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Étiquette : saumon

Quand les saumons ont le nez en l’air
En Europe, les saumons ne prennent pas (en principe) les mouches sèches de type bomber en poils de cervidés. Au Québec et notamment en Gaspésie, il s’agit d’une technique de pêche normale en été. Rivières cristallines, gros saumons et mouches sèches, le rêve ! La pêche en Gaspésie est généralement publique (par tirage au sort des parcours), très réglementée et il est interdit de lester les mouches ou d’utiliser du lead core (soie ultra plongeante).

Le gouvernement écossais étudie l’éventualité de mettre 89 rivières en no-kill
Après avoir abandonné le projet de marquage des saumons par les pêcheurs à la ligne, le gouvernement écossais étudie la possibilité d’imposer le no-kill dans 89 rivières en 2016. Le but étant de soutenir l’état des stocks, qui comme dans beaucoup d’autres pays voisins, montrent des signes de faiblesse. Les rivières ont été divisées en trois catégories, avec des mesures plus ou moins contraignantes selon les cas. Si le projet est accepté, il sera rediscuté chaque année en fonction de l’état des populations de saumons dans chaque rivière et de la réussite de la reproduction. Une belle leçon de courage politique, car en France, ce genre de chose est impensable. Non, en France, on dépense des millions pour faire remonter des saumons dans des fleuves où la souche a été perdue à tout jamais, et on laisse les cours d’eau encore viables se dégrader chaque année un peu plus…

Quelles solutions pour favoriser le retour du saumon du Rhin ?
Parrainé par la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR) et dix ans après le dernier grand symposium sur le saumon du Rhin, le WWF Suisse et European Rivers Network France organisent un nouveau symposium international en coopération avec de nombreux partenaires, qui se déroulera du 1er au 3 octobre à Huningue. Durant ce Atlantic Salmon Summit, il s’agira de donner une vision d’ensemble des obstacles et points noirs à lever, en eau douce et en mer, des défis et enjeux à intégrer (coopération internationale, gestion intégrée du fleuve, changement climatique, production d’énergie), présenter les derniers résultats des travaux de recherche et partager les retours d’expériences innovants et exemplaires, mais aussi définir l’agenda précis qui permettra la réouverture de l’axe Rhin pour 2020 jusqu’à Bâle et les mesures complémentaires nécessaires au maintien de populations stables dans le temps (eau douce et en mer).
Ce symposium s’adresse à tous les acteurs concernés par le saumon en Europe : scientifiques, gestionnaires, élus, industriels et société civile, et rassemblera de grands experts de la mer et de l’eau douce, des personnalités de toutes nationalités. Il sera traduit simultanément en français, anglais, allemand et néerlandais.
Rendez-vous sur le site www.salmon-summit.org pour vous inscrire en ligne et accéder à toutes les informations pratiques.
Ce colloque est parrainé par la CIPR et préparé en collaboration avec experts de France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, de différentes organisations comme la CIPR, le Ministère de l’environnement Suisse (Bafu), du Canton d’Argovie, le Regierungspräsidium Freiburg im Breisgau, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques de la France, l’Agence de l’Eau Rhin Meuse, la Fédération de pêche Suisse, la Fédération de pêche de Baden-Württemberg, Sportvisserij Nederland et des experts poissons et passes à poissons, EDF (Electricité de France), des ONG de protection de l’Environnement et bien d’autres encore.

Bidoz Neck Ring : mouche à salmonidés migrateurs
Mouche à salmonidés migrateurs Ce modèle qui n’en est pas un existe juste pour mettre en évidence l’aspect très intéressant du mélange de trois Neck Ring qui forment ainsi un thorax coloré du plus bel effet tout en apportant un certaine densité.
1. Fixer dans l’étau un hameçon simple Partridge n° 8. Placer trois Neck Ring de 3,60 mm, deux “rose métallique” et un rose opaque au milieu.
2. Commencer l’enroulement d’un fil de montage ocre 6/0 sur la hampe.
3. Fixer un substitut de quill de condor et un brin de fil de cuivre.

Le saumon en Norvège sur la Suldal
Franck Pizon nous informe qu’il vient de réaliser un film sur la pêche du saumon en Norvège.
Il a bien fait !
La réalisation est impeccable, les images d’une beauté ébouriffante et les dialogues d’une qualité rare pour ce format de vidéo.
Une véritable déclaration d’amour au saumon, à la Norvège et ses conditions climatiques aussi changeantes qu’hostiles.
Une vrai réussite… on en redemande, c’est trop court !
Snaelda, la mouche qui fait tache
Depuis que la pêche du saumon à la mouche existe, de merveilleuses histoires naissent entre les mouches et les rivières. Si généralement, une mouche à “sa” rivière, il y a aussi des exceptions. La Snaelda, mouche moderne dénuée d’élégance comparée à beaucoup d’autres, fait des cartons dans toutes les rivières puissantes et froides, au point de compter chaque saison, un peu plus d’adeptes.
Par Vincent Lalu
D’accord cette mouche ne ressemble à rien. Mais vous en connaissez-vous des mouches à saumon qui ressemblent à quelque chose. A part celles qui se prennent pour une crevette mal dégelée de Picard surgelés. La Snaelda, elle, est comme les autres : du poil, de la fourrure, des tinsels et de la couleur, beaucoup de couleur en camaieu d’orange, de jaune et du noir pour faire passer tout ça (ou alors les mêmes camaieux en remplaçant le rouge par du vert). Sauf que pour docteur Saumon (alias Pierre Affre), le “tout ça” ne passe pas.
Pour lui la Snaelda ressemble bien à quelque chose : il hésite entre un balai de chiottes, et un écouvillon pour bouteilles récalcitrantes. Mais surement pas une mouche à saumon. Pourtant cet ingrate tube-fly qui a fait des débuts fracassants sur les pools de la salmo planète dans les années 80 est l’une des préférées des grands poissons d’argent. Pour peu que les eaux soient froides ou simplement tendues, la Snaelda surtout si on l’a chargée au montage va chercher les poissons là où ils sont, c’est-à-dire dans les étages inférieurs de la couche d’eau.
Et les saumons aiment, ils en raffolent même. Il suffit de parcourir les cahiers de prises de n’importe quel lodge de l’Atlantique nord, que ce soit en Ecosse, en Norvège, en Russie ou en Islande et de pointer les mouches avec lesquelles les captures ont été réalisées. La réponse est partout la même : snaelda, snaelda, snaelda. Pas de doute, les saumons en pincent pour la snaelda et tant pis pour les grands prêtres de l’orthodoxie salaresque comme docteur Saumon qui préféreraient que leur poisson sacré, qu’ils traquent depuis des décennies, respecte les usages en continuant de croquer les nobles mouches que contiennent leurs mythiques boites, les silver doctor, munro killer, stoat’s tail, jock scott, lemon grey et autres general practitioner.
Et d’abord c’était qui cette Snaelda ? Hairy Mary on connaît son histoire, Black Maria aussi, pareil pour Jeannie, mais Snaelda… Elle vient d’où cette Snaelda ? Elle ne serait pas un peu allemande sur les bords avec son gros ventre de crustacé buveur de bière et sa façon de faire des ploufs incongrus en entrant dans l’eau ? C’est vrai qu’elle n’est pas très belle. Mais les saumons, la beauté, ils s’en foutent. Elle doit leur rappeler une grosse crevette transgénique et bancale rencontrée quelque part entre le Groënland et l’embouchure du grand retour. Un moment de leur voyage où ils avaient vraiment les crocs et qu’ils se disaient : “une petite dernière pour la route”.
En fait le vrai problème de docteur Saumon et des autres grands maîtres qui ont banni l’étrangère de leurs œuvres complètes c’est que la Snaelda est si efficace qu’elle laisse croire au premier couillon venu qu’il est passé expert en trois faux lancers et deux saumons capturés. Car salmo salar n’est pas vraiment regardant sur qui lui présente sa snaelda chérie. Son empathie est immense et sa bonne volonté va jusqu’à privilégier les débutants, les innocents, les femmes enceintes et les cocus. Et l’effet snaelda augmente considérablement le nombre de ceux qui sont prêts à écrire Le livre définitif sur la question du saumon dès lors qu’ils ont réussi à en prendre un.
Or des vrais pros du salmo il n’y en a pas beaucoup. Surtout en France où les saumons ne sont plus légion. Finie l’époque des Bonnenfant ou des Pourrut, Laffargue, Vicento qui régnaient sur les pools de l’Allier ou les grands courants du gave d’Oloron. Leurs héritiers, les Affre, Montupet, Thonnenx ou Bezin ont dû s’expatrier. Docteur Salmo (vous avez remarqué le passage à l’anglais) est plus connu sur les rives et dans les lodges de la presqu’île de Kola, en Islande, en Norvège et sur la Matapedia que sur les bords de l’Allier où les spécialistes attendent chaque année le retour de la paire de saumons à quelques millions d’euros qui aura survécu à l’inutile production piscicole de Chanteuges, merveilleuse lessiveuse à argent public .
Malheureusement aujourd’hui le saumon c’est surtout une affaire de Vikings et de Ruscofs. Ce n’est pas parce qu’il fréquente tous les grands saumoniers, qu’il confît le petit nom de tous les plus de 20 livres de l’hémisphère nord, qu’il pense saumon, qu’il rêve saumon qu’il mange comme un saumon, que docteur Salmo n’est pas une exception. Les stars du saumon sont en majorité de là-haut. Leurs palmarès se comptent en milliers de sujets et en millions d’heures de pêche. Surtout, eux savent très bien pourquoi ils ont inventé la snaelda. Mouche miracle pour rivières body buildées. Avatars logiques du nouveau salmo business. Explication par l’Islande : cette terre viking possède quelques-unes des plus belles rivières à saumons de la planète. La Stora Laxa, l’Hafralonza, la Midjfierdara, la Sela et pas mal d’autres sont des petites merveilles d’eaux cristallines, de gorges enchanteresses et de pools à se damner. Ce ne sont pourtant plus elles qui “produisent” le plus de sujets au royaume de salmo salar. En 2007 et 2008 ce sont deux rivières “chasse d’eau”, les Ranga est et ouest qui sont arrivées en tête du hit-parade des captures avec plus de 15 000 poissons recensés dans l’année. Pourtant il y a 20 ans à peine ces deux rivières d’origine glaciaires ne produisaient pas plus de 100 poissons par an. Tout l’alevinage naturel étant emporté par la débacle du printemps.
C’est alors qu’entrent en jeu quelques petits malins , parmi lesquels Arni Baldurson, le docteur Salmon islandais, qui proposent aux fermiers riverains de ces deux rivières à moins de deux heures de Reyjkavik, de mettre des saumons là où il y en a peu. Arni, outre qu’il est surement l’un des plus grands pêcheurs de saumons actuels, est aussi une star du marketing hallieutique, discipline inconnue sur le plateau de Millevaches, qui lui a permis de devenir le roi du salmo business islandais, tout en continuant de faire pêcher les grands de ce monde d’Eric
Clapton à Bush père (Poutine s’est décommandé au dernier moment mais ce n’est que partie remise). Et surtout Arni Baldurson est une sorte d’apprenti sourcier qui dès son jeune age s’est passionné pour l’élevage (à 12 ans il avait détourné une canalisation du lotissement où vivait sa famille pour alimenter sa première salmo nurserie.)
Avec un ou deux complices ils ne mettent pas longtemps à convaincre les fermiers que leurs rivières qui ne valent pas un tacon sur le juteux marché de l’amodiation touristique peuvent voir leur valeur mulipliée par cent s’ils acceptent de participer à l’opération Ranga ranching.
L’idée est de prendre en charge les premiers temps de la vie de saumons sauvages (prélevés sur la souche famélique des Ranga) puis de laisser le cycle normal s’accomplir dans des conditions telles qu’il ne soit pas possible d’établir une différence entre ces poissons et les autres. Concrètement l’opération se déroule en cinq phases :
– on organise la fraie de saumons des Ranga dans une pisciculture située à moins de deux heures de camions citernes.
– Chaque rivière est découpée en beats de plusieurs pools que se partagent les pêcheurs. Ce sont ces sections de quelques centaines de mètres que l’on va équiper. Chaque beat, se voit doté d’une “piscine” d’une centaine de mètres cubes et d’1,50 mètre de profondeur creusée à la pelleteuse et reliée à la rivière par un canal que l’on peut ouvrir ou fermer par le moyen d’un bouchon fabriqué à partir d’une grosse bobine de cable électrique vide.
– Peu de temps avant le grand départ, à la nouvelle lune du mois de mai, le camion citerne vient déverser de 50 à 100 000 tacons dans chaque piscine (Il y en a une quarantaine pour les deux rivières) et l’on couvre chaque bassin d’un filet pour éviter que les oiseaux ne viennent casser la croute.
– Les jours suivants les fermiers nourrissent les poissons en granulés. Cela dure à peu près une semaine. Et un matin on s’aperçoit que les poissons n’ont pas touché aux granulés et que leur robe a changé dans la nuit. Elle est passée de la couleur “truite” à l’argent du saumon : les tacons sont devenus des smolts.
– Il suffit alors d’enlever les bouchons et de laisser partir ces un ou deux millions d’aspirants au grand voyage vers la mer. Les fermiers se postant dans les embouchures pour effrayer le plus d’oiseaux possibles à grands coups de fusil. Il n’y a plus qu’à attendre. Un an pour que remontent les grisles (de 1 à 3 kg), deux ans pour les saumons adultes (4 à 5 kg) et trois ans pour les sujets sérieux (6 à 10 kg).
Et cela marche : dès les premiers retours de 4 à 8 000 grisles reviennent dans les Ranga. Et les statistiques montent très vite au point de classer nos deux chasses d’eau glaciaires en tête du hit-parade des rivières islandaises deux années de suite . Ce qui a pour conséquence de transformer des parcours qui n’étaient même pas commercialisables en eldorados à 1 800 euros la journée, en prime time.
Le coup est magistral et les Cresus de la planète se bousculent pour pêcher les Ranga. Sauf qu’une chasse d’eau reste une chasse d’eau ce qui a pour conséquence d’imposer souvent des mouches qui pêchent “creux”, comme la… snaelda et de tuer tous les poissons ou presque puisque les ruisseaux d’alevinage naturel des Ranga sont en nombre insuffisant pour accueillir tous les saumons qui reviennent.
Ainsi nous étions quelques uns que Arni avait “upgradé” sur les Ranga pour deux jours (un milliardaire autrichien spécialisé dans les robinets en or pour salles de bain d’émir nous ayant piqué- vive le sanitaire- notre sublime Stora laxa, nous avions réussi l’exploit de rentrer bredouille à deux cannes d’une matinée sur la east Ranga quand une voiture ordinaire, même pas un 4X4, est venue se garer devant nous.
En sont sortis quatre gros mimiles dont je ne préciserai pas la nationalité (l’internationale des mimiles est au-dessus des nations). Deux d’entre eux ont ouvert le coffre d’où ils ont extirpé avec difficulté un sac poubelle de 150 litres très lourd. Ils ont déversé le contenu du sac, une vingtaine de poissons de toutes tailles, eux-mêmes déjà emballés dans des sacs en plastique sur le plan de bois où l’on compte, pèse et recense les saumons. C’est alors que j’ai vu les grandes cannes, leurs gros bouchons rouges et noirs et les grands hameçons sur lesquels subsistaient des bouts de vers, sur le toit de la bagnole. Et je me suis dit que n’en déplaise à docteur Salmon, la snaelda c’était quand même mieux pour la pêche au saumon, con !
Islande : pêche du saumon à la mouche
Voici un avant-goût du reportage que Kathleen et Jean-Pierre
Piccin ont réalisé en Islande et qui sera publié dans le numéro 94 de Pêches
sportives. Ils ont pu se confronter aux saumons islandais dans des rivières aux
profils très différents et sont revenus avec des souvenirs plein la tête. Une
plongée dans des paysages brutes comme au matin du monde…
Monica, une nouvelle de Vincent Lalu
Le saumon est une femme. Il en a la grâce, l’endurance et la détermination. D’ailleurs seuls les saumons peuvent égaler une femme dans l’art de faire cavaler les hommes. C’est sans doute pour cette raison que l’on a donné des noms de femme à quelques endroits où les hommes ont beaucoup cavalé après les saumons. Monica est un de ces lieux bénis des dieux, peut-être le plus beau, un courant de près de 400 mètres ( le “Monica run”) qui relie deux pools formidables (le Monica du haut et le Monica du bas) sur la rivière Kola dans la presqu’île russe éponyme, où la densité de salmo salar fait penser certains jours aux heures chaudes du RER A entre Châtelet et Gare-de-Lyon.
Une bredouille à Monica n’est pas donnée à tout le monde (j’ai failli y parvenir mais un gros grisle en fin de journée ne l’a pas permis). Car à Monica les saumons sont à la fois nombreux et bienveillants. Ils se prennent de passion pour votre mouche quand elle défile dans ce courant sublime, le plus beau du monde d’après cet habitué des plus beaux pools de la planète, un courant qui fait voyager votre Cascade ou votre Green Highlander en première classe, ni trop vite ni trop fort, juste comme il est nécessaire pour que leurs parures les présentent sous leur meilleur jour. Autour, les poissons font des galipettes, des remous, des sauts, quelques touchettes sans conséquence. Et puis très vite, comme dans toutes les maisons de rendez-vous, ça téléphone.
La vraie Monica existe, je ne l’ai pas rencontrée mais il me paraît urgent de préciser à ce stade du récit que c’est une femme dont la vertu ne se prête guère au genre de métaphore douteuse employée à propos de son pool. Monica n’est peut-être pas la plus belle femme du monde, mais d’avoir donné son nom à l’un des plus beaux pools de la planète lui confère une sorte de magistère d’émotion dans l’inconscient des pêcheurs. Pour donner son nom à un tel endroit, Monica ne pouvait qu’être une femme épatante. On ne devient pas sans raison la marraine d’une avenue si glorieuse que Sunset Boulevard, à côté, a tout d’une rocade à Châteauroux.
Emmener une femme à la pêche n’est pas une mince affaire : soit cela se passe tout de suite mal et vous avez vraiment intérêt à avoir tenté l’expérience à proximité d’un aéroport, soit il vous semble qu’elle aime ça, surtout pendant les deux premiers mois de votre idylle. Vous vous prenez alors à rêver d’une compagne halieutiquement correcte et vous en oubliez que vous lui avez dit : “Je t’emmène pêcher le saumon en Islande, on pêchera le jour et on s’aimera la nuit”, sans lui préciser qu’à cette saison, en Islande, il n’y a pas de nuit. Ce qui ne vous paraissait pas essentiel puisque, pour le moment, elle a l’air très contente comme cela, tapie derrière vous qui guettez le poisson sans savoir que, pour elle, le poisson c’est vous…
Et puis il y en a quelques-unes comme Monica, qui aiment vraiment la pêche, auxquelles les hommes donnent à pêcher soit par galanterie, soit par condescendance, les parcours les plus faciles. Ce qui se passa pour Monica.
La vraie Monica, donc, a débarqué un matin de 1995 en compagnie de l’homme, un Ecossais fortuné, dont cette Américaine partageait la vie et un peu la passion pour les saumons. Le couple était venu à l’invitation de Bill Davis, un Américain de l’Arizona marié avec la fille d’un des nouveaux maîtres de la Russie et qui fut le véritable découvreur des somptueuses rivières de la péninsule, la Yokanga, la Ponoy, l’Umba, la Varzuga ou la Rinda… qu’il perdit les unes après les autres, se retrouvant finalement sur la Kola, grande artère à saumons qui termine son cours tumultueux dans les parages de Mourmansk. La Kola n’avait jusque-là intéressé personne d’autre que les pêcheurs aux filets, fournisseurs des militaires et de la mafia locale et les innombrables braconniers qu’une économie de survivance poussait à cette coupable industrie.Bill Davis, le bad boy de l’Arizona, comprit très vite que la Kola, malgré son côté banlieue, était une pépite. Il réussit à obtenir de Boris Richepa, le très puissant patron de la fédération de pêche régionale, la concession des plus beaux pools de cette rivière publique où seuls les saumons étaient restés communistes. Il y improvisa un lodge dans l’ancienne maison de vacances des jeunesses socialistes, et c’est ainsi que quelque temps plus tard on proposa à Monica de pêcher ce grand courant facile auquel elle allait donner son nom après y avoir aligné et relâché dans sa journée 10 saumons exactement, entre 10 et 30 livres. Une légende était née. Il ne restait plus qu’à baptiser les autres pools du parcours, ce qui fut fait sans trop de précipitation (l’un d’eux se nomme toujours “no name” ). Et à faire venir les clients, attirés du monde entier par les sirènes de Monica.
Il est impossible de dire avec certitude qu’il y a plus de saumons qui s’arrêtent ici que dans les autres pools. Mais ceux que vous y rencontrez vous font l’effet d’avoir fait tout ce chemin pour se retrouver là, un peu comme si, dans leurs années tacons, au moment où ils se préparaient à descendre vers la mer, leur maman leur avait dit : “Tu vois, ici, c’est Monica, un jour, si les gros flétans ne te mangent pas, tu y reviendras.” Pour eux, Monica n’est pas une banale maison de passe, c’est l’antichambre joyeuse de leur destin. Un pool complice autant pour les saumons que pour les hommes, qui y reçoivent ce qu’ils méritent (grosse pêche ou quasi bredouille) sans qu’il soit possible de savoir s’ils relèvent du registre de la malchance, ou de celui de la maladresse, ou encore de celui de la consolation. Ce n’est d’ailleurs pas le problème des saumons. Eux se reposent, prennent leurs aises. Ils savent que la suite ne leur laissera guère le loisir de prendre du bon temps. Alors ils en profitent, jusqu’à ce que le Monica du haut ne les réveille par le tumulte de ses eaux, juste avant l’autoroute impersonnelle qui les emmènera directement au pool du cimetière, avec ses minuscules clôtures de métal aux couleurs pastel et les taches vives que font les fleurs naturelles ou en plastique que les Russes aiment à disposer sur la tombe de leurs parents. Le cimetière donne aux saumons comme aux hommes une idée de ce qui les attend. Entre une friche industrielle, un champ de patates et la voie de chemin de fer Saint-Pétersbourg – Mourmansk, ce cimetière de la Kola éclaire de ses taches vives un décor en noir et blanc huit mois par an. Les cimetières russes sont gais et colorés parce que, l’espérance de vie des mâles de ce pays étant de 54 ans, mieux vaut soigner les abords de son futur déménagement.
On enterrait ce matin-là un enfant. Sur la petite caisse de bois, on avait disposé ses jouets préférés : un camion, un ballon, une pelle et un petit maillet. En contrebas, sur la rivière, les mouches ont cessé leur défilé. Plusieurs habitués de la Kola ont déjà assisté à ce genre de scène. Ce n’est pas la seule raison qui les fait détester le pool du cimetière. La vraie raison est que, à force de voir passer des pêcheurs et des saumons, les morts de Kola, dès leur jeune âge, sont devenus des experts. Ils savent mieux que personne si le lancer est bon, si la mouche passe bien, si le pêcheur comprend quelque chose au poisson. Ils savent, eux, vraiment si le saumon est une femme. Ou si c’est l’inverse.
Vincent Lalu

Nouvelle équipe et nouveau départ pour l’association Anper TOS
Fondée en 1958, reconnue d’utilité publique, l’association initialement intitulée Truite Ombre Saumon (TOS) fut durant très longtemps l’une des seules a défendre les cours d’eau français. Après une période de restructuration et de recherche de membres motivés pour reprendre le flambeau, Anper Tos se jette à nouveau dans la bataille de la défense de l’eau. Un nouveau bureau a été élu cet été. Lucien Drouot en est le nouveau président national. Le principe des antennes régionales est reconduit.
Les actions de TOS à continuer et à développer sont les suivantes : – l’action contentieuse. La veille et les premières mesures sont assurées par les délégations régionales suivant le guide procédural. La décision d’ester en justice est prise par le président après avis de la commission juridique. – L’action de réflexion politique : une politique nationale et une ligne de conduite TOS doit être définie et appliquée dans les différentes instances locales et nationales où nous siégeons – L’action de développement : pour promouvoir l’image de TOS et développer son importance et son influence – L’édition de bulletins d’information et de documentation Il est décidé de fonctionner pour le moment en deux commissions : 1- Une commission Juridique, Pollution et Nuisances. Son rôle est d’assurer la veille juridique, la rédaction et la mise à jour des guides juridiques, d’analyser les dossiers précontentieux, de suivre les dossiers contentieux. Ces membres sont : François Grebot, Thierry Valet, Jacques Gerbod, Claude Champredon. Le président en sera membre de droit. 2- Une commission Animation et Développement. Son rôle sera de faire connaître TOS, d’organiser la communication, de coordonner les délégations régionales. Ces membres sont Christel Bulthé, Frédéric Serre, Claude Varenne-Paquet, Josselin de Lespinay.
Renseignements :
Association Nationale Pour la protection des Eaux et des Rivières TOS Le site Internet étant en cours de (re)construction, voici les coordonnées téléphoniques du Vice Président, François Grebot.
Tél. : 04 73 92 51 82.
Fax : 04 73 25 05 13.
La pêche du saumon en période automnale
L’automne est arrivé, et ces moments pour pêcher le saumon me plaisent beaucoup. Cette pêche automnale n’a rien à voir avec celle de printemps ou celle d’été, mais elle est très intéressante et demande quelques modifications pour les mouches et aussi dans la façon de la pratiquer.
Par Jacky Boileau
A chaque fois que je me retrouve au bord d’une rivière à saumons où l’on peut pêcher en arrière saison (septembre-octobre), avec l’odeur des feuilles mortes et des champignons, je retrouve cette envie de prendre un saumon pour bien terminer l’année. Mais il faut pour cela changer un peu sa façon de pêcher et utiliser des modèles de mouches plus appropriés, car souvent nous avons à faire à des poissons qui sont dans la rivière depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains. Cependant, il faut compter aussi sur des poissons frais montés et, souvent, il y a de beaux sujets dans le lot. En ce qui concerne les mouches, leur taille doit être plus grosse que celles utilisées en période estivale. Si, l’été, vous pêchiez avec des modèles montés sur des hameçons n° 8 ou 10, le 6 est plus approprié en période automnale, avec un peu plus de tinsel pour augmenter l’effet de leurre à la mouche, car les poissons peuvent être très agressifs. Cela permet de réveiller les poissons qui “dorment” au fond des pools. L’Ecosse compte de nombreuses rivières, surtout sur la côte ouest. Ces rivières connaissent une remontée d’automne de saumons et ferment plus tard, de fin octobre au 15 novembre. Cela permet une pêche tardive du saumon. Ces rivières sont faciles d’accès, les parcours publics sont nombreux et peu onéreux. Je vous conseille d’y faire une petite expédition et de trouver la rivière de vos rêves.
Renseignez-vous sur les dates de fermeture, qui varient beaucoup d’une rivière à l’autre. La Bretagne, avec toutes ses rivières ouvertes en fin de saison, se prête bien à la pêche d’arrière-saison. Les biefs ou les “étangs” de moulin breton sont très prometteurs, il suffit de donner de la vitesse à la mouche et de l’animer convenablement pour obtenir des résultats. Il y a beaucoup de refus, mais quel plaisir de voir surgir un poisson qui fait au minimum 60 cm de dessous la berge, pours’arrêter à quelques centimètres de la mouche et faire demi-tour : l’adrénaline est à son maximum. Quand le poisson prend, alors quel plaisir ! Bien souvent l’hameçon simple est obligatoire et cela n’est pas facile. Je préfère les hameçons doubles, ils équilibrent mieux la mouche.
Toutefois, grâce à l’apparition de mouches tubes casqués, l’hameçon simple est possible sur ce genre de mouches et permet de faire des montages assez homogènes et très pêchants, surtout sur les courants vifs. L’hameçon simple est une bonne formule pour remettre les poissons à l’eau, car en général les poissons sont très colorés et doivent retourner à la rivière. Concernant la couleur des mouches, l’orange est une bonne teinte ; avec du tinsel, cela marche très souvent en fin de saison. Le noir fonctionne bien également, surtout en petit modèle ; le jaune est aussi une valeur sûre, particulièrement en fin de journée. Les mouches doivent être munies d’une queue assez longue pour avoir plus de mobilité, les saumons aiment bien cela. En ce qui concerne la soie, il faut quelquefois mettre une pointe plongeante si l’eau est forte, un 25/100 ou 30/100 au cas où un gros poisson frais vous prendrait votre mouche, ce que je vous souhaite à tous !