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  • Le Fonds pour la conservation des Rivières Sauvages mérite encore plus de soutien !

    Le Fonds pour la conservation des Rivières Sauvages mérite encore plus de soutien !

    Depuis sa naissance, en 2010, le projet Rivières Sauvages fait son chemin. Depuis peu, un label Site Rivières Sauvages a vu le jour. Il vise à la conservation et à la valorisation de cours d’eau qui ne présentent pas d’atteintes physiques majeures (barrages, recalibrages, extractions de granulats, etc.) et sont donc aussi rares que précieux, tant dans notre pays qu’en Europe. Ces rivières ne représenteraient qu’environ 5% du réseau hydrographique. Il est donc urgent de les protéger. La force de se réseau est d’impliquer les acteurs locaux, afin de mettre en place un état de veille bien plus efficace que la plupart des mesures officielles de protection, car il faut bien se rendre à l’évidence, défendre l’environnement revient de plus en plus aux associations et aux fondations et en d’autres termes au peuple. En 2011 et 2012, une grille robuste de critères techniques et scientifiques a été élaborée par une commission appuyée par le conseil scientifique du projet regroupant des chercheurs et praticiens venus de divers structures et territoires. La grille composée de neuf thématiques et quarante-cinq critères permet de mesurer la naturalité du cours d’eau entier ou d’une partie minimale de 10 km de longueur. Elle mesure aussi l’engagement, la bonne gouvernance des acteurs locaux et les risques liés à la fréquentation d’un milieu naturel fragile. Cette grille a été testée sur quatre sites pilotes par les scientifiques et les gestionnaires : le Chéran en Savoie et Haute-Savoie, le Léguer en Bretagne, la Valserine dans l’Ain et le Jura et la Vis dans le Gard et l’Hérault rejoints ensuite par le Fangu et le Travu en Corse. Cette grille constitue le socle technique du label. En lien avec Afnor Certification a été élaboré un référentiel pour le label Site Rivières Sauvages, permettant de préciser d’une part le processus de labellisation et d’autre part de reconnaître à la fois la qualité naturelle exceptionnelle de la rivière concernée et de garantir l’engagement des acteurs locaux. Avec l’appui de l’Ecole Centrale de Paris, un travail a été conduit parallèlement sur l’aspect sauvage d’un cours d’eau, comme facteur de développement local durable, prenant en compte les services écosystémiques. Cela est au moins aussi intéressants que la construction d’une énième centrale hydroélectrique…

    Comment faire labelliser sa rivière ?

    Pour obtenir le label, le candidat doit déposer un dossier de candidature, via un site Internet dédié. Afnor Certification procède ensuite à l’audit et si celui-ci est favorable, décerne le label, après avis d’un comité de labellisation. Le label permet au pétitionnaire de valoriser l’image de son territoire et les actions qu’il y a engagées. Il en accroît l’attractivité pour un tourisme “extensif”, peut intéresser des financeurs publics et privés au programme d’actions. Le label crée une dynamique entre acteurs locaux : élus, riverains, agriculteurs, pêcheurs, pour des démarches de valorisation du capital rivière local. Le label est accompagné d’un règlement d’usage permettant aux acteurs publics impliqués (mairies, intercommunalités, Conseils généraux…) d’associer le logo Site Rivières Sauvages à leurs activités, avec une grille tarifaire adaptée. Par son soutien financier, le Fonds Humus pour la biodiversité a permis le démarrage du projet initié par le WWF et European Rivers Network (ERN) France. Puis rapidement, les institutions comme le Ministère de l’Écologie (MEDDE) et l’ONEMA ont apporté leur soutien. La construction du label, l’établissement de son référentiel ont été financés grâce au soutien de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse, des régions Rhône-Alpes et Bretagne et de fonds privés. La coopération avec les institutions se développe au travers d’un accord-cadre signé en 2014, pour deux ans, entre le MEDDE, l’ONEMA, les six agences de l’eau et ERN France. Il prévoit « de conjuguer les efforts de tous les partenaires pour initier, concevoir et conduire un programme ambitieux et cohérent permettant la mise en place effective du projet Rivières Sauvages notamment au travers d’un label et d’un véritable réseau de rivières sauvages ». C’est un signal fort de reconnaissance de la part de l’État et de ses établissements pour le travail des associations. Si des entreprises de toutes tailles apportent leur soutien au projet Rivières Sauvages depuis l’origine, en 2013, un premier partenariat privé majeur et pluriannuel est signé avec l’entreprise WattValue, société de services visant à promouvoir l’énergie renouvelable certifiée. Pour soutenir Rivière Sauvages ou se renseigner pour une labellisation : ERN/Projet Rivières sauvages, 8 rue Crozatier – 43000 Le Puy-en-Velay. Tél. : 04 71 05 57 88. www.rivieres-sauvages.fr

     

     

     

  • Barrage sur la Sélune : lettre ouverte à NKM

    Barrage sur la Sélune : lettre ouverte à NKM

    Nous publions ici la lettre ouverte que les associations de défense de l’environnement, réunies au sein du collectif « Les amis de la Sélune », ont adressé le 27 janvier à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie.

    Madame la Ministre,

    Nous célèbrerons le 2 février prochain la  » Journée mondiale des Zones Humides ». Comme vous le savez, le collectif « Les Amis de la Sélune », qui compte aujourd’hui plus de 50 organisations membres, attend, avec le soutien de nombreuses grandes organisations de conservation de la nature, que vous saisissiez l’opportunité de cet évènement pour montrer ce que la France peut faire et sait faire pour la conservation de ces milieux naturels : la reconquête écologique de la Sélune, petit fleuve côtier qui se jette dans la Baie du Mont-Saint-Michel, plus importante zone humide salée d’Europe, sera, si vous en décidez ainsi, le premier projet européen de restauration de la continuité écologique d’un cours d’eau sur la totalité de son linéaire.

    Cette décision, votre décision, constitue pour notre pays un enjeu international, cette rivière étant située à côté du deuxième site le plus visité en France, classée au « Patrimoine mondial de l’UNESCO ». Notre pays montre depuis des siècles sur ce territoire son talent, son avant-gardisme et sa créativité, en particulier ces dernières années, dans le cadre du programme « Grands sites », pour redonner au Mont son insularité : la France va-t-elle s’arrêter en si bon chemin ? L’effacement des barrages obsolètes de Vezins et La Roche-qui-Boit aura un impact positif sur l’équilibre dynamique de l’écosystème de la Baie, avec un fleuve qui aura retrouvé ses fonctionnalités hydrologiques et biologiques et qui de ce fait permettra d’apporter à celle-ci des eaux et sédiments de bonne qualité.

    Cet effacement est également nécessaire au retour dans le complexe Sée-Sélune d’une population abondante de saumons atlantiques, population qui présente un intérêt génétique et patrimonial particulièrement important pour cette région de la façade atlantique. De nombreuses autres espèces de poissons migrateurs seront aussi bénéficiaires de ce démantèlement. Ainsi, bien évidemment, que les hommes et les femmes de cette vallée, pour une bonne partie favorable aux effacements, qui pourront en tirer une grande fierté lorsque la promotion de ce territoire restauré éclairera d’un jour nouveau l’intérêt et la beauté de cet arrière-pays, aujourd’hui largement oublié des principaux itinéraires touristiques.

    L’exploitation hydro-électrique de la Sélune, aujourd’hui fonctionnant sous le régime insatisfaisant des délais glissants, n’est pas un enjeu majeur de production d’électricité renouvelable. EDF continue d’exploiter le site, depuis 1991, en infraction avec un arrêté de 1986 l’obligeant à rétablir la libre circulation des poissons migrateurs. Elle poursuit cette exploitation depuis 2007, année de fin de concession des barrages. L’entreprise a dans ce contexte été mise en demeure en 2010 par jugement de la Cour Administrative d’Appel de Nantes de garantir le franchissement des poissons migrateurs d’ici à la fin 2013, un délai intenable et pour des coûts prohibitifs, sans garantie de résultat. EDF ne s’oppose en l’occurrence ni à la fin de la production hydro-électrique des deux barrages, ni à l’annonce de leur effacement faite le 13 novembre 2009 par votre prédécesseur, Madame Chantal Jouanno. Les alternatives de production d’énergie renouvelable existent, notamment suite à l’annonce du futur parc éolien en mer à Courseulles-sur-Mer en Basse-Normandie. D’autres alternatives en matières d’énergies renouvelables existent localement. Elles sont créatrices d’emplois, durables et non délocalisables.

    La reconquête écologique de la vallée de la Sélune génèrera une activité économique, directe et indirecte, liée aux chantiers de démantèlement et de restauration du lit du cours d’eau, activité qui sera largement supérieure à celle de la base de loisirs de la Mazure, au bord de la retenue du barrage de Vezins. Une activité économique à plus long terme dépendra des volontés politiques locales. Il existe de fortes potentialités de conversion vers le tourisme de nature, en particulier le tourisme de pêche au saumon, sur un modèle de gestion innovant à trouver s’inspirant par exemple de ce qui se passe dans les pays anglosaxons, pour valoriser cette pêche exceptionnelle. Les sports de nature, en général, peuvent capter une partie de la clientèle de la Baie et du Mont.

    Nous vous demandons, Madame la Ministre, d’agir maintenant. Nous attendons depuis maintenant deux ans des éléments économiques et de prospective qui ne sont toujours pas disponibles pour trouver les alternatives concernant notamment la vingtaine d’emplois de la base nautique de la Mazure. Nous attirons en particulier votre attention sur le fait que continuer à ne rien faire risque de coûter très cher à la France avec des sanctions financières de la Commission européenne pour non-respect de ses obligations vis-à-vis de la continuité écologique. Ces obligations relèvent d’une part de la Directive Cadre sur l’Eau, et d’autre part du Règlement européen sur l’anguille numéro 1100/2007, la Sélune étant classée en Zone d’Action Prioritaire pour le rétablissement de la transparence migratoire dans le Plan de Gestion Anguille Français adopté par la Commission. Le non-respect des engagements de la France serait en totale contradiction avec les objectifs de la Trame Verte et Bleue dont vous avez installé le Comité national le 18 octobre dernier.

    Il vous appartient donc, Madame la Ministre, d’envoyer un signal conforme aux engagements de la France en Europe et dans le Monde. Nous attendons une décision rapide de votre part qui permettra également de mettre fin à un climat local propice à certaines dérives. Nous vous demandons de veiller à ce qu’Adolphe Colrat, Préfet de la Manche, conformément à sa dernière déclaration publique, soit en mesure de signer l’arrêté de fin de concession des barrages à l’occasion de la Journée mondiale des Zones Humides, le 2 février prochain.

    Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

    Signataires
    Pour le collectif « Les Amis de la Sélune »

    Serge Orru – Directeur Général du WWF-France
    Cécile Ostria – Directrice générale de la Fondation pour la nature et l’homme
    Orri Vigfússon – Président du NASF

    1 AAPPMA de l’Elorn (Finistère) – AAPPMA de Pont-Croix (Finistère) – AAPPMA de Pontrieux-la Roche Derrien (Côtes-d’Armor)- ANPER TOS – Association Bretonne pour la Pêche à la Mouche – Association Internationale de Défense du Saumon Atlantique – Club des Saumoniers – Comité National de la Pêche Professionnelle en Eau Douce – Eau et Rivières de Bretagne – European Rivers Network – Fédération de la Manche pour la Pêche et les 24 AAPPMA suivantes : La Truite Cherbourgeoise ; La Truite la Scye; La Mouche de Saire ; Les Pêcheurs de la Sinope ; Le Gardon Saint-Sauveurais ; Les Pêcheurs de la Douve ; Le Gardon Chef du Pontais ; La Flottante Carentanaise ; Les Pêcheurs de Lessay ; Les Pêcheurs de Périers (St-Sauveur Lendelin) ; La Gaule Marignaise ; La Truite de l’Anneraie ; Les Pêcheurs à la ligne du Pays Saint-Lois ; Les Pêcheurs de Cerisy-la-Forêt ; Les Pêcheurs de Condé-sur-Vire ; La Gaule Torignaise ; Les Amis de la Vire ; Le Bassin de la Sienne ; Amicale des Pêcheurs à la ligne de l’Avranchin ; La Truite de la Sée ; Le Gardon de Pontorson ; La Truite du Beuvron ; La Ducéenne ; La Gaule Mortainaise – Federation of Irish Salmon and Sea Trout Anglers – Fédération Française des Moniteurs Guides de Pêche – Fédération Nationale pour la Pêche en France – Fondation GoodPlanet – Fondation pour la Nature et l’Homme – Humus, fonds pour la biodiversité – L’Hydroscope – Ligue pour la Protection des Oiseaux – Manche Nature – Mayenne Nature Environnement – North Atlantic Salmon Fund – SOS Loire Vivante – Sustainable Eel Group – Union Régionale des Fédérations de Bretagne – Basse-Normandie – Pays de la Loire pour la Pêche et la Protection du milieu aquatique – Vét’Eau Pêche-WWF-France Adresse postale : Collectif des Amis de la Sélune – c/o HUMUS, Fonds pour la biodiversité, 86 Rue de Lille – 75007 Paris

  • La Guyane face à l’orpaillage clandestin

    La Guyane face à l’orpaillage clandestin

    Du 16 au 19 janvier 2012, des membres du WWF France en Guyane se sont rendus dans différents villages amérindiens du Haut Maroni (Kayodé, Twenké, Taluen, Antecume Pata), territoire du Parc Amazonien de Guyane, afin de constater les conséquences de l’orpaillage clandestin dans la région. Selon leur témoignage, les contacts entre orpailleurs et populations autochtones semblent se raréfiés. Cette situation s’expliquerait par une évolution des réseaux de ravitaillement. La délégation a pu constater de nombreux indices indiquant des pratiques d’orpaillage illégales.

    Depuis plusieurs années, les experts alertent l’opinion sur les ravages de l’orpaillage clandestin dans le département d’outre-mer de la Guyane, dans le nord de l’Amérique du Sud. Les opérations de police, voire de l’armée française, n’ont pas permis d’arrêter ce désastre écologique qui touche une région du monde dont la diversité des plantes par hectare dépasse celle de toute l’Europe continentale et où l’on dénombre pas moins de 480 espèces de poissons.

    Le WWF France a publié un rapport dense, en octobre 2009, où l’organisation donne des faits et des chiffres précis sur la réalité des dégâts. Et le tableau qu’elle dépeint est bien sombre. 10 000 orpailleurs clandestins traqueraient aujourd’hui la précieuse pépite, en Guyane, dans près de 500 chantiers clandestins. La misère qui sévit au Brésil a provoqué une nouvelle ruée vers l’or. On estimait que dans l’année 2002-2003, alors que l’exploitation aurifère légale produisait 3 tonnes d’or, l’illégale en produisait 10. L’emploi massif du mercure par ces chantiers clandestins pour amalgamer les particules d’or détruit les cours d’eau de la région. Selon l’ONF, 1 333 km de cours d’eau étaient touchés en 2006, pollution qui contamine également les populations, essentiellement amérindiennes, qui vivent dans la région. En 1997, des taux d’imprégnation au mercure supérieurs aux normes fixées par l’OMS étaient observés chez plus de 70 % des enfants amérindiens Wayanas du haut Maroni. Des solutions pourtant existent.

    L’appareil répressif de l’Etat a bien sûr son rôle à jouer, notamment en redressant des barrages policiers sur les axes fluviaux les plus employés pour le ravitaillement des chantiers illégaux. Mais la répression ne suffira pas. Selon le WWF France, la mise en place d’une traçabilité dans la filière or permettrait une solution pérenne. Mais cette filière cultive l’opacité et, actuellement, il est impossible de distinguer l’or sale de l’or légal. Pourtant, le temps presse : le cours de l’or explose dans toutes les places financières de la planète.. Au rythme actuel, on estime à quinze à vingt ans encore l’exploitation du filon guyanais.

  • France : le vrai état de nos rivières

    France : le vrai état de nos rivières

    L’association de défense de l’environnement WWF a publié en septembre une étude sur l’état réel de nos cours d’eau qui contredit les données officielles. Le but étant d’analyser les données officielles et de mettre en place une ébauche d’information indépendante. L’association a pointé plusieurs manquements de la part des pouvoirs publics. Premièrement, un certain nombre de produits chimiques toxiques ne sont pas recherchés dans les échantillons. Deuxièmement, l’ONG remet en question les protocoles de mesure, notamment des micropolluants. Et troisièmement, elle souligne la manipulation avantageuse des données officielles. Pour Hélène Roche, présidente du Comité Scientifique du WWF France, spécialiste au CNRS de l’évaluation des effets des substances chimiques dans les écosystèmes aquatiques, « on va ainsi pouvoir officiellement déclarer que certaines rivières sont « en bon état chimique » alors qu’elles sont contaminées par des substances dont les protocoles de mesures sont mal codifiés ou par des molécules qui ne sont tout simplement pas prises en compte – les PCB par exemple. Les rivières seraient donc officiellement en bon état alors qu’une contamination importante menace les espèces aquatiques et la biodiversité. Avec une telle sous-évaluation de la situation, on ne s’étonnera pas qu’un certain nombre d’espèces très sensibles aux polluants chimiques, comme les batraciens, figurent parmi les espèces aquatiques les plus menacées ». L’auteure de l’étude, Anne Spiteri, ingénieure du génie rural des eaux et forêts, a, à partir des données brutes fournies, tenter de dresser un état des lieux le plus objectif et le plus complet possible.Un site Internet a été ouvert afin de rendre public ces données brutes relatives à la qualité des eaux.

     

    Rapport téléchargeable sur : http://wwf.fr/media/documents/l-etat-des-eaux-derriere-une-information-officielle-deficiente-des-evaluations-et-des-donnees-inquietantes

    « L’état des eaux : derrière une information officielle déficiente, des évaluations et des données inquiétantes » : extraits d’une synthèse commanditée par le WWF France sur l’état réel des eaux et des données sur l’eau.

    Site internet : http://eau-evolution.fr/