Étiquette : streamer

  • Autour du wooly Bugger (3) : Variante 2 à bille tungstène

    Autour du wooly Bugger (3) : Variante 2 à bille tungstène

    Un modèle très proche de la version originale, mais lestée en tête par une bille de tungstène cuivrée.

    1. Fixer dans l’étau un hameçon Kamasan B 175 n° 8 après avoir enfilé une bille de tungstène de 3,8 mm. La placer en tête.
    2. Le Ice Dub olive remplace le fil de montage. Fixer une mèche de marabout olive derrière le casque.
    3. Ajouter quatre fibres transparente de “crystal flash” le long de la queue du streamer, réparties de façon homogène.

  • Autour du wooly Bugger (2) : Variante Ice Chenille

    Autour du wooly Bugger (2) : Variante Ice Chenille

    Une version plus lumineuse dont le hackle de coq a été remplacé par du Ice Chenille Petitjean également olive. Ces grandes fibres synthétiques sont mobiles dans l’eau. Cela ajoute un peu de vie à ce modèle.

    1. Mettre dans l’étau un hameçon Kamasan B 175 n° 8 et commencer l’enroulement d’un fil de montage 6/0 bordeaux sur la
    hampe.
    2. Faire sept à huit tours de fil de plomb 2/10ème à l’emplacement du thorax. Ajouter une goutte de
    colle sur le plomb.
    3. Prélever une mèche de fibre de marabout olive foncé et la placer à l’arrière de la hampe.

  • Comment bien monter les mouches de légende. 4. Le wooly bugger

    Comment bien monter les mouches de légende. 4. Le wooly bugger

    Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat correct.

    La paternité du wooly bugger reviendrait à Russell Blessing, un pêcheur et monteur de Pennsylvanie. Ce streamer daterait de 1967. Avec le Mickey Finn, il s’agit d’un des plus anciens streamers. Cette technique de pêche inspirée de la pêche des salmonidés migrateurs, dont les mouches sont beaucoup plus anciennes, s’est popularisée que très tardivement. A l’origine, le wooly bugger comporte un corps en laine (de wool, laine) et imite plutôt un insecte (bug désignant en anglais toutes sortes de gros insectes de type punaise). Mais dans sa forme définitive, le wooly bugger imite un petit poisson. Sa couleur et sa silhouette font plutôt penser à une larve de libellule, mais son comportement dans l’eau et sa vivacité sont beaucoup plus proches de celle d’un poisson. C’est sans doute le streamer le plus utilisé dans le monde, l’équivalent de la pheasant tail en ce qui concerne les nymphes. En France, cette mouche sans fioriture fait merveille sur les poissons sauvages. Sa version olive plaît beaucoup aux truites et en particulier aux vieux poissons. Si vous cherchez un streamer pour pêcher en pleine confiance, le wooly bugger ne devrait pas vous décevoir

  • Autour du wooly bugger

    Autour du wooly bugger

    Sans aucun doute le streamer le plus polyvalent et le mieux adapté à la pêche des truites sauvages (il prend aussi les autres au passage…). Voici cinq variantes qui permettent de pêcher à différentes profondeurs. Les versions non lestées doivent être
    utilisées avec des soies plongeantes.

    L’ouverture est pour bientôt (tout est relatif) et dans bien des cas, le pêcheur à la mouche devra attendre le coup de midi pour espérer voir voler quelques mouches et tenter les premiers gobages de l’année. Le matin, la pêche au streamer permettra de reprendre contact avec la rivière, tout en mettant toutes les chances de captures de son côté. Pour cela, vous devrez pêcher lentement, proche du fond, avec une soie plongeante et un bas de ligne court (1,50 m). En mars, l’eau est froide et les truites peu mobiles. S’il existe un streamer incontournable pour la pêche des truites sauvages, c’est bien le wooly bugger dans sa version olive, un des plus anciens modèles, dont il existe d’infinies variantes. La version “vert olive” ressemble plus à un bout d’algue qu’à un poisson, mais elle supplante la plupart des modèles imitatifs… C’est comme ça, il ne faut pas chercher à comprendre. En tout cas, nous vous le recommandons vivement ! Voici quelques variantes qui trouvent leur intérêt en fonction des eaux pêchées (lentes, rapides, teintées ou claires, etc). D’autres teintes peuvent être essayées, notamment en présence de poissons d’élevage, mais ce n’est pas le sujet de cette rubrique qui concerne la pêche au streamer des truites sauvages en début de saison. Pour bien monter ces streamers, vous devrez faire attention au choix des plumes de marabout. Sous l’intitulé de la couleur dite “olive” se trouve des plumes de marabout de qualité variable et dont la fameuse teinte passe selon les pochettes du vert clair au jaune moutarde foncé. La teinte à rechercher est un vert olive foncé. Il n’est pas question ici d’esthétisme mais d’efficacité avec des truites sauvages, car notre wooly bugger doit évoquer un vairon. Ces variantes ont été montées avec un hameçon Kamasan B 175 n° 8, dont la forme à hampe courte limite des décrochages (plus la hampe est longue, plus le risque de perte de poissons augmente). Vous trouverez la version originale du wooly bugger dans notre rubrique “une mouche de légende” qui précède ces pages.

  • Mes trucs en cire (C’est moche, mais ça peut sauver la vie !)

    Mes trucs en cire (C’est moche, mais ça peut sauver la vie !)

    Notre ami et collaborateur Jean-Christian Michel n’a pas fini de vous étonner ! En perpétuelle recherche d’une solution nouvelle pour tromper les truites les plus difficiles, il a fini par faire des mouches en cire, sans doute à force de vivre avec les abeilles et de produire du miel (son métier).

    Lorsque nous nous mettons à l’étau pour réaliser des mouches, nous voulons inconsciemment que nos artificielles “ressemblent” à une vraie. Dans notre esprit, une mouche artificielle est à ce point une imitation de mouche naturelle que nous en venons parfois à ne même plus parler de mouche mais d’imitation : la question principale du néophyte n’estelle pas la suivante : “Quelle imitation dois-je employer ?”. Il y a de la superstition dans cette attitude ! Or avec un peu d’expérience, on apprend vite à élargir les données du problème, si bien qu’aux oreilles avisées, le mot imitation fait parfois horreur.

    Imiter, oui, mais quoi ?

    Une mouche ressemblante n’est pas plus prenante qu’une mouche qui ne l’est pas, c’est tout le secret de l’efficacité des “mouches d’ensemble”. Mais bien pire encore, une mouche dont les critères de ressemblances sont basés sur une apparence simplement visuelle (comme une image ressemble ou ne ressemble pas à l’original) peut masquer le fait capital que ce que votre mouche doit imiter. Ce n’est pas tant les traits de la proie mais la façon dont la proie se tient, bouge, se déplace, dérive ou nage, que je vous propose de nommer les “propriétés mécaniques” (liées au mouvement) d’une mouche. Chose qui pour nos amis pêcheurs aux leurres est une évidence mais que les pro du fly tying sur papier glacé ont plus de mal à intégrer. La notion d’imitation doit donc être élargie à la façon dont la mouche se comporte dans l’eau ainsi qu’au mouvement de la proie qu’elle est sensée imiter pour obtenir ce qu’on appelle en langage de pêcheur, “une mouche qui pêche”. Il ne suffit pas de réaliser un corps parfait de baetis pour que votre évocation de baetis évolue naturellement comme un baetis… Et si beaucoup d’entre nous en sont venus à apporter plus d’importance à la façon dont on doit poser un bas de ligne et animer la nymphe, ce n’est pas un hasard ! Comparons nos mouches à un leurre Prenons un exemple dans un autre domaine : un poisson nageur est fait pour nager. La robe du modèle a une importance, mais elle est secondaire rapportée à la nage. Un poisson nageur de la meilleure couleur qui n’est pas animé ne vaut rien en lui-même. Pour redevenir efficace sans nager, il faut que les concepteurs le rendent “suspending”. Ce côté suspending est une façon de se tenir dans l’eau de façon naturelle (un

  • 10 conseils pour ne pas rater son ouverture à la mouche

    10 conseils pour ne pas rater son ouverture à la mouche

    L’ouverture reste un moment privilégié pour le pêcheur de truite. Dans bien des régions, pourtant, la nature est encore endormie. L’activité des poissons est souvent réduite, dans des eaux glacées. Alors, dans ces conditions très particulières, il est impératif de connaître quelques principes pour ne pas se rater le jour J.

    Par Luc Schmitt

    1 – Le meilleur créneau : 11 h-15 h

    C’est une mauvaise nouvelle pour les restaurateurs mais les truites se mettent à table au même moment que les humains. C’est comme ça. L’ensoleillement est déterminant pour déclencher une éclosion en milieu de journée. Tout va très vite. Il faut être prêt, car souvent les gobages se produisent durant une heure ou deux. En règle générale, ce qu’on appelle le coup de midi peut se produire entre la fin de matinée et 15 h environ. Mais, attention, les éclosions d’après-midi peuvent être bonnes dans certains cas, si la température de l’air ne chute pas brutalement.

    2 – Bien identifier l’éclosion

    Début de saison = grosse mouche ? Faux. La plupart des espèces d’éphémères ou de trichoptères que l’on rencontre au stade aérien sont de taille moyenne, voire petite. Dans tous les cas, prenez le temps de ramasser quelques insectes dérivant, ce n’est jamais du temps perdu. Cela est d’autant plus utile que l’on ne rencontre souvent qu’une seule espèce sur l’eau à cette époque.


    3 – Un bon poste : le radier ensoleillé

    La partie aval des fosses, que l’on appelle le radier, est un poste de choix en début de saison lors des éclosions d’insectes aquatiques. Les truites y viennent naturellement s’y nourrir. Si ces postes sont fréquents dans de nombreuses rivières, choisissez de préférence ceux qui bénéficient d’un bon ensoleillement. C’est sur ceux-ci que l’activité des insectes sera la plus forte, et celle des truites en découle.

    4 – Au streamer pêchez “carré”

    Dans une eau qui ne compte que quelques degrés, souvent moins de 7 ou 8, votre streamer aura plus de chance de se faire happer par une truite s’il évolue au ras du fond. Pour cela, outre le recours à un matériel spécifique : soie plongeante, bas de ligne ultra-court, un posé perpendiculaire à la rive laissera plus de temps à la soie pour couler que si vous la posez dans un angle fermé vers l’aval. C’est logique, mais il faut souvent se forcer à pêcher “carré”, comme disent les saumoniers.

    5 – Ne pas trop entrer dans l’eau

    Si le problème ne se pose pas dans les rivières où l’ombre est présent (le wading y est logiquement interdit avant la mi-mai pour cause de fraye), la pêche en marchant dans l’eau n’est pas toujours la solution pour prendre des truites à la mouche ! Ne perdez pas de vue que les poissons sortent de six mois de tranquillité. Les premiers humains pataugeant à l’ouverture ont tôt fait de caler les truites qui filent à toutes nageoires sous leurs pierres comme si elles avaient vu le diable… Une bonne observation depuis la rive permet le plus souvent de faire sa pêche en restant discret.

    6 – Choisir entre truites sauvages et truites d’élevage

    Que de différences de comportement entre une truite sauvage et un poisson élevé en bassin déversé la veille de l’ouverture de la pêche ! Si l’on est parfois tenté de prendre ce qui se présente, la recherche des deux poissons ne fait appel ni aux mêmes mouches ni à la même stratégie. Il vous faudra donc choisir de pêcher l’une ou l’autre. Les truites d’alevinage se prennent essentiellement au streamer (de couleur vive).


    7 – Nymphe : le tungstène en renfort…

    Le lestage des nymphes à l’aide de tungstène (chose nouvelle depuis quelques années) permet d’adapter l’évolution de ses imitations de nymphe au ras du fond. En début de saison, une présentation à quelques centimètres du fond fait souvent la différence. Cela est important lorsque l’on pêche en aveugle, “au fil”. Les truites ne font souvent pas l’effort de monter chercher une nymphe qui passe 15 cm au-dessus d’elles, alors qu’elles prennent celles qui passent à leur niveau.

    8 – La mouche noyée pour certains cours d’eau

    La pêche à la mouche noyée ne permet pas de pêcher en profondeur. Elle s’adresse donc en priorité aux poissons actifs. Lors d’une éclosion et sur des postes peu profonds, cette technique peut s’avérer productive en début de saison. Mais, avant tout, ce sont les postes et les conditions qui valident ce choix.

    9 –  Au streamer, rien ne sert de finasser

    On sait que les pêcheurs à la mouche aiment la finesse. Toutefois, l’emploi d’un bas de ligne fin est une erreur. Avec un bas de ligne dont la longueur totale dépasse à peine 1,50 m, l’intérêt d’un fil fin est limité. De plus, cette faible longueur réduit l’élasticité. Les casses sont alors à craindre. Une pointe en 18 ou 20/100 convient très bien. Le fluorocarbone est également indiqué pour son immersion rapide.


    10 – Revenez fin mai…

  • 20 conseils pour réussir à la mouche en réservoir

    20 conseils pour réussir à la mouche en réservoir

    Si elle peut paraître basique, la pêche en réservoir est au contraire faite de petits détails techniques qui, au final, font toute la différence. Agrément des conditions de pêche, amélioration des performances de lancers, facilité à régler sa hauteur de pêche sont autant de conseils pratiques pour réussir là où d’autres galèrent.

    Par Jean-Marc Theusseret

    1- N’oubliez pas les bordures

    Trop souvent délaissées, les bordures sont pourtant aussi importantes à bien prospecter qu’en rivière. Les truites de réservoir sont toujours très présentes le long des berges, surtout si celles-ci sont riches en végétation. On peut les aborder en lançant parallèlement à la rive.


    2 – Ne ramenez pas votre mouche dans l’axe de la canne

    C’est sans doute l’erreur la plus couramment constatée. On lance, puis on ramène la soie et la mouche dans l’axe de la canne. Le poisson prend franchement et c’est la casse dans la demi-seconde qui suit. Un angle de 50 à 90° entre la canne et la soie permet d’amortir une attaque violente sur du fil fin.

    3 – Écartez le poisson pris du banc en activité

    Lorsqu’on a trouvé un banc de truites mordeuses, il est important, dans la mesure du possible, de très vite écarter les poissons piqués de la zone d’activité des autres poissons. Même s’il s’agit de poissons d’élevage, ils ne tarderont pas à se méfier en voyant leurs congénères se débattre étrangement au bout d’une ligne.


    4 – Limitez les faux lancers

    Lancer toute une journée au bord d’un lac où les distances de lancer paraissent si faibles face à l’étendue d’eau devient rapidement éprouvant. En limitant les faux lancers au strict minimum, on gagne beaucoup en temps de pêche réel, mais, en plus, cela permet de s’économiser physiquement.

    5 – Lubrifiez régulièrement votre soie flottante

    Pour de longs shoots qui économisent des efforts inutiles, prenez l’habitude de lubrifier votre soie avant chaque partie de pêche. De nombreux produits permettent à votre soie de glisser à toute vitesse dans les anneaux.


    6 – Observez les éclosions

    En réservoir aussi, les éclosions déclenchent l’activité des poissons. Cela peut paraître évident, alors pourquoi insister bêtement au streamer alors que les poissons gobent des chironomes ? La présence de truites gobeuses traduit souvent une grosse activité sur les nymphes dans la couche d’eau. C’est le moment de pêcher au chironome.

    7 – En cas de multiples suivis, essayez une mouche non ramenée

    Lorsqu’ils sont beaucoup sollicités, les poissons d’élevage finissent par comprendre que dans les eaux inertes du lac où on les a déversés, tout ce qui nage en direction de la berge ou de la coque d’un bateau est un leurre. En cas de multiples refus, une technique est très payante. À l’aide d’une soie flottante et d’un long bas de ligne, laisser couler une nymphe plombée sans la ramener. Souvent, le poisson part avec la mouche, ce qui se traduit par une tirée continue sur le bas de ligne.

    8 – Prévoir une sélection de micro-mouches

    Les éclosions de micro-diptères, de chironomes minuscules sont très fréquentes en lac. Et lorsque les poissons s’attablent sur des insectes de quelques millimètres de longueur, mieux vaut avoir quelques imitations dans ses boîtes. Des imitations de fourmis font l’affaire. C’est avant tout une question de taille. Les micro-nymphes pour la pêche en rivière sont également très utiles.


    9 – Profitez des coups de folie des poissons

    Où que ce soit, les truites arc-en-ciel réagissent par des périodes de pleine activité suivies de temps morts plus ou moins longs où plus rien ne semble les intéresser. Lorsqu’un moment de frénésie se déclenche, il faut en profiter car cela ne dure jamais très longtemps.


    10 – Conservez votre instinct de pêcheur en rivière

    Si la pêche en réservoir est artificialisée à plus d’un titre, elle n’en reste pas moins plus efficace si l’on prend le temps d’observer les habitudes alimentaires des poissons. Les pêcheurs en rivière qui ont l’habitude d’observer avant de pêcher peuvent déceler des comportements très intéressants avec les truites arc-en-ciel : circuits, agressivité, attitude face aux insectes flottants, etc.


    11 – Prospection ou pêche à poste, mariez les deux !

    Si les techniques sont bonnes, elles ont aussi leurs inconvénients. La pêche à poste fait prendre le risque d’être “à côté de la plaque”, tandis que la prospection fait encourir celui de ne pas assez insister et de rater des bons coups. Il peut être intéressant de jouer sur les deux tableaux et de varier les deux techniques.

    12 – Choisissez votre heure

    En hiver, les poissons deviennent très actifs sur le coup de midi, c’est-à-dire quand tout le monde rejoint le “club house” pour se réchauffer et se restaurer. Décaler l’horaire de son déjeuner vaut souvent la peine, car vous aurez des poissons actifs et le lac pour vous !

    13 – Ne courez pas après les truites !

    Lorsqu’on pêche à vue ou que les gobages sont nombreux, il est facile de perdre patience et de courir plusieurs truites à la fois. C’est très naturel mais pas très productif. Mieux vaut se concentrer sur un poisson et le pêcher plus calmement. Ce n’est pourtant pas facile !

    14 – En bateau, recherchez les coulées de vent

    Sur un lac, le vent est rarement uniforme, il prend des couloirs qui rident la surface. Les poissons présents en dessous peuvent être beaucoup plus agressifs sur ces zones que sur des parties plus calmes du lac. Une mouche tricotée lentement en sens inverse du vent est particulièrement attractive.

    15 – Apprenez à compter !

    Les réservoirs sont parfois profonds et les truites ne se tiennent pas toujours très proches de la surface. Les soies plongeantes s’imposent pour trouver des poissons. Estimer la profondeur de pêche devient un casse-tête. La meilleure solution consiste à compter durant la descente de façon à pouvoir entamer la récupération à la même profondeur sur plusieurs lancers. Cela reste approximatif mais tout de même assez juste.

    16 – Variez les vitesses de récupération

    La vitesse de récupération des streamers et des mouches noyées est très importante pour “pêcher juste” et obtenir le maximum de touches. C’est pourquoi il faut la modifier jusqu’à trouver un rythme “payant”.


    17 – Dégraissez votre bas de ligne

    Pour toutes les pêches sous la surface (nymphe, chiro, streamer, etc.) Une pointe de bas de ligne qui coule mal ne permet pas d’atteindre la profondeur souhaitée avec aisance. Le fil peut être gras. Il faut alors le dégraisser avec un produit spécifique.

    18 – Observez la façon de pêcher des autres pêcheurs et comparez les résultats

    On est rarement seul en réservoir. Chacun choisi une technique et tout le monde se regarde du coin de l’oeil… Les résultats obtenus par les uns et les autres sont très intéressants à analyser : distances de pêche, techniques choisies, fréquences des prises, etc.

    19 – Les lunettes polarisantes salvatrices

    Lorsque les eaux sont claires, les lunettes polarisantes sont d’un grand secours pour observer l’attitude des truites face aux mouches comme les suivis timides, les refus catégoriques. Il faut alors les interpréter et ajuster la taille des mouches, les vitesses de récupération ou la grosseur du fil.

    20 – En sèche, un mot d’ordre, restez patient !

    Que c’est dur d’attendre que son imitation ballottée par les vagues finisse enfin par être happée ! Le doute s’installe inévitablement. Suis-je sur un bon poste ? Ai-je lancé assez loin ? Et cette mouche, va t-elle intéresser les truites ? C’est imparable, mais il faut pourtant rester patient. Il est normal qu’en lac, les poissons ne repassent pas au même endroit très régulièrement.

  • La pêche au pouic

    La pêche au pouic

    Au coeur de l’hiver, la pêche en réservoir peut continuer de donner de bons résultats, à condition de pêcher lentement avec des modèles de mouches très mobiles.

    Par Philippe Collet

    Les mois de janvier et février sont les plus froids de l’année. La température des masses d’eau des lacs et réservoirs a chuté depuis longtemps et l’activité biologique s’y est considérablement ralentie. Dans les régions d’altitude, les plans d’eau sont souvent gelés et leurs gestionnaires ferment la pêche en attendant des jours meilleurs. En plaine, les réservoirs moins sensibles au gel restent le plus souvent ouverts tout l’hiver (en dehors des vagues de froid), ce qui nous permet de continuer à pratiquer notre loisir favori. Bien que les conditions soient plus difficiles (froid, journées courtes…) et que les poissons soient moins actifs, on peut vraiment réaliser de belles pêches à cette période à condition de bien se couvrir et de pêcher “juste”. La fréquentation des plans d’eau étant moins importante, on ne se bouscule pas sur les berges et les poissons sont plus coopératifs car moins sollicités. L’eau froide, riche en oxygène, permet de combattre des poissons vigoureux et de les relâcher dans de très bonnes conditions. Les poissons au métabolisme ralenti par le froid n’ont pas besoin d’énormément de nourriture. Ils n’en trouvent toutefois plus beaucoup car leurs proies habituelles vivent, elles aussi, au ralenti. Ils restent donc actifs, mais pendant une période plus courte que d’habitude, souvent en milieu de journée au moment le plus chaud. Les lieux les plus fréquentés par les poissons actifs sont, les jours de soleil, les berges exposées au réchauffement comme par exemple des hauts-fonds orientés plein sud (ou à proximité), ou, les jours de vent, si la température de l’air est plus chaude que celle de l’eau, les secteurs battus par les vagues. A ce moment de l’année, les salmonidés sont, pour la plupart, bien acclimatés à leur plan d’eau et connaissent de mieux en mieux les imitations ou les leurres présentés par les pêcheurs, ils ont aussi appris à se nourrir seuls et sont plus difficiles.

    Une pêche lente

    De nombreuses techniques de pêche peuvent être utilisées pour les leurrer, à condition de retenir un principe de base : quelle que soit la technique pratiquée, l’animation des mouches devra être lente. Elle sera en fait calquée sur la léthargie générale du plan d’eau. Les pêches imitatives seront réalisées essentiellement à l’aide d’imitations de chironomes, au moment de la plus forte activité (souvent décelable en surface). Une fois cette activité terminée, il n’y a que peu de chance que les poissons s’intéressent réellement à des mouches imitatives proposées hors contexte, même si elles sont bien choisies et bien présentées. Des mouches plus incitatives auront alors plus de succès.


    La pêche au pouic

    Dans cet article, nous allons nous concentrer sur une technique de pêche à l’aide de gros streamers non lestés, très adaptée à la saison et à cette nécessité de pêcher lentement. Cette technique pourra, bien sûr, être utilisée avec succès à d’autres moments de l’année, notamment pour solliciter des poissons retors. On la doit, semble-t-il, à des compétiteurs en réservoir qui l’avaient mise au point pour séduire des poissons difficiles et l’avaient baptisée : pêche au pouic. D’une pêche à proximité du fond, voire en grattant le fond à l’origine, elle a évolué vers une pêche à tous les niveaux de la colonne d’eau.


    Trancher avec les habitudes

    En hiver, la plupart des poissons ont déjà vu passer beaucoup de mouches ou de leurres et ont toutes les chances d’avoir été piqués plusieurs fois. Ils sont devenus nettement plus méfiants. Voir passer une bouchée beaucoup plus grosse que d’habitude, à la nage lente et insolite, va les conduire à attaquer alors qu’ils sont restés indifférents à des streamers classiques ou à un petite imitation de chironome bien présentée dont ils ont déjoué le piège car utilisée hors période alimentaire. Ces mouches de grande taille et gros volume poussent beaucoup d’eau et donnent un signal différent aux salmonidés. Si elles permettent de sortir des poissons inactifs de leur torpeur, elles seront encore plus efficaces sur des poissons en pleine activité alimentaire. Seul le niveau de pêche évoluera alors en remontant le plus souvent vers la surface.

    Le montage des pouic

    Les mouches utilisées pour cette technique doivent être volumineuses. Elles ne doivent pas être lestées pour pêcher lentement sans s’accrocher au fond. Les matériaux retenus sont le lapin et le marabout, choisis pour leur mobilité. Pour obtenir une mouche de grande taille, on prend comme base un hameçon à tige longue n° 4, 6 ou 8. Cela est surtout vrai pour le modèle en marabout car la longueur des fibres de ces plumes n’est pas extensible et ces mouches doivent mesurer de 7 à 10 cm.
    L’usage d’un hameçon long permet d’obtenir une mouche à la nage particulière, qui pourra décrocher de droite à gauche dans un plan horizontal, un peu à la façon d’un jerk bait. Les pêcheurs de carnassiers au lancer connaissent bien l’attrait de ce type de leurre. Ces grands hameçons ont l’inconvénient d’occasionner un plus grand nombre de décrochés, en permettant aux poissons de prendre un appui sur le fer de leur tige pour s’en débarrasser, mais le gain apporté par cette technique en vaut souvent la peine. Les mouches présentées ne comportent pas de matériaux brillants afin de privilégier une certaine discrétion vis-à-vis de poissons plutôt éduqués. Rien ne vous empêche d’essayer des modèles agrémentés de brill qui pourront se révéler meurtriers dans certaines conditions. Les couleurs de ces mouches peuvent être très variées. Les modèles de base sont le blanc et le noir. L’olive, le pêche, le vert pastel, l’orange… fonctionnent aussi très bien, il faut simplement les essayer pour trouver les couleurs du jour. Ces coloris peuvent être combinés entre eux en montant la queue d’une couleur et le thorax d’une autre, ou en montant un thorax bicolore. De nombreuses possibilités vous sont donc offertes, laissez libre court à votre imagination pour créer des modèles inédits et efficaces.

    L’animation

    L’animation est effectuée lentement en tricotant doucement la soie. Elle peut être ponctuée de tirées et de longues poses. Il est toutefois possible d’essayer, notamment aux moments les plus chauds de la journée (pendant la période d’activité des poissons), des variantes plus rapides en rolly pully par exemple, mais ce type de mouche trouve vraiment toute sa valeur avec une animation lente.


    La détection des touches et le ferrage

    Les touches peuvent se manifester par des tirées franches ou de petits mouvements de la soie qui doivent être sanctionnés par un ferrage de la main qui tricote sans bouger la canne. Un ferrage avec la canne à la première tirée aurait pour effet de soustraire la mouche du champ visuel du poisson. En cas d’échec du ferrage avec la main gauche, il faut surtout continuer l’animation car le poisson n’a certainement pas goûté au fer de l’hameçon et il va continuer à essayer d’attraper (ou peut être de jouer avec) la mouche qui lui a échappé et l’énerve de plus en plus. Vous serez surpris de constater, si vous pêchez en eau claire, que le poisson peu prendre plusieurs fois votre leurre en gueule sans que vous ne sentiez rien. Vous verrez votre mouche disparaître entièrement ou partiellement, à plusieurs reprises, avant de pouvoir ferrer le poisson. Parfois, il mordra suite à un arrêt, parfois cet arrêt occasionnera son désintérêt. A vous de trouver l’animation du moment. Avec cette technique, le poisson revient à la charge à plusieurs reprises. Est-ce dû à la texture de la mouche qui lui laisse une bonne impression, au fait qu’il ne morde que la queue du leurre et ne sente pas le fer, ou bien au fait qu’il ne veuille pas perdre une si grosse bouchée ? N’oubliez surtout pas de proscrire tout ferrage avec la canne tant que le poisson n’a pas été accroché avec la main tenant la soie. C’est plus simple à dire qu’à faire car les réflexes sont tenaces. Si malgré cela vous n’avez que des touches sans suite, essayez de réduire la taille desqueues des mouches en utilisant des modèles plus courts. Ils nageront moins bien mais permettront un meilleur engamage de l’hameçon.


    Les soies et le bas de ligne

    Selon le type de plan d’eau ou de poste de pêche et la hauteur de tenue des poissons, privilégiez une soie plus ou moins plongeante, afin d’animer le leurre le plus lentement possible à la bonne profondeur. Une soie flottante ou intermédiaire lente permettra de rester au niveau des poissons si ceux-ci évoluent à proximité de la surface. Elle permettra aussi une animation lente sans accrocher la mouche au fond dans 1 mètre d’eau. Dans plus de 5 mètres d’eau avec des poissons à moins 2 mètres, une soie S 3 (coulante de 3) sera un excellent compromis. Si les poissons sont collés au fond, une soie S 7 permettra de faire passer le leurre juste au-dessus de leur tête. Une autre technique peut consister, dans les plans d’eau au fond propre, à faire traîner la mouche au fond de l’eau à l’aide de cette même soie très plongeante afin de lever un petit nuage de sédiments ou de vase. C’était, semble-t-il, un de ses usages initiaux. On utilisera une soie de numéro 7 ou de 8 et la canne correspondante pour facilement propulser un leurre aussi volumineux et parfois lourd (cuir de la peau de lapin gorgé d’eau) et on se cantonnera à un seul exemplaire fixé au bout d’un simple morceau de nylon ou de fluorocarbone de 1,5 à 4 mètres de long selon la clarté de l’eau et ses capacités de lanceur. Le noeud de fixation a toute son importance avec cette mouche. Il doit être lâche pour lui permettre une nage plus libre et donc plus ample. Les noeuds à utiliser sont détaillés dans les pages suivantes.

    Et pourquoi pas d’autres poissons ?

    Cette mouche a tout pour plaire aux autres poissons un tant soit peu carnassiers. Elle pourra le cas échéant vous servir pour séduire sandres, perches, black-bass ou autres brochets ; en atteste cette grosse perche qui essayait, à nos pieds, de piquer son pouic à une des nombreuses truites leurrées avec cette mouche lors d’une sortie au lac de la Moselotte. Alors, à vos étaux et n’hésitez pas à braver le froid, le jeu en vaut souvent la chandelle !

  • De la mouche au leurre, quelques trucs en poils

    De la mouche au leurre, quelques trucs en poils

    De la mouche au leurre, il n’y a qu’un pas, que Philippe Collet n’hésite pas à franchir ! Les poils de toutes sortes font merveille sur des têtes lestées. Pour le sandre, la perche et le black-bass, osez les trucs en poils !

    Par Philippe Collet

    En dehors de quelques bricoleurs talentueux qui sculptent leurs propres leurres durs ou moulent leurs leurres souples, les pêcheurs de carnassiers aux leurres sont en général des utilisateurs de produits finis. A contrario, les moucheurs qui ont appris à monter leurs propres mouches sont souvent plus créatifs. Au début, ils réalisent des montages le plus souvent extravagants et inutiles, qui viendront encombrer leurs boîtes, jusqu’à ce qu’ils se décident à faire un grand ménage pour ne garder que l’essentiel. Avec le temps, les moucheurs ne se mettent plus finalement à l’étau que pour monter des modèles éprouvés et compléter leurs stocks. Ces pêcheurs qui s’étaient équipés pour le montage de mouches pour le réservoir, le carnassier ou la mer disposent souvent d’une réserve inépuisable de matériaux. Comme ils sont de plus en plus nombreux à se mettre à la pêche des carnassiers, l’idée de créer ou d’améliorer ses propres leurres avec les matériaux disponibles a dû en effleurer plus d’un.
    Voici quelques idées pour allier montage mouche et pêche aux leurres. J’espère qu’elles redonneront aux moucheurs un peu blasés l’envie de revenir à l’étau, et aussi aux pêcheurs de carnassiers l’envie de s’y mettre. Et puis ces leurres-là, vous serez les seuls à en posséder, même au Japon, ils ne les font pas ! Cela fait déjà pas mal de temps que Patrick, un de mes collègues de pêche, utilise des leurres en lapin de sa fabrication. Il a commencé à les monter à la fin de sa période réservoir avec les matériaux achetés pour leurrer les truites. Les premiers essais sur les sandres du canal ont été des plus concluants. Depuis, il en a toujours dans ses boîtes et prend régulièrement du poisson avec. Un autre collègue, Georget, que les clients du domaine de la Vallée (Aisne) connaissent bien, s’amuse depuis quelque temps déjà à fabriquer des mouches à carnassiers légèrement lestées pour les lancer avec un ensemble spinning. Il monte aussi des hameçons streamers qu’il accroche à l’arrière de petites cuillères tournantes, les rendant beaucoup plus attractives pour les perches ou les chevesnes qu’il convoite en rivière. J’avais moi-même monté des petits toupets de marabout de couleur chair sur les triples de certaines de mes montures à poisson mort manié, il y a déjà bien longtemps, pour leur ajouter de la vie. De nombreux autres moucheurs ont probablement déjà dérivé des montages mouche à destination du lancer.

    La technique du lapin blanc

    Avec un autre ami, Christian, nous évoquons régulièrement avec le sourire la technique du lapin blanc. Il l’avait trouvée, à nos débuts en réservoir, sur le lac de Virton en Belgique. Ce jour-là, les truites très éduquées ne s’intéressaient pas à nos mouches. Nous avions tout essayé et n’arrivions à rien. Nos piètres compétences dans la discipline nous condamnaient à un échec cuisant. C’était sans compter avec le sens de l’observation de Christian. Après avoir abandonné quelque temps (par lassitude !) sa mouche sur le fond, ce dernier remarqua que les truites s’intéressaient d’un seul coup à son leurre réalisé avec une lanière de lapin blanc. Plus ça allait, plus ces poissons capables de refuser l’imitation la mieux présentée s’énervaient sur ce streamer. Leur curiosité les avait incités à venir voir ce leurre, immobile depuis déjà un moment. En s’en approchant, elles avaient créé des turbulences, faisant vibrer les poils extrêmement souples de lapin. Ce mouvement, des plus naturels, les avait incitées à s’enhardir. A force de passages et de coups de nageoires, elles réussirent à faire bouger puis décoller la mouche. Finalement plusieurs poissons se prirent au jeu et, la concurrence jouant, un poisson plus téméraire que les autres aspira la mouche. S’ensuivit une série de prises. Si nous bougions nos mouches, les poissons intéressés désertaient immédiatement le secteur. Avec cette méthode peu orthodoxe, nous avions pu sauver notre honneur de débutants en réservoir. Cette technique fonctionne régulièrement en réservoir, même si, plus souvent pratiquée maintenant, elle devient moins efficace. Au-delà de l’anecdote, cette expérience m’a permis de comprendre l’intérêt de matériaux ultra-souples, comme le lapin et le marabout, pour la vie qu’ils peuvent apporter à un leurre, même immobile.

    Des modèles éprouvés de mouches en lapin

    Les pêcheurs à la mouche connaissent bien les vertus de certains modèles de streamer. Le pouic, cette mouche de grande taille (6 à 7 cm) constituée d’un corps en lapin, tourné sur un hameçon à tige longue, prolongé d’une queue en lapin, fonctionne très bien sur les truites en réservoir. Le même modèle en plus gros, tourné sur un hameçon de 6/0 avec des bandelettes plus larges, m’a permis la capture de nombreux brochets au fouet. Je délaisse maintenant un peu ces leurres, compte tenu de leur poids important, une fois gorgés d’eau, qui les rend difficiles à lancer. Je préfère les mouches en bucktail un peu plus légères. Pêcher des carnassiers au lancer avec des montages en poils ou en plumes ou avec des leurres associés à de tels matériaux n’est donc pas farfelu. Ces matériaux peuvent être un gage d’attractivité supplémentaire et un déclencheur d’attaques, surtout sur une phase d’arrêt ou d’animation lente. Un leurre en plastique dur ou souple ou en métal ne vit plus à l’arrêt. Lui ajouter une touche de poil ou de plume peut tout changer.

    Les fabricants s’y mettent doucement

    Si l’on connaît les cuillères mouches dont le triple est garni d’un palmer, les cuillères à brochet dont le triple est orné d’un gros toupet de bucktail ou les poissons nageurs de surface et autres poppers dont l’hameçon de queue est agrémenté de 3 ou 4 pointes de hackle ou de brill, l’offre des fabricants est assez restreinte. Des fabricants de leurres souples ont intégré des bandelettes de lapin à leurs leurres pour leur ajouter de la vie. La collection “rabbits serie”, importée par AMS en France, propose des genres de worms, grubs et autres créatures dotés d’appendices en bandelettes de lapin. Ces bandelettes sont ancrées dans la masse du leurre souple au moment de son coulage, ce qui permet de les souder au leurre. D’après les tests du fabricant, l’adjonction de poils augmenterait de façon importante l’attractivité des leurres.

    De premiers essais très concluants

    En observant dans l’eau claire, depuis un pont, des perches en train de s’énerver sur un plomb palette que j’animais sous leur nez et en les voyant taper furtivement sur la gaine rouge à l’arrêt du plomb, je me suis dit que dorénavant je garnirai mes hameçons triples de lapin ou de marabout pour que, même à l’arrêt, mon leurre ait encore de la vie. Mes essais ont aussi porté sur des montages de jigs en lapin avec ou sans lanières élastiques, d’hameçons de cuillères à jiguer.
    J’ai encore opté pour des collerettes en lapin ou en renard arctique montées sur des têtes plombées devant mes leurres souples. Un jig en peau de lapin travaille de façon beaucoup plus efficace lors des pauses et réagit au moindre courant provoqué par le passage d’un poisson curieux. Avec un montage en lapin, le jig coule plus vite qu’avec une jupe en silicone volumineuse. Il faut donc réaliser des jigs légers si l’on veut pouvoir les utiliser en lancer ramené.
  • La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer n’est pas forcément une technique aussi mécanique et rébarbative que l’on veut bien le croire ou le dire. Elle peut paraître simpliste lorsqu’elle est pratiquée au petit bonheur la chance sur des poissons frais, mais devient intéressante et gratifiante lorsqu’elle est pratiquée, avec méthode et intuition, sur des poissons relativement éduqués. Sébastien Allatissière, le maître incontesté de la pêche au streamer en réservoir, va nous révéler l’essentiel de sa technique au fil de cet article. Vous y trouverez nombre des trucs qui lui ont permis et lui permettent encore de si souvent réussir en compétition.

    Par Philippe Collet


    La distance de lancer

    Tous ceux qui se sont frottés à Sébastien en compétition savent qu’il ne pêche pas dans le même plan d’eau que les autres. Il pose ses mouches régulièrement à très grande distance (au-delà de 35 mètres, parfois tout près de 40 mètres) et réalise quasi systématiquement des posés de qualité, bien en ligne. Il sollicite ainsi des poissons moins vigilants car se sentant en sécurité, hors d’atteinte. Il ne s’embarrasse alors pas à essayer de leurrer des poissons visibles en bordure. Il les intéressera à un moment ou un autre en ramenant ses mouches vers la berge.
    Le lancer à distance permet un gain d’efficacité considérable dans l’action de pêche. Les mouches non seulement pêchent plus loin, mais aussi beaucoup plus longtemps une fois en place, c’est-à-dire une fois arrivées à la bonne profondeur, bien en ligne avec la soie. Alors qu’un pêcheur moyen va pêcher efficacement sur environ 20-25 mètres, Sébastien le fera sur au moins 30-35 mètres, soit environ un tiers de plus, ce qui va lui permettre la mise en oeuvre efficace d’animations spécifiques. En posant ses mouches bien en ligne, Sébastien peut détecter la touche instinctive d’un poisson surpris par l’arrivée du leurre sur son territoire. Les posés en paquet, à grande distance, qui sont souvent l’apanage des soies de type shooting mal utilisées, ne permettent pas ces prises. Le poisson est le plus souvent affolé par la soie proche de la mouche. Si toutefois il s’empare de cette dernière, il peut la gober et la recracher plusieurs fois avant que le pêcheur n’ait résorbé les 3 ou 4 mètres de soie nécessaires à la prise de contact.

    Une couverture en éventail

    Sébastien veille à pêcher chaque poste en éventail. Si la configuration de l’arrière du poste le permet, il modifie son angle d’attaque à chaque lancer. Il se déplace aussi latéralement. Cela permet d’aborder les poissons différemment et d’éviter de matraquer systématiquement la même zone. La distance de lancer évoquée précédemment contribue aussi à augmenter l’intervalle entre les posés et à moins effaroucher les poissons.

    Ne pas hésiter à changer d’animation, de mouches, de soie

    Un autre secret de la réussite de Sébastien réside dans le changement régulier de mouches, de densité de soie et d’animation. Au moins, tant qu’il n’a pas trouvé une technique dont l’efficacité est flagrante. J’ai eu l’occasion de pêcher à côté de lui en compétition. Alors qu’il venait de prendre des poissons avec une technique, il rembobinait tranquillement sa soie, raccrochait sa mouche et changeait de canne, donc de densité de soie et de style de streamers. Il anticipait en fait l’accoutumance des poissons situés devant lui, en leur proposant autre chose, avant même d’enregistrer un ralentissement dans leur réaction. Pour ma part, je cherchais désespérément ce qui pouvait fonctionner et me serais volontiers cantonné à reproduire une technique efficace ! Tentant de copier ce qu’il faisait : mêmes soies, mêmes couleurs, je me suis vite retrouvé totalement déboussolé. N’essayez pas de “prendre” Sébastien au streamer, il est quasiment impossible de le suivre à cette technique. Il a déstabilisé plus d’un de ses voisins en compétition. Si vous pêchez pour le plaisir, pensez à changer régulièrement de poste pour solliciter des poissons “neufs”, alternez les animations, vous pourrez ensuite vous tourner vers un changement de mouches, puis de soie, jusqu’à trouver une technique qui vous permet d’enchaîner les prises de façon régulière. La journée passant, avec ses conditions météorologiques parfois changeantes, vous aurez intérêt à remettre votre technique en cause régulièrement pour continuer à toucher des poissons.

    Le matériel

    Pour cette pêche, Sébastien utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 7 ou de 8, des Loomis GLX 2 brins traditionnelles. Il ne s’embête pas avec les moulinets et se sert toujours de ses vieux Dragonfly Cartridge 395. Ses soies préférées sont les intermédiaires Partridge Réservoir en taille 7, les soies Airflo intermédiaires rapides et S3 (coulante de 3) traditionnelles Delta Polyfuse en 7, une S 6 Cortland s’apparentant plus à une S 4 ou une S 5 qu’il affectionne pour son placement rectiligne sous l’eau (pas de ventre). Sébastien pêche aussi au streamer en soie flottante avec une soie Cortland 444 SL en WF 7. Il utilise du fil fluorocarbone Falcon en 21,5, 19,8, 17,7 ou 15,9 centièmes. Les petits diamètres sont réservés à la pêche en soie flottante. Pour la pêche en soies plongeante ou intermédiaire,Sébastien noue ses mouches le plus souvent sur un 21,5. Il peut être amené à réduire à un 19,8 si l’eau est claire ou pour améliorer la nage de ses streamers si les poissons sont un peu trop regardants. Quand les poissons sont difficiles, la pêche en soie flottante permet à Sébastien de placer ses mouches au même niveau qu’avec une soie intermédiaire, mais de ralentir considérablement son animation. A ce moment-là, il doit réduire le diamètre du fil utilisé car l’animation lente laisse plus de temps au poisson pour observer le montage. Il peut pêcher plus fin car la soie flottante oppose moins d’inertie à la touche et l’animation plus douce occasionne moins de risques de casse.


    Les bas de ligne

    Le bas de ligne est raccordé directement à la boucle de la soie réalisée en nylon de 40 centièmes (montage détaillé dans le n° 64 de Pêches sportives). Sébastien réalise ses potences avec des noeuds de pendu à 4 et 4 tours ou, si le fil est fin, 4 et 5 tours pour le brin le plus fin. La potence est toujours réalisée avec le brin qui remonte vers la soie. Pour la pêche avec des soies plongeantes ou intermédiaires, il utilise le plus souvent du fluorocarbone de 21,5 centièmes et en noue de 1,80 m à 2 mètres, de la soie à la première mouche. Il espace ensuite les deux mouches de 2,20 m. Les potences mesurent de 15 à 25 cm. Elles font en fait 25 cm au départ de la partie de pêche et réduisent progressivement en taille au fur et à mesure des changements de streamers. Pour la pêche en soie flottante, les longueurs sont identiques, mais les diamètres de fil sont plus faibles : 19,8 entre la soie et la première mouche, 17,7 ou 15,9 entre les deux mouches. Sébastien peut aussi n’utiliser qu’un seul streamer, notamment lorsque l’eau est très claire. Il allonge alors son bas de ligne pour placer la mouche à environ 4 mètres de la soie.