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Auteur/autrice : admin_lvdr

Pari réussi pour la seconde édition du Rise Festival
Après un passage à Caen et Pau, la dernière étape du Rise festival s’est déroulée au Puy-en-Velay le 3 mars dernier. 650 spectateurs se sont réunis se sont réunis pour faire le plein d’images de pêche à la mouche sur grand écran. Le Club Mouche de la Haute Vallée de la Loire (http://cmhvl.over-blog.com/) porte l’évènement depuis l’année dernière et en collaboration avec la société de production Gin-Clear a permis la diffusion du festival en France. Grâce au travail de quelques bénévoles passionnés, les films ont été traduits et sous-titrés, ces mêmes passionnés ont même doublé le film phare de la soirée : « Eclosions ».
L’une des ambitions du festival est de porter une vision de la pêche respectueuse de l’environnement et du poisson. La synergie trouvée entre les différents partenaires constitue ainsi un espoir dans l’évolution du loisir pêche et dans la prise de conscience de la protection de nos milieux aquatiques.

Ouverture des salmonidés : quelques heures à tenir…
Vous attendez cette date depuis trop longtemps… Cette nuit, nombre d’entre vous ne parviendront pas à trouver le sommeil en pensant à ce moment tant attendu, au son de l’eau, au premier lancer, à la première truite… Et oui demain c’est l’ouverture de la pêche aux salmonidés ! Après ces longs mois d’hiver, nous allons enfin pouvoir ressortir les cannes et tout le matériel et à défaut de faire une bonne pêche, au moins, retrouver nos sensations et ce milieu que nous aimons temps : les rivières ! N’oubliez pas de vous munir de votre carte de pêche. Pour obtenir le précieux sésame, il vous suffit de vous rendre ici.

Une partie de pêche en nymphes et chironomes avec Albert Bigaré
La Belgique compte de nombreux pratiquants de la pêche à la mouche en lacs et réservoirs et un circuit de compétition très étoffé. Cette rubrique était l’occasion d’aller y faire un tour et d’y rencontrer un des moucheurs incontournables du pays : Albert Bigaré, compétiteur de talent mais aussi détaillant spécialisé. Nous l’avons retrouvé sur un plan d’eau non moins connu en Belgique et dans le nord de la France, le lac de Rabais.
Par Philippe Collet
La journée choisie pour se retrouver au bord de l’eau n’était pas des plus faciles : froid, averses et absence de soleil ont été à l’ordre du jour, un temps de saison me direz-vous. Malgré tout nous avons pu nous mesurer à de nombreux poissons. La technique que s’est proposé de nous expliquer Albert est une de ses favorites. Il s’agit de la pêche en nymphe sous la surface à l’aide d’une soie flottante à pointe intermédiaire courte, ou d’une soie hover. S’il utilise des soies du commerce, comportant une pointe d’environ un mètre en densité intermédiaire, comme par exemple la Teeny Invisi Tip et la Rio Midge Tip, Albert préfère se fabriquer une soie maison. Il apprécie les soies Vision Extreme Distance pour leurs capacités de lanceuses et leur ajoute en pointe un polyleader intermédiaire rapide Airflo destiné à la pêche du bonefish. Ce polyleader peut être raccordé, boucle dans boucle, au bout de la soie mais Albert préfère le raccorder en direct. Pour ce faire il dénude une partie du Polyleader en trempant ses premiers centimètres dans de l’acétone. L’âme monofilament ainsi mise à nu est ensuite enfilée dans l’âme tissée de la soie à l’aide d’un fil tungstène (cette technique a été expliquée dans le DVD « La leçon de pêche volume 5 » du numéro 70 de Pêches sportives). Le raccord entre les deux soies est ensuite lissé avec du Stormsure ou Aquasure et laissé sécher au moins 24 heures. Cette dernière opération garantit un passage fluide dans les anneaux. Le Polyleader et prolongé par une micro boucle pour accrocher le bas de ligne. Albert choisit un Polyleader bonefish pour la solidité de son âme, qui ne s’use pas trop rapidement à l’usage au niveau de la boucle.
Une petite astuce d’AlbertLe Stormsure ou l’Aquasure est un produit initialement conçu pour réparer les waders. Lorsque Albert m’en a parlé pour le bricolage de la soie, je lui ai dit que cela faisait un peu cher du raccord, sachant que le tube une fois entamé ne dure jamais bien longtemps, même soigneusement refermé. Il m’a alors fait part de cette petite astuce pour garder un tube au moins un an dans l’état d’origine après ouverture. Il le stocke dans un sachet plastique au congélateur. Il ne lui reste plus qu’à la ressortir et le laisser revenir à la température ambiante avant usage. Les qualités du produit n’en seraient pas du tout altérées.
Dans des conditions normales, cette soie permet de pêcher précisément des poissons actifs, juste sous la surface. Elle place directement les mouches à la bonne profondeur et surtout les maintient à ce niveau. Une soie entièrement intermédiaire ne peut pas réellement le faire car, même ramenée, elle coule inexorablement.
La soie flottante permet de visualiser les touches et de déclencher un ferrage rapide. Elle permet aussi de pêcher avec des fils fins, plus fins qu’avec une soie intermédiaire dont l’inertie est bien plus forte sous l’eau. Ce type de soie trouve ses limites les jours de vent. Elle offre alors trop de prise aux risées et dérive trop vite, entraînant les mouches de façon peu naturelle à sa suite. Dans ces conditions, Albert préfère utiliser des soies Hover, c’est-à-dire des intermédiaires très lentes se maintenant sous la surface et les vagues. Ces soies se soustraient non seulement à la dérive dans un plan horizontal, mais aussi aux tractions occasionnées dans un plan vertical par les vagues. Ces soies sont peu nombreuses sur le marché. Il existait une soie SP Hover chez Airflo chère à Albert et très intéressante pour sa capacité à rester à 10 cm sous la surface. Elle a été remplacée par une soie Anti Wake moins performante. Lors de la sortie, Albert essayait pour la seconde fois une nouvelle soie Rio de ce type, très lente. Cette soie lui a donné entière satisfaction. Il s’agit de la soie Rio Outbound Hover WF 7 S1. Cette dernière, au fuseau de couleur « glacial » (bleu translucide), se lance très bien et descend à peine plus vite que la Hover Airflo de référence.
Le bas de lignePour pêcher du bord, dans un souci d’efficacité et afin de minimiser les risques d’emmêlage, Albert place le plus souvent deux mouches sur son bas de ligne. Il ne pêche en nymphe, de cette façon, à trois mouches, quasiment qu’en barque dérivante dans les grands plans d’eau.
Au bout d’une soie flottante à pointe intermédiaire, la première mouche est placée à 1,6 mètre de la soie puis, la deuxième, entre 1,3 mètre à 2 mètres en fonction des conditions de vent. Pour une pêche à une seule mouche, cette dernière est placée au bout d’un bas de ligne d’environ 4 mètres. Au bout des soies Hover, Albert noue un bas de ligne dégressif en queue de rat de 9 pieds ou 2,7 mètres en nylon. Ce bas de ligne se termine en 18 centièmes (4 X). La partie épaisse du bas de ligne est recuite trois minutes, dans l’eau bouillante, en maintenant le dernier mètre, le plus fin, hors de l’eau pour ne pas altérer ses qualités. Cette opération donne plus de souplesse au fil et surtout le rend plus coulant. Albert préfère utiliser un bas de ligne dégressif sans nœuds pour limiter les turbulences, qui lui paraissent dissuasives pour les poissons lors de l’animation. L’absence de nœud contribue aussi à limiter les risques d’emmêlage. Au bout de ce bas de ligne, il réa-lise une micro boucle à laquelle il connecte sa pointe. Pour deux mouches celle-ci est composée de 60 cm de fil avant la première potence puis 1,80 m avant la mouche de pointe. Pour une mouche, une pointe de 2 mètres prolonge le bas de ligne dégressif.
Albert réalise des potences de 30 cm, qu’il réduit à 15 cm en cas de vent pour une pêche du bord. Celles-ci sont réalisées avec un nœud de chirurgien à trois tours. Une fois le nœud réalisé, le fil revenant vers la soie est coupé. Seul le fil orienté vers la mouche de pointe est utilisé. En cas d’utilisation de deux diamètres différents, le plus fin étant bien sur placé en pointe, la potence est formée par le fil le plus gros. Les fils utilisés sont le fluorocarbone Sightfree G3 de chez Airflo, le fluorocarbone Fulling-Mill, et le Rio Fluoroflex Plus, mais aussi des nylons. Albert juge en effet important de signaler que parfois le fluorocarbone coule trop vite, entraînant les mouches hors de la vue des poissons collés sous la surface. Un nylon est alors indispensable pour les maintenir au bon niveau.
Cannes et moulinetsPour cette technique et de nombreuses autres, Albert utilise des cannes qu’il monte lui-même en 10 pieds soie de 7 chargées de soies en taille 7. Il utilise des moulinets Compo 69 modifiés par l’ajout d’un arceau de corde à piano inox. Cette amélioration permet d’éviter que la soie ne sorte sur le côté de la bobine lorsqu’on tire dessus (défaut de ce moulinet). Il apprécie ce moulinet pour son gros diamètre, son prix et celui de ses bobines, qui permettent une interchangeabilité rapide des nombreuses soies nécessaires en compétition.
L’animation
L’animation se fait canne basse, dans l’axe de la soie, scion au ras de l’eau. Si la pêche est difficile et les poissons tatillons, le scion est maintenu à 40 cm de l’eau et la boucle de soie qui se forme surveillée de très près. La moindre remontée ou non-descente, suite à une traction, est sanctionnée par un ferrage en relevant la canne. Il s’agit ici de ne pas tirer sur la soie avec la main libre, car on risque de casser, compte tenu du diamètre des fils utilisés. L’animation peut aller de l’immobilité à un pulling (tirées successives) rapide. Elle est tout de même le plus souvent lente, alternant des phases de tricotage, de tirées et d’arrêts plus ou moins prolongés. Plus l’animation est rapide, plus le fil doit être solide. En pulling, il est difficile de descendre en dessous de 18 à 20 centièmes. En pêche plus statique, Albert descend jusqu’au 12 centièmes. Il pêche le plus souvent en 15 ou 16 centièmes. Pour la même technique sur les réservoirs anglais, ses diamètres de fil s’échelonnent entre le 20 et le 23 centièmes. Retenez que le diamètre du fil doit être adapté à votre maîtrise du ferrage. Si vous avez la main un peu lourde ne vous acharnez pas à pêcher trop fin.
Les mouches
Les mouches utilisées par Albert, pour cette technique, sont très variées. Elles ont par contre la particularité de ne pas être lestées, pour ne pas couler et pêcher dans un plan horizontal. Les hameçons ne sont pas trop forts de fer toujours pour éviter aux mouches de couler trop vite et aussi pour permettre une bonne pénétration sur des ferrages peu appuyés sur fil fin. Dans nos petits plans d’eau (en comparaison aux lacs anglais), des mouches en taille 12 ou 14 sont une bonne moyenne. Les mouches destinées à être pullées sont montées sur des hameçons droits et peuvent être montés sur des hameçons plus forts de fer dans les petites tailles, pour éviter leur ouverture. Des mini streamers, de la taille d’une grosse nymphe peuvent aussi être utilisés avec succès avec cette technique certains jours.

Matériel : Lidl casse les prix pour l’ouverture
Demain, jeudi 8 mars, les supermarchés discount Lidl vont
proposer à leurs clients des packages complets composés de matériel Crivit Outdoor,
une marque développée par le groupe de grande distribution. Cannes télescopiques,
moulinets, épuisettes, supports pour canne à pêche, fils et accessoires : un
équipement complet pour se lancer dans une nouvelle saison.Plusieurs sets complets sont proposés autour de :
– la canne téléscopique 4 parties 420 cm et son moulinet
avec frein arrière : 29,99 €– la canne enfichable 2 parties 240 cm et son moulinet avec
frein avant puissant : 29,99 €La gamme de sets de pêche démarre à 19,99 € avec différents
kits adaptés à la pêche au brochet et au sandre / à la truite et à la perche ou
à la carpe et à l’anguille.Pour compléter cet équipement, Lidl propose
– un moulinet ultra léger avec 3 roulements à billes et
manivelle à balancier : 7,99 €– une épuisette télescopique avec manche aluminium : 11,99 €
– et un trépied léger en aluminium à hauteur réglable :
12,99 €.Lidl s’engage sur la qualité de ce matériel en offrant une garantie de 3 ans.
Renseignements :

Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif
Les bas de lignes à nœuds ont depuis quelques années la préférence des pêcheurs français. Modulables, discrets, suffisamment rigides, leurs qualités sont nombreuses. Pourtant, leur schéma désormais classique, progressif ou dégressif, ne permet pas toujours de répondre aux attentes des pêcheurs recherchant des dérives naturelles, nécessaires sur de nombreux parcours aujourd’hui. On croyait avoir fait le tour des bas de lignes à nœuds, mais ce n’est pas le cas. Voici les spécificités d’un modèle atypique.
Par Philippe Boisson
Élément clef de l’équipement du pêcheur à la mouche, le bas de ligne est la partie du matériel la plus ésotérique avec ses formules personnelles, fruit de l’expérience de chacun. Nous savons à quel point cet élément constitué de brins de nylon perturbe les moucheurs de tous niveaux, car il faut bien le dire, la formule miracle, qui donne satisfaction dans toutes les conditions, n’existe pas. Les bas de ligne à nœuds, largement répandus aujourd’hui permettent une adaptation permanente de la longueur totale ou partielle du bas de ligne et de la pointe en toute liberté. C’est principalement pour cette raison qu’ils rencontrent un si large succès auprès des pêcheurs français. Le niveau technique général des pêcheurs à la mouche dans notre pays est élevé si on le compare à ceux de nos voisins anglo-saxons ou scandinaves et, à n’en pas douter, les bas de lignes à nœuds y sont pour beaucoup. En contrepartie, cette facilité de création et d’adaptation contribue à rendre le bas de ligne à nœuds complexe en raison de sa modularité. Le schéma classique de ce genre de bas de ligne, surtout pour les modèles progressifs, dont les brins s’allongent au fur et à mesure que les diamètres diminuent, veut que l’on respecte une diminution rigoureuse des diamètres de nylon. Soit de 5/100 en 5/100 depuis le brin le plus fort jusqu’au porte pointe. On obtient ainsi un bas de ligne dont la progressivité est totale sur toute la longueur.
Une formule perfectible
Comme beaucoup, j’ai utilisé ce type de bas de ligne durant plus de vingt ans avec bonheur tout en imaginant différentes formules afin de trouver ce qui me correspondait le mieux. De toutes ces expériences, je garde le souvenir de formules globalement satisfaisantes, mais surtout le sentiment permanent que ce système n’était pas parfait. En effet, la présence des trois derniers brins avant la pointe, généralement en 20, 16 et 14/100 constituait trois problèmes :
– Le premier, d’ordre purement technique, oblige à un calcul précis de la longueur de ces brins pour les harmoniser avec ceux de la partie précédente. De plus, un porte pointe relativement court doit être remplacé après trois ou quatre changement de pointes, car chaque nouveau nœud le fait régresser de 5 à 8 centimètres.
– Le deuxième problème, d’ordre fonctionnel, est lié précisément à cette section du bas de ligne très progressive qui précède la pointe et qui ne permet pas de “casser” l’énergie au niveau de la pointe pour obtenir des posers très détendus. En pratique, cela se traduit par un bas de ligne au comportement homogène, mais qui n’autorise pas facilement le poser d’une longue pointe (2,80 m ou plus) vraiment détendu. Entendons par là la possibilité de poser trois mètres de pointe sur une surface de 30 ou 40 cm2 comme cela est souvent nécessaire lorsque l’on pêche à la nymphe à vue ou lorsqu’il devient indispensable d’effectuer de longues dérives naturelles à la mouche sèche.
– Le troisième problème concerne le brin de 14/100, qui n’a plus lieu d’être si l’on utilise une pointe de ce diamètre. Dans ce cas, à longueur égales de pointes, la longueur totale du bas de ligne se retrouve soudain réduite de 50 à 70 cm. Cet écart de longueur se traduit également par un comportement différent du bas de ligne qui compte un élément de moins. Certains pêcheurs dont je fais partie n’aiment pas pêcher avec des bas de ligne dont la longueur totale varie. Cela vient sans doute de mon vécu avec la pêche des grosses truites à la nymphe à vue, technique qui implique un nombre d’essais très limités où tout doit être parfait. C’est pour cette raison que j’ai toujours voulu pêcher avec un matériel identique : même canne, même soie et surtout avec un bas de ligne invariable.
Une solution osée !Las de composer avec ces facteurs et après plusieurs essais, j’ai finalement opté, il y a deux ans, pour une solution assez radicale, qui simplifie considérablement les choses tout en permettant d’obtenir l’effet recherché. Mon bas de ligne est devenu très atypique, mais il me convient parfaitement. Il comprend uniquement six brins, pointe comprise, ne débute plus en 45/100 mais en 40/100 (le classique Maxima) et ne compte que des brins de longueurs égales (hormis la pointe). Notons que le 18/100 n’est pas en Maxima mais de même nature que la pointe (Water King Pole Fishing). Ce détail est très important pour préserver une solidité de l’ensemble suffisante. La progressivité du bas de ligne est obtenue uniquement par l’affinement des diamètres puisque les brins sont de mêmes longueurs. Ce principe permet de conserver une bonne énergie tout en obtenant des posers très doux. Cela est dû à la grande longueur des brins. La jonction entre le 18/100 et la pointe (voir l’encadré consacré au nœud de raccord), assure une cassure d’énergie franche sur toute la pointe. Ce bas de ligne convient particulièrement bien pour les posers de type “parachute” autant pour la pêche à la nymphe qu’à la mouche sèche, ainsi que pour les posers “plaqués détendus” où la pointe du bas de ligne doit se poser sur une très faible surface afin d’obtenir une descente parfaitement verticale de la nymphe. D’autres formules, plus courtes (il suffit de réduire la taille des cinq premiers brins) sont possibles. Elles présentent une plus grande facilité de manipulation et sont aussi plus adaptées aux cours d’eau de petites largeurs.
D’excellents résultatsLa qualité des posers et des dérives obtenues avec ce bas de ligne m’a séduit dès les premiers essais. Après plusieurs saisons d’utilisation exclusive autant en lacs qu’en rivières, à la mouche sèche ou à la nymphe (à vue et au fil), les résultats obtenus sont très satisfaisants. La précision est au rendez-vous sans nuire à la réussite des posers… A la mouche sèche, on obtient des posers très détendus qui offrent une excellente parade au dragage de la mouche. Effectuer de longues dérives vers l’aval devient ainsi un jeu d’enfant. Dans tous les cas, ce bas de ligne doit être utilisé avec une très longue pointe, d’une longueur minimum de deux mètres pour la mouche sèche et 2,80 m pour la nymphe pratiquée à vue. Pour les posers “parachute”, on peut dépasser les trois mètres.
Bien entendu, l’efficacité de ce bas de ligne se trouve accrue par une bonne technique de lancer avec une boucle de soie en l’air rapide et étroite pour une meilleure pénétration dans le vent.
Le choix du nylonLa partie la plus forte du bas de ligne, du 40/100 au 25/100 est constituée de Maxima “classique”. Elle peut l’être également avec du JMC Camoufil ou du Maxima Caméléon. Le choix est beaucoup moins facile au niveau du brin de 18/100 et de la pointe, deux éléments qu’il est préférable de prévoir de même nature (même modèle). Une différence de dureté pouvant entraîner une dégradation anormale de l’un ou l’autre des deux brins. Parmi les meilleurs nylons pour réaliser ces deux éléments, citons le Devaux Tiger, le Teklon et le Teklon Gold, le Rio Power flex ou le Sensas Palmer. Ces monofilaments sont à la fois souples et résistants, ce qui représente des qualités qui font difficilement bon ménage. Il est à regretter une baisse sensible de qualité du Water King Pole Fishing (Water Queen), qui fut pendant plus de dix ans un nylon exceptionnel pour la pêche à la mouche, pourvu d’une grande souplesse et d’une résistance remarquable. Actuellement, ce fil souffre d’un manque de régularité agaçant, puisque sur une même bobine, certaines sections peuvent être parfaitement convenables, alors que d’autres sont beaucoup plus faibles. Espérons que ce problème ne sera que passager !
Peu de progrès sont réalisés en matière de fils fins par les fabricants, qui semblent avoir atteint les limites en matière de résistance et de finesse. Le fluorocarbone souffre d’une rigidité importante qui le rend difficilement compatible avec l’utilisation de petites nymphes, car il est générateur de dragage et par conséquent de présentations aléatoires. Le nylon reste donc le fil le plus utilisé pour pêcher à la mouche en rivière.
Formule grande rivière
Diamètres : 40/100 – 35/100 – 30/100 – 25/100 – 18/100. Pointe : 16 à 8/100.
Longueurs : 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 2,80 m ou plus = 7,05 à 7,50 m.
Première édition du salon Pêche au Pays basque
Le premier salon « Pêches Pays basque » s’installera le dimanche 27 mai 2012 sur la grande Nive sur le parcours no-kill de Saint-Martin-d’Arrossa. Organisé par l’AAPPMA de la Nive et l’Office de tourisme de Saint-Jean-Pied-de-Port dans le cadre d’un programme transfrontalier avec l’Espagne, l’évènement se déroulera simultanément au bord de la rivière (animations pêche, démonstrations de professionnels, parcours de lancer ou encore banc d’essais) et dans un lieu couvert avec de nombreux exposants. Vous pourrez y rencontrer les principaux acteurs pêche du département, ainsi que des professionnels (guides, compétiteurs, détaillants, etc.). L’entrée est gratuite, alors n’hésitez pas à faire un tour dans ce tout nouveau salon si vous êtes dans la région. Bonne chance donc à ce tout nouvel évènement halieutique !
Renseignements :

Bourgogne : un club mouche dynamique en Côte d’Or
Le Club Mouche Saint-Apollinaire (CMSA), affilié à la FFPML, est un club mouche proche de Dijon. Il œuvre au sein du comité Bourgogne à la promotion de la pêche à la mouche. Les juniors du CMSA ont rejoint dernièrement les rangs d’une école de pêche nouvellement crée : l’Ecole de pêche du Grand Dijon, émanation du Comité Bourgogne, du GPS Dijon et de l’APPMA de la Truite Bourguignonne. Le CMSA soutient cette structure qui favorise l’accès des jeunes à la pêche à la mouche.
Du côté des seniors, le CMSA se réunit tous les quinze jours pour parler technique et montage de nouvelles mouches. Le club organise également des sorties de pêche (coups du soir dans la proche banlieue de Dijon, sorties dans le Doubs, le Jura, voire les Vosges ou l’Alsace). Le club, dont la devise est « Pêcher ensemble pour progresser », se fixe comme objectif de recruter des moucheurs de l’agglomération dijonnaise expérimentés, afin de partager avec les moucheurs néophytes leur amour et leur connaissance de la pêche.
Renseignements :
Le Blog du Club : http://clubmouchestapo.canalblog.com
Mail : [email protected]

Les problèmes de décompression des captures faites en profondeur
Les poissons possèdent une vessie qui sert de stabilisateur hydrostatique. Elle permet d’ajuster leur flottabilité, tout comme les ballasts d’un sous-marin. Cependant, à la différences des physostomes (brochets, carpes), cette vessie gazeuse, faussement appelée « natatoire », n’est pas reliée à l’œsophage chez les poissons physoclistes (sandres, perches, black-bass). Par conséquent, ils ne peuvent pas évacuer le surplus de gaz contenu dans cette vessie par la bouche pour changer rapidement leur profondeur de nage et leur pression interne. Ils possèdent en revanche une glande spécialisée qui s’occupe de réguler les gaz mais dont l’action, on le devine, est très lente. A 10 mètres de fond, la pression sur un de ces poisons est deux fois plus grande que sur la surface et elle s’accroît avec la profondeur. Quand des poissons physoclistes sont apportés à la surface d’une profondeur de 10 mètres, le volume de gaz de la vessie augmente rapidement, doublant en volume et faisant pression grave sur les organes internes. En arrivant à la surface depuis une vingtaine de mètres, le changement de pression est si grand que la vessie sort parfois par la bouche, les yeux sont exorbités et des bulles de gaz peuvent se former dans les vaisseaux sanguins et les branchies. On estime que la mortalitéa sur des captures réalisées à 20 mètres peut dépasser 50 %.
L’utilisation d’une aiguille de seringue pour rééquilibrer des poissons en perçant leur vessie gazeuse est-elle recommandable ?
Non ! Car si cela apporte une possibilité au poisson de regagner les profondeurs en évitant l’effet « flotteur », nombre d’entre eux finissent par mourir quelques jours plus tard suite au stress de la manipulation, à des infections ou à des lésions faites sur d’autres organes lors de l’insertion de l’aiguille. Ce n’est pas parce qu’un poisson repart en nageant vers le fond qu’il survivra.
Faut-il remonter lentement ou rapidement un poisson ferré en profondeur ?
Rapidement ! Contrairement aux idées reçues, le fait de remonter un poisson de manière lente jusqu’à la surface ne lui donne pas le temps de faire sa balance gazeuse corporelle. Il lui faut en réalité de vingt à trente minutes pour équilibrer sa pression interne s’il a été pris à 10 mètres. Faire traîner le combat signifie aussi plus d’acide lactique dans les tissus, plus de stress… donc moins de chances de survie. Les tissus et les muscles qui entourent la vessie gazeuse sont capables d’empêcher son hypertrophie pendant cinq minutes environ. Il ne faut donc pas s’éterniser, l’idéal étant de redescendre rapidement les poissons capturés à la profondeur où ils se trouvaient.

Végétaux aquatiques, poissons, avifaune, etc.
Ce volet consacré à la chaîne trophique des étangs vient clore une série d’articles riche en enseignement sur la vie de ces pièces d’eau dont on ne soupçonne pas la complexité de fonctionnement, mais aussi la fragilité. Désormais vous verrez les étangs, théâtre de vos exploits halieutiques, d’un œil averti !
Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet
Ce troisième article d’une série destinée à permettre une meilleure compréhension du fonctionnement biologique des étangs, lacs et gravières, clôt la description des éléments essentiels de la chaîne trophique. Dans les deux précédents, nous avions évoqué les compartiments eau, sédiment, phytoplancton, zooplancton, les insectes aquatiques et les crustacés. Nous terminerons ici avec les macrophytes, les poissons, l’avifaune et les autres espèces animales.
La végétation aquatiqueOn recense dans les plans d’eau environ 100 espèces de bryophytes ou mousses, 15 000 espèces d’algues (y compris les micro-algues déjà évoquées dans le précédent article) et 200 espèces d’angiospermes ou plantes à fleurs. Il serait illusoire d’en passer ici en revue l’ensemble des familles. Nous aborderons simplement le cas des végétaux supérieurs, à la fois indispensables au bon fonctionnement de l’écosystème et source de problèmes lorsqu’ils prolifèrent.
On classifie généralement ces végétaux selon la nomenclature suivante :
– Végétaux dressés ou hélophytes (joncs, roseaux, iris…)
– Végétaux flottants ou à feuilles surnageantes (potamots, nénuphars, lentilles d’eau…) ou hydrophytes flottants
– Végétaux immergés (élodées, cératophylles, myriophylles…) ou hydrophytes immergés.
Les végétaux dressés
Les végétaux dressés ou hélophytes, dont les plus typiques sont les phragmites, les typhas, les iris et autres joncs et carex, ont, en conditions d’eau normales, la plus grande partie de leurs feuilles et leurs fleurs émergées et les pieds dans l’eau. Ils extraient les éléments nutritifs minéraux contenus dans le sol au moyen de leurs racines, mais utilisent le gaz carbonique et l’oxygène contenus dans l’air pour se développer. Ils constituent une protection efficace des digues et des berges contre l’érosion et le batillage en jouant le rôle de “brise- vagues” et sont nécessaires à leur stabilité. Ces végétaux captent une grande part des nutriments et polluants pouvant ruisseler dans les plans d’eau qu’ils ceinturent et jouent souvent un rôle très important dans l’épuration du milieu. Ils sont d’ailleurs à la base des stations d’épuration sur rhizosphères (où les effluents circulent au travers d’un réseau dense de leurs rhizomes ou racines). Leur mise en place est souvent possible en replantant des portions de rhizomes. La répartition de ce type de végétation est fonction de la profondeur de la bordure du plan d’eau. L’espèce la plus invasive, Scirpus lacustris, peut se développer jusqu’à une profondeur de 110 cm. Généralement, la profondeur favorable aux hélophytes s’étale de 20 à 70 cm.
Les végétaux flottants
Certains sont enracinés dans le sol, où ils puisent les éléments nutritifs, alors que leurs feuilles, pourvues d’un revêtement cireux (cas typique des nymphéas ou nénuphars), flottent à la surface de l’eau. D’autres ont des racines pendantes leur permettent de prélever, dans l’eau, des éléments minéraux. Les lentilles d’eau (genre Lemna), qui font partie de cette famille, se développent en général dans des eaux très riches (apports importants d’eaux résiduaires). Les stomates situés à la surface des feuilles absorbent le gaz carbonique de l’air et restituent de l’oxygène directement dans l’atmosphère.
Ces végétaux d’étangs calmes et bien abrités du vent forment un écran qui gène la pénétration des rayons du soleil sous l’eau et donc la photosynthèse, limitant la production de phytoplancton ou le développement d’une végétation aquatique diversifiée. Ils contribuent ainsi indirectement à désoxygéner l’eau. Leur présence exclusive sur des surfaces importantes d’un plan d’eau est néfaste. D’autres végétaux flottants comme certains potamots ou les renouées aquatiques, aux feuilles plus petites et moins couvrantes, ont un impact bien moins négatif.Les végétaux submergés
La végétation aquatique submergée se développe en pleine eau. Chez certaines espèces, de petites feuilles et/ou des inflorescences peuvent apparaître à la surface (cas des myriophylles, par exemple). La photosynthèse a lieu dans l’eau. Elle entraîne des variations d’oxygène et de pH importantes pendant le cycle jour/nuit. Ces plantes se multiplient facilement par voie végétative. En se bouturant, elles peuvent devenir rapidement envahissantes. Cet élément primordial doit être pris en considération dans le cadre de la régulation de la végétation aquatique. Un grand nombre de variétés hibernent sous forme de bourgeons à la surface du sédiment.
Les familles les plus fréquemment rencontrées dans les étangs sont : Myriophyllum, Ceratophyllum, Potamogeton, Renonculus, Elodea. Ces plantes ont la réputation d’être oxygénantes, et donc bénéfiques pour le milieu. Leur prolifération peut toutefois être néfaste. En effet, si ces végétaux produisent de l’oxygène dans la journée, par le biais de la photosynthèse, ils en consomment la nuit en respirant (phénomène inverse où le végétal produit du gaz carbonique) et peuvent dans certains cas générer des anoxies (déficits en oxygène) nocturnes. La quantité de végétaux admissible dans un étang peut être guidée par sa vocation et son utilisation. Il peut être tentant de les éliminer pour favoriser la pêche. Il convient alors de rappeler qu’ils constituent un support, un garde-manger, une cache… pour de nombreuses espèces allant des diatomées aux poissons, en passant par les invertébrés aquatiques Il sont indispensables à la reproduction de nombreuses espèces piscicoles.
Les algues filamenteusesIl existe des sous-groupes que l’on ne classe pas dans les végétaux supérieurs : celui des algues filamenteuses, parmi lesquelles on trouve les fréquentes spirogyres, mais également les Cladophora, Enteromorpha, etc., celui des algues de croissance secondaire, siliceuses, vertes, bleues, qui adhérent, par le biais de supports constitués d’agrégats gélatineux, à la surface des végétaux aquatiques ou à des matériaux inertes (pierres, ouvrages…), où elles forment des dépôts glissants. L’invasion régulière d’un plan d’eau par les algues filamenteuses traduit souvent de graves déséquilibres. Les apparitions ponctuelles de ces algues sont moins alarmantes.
Les poissons
Il s’agit des derniers maillons de la chaîne alimentaire aquatique, hors prédateurs extérieurs. Dans un plan d’eau non rempoissonné régulièrement, leur présence en nombre et leur répartition sont fonction des nombreux paramètres : richesse en nourriture, supports de reproduction, potentiel d’abris et de nourrissage pour les juvéniles, diversité des milieux… En cas d’empoissonnement, la proportion relative des diverses espèces introduites, et leur quantité dépendront tout autant de la vocation de l’étang (pêche de loisirs, production piscicole…) que de l’aptitude du milieu à favoriser le développement de telle ou telle espèce. Il doit aussi être tenu compte des contraintes légales, qui interdisent l’introduction d’espèces non autochtones ou susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques dans les eaux libres. L’introduction d’espèces considérées comme autochtones : brochets, sandres, perches, black-bass, est proscrite dans le cas d’étangs en communication avec un cours d’eau de première catégorie (à prédominance salmonicole). On distingue grossièrement trois grands groupes de poissons dans la plupart de nos plans d’eau :
Les cyprinidés
Brème, gardon, rotengle, carpe, tanche, goujon, carpes « chinoises » (amour blanc, argenté, marbré), carassin… appartiennent au groupe des cyprinidés. Le régime alimentaire de ces espèces est souvent mixte. Elles peuvent consommer des animaux benthiques, du zooplancton, du phytoplancton, des nutriments organiques inertes, voire des végétaux. Notons le cas particulier des carpes chinoises, qui sont strictement herbivores ou consommatrices de phytoplancton ou de zooplancton, selon les espèces. Les cyprinidés constituent le poisson fourrage consommé par les espèces carnassières.
Les carnassiers
Brochet (ésocidé), sandre et perche (percidés), silure (siluridé) et black-bass (centrarchidé) constituent l’essentiel du groupe des carnassiers. On peut y ajouter dans certains cas (avec les limites des paramètres physico-chimiques de l’eau) les salmonidés : truites fario et arc-en-ciel, saumon de fontaine… La cohabitation de plusieurs espèces carnassières est généralement difficile au sein d’un étang, dans la mesure où il existe une compétition interspécifique. Plus la surface en eau est importante et les milieux diversifiés, plus cette dernière est harmonieuse.
Les espèces indésirables
Le caractère indésirable de certaines espèces est lié à leur potentiel proliférant, à la prédation ou à la concurrence qu’elles exercent sur les autres espèces. Leur introduction peut conduire à la disparition de peuplements autochtones. Rentrent dans ce classement les poissons-chats, les perches soleil, les grémilles ainsi que, depuis une époque plus récente, les Pseudorasbora. Ce petit poisson, originaire du Japon (sa forme n’est pas sans rappeler celle de certains poissons nageurs japonais), a tout d’abord été introduit dans les pays de l’Est. Il a ensuite colonisé nos eaux via des importations de poissons. Le transport de ces espèces vivantes est interdit. L’équilibre piscicole optimal d’un étang repose sur une répartition harmonieuse d’espèces qui valorisent l’ensemble des compartiments trophiques. En cas d’apparent déséquilibre des populations, une approche précise du milieu est indispensable en préalable à tout empoissonnement.
L’avifaune
Les oiseaux fréquentant les étangs peuvent être sédentaires ou migrateurs. Les populations les plus importantes et impactantes sont constituées par les palmipèdes (canards de diverses espèces, oies, cygnes…). La quantité de canards sédentaires admissible sur un étang est fonction de la qualité initiale du milieu ainsi que des conséquences biologiques liées à leur présence. Ils participent à l’équilibre écologique global, en valorisant des niveaux trophiques non exploités par les espèces piscicoles, mais leur présence en excès sera néfaste, surtout s’ils sont nourris. Leur présence en surnombre peut avoir des répercussions sérieuses sur le milieu aquatique par un excès de fertilisation et une dégradation de la qualité bactérienne de l’eau liés à leurs déjections.
Les foulques, infatigables consommatrices de végétation aquatique, peuvent aussi être présentes en grand nombre sur les plans d’eau. Elles jouent probablement un rôle important dans le bouturage des macrophytes immergées qu’elles consomment.
Les oiseaux ichtyophages (ou piscivores) sont aussi des hôtes des étangs. Cette partie de l’avifaune, qui regroupe les hérons, grèbes, martins-pêcheurs, butors, mouettes ou autres cormorans, joue également un rôle écologique de premier plan, en consommant les poissons malades ou affaiblis et en évitant ainsi certaines épizooties (épidémies chez les animaux). Depuis quelques années, on assiste cependant à l’explosion démo- graphique de certaines espèces, dont le grand cormoran. La présence massive de cet oiseau sur un étang compromet sérieusement l’équilibre piscicole, par consommation directe, blessure ou stress des poissons. Il est de plus un vecteur potentiel de pathologies, par ses déplacements d’un étang à l’autre. Les mesures de régulation prises à son encontre semblent être d’une portée limitée. A l’heure actuelle, et en dépit des campagnes de régulation qui sont menées (comptage des oiseaux avec définition de quotas de tir), la présence excessive de cette espèce dans certains secteurs pose toujours problème. L’avifaune apprécie les bordures d’hélophytes denses, où elle peut s’abriter, se reproduire et trouver de la nourriture.
Le milieu étang est fréquenté par une multitude d’autres espèces, pour lesquelles il représente une source de nourriture, d’abreuvement, un abri, un milieu de vie strict… Les plans d’eau et leurs berges sont des lieux très riches en insectes, batraciens, reptiles et même mammifères. Concernant ces derniers, on insistera plus particulièrement sur les espèces susceptibles de porter atteinte à la qualité du milieu et/ou des ouvrages. Citons notamment : les rats (surmulot), les rats musqués (ondatra), les ragondins (myocastor). Ces trois espèces creusent des galeries préjudiciables à l’intégrité des digues et des berges en générant des effondrements ou des fuites. Elles peuvent transmettre certaines pathologies dangereuses pour l’homme, telle la leptospirose. Cette dernière, dont l’agent infectieux est disséminé par l’urine de rat, véhiculée par l’eau, peut être mortelle. Ces rongeurs doivent donc faire l’objet d’une régulation (piégeage ou tir) selon des modalités définies par la loi.
Vous avez pu commencer à percevoir, à la lecture de ces trois articles, à quel point l’ensemble des compartiments de la chaîne trophique décrits sont interdépendants. Nous nous attacherons, dans de prochaines parutions, à décortiquer les mécanismes de l’apparition des déséquilibres les plus classiques. Cette approche vous permettra de mieux en comprendre les causes. Elle vous donnera des bases diagnostiques utiles pour mieux gérer un plan d’eau et aussi pour mieux pêcher !
Les éléments essentiels de la chaîne trophique
Ce deuxième article d’une série destinée à permettre une meilleure compréhension du fonctionnement biologique des étangs, lacs et autres gravières, traite des éléments essentiels de la chaîne trophique des étangs. Dans le précédent numéro, nous avions décrit les compartiments eau et sédiments. Nous allons ici nous focaliser sur le phytoplancton, le zooplancton et les insectes aquatiques.
Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet
Le phytoplancton
Le phytoplancton est la composante végétale du plancton. Il s’agit d’algues de très petite taille, pouvant être mono ou pluri-cellulaires. Le phytoplancton contribue largement à la coloration de l’eau. On en distingue cinq grands groupes :
– Les diatomées, à coque siliceuse, largement représentées dans les milieux pauvres en éléments nutritifs.
– Les dinophycées et les Chrysophycées, présentes dans des milieux plus riches.
– Les chlorophycées et les volvocales, témoins de milieux normalement riches et équilibrés. Ces types phytoplanctoniques sont volontiers consommés par les organismes filtreurs du zooplancton.
– Les euglenophycées, qui peuvent consommer de micro particules organiques en suspension (capacité hétérotrophe)
– Les cyanobactéries, témoins de déséquilibres sur lesquels nous reviendrons dans le détail dans de futurs articles. Ces végétaux présentent la particularité de pouvoir capter l’azote atmosphérique. Certaines espèces sont toxiques et représentent souvent une impasse trophique (elles n’enrichissent pas la chaîne alimentaire).Il existe généralement une gradation au sein d’un même étang, correspondant à l’évolution de la température et de la photopériode. On voit se succéder du printemps à l’été des populations majoritaires de diatomées, puis des dinophycées et/ou des chlorophycées, pour finir, si les choses évoluent mal, des cyanophycées. Toutes ces algues sont dotées de capacités photosynthétiques, qui auront une importance déterminante sur le pH et les variations des taux d’oxygène.
La coloration de l’eau est typique de certaines familles phytoplanctoniques : brune pour les diatomées, verte pour les chlorophycées, bleu-vert, vert fluo ou rouge pour les cyanobactéries… Il est possible d’évaluer l’état du plan d’eau grâce à se couleur et à sa transparence. Certains paramètres perturbants, comme les matières en suspension, sont toutefois susceptibles d’interférer avec les colorations liées aux développements phytoplanctoniques. Il ne s’agit donc que d’un repère indicatif. Des analyses plus poussées en laboratoire, tant qualitatives que quantitatives, sont très utiles à la bonne compréhension du fonctionnement d’un milieu.
Le phytoplancton est la production primaire du plan d’eau. Il représente souvent la plus grande biomasse des étangs (hors cas des plans d’eau clairs et fortement enherbés). Il constitue la base de la chaîne alimentaire en étant consommé par une partie du zooplancton, par de nombreux insectes aquatiques et même par certains poissons.Différentes espèces de phytoplancton :
Mycrocystis, une cyanobactérie particulièrement toxique que l’on trouve de plus en plus dans nos plans d’eau.
Pediastrum, chlorophyte stable présentant un grand intérêt trophique.
Navicula, une diatomée avec sa coque siliceuse.
Aphanizomenon flos-aquae, cyanobactérie captatrice d’azote atmosphérique.
Le zooplanctonPartie animale du plancton, le zooplancton est une autre composante essentielle de la biocénose. Il constitue une ressource alimentaire pour de nombreuses espèces. Il est composé de plusieurs familles :
– Les rotifères, caractérisés par leur petite taille (quelques dizaines de microns), dont le régime alimentaire est varié : algues, bactéries, particules organiques.
– Les copépodes, comportant eux-mêmes deux sous-groupes : les cyclopides, carnivores et susceptibles à ce titre d’exercer leur prédation sur d’autres formes zooplanctoniques et les calanides, herbivores essentiellement représentés dans les étangs peu productifs.
– Les cladocères, en particulier les daphnies, organismes filtreurs dont la taille évolue de 0,25 à 3 mm selon les espèces.Outre leurs qualités nutritives, ces animaux représentent, à l’instar des populations phytoplanctoniques, des indicateurs précieux de la productivité du milieu. Leur abondance relative, corrélée à l’ensemble des paramètres évoqués précédemment (qualité physico-chimique de l’eau et du sédiment, qualité du phytoplancton), orientera la stratégie de gestion du plan d’eau.
Différentes espèces de zooplancton :
Bosmina, daphnie faisant partie de la famille des cladocères.
Rotifère, plus petite forme zooplanctonique.
Eudiaptomus, copépode adulte caractéristique des milieux pauvres.
Nauplius, forme larvaire de zooplancton.
Les insectes aquatiquesLes insectes aquatiques font partie intégrante du milieu. Certains sont aquatiques stricts (dytiques par exemple), d’autres ont seulement leur phase larvaire dans l’eau (diptères, éphémères, trichoptères…). Leur présence en nombre est, elle aussi, très importante pour la productivité piscicole du milieu. Elle conditionne de plus la qualité de la pêche, notamment celle des salmonidés à la mouche.
La plupart des insectes sont herbivores ou détritivores, d’autres sont carnivores. La dynamique du peuplement phytoplanctonique va conditionner leur bonne représentation. A titre d’exemple, de nombreux éphémères se nourrissent des diatomées se développant sur le substrat ou la végétation. C’est après la reprise de la production de diatomées au printemps que l’on retrouve des larves de baetidés de taille facilement observable dans les prélèvements. Avant, elles sont trop petites.
Les crustacésDiverses espèces d’écrevisses peuvent coloniser les étangs. La plupart sont invasives et ont remplacé l’écrevisse à patte rouge qu’elles ont anéantie. Elles sont omnivores mais volontiers carnassières. Elles adaptent leur régime aux opportunités du moment et sont pour certaines essentiellement herbivores. Certaines espèces comme l’écrevisse rouge de Louisiane peuvent miner les berges des plans d’eau et mettre en péril l’étanchéité des ouvrages.
L’écrevisse rouge de Louisiane, procambarus clarkii, très agressive, nuit à la stabilité des berges et des digues.
L’écrevisse signal ou écrevisse du Pacifique, pacifastacus lenisculus, est présente dans de nombreux plans d’eau où elle consomme volontiers la végétation aquatique. Elle est facile à identifier avec ses grosses pinces ornées de taches claires bleutées. Vous pouvez commencer à percevoir, à la lecture de ces deux premiers articles, à quel point l’ensemble des compartiments de la chaîne trophique sont interdépendants. Tout déséquilibre dans l’un d’entre eux s’accompagne de perturbations pour l’ensemble. Nous poursuivrons dans le prochain numéro la description de ces différentes composantes de la chaîne trophique en nous intéressant notamment à la végétation aquatique et aux poissons.