Étiquette : surpêche

  • Europe : le coût humain et financier de la surpêche

    Europe : le coût humain et financier de la surpêche

    Une étude publiée le 10 février en Grande-Bretagne par le New Economics Foundation, un think-thank britannique, estime que la surpêche des stocks européens de poissons coûte 3,2 milliards d’euros tous les ans et plus de 100 000 emplois. Uniquement pour les 27 pays de l’UE, la restauration des stocks européens et leur exploitation durable représente 1,8 milliard d’euros et 83 000 emplois. Nous savions tous que la surpêche était mauvaise pour l’environnement. Aujourd’hui, nous découvrons qu’elle est également mauvaise pour l’économie.

  • Greenpeace met la pression sur le groupe Intermarché

    Greenpeace met la pression sur le groupe Intermarché

    L’association écologiste Greenpeace a entamé une campagne contre Intermarché. Le 28 octobre, des militants de l’ONG ont symboliquement barré la route d’un chalutier de Scapêche, la flotte du groupe de distribution. Sur terre, les écologistes ont visité 22 magasins Intermarché aux quatre coins de l’hexagone afin d’alerter les clients sur la surpêche. Le groupe de grande distribution possède la plus grande flotte de chalutage profond de France, cette technique de pêche faisant des ravages dans les écosystèmes. Pour l’association, cette pêche symbolise les errements de la pêche industrielle européenne. Nous ne la contredirons pas…

    Renseignements :

    http://oceans.greenpeace.fr/peche-profonde-laction-se-poursuit-a-terre

  • Trop de subventions pour la pêche européenne ?

    Trop de subventions pour la pêche européenne ?

    Les subventions européennes creusent-elles la tombe de la pêche communautaire ? L’association Oceana semble le penser. Selon elle, le secteur européen de la pêche est devenu dépendant des subventions qu’il touche, révélant qu’il a reçu 3,3 milliards d’euros en 2009, soit 50 % de la valeur de ses prises. Ainsi il ne survivrait que grâce aux subsides européens… L’ONG estime que le poids de ces subventions a provoqué la surpêche, la surcapacité, réduisant ainsi dramatiquement la rentabilité. Anne Schroeer estime que « le secteur de la pêche, qui ne parvient pas toujours à générer de bénéfices, ne survit que grâce aux généreux programmes de subventions ». L’Espagne est le pays le plus subventionné (733,9 millions d’euros), talonné par la France (361,9 millions) et le Danemark (307,3).

  • Les espèces océaniques en danger d’extinction

    Les espèces océaniques en danger d’extinction

    Les océans affichent tous les symptômes des grandes phases
    d’extinction. C’est du moins, la conclusion d’un rapport produit par 27 experts
    venus de six pays et qui travaillent sur des problématiques différentes. Pour
    la première fois, ils ont croisé leurs réflexions pour dresser un tableau plus
    général et plus précis de la situation.

    Réunis à l’université d’Oxford en Angleterre, leur constat
    est sans appel : « les océans du monde entier risquent fortement
    d’entrer dans une phase d’extinction des espèces marines
    ».
    Surpêche, pollutions en tout genre, réchauffement climatique,
    acidification provoquant l’hypoxie (baisse des taux d’oxygène dans l’eau et
    créations de « zones mortes »), ces facteurs combinés soumettent les
    océans à une série de pressions qui inquiète les chercheurs.

    Les chercheurs, eux-mêmes, semblent être surpris par la
    gravité de la situation. Alex Rogers, chercheur à l’université de zoologie de
    Londres et directeur scientifique du Programme international sur l’état des
    océans (IPSO), a déclaré : « les résultats sont choquants». La
    vitesse à laquelle le milieu se dégrade a surpris les scientifiques. Les océans
    seraient donc au bord d’une crise biologique comme la terre n’en a plus connu
    depuis 55 milliards d’années.

  • Depuis le 13 juin, plus de poissons français consommés

    Depuis le 13 juin, plus de poissons français consommés

    Le concept est plutôt récent. Le Fish dependence day est le jour où un pays européen est obligé de recourir à l’importation de poissons, après avoir consommé ses propres ressources halieutiques. En France, cette journée fatidique a été arrêtée au 13 juin par une étude publiée le 9 juin par la New economics foundationet Ocean2012, une association européenne luttant contre la surpêche. Les ressources halieutiques pêchées dans les eaux européennes ont nourri les Français jusqu’au 20 juin l’an dernier contre le 25 juillet en 2000 et le 6 septembre en 1990. Même constat dans l’UE : si l’Union devait consommer les ressources provenant uniquement de ses propres eaux, elle manquerait de poisson dès le 2 juillet, contre le 9 juillet en 2010, soit une baisse des ressources européennes de près de 200 000 tonnes en un an !

    Les causes sont connues : la surpêche, des quotas inappropriés, des méthodes de pêche favorisant le gaspillage et une consommation qui augmente (2 % tous les ans en Europe). « L’UE dispose des zones de pêche les plus vastes et parmi les plus riches au monde, mais nous ne sommes pas parvenus à les gérer de manière responsable. Afin de satisfaire notre appétit toujours plus insatiable pour les produits de la mer, la surpêche est désormais encouragée dans d’autres parties du monde » a indiqué Stéphan Beaucher, conseiller politique pour OCEAN2012. « Pour mettre un terme à cette tendance désastreuse, il faut de toute évidence rétablir le bon état des stocks halieutiques européens en les ramenant à des niveaux où ils peuvent être pêchés de manière durable, et consommer uniquement les produits que nous pouvons pêcher sans problème. » Si seulement les pouvoirs publics étaient sur la même longueur d’onde…

  • Surpêche : l’Espagne sur le banc des accusés

    La Commission européenne a, dans un règlement du 22 février, imposé des sanctions contre l’Espagne accusé de surpêche du maquereau. Le pays aurait dépassé son quota de pêche pour cette espèce de près de 20 000 tonnes, soit 80 % de plus que son quota autorisé. La Commission a procédé à un contrôle croisé des données fournies par l’Espagne et a décelé de nombreuses incohérences. Pourtant elle a décidé d’adapter ses sanctions afin de ne pas trop pénaliser la filière en proposant un remboursement sur plusieurs années, amoindrissant ainsi les effets de la sanction et probablement son effet dissuasif.

    Voir le règlement de la Commission européenne.

  • HARO SUR LE BAR

    HARO SUR LE BAR

    Haro sur le bar Vous avez aimé “L’Extermination des thons”, vous adorerez “Le Massacre des bars”. La dernière superproduction des studios de l’Apocalypse est en cours de tournage sur les frayères hivernales, où la bêtise humaine conspire à la décimation du poisson préféré des Français. C’est en quelque sorte le making of de ce carnage que FR3 Bretagne a proposé fin novembre à ses téléspectateurs dans l’une des meilleures enquêtes jamais réalisées sur le sujet du bar. Il y a du “Mondovino” dans le film de Erwan Le Guillermic et David Morvan, réalisé par Aligal Production.
    par Vincent Lalu Bar
    Haro sur le barest l’un de ces réquisitoires dont la force vient de la rigueur de la construction et du sérieux de l’enquête.Pas de grandes phrases ni de grandes envolées, juste une série de témoignages dont l’agencement contribue à l’efficacité de la chronique de cette tragédie contemporaine.Tout le monde a la parole. Les bourreaux, leurs complices, ceux qui parlent au nom des victimes et, pour la première fois, tous paraissent d’accord : si cela continue, le bar est foutu. Le constat d’abord avec un ligneur de Sein, un endroit où voici peu on ignorait le sens du mot bredouille : ce qu’il a pris dans la saison tient sur les doigts d’une main.Ailleurs c’est pareil : soit les poissons ont disparu, soit ils sont plus petits qu’avant, bien plus petits. On passe aux coupables, bolincheurs (qui se sont rabattus sur le bar parce qu’ils étaient interdits d’anchois) ou chalutiers spécialistes des razzias sur les concentrations de poissons, et donc sur les frayères des bars en hiver. Ceux-là ont, paraîtil, droit à dix tonnes par semaine. Ils les respectent, mais ne savent pas si les autres sont aussi respectueux qu’eux.Dix tonnes de poissons grainés, dont un poissonnier navré nous dit qu’ils nevalent pas grand-chose et que surtout ils annoncent la fin prochaine de l’espèce.Et puis, il y a d’autres coupables. Nous, d’abord, qui aimons le bar dans notre assiette. Direction les restaurants de vacances et ce témoignage nécessaire d’un tenancier : « Si je ne mets pas de bar à la carte, je perds du chiffre d’affaires. » Ou la mine confite de cet autre prise la main dans le congélateur par l’inspecteur de la traçabilité, avec des filets d’origine inconnue. Tous les bars n’ont pas la même valeur. Celui d’élevage ne vaut, paraît-il, pas le sauvage (même s’il a subi les outrages du chalut), qui lui-même ne vaut pas, bien sûr, le bar de ligne, dont les fournisseurs ne sont pas toujours des professionnels patentés. On dit que la pêche sauvage du bar sauvage représenterait 50 % de la totalité des captures. Même si la statistique est invérifiable, et peut être excessive, il est incontestable que de nombreux soi disant plaisanciers participent à la razzia. La pêche du bar est devenue une composante essentielle de l’économie parallèle le long des côtes atlantiques, au vu et au su de tout le monde – on oublie, par exemple, de se demander comment certains titulaires du RMA font pour changer tous les trois-quatre ans des bateaux qui valent entre 50 et 100 000 euros. Et puis il y a les Ponce Pilate, scientifiques et politiques, qui regardent ailleurs pendant que se poursuit le massacre. Les premiers sont, dans le film et en général, regroupés sous la bannière de l’Ifremer, étrange institut dont notre confrère Philippe Dolivet rappelle opportunément qu’il a en charge, à la fois, d’évaluer la ressource et d’inventer les meilleurs engins pour la décimer. On apprend dans le film que l’Ifremer s’est enfin résolu à une enquête un peu plus sérieuse que la pantalonnade statistique proposée il y a quelques années au public pour le rassurer. On voit ses techniciens mesurer, taguer, puis relâcher des poissons pendant que leur chef, un rien agacée pour ne pas dire arrogante, explique au téléspectateur que tout cela est bien compliqué et qu’il est plus facile de compter les vaches dans les prés. A ce moment-là, on a envie de demander à la dame si cela ne dérange pas les gens de l’Ifremer que la France soit si souvent mise au banc des nations (comme, par exemple, dans le cas du thon rouge) pour sa politique systématique d’obstruction aux mesures de sauvetage des espèces en voie de disparition. Elle répondrait, et elle aurait – presque – raison, qu’il faut s’adresser à l’étage supérieur, au niveau des politiques, auxquels incomberait le courage de mettre fin au carnage. Car, dans l’absolu, les mesures ne sont pas très compliquées.La plus importante, la plus urgente, est sans nul doute d’interdire la pêche sur les zones de frayères pendant la période hivernale où les poissons se reproduisent. Cette seule mesure permettrait d’éviter que la prédation humaine ne conduise à franchir le seuil fatidique au-delà duquel la seule prédation naturelle interdit à la souche de se reconstituer de manière pérenne. C’est arrivé une fois pour les morues de Terre-Neuve, dont le stock n’est toujours pas reconstitué malgré une interdiction totale de pêche de plus de quarante années. Il est tout à fait envisageable qu’une telle tragédie concerne demain les populations de bars sur les côtes françaises. Ce serait un drame écologique, et une stupidité économique : l’interdiction de la pêche professionnelle du cousin américain du bar, le striped bass, a généré un très rentable marché de la pêche de loisirs de ce poisson.Mais, pour cela, il faudra un peu de courage à nos dirigeants et de raison aux pêcheurs amateurs, qui devront enfin comprendre que remplir le fond de son bateau de grands poissons d’argent est aujourd’hui devenu une performance dont il n’y a pas lieu d’être fier.