Auteur/autrice : NICO REITSMA

  • Shimano Yasei AX Speed Jigging 7-28 g – La canne d’un gĂ©ant
 aux pieds d’argile

    Shimano Yasei AX Speed Jigging 7-28 g – La canne d’un gĂ©ant
 aux pieds d’argile

    La gamme de cannes Shimano Yasei a Ă©tĂ© imaginĂ©e pour rĂ©pondre aux besoins des pĂȘcheurs europĂ©ens. Ce modĂšle Speed Jigging s’avĂšre trĂšs intĂ©ressant sur le papier, mais en pratique, il en va tout autrement. Explications


    A sa sortie il y a deux ans, la gamme Yasei (il y a les rouges et les blanches) a Ă©tĂ© plutĂŽt bien accueillie par les pĂȘcheurs français, notamment avec les modĂšles pour la pĂȘche Ă  la verticale. Sur cet Ă©lan, j’ai fait l’acquisition d’un autre modĂšle de la gamme, un peu plus long (2,15 m au lieu de 1,85 m), plus polyvalent pour la pĂȘche au plomb palette, au jig mĂ©tallique, ou en linĂ©aire aux leurres souples. Le nom de cette Speed Jigging ne laisse aucun doute au sujet de son utilisation. La fibre de cette canne n’est pas nouvelle (HPC 100 et Biofibre Shimano) car elle nous rappelle immanquablement la sĂ©rie Speed Master sortie il y a une dizaine d’annĂ©es. Pour les pĂȘches aux animations virulentes comme le plomb palette, une fibre peu raisonnante (cas des Yasei) est un avantage, car les carnassiers ressentent les vibrations du carbone via la tresse. En pratique donc, la fibre et l’action typĂ©e de pointe sont efficaces.

    Mais on ne peut pas en dire autant de “l’accastillage” qui Ă©quipe cette canne. Avec son arceau de renfort supĂ©rieur, l’anneau de tĂȘte favorise les bouclages de la tresse avec la formation d’une demi-clef bien pĂ©nible Ă  enlever. La pĂȘche en jigging rapide canne haute favorise grandement ce genre de problĂšme. Premier petit dĂ©tail ratĂ©. Autre erreur, le choix d’un anneau de dĂ©part de petit diamĂštre, situĂ© Ă  seulement 53 cm du moulinet. Cette pĂȘche ne se pratique pas qu’à l’aplomb d’une embarcation, bien au contraire. Le lancer n’est donc pas le point fort de cette canne qui peine vraiment Ă  envoyer un leurre de 15 g Ă  une distance moyenne. Dommage. Je passe sur l’enjoliveur de bague de serrage du moulinet, qui Ă©tait dĂ©collĂ© Ă  la rĂ©ception de la canne. Le porte-moulinet n’est pas d’un grand confort et le liĂšge d’une qualitĂ© bien banale. Autre dĂ©tail agaçant, Shimano indique qu’il est possible d’équilibrer la canne en plaçant dans le talon une masselotte prĂ©vue Ă  cet effet. TrĂšs bonne idĂ©e, surtout avec les moulinets actuels, lĂ©gers comme des plumes, mais bon courage pour trouver la masselotte en question, que je n’ai pu voir qu’en photo
 Certes, cette Yasei est proposĂ©e Ă  un prix public constatĂ© aux alentours de 130 euros, ce qui n’est pas excessif, mais d’autant plus dommage qu’il ne coĂ»tait pas plus cher de l’équiper avec des Ă©lĂ©ments plus adaptĂ©s
 Shimano reste un gĂ©ant du vĂ©lo, du moulinet, mais avec cette canne, le gĂ©ant nippon déçoit.

  • Franky le black-bass

    Franky le black-bass

    LancĂ©e en 1994 par Franck Rosmann et ses amis, l’association Black-Bass France Ă  toujours compris l’intĂ©rĂȘt d’informer les pĂȘcheurs, notamment les jeunes Ă  propos des particularitĂ©s propres au black-bass, poisson introduit dans nos eaux par les soldats amĂ©ricains aprĂšs la seconde guerre mondiale. La BD Franky le Black-Bass retrace l’histoire de ce magnifique poisson dans notre pays, son mode vie, soulignant la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger une espĂšce particuliĂšrement vulnĂ©rable pendant la pĂ©riode de la fraye. Une façon ludique de dĂ©couvrir ce poisson !

    Pour plus de renseignements :

    www.blackbassfrance.org

  • Les ficelles du petit marabout

    Les ficelles du petit marabout

    “Je crois que j’ai quelque chose qui va te plaire…” m’a glissĂ© Ă  l’oreille Alain BarthĂ©lĂ©my en me dĂ©signant ses pochettes de mini marabout grizzly lors d’une rĂ©cente rencontre. Plus que les teintes et les zĂ©brures de ces plumes, j’ai tout de suite Ă©tĂ© attirĂ© par leurs proportions permettant un emploi pour le montage de petites nymphes. PrĂȘts pour une redĂ©couverte ?

    Le marabout n’est pas un oiseau mystĂ©rieux mais le nom commercial des plumes d’un volatile dont le nom n’est pas particuliĂšrement glamour Ă  porter, surtout pour les dames qui affectionnent les trucs en plumes… Il s’agit de la dinde. Les plumes, justement. Celles qui nous intĂ©ressent servent Ă  couvrir l’oiseau (plumes tectrices). Elles doivent leur souplesse au simple fait que les barbes qui les composent ne sont pas enchevĂȘtrĂ©es. PrĂ©cisons quand mĂȘme que le “mini marabout” n’est pas prĂ©levĂ© sur une petite dinde : il s’agit seulement d’une sĂ©lection de plumes de petites tailles. Pour nous comprendre, dĂ©crivons rapidement les parties qui composent une plume. Appelons “rachis”, la partie centrale de la plume, barbe, les fibres qui se sĂ©parent de cette Ăąme centrale et enfin barbules, les petits poils qui couvrent ces longues barbes et dont la longueur est dĂ©gressive, donnant Ă  chaque barbe la forme d’un petit sapin. A cette plume primaire, vient parfois s’ajouter une plume secondaire, situĂ©e Ă  la base infĂ©rieure du rachis, les barbes de celle-ci sont plus petites, plus courtes mais plus homogĂšnes que celle de la plume primaire. La plume secondaire ne mesure que quelques centimĂštres mais sa rĂ©gularitĂ© fait un peu penser Ă  une selle de coq… On a envie de l’enrouler en palmer ! Pour le montage des streamers traditionnels, le marabout n’est plus Ă  prĂ©senter tant sa mobilitĂ© est incomparable. Les plumes de dix Ă  quinze centimĂštres avec des barbes d’environ cinq centimĂštres sont prĂ©sentes dans les stocks de matĂ©riaux de tout monteur de mouche. Par le passĂ©, l’utilisation de ces plumes pouvait ĂȘtre Ă©tendue Ă  la confection de corps de grosses larves de mouche de mai (en enroulant les barbes), mais l’emploi de ce matĂ©riau n’Ă©tait pas du tout Ă©vident pour les plus petites tailles. Avec les plumes de mini marabout de cinq centimĂštres dont les barbes mesurent environ 1,5 cm et les barbules entre deux et quatre millimĂštres la donne est dĂ©sormais diffĂ©rente et les possibilitĂ©s de montages deviennent trĂšs variĂ©es, mĂȘme avec des hameçons microscopiques.

  • Savage Gear / 3D Trout

    Savage Gear / 3D Trout

    C’est le leurre Ă  la mode en ce dĂ©but d’annĂ©e ! Le 3D Trout est un leurre articulĂ© conçu Ă  partir d’une vraie truite scannĂ©e en trois dimensions puis reproduite Ă  l’identique ! Existe en 15, 20 et 30 cm. La nage est trĂšs rĂ©aliste, Ă  croire que la copie nage mieux que l’original !

    Notre avis : ce leurre soulĂšve bien des questions
 Est-ce autorisĂ© de tuer une truite de 15 cm ? En pisciculture oui, mais attention elle ne sait pas nager ! PrĂ©fĂ©rez alors le modĂšle 30 cm
 Mais attention encore, c’est du trĂšs lourd avec 290 g, ce qui nĂ©cessite un matĂ©riel de pĂȘche en mer ! Nul doute que les SuĂ©dois (son pays d’origine) l’utilisent Ă  la traĂźne, pratique autorisĂ©e en Scandinavie, mais interdite en France.

  • RĂ©tablissement de la libre circulation piscicole : intĂ©rĂȘt et limites


    RĂ©tablissement de la libre circulation piscicole : intĂ©rĂȘt et limites


    L’intĂ©rĂȘt croissant pour la continuitĂ© Ă©cologique des cours d’eau et les problĂšmes posĂ©s par les nombreux seuils et barrages conduisent Ă  la construction de nombreux dispositifs de franchissement piscicole. Cependant, aussi performante quelle puisse ĂȘtre, cette technologie a des limites et ne peut pas rĂ©duire tous les impacts des seuils. Dans ce sens, la mise en place de dispositifs de franchissement doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e en fonction de leur intĂ©rĂȘt biologique et des gains attendus et, plus largement, les problĂ©matiques de continuitĂ© piscicole doivent ĂȘtre replacĂ©es au regard des autres altĂ©rations prĂ©sentes.

    CohĂ©rence Ă©cologique, corridors, continuum, trames, connectivitĂ© : ces termes et concepts environnementaux rĂ©cents reflĂštent l’enthousiasme actuel des gestionnaires pour la continuitĂ© Ă©cologique. Apparues progressivement au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, ces notions proviennent de l’intĂ©gration de l’écologie du paysage et de la biogĂ©ographie dans les stratĂ©gies d’évaluation environnementale et d’amĂ©nagement du territoire. ParallĂšlement, le constat des dĂ©rĂšglements climatiques a renforcĂ© l’idĂ©e de raisonner en terme de maillages et de fonctionnalitĂ© des Ă©cosystĂšmes Ă  trĂšs large Ă©chelle. En ce qui concerne les milieux aquatiques, ces notions de continuum et la nĂ©cessitĂ© de considĂ©rer l’écosystĂšme et son fonctionnement sur l’ensemble de son bassin versant ne sont pas nouvelles. Mais c’est la directive cadre europĂ©enne sur l’eau qui en 2000 dĂ©finit cette notion de continuitĂ© Ă©cologique et parle ainsi de libre circulation piscicole et de transport des sĂ©diments. Supprimer les seuils : un voeux pieux ! Aujourd’hui, la rĂ©glementation et les politiques de l’eau conduisent les propriĂ©taires ou gestionnaires d’ouvrages Ă  mettre en place des actions permettant de retrouver des conditions de continuitĂ© favorables, devant le constat du nombre impressionnant de seuils et de barrages implantĂ©s dans le lit des riviĂšres : entre 50’000 et 60’000 au dernier recensement effectuĂ© par l’Onema. Dans l’absolu, ce contexte est trĂšs intĂ©ressant puisque c’est une opportunitĂ© trĂšs favorable pour restaurer les cours d’eau. En effet, le dĂ©rasement d’un ouvrage transversal, c’est-Ă -dire son dĂ©mantĂšlement, permet de supprimer dĂ©finitivement l’ensemble de ses impacts, notamment ceux relatifs Ă  l’ennoiement des habitats originels et au piĂ©geage des sĂ©diments par la retenue, ainsi que ceux liĂ©s au blocage des poissons migrateurs.

     

     

  • Owner 5135 et 5136, les texans mal aimĂ©s et pourtant parfaits !

    Owner 5135 et 5136, les texans mal aimés et pourtant parfaits !

    Dans la collection du fabricant japonais d’hameçons Owner, deux rĂ©fĂ©rences sont passĂ©es presque inaperçues depuis leur sortie il y un peu plus d’un an. Ces hameçons sont pourtant quasiment les seuls Ă  pouvoir passer au milieu des branchages sans s’accrocher. Pourquoi sont-ils aussi impopulaires ?

    La pĂȘche avec des leurres souples montĂ©s avec des hameçons texans (la pointe est logĂ©e sous le plastique ou dĂ©passe trĂšs lĂ©gĂšrement) n’est pas une histoire d’approximation. Le montage doit permettre une libertĂ© totale du leurre, de passer dans les herbiers ou les branches sans s’accrocher et permettre un ferrage efficace. Tant qu’il s’agit de pĂȘcher les herbiers, les bons modĂšles sont nombreux, mais avec les branches, c’est une tout autre affaire. Le Owner Beast est l’exemple parfait de l’hameçon trĂšs efficace dans les herbes mais inopĂ©rant dans les branches. Sa pointe relĂšve d’un ou deux degrĂ©. C’est peu, mais largement suffisant pour s’accrocher. Comme tous les hameçons Ă  hampe courbe (“wide gape”), il pivote d’un demi-tour au contact d’une branche et la pointe trouve alors une cible. AprĂšs de multiples essais, je suis tombĂ©, un peu par hasard sur deux pochettes de 5135 chez mon dĂ©taillant. Cet hameçon, qui, selon Owner convient aux leurres en forme de vers, s’avĂšre trĂšs bien adaptĂ© Ă  certains shads fins (Yamamoto Swimming Senko, Keitech Easy Shiner). Ça tombe bien, ils font partie des meilleurs pour explorer des tas de branches ! Le systĂšme de ressort Twislock est situĂ© sur la hampe. Il assure une tenue parfaite du leurre, garante d’une grande longĂ©vitĂ©. La pointe du 5135 n’est pas parallĂšle au dos du leurre mais se trouve en biais, comme sur un hameçon shacky head. Il passe rĂ©ellement partout sans s’accrocher et les touches qui on lieu fil lĂ©gĂšrement dĂ©tendu se concrĂ©tisent par des captures (fil tendu c’est moins Ă©vident, comme avec tous les texans). Avec cet hameçon idĂ©al, j’ai pu prendre des black-bass, des perches et des brochets dans les pires embĂącles. Il existe du 1/0 au 5/0. La taille 3/0 est bien adaptĂ©e aux leurres de 10 centimĂštres (environ 4 pouces). De forme similaire, la version 5136 est dotĂ©e d’un fer plus gros. La distribution de ces hameçons laisse franchement Ă  dĂ©sirer en France comme au niveau mondial.

    Il est surprenant qu’un produit aussi unique (l’équivalent n’existe pas) se retrouve “sold out” sur le site Owner Shop, bradĂ© Ă  deux dollars la pochette au milieu d’improbables montages pour le walleye, un an aprĂšs sa sortie
 Un conseil, ne tardez pas, car sa carriĂšre risque d’ĂȘtre courte ! Pour qui, pour quoi ? Il est fort probable que les pĂȘcheurs de black-bass amĂ©ricains ou japonais prĂ©fĂšrent utiliser des worms hooks Ă  hampe droite pour armer les imitations vermiformes, voire comme on le voit dans les vidĂ©os, pĂȘcher les branches immergĂ©es avec de gros rubber jigs. Lancer un shad trĂšs faiblement lestĂ© dans un tas de branches dans l’espoir d’en extirper un carnassier quelconque (en France, on est pas difficiles !) ne correspond certainement pas Ă  une technique trĂšs rĂ©pandue Ă  travers le monde !

    Il est donc normal qu’une grande maison comme Owner retire du marchĂ© les produits marginaux. A bien regarder leur gamme d’hameçons texans, les modĂšles sont finalement peu nombreux. Il en est de mĂȘme chez les concurrents avec gĂ©nĂ©ralement moins de dix modĂšles d’hameçons. En Europe, il semble cependant qu’une place existe pour le 5135. A condition de le faire connaĂźtre. Car les tentatives de pĂȘche dans les branches avec des hameçons texans non adaptĂ©s se finissent souvent trĂšs mal et comme les chats Ă©chaudĂ©s craignent l’eau froide, ces excellents postes sont totalement dĂ©laissĂ©s (tant mieux !). De plus, ce mauvais usage des hameçons texans les fait passer pour des produits qui ne marchent pas, alors qu’ils ne sont tout simplement pas fait pour ça. Encore un excellent produit que bien des pĂȘcheurs n’ont pas pris le temps de tester et qui risque de disparaĂźtre faute de commandes. Cet hameçon existait par le passĂ© sans le Twistlock, mais lĂ  encore, il fallait le chercher pour le trouver. Cette version fut remplacĂ©e par le 5135, mais ça semble trĂšs mal parti !

     

  • Manche : SĂ©golĂšne Royal cĂšde aux pressions des quelques opposants au dĂ©mantĂšlement des barrages de la SĂ©lune

    Manche : SégolÚne Royal cÚde aux pressions des quelques opposants au démantÚlement des barrages de la Sélune

    La SĂ©lune, petit fleuve cĂŽtier de la Manche qui se jette dans la baie du Mont Saint- Michel a vu s’envoler l’espoir de voir disparaĂźtre ses deux barrages, lors d’une rencontre entre les Ă©lus locaux et SĂ©golĂšne Royal le 4 dĂ©cembre 2014 Ă  la Mazure. Le projet d’arasement des barrages de Vezins et de La-Rochequi- Boit ne date pas d’hier, mais le 16 fĂ©vrier 2012, une dĂ©cision ministĂ©rielle validait leur futur dĂ©mantĂšlement. Le fleuve est remontĂ© par plusieurs espĂšces de poissons migrateurs dont le saumon Atlantique. Les barrages sont d’une part un frein Ă  la montaison comme Ă  la dĂ©valaison des migrateurs et d’autre part, ne seraient plus rentables pour EDF, avisĂ© du non renouvellement de la concession. L’affaire Ă©tait donc entendue et depuis ce jour de fĂ©vrier 2012, plusieurs projets sont nĂ©s pour redonner vie Ă  cette superbe vallĂ©e de la SĂ©lune. Les barrages sont incompatibles avec la Directive cadre sur l’Eau, sont des piĂšges Ă  sĂ©diments et lors de la derniĂšre vidange, ils ont polluĂ© une partie non nĂ©gligeable de la baie du Mont- Saint-Michel, perturbant fortement l’activitĂ© ostrĂ©icole (il a fallu indemniser les exploitants). A l’heure oĂč l’on parle de continuitĂ© Ă©cologique, de biodiversitĂ©, de qualitĂ© de l’eau et que l’Etat doit faire bonne figure face aux directives europĂ©ennes sur l’écologie, la ministre de l’écologie SĂ©golĂšne Royal est venue sur place donner raison aux quelques opposants, largement minoritaires et dont les revendications semblent bien maigres (elles portent essentiellement sur d’éventuels risques d’inondation de quelques hectares de terre). Le coĂ»t des travaux est estimĂ© Ă  53 millions d’euros, soit quelques kilomĂštres d’autoroute et encore moins de LGV. Et la ministre de dire devant les camĂ©ras de France 3 : “on ne met pas 50 millions uniquement pour faire remonter des poissons”. Voici une phrase qui Ă  elle seule rĂ©sume bien la mĂ©connaissance totale de ce dossier par la ministre. Les remontĂ©es de poissons sont la cerise sur le gĂąteau d’un environnement qui aurait pu retrouver un bon Ă©tat Ă©cologique, coĂ»ter moins cher Ă  l’Etat sur le long terme et relancer une activitĂ© touristique digne de ce nom dans la vallĂ©e. C’est le type mĂȘme de projet “gagnantgagnant”. D’autant qu’il existe des prĂ©cĂ©dents comme l’ex-barrage de Kernansquillec sur le LĂ©guer ou de Saint- Etienne-du-Vigan sur l’Allier. A cela, la ministre prĂ©fĂšre garder les ouvrages en brandissant la “transition Ă©nergĂ©tique” et estime qu’il est prĂ©fĂ©rable de rĂ©flĂ©chir Ă  la solution de passes Ă  poissons performantes. Selon les meilleurs spĂ©cialistes des poissons migrateurs, la SĂ©lune a le potentiel pour devenir la meilleure riviĂšre Ă  saumon française, mais Ă  condition d’effacer les barrages. A la Mazure, l’attitude de la ministre a profondĂ©ment discrĂ©ditĂ© la parole de l’Etat, sans aucun respect des personnes qui travaillent depuis des annĂ©es sur ce projet et notamment depuis 2012. De nouvelles Ă©tudes seront donc lancĂ©es Ă  la demande de la ministre (productivitĂ© des barrages, coĂ»t des passes Ă  poissons, etc.). Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, nous avons appris le dĂ©cĂšs accidentel de Michel Thoury, survenu le 17 fĂ©vrier. Cet homme politique de la Manche (ancien vice-prĂ©sident du Conseil RĂ©gional de Basse Normandie) avait compris les enjeux autour du dĂ©mantĂšlement des barrages. Nous vous incitons Ă  rejoindre les rangs des dĂ©fenseurs d’une SĂ©lune libre : www.selunelibre.org

  • Colorado, la ruĂ©e vers l’eau

    Colorado, la ruĂ©e vers l’eau

    Huit heures : quelques rayons de soleil viennent juste de se frayer un passage entre les arbres jaunissant qui ont pris quartier en amont de “eleven mile canyon” oĂč coule la riviĂšre South Platte. MalgrĂ© le froid et l’heure matinale dĂ©jĂ  un pĂȘcheur est en train de prĂ©senter dĂ©licatement sa mouche Ă  quelques truites qui semblent l’ignorer et viennent prendre leur petit dĂ©jeuner Ă  portĂ©e de canne en faisant de lents ronds dans l’eau. La signature de s beaux poissons.

    South Platte river

    Nous devons nous rendre Ă  Aspen et pour cela encore une fois nous traversons des paysages Ă  couper le souffle et notamment une immense forĂȘt de trembles au tronc blanc en partie dĂ©nudĂ©s qui Ă  l’approche de l’automne se vĂȘtissent d’or et de cuivre. Les flancs de montagne semblent s’enflammer comme pour essayer de repousser l’hiver qui s’annonce et le silence blanc qui chemine en sa compagnie. Il y a plein de choses Ă  faire dans la ville d’Aspen mais tout ce que nous avons pu lire sur la riviĂšre Frying Pan (littĂ©ralement poĂȘle Ă  frire !) nous rend si impatients de la dĂ©couvrir que nous nous jetons immĂ©diatement dans son lit. Il est 10 heures, nous venons de remonter toute la riviĂšre jusqu’au dernier parking Ă  proximitĂ© du barrage (Ruedi Reservoir). Avant mĂȘme de nous Ă©quiper nous avons dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© quelques beaux gobages faciles Ă  voir sur la large Ă©tendue d’eau calme grand comme un terrain de football qui nous fait face.

    My Taylor is rich

    La piste qui nous mĂšne au col de Cottonwood situĂ© Ă  plus de 4000 mĂštres d’altitude traverse une somptueuse forĂȘt de feuillus et de rĂ©sineux qui finit par laisser la place Ă  une steppe d’une immĂ©moriale beautĂ© sauvage. Il faut environs trois heures de route pour atteindre – sous le barrage – les sept cents premiers mĂštres de no-kill de la Taylor rĂ©putĂ©s pour ses grosses truites. A peine arrivĂ©s, nous sommes Ă©poustouflĂ©s par le nombre et la taille des truites que nous repĂ©rons depuis le pont qui chevauche la riviĂšre. Nous savions que sur ce bout de cours d’eau, les truites gavĂ©es de gammares qui s’échappent du lac ont des difficultĂ©s pour se glisser dans leurs robes XXL ! Ici, comme sur de nombreux “tailwaters”, la plupart des pĂȘcheurs utilisent tant bien que mal des nymphes qui semblent ĂȘtre la meilleure façon de dĂ©cider les poissons. Mais, bonne surprise, avant mĂȘme d’avoir mis nos waders, nous repĂ©rons des truites qui nous tendent les bras en nous aguichant par de discrets gobages. Ne voyant rien sur l’eau, je prĂ©sente une minuscule oreille de liĂšvre Ă  peine fournie Ă  cette belle truite qui finit par succomber Ă  mes avances. Mais quand je passe aux suivantes, de plus belles tailles, elles restent le bec clouĂ© devant ma mouche mais ne semblent nullement dĂ©rangĂ©es et continuent de grignoter leur slow food. Heureusement la situation se clarifie dĂšs l’apparition de “pale morning dun” qui ouvre l’appĂ©tit de pas mal de truites. Nous montons une peute n° 18 au corps clair et aprĂšs quelques lancers pour ajuster le tir, c’est la rĂ©compense avec une truite fario d’une exceptionelle beautĂ©. Mais le bal vient juste de commencer et nous constatons que ces truites sont toutes plus belles les unes que les autres avec parfois une arcen- ciel bien ronde qui, aprĂšs quelques pas de danse Ă  la surface de l’eau, finit par nous fausser compagnie par une jolie pirouette. De huit heures du matin Ă  la tombĂ©e de la nuit avec trĂšs peu de pauses pour reprendre des forces, de gobage en gobage, d’éclosion en Ă©closion, de combat en combat durant trois jours nous allons, comme des morts de faim jusqu’à presque l’épuisement dĂ©couvrir tout ce qu’il y a de plus beau sur ce bout de riviĂšre Taylor.

    Stoneflies

    La journĂ©e commençait Ă  peine et nous avions la preuve que ces truites ne prennent pas que des nymphes, comme c’est Ă©crit dans tous les guides qui tentent de renseigner les pĂȘcheurs dans la rĂ©gion. Kathleen de son cĂŽtĂ© fit mieux : ayant rĂ©ussi Ă  attraper une Ă©norme perle qui s’échappait vers la berge, elle la lança (cruellement !) dans le courant et elle vit immĂ©diatement une trĂšs grosse truite s’en emparer. Au premier lancer d’une imitation de “stonefly” cette mĂȘme truite lui explosa le bas de ligne de 12/100 qu’elle avait oubliĂ© de changer pour un plus gros !

    Conseils santé 

    Ne pas oublier que la plupart du temps au Colorado, on se trouve autour de 2500 Ă  3000 m d’altitude voir plus et compte tenu de cela et des fortes tempĂ©ratures durant la journĂ©e, il est impĂ©ratif de trĂšs bien s’hydrater. Pour les personnes prĂ©sentant une pathologie telle que de l’hypertension, des antĂ©cĂ©dents cardiaques
 la baisse de l’oxygĂšne liĂ©e Ă  l’altitude peut poser problĂšme. En parler Ă  son mĂ©decin me semble ĂȘtre une sage dĂ©cision. Attention enfin Ă  la conduite de nuit aprĂšs le coup du soir : si dans certains tronçons de route la limitation de vitesse parait exagĂ©rĂ©ment basse, il est impĂ©ratif de la respecter car les cervidĂ©s que l’on croise sont trĂšs nombreux et les radars Ă  l’affut
 Pour vous mettre dans l’ambiance, nous vous conseillons la lecture du dernier livre de John Gierach, Sexe, mort et pĂȘche Ă  la mouche. PoĂšte et Ă©crivain, John Gierach vit et pĂȘche dans le Colorado. Visiblement les superbes paysages du coin l’inspirent beaucoup !

  • Comment bien monter les mouches de lĂ©gende. 5. Le subsedge

    Comment bien monter les mouches de légende. 5. Le subsedge

    Cette rubrique se destine au montage des mouches cĂ©lĂšbres, aux indĂ©modables modĂšles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de lĂ©gende font souvent appel Ă  un tour de main trĂšs particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un rĂ©sultat correct.

    Bien que relativement confidentielle, cette mouche trĂšs atypique n’en demeure pas moins bien connue des pĂȘcheurs Ă  la mouche français. La plupart connaissent son nom sans en avoir jamais vu le moindre exemplaire. On doit cette crĂ©ation Ă©trange au pĂȘcheur franc-comtois Jean- Michel Radix. Plus Ă©trange encore est la façon dont cette mouche est utilisĂ©e. Car peu de pĂȘcheurs ont compris l’intĂ©rĂȘt de pĂȘcher juste sous la surface au coup du soir, entre chien et loup. Dans la majoritĂ© des cas et exceptĂ© dans les rares cas oĂč les truites prennent des sedges en surface toutes les cinq secondes, une mouche prise en surface correspond Ă  plusieurs autres prises sous l’eau. Les trichoptĂšres ne dĂ©rivent pas Ă  la surface comme les Ă©phĂ©mĂšres. Certaines espĂšces s’envolent dĂšs qu’elles traversent la couche de surface, d’autres semblent courir sur l’eau pour rejoindre la rive (toujours la plus proche).

    Le subsedge permet alors de proposer autre chose qu’un sedge flottant. La technique peut ĂȘtre tout bonnement de la pĂȘche Ă  la mouche noyĂ©e en dĂ©rive aval, ou une variante de cette derniĂšre qui consiste Ă  pĂȘcher “à draguer” comme avec un sedge flottant. Les deux fonctionnent et les rĂ©sultats sont certains soirs sans commune mesure avec la pĂȘche de surface. A savoir que plus les truites gobent, plus il y a d’insectes et donc d’activitĂ© sur et sous l’eau. Sans Ă©closion, le subsedge ne fait pas de miracle et c’est bien dommage de l’utiliser uniquement comme sauve-bredouille les jours oĂč rien ne se passe.

  • 15 milliards : la facture des agences de l’eau

    15 milliards : la facture des agences de l’eau

    Dans son rapport annuel rendu public le mercredi 11 janvier 2014, la Cour des comptes met sous les feux de la rampe le fonctionnement scandaleux des six agences de l’eau des diffĂ©rents bassins hydrographiques du territoire national.

    Ces Ă©tablissements sont chargĂ©s de collecter, puis de redistribuer la redevance sur l’eau. Une bonne part de cette manne (13,6 milliards pour la pĂ©riode 2007-2012) concerne l’assainissement alors qu’une part minime va Ă  la restauration et Ă  l’entretien des cours d’eau et des milieux humides. Au passage, le rapport indique que les agences ont claquĂ© quelques 14,9 milliards, soit un tantinet plus que prĂ©vu
 « Conflits d’intĂ©rĂȘts, manque de reprĂ©sentativitĂ©, manque de transparence, absence de contrĂŽle », telles sont quelques unes des formules employĂ©es par les magistrats de la Cour des Comptes pour qualifier la politique de l’eau conduite en France par l’Ă©tablissement public chargĂ© de sa gestion. DĂšs 2010, la Cour europĂ©enne avait dĂ©jĂ  pointĂ© le manque d’efficacitĂ© de l’Agence de l’Eau, son laxisme dans la lutte contre les pollutions diffuses d’origine agricoles ainsi que son absence de politique volontariste en faveur de la restauration hydromorphologique des cours d’eau. Le 4 septembre 2014, la Cours de justice europĂ©enne a condamnĂ© la France pour manquement Ă  la directive de 1991 sur la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole.

    Le principe pollueur/payé

    Les juges notent que ce fameux principe pollueur/ payeur, issu du Grenelle 1 de l’environnement est bafouĂ© chaque annĂ©e un peu plus car “ceux dont l’activitĂ© est Ă  l’origine des pollutions graves ne sont pas sanctionnĂ©s en proportion des dĂ©gĂąts qu’ils provoquent”. Ce serait donc plutĂŽt un principe de pollueur/ payĂ©, qui lui est en place depuis trop longtemps. Le rapport met clairement en Ă©vidence un immense dĂ©sĂ©quilibre puisque les mĂ©nages acquittent 87 % du montant total de la redevance, contre 7% pour les industries (passĂ©e de 15 Ă  7%
) et seulement 6 % pour le monde agricole. Il ressort de l’expertise des juges de la Cour que les agences subissent les pressions des lobbies agricoles et industriels. Ainsi, notent-ils, le bassin rhodanien, champion de l’irrigation avec celui d’Adour/ Garonne ne paie que 3 % des redevances alors qu’il capte 70 % des eaux de surface ! L’Agence de Seine/Normandie avait quant Ă  elle dĂ©cidĂ©e de faire payer aux mĂ©nages 92 % de la redevance. La ministre de l’environnement a dĂ» intervenir pour les inciter Ă  larguer quelques points. Dans ces « parlements de l’eau » que sont censĂ©s ĂȘtre les comitĂ©s de bassin, l’Etat est reprĂ©sentĂ© Ă  hauteur de 20%, les usagers domestiques et professionnels Ă  40% et les collectivitĂ©s locales Ă  40% Ă©galement. L’Etat Ă©tant minoritaire, il en rĂ©sulte que les programmes d’intervention des Agences peuvent ĂȘtre dĂ©couplĂ©s des objectifs de la politique nationale de l’eau. Le collĂšge des usagers est trustĂ© par les usagers professionnels (agricoles et industriels). Dans les rĂ©gions oĂč ces activitĂ©s prĂ©dominent, leurs reprĂ©sentants sont toujours majoritaires. Les conditions sont ainsi rĂ©unies pour orienter la politique nationale de l’eau Ă  l’avantage des intĂ©rĂȘts particuliers des catĂ©gories d’usagers citĂ©es prĂ©cĂ©demment. Les magistrats soulignent que le syndicat agricole majoritaire (FNSEA) bĂ©nĂ©ficie « d’un quasi-monopole de reprĂ©sentation ». Plus on avance dans ce rapport, plus il y a de quoi tomber Ă  la renverse. Surtout quand on apprend que l’Agence de l’eau Loire-Bretagne ne demande que 0,6% de la redevance aux Ă©leveurs ! Cela n’a pas Ă©chappĂ© aux magistrats qui prĂ©cisent que “cela n’a rapportĂ© que 3millions d’euros alors que le seul nettoyage des plages du littoral est estimĂ© au minimum Ă  30 millions”. Dans le grand ouest, cette contribution a chutĂ© de 58 % en quelques annĂ©es et mĂȘme de 84 % dans le bassin rhodanien! Il n’a pas Ă©chappĂ© Ă  la Cour que ce sont les chambres d’agriculture qui siĂšgent aux comitĂ©s de bassin, et que la FNSEA y est chez elle. Les conflits d’intĂ©rĂȘts sont donc lĂ©gions et seraient Ă  l’origine d’un certain nombre d’infractions.

    Depuis la publication de ce rapport, SĂ©golĂšne Royal demande plus de transparence et a fait savoir qu’elle demanderait Ă  l’avenir la publication des aides attribuĂ©es, ainsi qu’un dĂ©cret mettant en place, a-t-elle prĂ©cisĂ©, “de nouvelles rĂšgles avant l’étĂ©â€ afin de prĂ©venir les conflits d’intĂ©rĂȘt. Autre gros sujet de dysfonctionnement selon les magistrats, le Suivi RĂ©gulier de Rejets (ou SRR) que les sites industriels ont obligation de mettre en place depuis 2008. Dans certains bassins, prĂ©s de la moitiĂ© des sites pollueurs ne font aucun suivi de rejets… et aucune mesure n’est prĂ©vue pour les sanctionner ! Les magistrats proposent que ces agissements soient assimilĂ©s Ă  un dĂ©faut de dĂ©claration et que l’on majore de 40% la redevance de ces sites contrevenants. MalgrĂ© ces constats accablants mais totalement en phase avec les rĂ©alitĂ©s de terrain et l’Ă©tat de dĂ©labrement Ă©cologique de nos cours d’eaux, il ne faudrait pas passer sous silence quelques actions efficaces accomplies par les Agences de l’eau durant leur 9Ăšme programme (2007- 2012) en termes de soutien Ă  l’Ă©quipement des stations d’Ă©puration dont les faibles performances Ă©taient dans le collimateur de la Cour europĂ©enne depuis longtemps. La situation s’est significativement amĂ©liorĂ©e mĂȘme si beaucoup reste Ă  faire en ce qui concerne l’assainissement des petites communes. Le 10 Ăšme programme (2012 -2018) est tournĂ© vers l’atteinte du bon Ă©tat des eaux. Bon Ă©tat chimique et Ă©cologique pour les eaux de surface, bon Ă©tat chimique et quantitatif pour les eaux souterraines. Dans ce dernier programme, les magistrats dĂ©plorent que la prioritĂ© soit encore et toujours donnĂ©e Ă  l’assainissement au dĂ©triment d’une « rĂ©orientation vers le grand cycle de l’eau » Une fois de plus, les milieux aquatiques et le dĂ©veloppement durable restent les parents pauvres de la politique de l’eau française. DĂ©polluer, c’est bien mais ne pas polluer et ne pas gaspiller ce serait quand mĂȘme mieux… Enfin vous noterez qu’il faut un rapport de la Cour des comptes, pour que soient montrĂ©s du doigt quelquesuns des plus grands crimes Ă©cologiques de notre Ă©poque. On parle donc de problĂšmes environnementaux parce qu’il coĂ»te trĂšs cher de ne pas les respecter ! Voici donc ce qu’il reste de la dĂ©fense de la ressource en eau en France. Ce qui veut dire que si des efforts sont faits, se sera bien Ă©videmment par peur du gendarme et non par bonne conscience. Nos amis les “jardiniers de la nature” nous empoisonnent, mais en plus, ils nous ruinent


    Les perles

    Le rapport prend quelques exemples concrets de subventions effarantes. Ainsi, L’Agence Seine-Normandie a accordĂ© un prĂȘt de 13,5 M d’euros à
 Eurodisney afin de rĂ©aliser une station d’Ă©puration jugĂ©e par cette mĂȘme Agence comme « nonprioritaire » ! Les Magistrats notent que ce type d’aide a pour effet de « dĂ©responsabiliser ses bĂ©nĂ©ficiaires », l’Agence se permettant au passage de dĂ©roger Ă  ses propres rĂšgles de plafond ou d’Ă©ligibilitĂ© !

    Le cas de l’usine AltĂ©o de Gardanne qui rejette des boues rouges toxiques en mĂ©diterranĂ©e, au large de Cassis a Ă©galement retenu l’attention des magistrats… Et pour cause, la redevance pour « toxicitĂ© aigüe » de cette usine a baissĂ© de 13 Ă  2,5 M d’euros pour la seule annĂ©e 2014 ! La cause ? Des efforts pour respecter l’environnement ? Non, juste la crĂ©ation d’une catĂ©gorie spĂ©cifique par un amendement parlementaire (« toxicitĂ© aigüe rejetĂ© en mer au-delĂ  de 5 km du littoral et Ă  plus de 250 mĂštres de profondeur ») dont cette usine est dĂ©sormais la seule Ă  bĂ©nĂ©ficier en France !

    Les Agences de l’Eau n’Ă©chappent pas au chant des sirĂšnes de la communication. Ainsi les Magistrats de la Cours des Comptes Ă©pinglent l’organisation « d’Ă©vĂ©nements dispendieux » comme le SixiĂšme forum de l’eau organisĂ© Ă  Marseille. (Avec un budget de 2 M d’euros, on peut effectivement faire un joli forum!). Elle pointe Ă©galement ce mĂȘme travers en d’autres lieux et Ă  une autre Ă©chelle, comme ce fut le cas avec l’Agence Seine Normandie pour la distribution d’une modeste plaquette d’information : pour la seule joie de la voir distribuĂ©e par VĂ©olia, La Saur et Suez Environnement, il en a coĂ»tĂ© plus de 160 000 euros Ă  cette agence ! Les Magistrats rĂ©sument leur jugement par un laconique : « la Cour n’est pas convaincue de la pertinence de ces actions. » On apprĂ©ciera l’euphĂ©misme…

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