Étiquette : truites

  • La Beas à Manali

    La Beas à Manali

    Entre Manali et Vashisht, immédiatement à côté de la route, il ne faut parcourir qu’une centaine de mètres pour plonger sa mouche, son leurre ou son appât naturel et se lancer à la recherche du poisson. De nombreuses autres coins à visiter dans la région. Présence de nombreuses truites et parfois même de masheer, le poisson roi de l’Himalaya. La saison s’étale de juin à novembre, mais le mauvais temps peut surgir toute l’année.

  • Et au milieu des montagnes…  coule une rivière !

    Et au milieu des montagnes… coule une rivière !

    Quand on arrive de la plaine, les premiers contreforts de l’Himalaya saisissent d’abord par le froid, qui vous pince dès que l’on descend du bus. Nous ne sommes pourtant qu’à la mi-septembre et la température est plutôt clémente.Mais, par rapport à la fournaise collante des rues encombrées de Dehli, forcément, ça choque. La route est longue et semée d’embûches pour parvenir jusqu’à Manali, une petite ville charmante qui vit aujourd’hui essentiellement d’un double tourisme. Celui des Indiens venus pour être pris en photo dans une neige qu’ils n’ont vue jusqu’alors que dans les films de Bollywood, où régulièrement des chorégraphies exubérantes sont filmées dans quelques coins perdus des montagnes suisses. Puis celui des Occidentaux qui viennent éprouver leurs capacités au cours de longues randonnées ou, plus prosaïquement, y goûter l’un des tout meilleurs haschichs de la planète. Pourtant, certains se rendent dans cet Etat magnifique pour une tout autre raison : la pêche. En effet, la région compte un nombre incalculable de cours d’eau de tous formats et qui, comparés au reste du pays, sont plutôt en bonne santé. On y trouve de belles truites, introduites ici par le colon anglais à l’époque des splendeurs du Raj britannique. Les Anglais sont partis, mais les truites sont restées, se plaisant dans ces eaux fraîches et propres qui prennent leur source dans la plus haute chaîne de montagnes du monde, l’Himalaya.
    On y pêche également ce poisson secret (mais aujourd’hui plus difficile à trouver selon les guides locaux) bien connu des pêcheurs anglo-saxons qui n’ont pas peur des coups de soleil : le masheer. Vallées de la Parvati, du Kinnaur, de la Beas ou de la Manalsu Nala, et encore de beaucoup d’autres qu’aucun hameçon n’est jamais venu explorer : le terrain de jeu est immense et il vous suffit de vous munir d’un permis journalier de 100 roupies (1,60 euro) pour vous lancer.
    Les affluents en amont de la Beas et de la Parvati sont parmi les meilleurs coins de la région. A Manali, immédiatement à côté de la route, il ne faut parcourir qu’une centaine de mètres pour plonger sa mouche, son leurre ou son appât naturel et se lancer à la recherche du poisson. Pour un bon coin, il faut se déchausser et recevoir en guise de rite de passage la morsure cinglante de l’eau extrêmement fraîche qui descend tout droit du toit du monde. Mais, en quelques minutes, nous y sommes. L’eau est d’une clarté de cristal et tout autour s’élève le spectacle de monts dépassant les 6 000 mètres qui affichent, solennels, telle une couronne d’empereur, leur neige éternelle. Lorsqu’on commence à grimper, le paysage prend des faux airs alpins, même si le sentier transperce des champs imposants de cannabis en fleur, dont les essences se mélangent à celles de toutes sortes de plantes de montagne, dignes de l’herbier d’Hanuman, le dieu singe. Partout où l’on pose le regard, de petits torrents plein de fougue se gonflent jusqu’à devenir rivières et nourrir de leurs propres eaux pures la Beas, en contrebas.

    Les aléas de la météo…

    Quant à la pêche, la météo est votre seule ennemie. Le temps est ici extrêmement changeant. Les quelques mois de l’année où la neige et le froid ne vous empêchent pas degarantit que le temps sera assez clément pour vous laisser réaliser vos projets. Il n’est pas rare qu’un glissement de terrain un peu plus important que les autres ne bloque un col pendant plusieurs jours. Ce fut notre cas : pluies diluviennes, glissements de terrain, neiges prématurées, il aura fallu s’armer de patience. Mais, dès qu’une éclaircie se profile, soyez certain de passer des moments inoubliables. Avec peu de temps devant nous, tant l’éclaircie s’était laissée désirer, nous n’avons passé en fin de compte que très peu de temps à pêcher. Pas le temps d’aller chercher les leurres, mais, en retournant les petites roches qui bordent la rive, on trouve toute une gamme d’insectes qui se révéleront parfaitement efficaces. Très rapidement les premières truites ont répondu présentes.
    La pêche en Inde n’est pas toujours couronnée de succès, surtout lorsque, comme moi, on n’est pas un pêcheur très doué. Mais ici, dans la formule « voyage de pêche », le mot voyage prend tout son sens. L’Inde ne laisse personne insensible. Certains visiteurs ne supportent pas ce qu’ils y vivent. D’autres ne jurent que par cette folie enveloppante. D’autres encore mêlent ces deux sentiments et, heureux d’en partir, se promettent peu après d’y revenir. Une chose est sûre, on en revient transformé, que l’on prenne du poisson ou pas. Il existe une profondeur ici que nos sociétés matérialistes ont depuis longtemps oubliée. Déjà Pierre Loti notait au siècle dernier cette vérité : “Sur les mystères de la vie et de la mort, les sages de Bénarès détiennent des réponses qui satisfont le mieux à l’interrogation ardente de la raison humaine.” Vous pouvez toujours leur demander s’ils possèdent quelques conseils précieux pour attraper les poissons du coin…

  • Guide de pêche en Bretagne : Philippe Dolivet

    Guide de pêche en Bretagne : Philippe Dolivet

    Nous connaissons tous Philippe Dolivet, de réputation, un guide hors paire. Donc quand Tourisme Bretagne, le site des ballades et du plaisir breton parle de lui, et bien c’est tout à son honneur et nous nous devions de nous en faire l’écho ! Mais ce n’est pas tout, Philippe vient également de rejoindre l’équipe des guides de Planet Fly FIshing, dont le titre d’agence prend tout son sens car ils représentent maintenant de nombreux guides dans l’hexagone, tous meilleurs les uns que les autres et dont ils gèrent également les voyages à l’étranger. 

    N’oubliez pas de lire le son blog !

     En tous cas, si vous voulez vous faire la main sur les bars et si vous voulez vous-même vous rendre compte que la Bretagne est un pays de belles truites et de belles rivières…vous savez à qui vous adresser ! 

  • 9 minutes de bonheur…

    9 minutes de bonheur…

    Quoi qu’il arrive, où que nous soyons, c’est toujours près de la berge qu’il se passe des trucs intéressants, que les grosses farios viennent chercher des insectes, là, devant nous, près du bord, parfois dans les retournes, souvent à nos pieds.

     9 minutes de bonheur ? Neuf minutes qui, nous l’espérons, éviteront de vous donner comme objectif « la berge d’en face » dès que vous arriverez au bord de l’eau…
    Regardez la veine qui est près de vos pieds, elle apporte souvent le déjeuner de nos poissons…qui n’ont que peux d’efforts à faire pour se mettre à table.
  • Un parcours mouche sur la Sienne

    Un parcours mouche sur la Sienne

    Situé sur la Sienne à Hambye, à
    1.2 kilomètre en amont et en aval du pont de l’abbaye d’Hambye, ce parcours de
    première catégorie spécialisé dans la pêche à la mouche est géré par l’AAPPMA
    « Le Bassin de la Sienne ». On y pêche de belles truites fario,
    quelques saumons atlantiques, ainsi que des chevesnes. Le calme et la beauté du
    lieu en font un parcours bien sympathique. A découvrir…

  • Le Lac Pavin

    Le Lac Pavin

    A mi-chemin entre Besse et Super-Besse, ce lac de 44 hectares occupe le
    cratère du dernier volcan auvergnat à être entré en éruption il y a 6 900 ans.
    Le Lac Pavin est cerné d’une biodiversité magnifique et ses eaux sont peuplées
    d’ombles chevaliers, de truites et même de quelques perches. Cette richesse
    halieutique résulte de la volonté d’un homme. En 1859, Henri Lecoq a implanté
    truites, ombles, écrevisses dans le lac. Empoissonnement efficace, puisque plus
    d’un siècle et demi après les descendants de ces poissons procurent toujours
    autant de joie aux pêcheurs auvergnats.

    Renseignements :
    www.sancy.com

    Photo : © OT Massif du Sancy

  • La vie privée des truites

    La vie privée des truites

    Oui, les truites ont des sentiments, oui, elles peuvent ressentir de l’amour entre elles et, qui sait, trouver dans la compagnie de l’une et de l’autre un réconfort presque humain. En voici la preuve…

    Par Jean-Christian Michel

    Les truites font l’amour. Cette vérité s’est imposée à moi une fin d’après-midi d’hiver. Je ne parle pas de poissons creusant leur nid de gravier juste avant de perpétuer l’espèce, mais d’un comportement plus troublant. Qu’on veuille bien m’excuser si cette affirmation revient immanquablement à plaquer une interprétation humaine sur un comportement animal… L’animal n’est pas toujours du côté que l’on croit A plusieurs reprises, il y eut comme un bruit dans mon dos. Je l’entendais presque sans en être conscient. Mêlé au friselis de l’air, ce n’était presque rien, juste un bruit d’eau remuée, sans éclaboussure.
    Je tournai la tête et les reflets tourmentés se remettaient juste en ordre à l’endroit où l’eau venait de bouger. Et puis au même endroit et presque aussitôt, un nouveau remous est apparu.
    La surface prise de vertige et ridée par le vent s’entrouvrit pour me laisser percevoir une forme brune, celle d’une truite affairée à un drôle de manège. Elle tournait sur elle-même comme un chien se mordant la queue ou comme un bidon emporté par les eaux. Quand la brise a baissé, j’ai vu plus clair. Ce n’était pas une mais deux truites qui faisaient la ronde ! Le bécard avait empoigné la femelle entre l’adipeuse et la caudale et il la promenait doucement en la tenant avec sa gueule.
    L’autre se laissait faire. Lorsqu’elle se recourbait vers lui, ils s’enroulaient et tournaient, tournaient comme si les formes de leurs corps voulaient se fondre. Quand sa partenaire se redressait, le bécard l’emportait lentement vers la surface, comme pour la pousser hors de l’eau, certainement afin qu’elle s’incline de nouveau vers lui et que leur ronde reprenne.
    Ces deux êtres flottaient dans un rêve de truite. La gueule n’était plus une gueule mais une main, et le léger mordillement une caresse.
    Tout se faisait avec une infinie précaution, presque avec douceur. J’ai alors compris qu’une gueule de truite, ce n’est pas seulement fait pour manger mais également pour toucher… Peut-être le début de la sensibilité au sens émotif du terme ! Les truites tournaient et moi je restais sur la berge. Et je ne savais pas si j’étais en proie à une hallucination ou si les farios avaient pour but de m’initier aux mystères de la Nature. Elles m’ont communiqué leur vertige. Par chance, il n’y avait pas de petits lapins roses pour mettre un point final aux doutes sur ma lucidité…
    Mais il ne me semblait pas incongru qu’elles se mettent à parler, comme si par le seul fait de les voir nous étions désormais unis dans un verbe commun.
    Et avec une douceur extrême le bécard a ouvert sa gueule blanche. Pas pour me dire ce qu’il fallait en penser, mais pour rendre la liberté à celle qui se garda bien de fuir, pour la bonne raison qu’elle n’était pas une proie mais une partenaire et que leur ronde n’était pas une lutte mais une danse.
    La femelle ondulait maintenant devant lui en s’inclinant pour le regarder et pour l’inciter à pousser un peu plus loin leur jeu… L’instinct de reproduction avait entrouvert un espace de liberté où les truites se mélangeaient comme deux amants. Elles ne semblaient absolument pas commandées par le besoin mécanique de creuser un nid ou d’expulser des ovules. Elles s’enroulaient dans leurs caresses avec toute l’épaisseur de l’eau pour drap nuptial, se prenant, se relâchant, et s’entraînant un peu plus loin du bout du museau. Voir deux truites de cette taille était déjà inattendu. Mais le surnaturel de l’affaire résidait dans la lenteur de leurs mouvements.

    Ce n’est pas à ce rythme que vivent les truites que je connais. Peu à peu je commençais à me dire que leur comportement ne devait rien à “l’instinct” et que, dans cette parenthèse, j’avais devant moi deux êtres qui découvraient la liberté d’un tempo et d’un jeu les rapprochant de nous et les éloignant de l’animalité. Un malaise m’envahit. Je ne savais plus si je regardais deux poissons ou deux êtres presque humains. Mon oeil hésitait entre fascination, curiosité et voyeurisme. J’eus un doute… Craignant de franchir la ligne mal définie du porno halieutique, je laissai mes truites à leurs caresses et à la pudeur du soir.
    En période d’ouverture, la féerie aurait vite été pliée : avec une aglia, une godille ou une nymphe, il y aurait bien eu un éveillé pour lancer dans le tas et grappiner l’une ou l’autre… Mais là, dans les coulisses de l’hiver, la ronde des truites pouvait durer mille ans. Et c’est peut-être ce qui s’est passé… L’ombre de la rivière s’est refermée sur leur secret.

  • Alevinage

    Alevinage

    Tout a été dit sur l’alevinage, le pour, le contre, le “oui mais”, le “y’a qu’à”, le “faut qu’on”, etc. La réflexion que nous vous proposons ici risque de froisser quelques susceptibilités, de scandaliser les adeptes d’un no kill exclusif, mais il s’agit surtout de balayer devant notre porte… en toute franchise.
    Par Jean-Marc Theusseret 

     Le flou le plus total plane sur la politique d’alevinage française. Proposé par l’Agence de l’eau, le projet de loi sur l’alevinage a permis de faire le point sur la position des gestionnaires de la pêche en France. Ce projet préconise une interdiction totale de l’alevinage dans les cours d’eau ou secteurs de cours d’eau qui “peuvent prétendre à un bon état naturel” et la possibilité de pouvoir introduire des poissons dans le cas où les milieux sont altérés.
    Demandée depuis plusieurs années par nombre de défenseurs des truites sauvages, cette loi a soulevé un véritable tollé de la part de nombreuses AAPPMA et de la plupart des fédérations départementales.
    Au final rien n’a donc bougé. Certaines fédérations ont joué le jeu de la gestion patrimoniale, en privilégiant la sauvegarde de populations sauvages de truites. La majorité des fédérations disposant de cours d’eau de première catégorie n’a pas suivi cette voie, préférant continuer à introduire des poissons d’élevage en masse, ignorant au passage cette priorité à la gestion patrimoniale dans les eaux où celle-ci est possible. De plus, la reconquête des effectifs de pêcheurs par la Fédération nationale pour la pêche en France semble s’orienter vers une politique d’alevinage massif pour contenter les pêcheurs. On constate alors une grande disparité d’actions d’un département à l’autre, une difficulté à suivre une méthode sur le long terme avec une gestion cohérente par bassin.

    Cette truite prise en début de saison n’est ni grosse, ni longue, ni américaine, mais elle est sauvage, et vit dans nos eaux. Et les gros poissons sauvages se méritent. C’est ça la pêche, non ?

    Des choix plus halieutiques qu’écologiques 

     Si l’on observe l’alevinage de truites en France, en Europe et dans le monde, on prend rapidement conscience que ce sont presque toujours les pêcheurs qui sont à l’origine des introductions. Alors, que veulent les pêcheurs ? C’est bien là la question.
    Même les pêcheurs à la mouche, respectueux d’une nature sauvage, cèdent le plus souvent à la tentation de la “bassine”. C’est le cas dans les pays voisins comme l’Autriche, la Slovénie, la Croatie ou l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, où l’on a commis de véritables crimes écologiques en voulant développer le tourisme pêche. Le no kill étant dans ce cas un faux prétexte de respect et de protection des cours d’eau et des poissons qui les peuplent. Les conséquences de l’introduction de truites arc-en-ciel dans des rivières en bon état écologique produisent un effet dramatique sur les populations de truites fario sauvages. Comme chacun sait, les truites arcs-en-ciel d’origine domestiques sont actives tout l’hiver. Leur prédation sur les fraies de truites fario sauvages touche dans un premier temps les oeufs, puis dans un second temps les alevins.
    Le risque sanitaire est également trop souvent sous-estimé. Idem pour les introductions de truites fario, dont tout le monde connaît aujourd’hui le risque de la pollution génétique.
    Il est étonnant de constater à quel point ce genre de constat est tabou dans le petit monde halieutique français et européen.
    Les pêcheurs français sont de plus en plus nombreux à se rendre dans ces pays où la pêche à la mouche offre une “garantie” de résultat que l’on ne trouve pas en France. On fait donc l’autruche, sans oser regarder les choses en face. Les pêcheurs veulent avant tout s’amuser, si possible dans un cadre sauvage préservé et entre pêcheurs de la même caste. D’aucuns rêvent de parcours similaires dans les eaux françaises, y compris dans des zones où les truites sauvages sont encore très présentes. C’est déjà le cas dans certaines rivières (Isère, Drac, parcours de seconde catégorie). Le risque est si grand qu’on ne peut le passer sous silence.
    La perte de populations sauvages est un phénomène irréversible. Voilà, tout est dit.
    Cette réflexion nous amène à reconsidérer le rôle des pêcheurs au bord des cours d’eau. Car la pêche devient une activité de loisir que l’on voudrait comparable à d’autres, comme le ski, le VTT ou le rafting. On paye et on consomme. C’est dans l’air du temps… Cet antagonisme entre plaisir personnel du pêcheur et respect de l’environnement est une question que chaque pêcheur doit se poser. Nul doute que les lecteurs de Pêches sportives, très sensibilisés à cette réflexion, qui transparaît régulièrement dans les pages de “L’Echo du radier” à travers les articles de Sylvain Richard, Arnaud Caudron ou de Guy Périat, sont conscients du problème.
    Mais, globalement, la majorité des pêcheurs à la mouche français vont d’abord à la pêche pour se défouler, faire des scores, en se donnant bonne conscience en pratiquant le no kill. C’est très bien le no kill, mais une truite d’alevinage reste une truite d’alevinage.
    A-t-elle sa place dans un cours d’eau peuplé également de truites sauvages ? Non. On observe également des comportements contradictoires.
    Par exemple, la plupart des pêcheurs français estiment que la truite arc-en-ciel n’a pas sa place dans nos rivières (c’est en tout cas le sentiment général), alors qu’une bonne partie des mêmes pêcheurs sont ravis de retrouver cette espèce en Autriche et dans les rivières des pays voisins.
    Etrange non ? Mouche

    bassineCritique plus souvent qu’à son tour de la politique d’alevinage demandée par le pêcheur lamda “franchouillard”, le pêcheur à la mouche accepte finalement la même chose en pêchant dans les pays voisins où sont commis des crimes écologiques sur des rivières en excellent état, où l’on “bassine” allègrement des truites d’élevage. Il faut savoir balayer devant sa porte !

    Le rêve américain

     Ce qui est vrai en Europe ne l’est pas forcément ailleurs. Les rivières autrichiennes ou de l’ex-Yougoslavie sont pour les pêcheurs européens des rivières comparables à celles que l’on trouve aux Etats- Unis. Mêmes espèces de truites (hormis la marmorata), techniques de pêche et mouches similaires. Pauvre comparaison ! La situation est en réalité radicalement différente.
    Aux Etats-Unis, les truites arc-en-ciel sont autochtones et les farios ont été introduites à partir de souches européennes provenant de Bavière. La situation est donc inverse et cela s’est produit il y a presque un siècle. Dans le Montana, on observe que l’on trouve rarement beaucoup de farios sur les secteurs riches en arcs-en-ciel, mais les deux espèces arrivent à cohabiter.
    Cela s’observe également en Patagonie, où les deux espèces ont été introduites à partir des populations d’Amérique du Nord.
    Chaque espèce semble trouver sa place. C’est ce modèle qui a été développé en Europe, mais il n’est malheureusement pas reproductible.
    On dispose aujourd’hui d’études génétiques précises, d’évaluation de l’état écologique des cours d’eau, mais pour autant les mentalités en matière d’alevinage en truites n’ont pas évolué, à l’exception des exemples isolés que nous vous présentons régulièrement dans ces colonnes.
    Autoriser les alevinages dans les plans d’eau, les cours fortement perturbés, en prenant toutes les précautions, se conçoit. Pour le reste, la seule chose qu’il nous reste à faire est de préserver ce qui subsiste comme populations sauvages, sans concessions ni tabous, sans rêver à l’oncle Sam, sans céder aux chants des sirènes, bref en regardant la réalité en face.
    L’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré du voisin.Arc

    La truite arc-en-ciel a sa place en eaux closes. La pêche en réservoir permet aux pêcheurs à la mouche de prolonger la saison tard dans l’hiver et c’est tant mieux.

    Des truites triploïdes en Haute-Garonne ?

    Le Collectif Mouche 31, association de défense des milieux aquatiques en Haute-Garonne, nous informe que la Fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques du même département avait l’intention de réaliser des alevinages dans les cours d’eau de première catégorie avec des truites arc-en-ciel triploïdes. Le collectif nous faisait part de son inquiétude quant aux conséquences que peuvent avoir ces poissons sur les populations sauvages de truites. En pisciculture, la triploïdie est utilisée chez la truite pour améliorer la qualité gustative des gros sujets en évitant la maturation sexuelle.
    Plus récente chez les poissons que chez les végétaux, cette technique reproduit un phénomène observé dans la nature, en utilisant un processus physique reproduisant soit un choc de température, soit un choc de pressions sur les oeufs, permettant de garder le troisième jeu de chromosomes naturellement présent dans l’oeuf. La triploïdie induit uniquement une stérilité des poissons afin d’éviter la maturation sexuelle. C’est en quelque sorte un procédé qui s’apparente à la castration, comme on l’utilise chez les bovins, les porcs et les volailles, car la maturité sexuelle des truites s’accompagne d’une altération de la qualité de la chair. Pour éviter cela, les pisciculteurs utilisent cette technique. Les truites triploïdes ne peuvent donc se reproduire. Quand on sait que les truites arc-en-ciel d’élevage non triploïdes sont généralement incapables de se reproduire, on ne voit pas l’intérêt d’introduire des truites “castrées”, qui ont la réputation de se nourrir beaucoup plus activement encore que les autres arcs-en-ciel “normales”. L’impact sur les populations sauvages dans les rivières d’un département où la gestion patrimoniale est une évidence n’a visiblement pas été pris en compte.
    Cela tient de l’irresponsabilité la plus profonde.
    Renseignements : [email protected]

  • Le « paradoxe » de la Loue

    Le « paradoxe » de la Loue

    Le “paradoxe” de la Loue Presque un an après le naufrage de la Loue, dévastée par les cyanobactéries toxiques, les services de l’Etat ont publié plusieurs rapports officiels et concluent à un état écologique convenable de la célèbre rivière. Difficile d’évaluer quelle est la part de mauvaise fois et d’incompétence dans cette affaire, qui démontre de façon dramatique quel sort l’administration réserve à tous les cours d’eau français.

    Par Philippe Boisson

    Paradoxe Loue

              Les journaux halieutiques parlaient beaucoup de la Loue avant le drame du printemps 2010, ce qui avait tendance à agacer certains lecteurs qui pêchent loin du Doubs. Qu’ils nous pardonnent de remettre le couvert en cette période de crise, car l’exemple de la célèbre rivière est une excellente occasion d’observer la façon de travailler des services de l’Etat, méthode qui s’applique au niveau national. Ainsi la Loue, symbole biologique il y a peu, est passée en quelques mois au statut de désert aquatique. Depuis le redoutable épisode de mortalité des populations de poissons dont nous avons beaucoup parlé au cours des précédents numéros, les services de l’Etat ont présenté le 4 novembre une synthèse de toutes les investigations réalisées cette année concernant ce qui est présenté comme une énigme, sinon comme un paradoxe. En effet, les services administratifs ne comprennent pas comment, dans cette rivière qui a vu sa biomasse pisciaire s’écrouler en quelques mois, les analyses sont – selon eux – bonnes au point de se laisser aller à écrire ceci : “L’ensemble des compartiments biologiques permet de conclure à un bon voire très bon état de la Loue au sens de la DCE sur le secteur concerné.” La DCE, parlons-en…

           La directive cadreeuropéenne sur l’eau (réf. : 2000/60/CE) oblige les Etats membres de la Communauté européenne à atteindre un “bon état écologique” des milieux aquatiques et des bassins versants pour 2015.Cette directive impose des seuils qui relèvent de la chimie, de la biologie et de la physique avec trois composantes majeures qui sont la physico-chimie, l’écologie et l’hydromorphologie. Dans un délai maximal de neuf ans suivant la date d’entrée en vigueur de la directive, chaque district hydrographique (certains étant internationaux) doit produire un “plan de gestion” s’appuyant sur l’état des lieux (résultats des analyses et études de la phase I). 

    La Loue

    Pour ne pas s’opposer aux agriculteurs, pour échapper aux amendes et aux astreintes financières imposées par la DCE, l’Etat cherche par tous les moyens de faire passer le drame des rivières comtoises sur le dos des conditions climatiques et autres causes naturelles.


    Ce plan de gestion doit être en mesure de : 

    – prévenir la détérioration, améliorer et restaurer l’état des masses d’eau de surface, atteindre un bon état chimique et écologique de celles-ci, ainsi que réduire la pollution due aux rejets et émissions de substances dangereuses, 

    – protéger, améliorer et restaurer les eaux souterraines, prévenir leur pollution, leur détérioration et assurer un équilibre entre leurs captages et leur renouvellement, 

    – préserver (restaurer le cas échéant) les zones protégées.

                   Un délai de quinze ans (à partir de l’entrée en vigueur de la directive) est prévu pour atteindre les objectifs de bonne qualité écologique, avec des dérogations possibles dans des conditions précisées par la directive. Une pollution accidentelle temporaire de l’eau ne sera pas retenue comme infraction à la directive si elle était imprévisible, induite par un accident, une causenaturelle ou un cas de force majeure.Dans le cas où le bon état écologique ne serait pas atteint, les Etats devront payer des pénalités. L’Etat français, cancre au niveau européen en matière de protection de l’environnement, est dans le collimateur de la Commission européenne. Le risque d’un contentieux communautaire sur les nitrates existe en Bretagne : suite à la saisine de la Cour de justice des Communautés européennes du 21 mars 2007, la France encourait 28 millions d’euros de pénalités immédiates et 117 000 euros d’astreinte par jour.En raison de la proposition d’un plan d’action “Nitrates”, la Commission européenne a renoncé à son recours. Le prix de ce plan est de 86 millions d’euros, mobilisables sur cinq ans afin de ramener à la norme le taux en nitrates des eaux de neuf bassins versants. La France encourt toujours une condamnation qui pourrait tomber avant la fin de cette année. Dans l’affaire de la Loue, le discours du préfet du Doubs, en parfaite harmonie avec celui du directeur général de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), évoque un malheureux concours de circonstances qui implique plusieurs causes naturelles, parmi lesquelles le manque de pluie, la forte chaleur dès le mois d’avril et une forte luminosité, qui seraient à l’origine d’un développement exceptionnel de cyanobactéries tueuses, responsable de la disparition de plus de 80 % des poissons adultes de la haute et moyenne Loue.

                   Il faut prêter une oreille attentive à chaque mot des déclarations officielles en pareil cas. En effet, les pénalités ne s’appliquent pas lorsque les causes d’un mauvais état écologique sont dues à des causes naturelles… Clairement, l’Etat cherche par cette pirouette à se dédouaner de la DCE. Par la même occasion, cela leur permet de ne pas s’opposer à l’agriculture et ses épandages qui recouvrent littéralement la Franche-Comté à la fin de l’hiver, et qui sont en grande partie responsables de ce désastre. Ce comportement est tout simplement honteux. Les analyses physico- chimiques officielles sont étonnement “raisonnables” en ce qui concerne la Loue. Pourquoi ? Le débat touche le protocole d’analyse. Selon les agents de l’administration interrogés, les avis divergent sur la nature des prélèvements.D’une part, la présence de nitrate fluctue régulièrement en fonction d’un nombre important de facteurs.D’autre part, un prélèvement en eau libre ne révèle pas les mêmes taux qu’un échantillon provenant d’une zone morte asphyxiée par les algues vertes. Cela soulève une autre question. Les analyses ponctuelles suffisentelles à révéler la présence ou l’absence de tel ou tel polluant ? La plupart des spécialistes indépendants consultés (hydrobiologistes notamment et personnel de l’Onema) sont unanimes pour émettre des réserves à propos de ce protocole. Ces mêmes spécialistes admettent tous qu’un contrôle en continu serait beaucoup adapté.L’Agence de l’eau de Picardie dispose depuis peu d’un laboratoire mobile qui permet de faire des analyses sur une période de plusieurs semaines. Ce type de matériel serait très utile pour comprendre le (faux) paradoxe de la Loue. Cela éviterait à l’administration d’écrire des inepties et à cette pauvre rivière de mourir définitivement, “protégée” par ses bourreaux. Le “paradoxe” de la Loue n’est pas celui que veut nous faire gober l’administration. Ce serait plutôt celui qui les pousse à protéger l’environnement en faisant exactement le contraire.

    Loue pêche electrique

    Cet été (ici en aval d’Ornans), les agents de l’Onema ont eu bien du mal à trouver des poissons adultes dans la Loue. Le résultat de cette pêche électrique confirme la rumeur. Environ 90 % des poissons adultes sont morts en quelques mois.

    Nous publions ici deux extraits des rapports officiels de l’Onema et de la Mission inter-service de l’eau (Mise) rendus publics début novembre.

    • Onema.

     Etude de la qualité piscicole sur quatre stations de la Loue Les inventaires quantitatifs réalisés au mois de juillet 2010 sur quatre stations de la Loue avaient pour objet d’évaluer l’état des peuplements de poissons de cette rivière. Ces inventaires réalisés selon le même protocole que l’étude de 1998-1999 permettent une comparaison des données. Les deux campagnes ne constituent pas et ne remplacent pas une série chronologique de données sur les mêmes stations et ne permettent pas de prendre en compte les variations inter-annuelles naturelles rencontrées sur ce type de cours d’eau ainsi que les variations dues à l’échantillonnage. Il s’agit de deux “photographies” instantanées des peuplements à dix ans d’intervalle. Outre la réactualisation de l’état de connaissance des peuplements piscicoles sur quatre stations de la Loue, l’objectif était de tenter d’identifier quantitativement l’impact des mortalités observées au printemps 2010, indépendamment de la dynamique naturelle des populations et de la variabilité instrumentale liée à l’échantillonnage. L’analyse des données et des investigations complémentaires ont été réalisées d’août à octobre 2010. Les principales conclusions de l’étude de la qualité piscicole sur la haute Loue sont résumées ci-après. 

    Ce que l’analyse des données permet de dire 

    • Truites 

    De façon générale, par rapport à 1998-1999, la truite a régressé sur toutes les stations d’étude. La régression est significative sur la station de Mouthier-Haute-Pierre tant en nombre de poissons qu’en poids total. Elle est forte sur les masses de truites à Ornans et très forte sur la station de Cléron, elle est également significative sur la station de Lombard. La présence de truites reste loin du potentiel de ce type de cours d’eau tant en masse qu’en nombre. On retiendra qu’en termes de poids total, sur les stations de Cléron, d’Ornans et de Lombard, la truite ne présente environ que 20 à 25 % du potentiel que la rivière peut accueillir sur ces secteurs. De faibles succès de reproduction sont constatés pour la truite, avec des densités d’alevins de l’année bien en deçà de ce que pourrait produire ce type de milieu. Ces faibles densités pourraient également être imputables à des mortalités anormales de cette classe d’âge.

    • Ombres 

    Par rapport à 1998-1999, les populations d’ombres communs ont moins régressé que celles de truites. Les densités d’ombres sont comparables sur Cléron, elles sont en régression sur les autres stations. En termes de masses de poissons, la tendance est différente, avec une augmentation à Mouthier et Cléron et un net déficit sur Ornans et Lombard (– 80% du potentiel théorique).

    • Autres espèces Concernant les autres espèces, notamment les petites espèces (chabot, vairon, loche…), l’étude montre qu’il n’y a pas de différence significative pour le chabot entre 1998-1999 et 2010 et que cette espèce, en dehors de la station de Mouthier-Haute- Pierre, se trouve dans une situation conforme à la capacité théorique du milieu. Il est à noter que les densités numériques ont diminué depuis les années 1970 et que la population des jeunes de l’année est faiblement représentée en 2010. Pour ce qui est des loches franches et des vairons, on notera surtout la baisse sur la station de Cléron pour les deux espèces. Cependant, cette information est à prendre avec certaines réserves, étant donné les faibles efficacités de pêche. L’impact des mortalités piscicoles observées au printemps 2010, notamment sur les secteurs d’Ornans et de Cléron, met en exergue une détérioration du peuplement piscicole déjà diagnostiquée en 1999. En effet, des modifications des peuplements sont observées par rapport au référentiel, mais aussi par rapport à la structuration observée dix ans auparavant.On observe également une érosion des densités de poissons depuis les années 1970.
    Par rapport à l’étude de 1999, les stations choisies comme témoins vis-à-vis des mortalités de 2010 présentent des altérations et des déficits (truites, à Mouthier notamment). Cela rend difficile l’imputation de la régression de certaines espèces aux seules mortalités observées au printemps 2010.

    • Rapport officiel de la Mission inter-services de l’eau Les notes concernant l’analyse détaillée des résultats physico-chimiques et hydrobiologiques d’où sont extraites ces conclusions seront prochainement disponibles sur le site Internet www.doubs.equipement.gouv.fr 

    Contexte et problématique

     La Loue a fait l’objet, de sa source jusqu’au secteur de Quingey, durant le printemps 2010, de phénomènes de mortalité piscicole, accompagnés de proliférations de cyanobactéries qui ont perduré jusqu’en été. Une analyse des données physico-chimiques ainsi qu’une étude des différents compartiments biologiques de la rivière (diatomées, macrophytes et macroinvertébrés benthiques) ont été menées afin de suivre l’évolution de la qualité spatio-temporelle du cours d’eau et ainsi d’appréhender l’existence d’un dysfonctionnement éventuel de l’hydrosystème. Les données physico-chimiques correspondent à deux stations de la Loue appartenant au réseau de contrôle de surveillance de la DCE : Mouthier-Haute- Pierre et Chamblay (située dans le Jura, à quelques kilomètres de la limite départementale).Les données hydrobiologiques concernant les diatomées, les macrophytes et les macro-invertébrés, sont issues de deux stations de mesure existant sur le secteur concerné : Mouthier- Haute-Pierre (appartenant au réseau de contrôle de surveillance de la DCE) et La Piquette à Châtillon-sur- Lison (appartenant au réseau de sites de référence de la DCE). Cette dernière station n’est plus suivie depuis 2007, date de fin du suivi du réseau de sites de références ; toutefois, des analyses de macro-invertébrés ont été menées par la DREAL cet été 2010 afin de disposer de données comparatives.Des données plus anciennes ont également été étudiées pour le compartiment macro-invertébrés (données patrimoniales de 1973 à 1984 et de 1990 à 2006) afin de suivre l’évolution emporelle de la qualité de la rivière.Données physico-chimiques. Les résultats (non validés) des analyses physico-chimiques réalisées au cours de l’année 2010 sur la station de Mouthier-Haute- Pierre dans le cadre du RCS(réseau de contrôle de surveillance) permettent de compléter le diagnostic réalisé en juin 2010. En ce qui concerne les macropolluants (fréquence d’analyse bimensuelle), les résultats obtenus au cours des quatre premières campagnes de l’année confirment le très bon état des eaux vis-à-vis des paramètres ammonium, nitrites, phosphates, phosphore total, DBO, carbone organique. Les teneurs en nitrates, comprises entre 5,3 et 7,9 mg/l, restent du même ordre de grandeur que les années précédentes.Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement Franche-Comté Besançon, le 2 novembre 2010 Sur les 250 à 300 molécules de pesticides dosées dans l’eau en 2010 (fréquence mensuelle ou trimestrielle), aucune n’a été quantifiée entre janvier et août.
    Les métaux sur eau (fréquence trimestrielle) sont soit non quantifiés, soit inférieurs à la limite guide de bon état.Les 41 substances de l’état chimique sont suivies de façon mensuelle en 2010.On observe une quantification uniquement pour cinq molécules de HAP lors d’une seule campagne, sans dépassement des valeurs maximales admissibles. La concentration moyenne reste à évaluer. Pour les autres micropolluants organiques suivis (100 à 170 molécules), on observe une quantification de molécules seulement pour une campagne sur les huit menées pour quatre molécules de HAP, et l’EDTA, mais qui demeurent en bonne qualité, selon les valeurs guides, pour quatre de ces molécules et en qualité moyenne pour une molécule de HAP. L’analyse des données physico-chimiques de l’année en cours ne met donc pas en évidence de dysfonctionnement flagrant sur cette station. Les mêmes analyses sont réalisées sur la station de Chamblay sur la Loue dans le Jura. Les résultats obtenus donnent la même image que celle obtenue à Mouthier-Haute-Pierre, à savoir un très bon état pour les macropolluants (nitrates compris entre 2,4 et 8,9 mg/l), pas de quantification des pesticides, une absence de contamination par les métaux sur eau, une quantification pour quatre HAP sur la liste des 41 substances dangereuses, sans dépassement des valeurs maximales admissibles, et pour quatre HAP et deux autres molécules dans la liste des micropolluants organiques autres. Sur ce secteur de la Loue, situé plus en aval du secteur affecté par les mortalités piscicoles du printemps 2010, on ne met donc pas non plus en évidence de problème lié aux paramètres mesurés lors des campagnes de suivi réalisées. 

    Données hydrobiologiques, résultats et conclusions • Diatomées Sur la station de Mouthier- Haute-Pierre, les notes IBD attestent d’un milieu en bon état (année 2005) à très bon état (année 2006 à 2010) au sens de la DCE. Le peuplement est diversifié et dominé par des espèces sensibles à la pollution, et ne témoigne d’aucune perturbation particulière. La note de 20 et la composition du peuplement obtenues en 2010 (prélèvements réalisés en juillet) sont conformes aux résultats des années précédentes. Sur la station de La Piquette, les notes IBD obtenues de 2005 à 2007 attestent d’un milieu aquatique en bon état au sens de la DCE. Le peuplement présentait alors une cohabitation d’espèces exigeantes et d’espècesrésistantes, qui démontrait la présence d’un léger excès en matières organiques.
    • Macrophytes Les notes IBMR obtenues à Mouthier-Haute-Pierre de 2008 à 2010 correspondent à un milieu peu affecté par les pollutions (niveau trophique faible). Le peuplement est stable dans le temps et la présence d’espèces très sensibles à la pollution démontre que le milieu est de bonne qualité. Il faut toutefois noter la présence massive de l’algue verte Vaucheria sp en 2010, qui progresse depuis 2008. A La Piquette, les notes IBMR obtenues de 2007 à 2009 reflétaient un milieu enrichi en éléments nutritifs (niveau trophique moyen), comme en témoignait aussi la présence d’espèces peu exigeantes, voire polluorésistantes.
    • Macro-invertébrés benthiques A Mouthier-Haute-Pierre comme à La Piquette, les notes IBGN obtenues depuis 1992 attestent d’un très bon état au sens de la DCE. Les notes varient peu dans le temps, la variété taxonomique et le groupe faunistique indicateur sont globalement élevés. Les notes obtenues en 2010 (18 à Mouthier-Haute- Pierre et 19 à La Piquette) sont conformes à celles des années antérieures et ne témoignent d’aucune évolution notable dans le peuplement. L’analyse détaillée des peuplements montre que des taxons polluosensibles tels que les grands plécoptères (Perlidae, Perlodidae) sont collectés régulièrement.Le peuplement apparaît stable au cours du temps, la quasi-totalité des genres collectés en 1973 sont retrouvés actuellement.
    Conclusions La synthèse des données résultant de l’ensemble des compartiments biologiques permet de conclure à un bon, voire très bon, état de la Loue au sens de la DCE sur le secteur concerné.L’étude des compartiments végétaux (macrophytes et diatomées) met en évidence un hydrosystème de bonne qualité avec toutefois un enrichissement en matière organique souligné par les macrophytes au niveau de La Piquette.L’analyse du peuplement macro-invertébrés permet également de conclure à une bonne qualité de l’eau sur ce secteur de la Loue mais aussi à une qualité habitationnelle élevée permettant d’abriter une faune diversifiée. L’analyse poussée met en évidence un peuplement stable et équilibré dans le temps.Suite au rapport de la Mise, l’associationLoue Vive a lancé une campagne d’information destinée au grand public sur les causes et les remèdes qui permettraient de voir la situation s’arranger.
    • Au chevet de la Loue C’est grave docteur ? Oui, en avril et mai 2010, des mortalités très importantes de poissons ont été constatées de Lods à Quingey. Pas seulement les truites et les ombres, qui font la réputation de cette rivière pour les pêcheurs, mais aussi les espèces discrètes comme la loche, le chabot ou le blageon.Quelle est l’origine de cette maladie mortelle ? Les analyses de poissons, de l’eau et du substrat ont montré la présence d’algues bleues, les cyanophycées, dont certaines espèces, comme Oscillatoria, contiennent des toxines du système nerveux et du foie.Pourquoi cette crise a-t-elle eu lieu au printemps ? Les eaux basses, l’ensoleillement, la température ont favorisé le développement de ces algues bleues qui prolifèrent à partir des nitrates et des phosphates présents en excès dans l’eau.

  • Grosses truites des Pyrénées

    Grosses truites des Pyrénées

    Bientôt l’ouverture, c’est une attente insupportable, l’appel de la rivière est tel que nous n’en dormons déjà plus la nuit. Alors pour vous faire patienter, pendant les quelques jours qui vous reste avant d’aller au bord de l’eau, voilà un petit film de belles truites pyrénéennes prises au cour de l’été.