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  • 2011, l’année la plus chaude en France depuis plus d’un siècle

    2011, l’année la plus chaude en France depuis plus d’un siècle

    Selon les services de Météo France, l’année 2011 a été la plus chaude depuis le début du XXe siècle avec une moyenne de 13,6° entre le 1er janvier et le 26 décembre pour l’ensemble du pays. Ce sont les températures les plus hautes depuis que l’institution réalisent des relevés. Cette moyenne est de 1,5° de plus que la normale (température moyenne de référence entre 1971 et 2000). Tous les mois de l’année ont dépassé la normale saisonnière, à l’exception notable du mois de juillet qui s’est révélé être le plus froid depuis une trentaine d’années.

  • Technique lancer : une question de température !

    Technique lancer : une question de température !

    La température de l’eau est un paramètre important, voire incontournable, que chaque pêcheur devrait prendre en considération au bord de l’eau. Elle pousse pourtant les truites à effectuer des déplacements sporadiques et conditionne leur niveau d’agressivité.

    Par Alain Foulon

    La truite, nous le savons, peut vivre dans une eau dont la température est comprise entre 1 et 18 degrés. Entre ces deux situations extrêmes, la moindre variation de température influera sur l’activité alimentaire des poissons, et d’une façon plus générale sur son comportement. Une rivière très froide offrira une meilleure oxygénation, tandis qu’une hausse significative de la température nous permettra d’observer un appauvrissement significatif de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce déficit provoquera vraisemblablement l’apathie des truites et une diminution rapide de leur appétence. Mais avant de rentrer dans le détail et d’établir un lien avec la pêche aux leurres, il est avant tout nécessaire de comprendre comment réagit la truite dans son milieu naturel. Tout d’abord, nous rappellerons que ce salmonidé est soumis à différents tropismes (1) qui interviendront directement sur son comportement. Le thermotropisme, c’est-àdire l’influence de la température sur les déplacements du poisson, est sans nul doute possible, le facteur le plus difficile à prendre en compte durant une partie de pêche car il peut quelquefois être imperceptible. D’ailleurs, chacun s’accorde à dire que le comportement de la truite est dicté par ce type d’instinct. En l’occurrence, la température de l’eau ou une variation importante de cette température modifieront inévitablement son activité alimentaire et, par voie de conséquence, sa réaction vis-àvis d’un leurre, mais surtout l’entraîneront à se déplacer vers une zone de confort où elle trouvera de meilleures conditions de survie. Car il faut également savoir que la truite, comme les autres poissons d’eau douce, ne possède pas de système lui permettant de réguler sa température. Ainsi, elle est obligée de compenser cette lacune en recherchant des secteurs plus favorables. Elle doit essayer de s’adapter au milieu ambiant en sachant qu’une brusque variation de température l’obligera systématiquement à se déplacer vers les zones les plus confortables. En cas de forte baisse de la température de l’eau, elle rejoindra les secteurs les plus profonds tandis qu’une température élevée provoquera son déplacement vers les zones plus oxygénées et ombragées. Dans le même esprit, le refroidissement des rivières diminue l’activité alimentaire des truites, voire la supprime totalement. Les pisciculteurs sont parfaitement informés de ce type de comportement et cessent d’alimenter les poissons élevés en bassin quand l’eau descend à une certaine température. Inversement, une eau excessivement chaude pourra provoquer l’apathie des truites qui, dans les cas les plus extrêmes, pourront même souffrir de cette hausse de température. Enfin, la température des eaux aura une influence sur la reproduction des poissons. C’est très intéressant, me direz-vous, mais dans quelles mesures la pêche au lancer voit-elle son efficacité affectée par les conséquences de ce thermotropisme et d’une manière plus générale de la tempé-rature des eaux. Et bien, plus que toute autre technique, la pêche au leurre nécessite des températures particulièrement favorables pour permettre le déclenchement de l’attaque d’une truite. Le plus simple est d’observer le comportement de ce poisson au fil des saisons.
    À l’ouverture, encore fatiguée par la période des amours mais surtout amoindrie par les privations de l’hiver, la truite sort lentement d’une longue léthargie. Pour être plus clair, mars est très certainement le mois le plus médiocre de l’année pour la pêche de la truite au lancer. Je ne parle évidemment pas des poissons surdensitaires qui n’hésiteront pas à attaquer un leurre bien présenté. Mais revenons plutôt aux farios sauvages qui rechignent à se déplacer et à fournir les efforts nécessaires pour intercepter votre cuiller tournante ou votre poisson nageur. Elles se tiennent généralement dans les fosses à courant fortement ralenti, sous les berges creusées ou dans les secteurs où elles n’ont pas besoin de fournir un trop gros effort pour se maintenir. Une pêche lente et le plus près du fond est donc indispensable pour ceux qui souhaiteraient piquer un ou deux poissons. S’agissant des leurres, privilégiez les modèles de taille respectable : une cuiller n°2 voire n°3 sera parfaitement indiquée, tandis que des poissons nageurs à billes pourront utilement être employés pour faire sortir les truites de leur hibernation et de leurs repères.
    Durant le mois d’avril, les conditions climatiques s’améliorent sensiblement même si ce n’est toujours pas la panacée. Excepté les grands courants, la truite pourra occuper la plupart des postes traditionnels. Si vous souhaitez pêcher en Auvergne ou en Limousin vous rencontrerez cependant des conditions quasiment identiques au mois précédent. Si la météorologie est particulièrement favorable et le niveau des rivières acceptable, on pourra envisager de diminuer la taille des leurres, plus particulièrement des cuillers.
    Pendant le mois de mai, les choses évoluent passablement. La truite a recouvré des forces et ne pense plus qu’à s’alimenter pour se refaire une santé. La montée progressive de la température des eaux et de l’air va favoriser la pêche au lancer. Plus les jours se succéderont et plus les truites deviendront agressives. Un autre paramètre à prendre en compte est la présence des vairons sur les frayères.
    Comme vous le savez, juin est peut-être le meilleur mois de l’année et la nature semble totalement renaître. La pêche au lancer ne déroge pas à la règle et la baisse du niveau des rivières correspondra à une élévation progressive de la température des eaux. C’est donc le moment de commencer à pratiquer les pêches de surface à l’ultraléger. En effet, les truites ne rechigneront pas à venir intercepter un leurre sous la surface ou entre deux eaux. Si vous voyez des gobages, il est plus qu’envisageable de piquer quelques truites au moyen d’une cuiller tournante n°0 ou 00, voire avec un micro-poisson nageur.
    Pour un pêcheur aux leurres, juillet est un excellent mois. Les eaux encore plus chaudes rendent les truites nerveuses et très agressives. Seule une lumière trop vive est susceptible de nous poser quelques petits soucis. Ce sera donc le moment de prospecter les petites rivières ombragées, voire entièrement boisées, certains petits cours d’eau encaissés où les secteurs de gorges deviendront intéressants car les rayons du soleil parviendront enfin à réchauffer les eaux des zones les plus ombragées.
    Contrairement aux croyances, le mois d’août est une excellente période pour les pêcheurs au lancer. Comme pour le mois de juillet, recherchez en priorité les parcours couverts et n’hésitez pas à fréquenter les parcours de montagne dont les eaux continuent à être fortement oxygénées. En effet, la montée de la température des eaux tend à diminuer progressivement la teneur en oxygène dissous, plus particulièrement sur les parcours situés en plaine.
    Enfin, le mois de septembre permet aux rivières de retrouver une température plus clémente qui permet aux poissons d’occuper tous les postes de la rivière. D’une manière générale, les prises sont nombreuses même si les poissons sont plus méfiants. Comme nous venons de le voir, la température de l’eau joue un rôle prépondérant dans les déplacements des poissons, dans leur activité et par voie de conséquence dans la pêche aux leurres.
    Alors si vous avez un doute, sortez votre thermomètre !

    1. Selon Louis Roule dans son Traité de la pisciculture et des pêches, les tropismes sont « les entraînements automatiques et les déplacements involontaires dont les êtres sont l’objet sous l’influence d’une excitation venue du dehors ».


    Prendre la température pour mieux adapter sa pêche

    Très peu de pêcheurs prennent la température des cours d’eau. Au mieux, certains plongent leur main dans la rivière pour se faire une vague idée de son état de fraîcheur… Pourtant, à quelques degrés près, la pêche peut être totalement différente. Si votre thermomètre indique moins de 6 degrés, il est fort à parier que vous éprouverez beaucoup de difficultés à piquer ne serait-ce qu’un poisson. Dans ce cas, seule une prospection insistante au ras du fond et l’emploi de leurres émettant de forts signaux vibratoires et visuels parviendront peut-être à faire bouger une truite. Dans des eaux aussi glaciales, les poissons rejoignent les fosses les plus profondes, cessent de s’alimenter et limitent leurs déplacements au strict minimum. Il est souvent préférable de changer de cours d’eau, voire de vallée pour trouver de meilleures conditions. À titre d’exemple, et pour différentes raisons, la température d’un tributaire peut être plus élevée que la rivière principale ; pour un pêcheur au lancer, il existe une énorme différence entre une eau à 6 degrés et une autre à 8. Enfin, la pire des choses pouvant être vécue par un pêcheur au leurre est sans doute une chute brutale de la température. Il faudra attendre plusieurs jours et une température stabilisée pour retrouver des conditions de pêche plus acceptables. Les eaux froides provenant de la fonte des neiges sont également redoutées car les truites quittent leurs postes de chasse pour rejoindre les enrochements et d’une manière générale tous les secteurs abrités du courant.

  • Effet du réchauffement climatique sur la température des eaux et la vie aquatique.

    Effet du réchauffement climatique sur la température des eaux et la vie aquatique.

    Il est maintenant clairement établi que le réchauffement récent de notre planète péjore le maintien de notre biodiversité. Les milieux aquatiques souffrent fortement de toute modification de leur température.
    En d’autres termes, nos truites transpirent ! A tel point qu’elles risquent souvent l’insolation.
    Avant d’expliquer l’impact de ces modifications environnementales sur les équilibres écologiques, détaillons tout d’abord le fonctionnement et les caractéristiques thermiques de nos hydrosystèmes.
    Par Sylvain Richard et Guy Periat

    Qui ne s’est jamais baigné dans un cours d’eau ? Quel pêcheur n’a-t-il jamais rempli ses bottes ? S’il est évident qu’il est moins désagréable de prendre l’eau en été qu’en hiver, vous aurez remarqué que la température de certains cours d’eau devient toujours plus supportable avec l’avancement de la saison.
    En lac ou en mer, les zones littorales sont toujours plus tempérées. En revanche, le plongeon en pleine eau rappelle à son auteur que les couches profondes deviennent très vite glaciales ! A prioribanale, la température de l’eau est pourtant le premier paramètre évoqué au contact du milieu liquide : Ouah ! C’est froid ! Bof ! C’est de la soupe ! Voyons donc de plus près les facteurs qui la conditionnent et l’influencent.

    L’eau, une molécule exceptionnelle ! 

    S’il est aisé de comprendre que le soleil réchauffe progressivement des plans d’eau immobiles, il est utile de rappeler, pour bien décrire le fonctionnement thermique des lacs, que l’eau possède des propriétés physiques exceptionnelles.
    En effet, sa densité ne suit pas les règles universelles de la matière sur Terre ! La densité d’un élément désigne le nombre de molécules contenues dans un volume donné. Plus l’espace entre les molécules est faible, plus elles sont nombreuses et donc plus le poids de l’élément qu’elles composent dans ce volume est élevé. Cet espace est proportionnel à la température.
    Une matière froide est ainsi toujours plus lourde qu’une matière chaude. En d’autres termes, en se refroidissant, un liquide sera toujours plus froid en profondeur qu’en surface.
    Et s’il fait encore plus froid, les molécules seront tellement serrées qu’elles ne pourront plus être déplacées : c’est la solidification.

    Les bras des forgerons sont  là pour en témoigner ! On  obtient alors un élément  solide très dense, qui va  donc couler s’il est plongé  dans ce même élément  liquide.
    Eh bien, ce n’est pas le cas  de l’eau ! Grâce à la forme  particulière de sa molécule,  la solidification provoque  un arrangement précis qui  procure à l’eau solide une  densité plus faible qu’à  l’état liquide. En conséquence,  la glace flotte dans  nos verres ! La densité la  plus importante de l’eau se  trouve en réalité à + 4 °C.
    Ce qui explique pourquoi  les masses d’eau très profondes  ont une température  constante de + 4 °C  dans leurs abysses. En revanche, en surface, la température varie en fonction de l’excitation des molécules que leur confère la chaleur du soleil. A l’échelle d’une journée ensoleillée, la température maximale apparaît ainsi en fin d’après-midi, lorsque la masse d’eau a accumulé un maximum d’énergie.

    Après stratification, on mélange tout.

    En fonction de la saison, le réchauffement des masses d’eau par le soleil atteint plus ou moins de profondeur, jusqu’à une zone de transition que l’on appelle thermocline. En été, la couche la plus chaude est donc toujours en surface.
    La température de la masse d’eau évoluant verticalement selon la profondeur, les couches profondes sont froides et lourdes. En cas de stratification thermique, il n’y a donc aucun brassage, car chaque couche possède sa propre densité et reste dans sa gamme de profondeur.
    Sous nos latitudes, les variations saisonnières vont permettre un mélange des tranches d’eau. En effet, dès que l’eau de surface atteint + 4 °C, en début ou en fin d’hiver généralement, elle s’enfonce et provoque ainsi le brassage des eaux du lacs, qui va permettre le renouvellement des couches profondes. On appelle ce phénomène la “tourne” des lacs. Il intervient plusieurs fois par hiver sur les petits plans d’eau et seulement tous les dix à vingt ans sur les plus grands, en fonction des conditions climatiques.
    Evidemment, la situation n’est pas si simple en réalité.
    En fonction de la forme du lac, de sa profondeur, de ses affluents, du vent, etc., des courants se forment et participent également au mélange des eaux. En mer, ce phénomène est bien connu et répond, à l’échelle du littoral, aux forces des marées et, à l’échelle de l’hémisphère, aux forces de Coriolis.

    Tout se complique en cours d’eau… 

    La température d’un cours d’eau n’est pas un paramètre stable. D’une manière générale, elle va évoluer et se réchauffer de l’amont vers l’aval. Plus on s’éloigne des sources, plus la rivière s’élargit et s’assagit. En conséquence, plus on s’approche de l’embouchure, plus le cours d’eau reçoit de la chaleur solaire. Comme en plan d’eau, les températures varient d’une manière journalière et les maxima sont atteints en fin de journée.

    De légères différences thermiques peuvent être observées entre les courants rapides et les calmes. Ici, la densité de  l’eau joue un rôle moindre,  excepté dans les très  grandes fosses. Ces principes  généraux ne sont  cependant pas les seuls à  conditionner la température  des cours d’eau et un  certain nombre de phénomènes,  aux mécanismes  complexes, entrent en jeu.
    Tout d’abord, il est important  de rappeler qu’un  cours d’eau n’est que la  face visible des réseaux  hydrographiques. En effet,  la grande éponge à précipitations  que constitue le sol  est à l’origine du courant  permanent de chaque  fleuve, rivière ou autre petit  ru. Ainsi, en fonction de l’altitude,  de la latitude et de  l’impluvium des bassins versants,  le sol n’a pas la  même température. Les  sources qui en jaillissent  sont de moins en moins  froides plus on s’approche  de la mer ou des tropiques.
    En milieu calcaire, cela se  complique grandement.

    Les réseaux d’écoulement  souterrain peuvent en effet  fournir tout au long des  cours d’eau des résurgences  à températures  fraîches et constantes toute  l’année.
    Enfin la nature, la couverture  et la couleur des sols  des bassins versants  influent logiquement sur  l’eau qui ruisselle. Un orage  sur une zone urbaine en  plein mois d’août aura tendance  à amener de l’eau  chaude, tandis qu’une crue  estivale résultant d’une  dégradation météorologique  classique refroidira  les eaux de surface d’une  région. Et un épisode de  grêle pourra faire perdre  plus de 10 °C à un cours  d’eau en quelques dizaines  de minutes seulement !  

     La température  de l’eau et les processus  chimiques.
    La solubilité des gaz et  autres éléments est dépendante  du nombre de molécules  auxquelles ils peuvent  s’associer. La température,  qui régit la densité de la  matière, joue donc un rôle  essentiel dans leur concentration.
    L’exemple le plus  connu est celui de l’oxygène :
    à pression identique, plus  une eau est froide, plus elle  aura une concentration élevée  en oxygène. Comme la  pression dans la bouteille  d’eau minérale, la température  est donc fondamentale  à la dissolution des gaz.
    Il est donc logique de voir  “piper” des poissons maintenus  dans un vivier trop  petit et qui a été exposé à  un air ambiant chaud. Ils  cherchent à avaler de l’air,  afin que l’oxygène, qu’ils ne  trouvent plus sous forme  dissoute, diffuse au travers  de leur tube digestif. En  effet, certaines espèces  (loche, tanche…) sont capables  de compenser, jusqu’à  un certain point évidemment,  le manque d’oxygène  dissout par “respiration” stomacale.
    Les rassemblements  anormaux de poissons aux  embouchures des petits  affluents frais des grands  cours d’eau en période de  canicule s’expliquent donc :
    ils cherchent des bouffées  d’oxygène !  Enfin, il est important de  noter que certains polluants  (cyanures, nitrites…)  voient leur concentration et  leur toxicité augmenter  avec la température de  l’eau.


    Une activité des  organismes aquatiques  dépendante de  la température de l’eau.
    Animaux à sang froid, l’activité  physiologique des  organismes aquatiques  dépend directement de la  thermie de leur environnement.
    La digestion, la respiration,  la production et la  maturation des gonades, la  croissance, mais également  la nutrition, la reproduction  ou encore les déplacements,  sont régis en grande  partie par la température  de l’eau.
    Les différentes espèces  aquatiques se sont progressivement  adaptées à leur  milieu de vie et certaines  montrent des préférences  pour les eaux froides, alors  que d’autres ne vivent  qu’en eaux chaudes.
    Si l’on prend l’exemple des  poissons, l’omble chevalier  a besoin d’une température  de l’ordre de 4 à 5 °C pour  se reproduire. A ces thermies,  la carpe ou la tanche  sont totalement inactives,  enfouies dans les sédiments,  et doivent attendre  18 à 22 °C pour frayer. En  hiver, il n’est pas rare d’observer  des milliers de cyprinidés,  agglutinés en bancs  immobiles là où la rivière  est la moins froide, tamponnée  par une résurgence  de nappe ou particulièrement  bien exposée au  timide soleil d’hiver… En  revanche, les truites, qui  attendent une température  de 6 °C en automne pour  lancer les hostilités de la  reproduction, seront en  pleine activité.
    Chaque espèce possède  ainsi une gamme de températures  optimales pour  son développement. On  parle alors de “température  de confort” pour indiquer la  valeur au-dessus ou en dessous  de laquelle l’individu  commence à “souffrir “.
    Pour les Cyprinidés (gardons,  carpes, barbeau…),  on peut retenir comme  température de confort  maximale environ 25 °C.
    Les Salmonidés (truite,  ombre…), en revanche, sont  soumis à un état de stress  physiologique lorsque l’eau  dépasse 20 °C. Au-delà de  ces seuils, les organismes  subissent une diminution  de leurs fonctions vitales et  réduisent leur activité alimentaire.
    Lorsque la température  augmente encore,  elle peut entraîner à plus  ou moins court terme la  mort de l’individu : il s’agit  de la “température létale”.
    Elle peut être estimée à  27 °C pour les Salmonidés  et 30 °C pour la plupart des  Cyprinidés.
    Certaines espèces sont  cependant plus résistantes :
    le poisson-chat (34 °C) ou  la perche (32 °C).


    Une présence ou  une absence expliquée  par la température. 

     Ces préférences pour des  gammes de températures  bien précises expliquent  pour une grande part la succession  longitudinale des  espèces au sein des cours  d’eau. Logiquement, celles  d’eau froide comme les  Salmonidés, le chabot ou la  lamproie de Planer, se rencontrent  dans la partie  amont des rivières et, au fur et à mesure du réchauffement  des eaux, elles sont  progressivement remplacées  par des espèces plus tolérantes,  comme la vandoise,  le barbeau, ou encore le brochet  et la brème.
    Certes, la température n’est  évidemment pas le seul facteur  qui explique cette succession  biologique. En outre,  les inversions thermiques  provoquées par l’embouchure  d’affluents froids ou la  présence d’importantes  résurgences karstiques compliquent  leur logique d’apparition.
    Si bien qu’il est  parfois difficile de comprendre  l’assemblage des biocénoses  en place. Les travaux  de l’université de Franche-  Comté, dans les années  1970, ont par chance permis  d’y voir plus clair sur la structuration  des peuplements  aquatiques de nos cours  d’eau et ont montré que la  température de l’eau  explique à elle seule plus de  50 % de la variabilité longitudinale  des peuplements !  Dans les plans d’eau également,  les espèces s’organisent  en fonction de la  température, même si là  aussi d’autres paramètres  comme la qualité des  caches et des abris, ou  encore la quantité de nourriture,  influencent grandement  leur distribution  spatiale. Ainsi, les petits gardons  vont se déplacer en  suivant les couches d’eau les  plus chaudes de surface,  sans rechercher un type  d’habitat particulier. De  même, en été, les truites de  lac vont rechercher les  couches les plus fraîches en  profondeur, alors qu’en hiver  ces mêmes truites iront  chasser en surface, juste  avant ou après leur migration  de reproduction. Enfin,  les corégones surferont  sur la thermocline, à la  recherche de plancton.

    La notion de métabolisme  thermique.

      Les processus évolutifs qui  conditionnent le contexte  thermique des milieux aquatiques  sont très complexes.
    Ils interagissent les uns par  rapport aux autres, à différentes  échelles d’espace et  de temps. Les hydrosystèmes  présentent donc un  véritable métabolisme thermique.
    Celui-ci influence les  grands équilibres chimiques  de l’eau. Il détermine les  caractéristiques biologiques  des milieux aquatiques. Il  régit la distribution des  espèces. La température est  donc véritablement l’épée  de Damoclès de nos lacs et  cours d’eau. Il apparaît ainsi  fondamental de préserver  leur intégrité thermique si  l’on veut protéger ou restaurer  leurs fonctionnalités. Le  réchauf- fement climatique  semble donc être un fléau  pour la sauvegarde de nos  poissons. Mais est-il le seul  responsable de l’état fiévreux  de nos hydrosystèmes ?  Existe-il des solutions pour  prévenir cette tendance inéluctable  ? Tant de questions  auxquelles nous nous  devrons de répondre dans  un prochain article.