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  • Keitech Salty Core  : le tube qui n’en est pas un !

    Keitech Salty Core : le tube qui n’en est pas un !

    Présenté comme nouveauté dans notre dernier numéro, le tube Keitech Salty Core Tube est enfin disponible depuis quelques semaines. Nous avons pu nous procurer quelques pochettes et l’essayer en plein été, lors d’une période de forte chaleur peu propice à la pêche des carnassiers en général. Et pourtant, les résultats furent au rendez-vous !

    Tout d’abord, il faut bien le dire, ce leurre n’a de tube que le nom. En effet, pour le commun des mortels, un tube est creux, ce qui n’est pas le cas de ce nouveau Keitech dont le corps est plein d’une matière spongieuse imprégnée de sel, comme son nom l’indique. Peu importe, car le Salty Core Tube est une réussite. Sa densité le fait couler relativement vite et sa matière, relativement dure au premier contact, ne s’avère pas trop gênante au ferrage. Cette rigidité étant garante d’une bonne tenue dans l’eau. Car parfois, les corps des tubes traditionnels creux s’affaissent un peu et cela perturbe beaucoup leur nage.

    Deux montages possibles

    La pêche avec des tubes est encore peu répandue en France. Conçus pour la pêche du black-bass, ils n’intéressent que de rares spécialistes. C’est une belle erreur que de penser qu’un tube ne prend pas les brochets et les perches, voire les sandres. Ce sont des leurres uniques, qui permettent l’exploration de postes qu’aucun autre leurre ne peut visiter de cette manière. Les tubes peuvent être montés avec l’œillet de l’hameçon texan en avant. Dans ce cas, le leurre réagit comme une sorte de stickbait coulant, capable de se désaxer et d’explorer les massifs d’herbiers en profondeur. Mais c’est surtout monté à l’envers (œillet à la base des tentacules) que notre Salty Core devient réellement singulier. Contrairement à un tube creux, celui-ci peut se monter dans les deux sens tout en restant parfaitement centré. Il en résulte une nage proche de celle d’un jig lors des tractions, avec les tentacules qui se replient et s’ébrouent. C’est sur les relâchés que la fête commence : prenez un herbier de potamots ou de rubaniers, un massif de nénuphars et faites-le “buzzer” en surface. Arrivé au bout de la zone végétale, marquez un coup de scion bref, mais marqué. Votre leurre repart alors d’où il vient, mais sous la surface, dans la gueule du loup ! Il s’agit d’un des rares leurres capable de fonctionner en marche arrière. Cela marche à tous les coups, à condition de laisser du mou dans la bannière. Les touches se voient alors plus ou moins nettement sur le fil ou la tresse (jaune, de préférence). Cela va du petit “toc” aussi discret que celui d’une truite qui prend une teigne à la secousse violente dans la canne, immanquable. Ce leurre sert donc principalement à la prospection des herbiers et des bois morts. J’ai une préférence pour la pêche à vue, à l’aide de lunettes polarisantes. Cela permet de pêcher avec une grande précision pour viser la partie d’herbier la plus prometteuse. D’une façon générale, le Salty Core Tube permet d’assurer de bons ferrages. Tout dépend de la phase d’animation. Tant que le fil est détendu, le taux de réussite au ferrage reste très correct. J’ai en revanche connu des ratés avec les brochets qui prennent au moment où le fil se retrouve tendu lorsque, le leurre est arrivé en bout de course et qu’il faut bien le faire remonter. Dans ce cas, les touches sont souvent brutales, mais sans que le poisson ne se pique.
    J’ai également pu assister à vue à une vraie frénésie de la part des perches face à ce leurre, y compris en pleine eau. Les plus petites le prenant plusieurs fois jusqu’à ce qu’elles se piquent ! Les leurres Keitech sont très chargés en sel et en attractant (calamar). Est-ce pour cette raison ou simplement parce que l’allure de ce leurre monté à l’envers évoque avec réalisme une écrevisse ? Mystère.

    Jean-Marc Theusseret


    Caractéristiques :

    – Longueur : 10,5 cm
    – Poids : 14 g
    – Densité : nettement supérieure à celle de l’eau.
    – Hameçon recommandé :
    swimbait hooks 3/0 ou 4/0 de type Owner Beast (non lesté)
    – Existe en huit coloris :
    (plutôt naturels).
    – Prix conseillé : 11,40 euros
    la pochette de six leurres.

     

  • La Falcon touch, une nouvelle de Jean-Christian Michel

    La Falcon touch, une nouvelle de Jean-Christian Michel

    D’après une idée originale de Jean-Marc Theusseret

    A toutes ses victimes…
    Certains naissent escroc. C’est une façon d’être. On ne peut pas dire que cela soit maladif, mais ils sont ainsi, partout et tout le temps. La rubrique judiciaire du JT nous présente chaque jour les spécimens les plus inventifs de ce levain trop fermenté de l’espèce humaine… mais d’autres restent en liberté et ils vont à la pêche. Le nôtre ne s’appelait pas Madoff, il ne fabriquait pas non plus des prothèses à doudoune jetables ni ne promettait cinquante pour cent de retour sur investissement à ses meilleurs amis…
    Et pourtant ! Vous ne vous en rappelez peut-être pas, mais c’est à Falcon que nous devons l’invention du « propulseur » XTT8. Un propulseur me direz vous…qu’est-ce à dire ?  C’est la question que s’est justement posée celui qui en a trouvé un exemplaire dans sa boite à lettre avec la lourde tache d’en effectuer la recension pour les colonnes de sa revue…
    En considérant le blister, le journaliste a bien pensé que la chose en question devait avoir un lien avec la pêche à la mouche…Mais la densité était étrange, ainsi que le revêtement…Et que dire de la finition ! Mais bon… comme certaines bêtes de course s’embarrassent peu de l’esthétique, il lui laissa le bénéfice du doute. Il se renseigna :

    – « Allo, Monsieur, Falcon, j’ai entre les mains votre… « propulseur »… Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?»
    – « Comment « un peu plus ? » Mais essayez le ! Il s’agit du vecteur halieutique nouvelle génération !»
    – « Dame…»
    – « Un propulseur est une évolution radicale de ce que vous appelez une soie.»
    – « Vous me rassurez, je croyais que…»
    – « En toutes choses il existe un avant et un après. Le propulseur est la soie du lendemain.»
    – « Du lendemain de quoi ?»
    – « Essayez, vous comprendrez…»

    Bigre ! Le journaliste ainsi instruit sangla son gilet, mit sa casquette et se fit un devoir de tester l’avion de chasse. Mais au moment ou il ouvrit le blister comme à celui où l’engin gifla la surface de la rivière pour la première fois, ses mots furent les mêmes :
    – « Mais c’est quoi ce machin ?»
    On ne peut pas dire que cela partait mal -rapport à sa densité de câble à vélo- mais les posés obtenus étaient franchement dégueulasses.  Bref, les performances et la facture d’ensemble relevaient du plus total bricolage.
    Facture qui en appelait une autre, mais salée cette fois et qui, elle, ne laissait plus aucun doute sur les intentions de son inventeur. A cent cinquante euros le vecteur halieutique, on n’entrait pas seulement dans une nouvelle ère, on basculait dans l’incommensurable !
    De son ongle, le journaliste n’eut aucune difficulté à enlever le revêtement de misère qui laissa apparaître un pauvre morceau de dacron fossilisé dans de la cire… Sous le propulseur se trouvait une ficelle… Et sous l’artisan, un ruffian.
    L’âme multi strong fusionnée à transfert de masse n’était en fait qu’une ficelle de palangrier plongée dans la cire micro-cristalline bouillante puis peinte.
    Pour ne pas se cramer les doigts, l’artiste devait jongler comme un pizzaïollo afin de dérouler dare-dare l’écheveau de part et d’autre de l’étendoir familial… Sans quoi, il arrivait que l’âme fusionnée de la XTT8 ait la mémoire un peu rancunière ! Il « fusionnait » ses soies par quatre et coupait alors l’écheveau aux ciseaux, façon spaghettis. Ensuite, Falcon laissait libre cours à son génie pictural. Et vas-y que je te tartine les ficelles au rouleau à peinture : vernis, peinture, vernis ! Vous voulez une WF ? Vlan ! Trois couches de plus sur le nez !  Falcon bidouillait des profils inconnus des catalogues.  Il avait fait du sur mesure son credo.
    A l’aide d’une formule « maison », il intégrait les données halieutiques et anthropométriques du client afin de déterminer avec exactitude la meilleure longueur de fuseau de lancer et le rouleau à peinture faisait le reste. Le prix se déterminait alors comme le fuseau : à la tête du client. A l’heure où toutes les soies étaient fabriquées en Asie, lui produisait français ! Pour finir, il lovait le tout dans un blister maison soudé avec la machine qui lui servait à congeler les cèpes… Gare à toi Thébault ! La XTT8 était disponible en deux teintes : « brown supérior » (qui rappelait un peu la couleur du siccatif qu’il achetait à dix euros les trois litres dans son magasin de bricolage) et « vert Montlhéry », autre curiosité de teinte, une sorte de vert olive un peu trop soutenu, teinte à laquelle le pot de quinze kilos qui servait à caler la porte du garage depuis vingt ans n’était peut-être pas totalement étranger.
    C’est par la Montlhéry que le scandale est arrivé.
    Ce jour là, Falcon tenait salon dans un de ces temples où la crédulité halieutique se réfugie pour passer l’hiver. L’homme était dans son élément. En bon maître de persuasion, Falcon s’était spécialisé dans les groupes, tout particulièrement dans ceux qui se revendiquaient de l’appartenance à un club à écusson et dont les belles têtes de passionnés laissaient entrevoir un endormissement rapide.  L’inventeur les accueillait sans fioriture et avec l’humilité de ceux qui sont habitués à s’user les mains contre l’ingratitude de la matière.  Mais tôt ou tard, un audacieux tirait sur la ficelle… « C’est quoi une XTT8 ? »
    Falcon baissait la tête, s’ébrouait deux ou trois fois puis il démarrait comme un moteur de zodiac secoué de quatorze roulements de « r » à la douzaine. Plus moyen de l’arrêter… Pour cela, il fallait acheter. Balthazar Falcon occupait l’espace comme un gladiateur dans l’arène, seul au milieu de tous les incrédules et toujours prêt à esquiver un mauvais coup.  Mais tout les artisans vous le diront : de nos jours le client est devenu tyrannique. On a beau se mettre en quatre, il n’est jamais content… Alors comment se démarquer quand pour tout appareil de production on ne dispose que d’un étendoir et d’un rouleau à peinture ?

    – Ainsi est née, Mesdames, Messieurs la XTT8 : joignant la précision de Besançon à la régularité des tisserand de Roubaix, notre XTT8 est un concentré de savoir faire et de technologie. Nos artisans l’ont élaborée autour d’une âme fusionnée à chaud qui lui confère grâce  et longévité. Des propriétés incomparables que seuls (il insistait bien sur ce mot) les amoureux du beau geste sauront apprécier…
    Et si un quidam avait le malheur de dire :
    – Moi j’ai une R2T depuis quatre ans et elle vieillit pas mal… Falcon se figeait et lorsqu’il desserrait les dents, il répondait invariablement :
    – Nous ne parrrlons pas de la même chôôse…Vous devez vous convaincre du caractère transcendantal de ma XTT8… Ce propulseur bouleverse les conditions de possibilité de l’expérience halieutique ! Bref, bref, il est la matière de nouvelles sensations… Et donc, le comparer, tant en terme de qualité que de plaisir est dépourvu de sens ! 
    Dans la XTT8, ce qui était important, c’était le 8. C’est lui qui concentrait toute l’ingénierie transcendantale du vecteur halieutique. Comment le déterminait-on ? C’est là qu’intervenait la « Falcon touch ».
    Quand notre homme sentait l’acheteur potentiel sur le point de lâcher prise, il le prenait en aparté et lui demandait à mi-voix :
    – Quel est votre transept ?
    Le gars tournait vers lui les yeux de Monsieur Jourdain.
    – Pardon ?
    – Votre transept…
    – Pff… Je ne sais pas trop… Je dois avoir un transept ordinaire…
    – Bon, abordons le problème sous un autre angle. Quel est le faciès de votre rivière favorite ? Plutôt lotique ou plutôt lentique ? C’est important, car j’utilise la science des rivières. J’agrège à mes vecteurs les dernières découvertes scientifiques. 
    – Ah… ça, c’est un peu pareil… J’ai du mal à vous répondre. Il faudrait que je demande au technicien de ma fédé.
    – C’est ça, demandez-le-lui. Mais en attendant mon expérience me dit que vous devez être à quarante huit pour cent. Lotique ou lentique ? Peu importe puisque pour votre confort j’intègre à la détermination de la longueur du fuseau de lancer un coefficient dilatatoire de 0,25. Il vous faudrait un long belly small mouth… Parfait ! Tenez, par chance il me reste une XTT8 en vert Montlhéry, c’est pareil.
    –  Non. Elle n’est pas belle. Donnez moi plutôt la brown supérior. 
    – C’est à dire que je vais en avoir besoin pour la démonstration.
    – Eh bien vous la ferez avec la verte, votre démonstration, où est le problème ?
    – Aucun, aucun…
    Cependant, Balthazar Falcon sentit le piège à singe se refermer sur ses doigts, mais il ne pouvait pas se résoudre à l’idée de laisser passer une vente… Il avait à peine noué la Montlhéry au backing lorsque le démonstrateur l’appela au micro sur le pas de lancer.
    – L’âme est encore raide, il faut réaliser un échauffement progressif dit-il au testeur étonné… 
    – Ne vous inquiétez pas, je vais prendre soin de votre bébé… 
    Le propulseur glissait foutument mal dans les anneaux. Le testeur se mit à sourire et dit en regardant Falcon :
    – Allez, j’enlève le starter ! 
    La plaisanterie n’eut pas le temps d’être goûtée. D’avant en arrière, de fines particules de vert Montlhéry commencèrent à descendre au sol en papillonnant. Pom, pom, pom, pom, pom, pom, bonne nuit les petits…
    L’assistance retenait son souffle. Par charité chrétienne, le testeur shoota le plus délicatement qu’il put mais la XTT8 se vautra au sol, fourbue, à une petite quinzaine de mètres en détortillant convulsivement ses vilaines spires de petit rouleau de fil de fer…
    Silence de mort. Tout homme normal aurait souhaité être dématérialisé et téléporté dans une poche de son gilet de pêche. Ou mieux, être liquéfié : disparaître sous la moquette en plastique du palais des expositions, se faufiler sous terre et rejoindre la rivière pour réapparaître loin, très loin des mauvais regards et disparaître en courant à l’horizon de verts et oublieux pâturages…
    Mais Balthazar Falcon ne faisait pas parti du commun des mortels. Il se dirigea vers le testeur avec son assurance de bon petit zodiac, lui ôta la canne des mains, avant de rembobiner lui-même la ficelle, ironique, et de lancer à l’assistance cette sentence que je vous invite à méditer :
    - Voilà ce qui arrive lorsque la molécule est froide !

  • Lunker City SwimFish

    Lunker City SwimFish

    Nouveau venu dans la gamme Lunker City, le SwimFish est un shad qui vient s’associer au célèbre Shaker dont il reprend le pad circulaire terminal. Après plusieurs mois de tests sur différents poissons, nous avons été séduits par ce leurre, simple, non aromatisé, mais qui ne laisse pas les carnassiers indifférents.

    Considéré par les meilleurs pêcheurs de sandres belges ou hollandais comme l’un des meilleurs shad, le Shaker rencontre également un succès mérité en France. L’arrivée d’un nouveau leurre assez similaire dans la gamme a donc attiré notre attention. C’était au printemps, et depuis, il ne quitte plus nos boîtes ! Sandres bien sûr, silures, brochets, bars et même grosses perches, tout y passe. Dans sa conception, le SwimFish ressemble à un Shaker mais dès la prise en main deux choses les différencient, la forme du corps et la matière. Le SwimFish est beaucoup plus souple que son frère, un peu plus fragile aussi et son corps est beaucoup plus épais. Cette nouvelle matière très souple permet au SwimFish, qui, soit dit en passant porte bien son nom, de nager parfaitement avec seulement 4 à 5 g de lest, ce qui n’est pas le cas du Shaker, qui demande quasiment le double de poids. Cette capacité à nager peu lesté en fait un leurre très polyvalent, aussi à l’aise en pêche légère depuis la rive que fortement plombé en bateau. En action de pêche, le corps du SwimFish oscille nettement (effet de wobbling) laissant briller tour à tour ses flancs.

    Un leurre qui n’a pas d’odeur ?

    Avec la mode des attractants et des arômes, les leurres qui en sont dépourvus prennent soudain un coup de vieux. Comme tous les leurres Lunker City, le SwimFish sent nettement le plastique et pourtant, les pêcheurs hollandais ou flamands prennent des milliers de sandres et de brochets chaque année avec ces leurres. J’ai personnellement remarqué que les sandres avalent souvent les Shaker, les Fin’S et les Swimfish et que cela est moins fréquent avec d’autres leurres aromatisés. Voilà de quoi relancer le débat sur l’intérêt des attractants !

    Des couleurs qui ont fait leurs preuves

    Les teintes des leurres souples Lunker City sont un des points forts de la marque. Pour le sandre, les teintes Arkansas Shiner (qui ressemble à celle d’un lieu jaune) donnent d’excellents résultats, tout comme les couleurs Smelt (bleu verdâtre) ou Ice Shad (blanc pailleté). Sans oublier le fameux Limetreuse (vert fluo). Ces teintes conviennent également toutes pour la pêche du brochet.


    Pour les réparations, pensez à la colle Spike It

    Objet d’une présentation par Philippe Collet dans le prochain numéro de Pêches sportives (N° 89), la colle Spike It permet de refaire à neuf un leurre découpé par la courbure de l’hameçon et les dents des carnassiers. La relative fragilité du SwimFish trouve ici un allié qui fait nettement augmenter son espérance de vie.


    Caractéristiques :

    Longueur 12,5 cm pour 11 g.
    Sans attractant, ni arôme.
    Densité : flottant.
    Vendu par sachet de quatre leurres de couleur identique.
    Prix conseillé : 6,95 euros.

    Renseignements et liste des points de vente : www.flashmer.fr

  • Thierry Haart, l’art de la précision

    Thierry Haart, l’art de la précision

    Haart est sans doute un nom prédestiné à la fabrication des moulinets de pêche à la mouche. Si les jeunes générations de pêcheurs ne font pas le rapprochement, les plus anciens sont autorisés à se poser la question d’un éventuel rapport entre l’homme qui nous intéresse ici et Ari T. Hart, le créateur des fameux moulinets ATH. Ainsi, Thierry Haart fabrique lui aussi de façon artisanale des moulinets, pas n’importe quels moulinets, uniquement sur commande et uniquement des pièces numérotées.

    Usineur, fraiseur et tourneur de formation, Thierry Haart est également un vrai passionné de pêche à la mouche, tout comme sa femme Odile. Notre homme aime les défis techniques posés par ce genre d’engin. D’autres tout aussi passionnés que lui, et pas des moindres, ont tenté de repousser les limites de la résistance des matériaux, du gain de poids et de la capacité à récupérer rapidement la soie. L’idée de créer un moulinet très léger, à grand arbre et démultiplié, est devenue obsessionnelle, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, dans l’esprit bouillonnant de Thierry. Les moulinets Haart sont très différents de ce que l’on trouve parmi ceux issus de l’industrie. Les axes tout comme le guide fil sont en titane, matériau ultraléger et très résistant, le bâti et la bobine sont en alliage d’aluminium et le revêtement est à base de poudre de titane (une des très rares étapes qu’il sous-traite), assurant une résistance bien supérieure à une classique anodisation. C’est ce qui donne cette teinte vert grisâtre aux pièces ainsi traitées. L’alliage d’aluminium utilisé propose une résistance exceptionnelle, qui autorise une grande finesse d’usinage. Le choix de ces matériaux a permis un gain de poids substantiel qui a donné à l’artiste la possibilité de se concentrer sur l’essentiel, le système démultiplicateur. Celui-ci est protégé par un brevet d’invention sur l’agencement mécanique.

    Extérieurement, la simplicité de ce système surprend.

  • Pezon & Michel Spécialist Vertical Spécial

    Pezon & Michel Spécialist Vertical Spécial

    Pezon & Michel nous a habitué à des cannes aux blanks sensibles ainsi qu’aux actions de pointes marquées. Cette nouvelle canne dédiée à la pêche à la verticale tient ses promesses et affiche une belle allure, le tout pour un prix très raisonnable. Voyons ce qu’il en est en action de pêche.

    J’ai toujours regretté de ne pas m’être rendu acquéreur d’une Pezon & Michel Sinker Jig, canne apparue sur le marché il y a quatre ou cinq ans et dont le blank est d’une rare pureté, tant par sa fibre que par son action de pointe très marquée.
    J’aurais pu me décider, mais l’arrivée de cette Spécialist Vertical Spécial l’a finalement emporté. La raison est simple : le blank est similaire à celui de la Sinker Jig et les éléments la composant sont plus adaptés à la pêche à la verticale, avec des anneaux de faible diamètre et une poignée ultracourte. Dès la prise en main, une impression de légèreté et de bon équilibrage se dégage instantanément. Impression confirmée en action de pêche après plusieurs heures d’utilisation.

    La Verticale Spéciale mesure 1,90 m et le fabricant l’a prévue pour utiliser des poids de leurres de 14 à 28 g. En pratique, on s’aperçoit très vite que 14 g sont un maximum. Au-delà, 17, 21, 28 g, le scion plie et cherche à amortir les mouvements, ce qui ne permet plus un suivi précis du fond. Il s’agit donc d’une excellente canne de verticale légère qui procure un très grand plaisir de pêche, un ressenti de l’évolution du leurre parfait, à condition de ne pas trop lui en demander. Pour en être amoureux depuis quelques semaines, je conseille de l’utiliser surtout en lac avec un grammage ne dépassant pas 15 g. Pour la pêche lourde en rivière où le courant est toujours présent, il vaut mieux passer à l’artillerie lourde si l’on veut ferrer efficacement de gros carnassiers.

    On voit nettement que Pezon & Michel a voulu faire une canne très technique, avec, je le répète, un blank à faire rougir certaines marques proposant des produits trois fois plus chers. La poignée propose un très beau liège et une préhension qui a été très bien étudiée, car la pêche à la verticale procure une fatigue au niveau du poignet et de la main. Rares sont les fabricants qui proposent autre chose qu’un porte-moulinet brut sur lequel la main du pêcheur côtoie directement le pas de vis… Le travail qui a permis la création de cette canne doit en tout cas être salué et encouragé. L’idéal serait la création d’un modèle plus puissant pour disposer d’un tandem cohérent et efficace en fonction des grammages choisis.

    Caractéristiques :

    Longueur : 1,90 m.
    Poids : 110 g.
    Puissance : 14-28 g.
    Nombre d’anneaux : 7.
    Ligne recommandée : 8-16 lb.
    Prix conseillé : 169 euros.
    Livrée avec housse.

  • Temple Fork Outfitters

    Temple Fork Outfitters

    Parmi les dizaines de nouveautés arrivées sur le marché américain en 2010, les cannes TFO BVK ont rencontré un franc succès. Nous avons voulu en savoir plus sur ce produit qui, de plus, affiche un tarif très doux, et nous n’avons pas été déçus ! Nous avons choisi de tester la 9 pieds pour soie n° 6, qui s’avère être une canne idéale pour voyager.

    Par Jean-Marc Theusseret

    Développées par deux légendes vivantes américaines, “Lefty” Kreh et Flip Pallot, les cannes TFO (Temple Fork Outfitters) ne sortent pas des showrooms chinois où tous les pseudo fabricants vont faire leurs courses. Avec la gamme BVK, l’action rapide marquée annonce la couleur. Le modèle pour soie n° 6 en quatre brins testé est particulièrement représentatif de cette tendance. Autant dire tout de suite que cette canne en a sous le pied, ou plutôt sous le blank. Elle constitue une très bonne canne pour le pêcheur voyageur, qui selon les destinations peut être amené à lancer parfois des mouches imposantes et à pêcher de larges cours d’eau. Pour qui possède une bonne technique de lancer à longue distance, les vingt mètres sont atteints en quelques secondes avec la possibilité de former une boucle de soie étroite qui perce remarquablement le vent.

    Ce n’est certes pas la canne idéale pour pêcher en 8/100, mais un outil redoutable pour faire face à toutes les situations à l’étranger. Le numéro de soie préconisé est juste (profil WF ou triangulaire). Cette BVK pour soie de 6 représente donc un excellent choix avec des performances suffisantes sans être obligé de recourir à l’artillerie lourde des cannes faites pour des soies n° 7 ou 8. Avec un prix public conseillé de 239 euros, il n’y a donc rien à redire. A noter : les deux premiers anneaux flexibles antichocs, des points de repère bien visibles pour l’alignement des brins et un portemoulinet carbone et aluminium anodisé.

    Renseignements :
    TOF Fly fishing Chaussée de Wavre, 362 B-1390 Grez Doiceau Belgique Tél. : 00 32 10 24 18 24.
    E-mail : [email protected]

  • Les bonefishs d’outre-France

    Les bonefishs d’outre-France

    En quelques années, les eaux de Nouvelle-Calédonie sont devenues aussi réputées que celles de Cuba, des Bahamas ou de Floride pour les amateurs de pêches sportives. S’il ne faut pas abuser des comparaisons, force est de reconnaître que l’île et ses nombreuses dépendances ont de quoi séduire les pêcheurs les plus exigeants. Les bonefishs ont la réputation d’afficher une taille moyenne élevée. Nous vous proposons donc en images un petit avant-goût de ce paradis.

    Par Jean-Marc Theusseret. Photos Richard Bertin.

    En Nouvelle-Calédonie, les pêches sportives et notamment celle du bonefish à la mouche semblent avoir été oubliées par les auteurs halieutiques des différentes publications éditées dans le monde. Il est cependant un fait certain que la Nouvelle-Calédonie possède, notamment dans sa région extrême nord, d’immenses “flats”, des tombants et passes de récifs où abondent des populations de poissons de sport. La pêche à la mouche du bonefish (Albula glossondata) en fait partie car le milieu est très favorable à cette espèce. Les “bones” ne sont pas observés en “schools” importantes mais le plus souvent par deux ou trois individus solitaires (notamment les gros spécimens). Le poids moyen des prises se situe autour de 5 à 7 lbs, mais les poissons de 10 lbs ne sont pas rares.
    Les pêcheurs mélanésiens évoquent même la capture à la ligne franche ou dans les mailles de leurs filets de prises record dépassant le mètre et accusant 15 à 17 lbs ! La pêche se pratique guidée, en “wading”, après dépose en bateau. Le matériel utilisé doit être adapté aux conditions météorologiques (vent) et à la puissance des poissons : canne pour soies n° 9 ou 10, moulinet large arbor, etc.

    Les pêcheurs peuvent emporter une canne pour soie n° 10 ou 12, qui servira à pêcher les tazard, carangue, milkfish, mékoua, espadon voilier, skip jack, wahoo, permit, thonidés, tarpon de l’océan Indien, etc. D’autres techniques de pêches comme le popper, le jig, la traîne, le lancer léger ou la traîne côtière et hauturière donnent d’excellents résultats avec les carangues Ignobilis, les thons à dents de chien, les tazards, les marlins, les maï-maï, les thons… Les spots de pêche du Nord ne sont situés qu’à cinq minutes de bateau pour les plus proches et vingt-cinq minutes pour les plus éloignés. Les guides locaux formés et expérimentés depuis quinze années vous indiqueront précisément les poissons en les “pointant” sous l’eau.
    En eau douce, de nombreux black-bass se pêchent dans le lac de Yate, à une heure et demie de Nouméa.

    Informations pratiques :

    Transferts : depuis Nouméa, il faut compter environ cinq heures et demie de route pour rejoindre le lodge. Deux fois par semaine, une liaison aérienne domestique effectue le trajet Nouméa – Magenta – Koumac (une heure de vol) et Koumac – le lodge (une heure de route). Possibilité de transfert par avion privé (Nouméa – Malabou) ou par hélicoptère (renseignements sur demande).

    L’hébergement : en bungalow ou en “tente safari” (une seule unité en exploitation actuellement). Le lodge comprend quatre bungalows de quatre places maximum et une tente safari de luxe. Tous les hébergements possèdent des sanitaires privatifs. A trente minutes du lodge, le Malabou Beach Hôtel*** offre un hébergement de 35 bungalows (climatisés) confortables.
    Les trois repas sont inclus dans les packages proposés. Le dîner : cerf ou cochon à la broche, ou poisson ou plateau de fruits de mer (langouste, crabe de palétuvier), cocktail apéritif et vin servi à table. Le déjeuner est pris sur un îlot sous forme de pique-nique. Les packages comprennent : l’hébergement en pension complète, les transferts routiers, les journées de pêche guidées.

    New Caledonia Fishing Safaris
    Fishing & Hunting Safaris, Richard Bertin, manager BP 2231, 98846 Nouméa Cedex.
    New Caledonia.
    Tél./Fax : +687 25 1940.
    Mobile : +687 78 6200.
    www.fishinpeace.com

  • Les dérives harmonisées

    Les dérives harmonisées

    Les dates d’ouverture de la pêche en France, notamment celles concernant le sandre, le black-bass et l’ombre, permettent la pêche de ces espèces alors qu’elles sont encore préoccupées par la reproduction. On assiste alors à une véritable dérive de la part des pêcheurs qui, d’une part, ne respectent plus cette phase essentielle de la vie des poissons et, d’autre part, prennent l’habitude de réaliser les plus belles pêches de l’année durant cette période.
    Inquiétant…

     

     

    Par Jean-Marc Theusseret

     

     

     Après quelques années de recul et de nombreux témoignages au niveau national, le temps est venu de faire le bilan de l’ouverture de la pêche aux carnassiers, fixée désormais au second samedi de mai. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette date unique ne convient pas à toutes les régions ni à toutes les espèces piscicoles. La seule justification d’une date d’ouverture de la pêche réside dans le respect de la période de reproduction des poissons concernés. Cela comprend la ponte, bien entendu, mais également la maturité des oeufs et le temps nécessaire aux alevins pour qu’ils soient autonomes.

    C’est souvent ce dernier stade qui pose problème. Pour une raison obscure et sous prétexte d’harmonisation des dates d’ouverture de la pêche, la Fédération nationale pour la pêche en France (FNPF) et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) ont choisi d’avancer la date d’ouverture de la pêche aux carnassiers. Fixée donc pour l’essentiel des départements au second samedi de mai, cette date est décalée d’un mois si on la compare avec l’ancienne date d’ouverture, qui durant des décennies avait lieu aux alentours du 15 juin. Venons-en aux faits.
    Dans de nombreux départements, notamment sur l’ensemble de la moitié nord de la France, le sandre et le black-bass soit sont sur les nids, soit défendent farouchement leur progéniture début mai.
    On voit alors, à l’ouverture et durant les semaines qui suivent, de nombreuses prises de sandres, généralement des mâles très sombres, qui se font prendre très facilement parce qu’ils défendent leur nid. Les pêcheurs ignorent pour la grande majorité à quel point il est grave de prendre un mâle sur un nid. Le rôle du mâle consiste essentiellement à charger sans cesse les prédateurs des oeufs que sont les chevesnes, rotengles, gardons, brèmes, etc. Un mâle prélevé sur un nid correspond à des milliers d’alevins qui ne verront jamais le jour.
    Idem pour le black-bass, qui défend farouchement ses alevins.

    Ces deux espèces sont les plus vulnérables à cette période de l’année. Alors on peut se demander pourquoi les instances de la pêche en France ont choisi cette date d’ouverture si précoce. La réponse en surprendra plus d’un. Il s’agit en effet de deux espèces non indigènes introduites dans nos eaux il y a bien longtemps. S’il peut sembler compréhensible d’être méfiants vis-à-vis des espèces exotiques, ces deux-là n’ont aucunement déséquilibré les milieux.
    Mais après le développement exponentiel qu’à connu le sandre peu après les multiples introductions dans nos eaux dans les années 70-80, les populations sont actuellement très fragilisées sur l’ensemble du pays, à l’exception de quelques cas particuliers.
    Quant au black-bass, introduit en France par les militaires américains durant la Seconde Guerre mondiale, il survit péniblement et, chaque printemps, les mâles sont la proie de pêcheurs peu scrupuleux.

    Sondeur

    De telles concentrations de poissons en début de saison ont de quoi déchaîner les passions.
    Sur certains grands lacs de barrage, une véritable migration vers l’amont a lieu au début du printemps.
    Sur ces lieux de fraye de multiples espèces, on déplore toutes sortes de comportements irresponsables de la part des pêcheurs.
    En France, la réglementation permet de prendre des sandres qui défendent encore leur nid. En prélevant ce petit mâle “charbonnier”, c’est toute la ponte qui sera détruite, consommée par les poissons blancs.
    La pêche en no-kill, par des pêcheur soit disant sportifs a donné lieu à d’autres massacres en pêchant des femelles avant la ponte. Par décompression, les oeufs ont été détruits.
    Lamentable… C’est aux pêcheurs de prendre leurs responsabilités et de s’auto-limiter.

     

    La première catégorie 

     Les hasards voire les mystères de la réglementation font que certains plans d’eau ou portions de cours d’eau sont classées en première catégorie alors qu’aucun salmonidé n’y vit plus depuis des lustres.
    La réglementation autorise alors la pêche aux leurres en période d’ouverture de la pêche de la truite. Les prises d’autres carnassiers doivent donc s’effectuer en no-kill jusqu’à l’ouverture générale. Là encore, on assiste à de véritables carnages aux tristes conséquences sur des sandres, des perches et des brochets pleins d’oeufs. Faire monter de plusieurs mètres une femelle pleine d’oeufs est un acte d’une grande irresponsabilité. Par décompression, les oeufs sont détruits immanquablement. Certains lacs, dont celui de Vouglans dans le Jura, sont le théâtre de bien tristes spectacles. Sous couvert du sacro-saint no-kill, des pêcheurs “sportifs” équipés de bass-boat à X milliers d’euros massacrent ainsi ce qui auraient dû constituer les stocks des années à venir. Et comme les nouvelles vont vite, des vidéos circulent sur Internet.
    “On est tombé sur les femelles !” s’exclame une voix qui conseille un pêcheur (nous espérons qu’il ne s’agit pas d’un guide de pêche !). Et la femelle en question roule dans les graviers du rivage.
    “Bon, essuie-là et tu vas la remettre à l’eau ! Bravo, joli sandre !” Nous espérons surtout que toute la partie amont du lac sera mise en réserve temporaire l’année prochaine pour que cessent de tels agissements. La Fédération de pêche du Jura est au courant du problème et nul doute que le nécessaire sera fait pour la nouvelle saison.

    Vers une protection ponctuelle pour le black-bass Certains départements ont enfin compris qu’il était souhaitable de protéger les populations de black-bass en France. Ainsi, les départements de l’Hérault, du Jura, de la Haute-Saône ou de la Côte-d’Or ont instauré une période de fermeture spécifique concernant cette espèce pendant les mois de mai et juin. Nul doute que cette mesure sera couronnée de succès et espérons qu’elle sera suivie par d’autres départements.

     

    En France, la pêche sur frayère devient la norme Si l’on ajoute à tout cela le cas de la pêche de l’ombre sur les parcours où il est permis de pêcher à la mouche depuis l’ouverture de la pêche de la truite, on obtient un constat effarant : les plus belles pêches de l’année se font sur les frayères ! Pour l’ombre comme pour le sandre, le blackbass ou le brochet, c’est devenu la norme, la période propice qu’il ne faut pas manquer sous peine de rater sa saison. Les pêcheurs à la mouche ou aux leurres qui découvrent la pêche par ces techniques soit-disant très recommandables ne sont pas forcément conscients que, d’un point de vue biologique, la pêche doit impérativement être fermée durant ces périodes fastes.

    Le black-bass est également très vulnérable à l’ouverture de la pêche début mai. L’ancienne date, à la mi juin, était beaucoup plus respectueuse des espèces carnassières, notamment le sandre et le black-bass.

     

    Black Grenelle

     


     

    Un (gros) problème de crédibilité 

     Le no-kill a bon dos, il n’excuse rien. Ne pas respecter la période de reproduction des poissons pose un problème de crédibilité, surtout lorsqu’on se prend à considérer la technique utilisée comme exempte de tout reproche.
    Les pêcheurs de frayères ne sont pas des pêcheurs. Ils n’apprendront rien en pratiquant ainsi, même si le 25esandre ou le 12e ombre ne voulait plus du leurre ou de la mouche rose et a préféré du blanc. Sacrée trouvaille ! La responsabilité des instances halieutiques est grande sur ce sujet.
    Par le passé, le temps de pêche était beaucoup plus respectueux des poissons. Beaucoup de jeunes pêcheurs ignorent à quel point l’automne est la seule vraie saison de la pêche de l’ombre. Les pêcher à la sortie de la fraie est un exercice qui n’a pas d’intérêt. La FNPF et l’Onema considèrent sans doute les pêcheurs aux leurres et à la mouche comme des minorités.
    Certes, mais au même titre que les pêcheurs de carpes, ce sont ces minorités spécialisées qui “tiennent” la pêche en France en termes d’économie. Ces pêcheurs se tournent de plus en plus vers la pêche à l’étranger, où les dates d’ouverture sont décalées un peu plus tard en saison. Il est tout de même dommage d’en arriver là. Ceux qui n’ont pas les moyens de pêcher en Slovénie, en Suède et encore moins dans le Montana, se trouvent contraints de pratiquer leur loisir dans les eaux closes des réservoirs… La FNPF fait des efforts pour arriver à séduire de nouveaux pêcheurs (et même les pêcheuses avec la carte “découverte féminine”), mais de nouveaux pêcheurs doivent trouver de quoi pratiquer leur activité dans de bonnes conditions. Cette réflexion sur les dates d’ouverture nous semble donc capitale. A bons entendeurs…