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Auteur/autrice : admin_lvdr

Ouverture au Lac de Malaguet
Le samedi 26 mars, le Lac de Malaguet, débutera sa saison
2011. Entièrement dédié à la pêche à la mouche depuis la saison dernière, le
réservoir (22 ha)
a été rempoissonné avec des salmonidés : arc-en-ciel, farios, golds, ombles de
fontaine. La taille moyenne des poissons oscille entre 1 et 2 kg pour atteindre plus de 4 kg pour les plus gros
spécimens. Thomas Jacques vous accueillera au lodge et veillera à ce que votre
séjour pêche se déroule dans les meilleurs conditions. Les tarifs restent
identiques cette saison. Le lac sera vidangé à l’automne prochain. En
conséquence, la saison de pêche se déroulera selon le planning suivant : du 26
mars au 16 juillet et du 1er au 30 septembre. Pensez dés à présent à réserver
votre séjour en Haute-Loire !Renseignements :
Joëlle Le Jean
La maison du lac
Lac de Malaguet
43270 Monlet
Tel : 04 71 00 21 48
Site : www.lac-de-malaguet.com
La France pointée du doigt pour sa pollution industrielle
Le 14 mars dernier, la Commission européenne a décidé de renvoyer la France devant la justice pour n’avoir pas respecté une législation européenne sur la pollution industrielle. La France avait jusqu’au 30 octobre 2007 pour donner de nouvelles autorisations d’exploitation ou de réexaminer les anciennes autorisations données à un certain nombre d’industries à fort potentiel de pollution. L’Etat français n’a toujours pas pris les dispositions nécessaires provoquant ainsi les foudres de la Commission.
Ainsi ce n’est pas moins de 62 installations industrielles qui fonctionnent sans autorisations conformes à la directive européenne ! Huit pays de l’Union ont également été poursuivis pour des faits identiques ces dernières années : Estonie, Espagne, Slovénie, Suède, Portugal, Pays-Bas, Grèce et Danemark.

Trophée d’Argent de l’Ance
Créé en 1973 par le Club de pêche sportive Forez-Velay, le
Trophée d’Argent de l’Ance permet d’assurer la promotion de l’Ance du Nord et
de souligner les possibilités halieutiques de la région de Saint-Etienne. Il
aura lieu cette année le samedi 18 juin.Ici seule la passion compte, pas l’esprit de compétition.
L’évènement se veut une rencontre amicale de pêche à la mouche, au fouet.
Pendant neuf heures, les participants exerceront leurs talents le long des
soixante kilomètres du cours de la rivière, au sein de trois départements : le
Puy de Dôme, la Loire
et la Haute-Loire.Ce véritable «marathon» du pêcheur à la mouche est
l’occasion de pêcher dans un cadre magnifique, celui du Val d’Ance en début
d’été. Et pour ne rien gâcher l’Ance du Nord est riche en truites et en ombres
communs de souche. A vos cannes !Renseignements :
www.cpsfv.org

Alevinage
Tout a été dit sur l’alevinage, le pour, le contre, le “oui mais”, le “y’a qu’à”, le “faut qu’on”, etc. La réflexion que nous vous proposons ici risque de froisser quelques susceptibilités, de scandaliser les adeptes d’un no kill exclusif, mais il s’agit surtout de balayer devant notre porte… en toute franchise.
Par Jean-Marc TheusseretLe flou le plus total plane sur la politique d’alevinage française. Proposé par l’Agence de l’eau, le projet de loi sur l’alevinage a permis de faire le point sur la position des gestionnaires de la pêche en France. Ce projet préconise une interdiction totale de l’alevinage dans les cours d’eau ou secteurs de cours d’eau qui “peuvent prétendre à un bon état naturel” et la possibilité de pouvoir introduire des poissons dans le cas où les milieux sont altérés.
Demandée depuis plusieurs années par nombre de défenseurs des truites sauvages, cette loi a soulevé un véritable tollé de la part de nombreuses AAPPMA et de la plupart des fédérations départementales.
Au final rien n’a donc bougé. Certaines fédérations ont joué le jeu de la gestion patrimoniale, en privilégiant la sauvegarde de populations sauvages de truites. La majorité des fédérations disposant de cours d’eau de première catégorie n’a pas suivi cette voie, préférant continuer à introduire des poissons d’élevage en masse, ignorant au passage cette priorité à la gestion patrimoniale dans les eaux où celle-ci est possible. De plus, la reconquête des effectifs de pêcheurs par la Fédération nationale pour la pêche en France semble s’orienter vers une politique d’alevinage massif pour contenter les pêcheurs. On constate alors une grande disparité d’actions d’un département à l’autre, une difficulté à suivre une méthode sur le long terme avec une gestion cohérente par bassin.
Cette truite prise en début de saison n’est ni grosse, ni longue, ni américaine, mais elle est sauvage, et vit dans nos eaux. Et les gros poissons sauvages se méritent. C’est ça la pêche, non ?
Des choix plus halieutiques qu’écologiques
Si l’on observe l’alevinage de truites en France, en Europe et dans le monde, on prend rapidement conscience que ce sont presque toujours les pêcheurs qui sont à l’origine des introductions. Alors, que veulent les pêcheurs ? C’est bien là la question.
Même les pêcheurs à la mouche, respectueux d’une nature sauvage, cèdent le plus souvent à la tentation de la “bassine”. C’est le cas dans les pays voisins comme l’Autriche, la Slovénie, la Croatie ou l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, où l’on a commis de véritables crimes écologiques en voulant développer le tourisme pêche. Le no kill étant dans ce cas un faux prétexte de respect et de protection des cours d’eau et des poissons qui les peuplent. Les conséquences de l’introduction de truites arc-en-ciel dans des rivières en bon état écologique produisent un effet dramatique sur les populations de truites fario sauvages. Comme chacun sait, les truites arcs-en-ciel d’origine domestiques sont actives tout l’hiver. Leur prédation sur les fraies de truites fario sauvages touche dans un premier temps les oeufs, puis dans un second temps les alevins.
Le risque sanitaire est également trop souvent sous-estimé. Idem pour les introductions de truites fario, dont tout le monde connaît aujourd’hui le risque de la pollution génétique.
Il est étonnant de constater à quel point ce genre de constat est tabou dans le petit monde halieutique français et européen.
Les pêcheurs français sont de plus en plus nombreux à se rendre dans ces pays où la pêche à la mouche offre une “garantie” de résultat que l’on ne trouve pas en France. On fait donc l’autruche, sans oser regarder les choses en face. Les pêcheurs veulent avant tout s’amuser, si possible dans un cadre sauvage préservé et entre pêcheurs de la même caste. D’aucuns rêvent de parcours similaires dans les eaux françaises, y compris dans des zones où les truites sauvages sont encore très présentes. C’est déjà le cas dans certaines rivières (Isère, Drac, parcours de seconde catégorie). Le risque est si grand qu’on ne peut le passer sous silence.
La perte de populations sauvages est un phénomène irréversible. Voilà, tout est dit.
Cette réflexion nous amène à reconsidérer le rôle des pêcheurs au bord des cours d’eau. Car la pêche devient une activité de loisir que l’on voudrait comparable à d’autres, comme le ski, le VTT ou le rafting. On paye et on consomme. C’est dans l’air du temps… Cet antagonisme entre plaisir personnel du pêcheur et respect de l’environnement est une question que chaque pêcheur doit se poser. Nul doute que les lecteurs de Pêches sportives, très sensibilisés à cette réflexion, qui transparaît régulièrement dans les pages de “L’Echo du radier” à travers les articles de Sylvain Richard, Arnaud Caudron ou de Guy Périat, sont conscients du problème.
Mais, globalement, la majorité des pêcheurs à la mouche français vont d’abord à la pêche pour se défouler, faire des scores, en se donnant bonne conscience en pratiquant le no kill. C’est très bien le no kill, mais une truite d’alevinage reste une truite d’alevinage.
A-t-elle sa place dans un cours d’eau peuplé également de truites sauvages ? Non. On observe également des comportements contradictoires.
Par exemple, la plupart des pêcheurs français estiment que la truite arc-en-ciel n’a pas sa place dans nos rivières (c’est en tout cas le sentiment général), alors qu’une bonne partie des mêmes pêcheurs sont ravis de retrouver cette espèce en Autriche et dans les rivières des pays voisins.
Etrange non ?
Critique plus souvent qu’à son tour de la politique d’alevinage demandée par le pêcheur lamda “franchouillard”, le pêcheur à la mouche accepte finalement la même chose en pêchant dans les pays voisins où sont commis des crimes écologiques sur des rivières en excellent état, où l’on “bassine” allègrement des truites d’élevage. Il faut savoir balayer devant sa porte !Le rêve américain
Ce qui est vrai en Europe ne l’est pas forcément ailleurs. Les rivières autrichiennes ou de l’ex-Yougoslavie sont pour les pêcheurs européens des rivières comparables à celles que l’on trouve aux Etats- Unis. Mêmes espèces de truites (hormis la marmorata), techniques de pêche et mouches similaires. Pauvre comparaison ! La situation est en réalité radicalement différente.
Aux Etats-Unis, les truites arc-en-ciel sont autochtones et les farios ont été introduites à partir de souches européennes provenant de Bavière. La situation est donc inverse et cela s’est produit il y a presque un siècle. Dans le Montana, on observe que l’on trouve rarement beaucoup de farios sur les secteurs riches en arcs-en-ciel, mais les deux espèces arrivent à cohabiter.
Cela s’observe également en Patagonie, où les deux espèces ont été introduites à partir des populations d’Amérique du Nord.
Chaque espèce semble trouver sa place. C’est ce modèle qui a été développé en Europe, mais il n’est malheureusement pas reproductible.
On dispose aujourd’hui d’études génétiques précises, d’évaluation de l’état écologique des cours d’eau, mais pour autant les mentalités en matière d’alevinage en truites n’ont pas évolué, à l’exception des exemples isolés que nous vous présentons régulièrement dans ces colonnes.
Autoriser les alevinages dans les plans d’eau, les cours fortement perturbés, en prenant toutes les précautions, se conçoit. Pour le reste, la seule chose qu’il nous reste à faire est de préserver ce qui subsiste comme populations sauvages, sans concessions ni tabous, sans rêver à l’oncle Sam, sans céder aux chants des sirènes, bref en regardant la réalité en face.
L’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré du voisin.
La truite arc-en-ciel a sa place en eaux closes. La pêche en réservoir permet aux pêcheurs à la mouche de prolonger la saison tard dans l’hiver et c’est tant mieux.
Des truites triploïdes en Haute-Garonne ?
Le Collectif Mouche 31, association de défense des milieux aquatiques en Haute-Garonne, nous informe que la Fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques du même département avait l’intention de réaliser des alevinages dans les cours d’eau de première catégorie avec des truites arc-en-ciel triploïdes. Le collectif nous faisait part de son inquiétude quant aux conséquences que peuvent avoir ces poissons sur les populations sauvages de truites. En pisciculture, la triploïdie est utilisée chez la truite pour améliorer la qualité gustative des gros sujets en évitant la maturation sexuelle.
Plus récente chez les poissons que chez les végétaux, cette technique reproduit un phénomène observé dans la nature, en utilisant un processus physique reproduisant soit un choc de température, soit un choc de pressions sur les oeufs, permettant de garder le troisième jeu de chromosomes naturellement présent dans l’oeuf. La triploïdie induit uniquement une stérilité des poissons afin d’éviter la maturation sexuelle. C’est en quelque sorte un procédé qui s’apparente à la castration, comme on l’utilise chez les bovins, les porcs et les volailles, car la maturité sexuelle des truites s’accompagne d’une altération de la qualité de la chair. Pour éviter cela, les pisciculteurs utilisent cette technique. Les truites triploïdes ne peuvent donc se reproduire. Quand on sait que les truites arc-en-ciel d’élevage non triploïdes sont généralement incapables de se reproduire, on ne voit pas l’intérêt d’introduire des truites “castrées”, qui ont la réputation de se nourrir beaucoup plus activement encore que les autres arcs-en-ciel “normales”. L’impact sur les populations sauvages dans les rivières d’un département où la gestion patrimoniale est une évidence n’a visiblement pas été pris en compte.
Cela tient de l’irresponsabilité la plus profonde.
Renseignements : [email protected]
Renouée du Japon, le cancer de nos rivières !
En une quinzaine d’années, la renouée du Japon est passée du stade de curieuse plante décorative à celui de plante envahissante inscrite sur la liste des pires ennemies des cours d’eau. Son évolution est désormais galopante dans une bonne partie du pays. Voici comment la reconnaître, connaître son mode de reproduction et limiter son extension.
Par Luc SchmittNous avions publié un article “préventif” en 1998 sur les risques de voir se développer de façon galopante une plante envahissante qui trouve sa place essentiellement sur les rives des cours d’eau. Aujourd’hui, la situation est très grave dans bien des régions. La renouée du Japon (Reynoutria japonica) est présente en Europe comme plante fourragère et d’ornement dès 1823. Son origine se situe en Extrême-Orient où l’on trouve également une autre espèce, Reynoutria sachalinensis,dite renouée de Sachaline, également importée quelques années plus tard sur le sol européen. Depuis, une espèce hybride est également de la partie : Reynoutria. X bohemica. Ces
trois espèces très semblables sont présentes dans tout le pays avec à degrés variables. Certaines régions ont vu leurs rivières étouffées en quelques années. C’est le cas des Vosges, de la Haute-Savoie et bientôt de la Franche- Comté. La renouée du Japon est la plus répandue, alors que la renouée de Sachaline est nettement moins représentée et les avis sont partagés concernant la distribution de l’espèce hybride. Pourtant, de nombreux spécialistes considèrent la renouée hybride
comme étant en forte expansion. Ces trois plantes vivent dans le même type d’habitat : au bord des cours d’eau, qu’ils soient de plaine ou de moyenne montagne.

En quelques années, la renouée
du Japon et deux amies ont envahi des centaines de kilomètres de berges, et ça ne fait sans doute que commencer. Ci-dessus, les feuilles allongées de la renouée de Sachaline, qui cause les mêmes problèmes.
Comment la reconnaître ?
La renouée du Japon est une plante vivace reconnaissable autant par ses feuilles, ses tiges que ses fleurs. La tige est rouge sombre, lisse, creuse et droite. Les feuilles pétiolées sont d’un vert tendre en forme de coeur pour un diamètre d’environ 10 cm sur un sujet adulte. Elles sont munies d’une ochréa (gaine membraneuse naissante à la base des feuilles et entourant la tige). Les fleurs sont blanc crème et se situent sur le dessus des plantes. La floraison a lieu dans le courant de l’été jusqu’en septembre. La renouée du Japon est dioïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont séparées et sur deux pieds différents. La plante peut atteindre 2 à 3 mètres de hauteur au maximum. Des rhizomes souterrains épais, souvent profondément ancrés dans le sol, assurent la survie des massifs au fil des saisons. Contrairement à la renouée du Japon, la renouée de Sachaline peut atteindre 4 mètres de hauteur, les feuilles pétiolées mesurent jusqu’à 40 cm de long, leur limbe est en forme de coeur à la base. L’hybride est fort probablement né dans les zones nouvellement colonisées par les parents, il prend généralement des caractéristiques partagés.

En haut, à droite de l’image, les cannes desséchées d’un petit massif de renouée du Japon.
Biologie et mode de reproduction
En Europe, les plants de renouée du Japon sont toujours femelles. La reproduction est exclusivement végétative. La renouée sachaline est représentée par des pieds femelles et mâles, une reproduction sexuée est possible. Issue d’une hybridation entre la renouée du Japon et la renouée de Sachaline, la renouée hybride peut également se reproduire par voie sexuée. Dans nos contrées, la dissémination par des graines ne joue cependant pas un rôle important. Les jeunes plantes sont très sensibles au gel et ne survivent souvent pas. Par contre, à partir de petits fragments de rhizomes, les trois sont capables de développer des grandes plantes. Un fragment de rhizome suffit à donner un plant. On les trouve sur les bords des cours d’eau, mais aussi le long des chemins, des routes, des voies ferrées, les déblais, etc. C’est souvent l’apport de terre qui est à l’origine du développement d’un nouveau massif. Les renouées sont présentes en Amérique du Nord, en Australie et Nouvelle- Zélande. En Europe, on les trouve de Scandinavie jusqu’au sud de la France, des îles Britanniques jusque dans les Balkans. La renouée de Sachaline manque dans les zones chaudes du Sud. Chez nos voisins suisses, on trouve les trois espèces dans tout le pays, ce qui signifie que les régions et pays frontaliers sont également touchés.

une feuille de renouée du Japon à droite, et de renouée de Sachaline à gauche.
Effets sur les cours d’eau
La renouée du Japon figure sur la liste des 100 espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles (liste établie par l’UICN, Union internationale de conservation de la nature). Les populations très denses sont une menace pour la flore indigène. Les renouées ont une croissance très rapide, elles passent l’hiver sous forme de rhizomes profondément ancrés dans le sol et sont donc difficiles à éliminer. Le feuillage dense apporte de l’ombre et empêche le développement d’espèces indigènes. La croissance rapide de la plante, combinée à une multiplication végétative efficace, aboutit à la formation de grandes populations monospécifiques. En populations denses, ces plantes favorisent également l’érosion sur les berges des cours d’eau. Les tiges aériennes meurent en hiver et laissent du sol nu exposé à l’érosion. Cette érosion profite grandement à la plante car les crues dispersent d’autant mieux les rhizomes.
Triste spectacle que l’on peut observer sur de nombreuses rivières chaque hiver (le Gier dans la Loire, le Coudoulous dans le Gard, la Furieuse dans le Jura, les Usses en Haute-Savoie, la haute Moselle dans les Vosges, etc.).
L’hiver, les plants sont secs et se font balayer par les crues.
Le terrain alors instable subit le même sort, emportant avec lui les rhizomes en aval.
C’est comme cela que la plante progresse. La manipulation de terre est le meilleur moyen de multiplier la renouée du Japon. C’est pour cela qu’on la trouve souvent le long des berges remblayées.
La prévention plus que la lutte
Les trois renouées sont très difficiles à éliminer. Une seule plante développe des rhizomes dans un rayon de 7 mètres et jusqu’à une profondeur de 3 mètres. Les moyens de lutte étant très limités, il faut déjà éviter au maximum son expansion. A cet effet, plusieurs recommandations sont à respecter à la lettre :
– Ne pas disséminer les plantes. Une tige coupée en contact avec le sol développera un nouveau rhizome en quelques jours si les conditions sont favorables.
– Ne pas disséminer les rhizomes. Un infime morceau de rhizome redonnera une plante, qui elle-même donnera un massif, qui à lui seul peut coloniser une vallée entière !
– Ne pas la transporter.
– Ne surtout pas mettre sur le compost du jardin.
– Les outils ou récipients qui auraient servi à manipuler de la terre où peuvent se trouver des rhizomes doivent être nettoyés avec attention.
La terre que l’on a récupérée doit être jetée (réseau de ramassage des déchets et incinération). L’incinération reste le moyen le plus efficace pour les éliminer. Des bons résultats ont été obtenus par compostage sur des compostières professionnelles (avec une phase d’hygiénisation). Cette technique peut être intéressante pour des terres infestées. La plus grande vigilance est donc demandée lors du transport et du traitement sur place.
De leur côté, la SNCF et la DDE semblent baisser les bras tant cette lutte engendre des coûts considérables. Le bord des voies de chemin de fer et les routes sont pourtant les deux terrains préférés de la renouée du Japon pour gagner du terrain. Communiquons Il importe d’effectuer une très large campagne d’information dans les fédérations départementales de pêche, les AAPPMA, les mairies, pour que pêcheurs randonneurs, chasseurs, évitent de manipuler ces plantes (en croyant bien faire). S’il est encore possible de freiner le phénomène, il semble utopique aujourd’hui de vouloir l’enrayer. Il faudra donc vivre avec en attendant une solution miracle qui n’existe pas aujourd’hui.
L’autre poison des cours d’eau mais surtout des zones humides et des marais, c’est la balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera). Les premières graines ont été expédiées au Jardin botanique de Londres en 1839. Au début des années 1960, des ouvrages font état de sa présence dans la plaine rhénane d’Alsace et à l’ouverture des vallées vosgiennes. Si son expansion reste beaucoup moins spectaculaire et rapide quecelle de la renouée du Japon, la balsamine de l’Himalaya poursuit cependant son extension en Alsace, en Bourgogne, jusqu’au sud de la région parisienne. Elle est signalée dans une moindre mesure dans une bonne vingtaine de départements.Son système racinaire est plus développé que celui de la renouée du Japon. Un petit bout de racine donne une nouvelle plante. Autre différence notoire avec la renouée du Japon, notre hôte himalayienne possède un système de propagation de ses graines étonnant. Il suffit qu’un insecte, un oiseau, ou un passant touche la fleur pour que les graines – contenues dans une capsule – s’éjectent à plus de 6 mètres autour de la plante ! Une plante peut produire jusqu’à 700 graines. Pour lutter contre l’expansion de la plus grande des impatiens, la technique de fauchage est efficace, le but étant d’éviter la floraison.
Surpêche : l’Espagne sur le banc des accusés
La Commission européenne a, dans un règlement du 22 février, imposé des sanctions contre l’Espagne accusé de surpêche du maquereau. Le pays aurait dépassé son quota de pêche pour cette espèce de près de 20 000 tonnes, soit 80 % de plus que son quota autorisé. La Commission a procédé à un contrôle croisé des données fournies par l’Espagne et a décelé de nombreuses incohérences. Pourtant elle a décidé d’adapter ses sanctions afin de ne pas trop pénaliser la filière en proposant un remboursement sur plusieurs années, amoindrissant ainsi les effets de la sanction et probablement son effet dissuasif.

Bilan positif pour le salon mouche de Saint-Etienne
Le 17ème Salon international de la mouche artificielle
(SA.NA.M.A.) s’est déroulé à Saint-Etienne les 26 et 27 février 2011 dernier.
Créé en 1982 par le Club de Pêche Sportive Forez-Velay de Saint-Etienne (www.cpsfv.org), cet évènement conçu pour
réunir le petit monde de la mouche a su garder sa spécificité : il est le
seul salon en France spécialisé dans la mouche artificielle.65 exposants ont
fait le déplacement. Ils sont venus de toute la France, mais aussi de Suisse,
de Belgique, des Etats-Unis, de Mongolie, de Slovénie, des Pays-Bas, de
Grande-Bretagne et de Slovénie. Cette édition a rencontré un tel succès que malheureusement,
et pour la première fois, toutes les candidatures d’exposants n’ont pu être
retenues. Le public était également au rendez-vous puisque le salon a
enregistré une affluence record avec plus de 3 000 visiteurs. La Slovénie était l’invité
d’honneur.
Le climat se réchauffe… …et nos lacs et cours d’eau ?
Oui, notre planète se réchauffe… Les scientifiques sont formels ! A terme, nos lacs et cours d’eau suivront cette tendance, que certains considèrent déjà comme inéluctable. Peut-on faire quelque chose ? Doit-on rester les bras croisés à regarder nos truites fiévreuses périr ? Si effectivement le réchauffement climatique est un phénomène mondial, existe-t-il des solutions pour limiter localement son impact ? Par Sylvain Richard et Guy Periat
Dans le précédent article, nous avons précisé les différents paramètres qui régissent la température de l’eau des lacs et des rivières.
Très complexes, les processus en jeu agissent en synergie et on peut alors parler de métabolisme thermique. Véritable clé de voûte du fonctionnement des milieux aquatiques, celui-ci conditionne non seulement les caractéristiques chimiques de l’eau, mais également les processus physiologiques des organismes ainsi que la distribution des espèces.
Dans quelle mesure le réchauffement climatique peut-il remettre en cause ces grands équilibres ? Les modifications thermiques sont-elles toujours liées à un changement de climat ? Le patrimoine biologique des milieux aquatiques estil à terme menacé ? Nos parcours de pêche à salmonidés sont-ils forcément voués à disparaître ?Qu’est-ce que le réchauffement climatique ?
Avant de répondre à ces différentes interrogations, il est utile de rappeler dans un premier temps que, contrairement aux autres planètes du système solaire, la surface de la Terre est tempérée à environ 15 °C. Cette caractéristique originale est due à notre atmosphère qui, à l’image d’une écharpe, permet de retenir une partie de la chaleur émise naturellement par notre planète. Ce phénomène, appelé effet de serre, est ainsi tout à fait naturel.
Sans lui, la température à la surface de la Terre serait de – 18 °C en moyenne ! La vapeur d’eau, l’azote et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, sont les principaux gaz qui permettent de piéger cette chaleur. Ils sont appelés « gaz à effet de serre ». Leur proportion dans l’atmosphère est le fruit d’un lent équilibre établi entre les consommateurs et les producteurs de ces différents gaz. En principe, elle n’évolue qu’à des échelles de temps géologiques, soit plusieurs millions d’années.
Néanmoins, certains événements comme des éruptions volcaniques exceptionnelles ou la collision d’un astéroïde gigantesque sont susceptibles de modifier radicalement la composition de notre atmosphère et de provoquer des extinctions biologiques plus ou moins massives.
Or, l’utilisation exponentielle des matières premières carbonatées fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), depuis le XIXesiècle, augmente drastiquement la proportion de CO2dans l’atmosphère.
Résultat, cet apport massif de gaz à effet de serre déséquilibre le bilan radiatif de la Terre. La proportion de chaleur retenue, par rapport à celle qui peut s’échapper vers les hautes altitudes, est ainsi plus importante. La conséquence est une augmentation rapide de la température moyenne de l’air et des océans. C’est le phénomène de réchauffement climatique.Différents scénarios de réchauffement
Les scientifiques, réunis au sein du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), confirment bien cette tendance au réchauffement. Ils ont notamment montré que l’année 1998 était la plus chaude de toute l’histoire de la météorologie et que le réchauffement s’accélère depuis environ un siècle. Le GIEC affirme par ailleurs que la probabilité que ce phénomène, constaté depuis 1950, soit d’origine humaine est de plus de 90 %. Ils confirment également que l’augmentation des températures va se poursuivre au cours du XXIesiècle.
L’ampleur de ce réchauffement est toutefois très compliquée à prédire pour les scientifiques. D’ici à 2100, les climatologues du GIEC parlent tout de même d’une augmentation moyenne annuelle comprise entre 1,8 °C et 3,4 °C.
Des bouleversements importants en perspective
Ce réchauffement global aura inéluctablement des conséquences sur les grands équilibres physiques et climatologiques. On estime qu’avec une élévation de température de 1,5 à 2,5 °C, près de 20 à 30 % des espèces connues courent un risque accru d’extinction. Cette estimation atteint 70 % si l’augmentation est de 3,5 °C ! C’est donc toute la biodiversité, richesse inestimable de notre planète, qui à terme est mise en péril… Un des symboles les plus marquants de cette menace est l’impressionnant ours polaire, dont l’habitat fond d’année en année.
Selon les scientifiques, les écosystèmes naturels qui seront les plus affectés sont les systèmes polaires et alpins, les mangroves, les forêts boréales et tropicales ou encore les récifs coralliens.
Pour ces derniers, les hypothèses les plus pessimistes envisagent leur disparition à l’échelle planétaire à partir de 2020… c’est-à-dire demain !
Quelles conséquences pour nos milieux aquatiques continentaux ?
A l’intérieur des continents, sur lesquels l’effet tampon des océans est réduit, cette évolution de notre climat sera exacerbée. A terme, l’augmentation des températures de l’eau influencera directement l’abondance et la répartition des espèces.
Et ce sont celles d’eau froide, plus sensibles au facteur thermique, qui seront sans doute les plus impactées.
Truites et ombres ont sans doute du souci à se faire… Il est cependant encore très difficile de prédire ces évolutions, en raison notamment du manque de connaissance sur le fonctionnement thermique actuel des réseaux hydrographiques.
En outre, les modifications de débit engendrées par les changements climatiques influeront également sur le métabolisme thermique des eaux de surface.
Néanmoins, des signes apparaissent déjà… Sur le lac Léman, les suivis effectués par l’Inra montrent une tendance nette au réchauffement des eaux de surface depuis les années 1970 ainsi que des couches profondes depuis les années 1950. La période d’apparition de la stratification thermique est de plus en plus précoce : de début juin dans les années 1970 à début mai dans les années 2000. Conséquence : les algues et le zooplancton consommateur apparaissent plus tôt dans la saison.
Selon l’Inra, ces décalages seraient aujourd’hui favorables au corégone du Léman, qui profiterait ainsi directement de cette abondante nourriture dès l’éclosion de ses oeufs. Les captures effectuées par les pêcheurs professionnels, en augmentation depuis les années 1990, vont dans ce sens.
Sur le lac Tanganyika, grand lac africain aux dimensions impressionnantes faisant frontière entre la Tanzanie et la République démocratique du Congo, la température des eaux du lac a également augmenté depuis les années 1920, de près de 0,7 °C en surface (– 150 m !) et de 0,3 °C au fond (– 1 300 m !). Dans le même temps, la limite entre les eaux oxygénées et celles sans oxygène est remontée, restreignant de fait la zone fonctionnelle pour la biocénose. Une baisse, nettement accentuée depuis les années 1950, de la productivité globale du plan d’eau en résulte. Sur les grands cours d’eau européens, des évolutions similaires de la température de l’eau s’observent également. Ainsi, sur le Rhône aval, en près de trente ans, la température moyenne de l’eau a augmenté d’environ 2 °C.
Même constat pour la Loire (+ 2 °C), le Rhin (+ 2 °C) ou encore le Danube (+ 0,8 °C).
Quelles conséquences pour le cours d’eau de mon village ?
Les grands hydrosystèmes intègrent donc parfaitement la tendance décriée par les climatologues. Néanmoins, à l’échelle locale et en particulier sur les cours d’eau salmonicoles, que se passe-t-il ? A titre d’exemple, prenons l’évolution durant ces quarante dernières années du métabolisme thermique de la rivière Allaine, petit affluent franco-suisse du Doubs. Grâce à des données historiques de qualité, l’évolution thermique de ce cours d’eau peut être appréhendée d’une manière objective. Et pour apprécier les effets directs de la température sur la faune, nous n’allons pas comparer des données de moyenne annuelle, trop lissées, mais plutôt les valeurs élevées observées en été. En effet, les poissons, et en particulier les salmonidés, démontrent une certaine tolérance aux écarts thermiques de faible amplitude. En revanche, en dehors de la gamme de confort de chaque espèce, la survie, la reproduction ou l’alimentation ne sont plus possibles.
Une élévation de température pourra donc être supportée par le peuplement originel jusqu’à une certaine valeur. Mais dès le dépassement des seuils critiques, les populations de poissons auront des difficultés de développement et finiront par disparaître.Dans les années cinquante, la rivière Allaine était un cours d’eau à truite et à ombre très productif. Les apports souterrains karstiques qui alimentaient le cours d’eau tout au long de son linéaire permettaient de maintenir une gamme de températures fraîches, idéale pour les salmonidés, même en période caniculaire.
Les mesures effectuées dans les années 70 illustrent parfaitement cette caractéristique typique des cours d’eau calcaire (cf.
figure ci-dessus).
Aujourd’hui, force est de constater que certaines portions du cours d’eau ont subi des élévations exceptionnelles de température, atteignant par endroits près de 10 °C (cf. figure). Si bien qu’à l’heure actuelle ces tronçons ne sont plus propices au développement de la truite ou de l’ombre.
Mais les espèces thermotolérantes ne peuvent également s’y développer harmonieusement : les habitats et les vitesses de courant ne sont pas adaptés à ces espèces (tanche, carpe, rotengle, etc.), plutôt inféodées aux eaux calmes.
En clair, une discordance entre les caractéristiques de l’habitat et le métabolisme thermique est observée.La petite rivière fraîche productive s’est ainsi transformée en un cours d’eau tumultueux chaud et déserté.
Par chance, l’influence des arrivées froides est encore forte sur l’Allaine. Elles apportent des bouffées de fraîcheur à la rivière. Elles constituent ainsi de véritables refuges thermiques pour les truites et les ombres en période estivale. Si, bien évidemment, ces espèces peuvent les rejoindre, ce qui laisse supposer que les couloirs migratoires longitudinaux sont respectés.
A l’évidence, le réchauffement climatique apporte sa contribution de quelques degrés à cette évolution de la température de l’eau de l’Allaine. Néanmoins, d’autres facteurs interviennent.
En observant l’évolution de l’utilisation du bassin versant et de la ressource en eau, la Fédération des pêcheurs du Jura suisse (www.fischnetz.ch) a permis d’expliquer le degré extrême de l’élévation de température observé sur certaines portions de rivière, et sur l’Allaine en particulier.
D’une part, le pastoralisme traditionnel de la région s’est petit à petit transformé en une céréaliculture intensive. Les remaniements parcellaires ont permis de creuser des systèmes de drainage efficaces.D’autre part, l’Allaine et ses affluents ont été par endroits corrigés et transformés en chenaux rectilignes, élargis, excavés et sans ombrage. Les nappes souterraines ont perdu progressivement de leur volume et ainsi leur potentiel à alimenter en eau fraîche le réseau hydrographique lors de sécheresses. Par ailleurs, les puits d’eau potable historiquement utilisés ont vu leur quantité et leur qualité d’eau se réduire. Les communes ont en conséquence privilégié le captage des sources en tête de bassin. Le débit d’étiage de l’Allaine s’est au final nettement réduit.
Enfin, le développement des zones urbaines a été croissant et s’est accompagné d’une imperméabilisation systématique des sols. Les réseaux routiers et de canalisation ont suivi la même évolution. La pluie des orages ruisselle alors sur ces surfaces asphaltées et, déjà échauffée, rejoint directement les rivières.
Le coup de grâce fut porté lors de la mise en place de l’épuration des eaux usées de la commune de Porrentruy, située à une quinzaine de kilomètres des sources.
En effet, le rejet de la station d’épuration dépasse allègrement les 20 °C en été et représente plus du tiers du débit de l’Allaine en basses eaux. Et ce rejet se déverse dans la rivière seulement quelques dizaines de mètres en aval des sources froides les plus importantes.
La nette dégradation de la qualité de l’eau et de l’habitat associée à ces différents impacts sur le métabolisme thermique du cours d’eau a fortement porté atteinte au patrimoine biologique de la rivière Allaine. Les populations de truites et d’ombres abondantes du début du XXesiècle se sont progressivement réduites comme peau de chagrin. Actuellement, sur les 50 kilomètres de parcours de pêche rêvés des pêcheurs à la mouche, seuls quelques kilomètres restent intéressants, toujours en raison des arrivées froides salvatrices de la montagne karstique. Ainsi, l’impact des quelques degrés imputables au réchauffement climatique n’est vraisemblablement que très relatif en comparaison des transformations écologiques locales imposées par l’homme au cours du dernier siècle.En conclusion, cet exemple illustre l’importance de ne pas considérer le réchauffement climatique comme la cause unique et inéluctable de la dégradation de nos environnements aquatiques.
Certes, il a un impact. Certes, la réduction des émissions de CO2est nécessaire et à terme bénéfique. Mais cet arbre de la politique mondiale pour la sauvegarde durable de notre environnement, claironné par tous les médias et les gouvernements, ne doit pas cacher la forêt de problèmes rencontrés par nos rivières.La préservation de la qualité et de la morphologie des cours d’eau doit ainsi rester une priorité absolue. Au niveau local, les gestionnaires incontournables que sont les pêcheurs ont un rôle important à jouer dans la mise en oeuvre d’un certain nombre de précautions et de mesures pour limiter l’impact des changements climatiques à venir. De manière plus globale, à l’échelle des bassins versants, une gestion cohérente de la ressource en eau, intégrant le respect des apports d’eau fraîche et limitant les rejets d’eau chaude, doit systématiquement être promue. Ce sont les conditions sine qua non si l’on veut faire baisser la fièvre de notre patrimoine piscicole et halieutique !

