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  • La Guyane face à l’orpaillage clandestin

    La Guyane face à l’orpaillage clandestin

    Du 16 au 19 janvier 2012, des membres du WWF France en Guyane se sont rendus dans différents villages amérindiens du Haut Maroni (Kayodé, Twenké, Taluen, Antecume Pata), territoire du Parc Amazonien de Guyane, afin de constater les conséquences de l’orpaillage clandestin dans la région. Selon leur témoignage, les contacts entre orpailleurs et populations autochtones semblent se raréfiés. Cette situation s’expliquerait par une évolution des réseaux de ravitaillement. La délégation a pu constater de nombreux indices indiquant des pratiques d’orpaillage illégales.

    Depuis plusieurs années, les experts alertent l’opinion sur les ravages de l’orpaillage clandestin dans le département d’outre-mer de la Guyane, dans le nord de l’Amérique du Sud. Les opérations de police, voire de l’armée française, n’ont pas permis d’arrêter ce désastre écologique qui touche une région du monde dont la diversité des plantes par hectare dépasse celle de toute l’Europe continentale et où l’on dénombre pas moins de 480 espèces de poissons.

    Le WWF France a publié un rapport dense, en octobre 2009, où l’organisation donne des faits et des chiffres précis sur la réalité des dégâts. Et le tableau qu’elle dépeint est bien sombre. 10 000 orpailleurs clandestins traqueraient aujourd’hui la précieuse pépite, en Guyane, dans près de 500 chantiers clandestins. La misère qui sévit au Brésil a provoqué une nouvelle ruée vers l’or. On estimait que dans l’année 2002-2003, alors que l’exploitation aurifère légale produisait 3 tonnes d’or, l’illégale en produisait 10. L’emploi massif du mercure par ces chantiers clandestins pour amalgamer les particules d’or détruit les cours d’eau de la région. Selon l’ONF, 1 333 km de cours d’eau étaient touchés en 2006, pollution qui contamine également les populations, essentiellement amérindiennes, qui vivent dans la région. En 1997, des taux d’imprégnation au mercure supérieurs aux normes fixées par l’OMS étaient observés chez plus de 70 % des enfants amérindiens Wayanas du haut Maroni. Des solutions pourtant existent.

    L’appareil répressif de l’Etat a bien sûr son rôle à jouer, notamment en redressant des barrages policiers sur les axes fluviaux les plus employés pour le ravitaillement des chantiers illégaux. Mais la répression ne suffira pas. Selon le WWF France, la mise en place d’une traçabilité dans la filière or permettrait une solution pérenne. Mais cette filière cultive l’opacité et, actuellement, il est impossible de distinguer l’or sale de l’or légal. Pourtant, le temps presse : le cours de l’or explose dans toutes les places financières de la planète.. Au rythme actuel, on estime à quinze à vingt ans encore l’exploitation du filon guyanais.