Votre panier est actuellement vide !
Auteur/autrice : admin_lvdr

Pêche à la mouche : rester dans le coup sous la pluie
Pêcher à la mouche sèche quand il pleut est une activité contradictoire. Les mouches coulent dès les premières dérives, les boîtes prennent l’eau quand ce n’est pas le téléphone portable, les clefs de voiture ou l’appareil photo. Il existe aujourd’hui des moyens efficaces dans différents domaines pour continuer de pêcher (presque) normalement sous une pluie battante.
Par Philippe Boisson
La pêche est souvent très bonne au printemps sous la pluie. Les gobages sont nombreux et réguliers tant que le niveau des rivières ne monte pas exagérément. C’est l’occasion de réaliser les plus belles pêches à la mouche de la saison. Tout l’équipement du pêcheur doit être adapté à ces conditions particulières sous peine de voir se transformer l’espoir d’une pêche miraculeuse en calvaire plutôt irritant. On s’est tous fait avoir par ces situations que l’on rencontre plus fréquemment au printemps qu’en été. Les journées de pluie (pas toujours fines…) où ça gobe partout nous font sortir comme des escargots. Les années de sécheresse que l’on vient de subir (en espérant que ça revienne à la normale), nous ont fait oublier à quel point la pêche à la mouche sous la pluie demande une adaptation du matériel. Car dans ces conditions, les problèmes s’additionnent naturellement si l’on n’a pas pris certaines précautions au préalable. La pêche de rêve que l’on sentait si proche se transforme en douche froide. Les mouches qui coulent, les boîtes qui prennent l’eau, les bas de lignes qui vrillent, tout va de mal en pis. L’ensemble de ces malheurs peut être contré par des petites choses qui rendent la vie beaucoup plus belle lorsque les prises s’enchaînent avec facilité alors que les “collègues” sont partis pour une belle galère. De nos jours, la technique et la technologie qui en découlent permettent de profiter d’une foule d’avantages qui n’existaient pas il y a quelques décennies. Alors on aurait tort de s’en priver, non ?
1 – Un petit sac étancheAvec le développement des appareils électroniques, des sacs étanches de toutes dimensions voient le jour. Les plus petits modèles se glissent aisément dans une des poches du gilet de pêche ou peuvent se fixer à la ceinture. Les modèles Aquapac ou Simms sont particulièrement bien conçus. Ils permettent d’épargner le téléphone, l’appareil photo, les clefs de voitures et les papiers importants. Fini le stress, à condition de ne pas perdre le précieux sac avec tout dedans !
2 – Une graisse à tout faire
Si comme moi, vous n’êtes pas un adepte de la graisse pour graisser les mouches, un petit tube accroché au gilet par temps de pluie peut être bien utile. Il permet de faire flotter à nouveau une pointe de soie, une portion de bas de ligne, d’étanchéifier un accroc sur sa veste de pluie ou ses waders. Et lorsqu’il pleut vraiment, il ne reste plus que cette solution pour faire flotter les mouches, y compris celles en hackles de coq ou en poils de chevreuil pourtant résistantes à l’immersion. On trouve cette graisse à tout faire chez tous les distributeurs (Devaux, TOF, JMC, Ardent Sport, Marryat, etc.).
3 – Le produit sèche-moucheS’il existe plusieurs types de produits pour faire sécher les mouches, certains font dans le préventif afin d’éviter qu’elles ne prennent l’eau. C’est le cas des solutions liquides imperméabilisantes que l’on trouve en petits flacons. Il suffit d’y tremper une mouche attachée à son bas de ligne avant qu’elle n’ait pris l’eau, de l’agiter dans le flacon et le tour est joué. Cela paraît étonnant, mais après quelques faux lancers pour éliminer le produit, ça flotte ! Certes, la manipulation du flacon lorsque l’on est au milieu de la rivière n’est pas des plus pratiques, alors on peut toujours anticiper en préparant quelques mouches avant d’entrer en scène. C’est toujours mieux que de vider la moitié du flacon dans l’eau de sa rivière préférée…
4 – Des mouches qui flottentAvoir dans sa boîte des modèles de mouche flottant bien haut sur l’eau, est une nécessité par temps de pluie. Les matériaux synthétiques comme le Z-Lon ou l’Aérofibre (comme ici en toupet au-dessus de la collerette parachute de ce sedge) ont apporté une meilleure flottabilité des mouches sèches avec en prime une grande capacité à s’essorer en quelques faux lancers. Associés, aux poils de cervidés ou aux collerettes en hackles de coq horizontales, ces matériaux sont très utiles. En revanche, les dubbings en poils naturels (lapin, lièvre, castor, etc.) se noient très facilement.
5 – Un fil qui ne vrille pasAussi étrange que cela puisse paraître, les “nylons” en copolymère que l’on utilise pour constituer nos bas de ligne réagissent à l’humidité. Et sous la pluie leur comportement est différent de celui par temps sec. Certains modèles ont la fâcheuse manie de vriller pour un rien lorsqu’ils sont manipulés dans une humidité excessive. C’est le cas avec les fils très souples, justement si prisés des moucheurs en temps “normal”. Quel que soit le diamètre, ils peuvent poser des problèmes pour passer dans les anneaux et perturbent la présentation de la mouche. Pour les gros diamètres, le Maxima et le JMC Camoufil sont les plus recommandables et pour les petits diamètres, le Rio Powerflex est un des moins sensibles. Pour les autres, le problème est généralement présent… et persistant.
6 – Des noeuds adaptésCertains noeuds sont plus adaptés que d’autres lors d’une utilisation par temps très humide. Pour attacher la mouche à la pointe du bas de ligne, le noeud de cuiller est a proscrire au profit d’un noeud coulissant de type noeud du pendu. Les noeuds coulissants ne se serrent pas prématurément comme le noeud de cuiller et ainsi limitent le vrillage sur les deux ou trois centimètres avant le noeud. Idem pour les noeuds reliant les parties du bas de ligne entre elles. Si le noeud baril reste incontournable pour les gros diamètres (50 à 25/100), le noeud de chirurgien le remplacera pour les diamètres inférieurs. Ce noeud permet lui aussi d’obtenir un résultat très “propre”, exempt de vrillage de part et d’autre du noeud une fois serré. Par temps sec, il est conseillé de l’humecter avant serrage, ce qui n’est pas obligatoire par temps de pluie.
7 – Et l’amadou ?
La nature des noeuds employés pour la constitution des bas de ligne peut limiter le vrillage du fil par temps humide. Pour le raccord pointe/ mouche, le noeud de cuiller ne convient pas car il se serre trop tôt et crée un véritable tire-bouchon sur les deux ou trois derniers centimètres. Pour les brins intermédiaires (12 à 20/100), le noeud de chirurgien doublé ou triplé convient bien. Le noeud baril sera réservé aux grosses sections, c’est-à-dire du 45 au 25/100. Dans tous les cas, il faudra veiller à soigner la réalisation des noeuds, ce qui n’est toujours facile lorsqu’il tombe des cordes et que le nylon n’en fait qu’à sa tête !
8 – La bonne veste
Les vestes de wading se sont généralisées. Elles font aujourd’hui partie de l’équipement du pêcheur à la mouche. Mais toutes ne sont pas étanches sous des trombes d’eau. Les coutures doivent êtres collées (c’est généralement visible sur la face à l’intérieur) car toutes les coutures restent le point faible de ces vestes. Les grandes marques (Patagonia, Geoff Anderson, Bare ou Orvis) ont planché durant de longues années pour résoudre des problèmes techniques complexes et il semble aujourd’hui que les derniers modèles soient fiables. En tous cas, la prudence incite à mettre le prix pour acquérir un modèle haut de gamme qui dure dans le temps. Le coté “respirant” de ces vestes, mis en avant par les fabricants, ne doit pas se faire au détriment de leur qualité principale : l’étanchéité.
9 – Des boîtes étanches
Les boîtes à mouches étanches ne sont pas encore très répandues mais chaque année, elles sont de plus en plus nombreuses aux catalogues. Munies de joints qui garantissent une étanchéité permettant d’épargner les mouches sèches d’un bain forcé et les hameçons d’une rouille inéluctable, ces boîtes sont vraiment intéressantes. Citons les boîtes étanches C&F, Orvis ou Marryat. Hormis durant les jours de pluies, elles règlent le problème des boîtes qui trempent dans l’eau lorsqu’on pêche en wading. Il est par contre recommandé de jeter un coup d’oeil aux joints de temps en temps pour éliminer les brindilles et autres matériaux qui risquent de laisser passer l’eau.
10 – Une visière pour y voir clairIl n’y a rien de plus désagréable qu’une capuche de veste de pluie qui vous tombe sur les yeux ou les lunettes lorsqu’il pleut. Alors, pour remédier au problème, une casquette à large visière sous la capuche constitue une bonne solution et tout va immédiatement beaucoup mieux. Il existe des visières intégrées dans les capuches, mais qui ne sont pas assez couvrantes. À quand des capuches avec une visière coulissante que l’on puisse sortir en cas de besoin. Car il n’est jamais très agréable de porter une casquette en plus d’une capuche de veste de pluie. Messieurs les fabricants, à vous de plancher !

Barrage sur la Sélune : lettre ouverte à NKM
Nous publions ici la lettre ouverte que les associations de défense de l’environnement, réunies au sein du collectif « Les amis de la Sélune », ont adressé le 27 janvier à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie.
Madame la Ministre,
Nous célèbrerons le 2 février prochain la » Journée mondiale des Zones Humides ». Comme vous le savez, le collectif « Les Amis de la Sélune », qui compte aujourd’hui plus de 50 organisations membres, attend, avec le soutien de nombreuses grandes organisations de conservation de la nature, que vous saisissiez l’opportunité de cet évènement pour montrer ce que la France peut faire et sait faire pour la conservation de ces milieux naturels : la reconquête écologique de la Sélune, petit fleuve côtier qui se jette dans la Baie du Mont-Saint-Michel, plus importante zone humide salée d’Europe, sera, si vous en décidez ainsi, le premier projet européen de restauration de la continuité écologique d’un cours d’eau sur la totalité de son linéaire.
Cette décision, votre décision, constitue pour notre pays un enjeu international, cette rivière étant située à côté du deuxième site le plus visité en France, classée au « Patrimoine mondial de l’UNESCO ». Notre pays montre depuis des siècles sur ce territoire son talent, son avant-gardisme et sa créativité, en particulier ces dernières années, dans le cadre du programme « Grands sites », pour redonner au Mont son insularité : la France va-t-elle s’arrêter en si bon chemin ? L’effacement des barrages obsolètes de Vezins et La Roche-qui-Boit aura un impact positif sur l’équilibre dynamique de l’écosystème de la Baie, avec un fleuve qui aura retrouvé ses fonctionnalités hydrologiques et biologiques et qui de ce fait permettra d’apporter à celle-ci des eaux et sédiments de bonne qualité.
Cet effacement est également nécessaire au retour dans le complexe Sée-Sélune d’une population abondante de saumons atlantiques, population qui présente un intérêt génétique et patrimonial particulièrement important pour cette région de la façade atlantique. De nombreuses autres espèces de poissons migrateurs seront aussi bénéficiaires de ce démantèlement. Ainsi, bien évidemment, que les hommes et les femmes de cette vallée, pour une bonne partie favorable aux effacements, qui pourront en tirer une grande fierté lorsque la promotion de ce territoire restauré éclairera d’un jour nouveau l’intérêt et la beauté de cet arrière-pays, aujourd’hui largement oublié des principaux itinéraires touristiques.
L’exploitation hydro-électrique de la Sélune, aujourd’hui fonctionnant sous le régime insatisfaisant des délais glissants, n’est pas un enjeu majeur de production d’électricité renouvelable. EDF continue d’exploiter le site, depuis 1991, en infraction avec un arrêté de 1986 l’obligeant à rétablir la libre circulation des poissons migrateurs. Elle poursuit cette exploitation depuis 2007, année de fin de concession des barrages. L’entreprise a dans ce contexte été mise en demeure en 2010 par jugement de la Cour Administrative d’Appel de Nantes de garantir le franchissement des poissons migrateurs d’ici à la fin 2013, un délai intenable et pour des coûts prohibitifs, sans garantie de résultat. EDF ne s’oppose en l’occurrence ni à la fin de la production hydro-électrique des deux barrages, ni à l’annonce de leur effacement faite le 13 novembre 2009 par votre prédécesseur, Madame Chantal Jouanno. Les alternatives de production d’énergie renouvelable existent, notamment suite à l’annonce du futur parc éolien en mer à Courseulles-sur-Mer en Basse-Normandie. D’autres alternatives en matières d’énergies renouvelables existent localement. Elles sont créatrices d’emplois, durables et non délocalisables.
La reconquête écologique de la vallée de la Sélune génèrera une activité économique, directe et indirecte, liée aux chantiers de démantèlement et de restauration du lit du cours d’eau, activité qui sera largement supérieure à celle de la base de loisirs de la Mazure, au bord de la retenue du barrage de Vezins. Une activité économique à plus long terme dépendra des volontés politiques locales. Il existe de fortes potentialités de conversion vers le tourisme de nature, en particulier le tourisme de pêche au saumon, sur un modèle de gestion innovant à trouver s’inspirant par exemple de ce qui se passe dans les pays anglosaxons, pour valoriser cette pêche exceptionnelle. Les sports de nature, en général, peuvent capter une partie de la clientèle de la Baie et du Mont.
Nous vous demandons, Madame la Ministre, d’agir maintenant. Nous attendons depuis maintenant deux ans des éléments économiques et de prospective qui ne sont toujours pas disponibles pour trouver les alternatives concernant notamment la vingtaine d’emplois de la base nautique de la Mazure. Nous attirons en particulier votre attention sur le fait que continuer à ne rien faire risque de coûter très cher à la France avec des sanctions financières de la Commission européenne pour non-respect de ses obligations vis-à-vis de la continuité écologique. Ces obligations relèvent d’une part de la Directive Cadre sur l’Eau, et d’autre part du Règlement européen sur l’anguille numéro 1100/2007, la Sélune étant classée en Zone d’Action Prioritaire pour le rétablissement de la transparence migratoire dans le Plan de Gestion Anguille Français adopté par la Commission. Le non-respect des engagements de la France serait en totale contradiction avec les objectifs de la Trame Verte et Bleue dont vous avez installé le Comité national le 18 octobre dernier.
Il vous appartient donc, Madame la Ministre, d’envoyer un signal conforme aux engagements de la France en Europe et dans le Monde. Nous attendons une décision rapide de votre part qui permettra également de mettre fin à un climat local propice à certaines dérives. Nous vous demandons de veiller à ce qu’Adolphe Colrat, Préfet de la Manche, conformément à sa dernière déclaration publique, soit en mesure de signer l’arrêté de fin de concession des barrages à l’occasion de la Journée mondiale des Zones Humides, le 2 février prochain.
Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.
Signataires
Pour le collectif « Les Amis de la Sélune »Serge Orru – Directeur Général du WWF-France
Cécile Ostria – Directrice générale de la Fondation pour la nature et l’homme
Orri Vigfússon – Président du NASF1 AAPPMA de l’Elorn (Finistère) – AAPPMA de Pont-Croix (Finistère) – AAPPMA de Pontrieux-la Roche Derrien (Côtes-d’Armor)- ANPER TOS – Association Bretonne pour la Pêche à la Mouche – Association Internationale de Défense du Saumon Atlantique – Club des Saumoniers – Comité National de la Pêche Professionnelle en Eau Douce – Eau et Rivières de Bretagne – European Rivers Network – Fédération de la Manche pour la Pêche et les 24 AAPPMA suivantes : La Truite Cherbourgeoise ; La Truite la Scye; La Mouche de Saire ; Les Pêcheurs de la Sinope ; Le Gardon Saint-Sauveurais ; Les Pêcheurs de la Douve ; Le Gardon Chef du Pontais ; La Flottante Carentanaise ; Les Pêcheurs de Lessay ; Les Pêcheurs de Périers (St-Sauveur Lendelin) ; La Gaule Marignaise ; La Truite de l’Anneraie ; Les Pêcheurs à la ligne du Pays Saint-Lois ; Les Pêcheurs de Cerisy-la-Forêt ; Les Pêcheurs de Condé-sur-Vire ; La Gaule Torignaise ; Les Amis de la Vire ; Le Bassin de la Sienne ; Amicale des Pêcheurs à la ligne de l’Avranchin ; La Truite de la Sée ; Le Gardon de Pontorson ; La Truite du Beuvron ; La Ducéenne ; La Gaule Mortainaise – Federation of Irish Salmon and Sea Trout Anglers – Fédération Française des Moniteurs Guides de Pêche – Fédération Nationale pour la Pêche en France – Fondation GoodPlanet – Fondation pour la Nature et l’Homme – Humus, fonds pour la biodiversité – L’Hydroscope – Ligue pour la Protection des Oiseaux – Manche Nature – Mayenne Nature Environnement – North Atlantic Salmon Fund – SOS Loire Vivante – Sustainable Eel Group – Union Régionale des Fédérations de Bretagne – Basse-Normandie – Pays de la Loire pour la Pêche et la Protection du milieu aquatique – Vét’Eau Pêche-WWF-France Adresse postale : Collectif des Amis de la Sélune – c/o HUMUS, Fonds pour la biodiversité, 86 Rue de Lille – 75007 Paris

Haute-Vienne : baguage de brochets
La Fédération de pêche de la Haute-Vienne a lancé une opération d’empoissonnement le 25 janvier dernier. Près de 600 kg de poissons ont ainsi rejoints les eaux de la Vienne pour un budget total de 5 000 euros (300 kg de brochets, 130 kg de perches et 160 kg de gardons). La Fédération en a profité pour baguer 80 brochets non maillés (entre 40 et 50 cm) afin de suivre leurs déplacements et leur évolution morphologique. Si d’aventure vous deviez capturer un de ces poissons, noter le lieu de capture ainsi que la taille du poisson, sans oublier de relever le numéro figurant sur la bague, de couleur jaune, implantée sur le flan, à côté de la dorsale. Contacter ensuite l’AAPPMA Les Ponticauds (06 71 72 65 79 ou [email protected]) ou la Fédération de pêche (05 55 06 34 77 ou [email protected]) afin de communiquer ces informations.
A noter que l’AAPPMA Les Ponticauds offre un bon d’achat de 10 euros chez Pacific Pêche à tous les pêcheurs qui transmettront les précieuses informations.

La Guyane face à l’orpaillage clandestin
Du 16 au 19 janvier 2012, des membres du WWF France en Guyane se sont rendus dans différents villages amérindiens du Haut Maroni (Kayodé, Twenké, Taluen, Antecume Pata), territoire du Parc Amazonien de Guyane, afin de constater les conséquences de l’orpaillage clandestin dans la région. Selon leur témoignage, les contacts entre orpailleurs et populations autochtones semblent se raréfiés. Cette situation s’expliquerait par une évolution des réseaux de ravitaillement. La délégation a pu constater de nombreux indices indiquant des pratiques d’orpaillage illégales.
Depuis plusieurs années, les experts alertent l’opinion sur les ravages de l’orpaillage clandestin dans le département d’outre-mer de la Guyane, dans le nord de l’Amérique du Sud. Les opérations de police, voire de l’armée française, n’ont pas permis d’arrêter ce désastre écologique qui touche une région du monde dont la diversité des plantes par hectare dépasse celle de toute l’Europe continentale et où l’on dénombre pas moins de 480 espèces de poissons.
Le WWF France a publié un rapport dense, en octobre 2009, où l’organisation donne des faits et des chiffres précis sur la réalité des dégâts. Et le tableau qu’elle dépeint est bien sombre. 10 000 orpailleurs clandestins traqueraient aujourd’hui la précieuse pépite, en Guyane, dans près de 500 chantiers clandestins. La misère qui sévit au Brésil a provoqué une nouvelle ruée vers l’or. On estimait que dans l’année 2002-2003, alors que l’exploitation aurifère légale produisait 3 tonnes d’or, l’illégale en produisait 10. L’emploi massif du mercure par ces chantiers clandestins pour amalgamer les particules d’or détruit les cours d’eau de la région. Selon l’ONF, 1 333 km de cours d’eau étaient touchés en 2006, pollution qui contamine également les populations, essentiellement amérindiennes, qui vivent dans la région. En 1997, des taux d’imprégnation au mercure supérieurs aux normes fixées par l’OMS étaient observés chez plus de 70 % des enfants amérindiens Wayanas du haut Maroni. Des solutions pourtant existent.
L’appareil répressif de l’Etat a bien sûr son rôle à jouer, notamment en redressant des barrages policiers sur les axes fluviaux les plus employés pour le ravitaillement des chantiers illégaux. Mais la répression ne suffira pas. Selon le WWF France, la mise en place d’une traçabilité dans la filière or permettrait une solution pérenne. Mais cette filière cultive l’opacité et, actuellement, il est impossible de distinguer l’or sale de l’or légal. Pourtant, le temps presse : le cours de l’or explose dans toutes les places financières de la planète.. Au rythme actuel, on estime à quinze à vingt ans encore l’exploitation du filon guyanais.

10 conseils pour ne pas rater son ouverture à la mouche
L’ouverture reste un moment privilégié pour le pêcheur de truite. Dans bien des régions, pourtant, la nature est encore endormie. L’activité des poissons est souvent réduite, dans des eaux glacées. Alors, dans ces conditions très particulières, il est impératif de connaître quelques principes pour ne pas se rater le jour J.
Par Luc Schmitt
1 – Le meilleur créneau : 11 h-15 h
C’est une mauvaise nouvelle pour les restaurateurs mais les truites se mettent à table au même moment que les humains. C’est comme ça. L’ensoleillement est déterminant pour déclencher une éclosion en milieu de journée. Tout va très vite. Il faut être prêt, car souvent les gobages se produisent durant une heure ou deux. En règle générale, ce qu’on appelle le coup de midi peut se produire entre la fin de matinée et 15 h environ. Mais, attention, les éclosions d’après-midi peuvent être bonnes dans certains cas, si la température de l’air ne chute pas brutalement.
2 – Bien identifier l’éclosion
Début de saison = grosse mouche ? Faux. La plupart des espèces d’éphémères ou de trichoptères que l’on rencontre au stade aérien sont de taille moyenne, voire petite. Dans tous les cas, prenez le temps de ramasser quelques insectes dérivant, ce n’est jamais du temps perdu. Cela est d’autant plus utile que l’on ne rencontre souvent qu’une seule espèce sur l’eau à cette époque.
3 – Un bon poste : le radier ensoleilléLa partie aval des fosses, que l’on appelle le radier, est un poste de choix en début de saison lors des éclosions d’insectes aquatiques. Les truites y viennent naturellement s’y nourrir. Si ces postes sont fréquents dans de nombreuses rivières, choisissez de préférence ceux qui bénéficient d’un bon ensoleillement. C’est sur ceux-ci que l’activité des insectes sera la plus forte, et celle des truites en découle.
4 – Au streamer pêchez “carré”
Dans une eau qui ne compte que quelques degrés, souvent moins de 7 ou 8, votre streamer aura plus de chance de se faire happer par une truite s’il évolue au ras du fond. Pour cela, outre le recours à un matériel spécifique : soie plongeante, bas de ligne ultra-court, un posé perpendiculaire à la rive laissera plus de temps à la soie pour couler que si vous la posez dans un angle fermé vers l’aval. C’est logique, mais il faut souvent se forcer à pêcher “carré”, comme disent les saumoniers.
5 – Ne pas trop entrer dans l’eau
Si le problème ne se pose pas dans les rivières où l’ombre est présent (le wading y est logiquement interdit avant la mi-mai pour cause de fraye), la pêche en marchant dans l’eau n’est pas toujours la solution pour prendre des truites à la mouche ! Ne perdez pas de vue que les poissons sortent de six mois de tranquillité. Les premiers humains pataugeant à l’ouverture ont tôt fait de caler les truites qui filent à toutes nageoires sous leurs pierres comme si elles avaient vu le diable… Une bonne observation depuis la rive permet le plus souvent de faire sa pêche en restant discret.
6 – Choisir entre truites sauvages et truites d’élevage
Que de différences de comportement entre une truite sauvage et un poisson élevé en bassin déversé la veille de l’ouverture de la pêche ! Si l’on est parfois tenté de prendre ce qui se présente, la recherche des deux poissons ne fait appel ni aux mêmes mouches ni à la même stratégie. Il vous faudra donc choisir de pêcher l’une ou l’autre. Les truites d’alevinage se prennent essentiellement au streamer (de couleur vive).
7 – Nymphe : le tungstène en renfort…Le lestage des nymphes à l’aide de tungstène (chose nouvelle depuis quelques années) permet d’adapter l’évolution de ses imitations de nymphe au ras du fond. En début de saison, une présentation à quelques centimètres du fond fait souvent la différence. Cela est important lorsque l’on pêche en aveugle, “au fil”. Les truites ne font souvent pas l’effort de monter chercher une nymphe qui passe 15 cm au-dessus d’elles, alors qu’elles prennent celles qui passent à leur niveau.
8 – La mouche noyée pour certains cours d’eau
La pêche à la mouche noyée ne permet pas de pêcher en profondeur. Elle s’adresse donc en priorité aux poissons actifs. Lors d’une éclosion et sur des postes peu profonds, cette technique peut s’avérer productive en début de saison. Mais, avant tout, ce sont les postes et les conditions qui valident ce choix.
9 – Au streamer, rien ne sert de finasser
On sait que les pêcheurs à la mouche aiment la finesse. Toutefois, l’emploi d’un bas de ligne fin est une erreur. Avec un bas de ligne dont la longueur totale dépasse à peine 1,50 m, l’intérêt d’un fil fin est limité. De plus, cette faible longueur réduit l’élasticité. Les casses sont alors à craindre. Une pointe en 18 ou 20/100 convient très bien. Le fluorocarbone est également indiqué pour son immersion rapide.
10 – Revenez fin mai…
Le blues du nympheur par Jean-Christian Michel
On le surnommait Max ou Maxima. Pas par rapport au fil destiné aux bas de ligne, mais parce qu’il s’appelait Maxime et qu’avec lui, le maximum était le minimum. Son ego cinquante centièmes venait à bout de tout. Si le bougre était bon pêcheur, il n’avait pas besoin de ça pour faire des miracles. Max était un de ces êtres dont les paroles font vibrer l’imaginaire même quand la raison dit non. Bien évidemment, son truc, c’était la grosse truite. La vraie, la seule, la bête métaphysique. Celle qui hante les gourds profonds et casse comme un sucre d’orge le fer des meilleurs hameçons. Celle qui terrorise ses congénères. Celle que les enfants n’ont pas le droit de pêcher. Les histoires de max étaient de folles rondes où Dom Quichotte, le capitaine Achab et Brice de Nice se donnaient la main et chantaient à tue tête. Il m’a harponné au détour d’un radier et je n’ai pas pu lui échapper :
-« Ah, je suis content de te voir, faut que je t’en raconte une : j’en ai secoué des grosses truites, mais celle-là, c’était vraiment une mariole ! »
-« Tu… »
-« Essaies de ne pas m’interrompre, tu vas tout savoir. Donc, celle-là, c’était une terrible. Elle avait du en redresser du Tiemco avant de tomber sur moi ! »
-« Je… »
-« …Le coup était infaisable, et ça, ça m’intéresse. La vicelarde avait le gîte et le couvert dans un maquis de saules. Elle se gavait comme un conseiller municipal. J’ai pas pu la pêcher pendant une semaine. Elle venait sur ma nymphe comme une folle, elle la poussait du nez, mais elle ne pouvait pas engamer, rapport à ce thymallus qu’elle se trimballait en moustaches. J’ai du prendre mon mal en patience… Et puis un jour, son cigare à nageoire a enfin disparu et j’ai pu lui sortir le grand jeu. Mon revers double boucle piquée avec un posé salto arrière. Si le salto est réussi, la nymphe coule droit en battant des pattes. Une tuerie… Mais ce n’est pas facile à faire. »
–
Nantes : 11e édition du Salon de la pêche en mer
Le Salon européen de la pêche en mer se
tiendra du 27 au 29 janvier prochain au Parc des expositions de la Beaujoire à
Nantes. Ce sera la onzième édition de ce salon, le premier de la saison,
consacré à toutes les pêches en mer. Leurres, moulinets, cannes, accessoires de
pêche, bateaux, pneumatiques, kayaks : vous trouverez tout le matériel
nécessaire pour préparer vos sorties en mer. A noter qu’une exposition dédiée
au photographe Arnaud de Wildenberg sera organisée en marge de l’évènement.
Bref, voici un salon qui sent bon les embruns…Renseignements :

Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle
La vente de l’impressionnante
collection de Jacques Demaugé-Bost, constituée par 300 lots, est organisée par
la maison de ventes Dupont, à Morlaix en Bretagne, le samedi 31 mars prochain.
Parmi cette collection, une série de 30 cannes à mouches en bambou refendu
Pezon et Michel dont des Super Parabolic P.P.P. (Puissance Pendulaire
Progressive) – estimées entre 500 et 600 euros -ou encore des cannes Orvis ou
Ogden Smith. Des moulinets automatiques seront également présentés, notamment des
modèles Abeille et Cordel estimés entre 150 et 200 euros. Les collectionneurs y
trouveront aussi des mouches rares, de beaux objets et une bibliothèque
halieutique accueillant notamment la pièce la plus impressionnante de cette
vente : « Quaint Treatise and Flies and Flymaking by an old fisherman » edited W.H. Aldam, un ouvrage datant de 1876 et
estimé par les experts de la salle des ventes à 3 000 euros.Renseignements :
Hôtel des Ventes de Morlaix
37 rue de Paris 29600 Morlaix
02 98 88 08 39

Passion de la pêche : la parole est au conjoint
Voici un ouvrage essentiel ! Joëlle Guillaume-Monego nous laisse ici mesurer, dans un style précis et efficace, toute la difficulté d’être femme ou mère de pêcheur. Dans son petit opus, Border Line, l’auteur propose une vision drôle et émouvante de la personne qui subit la passion halieutique de ses proches. Border Line aborde un sujet qui mérite que l’on s’y attarde : nous savons tous que les relations entre pêcheurs et non pêcheurs ne sont pas simples, surtout lorsqu’ils vivent ensemble !
Border Line ou quand le pêcheur pousse le bouchon un peu trop loin par Joëlle Guillaume-Monego. Edilivre éditions.
Renseignements :

Truite, des poissons nageurs pour débuter la saison !
Généralement, quand on parle de pêche à la truite aux leurres, la cuiller tournante s’impose comme la technique reine dans l’esprit des pêcheurs. Mais ce serait une erreur que de s’en satisfaire, tant la polyvalence et l’efficacité des poissons nageurs permettent des explorations qu’aucune cuiller ne saurait vous offrir.
Par Achille Gan
Plutôt habitué aux carnassiers des eaux de deuxième catégorie, comme le black-bass et le brochet, j’aime appliquer, à la truite, certaines techniques qui leur sont habituellement destinées. Dès que je retourne quelques jours dans les monts du Forez, en Auvergne, ou plus rarement à l’occasion d’une escapade pyrénéenne, sur les gaves, avec l’ami Fabien, je ne résiste pas au plaisir de pêcher la truite à l’aide de poissons nageurs.
Au fil des années passées dans la région d’Ambert, j’ai appris qu’il n’était pas nécessaire de se précipiter pour commencer, dès l’ouverture, à utiliser les poissons nageurs à la recherche des farios autochtones. Mis à part d’exceptionnelles conditions durant lesquelles il est toujours possible de mettre à l’eau ces petits plugs avec succès, mars est un mois où la température de l’eau des rivières de moyenne montagne, parfois très froide à cause des précipitations et de la fonte des neiges, n’incite pas encore les truites à s’aventurer hors de leurs caves profondes. Elles sont, en effet, assez difficilement atteignables avec ce type de leurres. Ces poissons peu actifs ne se déplacent pas, ou peu, pour s’alimenter, et des techniques de présentation plus verticale surpassent nettement les prospections en lancer-ramener que l’on pourrait nommer, une fois n’est pas coutume, le power fishing salmonicole ! Je me suis fait une raison, car, comme pour le bass, l’utilisation des leurres doit avant tout rester ludique, ce qui peut me priver parfois de pêche, mais c’est un choix ! Le milieu du mois d’avril est généralement meilleur car il annonce le réveil de la nature et voit les cours d’eau s’animer sous l’effet de l’ensoleillement et de la température qui augmente. La chaîne alimentaire s’étoffe et c’est le bon moment pour commencer à utiliser les poissons nageurs, d’autant que les truites se postent de manière plus marquée dans les veines d’eau, les amortis, les chutes d’eau et les remous créés par des blocs rocheux ou les embâcles. La lisière des sous-berges, à proximité de leurs abris, est aussi un poste de premier choix. Le métabolisme des truites est à la hausse et justifie une alimentation riche et nourrissante. Elles apprécient volontiers des proies conséquentes et s’orientent, dès qu’elles le peuvent, vers les vairons et autres petits cyprins d’eaux vives, les chabots, mais aussi leurs propres alevins ou ceux des ombres communs qui peupleront, eux aussi un peu plus tard, les radiers de ces cours d’eau. Afin d’optimiser mes sorties, j’évite absolument les moments de fortes eaux et attends la baisse de niveau et l’éclaircissement avant de recommencer à pêcher au poisson nageur. Surtout en début de saison, il faut favoriser les périodes stables où l’eau reste claire et pendant lesquelles la température progresse régulièrement.
Si les gelées nocturnes sont encore fortes, je sais qu’il faudra attendre le début d’aprèsmidi pour renouer avec les touches. L’observation des conditions et l’adaptation rapide sont importantes en ce début de printemps. Plus tard, une fois l’été installé, il m’est arrivé de toucher de jolis poissons sur les bordures, sitôt après un orage, mais toujours avant que l’eau ne soit trop mâchée ou dès le début de son éclaircissement. Très souvent, les poissons nageurs donnent leur maximum en eaux claires à légèrement troublées.
Bien s’équiperSi la pêche en grande rivière demande un matériel adapté et robuste qui se rapproche parfois, dans les longueurs et les puissances, à celui utilisé pour les brochets ou les sandres, je me restreindrai à vous décrire celui que j’utilise plus souvent dans ces cours d’eau petits et moyens comme la Faye, l’Anse, les Couzes ou la Dore qui serpentent dans le puy de Dôme. Vous pourrez facilement l’adapter à vos rivières moyennes et ruisseaux favoris car, vous le verrez, je ne me complique pas la vie ! Commençons par détailler les cannes que j’ai choisies pour lancer des leurres de 3 à 6,5 cm. J’ai opté pour une Trinis 6 pieds ultra-light (TRS 602 UL), prévue pour lancer de 0,9 à 5 g, qui est très maniable dans les petits cours d’eau et dont l’action semi-parabolique convient très bien à ce type de pêche. Précise au lancer, elle ploie progressivement lors des combats en protégeant la ligne fine de la casse et en évitant les décrochages des captures. La seconde canne est aussi une canne Sakura, puisqu’il s’agit de la Trinis 7 pieds medium-light (TRS702 ML), dont la puissance est légèrement supérieure – elle lance jusqu’à 10,5 g – et l’action plus rapide mais sans excès de raideur. Ses caractéristiques et sa longueur permettent de s’attaquer aux rivières plus larges, où il faut plus de levier pour lancer confortablement et conserver un bon contrôle du leurre dans les larges veines d’eau, le tout sans craindre le combat avec une truite de taille plus qu’honorable.
En ce qui concerne le moulinet, il est nécessaire d’avoir une récupération de ligne assez élevée pour pouvoir pêcher vers l’amont de manière confortable. Le Morphéo 2500 récupère 0,75 m par tour de manivelle et reste assez léger pour ne pasdéséquilibrer ces cannes. Bon marché et de qualité très correcte, avec ses sept roulements à billes, je l’utilise plus tranquillement qu’un moulinet très haut de gamme qui subirait inévitablement les mêmes outrages, notamment en wading et dans les phases de crapahut : immersions répétées, chocs sur les rochers… Je le garnis de nylon Aya en 0,178 mm et j’utilise de petites agrafes 00 ou 0, sécurisées par un solide noeud palomar. Quand je dis que mon moulinet est garni de nylon, en réalité, je n’utilise que 50 m pour les pêches en ruisseau et 75 m pour les cours d’eau plus larges. En revanche, je remplace le nylon avant chaque cession et remplis ma bobine à ras bord. Comme je le disais plus haut, les poissons nageurs sélectionnés ne dépassent pas les six centimètres et demi et se situent même plutôt entre trois et cinq. Pour prospecter les fosses, j’ai opté pour des petits crankbaits de 4 cm provenant des séries Imatetra Di et Tri. Récemment distribuée en France, la marque IMA offre de nouvelles possibilités avec ces mini crankbaits suspending qui parviennent à approcher le mètre de profondeur en plongée, ce qui est bien suffisant pour ce type de gabarit de rivière. Armés d’hameçons Owner d’origine, ils garantissent un ferrage sûr et une tenue des poissons vraiment exceptionnelle. S’il faut aller plus profond, j’opte sans hésiter pour un modèle coulant comme le Rapala Original Countdown ou des lipless crankbaits. Pour insister près d’un poste marqué, comme il faut souvent le faire en début de saison, la densité neutre des Imatetra est aussi très intéressante et j’ai aussi retenu les Target Minnow 65SU de River2sea pour ce type d’utilisation. La silhouette de ce dernier est plus élancée et sa réactivité aux petits jerks lui donne vraiment l’aspect d’un petit vairon paniqué qui ne manque pas d’exciter l’agressivité des truites lassées par son manège agaçant. Il est bien sûr indispensable d’avoir quelques poissons nageurs flottants pour prospecter le dessous des frondaisons ou ratisser les radiers peu profonds. Rapidement devenus référents auprès des traqueurs de perches, les Baby Crank 30F et le Baby Minnow 50F sont de vrais aimants à truites. Leur nage respective et leur efficacité ne tarderont pas à convaincre les amateurs de poissons nageurs miniatures. L’équipement est complété par une bonne paire de cuissardes ou de waders ainsi que par un gilet multi-poches ou un chest-pack, type Koa-Bag, pour transporter leurres et accessoires de façon compacte. Il faut rester léger, mobile et précis dans cette pêche, souvent très sportive.Sélection et stratégies
Loin de mes boîtes pour le bass, souvent surchargées de leurres, je suis beaucoup plus concis sur ma sélection. Vous l’avez vu, six ou sept modèles suffisent pour faire face aux principaux types de postes, et je me suis cantonné à trois teintes pour m’adapter à la couleur et à la température de l’eau. Lorsque l’eau est claire, les coloris naturels l’emportent : les “ayu”, “bronze back”, “aurora black” ainsi que les robes “vairon” et “truitelle” figurent parmi mes incontournables. Quand l’eau se réchauffe, j’aime bien utiliser des crankbaits noirs qui rappellent la couleur et le comportement des têtards dont les truites aiment bien se nourrir. Lorsque les eaux se troublent ou si les conditions d’ensoleillement sont faibles, j’affectionne les teintes plus vives, voire fluo, qui semblent énerver au possible les truites en poste. Le “mat tiger”, l’orange, le rose et le violet font partie de ces coloris vraiment agressifs qui donnent de très bons résultats, et plus particulièrement avec des crankbaits.
L’action de pêche proprement dite est généralement orientée vers l’aval ou le trois quarts aval, pour bien faire travailler votre poisson nageur, qui s’appuiera correctement sur le courant. On peigne ainsi de larges zones en passant au crible les postes potentiels qui s’y trouvent. En présence d’obstacles volumineux dans le lit du cours d’eau, positionnez-vous de manière à pouvoir quadriller au plus près toutes ses bordures en trois ou quatre passages. Parfois, on est amené à prospecter vers l’amont,d’où la nécessité d’avoir un moulinet à ratio élevé pour garder le contact avec le leurre dès son amerrissage et durant l’animation vers l’aval en dépassant la vitesse du courant. J’aime varier la vitesse de récupération mais aussi sa cadence. Profitant de diverses densités de mes leurres, j’effectue des pauses, dans le courant, avant de réaccélérer brusquement. Comme avec les gros black-bass, l’attaque survient à souvent à ce moment-là. La truite répond très bien aux leurres conçus pour déclencher les attaques réflexes, comme les cuillers et les crankbaits. Ces derniers peuvent être récupérés en linéaire de façon très soutenue avec le maximum d’efficacité. C’est bête et méchant, mais ça marche, surtout lorsque les truites sont sorties se poster en pleine rivière. Servez-vous de ce principe pour surprendre une belle fario repérée sans lui laisser le temps de la réflexion.
Quand vous utiliserez des crankbaits, tirez profit de leur aptitude tout terrain, qui leur permet de se faufiler à travers les obstacles en y rebondissant, sans s’accrocher. C’est surprenant et, sur des parcours très fréquentés par des pêcheurs à la cuiller et au vairon manié, j’ai souvent pu faire la différence en allant débusquer des truites sur des postes sûrement trop scabreux pour mes confrères. Mis à part lors des récupérations de l’amont vers l’aval, où les touches peuvent être plus difficiles à gérer, il n’est pas vraiment nécessaire de ferrer lorsque vous percevez l’attaque, souvent violente. Le leurre est en action sur une ligne tendue et, si vos hameçons sont bien affûtés ou choisis parmi les plus piquants du marché (Gamakatsu, Owner, Daiichi, etc.), la truite se piquera toute seule à l’impact. Amusezvous bien !