Étiquette : Rapala

  • Un nouveau site web pour Rapala

    Un nouveau site web pour Rapala

    On ne présente plus Rapala tant la marque est quasiment
    devenue synonyme de leurre dans l’inconscient collectif. Rapala vient de
    complètement refaire son site Internet. Vous y trouverez l’ensemble des
    produits 2013 en téléchargeant le catalogue, mais aussi des articles et des tests de
    leurres, ainsi que l’histoire de la fabuleuse marque finlandaise née en 1936
    dans les eaux du lac Paijanne. Aujourd’hui, les produits Rapala sont distribués
    dans 140 pays et, tous les ans, 20 millions de leurres sont vendus !


    www.rapala.fr

  • Gagnez un séjour en Finlande avec Rapala

    Gagnez un séjour en Finlande avec Rapala

    Rapala organise un concours chez les détaillants de pêche permettant de remporter un séjour en Finlande de 3 jours comprenant la visite de l’usine et 2 jours de pêche. Sur l’un des displays Rapala en magasin, se trouve le leurre gagnant. Celui-ci présente un drapeau finlandais imprimé sur l’un de ses côtés. Le pêcheur qui le
    trouvera remportera le concours. La liste des détaillants partenaires de l’opération est indiquée dans le règlement,
    téléchargeable sur www.rapala.fr <http://www.rapala.fr> .

  • Expertise : le printemps du lancer ?

    Expertise : le printemps du lancer ?

    Que c’est dur parfois d’attendre durant des semaines que le niveau des rivières baisse pour pouvoir pratiquer la pêche à la mouche ! Alors pourquoi ne pas tenter quelques sorties au lancer, à la recherche de jolis poissons sauvages ? Hameçons simples, ardillons écrasés, no-kill, la pêche au lancer n’est pas uniquement la technique de ceux qui pêchent pour la viande.

    Par Jean-Christian Michel

    Au début de la saison et même quelque fois durant tout le printemps, il n’est pas rare de rencontrer des eaux trop fortes ou trop teintées pour être pêchées selon nos techniques de prédilection. C’est dommage, car nos chères farios reprennent peu à peu possession de leur rivière… Et que nous ne pouvons pas nous empêcher d’aller à leur rencontre même si les conditions ne s’y prêtent pas vraiment ! Dans ces circonstances difficiles, la pêche au lancer vous permettra alors de retrouver le chemin de la rivière et de prendre quelques truites, en attendant des jours meilleurs… Je me souviens encore de l’ouverture 2008 : de l’eau, de la pluie, de l’eau de la pluie : un mois de mars qui ne vaut rien, un mois d’avril du même tonneau et au mois de mai. Des barrages pleins à craquer et contraints d’ouvrir leurs évacuateurs de crue ! Après quelques sorties à pêcher à la nymphe au fil à l’abri d’une pile de pont – soit dans vingt mètres carrés – j’ai raccroché naturellement ma canne à mouche et l’envie de passer à autre chose m’est venue ! Du moment que l’on respecte la rivière, les poissons et les autres pêcheurs, il n’y a pas de mauvaise technique, il n’y a que de mauvais pêcheurs.
    Vouloir comparer le lancer à la pêche à la mouche n’a pas de sens. Les partisans du fly fishing only vous diront qu’il est toujours possible de prendre quelques poissons avec une canne à mouche, même dans des eaux tendues et des conditions extrêmes. C’est bien possible, mais ce qui m’intéresse avant tout lorsque je me rends au bord de l’eau, ce n’est pas de prendre du poisson, mais de prendre du plaisir. L’impression de ne pas aller au fond des choses me déplait particulièrement.
    Quand on s’obstine à pêcher sous la canne et à racler le fond à l’aide de nymphes doubles billes toute une journée, je ne suis pas convaincu que l’on ait le droit de considérer la pêche aux leurres ou au toc comme immorales… De même, lancer un streamer de 8 grammes à l’aide d’une shooting de 600 grains cela peut se comprendre dans les pays où seule la pêche à la mouche est autorisée. Mais quand on peut propulser le même leurre avec une canne à lancer et plus de confort, d’efficacité et de discrétion, pourquoi s’en priver ? En raison de la beauté du geste ? Ah… Pardon ! Vouloir prendre à tout prix des truites « à la mouche » n’est pas forcément un signe d’excellence.
    Cela conduit même à de vilains travers ! Je considère que les techniques de pêche doivent être avant tout une façon de faire connaissance avec la rivière… Et ne doivent surtout pas être une occasion, pour le pêcheur, de se replier sur soi ! Dans certaines rivières puissantes, pêcher à la mouche ne permet pas d’aller au fond des choses, surtout en début de saison.
    Pourquoi donc s’entêter à pêcher en sèche ou en nymphe des postes qui n’abritent jamais rien d’autre que des juvéniles, alors que des poissons adultes se trouvent un peu plus loin, un peu plus profond, mais demandent d’être atteints selon un mode de prospection plus adapté ? Lorsque je sors ma canne à lancer, c’est souvent pour pêcher au poisson nageur.
    Il existe deux façons d’envisager cette pêche : soit on explore des cours d’eau petits à moyens et peu profonds en pêchant souvent vers l’amont et à l’aide d’un équipement habituel pour le lancer léger, – à savoir une canne de deux mètres à deux mètres quarante et d’une puissance de cinq à quinze grammes, un moulinet adapté et un bon nylon de seize à vingt centièmessoit on procède en grandes rivières, qu’elles soient torrentueuses ou plus homogènes, et alors la pêche se fait souvent vers l’aval à l’aide d’une canne de deux mètres quatre vingt à trois mètres vingt et d’une puissance de vingt à quarante grammes. Il ne s’agit plus vraiment d’une pêche au lancer léger et le nylon devra être alors un bon vingt ou vingt quatre centièmes. Dans les torrents puissants et parsemés de gros blocs même, l’emploi d’une tresse n’est pas inconcevable. En petits cours d’eau, les leurres sont souvent des modèles de quatre à six centimètres. Qu’ils soient suspending, countdown ou flottants, ces poissons nageurs seront très souvent choisis parmi les modèles moyennement ou peu plongeants.
    Les cranck baits sont rarement utilisés, même si leur emploi peut s’avérer pertinent, tout particulièrement contre les berges creuses. En pêchant vers l’amont, leur faculté à racler le fond et à se coincer entre les rochers plus facilement que les autres leurres ne plaide en faveur de leur utilisation… Dans le cas d’une pêche aval, s’il est toujours possible de rendre la main afin de laisser le courant libérer notre leurre. Ce n’est pas le cas en pêche amont ! Pour que les leurres propulsés vers l’amont soient pêchants, on procède souvent à une récupération rapide et linéaire, canne basse, et l’action de pêche ressemble assez à ce que connaissent les pêcheurs à la cuillère tournante : la truite laisse passer le poisson nageur, elle se retourne pour le poursuivre et l’engame par l’arrière. La difficulté de cette pêche vers l’amont vient du peu de discrétion liée au fait que l’on peigne la rivière et que, si l’on ne connaît pas bien les tenues des truites, il arrive souvent que le fil leur frôle les nageoires avant qu’elles n’aient vu le leurre… Un coup de chance est toujours possible, mais en procédant ainsi, il est difficile de capturer de beaux poissons autrement que par un heureux concours de circonstances.
    Dans ces cours d’eau peu importants, la pêche vers l’aval est rarement pertinente car le pêcheur se trouve souvent en plein champs visuel latéral de la truite : rester invisible demanderait de progresser le long de la rivière à quatre pattes. Chose qui amuse volontiers cinq minutes, mais rarement plus ! En outre, lorsque l’on progresse dans le lit du cours d’eau d’amont en aval, il est difficile de ne pas soulever des nuages de vases. Cela n’est peut-être pas rédhibitoire pour la truite, qui ne sait pas d’où vient la perturbation, à condition bien sûr qu’elle ne soit pas produite immédiatement devant son nez… En revanche, sur le pêcheur, l’impact psychologique est garanti ! Se déplacer dans un ruisseau avec la discrétion d’un groupe de randonnée aquatique, non, merci !


    Grandes rivières

    C’est surtout en grandes rivières ou en torrents alpins au débit soutenu que la pêche aux leurres vers l’aval prend tout son sens… C’est une pêche que j’affectionne particulièrement : Imaginez un torrent puissant, gros de toute l’eau de la fonte des neiges et semé de blocs noyés qui créent des veines tortueuses et presque impénétrables, constituant ainsi autant de postes où une belle truite peut se caler… Pour celui qui prospecte dans de telles conditions, la force du courant, des contres courants et des veines antagonistes, ne laissent pas le temps à la monotonie de s’installer. Lorsque l’on pêche ainsi, on a réellement l’impression d’être « dans » la rivière. Le leurre devient alors le prolongement de notre main. Il doit être le plus souvent possible en contact avec le relief du fond : un contact régulier indique une gravière et la nécessité de ralentir la récupération ; Un choc indique en revanche un rocher et sa présence invisible est un indice pour régler les prochains lancers selon un angle mieux adapté.
    A ce jeu, les cranck-baits sont particulièrement indiqués… En revanche les modèles intéressants pour le black-bass et le brochet ne le sont que rarement pour la truite et les eaux vives.
    Si certains possèdent des bavettes démesurées qui leur permettent d’atteindre des profondeurs importantes en eau stagnante, en revanche, dès que le courant s’en mêle, ce n’est plus la même musique et il n’est pas rare que le leurre « décroche » dans les veines les plus puissantes et se mette à palpiter lamentablement sur le côté…A bannir ! Sans compter la déception quand le bout de plastique en question vous a coûté vingt euros ! Les formes trop rondouillardes doivent également éveiller une certaine méfiance (même si certaines se comportent très bien) car plus le leurre présente un profil qui offre de la prise au courant, et plus son enfoncement sera contrarié.
    Une bavette assez importante, un corps plutôt élancé, voilà le parfait cranck à truites…Mais attention, testez les dans des conditions réelles de pêche avant d’en acheter dix de chaque modèle ! Car si certains répondent à ces deux conditions… ils se révèlent particulièrement empotés dans des eaux très puissantes ! Les valeurs sures se trouvent chez Smith et Rapala Enfin, si vous employez régulièrement cette technique et que comme tout pêcheur digne de ce nom vous rendez neufs fois sur dix la liberté à vos captures, sachez qu’il n’y a pas que les pêcheurs à la mouche qui ont le droit d’écraser leurs ardillons… C’est beau l’égalité !

  • Truite, des poissons nageurs pour débuter la saison !

    Truite, des poissons nageurs pour débuter la saison !

    Généralement, quand on parle de pêche à la truite aux leurres, la cuiller tournante s’impose comme la technique reine dans l’esprit des pêcheurs. Mais ce serait une erreur que de s’en satisfaire, tant la polyvalence et l’efficacité des poissons nageurs permettent des explorations qu’aucune cuiller ne saurait vous offrir.

    Par Achille Gan

    Plutôt habitué aux carnassiers des eaux de deuxième catégorie, comme le black-bass et le brochet, j’aime appliquer, à la truite, certaines techniques qui leur sont habituellement destinées. Dès que je retourne quelques jours dans les monts du Forez, en Auvergne, ou plus rarement à l’occasion d’une escapade pyrénéenne, sur les gaves, avec l’ami Fabien, je ne résiste pas au plaisir de pêcher la truite à l’aide de poissons nageurs.
    Au fil des années passées dans la région d’Ambert, j’ai appris qu’il n’était pas nécessaire de se précipiter pour commencer, dès l’ouverture, à utiliser les poissons nageurs à la recherche des farios autochtones. Mis à part d’exceptionnelles conditions durant lesquelles il est toujours possible de mettre à l’eau ces petits plugs avec succès, mars est un mois où la température de l’eau des rivières de moyenne montagne, parfois très froide à cause des précipitations et de la fonte des neiges, n’incite pas encore les truites à s’aventurer hors de leurs caves profondes. Elles sont, en effet, assez difficilement atteignables avec ce type de leurres. Ces poissons peu actifs ne se déplacent pas, ou peu, pour s’alimenter, et des techniques de présentation plus verticale surpassent nettement les prospections en lancer-ramener que l’on pourrait nommer, une fois n’est pas coutume, le power fishing salmonicole ! Je me suis fait une raison, car, comme pour le bass, l’utilisation des leurres doit avant tout rester ludique, ce qui peut me priver parfois de pêche, mais c’est un choix ! Le milieu du mois d’avril est généralement meilleur car il annonce le réveil de la nature et voit les cours d’eau s’animer sous l’effet de l’ensoleillement et de la température qui augmente. La chaîne alimentaire s’étoffe et c’est le bon moment pour commencer à utiliser les poissons nageurs, d’autant que les truites se postent de manière plus marquée dans les veines d’eau, les amortis, les chutes d’eau et les remous créés par des blocs rocheux ou les embâcles. La lisière des sous-berges, à proximité de leurs abris, est aussi un poste de premier choix. Le métabolisme des truites est à la hausse et justifie une alimentation riche et nourrissante. Elles apprécient volontiers des proies conséquentes et s’orientent, dès qu’elles le peuvent, vers les vairons et autres petits cyprins d’eaux vives, les chabots, mais aussi leurs propres alevins ou ceux des ombres communs qui peupleront, eux aussi un peu plus tard, les radiers de ces cours d’eau. Afin d’optimiser mes sorties, j’évite absolument les moments de fortes eaux et attends la baisse de niveau et l’éclaircissement avant de recommencer à pêcher au poisson nageur. Surtout en début de saison, il faut favoriser les périodes stables où l’eau reste claire et pendant lesquelles la température progresse régulièrement.
    Si les gelées nocturnes sont encore fortes, je sais qu’il faudra attendre le début d’aprèsmidi pour renouer avec les touches. L’observation des conditions et l’adaptation rapide sont importantes en ce début de printemps. Plus tard, une fois l’été installé, il m’est arrivé de toucher de jolis poissons sur les bordures, sitôt après un orage, mais toujours avant que l’eau ne soit trop mâchée ou dès le début de son éclaircissement. Très souvent, les poissons nageurs donnent leur maximum en eaux claires à légèrement troublées.


    Bien s’équiper

    Si la pêche en grande rivière demande un matériel adapté et robuste qui se rapproche parfois, dans les longueurs et les puissances, à celui utilisé pour les brochets ou les sandres, je me restreindrai à vous décrire celui que j’utilise plus souvent dans ces cours d’eau petits et moyens comme la Faye, l’Anse, les Couzes ou la Dore qui serpentent dans le puy de Dôme. Vous pourrez facilement l’adapter à vos rivières moyennes et ruisseaux favoris car, vous le verrez, je ne me complique pas la vie ! Commençons par détailler les cannes que j’ai choisies pour lancer des leurres de 3 à 6,5 cm. J’ai opté pour une Trinis 6 pieds ultra-light (TRS 602 UL), prévue pour lancer de 0,9 à 5 g, qui est très maniable dans les petits cours d’eau et dont l’action semi-parabolique convient très bien à ce type de pêche. Précise au lancer, elle ploie progressivement lors des combats en protégeant la ligne fine de la casse et en évitant les décrochages des captures. La seconde canne est aussi une canne Sakura, puisqu’il s’agit de la Trinis 7 pieds medium-light (TRS702 ML), dont la puissance est légèrement supérieure – elle lance jusqu’à 10,5 g – et l’action plus rapide mais sans excès de raideur. Ses caractéristiques et sa longueur permettent de s’attaquer aux rivières plus larges, où il faut plus de levier pour lancer confortablement et conserver un bon contrôle du leurre dans les larges veines d’eau, le tout sans craindre le combat avec une truite de taille plus qu’honorable.
    En ce qui concerne le moulinet, il est nécessaire d’avoir une récupération de ligne assez élevée pour pouvoir pêcher vers l’amont de manière confortable. Le Morphéo 2500 récupère 0,75 m par tour de manivelle et reste assez léger pour ne pasdéséquilibrer ces cannes. Bon marché et de qualité très correcte, avec ses sept roulements à billes, je l’utilise plus tranquillement qu’un moulinet très haut de gamme qui subirait inévitablement les mêmes outrages, notamment en wading et dans les phases de crapahut : immersions répétées, chocs sur les rochers… Je le garnis de nylon Aya en 0,178 mm et j’utilise de petites agrafes 00 ou 0, sécurisées par un solide noeud palomar. Quand je dis que mon moulinet est garni de nylon, en réalité, je n’utilise que 50 m pour les pêches en ruisseau et 75 m pour les cours d’eau plus larges. En revanche, je remplace le nylon avant chaque cession et remplis ma bobine à ras bord. Comme je le disais plus haut, les poissons nageurs sélectionnés ne dépassent pas les six centimètres et demi et se situent même plutôt entre trois et cinq. Pour prospecter les fosses, j’ai opté pour des petits crankbaits de 4 cm provenant des séries Imatetra Di et Tri. Récemment distribuée en France, la marque IMA offre de nouvelles possibilités avec ces mini crankbaits suspending qui parviennent à approcher le mètre de profondeur en plongée, ce qui est bien suffisant pour ce type de gabarit de rivière. Armés d’hameçons Owner d’origine, ils garantissent un ferrage sûr et une tenue des poissons vraiment exceptionnelle. S’il faut aller plus profond, j’opte sans hésiter pour un modèle coulant comme le Rapala Original Countdown ou des lipless crankbaits. Pour insister près d’un poste marqué, comme il faut souvent le faire en début de saison, la densité neutre des Imatetra est aussi très intéressante et j’ai aussi retenu les Target Minnow 65SU de River2sea pour ce type d’utilisation. La silhouette de ce dernier est plus élancée et sa réactivité aux petits jerks lui donne vraiment l’aspect d’un petit vairon paniqué qui ne manque pas d’exciter l’agressivité des truites lassées par son manège agaçant. Il est bien sûr indispensable d’avoir quelques poissons nageurs flottants pour prospecter le dessous des frondaisons ou ratisser les radiers peu profonds. Rapidement devenus référents auprès des traqueurs de perches, les Baby Crank 30F et le Baby Minnow 50F sont de vrais aimants à truites. Leur nage respective et leur efficacité ne tarderont pas à convaincre les amateurs de poissons nageurs miniatures. L’équipement est complété par une bonne paire de cuissardes ou de waders ainsi que par un gilet multi-poches ou un chest-pack, type Koa-Bag, pour transporter leurres et accessoires de façon compacte. Il faut rester léger, mobile et précis dans cette pêche, souvent très sportive.

    Sélection et stratégies

    Loin de mes boîtes pour le bass, souvent surchargées de leurres, je suis beaucoup plus concis sur ma sélection. Vous l’avez vu, six ou sept modèles suffisent pour faire face aux principaux types de postes, et je me suis cantonné à trois teintes pour m’adapter à la couleur et à la température de l’eau. Lorsque l’eau est claire, les coloris naturels l’emportent : les “ayu”, “bronze back”, “aurora black” ainsi que les robes “vairon” et “truitelle” figurent parmi mes incontournables. Quand l’eau se réchauffe, j’aime bien utiliser des crankbaits noirs qui rappellent la couleur et le comportement des têtards dont les truites aiment bien se nourrir. Lorsque les eaux se troublent ou si les conditions d’ensoleillement sont faibles, j’affectionne les teintes plus vives, voire fluo, qui semblent énerver au possible les truites en poste. Le “mat tiger”, l’orange, le rose et le violet font partie de ces coloris vraiment agressifs qui donnent de très bons résultats, et plus particulièrement avec des crankbaits.
    L’action de pêche proprement dite est généralement orientée vers l’aval ou le trois quarts aval, pour bien faire travailler votre poisson nageur, qui s’appuiera correctement sur le courant. On peigne ainsi de larges zones en passant au crible les postes potentiels qui s’y trouvent. En présence d’obstacles volumineux dans le lit du cours d’eau, positionnez-vous de manière à pouvoir quadriller au plus près toutes ses bordures en trois ou quatre passages. Parfois, on est amené à prospecter vers l’amont,d’où la nécessité d’avoir un moulinet à ratio élevé pour garder le contact avec le leurre dès son amerrissage et durant l’animation vers l’aval en dépassant la vitesse du courant. J’aime varier la vitesse de récupération mais aussi sa cadence. Profitant de diverses densités de mes leurres, j’effectue des pauses, dans le courant, avant de réaccélérer brusquement. Comme avec les gros black-bass, l’attaque survient à souvent à ce moment-là. La truite répond très bien aux leurres conçus pour déclencher les attaques réflexes, comme les cuillers et les crankbaits. Ces derniers peuvent être récupérés en linéaire de façon très soutenue avec le maximum d’efficacité. C’est bête et méchant, mais ça marche, surtout lorsque les truites sont sorties se poster en pleine rivière. Servez-vous de ce principe pour surprendre une belle fario repérée sans lui laisser le temps de la réflexion.
    Quand vous utiliserez des crankbaits, tirez profit de leur aptitude tout terrain, qui leur permet de se faufiler à travers les obstacles en y rebondissant, sans s’accrocher. C’est surprenant et, sur des parcours très fréquentés par des pêcheurs à la cuiller et au vairon manié, j’ai souvent pu faire la différence en allant débusquer des truites sur des postes sûrement trop scabreux pour mes confrères. Mis à part lors des récupérations de l’amont vers l’aval, où les touches peuvent être plus difficiles à gérer, il n’est pas vraiment nécessaire de ferrer lorsque vous percevez l’attaque, souvent violente. Le leurre est en action sur une ligne tendue et, si vos hameçons sont bien affûtés ou choisis parmi les plus piquants du marché (Gamakatsu, Owner, Daiichi, etc.), la truite se piquera toute seule à l’impact. Amusezvous bien !

  • Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    En matière de pêche aux leurres, tous les aspects du matériel ont leur importance : le leurre, bien évidement, la tresse, le bas de ligne, la canne mais aussi la liaison entre votre bas de ligne et votre leurre. C’est un détail souvent négligé qui joue pourtant un rôle majeur.

    Traditionnellement, les pêcheurs français ont longtemps associé la pêche aux leurres à la pêche à la cuillère. De cette tradition, nous avons gardé des mauvaises habitudes comme celle de ramener les poissons-nageurs beaucoup trop vite de façon linéaire et d’attacher ces mêmes poissons-nageurs avec un émerillon à agrafe. L’utilisation d’un émerillon à agrafe devant une cuillère tournante est justifiée par la rotation de la cuillère. C’est un bon moyen d’éviter le vrillage du fil. Par contre, les poissons-nageurs et autres spinnerbaits ou buzzbaits nagent sur un axe vertical, ils ne tournent pas et ne peuvent pas vriller nos corps de ligne. La présence d’un émerillon sur la ligne devient donc superflue.

    Des agrafes spéciales leurres

    L’intérêt de posséder une agrafe en terminaison de son bas de ligne est de pouvoir changer rapidement de leurre sans avoir à faire des noeuds. La plupart des poissons-nageurs de conception moderne ont des nages chaloupées et aléatoires qui ne supportent pas de contrainte. L’agrafe qui attache le leurre doit donc lui laisser toute sa liberté. L’élément de poids a lui aussi son importance, notamment avec les leurres suspending. Il existe sur le marché plusieurs types d’agrafes développées spécifiquement pour attacher des leurres. Leurs formes générales changent mais elles gardent le même dénominateur commun : une tête ronde et large autorisant une grande liberté au leurre. Fabriquées en inox résistant à la corrosion et très solides, plusieurs marques proposent des modèles vraiment performants. A l’opposé des agrafes dites “à leurre” vient l’émerillon à agrafe : trop long il favorise les emmêlements, trop lourd il modifie le poids des leurres et sa tête trop fine contraint la nage du leurre.


    Un anneau brisé libérateur

    De nombreux poissons-nageurs sont équipés d’un anneau brisé en tête. Cet anneau brisé de petite taille, souvent ovale, a pour fonction de donner plus de liberté à la nage du leurre et de faciliter la confection des noeuds. En effet, au Japon ou aux Etats-Unis (d’où proviennent beaucoup de nos leurres), la problématique des dents du brochet n’existe pas ou très peu. La plupart des pêcheurs, pêchant en bateau avec des cannes casting (tambour tournant) équipées souvent de nylon, attachent directement le leurre à leur corps de ligne sans faire de bas de ligne. Sans cet anneau brisé, ils seraient obligés de faire un noeud donnant de la liberté au leurre, type Rapala, qui prend beaucoup plus de temps qu’un noeud auto serrant classique. De toutes manières, les Américains (ni les Japonais) ne se posent pas vraiment la question de pouvoir changer rapidement de leurre, puisqu’ils pêchent pour 95 % d’entre eux en bateau et possèdent souvent une canne par type de leurre. Le problème est ainsi résolu ! Dans le cas de nos pêches françaises, nous pêchons pour la majorité d’entre nous du bord. Nos moulinets sont donc souvent montés en tresse, pour lancer plus loin et contrôler efficacement nos leurres, et terminés par une tête de ligne transparente pour plus de discrétion. Etant donné que nous pêchons souvent à une seule canne, les agrafes permettent de changer facilement et rapidement de leurre. C’est d’autant plus utile pour tous ceux qui pêchent le brochet avec un bas de ligne en fluorocarbone en 50 ou 60/100. Faire un noeud Rapala avec de tels diamètres n’est pas une sinécure. En ce qui concerne la combinaison d’une agrafe avec l’anneau brisé en tête de leurre, chacun peut faire un peu ce qu’il veut. Le fait d’attacher une agrafe dans l’anneau brisé ne changera en rien la nage du leurre. Etant plutôt adepte de la simplicité, je préfère glisser mes agrafes directement dans l’anneau du leurre plutôt que dans l’anneau brisé. C’est toujours une source de problème en moins. Par contre, pour tous les utilisateurs des agrafes Norman Speed Clip, sachez qu’elles sont conçues pour être montées avec un anneau brisé en tête de leurre. Sans cet anneau brisé, vous avez de fortes chances pour que votre leurre se détache en cours d’animation… ce qui est assez ennuyeux !

  • Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Depuis très longtemps, les bas de ligne destinés aux poissons carnassiers susceptibles de couper le nylon sont réalisés en acier. Avec le temps, les poissons se sont adaptés à ce système et aujourd’hui l’acier les fait fuir. Les fils de gros diamètre en fluorocarbone remplacent avantageusement l’acier. Alban Choinier nous explique comment et pourquoi.

    Par Alban Choinier

    Tous les poissons susceptibles d’être intéressés par un leurre, que ce soit en eau douce ou en mer s’adaptent à la pression de pêche. Le choix de la couleur, de la forme, du type ou de la vitesse de récupération a bien évidemment une énorme importance pour déjouer leur méfiance. Mais les poissons ne sont pas seulement focalisés sur le leurre, le bas de ligne entre aussi dans leur champ de vision. Les moucheurs l’ont bien compris et portent beaucoup d’intérêt à ces quelques mètres de nylon. Dans la pêche aux leurres, le choix du matériau qui sera devant le leurre a lui aussi une très grande importance.

    EN MER

    Le bar est l’espèce principalement recherchée par les pêcheurs aux leurres sur la côte française. La pêche de ce poisson a littéralement explosé ces cinq dernières années tant du côté de la pêche professionnelle que de la pêche récréative. D’une part le stock de poissons semble diminuer irrémédiablement, d’autre part la quantité de bars que prenaient les pêcheurs aux leurres il y a quelques années est souvent supérieure à ce qu’elle peut être aujourd’hui. Je suis intimement persuadé que ce phénomène n’est pas seulement dû à la diminution des effectifs. Les bars ont acquis au fil des années une réelle méfiance vis-à-vis de nos artifices.
    Le problème de la confection d’un bas de ligne ne se posait pas quand les pêcheurs équipaient leur moulinet de nylon. Le leurre était simplement attaché au corps de ligne. Avec l’apparition des corps de ligne tressé, la situation change du tout au tout. Ce nouveau matériau est tellement performant (absence d’élasticité, finesse, résistance) que 90 % de pêcheurs l’ont adopté. J’ai été surpris de voir cet été au cours de parties de pêche sur notre littoral que de nombreux pêcheurs utilisant de la tresse ne confectionnent pas de bas de ligne. Ils montent leur leurre directement sur la tresse. Les corps de ligne tressés présentent de nombreux avantages, mais ils sont opaques et particulièrement visibles sous l’eau. J’ai eu l’occasion de plonger pour observer le travail des leurres sous l’eau. J’ai été très surpris par l’aspect que prend la tresse sous l’eau : c’est une véritable corde à linge. Aussi fine soit-elle, l’absence de discrétion est un handicap qu’il faut impérativement compenser. La meilleure astuce consiste à intercaler un bas de ligne d’un matériau transparent entre la tresse et le leurre. Ce matériau peut être soit un nylon translucide soit un fluorocarbone. À titre personnel, j’aurais un petit faible pour le fluorocarbone. Il présente de nombreux avantages sur le nylon : son indice de réfraction de la lumière est très proche de celui de l’eau (quasi invisible), il est étanche à l’eau et insensible aux UV (bon vieillissement) et ne possède aucune mémoire. Pour que le bénéfice de la discrétion soit réel, le brin de fluorocarbone doit mesurer environ un mètre. La liaison entre le bas de ligne et le corps de ligne est constituée par un noeud. En effet, seul un noeud peut passer dans les anneaux sans gêner la pêche. Le choix du diamètre du bas de ligne a de l’importance dans la traque du bar. L’aspect à ne pas négliger est l’absence d’élasticité de la tresse. Toutes les sollicitations mécaniques vont se concentrer sur la seule partie élastique de la ligne : le mètre de fluorocarbone. Il faut donc sur-dimensionner le diamètre du bas de ligne. Un 40/100 représente l’idéal. Cela peut sembler élevé compte tenu de la taille moyenne du poisson ciblé mais c’est totalement justifié. Le 40/100 est capable d’encaisser les rushs les plusviolents, la résistance à l’abrasion est très bonne (les moules et les huîtres sont des aimants à bar…), et sa relative raideur empêche le leurre de boucler dans le bas de ligne lors des rafales de vent. J’ai eu souvent l’occasion de pêcher cet été à côté de pêcheurs qui avaient monté leur leurre directement sur la tresse. Le phénomène était souvent le même, de nombreux poissons suivaient leurs leurres sans attaquer. Quand un bar fait trois ou quatre remous derrière votre leurre de surface sans jamais le toucher, je vous assure qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux. Les bars se méfiaient de la tresse. Avec un simple mètre de fluorocarbone le résultat était différent.

    EN EAU DOUCE

    Que ce soit en rivière ou en étang, les avantages et les inconvénients de la tresse sont exactement les mêmes qu’en mer. Nous pêchons rarement dans des eaux boueuses et il ne faut pas sous-estimer la vision des poissons. D’autant plus que la pression de pêche est souvent inversement proportionnelle au nombre de poissons. En dehors de la recherche spécifique de la truite ou du black bass, nous sommes susceptibles de capturer un brochet à chaque fois que nous mettons un leurre à l’eau. Bien évidemment, personne ne s’en plaindra ! Par contre, le brochet est équipé de 700 dents particulièrement aiguisées. La pêche du brochet est associée à l’utilisation systématique d’un bas de ligne en acier. La technique traditionnelle en France était un gros vif attaché par un bas de ligne en acier de 15 kg (on ne sait jamais, il paraît que les requins bouledogue remontent en eau douce) remuant sous un bouchon. Avec tant de subtilité, le brochet avalait profondément le vif. Dans ce cas précis, un bas de ligne en acier se justifiait. D’autant plus que la capture d’un brochet était profondément associée à la nourriture. La problématique est actuellement différente. La pêche est un sport et non plus un moyen de subsistance. Nous pouvons nous permettre l’éventuel risque de perdre un poisson qui, de toute façon, serait retourné dans son milieu naturel après sa capture. De plus, en pêchant aux leurres, la touche étant retransmise via la main du pêcheur en temps réel, c’est assez rare que le poisson ait le temps de gober complètement le leurre. Les bas de lignes spécifiques pour la traque du brochet : acier, kevlar, tresses diverses présentent les mêmes inconvénients. Ils sont opaques et lourds. Aussi fins qu’ils puissent être, ils se voient comme le nez au milieu de la figure. La seconde gêne, beaucoup moins connue, est le poids. En effet, les poissons nageurs modernes possèdent des nages absolument superbes qui ne supportent pas de contrainte. L’acier est lourd, il entrave la nage de certains leurres, empêche les leurres flottants de remonter correctement et fait systématiquement couler les leurres suspending (densité neutre). Il existe un stratagème pour avoir un bas de ligne discret sans pour autant se faire couper par maître Esox. Le fluorocarbone ou le nylon de diamètre important est une solution miracle. Le fluorocarbone a ma préférence pour les raisons citées précédemment et pour une résistance à l’abrasion supérieure au nylon. Afin de ne pas se mettre d’obstacle dans le choix du diamètre, il faut partir du principe que, quel que soit son épaisseur, le fluorocarbone reste invisible sous l’eau. Afin de résister aux frottements contre les dents, seuls les diamètres compris entre 50 et 60/100 sont réellement efficaces. Les tailles supérieures sont difficiles à nouer. J’ai employé presque tous les diamètres compris entre 50 et 60/100, depuis quatre ans que je pêche le brochet avec des bas de ligne en fluorocarbone, sans voir de réelle différence quant au résultat. Je pêche en ce moment avec un 55/100 acheté dans une boutique mouche qui me satisfait complètement. Bien sûr, plus le diamètre est important et plus la sécurité est grande. J’ai dû capturer plus de cinq cents brochets avec du fluorocarbone comme bas de ligne, dont certains très gros et d’autres qui avaient correctement avalé le leurre. Je ne me suis fait couper qu’une dizaine de fois. Le nombre de touches avec un bas de ligne transparent est tellement plus important qu’avec tout autre type de bas de ligne que je veux bien accepter de perdre un brochet sur cinquante ! D’une façon assez surprenante, ce sont toujours des brochets de petite taille qui m’ont coupé le bas de ligne. Les gros poissons ont les dents plus écartées et beaucoup moins dangereuses. En ce qui concerne la longueur du bas de ligne, comme pour le bar, un mètre semble être la taille idéale.
    Concernant les autres espèces de poissons, que ce soit les perches, les silures ou les sandres, ils ne font pas la différence entre un bas de ligne de 20 et de 40/100, le fluorocarbone est virtuellement invisible. Le fait que votre bas de ligne soit un peu épais et rigide ne gène en rien la nage de votre leurre, bien au contraire. Par contre, il est nécessaire de rester cohérent sur le rapport entre la taille de votre leurre et le diamètre du bas de ligne. Si vous désirez pêcher des perches ou des black bass avec un petit leurre léger de 5 cm, c’est évident qu’un bas de ligne en 50/100 risque d’entraver sa nage. Il n’existe pas de vérité en matière de pêche. Soit vous pêchez avec un bas de ligne en 25 ou 30/100 et prenez le risque de vous faire couper, soit vous mettez un bas de ligne en 50/100 et votre leurre nagera moins bien. Rien n’est parfait ! Dans tous les cas, un gros monofilament sera toujours meilleur que l’acier !

    COMMENT ATTACHER SON LEURRE ?

    Toujours dans un souci d’efficacité et de discrétion, l’attache entre le bas de ligne et le leurre doit être la plus simple possible. La plupart des leurres (poissons nageurs, leurres souples avec tête plombée…) nagent sur un axe. Le risque de vrillage est donc nul. À part pour les cuillères tournantes, l’utilisation d’un émerillon est inutile. Plutôt que de gêner la nage du leurre avec un émerillon agrafe, préférez l’utilisation d’une agrafe simple. Il existe dans le commerce de nombreuses marques qui proposent des petites agrafes en inox très solides de conception diverses. Les agrafes Rapala n° 2 et celles de marque Ilex sont excellentes, mais il en existe d’autres d’aussi bonne qualité. La réussite d’une partie de pêche ne tient pas à grand-chose. On peut essayer de mettre un maximum de chances de son côté en étudiant tous les aspects du matériel. Les pêcheurs attachent généralement beaucoup d’importance à la forme ou à la taille des leurres et assez peu à la conception de leur bas de ligne. Pourtant, c’est sûrement la partie de la ligne qui va passer le plus de temps dans l’eau au cours d’une partie de pêche. Toutes les techniques de pêches, que ce soit la pêche à la mouche ou la pêche aux leurres, ont un dénominateur commun : discrétion rime souvent avec efficacité…

  • La fantastique aventure de la pêche aux leurres

    La fantastique aventure de la pêche aux leurres

    L’équipe de Pêches sportives a pris un “virage” important il y a quelques années en prenant la décision d’ouvrir ses pages à la pêche aux leurres. On ne s’y était pas trompé, car cette pêche est aujourd’hui en plein essor. Pour vous permettre de mieux la comprendre, nous avons réalisé un dossier retraçant l’historique de cette pêche, présentant sa situation actuelle, ses orientations et son évolution.

    Dossier réalisé par la rédaction

    A Pêches sportives, nous avons toujours eu plaisir à pratiquer différentes techniques de pêche, de la pêche au coup, à la pêche en mer, en passant par la mouche et la recherche des carnassiers d’où le nom initial du journal créé en 1996. Si la pêche à la mouche occupe toujours une place de choix dans notre magazine, il nous semblait évident qu’une technique aussi proche dans l’esprit que la pêche aux leurres devait également y figurer. La pêche aux leurres a le vent en poupe pour diverses raisons. Premièrement, elle est facile à mettre en oeuvre. Une boîte à leurres dans un petit sac à dos, une bobine de fluorocarbone pour les bas de lignes, quelques petits accessoires, une canne, un moulinet et c’est parti ! Grâce à elle, certains pêcheurs ont redécouvert une pêche citadine, pratiquée durant une paire d’heures, autant pour “prendre l’air” que pour prendre de magnifiques poissons. Deuxièmement, la dégradation des cours d’eau à truites dans nombres de régions françaises, a naturellement poussé les pêcheurs à la mouche à se tourner vers une autre technique. C’est le cas par exemple de bien des pêcheurs bretons, qui ont su profiter du développement de la pêche du bar aux leurres. Idem en Alsace, suite à l’expansion récente des populations d’aspes.

    Le leurre dans l’histoire

    Si depuis une dizaine d’années, il existe dans notre pays comme un peu partout en Europe d’ailleurs, un formidable engouement pour la pêche aux leurres, l’utilisation d’appâts artificiels pour capturer des poissons remonte à l’aube de l’humanité. Des leurres en ivoire de morse vieux de plus de 4000 ans (datation au carbone 14) étaient utilisés par les ancêtres des inuits de la Baie d’Hudson pour prendre sous la glace saumon et ombles arctiques. Depuis bien avant la découverte des civilisations polynésiennes par le capitaine Cook, celles-ci utilisaient des leurres en nacre ou en os de baleine pour capturer à la traîne thons, thazards, coryphènes et autres grands prédateurs marins… Et si nos ancêtres préhistoriques dont la survie du clan dépendait bien souvent du succès de la pêche, vouaient aux leurres de pêche en os, nacre ou ivoire, un véritable culte de l’objet qui ne devait pas seulement être efficace mais beau, de nombreux pêcheurs modernes fétichisent sur le leurre en tant qu’objet à collectionner. Il faut attendre le début du XIXe siècle pour voir apparaître les premiers leurres de pêche sportive ou récréative. Leurre universel s’il en est, la cuiller métallique, ou du moins son utilisation pour la pêche, nous viendrait d’Angleterre. L’histoire raconte que l’épouse d’un lord qui accompagnait son époux sur la barque alors qu’il pêchait dans un des lacs de son domaine, laissa tomber par inadvertance, une cuiller de pique-nique en argent par dessus bord, et la voyant tournoyer en coulant vers le fond, un brochet s’en saisit… En France, ce mode de pêche est mentionné pour la première fois par Charles de Massas dans son célèbre ouvrage “le pêcheur à la mouche artificielle et à toutes lignes » paru en 1859 à Paris. « Nous venions de déjeuner et le gloria normand flambait dans nos tasses. Vous voyez cette petite cuillère me dit mon ami en me présentant celle dont il venait de se servir pour remuer son café. Hé bien, avec elle je vous ferai prendre des perches et des brochets. Seulement il faudra lui enlever son manche et percer deux trous, l’un en haut, l’autre en bas, à ses deux extrémités. Je n’avais jamais entendu parler d’un semblable instrument, et l’incrédulité plus encore sur l’étonnement se peignait sur ma figure. Je ne plaisante pas, reprit mon ami, et pour vous en convaincre voici une cuillère toute disposée et qui m’a été envoyée d’Angleterre, pays où ce genre de pêche est pratiqué partout. Mon ami monta sa ligne à moulinet et y adapta le bas de ligne qui portait la cuillère. Grâce à sa forme et à la résistance qu’elle opposait à l’eau, la petite cuillère tournait avec une vitesse extrême, même en eau morte. Après quelques coups lancés surtout pour mouiller la ligne, il continua et prit onze perches, plus un brocheton de trois livres”.
    En France, la société Mepps, premier fabricant mondial de cuillers a été créée en 1937 et malgré un nom à consonance anglo-saxonne, était tout ce qu’il y a de plus française, même si elle a été récemment, compte tenu du succès de ses productions, rachetée par des capitaux américains. Mepps signifie en effet Manufacture d’Engins de Précision pour la Pêche Sportive. Mais les leurres les plus connus dans le monde sont certainement les Rapalas, fabriqués à l’origine en Finlande et dont le nom de marque tout comme frigidaire est passé dans le langage courant comme synonyme de leurre. Aux Etats-Unis, on estime à plus de 30 millions le nombre de pêcheurs aux leurres, et les chiffres d’affaires générés par cette industrie à plus de 50 milliards de dollars… En eau douce, le poisson le plus recherché dans le monde par les pêcheurs aux leurres est de loin le black-bass. En France, la truite vient certainement en tête suivie par le brochet, la perche et le sandre. En eau salée, sur nos côtes c’est le bar ou loup méditerranéen qui est l’espèce la plus recherchée par les pêcheurs plaisanciers. Les plus grands poissons marins comme les thons ou les marlins peuvent se pêcher aux leurres. Pour les Inuits, les poissons comme tous les êtres vivants ont une âme et cette «inua» apprécie d’être tuée à condition que ce soit par un bel objet, d’où la beauté des leurres eskimo.


    La belle histoire de Lauri Rapala

    Un des événements les plus marquants de l’histoire de la pêche aux leurres concerne le créateur d’un leurre devenu une véritable légende. Il s’agit du Finlandais Lauri Rapala, né en 1905 dans le centre de la Finlande. Cette région plate très boisée regorge de centaines de lacs, à la limite du cercle arctique. Les lacs sont ici très froids et les poissons comme les brochets, truites, perches et corégones ont une croissance lente. A l’âge de sept ans, Lauri et sa mère Mari se sont installés dans la paroisse de Asikkala à soixante kilomètres de Helsinki. En s’inscrivant dans le registre de la paroisse le prêtre oublia le nom (Saarinen) de Mari et y inscrit à la place le nom de leur village d’origine Rapala. En finlandais Rapala signifie « boue ». Au début des années 20, Lauri rencontra Elma Leppanen qui travaillait aussi comme bonne pour la maison Tommola. Le couple se maria en 1928 et emménagea chez les parents de Elma dans le village voisin de Riihilahti. Ils y restèrent jusqu’en 1933. Dans ces années de pénurie et de crise économique, Lauri travailla comme bûcheron l’hiver et comme pêcheur professionnel ou ouvrier agricole l’été. A la pêche, Lauri posait des filets pour le corégone et des lignes de fond pour le brochet et la perche, les captures étant vendues au marché local. Lauri pêchait aussi la truite à la traîne avec un appât, trois truites pour plus de 4 kg rapportait au marché l’équivalent de deux semaines de travail à l’usine. Le travail de pêcheur était rude et solitaire, cela éprouvait constamment Lauri, mais comme il le dit plus tard à ses enfants, au moins il était “libre”. Lauri utilisait une ligne de traîne équipée d’un millier d’hameçons, celle-ci était destinée aux perches et brochets. La ligne était traînée derrière une barque à rames appelée Soutuvene. Les hameçons étaient eschés de vairons que Lauri capturait dans un lac de la forêt avoisinante. Après de nombreuses années, Lauri constata que quelque chose distinguait le vairon se faisant attaquer parmi un banc entier. Cette observation d’une nage ondulée légèrement décentrée d’un poisson blessé ou malade allait changer la vie de Lauri. « Notre père comprenait vraiment la pêche », dit Risto. Il reconnaissait les relations entre la topographie des fonds et la localisation des poissons. Il apprit comment les poissons se nourrissaient et comment ils se déplaçaient d’une zone à une autre. Il pensait qu’un leurre pourrait l’aider à capturer plus de poissons et gagner plus d’argent. Un leurre bien fait éviterait aussi de constamment escher les lignes avec des vairons. Les vairons meurent, un leurre ne meurt pas. Alors Lauri tailla, coupa et forma du bois jusqu’à ce qu’éventuellement un leurre commence à prendre forme. Lauri travailla dur, mais son désir initial de simuler un poisson malade échoua. Il observa que son leurre n’avait pas la nage désirée d’un poisson blessé. Il continua d’expérimenter avec divers montages d’hameçons et de bavettes en tôle de gouttière. Finalement, en 1936 avec un couteau de cordonnier, une lime et du papier de verre, il forma dans du bouchon son premier leurre adéquat. L’extérieur du leurre était recouvert de papier aluminium de barre chocolatée et de fromage emprunté chez le voisin. Le vernis n’étant pas disponible Lauri fondit du film négatif photographique afin de protéger la surface du leurre. Ce premier leurre existe encore de nos jours, il est noir de dos, doré sur les flancs et blanc dessous, tout comme les vairons du Lac Paijanne. Une fois terminé le leurre fût traîné avec une ligne attachée au bout de son pouce afin d’éviter la perte du leurre. Il imitait si bien un vairon que les truites et brochets ne tardèrent pas à se jeter dessus. La petite entreprise familiale qui fabriquait à la main environ 1000 leurres par an connu le succès que l’on sait et devint dès les années 1970 le premier fabricant de poissons nageurs au monde.


    Des leurres à récupération irrégulière

    Les leurres Rapala comptent des modèles légendaires comme le Countdown (une référence pour la pêche de la truite), le Magnum qui a permis de prendre des milliers de poissons dans les eaux tropicales ou le Shad Rap avec sa longue bavette qui offrait à l’époque de sa sortie la possibilité de pêcher plus en profondeur. Les leurres Rapala ont connu le succès sur tous les tableaux, de la pêche de la truite en ruisseau jusqu’à la pêche à la traîne en mer. Mais les leurres Rapala sont conçus sur un principe qui n’autorise pas une récupération très variée. On peut agrémenter leur récupération d’arrêt (stop and go) mais dans l’ensemble, leur nage est bien rectiligne.  Parallèlement la marque américaine Creek Chub s’était spécialisé depuis longtemps dans la mise au point et la fabrication de leurres en bois à hélices (plugs) ou du genre popper, avec également un grand succès. En Europe, Hardy occupait également le secteur des leurres en bois dès le début du XXe siècle. Tous ces leurres fonctionnaient sur le principe quasi identique d’une nage rectiligne. C’est ce qui a poussé les pêcheurs américains et japonais, grands amateurs de pêche au black-bass à développer des gammes de poissons nageurs pouvant être animés par le pêcheur. Cela c’est fait naturellement, face à des populations de black-bass de plus en plus difficiles à leurrer au pays du no-kill et des grands tournois médiatisés. Ainsi sont apparus des poissons nageurs de toutes sortes, aux qualités vraiment nouvelles. L’élaboration des premiers modèles a pris des mois, voire des années. Les formes, les densités, les matières utilisées ont fait l’effet d’une bombe dans le monde de la pêche aux leurres. En France, il aura fallu attendre le début des années 1990 pour commencer vraiment à profiter des premiers modèles importés du Japon ou d’Amérique du Nord. Le leurre de surface Lucky Craft Sammy 100 ainsi que le Heddon Super Spook se sont arrachés dès leur arrivé sur l’ensemble du littoral français. Leur nage en zig-zag, leurs corps équipés de billes sonores ont surpris les bars, qui ne s’attendaient sans doute pas à un tel effet ! Les importateurs se sont vite retrouvés débordés par ces deux leurres qui se sont vendus comme des petits pains. Avec le développement d’Internet, le marché de l’occasion s’emballe entre les périodes d’approvisionnement pour ces deux modèles et les prix atteignent cinq à huit fois celui du neuf ! Vers le milieu des années 1990, les choses s’accélèrent et l’on voit apparaître en France comme dans tous les pays où la pêche sportive est développée, de larges collections de poissons nageurs nouvelle génération. Certains pêcheurs français se sont intéressés de près à cette évolution bien avant le développement que l’on connaît désormais.
    C’est le cas de Franck Rosmann, président de l’association Black Bass France (BBF), ou de Hiroshi Takahashi, venu du pays du leurre s’installer en France au départ pour ces études et qui aujourd’hui développe le département leurre chez Illex (Sensas). Tous deux ont largement contribué à travers leurs articles, leurs rencontres et leurs animations la faire connaître cette technique auprès des pêcheurs français.
    Après les leurres de surface, ce sont les modèles à bavettes, (jerk bait, que l’on peut traduire par “appât à faire danser ”) qui font leur apparition dans l’Hexagone. Et là non plus, nous ne serons pas déçus ! Toujours pour la pêche du bar Lucky Craft, propose un leurre best seller, qui ne laisse personne indifférent, le Flash Minnow. Vincent Debris, le célèbre détaillant parisien (Des Poissons Si Grands), nous confiait il y a peu : “sur dix leurres pour la pêche du bar nous vendons six ou sept Flash Minnow…”. Si ce leurre est devenu un classique dans de nombreux pays, son succès en France s’explique par le fait qu’il n’avait à l’époque quasiment aucun concurrent. Le principe du Flash Minnow, surtout avec la version suspending (qui reste à la même profondeur lorsqu’on arrête sa récupération) est le fruit d’une longue recherche. S’il peut être utilisé en traîne lente, le Flash Minnow prend une tout autre allure lorsqu’on l’anime. C’est purement un leurre pour la pêche au lancer. Scion au ras de l’eau, les mouvements imprimés à la canne animent le leurre. Le rôle du moulinet étant réduit à avaler le “mou”.
    Selon la variété des animations (twitching ou jerking), le leurre se décale tantôt à droite, tantôt à gauche, plonge brusquement, ou au contraire remonte pour marsouiner en surface ! Le succès du Flash Minnow tient en un équilibre subtil, dont dépend la répartition des différents lests qui le composent. On y trouve, un lest fixe en cuivre au centre (en bas), deux billes métalliques dont une qui circule dans le canal et qui a deux fonctions. Premièrement pouvoir se placer à l’arrière du leurre afin de le stabiliser lors du lancer et deuxièmement revenir à l’avant lors de la récupération pour donner la bonne inclinaison au leurre tout en battant le rappel en tapant contre les parois. Dans la tête du Flash Minnow sont logées deux billes en verre et une bille métallique, les trois de petites tailles. Le son produit et cette fois très clair. Dans l’eau, on parle de sons à hautes fréquences pour les sons aigus, et de basses fréquences pour les sons graves. Le mélange des fréquences qui s’échappent du Flash Minnow contribue sans doute beaucoup à son efficacité.
    Toutes les marques japonaises proposent des jerk baits souvent très performants. Citons chez Illex le Jason S, le Squad Minnow 95 SP, la série des Arnaud (flottant, coulants et suspending), ou encore la série des Squirrell, tous excellents dans leurs domaines. Le Vision de Megabass est un incontournable tant en eau douce qu’en mer. Chez Smith, le Saruna, flottant ou suspending est un concurrent du Flash Minnow, tout comme le Smith Wavy. Les jerk baits donnants de bons résultats sur le bar sont aussi très efficaces sur les brochets, même si les fabricants ont développé des modèles spécifiques pour cette espèce, comme l’incontournable Lucky Craft (encore eux nous direz-vous…) B’Freeze, un jerk bait plus haut en section que les modèles pour le bar, ce qui génère des déhanchements plus lents et plus marqués, ainsi qu’un effet de rolling, révolutionaire à l’époque. Les modèles à longues bavettes (longbill minnows et crankbaits) ont permis d’explorer des couches d’eau plus profondes, jusqu’à 4 mètres environ et là encore le choix est large, avec parfois des produits qui sortent de l’ordinaire par leur conception (Zenith Bullet, Staysee Lucky Craft, DUO Cranck Minnow, Megabass Deep X 200 T, Hi-Dep Crank River2Sea, Deep Little N et DD22 de Bill Norman) sur lesquels on peut compter. L’ancêtre des crankbaits est le Helin Flatfish, tout droit sorti de l’imagination de l’Américain Charles Helin dans les années 30. Les poissons nageurs à bavettes étant toutefois limités en profondeur, il fallait bien trouver un moyen de continuer “l’exploration”.
    La solution fut trouvée avec les lipless, des leurres sans bavettes, coulants, et qui peuvent s’utiliser jusqu’à environ 10 mètres. Les lipless sont déclinés en différentes tailles pour la pêche de la perche, du brochet ou du bar. Ces leurres étant particulièrement dense, leur taille est limitée à environ 90 mm pour une trentaine de grammes. Ils sont dans la plupart des cas généreusement équipés de billes sonores qui font merveille notamment sur les brochets. Ici s’arrête (pour le moment car les recherches sont permanentes) le domaine des poissons nageurs. Il est possible de pêcher beaucoup plus en profondeur avec des leurres durs, mais cette fois avec des jigs, dont l’ancêtre n’est autre que le poisson d’étain. Encore peu exploitée par les français, et pour finir en beauté, il est bon de promouvoir la pêche aux crankbaits très peu plongeants (dont les fameux Fat Rap et autres Plucky et Floppy furent parmi les premiers à nager dans nos eaux) et aux plugs de sub-surface (Lucky13 de Heddon) Cette pêche, riche en émotions, se distingue un peu de la pêche au topwater purs car ces leurres remuants aux formes farfelues (comme aimait à les créer Fred Arbogast dès les années 30 outre Atlantique mais apparus dès la fin des années 1800 sous les marques Pflueger, Oreno, Shakespeare qui perdurent encore aujourd’hui) se récupèrent au moulinet, sans trop d’animations. Sur un leurre en mouvement, les attaques sont d’autant plus violentes que celui-ci perturbe, par son action, le territoire d’un prédateur ! Décharges d’adrénaline garanties. (Illex Bunny, Kazzla Imakatsu, Cicada Pop et Kranky S43 River2Sea).


    L’avenir de la pêche aux leurres souples

    La pêche aux leurres souples est historiquement moins ancienne que la pêche aux poissons nageurs, mais pour les pêcheurs français, elle s’est pratiquée intensivement avec le développement du sandre dans les années 1980. Les produits Mister Twister, développés par la société Mepps, sont donc bien connus, tout comme les leurres souples de la société française Delalande. Mais là encore, les Japonais et les Américains ont développé intensivement le monde des leurres souples en variant les formes, les matériaux et surtout en incorporant des attractants dans les leurres. Aujourd’hui, plus aucune marque ne propose de leurres souples sans variantes avec attractant (sel, extraits de crustacés…), qu’il s’agisse de Gary Yamamoto, Berkley, AMS, Storm, Mann’s, Illex, River2Sea, ou Megabass. Les attractants ont pour but de rendre les leurres souples moins artificiels lorsque les poissons s’en emparent, et évitent ainsi des ratés à la touche, mais aussi d’en modifier la densité (sel). Avec le sandre toujours tatillon, c’est un plus indéniable, surtout s’il s’agit de montages à plombée coulissante. Le montage texan est sur ce point parfait, le plomb en forme de balle coulisse librement devant le leurre, et son hameçon simple spécial reste des plus discret car sa pointe immerge à peine du corps du leurre. Ce montage transposé à la pêche du sandre a été imaginé pour permettre de pêcher les black-bass sur des postes très encombrés d’obstacles. Cela démontre une fois de plus que le développement et la conception des leurres souples ou durs est étroitement lié à la pêche du blackbass.
    Depuis une vingtaine d’années, les principales évolutions techniques apportées aux leurres proviennent de cette pêche en raison d’une part de l’extraordinaire faculté d’adaptation du black-bass à se méfier des leurres qu’il connaît et d’autre part en raison des enjeux que représente la pêche sportive de ce poisson aux Etats-Unis et au japon. Certains tournois sont dotés de primes colossales qui peuvent atteindre un million de dollars ! Cela incite à bien pêcher ! La pêche aux leurres souples c’est la liberté. La liberté des formes, des montages, des profondeurs de pêches, etc. Tout est donc possible aussi bien en mer qu’en eaux douces. A tout cela vient s’ajouter des prix moins élevés que ceux des poissons nageurs. Cela explique que la pêche aux leurres souples se développe fortement en France et ailleurs. Que ce soit pour le brochet, le sandre, la perche, le blackbass ou le bar, jamais nous n’avons disposé d’un tel choix de modèles et d’une aussi grande variété de montages. Et comme en matière de matériel de pêche, tout n’est qu’un éternel recommencement, nous voyons arriver sur le marché des leurres “hybrides” mi poissons nageurs, mi leurre souple. Illex, Storm ou Megabait ont développé ce marché relativement nouveau pour les pêcheurs français et qui a l’air de mieux percer sous la forme de big baits que sous celle des crankbaits et des minnows.


    Le cas de la pêche du bar

    L’époque faste de la pêche du bar aux poissons nageurs citée ci-dessus fut de courte durée. Devant l’engouement qu’a suscité l’arrivée des premiers leurres de surface nouvelle génération (Sammy, Super Spook, Z-Claw, Bonnie…) il y a une quinzaine d’années, nos bars ont très vite appris à se méfier de ces drôles de proies sonores, comme ils l’avait fait auparavant avec les poissons à hélices (le fameux Big-Big ou les MirrOlure par exemple). Il faut savoir qu’un bar grandit très lentement. Un poisson de cinq kilos peut avoir plus de vingt ans. Autrement dit, les juvéniles d’il y a quinze ans ont par fougue, agressivité ou nécessité alimentaire, pour la plupart connu la désagréable surprise de se retrouver clavé sur les deux, voire trois hameçons triples que comportent ces leurres. Ils ont eu le temps d’apprendre (pour ceux qui ont échappé aux pêcheurs professionnels ou de loisirs). Depuis trois ou quatre ans, le constat est général sur les zones les plus pêchées, les poissons nageurs engendrent de nombreux refus, et les poissons qui suivaient les leurres jusqu’au bateau font désormais demi-tour beaucoup plus tôt ! Premier enseignement, les billes sonores qui attiraient tant les bars par le passé sont un inconvénient par mer calme. Les pêcheurs en sont venus pour certains à percer leurs Sammy ou leur Super Spook pour coller les billes à l’intérieur de façon à ce qu’elles ne bougent plus ! Un leurre de surface non bruiteur comme le Smith Zip Sea Pen a trouvé d’un coup de nombreux preneurs. Nous avons vécu cette expérience avec le guide de pêche Thierry Patin-de-Saulcourt dans la région de Morlaix, par une mer d’huile. La différence était flagrante entre les leurres bruiteurs et les autres. Second enseignement, après les leurres de surface, les jerkbaits, long-bills, et autres lipless, les bars ont été très (trop ?) sollicités avec des poissons nageurs dans toutes les couches d’eau jusqu’à environ 8 ou 10 mètres. Certes, les poissons nageurs continuent de prendre des bars, mais l’époque des pêches faciles semble révolu surtout par “petit temps”. Lorsque la mer est formée et que la houle vient se briser sur les rochers, un poisson nageur sera pris plus facilement s’il évolue dans l’écume qu’au milieu d’une eau cristalline non agitée. Alors, la nouvelle tendance est de les pêcher aux leurres souples, surtout en dessous de cette profondeur, c’est-à-dire là où ils sont plus tranquilles, jusqu’à une profondeur qui peut dépasser les trente mètres… La qualité du sport y perd beaucoup, fini les belles attaques en surfaces, car c’est avant tout une recherche à l’écho sondeur. En revanche la pêche du bar aux leurres souples reste très agréable à pratiquer dans peu d’eau. Moins “artificiels” que les poissons nageurs, silencieux, les leurres souples sont des armes redoutables pour prendre des bars méfiants. Les modèles qui conviennent pour la pêche du bar sont fort nombreux. Ils imitent des petits poissons ou des civelles, avec plus ou moins de réalisme au niveau des formes et des couleurs. Associés à des têtes plombées de différentes formes, leur nage est des plus excitantes.


    Un nouveau venu, l’aspe !

    Peut-être ne connaissez-vous pas ce cyprinidé très particulier originaire du bassin du Danube et de l’Elbe. L’aspe (Aspius aspius), est donc un cyprinidé principalement carnassier. Sa présence dans le Rhin est signalée depuis au moins vingt à trente ans, mais jusqu’à la fin des années 1990, elle était plutôt anecdotique. L’aspe est arrivé dans les eaux du Rhin par les canaux et son développement soudain est sans doute imputable aux plusieurs années de canicule qui ont marqué les premières années 2000. Toujours est-il qu’en quelques années, les populations d’aspes ont véritablement explosé sur le Rhin et ses affluents, notamment sur l’Ill. Comme tous les cyprinidés, l’aspe se satisfait d’exigences biologiques faibles. C’est pourtant un cyprinidé d’eaux courantes, mais on le trouve aussi dans les ports ou les canaux. Au niveau de Strasbourg, on le trouve sur le cours originel du Rhin (Vieux Rhin), sur le cours navigable, sur l’Ill, ou dans les eaux mortes du Port autonome. Sa pêche aux leurres fut expérimentée par de jeunes pêcheurs strasbourgeois, qui très vite se sont rendu compte des possibilités intéressantes que représentait ce poisson pour la pêche aux leurres. Leur expérience est relatée dans un superbe documentaire intitulé, L’Aspe, le seigneur du Rhin, signé Nicolas Dupuis, diffusé actuellement sur Seasons. Tout d’abord, l’aspe, qui chasse volontiers dans les bancs d’ablettes, prend très bien les poissons nageurs d’une taille de 80 à 100 mm, notamment en surface ! La surprise fut de taille d’autant que l’aspe atteint couramment une taille de 60 à 70 cm. Les plus gros sujets peuvent atteindre le mètre et peser jusqu’à 8 ou 9 kilos. Toujours par les canaux, et par le Rhin, l’aspe continue son expansion. Il est présent sur la basse Moselle, l’Yonne et sans doute a t-il déjà passé la ligne de partage des eaux pour gagner le bassin du Rhône via le canal du Rhône au Rhin qui relie Montbéliard à Mulhouse. Il va falloir songer à aller promener un stick bait dans les eaux du Doubs du coté de Montbéliard dès les prochains beaux jours… L’aspe est réellement un poisson de sport, d’une part parce qu’il attaque volontiers les leurres de surface avec fougue durant la belle saison et d’autre part en raison du faible intérêt de sa chair pour la consommation. Contrairement au sandre, l’aspe n’intéressera ni les pêcheurs professionnels, ni les pêcheurs amateurs voulant tiré profit de leur pêche. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !

  • Street Fishing de Lyon : Jean-Michel Marcon domine chez les gones

    Street Fishing de Lyon : Jean-Michel Marcon domine chez les gones

    Le dernier des quatorze opens de street fishing de l’AFCPL
    2011 s’est disputé sur le Rhône avec 50 concurrents dans le cœur de la cité des
    Gones. Cette étape restera mémorable avec un record de 397 poissons maillés
    capturés. Le public lyonnais était au rendez-vous et a pu découvrir cette
    discipline urbaine en échangeant avec les street fishers. Jean-Michel Marcon,
    du Team Rapala-Shimano-G.Loomis et vainqueur de cet open, explique : « ils
    viennent là à côté de vous et regardent la technique de pêche de chacun. Les
    gens prennent le temps de discuter sur l’intérêt de remettre le poisson à l’eau,
    sur les différentes espèces présentes et les compétiteurs sont accessibles.
    C’est ça tout l’art du street, c’est qu’il se pratique au contact du public
    . » Au terme de sept heures de compétition,
    Jean-Michel Marcon a donc remporté l’épreuve en signant un autre record :
    le meilleur score jamais établi en compétition street avec 5358 points (22
    perches maillées et 1 sandre de 441). Une saison 2011 qui s’achève donc en
    fanfare !


    Résultats :

    1. Jean-Michel Marcon, Team Rapala-Shimano-G.Loomis

    2. Morgan Calu, team Cabela’s France

    3. Jean-François Desgranges



    Renseignements : www.afpcl.eu


    Photo : © AFCPL

  • Open AFCPL de la Dordogne : Samir Kerdjou et Nasser Khanfour l’emportent

    Open AFCPL de la Dordogne : Samir Kerdjou et Nasser Khanfour l’emportent

    La septième édition de l’open
    AFCPL de la Dordogne s’est déroulée le 8 et 9 octobre dernier sur la Dordogne,
    sur les 14 kilomètres de la rivière « Espérance ». L’organisateur Bass Team
    Périgord a de nouveau réussi une très belle compétition, où des pêcheurs venus
    de toute la France ont tenté de séduire
    sandres, perches, brochets et black bass.

    Les triples champions du
    circuit national D1 AFCPL, Samir Kerdjou et Nasser Khanfour du team Rapala / Humminbird, après
    plusieurs mois d’absence ont fait leur rentrée sur le circuit D2. Une rentrée
    réussie puisqu’il s’adjuge cet open après une compétition serrée. Vainqueurs du
    circuit D1 en 2007, 2008 et 2009, il semble que nous devions continuer à compter
    sur le duo.

    Résultats:

    1. Kerdjou / Khanfour – Team
    Rapala / Humminbird

    2. Basset/Ripoche

    3. Bergdoll/Grignon


    Renseignements :

    www.afcpl.eu

    Photo : © AFCPL

  • La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.

    Par Alban Choinier

    La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
    Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…

    Quels leurres utiliser ?

    Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.

    Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.

    Comment animer ces leurres ?

    Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.

    Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.

    Comment attacher ces leurres ?

     Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.


    Quelle canne choisir ?

    Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
    Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
    Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.


    Comment garnir son moulinet ?

    La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.

    Quel bas de ligne ?

    Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.

    Où pêcher les perches en surface ?

    C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
    A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.


    Quand les pêcher ?

    En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.