ChrysophycĂ©es, prĂ©sentes dans des milieux plus riches.
    – Les chlorophycĂ©es et les volvocales, tĂ©moins de milieux normalement riches et Ă©quilibrĂ©s. Ces types phytoplanctoniques sont volontiers consommĂ©s par les organismes filtreurs du zooplancton.
    – Les euglenophycĂ©es, qui peuvent consommer de micro particules organiques en suspension (capacitĂ© hĂ©tĂ©rotrophe)
    – Les cyanobactĂ©ries, tĂ©moins de dĂ©sĂ©quilibres sur lesquels nous reviendrons dans le dĂ©tail dans de futurs articles. Ces vĂ©gĂ©taux prĂ©sentent la particularitĂ© de pouvoir capter l’azote atmosphĂ©rique. Certaines espĂšces sont toxiques et reprĂ©sentent souvent une impasse trophique (elles n’enrichissent pas la chaĂźne alimentaire).

    Il existe gĂ©nĂ©ralement une gradation au sein d’un mĂȘme Ă©tang, correspondant Ă  l’évolution de la tempĂ©rature et de la photopĂ©riode. On voit se succĂ©der du printemps Ă  l’étĂ© des populations majoritaires de diatomĂ©es, puis des dinophycĂ©es et/ou des chlorophycĂ©es, pour finir, si les choses Ă©voluent mal, des cyanophycĂ©es. Toutes ces algues sont dotĂ©es de capacitĂ©s photosynthĂ©tiques, qui auront une importance dĂ©terminante sur le pH et les variations des taux d’oxygĂšne.
    La coloration de l’eau est typique de certaines familles phytoplanctoniques : brune pour les diatomĂ©es, verte pour les chlorophycĂ©es, bleu-vert, vert fluo ou rouge pour les cyanobactĂ©ries
 Il est possible d’évaluer l’état du plan d’eau grĂące Ă  se couleur et Ă  sa transparence. Certains paramĂštres perturbants, comme les matiĂšres en suspension, sont toutefois susceptibles d’interfĂ©rer avec les colorations liĂ©es aux dĂ©veloppements phytoplanctoniques. Il ne s’agit donc que d’un repĂšre indicatif. Des analyses plus poussĂ©es en laboratoire, tant qualitatives que quantitatives, sont trĂšs utiles Ă  la bonne comprĂ©hension du fonctionnement d’un milieu.
    Le phytoplancton est la production primaire du plan d’eau. Il reprĂ©sente souvent la plus grande biomasse des Ă©tangs (hors cas des plans d’eau clairs et fortement enherbĂ©s). Il constitue la base de la chaĂźne alimentaire en Ă©tant consommĂ© par une partie du zooplancton, par de nombreux insectes aquatiques et mĂȘme par certains poissons.

    Différentes espÚces de phytoplancton :

    Mycrocystis, une cyanobactĂ©rie particuliĂšrement toxique que l’on trouve de plus en plus dans nos plans d’eau.
    Pediastrum, chlorophyte stable prĂ©sentant un grand intĂ©rĂȘt trophique.
    Navicula, une diatomée avec sa coque siliceuse.
    Aphanizomenon flos-aquae, cyanobactĂ©rie captatrice d’azote atmosphĂ©rique.


    Le zooplancton

    Partie animale du plancton, le zooplancton est une autre composante essentielle de la biocénose. Il constitue une ressource alimentaire pour de nombreuses espÚces. Il est composé de plusieurs familles :

    – Les rotifĂšres, caractĂ©risĂ©s par leur petite taille (quelques dizaines de microns), dont le rĂ©gime alimentaire est variĂ© : algues, bactĂ©ries, particules organiques.
    – Les copĂ©podes, comportant eux-mĂȘmes deux sous-groupes : les cyclopides, carnivores et susceptibles Ă  ce titre d’exercer leur prĂ©dation sur d’autres formes zooplanctoniques et  les calanides, herbivores essentiellement reprĂ©sentĂ©s dans les Ă©tangs peu productifs.
    – Les cladocĂšres, en particulier les daphnies, organismes filtreurs dont la taille Ă©volue de 0,25 Ă  3 mm selon les espĂšces.

    Outre leurs qualitĂ©s nutritives, ces animaux reprĂ©sentent, Ă  l’instar des populations phytoplanctoniques, des indicateurs prĂ©cieux de la productivitĂ© du milieu. Leur abondance relative, corrĂ©lĂ©e Ă  l’ensemble des paramĂštres Ă©voquĂ©s prĂ©cĂ©demment (qualitĂ© physico-chimique de l’eau et du sĂ©diment, qualitĂ© du phytoplancton), orientera la stratĂ©gie de gestion du plan d’eau.

    Différentes espÚces de zooplancton :

    Bosmina, daphnie faisant partie de la famille des cladocĂšres.
    RotifĂšre, plus petite forme zooplanctonique.
    Eudiaptomus, copépode adulte caractéristique des milieux pauvres.
    Nauplius, forme larvaire de zooplancton.


    Les insectes aquatiques

    Les insectes aquatiques font partie intĂ©grante du milieu. Certains sont aquatiques stricts (dytiques par exemple), d’autres ont seulement leur phase larvaire dans l’eau (diptĂšres, Ă©phĂ©mĂšres, trichoptĂšres
). Leur prĂ©sence en nombre est, elle aussi, trĂšs importante pour la productivitĂ© piscicole du milieu. Elle conditionne de plus la qualitĂ© de la pĂȘche, notamment celle des salmonidĂ©s Ă  la mouche.
    La plupart des insectes sont herbivores ou dĂ©tritivores, d’autres sont carnivores. La dynamique du peuplement phytoplanctonique va conditionner leur bonne reprĂ©sentation. A titre d’exemple, de nombreux Ă©phĂ©mĂšres se nourrissent des diatomĂ©es se dĂ©veloppant sur le substrat ou la vĂ©gĂ©tation. C’est aprĂšs la reprise de la production de diatomĂ©es au printemps que l’on retrouve des larves de baetidĂ©s de taille facilement observable dans les prĂ©lĂšvements. Avant, elles sont trop petites.


    Les crustacés

    Diverses espĂšces d’écrevisses peuvent coloniser les Ă©tangs. La plupart sont invasives et ont remplacĂ© l’écrevisse Ă  patte rouge qu’elles ont anĂ©antie. Elles sont omnivores mais volontiers carnassiĂšres. Elles adaptent leur rĂ©gime aux opportunitĂ©s du moment et sont pour certaines essentiellement herbivores. Certaines espĂšces comme l’écrevisse rouge de Louisiane peuvent miner les berges des plans d’eau et mettre en pĂ©ril l’étanchĂ©itĂ© des ouvrages.
    L’écrevisse rouge de Louisiane, procambarus clarkii, trĂšs agressive, nuit Ă  la stabilitĂ© des berges et des digues.
    L’écrevisse signal ou Ă©crevisse du Pacifique, pacifastacus lenisculus, est prĂ©sente dans de nombreux plans d’eau oĂč elle consomme volontiers la vĂ©gĂ©tation aquatique. Elle est facile Ă  identifier avec ses grosses pinces ornĂ©es de taches claires bleutĂ©es. Vous pouvez commencer Ă  percevoir, Ă  la lecture de ces deux premiers articles, Ă  quel point l’ensemble des compartiments de la chaĂźne trophique sont interdĂ©pendants. Tout dĂ©sĂ©quilibre dans l’un d’entre eux s’accompagne de perturbations pour l’ensemble. Nous poursuivrons dans le prochain numĂ©ro la description de ces diffĂ©rentes composantes de la chaĂźne trophique en nous intĂ©ressant notamment Ă  la vĂ©gĂ©tation aquatique et aux poissons.