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  • Les cinquante ans du Moulin du Plain

    Les cinquante ans du Moulin du Plain

    En un demi-siècle, il est passé pas mal d’eau devant l’hôtel culte de la famille Choulet, sur le Haut-Doubs à Goumois, au bord de la frontière avec le Jura suisse. Petite et grande histoires d’une saga franc-comtoise.

    C’est d’abord l’histoire d’une famille de paysans comme on les aime dans le Haut-Doubs, travailleurs, bons chrétiens, bons voisins. Les Choulet habitent Le Plain depuis plusieurs générations, ils élèvent des vaches et descendent parfois jusqu’à la rivière où ils ont une pâture et cette ruine d’un moulin à l’ancienne qui depuis toujours fascine Pierre, l’un des fils.

    Pierre n’est pas pêcheur et ne le sera jamais mais le Doubs sous les pierres duquel il a parfois mis les mains, est sa deuxième maison, celle où il veut faire sa vie. Un beau jour avec Odile, la bonne élève (première du département au certificat d’études), ils décident de redonner vie au vieux Moulin. Commence alors, en février 59, le chantier de tous les dangers, avec reconstruction des murs et pose hasardeuse d’une charpente.

    Le Moulin du Plain est né : « Nous avons emménagé le 26 juillet 61, raconte Pierre, avec quelques vaches descendues du Plain. Très vite, devant le succès on a viré les vaches et à la place on a construit des chambres pour les pêcheurs. »

    Dès ce moment-là, le Moulin devient une adresse incontournable de la pêche à la mouche française et européenne. La bonne idée de Pierre est de s’associer à TOS pour créer un parcours mouche et mettre fin à la razzia des semi-professionels qui vendaient du poisson aux restaurants du coin. « Cela n’a pas été toujours bien accueilli, notamment par un douanier qui, du jour où le parcours fût créé, refusa de me serrer la main. » Les locaux n’aimaient pas trop non plus, et ils n’avaient pas tort, que ces touristes pêcheurs barbotent en waders dans le Doubs. « Tiens v’là les canards à Choulet.» Il fallut aussi s’employer à convaincre les Suisses que le parcours était bon pour tout le monde. Pierre se transforma en diplomate pour que soit réaménagée l’historique convention qui régit les rapports des deux Etats à propos du Doubs frontière. Enfin, il obtint grâce à la complicité d’un sous-préfet et des douaniers suisses, que soit enlevée la chaîne qui empêchait le passage sur le pont de Clairbief, au grand dam de l’hotelier suisse, voisin du pont, qui pensait à tort que la fin de ce cul-de-sac lui serait néfaste . (« Un an plus tard, il venait me remercier. ») En fait le succès du Moulin du Plain fut assez fulgurant. Il eut droit à des reportages dans les journaux du monde entier. Et jusqu’au Japon où un magazine choisit de faire un gros plan sur les vaches (des Pie rouge de l’Est) pour présenter le Moulin et ses propriétaires.

  • Masters Pêches sportives : La Franco Suisse 2011

    Masters Pêches sportives : La Franco Suisse 2011

    C’est un challenge plutôt difficile qui attendait les participants au Masters Verrerie 2011 de pêche à la mouche, organisé comme chaque année par la revue Pêches Sportives et l’AAPPMA La Franco-Suisse. En effet, l’état des populations d’ombres, mises à mal depuis deux saisons inquiétait fortement les organisateurs puisque c’est ce poisson, moins méfiant que la truite, qui permettait d’ordinaire de départager les vainqueurs. Fidèles à leur engagement environnemental, les organisateurs ont décidé cette année de protéger les ombres restants, en particulier une jeune population dont on espère qu’elle redonnera prochainement au parcours de Goumois ses lettres de noblesse. C’est donc la truite, plus farouche et aguerrie que jamais en cette fin de saison, qu’ont dû pêcher la sélection des 8 passionnés, invités pour l’occasion.

    Devant cette difficulté supplémentaire, les pêcheurs ont dû déployer leurs trésors d’adresse, de stratégie et de discrétion afin de séduire les belles zébrées du Doubs Franco-Suisse, et tenter d’en prendre le plus grand nombre, ou de capturer le plus gros poisson du jour, ces deux catégories étant récompensées distinctement. Le point commun de ces deux trophée est leur nom « la Coupe André triboulet », en mémoire à l’historique Président de la Franco-Suisse. C’est avec une certaine aisance que Nicolas Germain, l’Homme de la rivière d’Ain, remporte les deux trophées remis en main propre par Hélène Triboulet, avec 4 truites de 35, 38, 39 et la plus belle du jour, 50 cm. 11 autres truites, toutes entre 35 et 44 cm seront venues faire le bonheur des autres pêcheurs, qui, même s’ils n’ont pas gagné, sont repartis ravis de cette belle journée, encouragés par ces poissons magnifiques et encore bien présents, et qui justifient à eux seuls le combat mené pour la sauvegarde du Doubs.