Étiquette : poissons

  • Normes de qualité de l’eau et zones de reproduction du saumon

    Normes de qualité de l’eau et zones de reproduction du saumon

    Dans la lutte permanente pour la sauvegarde des milieux aquatiques sensibles (et des autres), les normes fixées par l’Etat et par l’Europe sont souvent insuffisantes pour garantir le maintien d’un bon état écologique. Ce paramètre est pourtant capital, car ces normes sont officielles, font référence, et à partir du moment où elles sont respectées, difficile de reprocher à l’administration de ne pas faire son boulot correctement. Difficile également d’expliquer au monde agricole que les pratiques actuelles dans de nombreuses régions sont incompatibles avec le respect de l’eau. C’est pourquoi l’association Vive l’Alagnon (affluent de l’Allier) a adressé un courrier à l’administration le 20 février dernier demandant une révision des normes de nitrates et de phosphates concernant les zones de reproduction du saumon atlantique que nous publions ci-après. Cette démarche de révision des normes de qualité de l’eau devrait d’ailleurs être reprise également au niveau national. Parce qu’elles ne sont pas assez strictes et inappropriées, les normes vont permettre à l’Etat français d’atteindre le sacro-saint bon état écologique des cours d’eau pour 2015 comme l’exige la Directive Cadre Européenne sur l’eau. C’est aussi ce qui a fait dire à la Préfecture du Doubs suite à l’hécatombe de truites, d’ombres, de chavots et de lottes survenu sur la Loue fin 2010, “en l’état actuel, la Loue reste une rivière en bon, voire en très bon état écologique”. (sic)

    Monsieur le Président du comité de Bassin Loire-Bretagne
    Monsieur le Président, COMINA Loire-Bretagne
    Monsieur le Président, Commission Planification Loire-Bretagne
    Monsieur le Directeur, Agence de l’Eau Loire-Bretagne
    Monsieur le Directeur, DREAL de bassin

    COPIE : Monsieur le Président du SAGE ALAGNON
    Monsieur le Président du SIGAL
    Monsieur le Directeur du SIGAL

    Messieurs les Présidents, Messieurs les Directeurs,

    L’Association Vive l’Alagnon, membre de la CLE du SAGE Alagnon est conviée par la DREAL de bassin à une réunion sur le thème du saumon le 1er mars 2012. La qualité des eaux y tiendra une bonne part ; nous en déduisons que ce problème devient un des enjeux majeurs du plan de gestion du saumon de Loire 2009-2013.

    Depuis de nombreuses années notre association, tout comme d’autres acteurs locaux, dénonce des normes de qualité de l’eau inadaptées au bon état écologique des rivières situées en tête de bassin. Nous avons déjà interpellé Monsieur le Ministre de l’écologie à ce sujet dans un courrier daté du 15/09/08 (voir http://alagnon.fr/courrier-1-preserver-les-têtes-de-bassin.html ). Les résultats des suivis de la qualité de l’eau de l’Alagnon et ses affluents sont souvent source d’interrogations et parfois d’incompréhensions de la part des membres du contrat territorial et de la CLE du SAGE Alagnon. Nous pensons que le taux de 50 mg de nitrates et de 0,5 mg de phosphates (ortho phosphates) par litre est excessif vis-à-vis des exigences biologiques de la microfaune de ces cours d’eau et des salmonidés, et qu’il pourrait compromettre la bonne santé des sous-populations de saumon atlantique qui y sont inféodées et génétiquement adaptées depuis des millénaires (circulaire DCE 2005-12 relative à la définition du bon état écologique des masses d’eau).

    Comment est-il possible de définir des références de qualité de l’eau en France sans tenir compte des besoins biologiques des espèces présentes, sans faire de distinction entre rivières à salmonidés, qui plus est oligotrophes et servant de zone de reproduction du saumon, et les cours d’eau à cyprinidés dominants? L’influence de l’eutrophisation liée à un excès de nitrate et phosphate a été clairement démontrée sur le pourcentage de survie des alevins de salmonidés dans les frayères, par colmatage et diminution consécutive de l’oxygène dissous sous les graviers. Pendant les premières minutes de développement, les poissons sont particulièrement vulnérables; il faut moins de dix minutes pour qu’un agent polluant passe la membrane de l’œuf et se fixe sur l’embryon.

    L’Association Vive l’Alagnon propose la mise en place de normes de qualité de l’eau appropriée, donc plus strictes, pour les rivières accueillant les frayères du saumon de l’Allier. L’étude m­enée par LOGRAMI en 2009 a montré que l’Alagnon présentait des conditions de débit et de température de l’eau très favorables à la reproduction du saumon, puisqu’une majorité des 30 saumons adultes porteurs de marques se sont engagés dans ce cours d’eau, à la surprise des opérateurs techniques à l’époque, qui ciblaient avant tout le cours de l’Allier.

    Si les valeurs guides du bon état retenues en application de la directive européenne cadre sur l’eau ne peuvent être remises en cause, nous pouvons tout à fait décider de définir des objectifs de qualité de l’eau plus exigeants à atteindre sur les zones de reproduction du saumon de l’Allier. Il serait bon de ne pas oublier les travaux de Nisbet et Verneaux (1970), pour qui la présence de phosphate à des concentrations supérieures à 0,1 ou 0,2 mg par litre est l’indice d’une pollution, et qui nous rappellent encore que les eaux naturelles non polluées présentent une concentration de nitrate de seulement 2 ou 3 mg par litre. Si l’on se réfère à ces données, tout en tenant compte de l’évolution de l’activité humaine, l’Association Vive l’Alagnon propose des valeurs seuils admissibles suivantes :
    – Taux de nitrate inférieur ou égal à 10 mg/L pour l’Alagnon et 3 mg/L pour ses affluents.
    – Taux de phosphate (ortho phosphates) inférieur ou égal à 0,15 mg/L pour l’Alagnon et ses affluents.

    Un accompagnement financier et humain adapté est évidemment indispensable pour atteindre ces objectifs. Les aides doivent être principalement proposées pour la maîtrise des pollutions diffuses en réalisant des actions exemplaires et pédagogiques. A l’heure où vous définissez le contenu du 10ème programme de l’Agence de l’eau et en vue de la préparation future du SDAGE 2016-2020, il nous paraît indispensable de vous faire part de ces propositions.
    Nous demandons aux membres du plan de gestion du saumon de soutenir nos propositions avant que le saumon de l’Allier ne disparaisse à jamais.

    Nous vous prions, Messieurs les Présidents, Messieurs les directeurs, d’agréer nos sincères salutations.

    Dr Hervé Brun, Président de l’Association Vive L’Alagnon
    Association de protection de la rivière Alagnon et de ses affluents sur les trois départements Cantal, Haute-Loire, et Puy-de-Dôme.
    Site internet : http://alagnon.fr
    Courriel : [email protected]

  • Avantages des cannes à deux mains par rapport à la canne à une main ?

    Avantages des cannes à deux mains par rapport à la canne à une main ?

    Quels sont les avantages des cannes à deux mains par rapport à la conventionnelle canne à une main ?

    – Des distances de dérives aval accrues (de 24 à 28 m). La gestuelle doit néanmoins être bien rodée avec un équilibre canne/soie optimal.
    – Des surfaces de peignage par le train de mouche augmentées
    – Des lancers travers, voire carrément à 90°, améliorés grâce à la plus grande réserve de puissance et donc de torsion.
    – Un guidage des dérives beaucoup plus aisé avec des jeux de mending plus efficaces.
    – Un amortissement des impacts du train de mouches au shoot très délicat.
    – Des lancers roulés le long des hautes berges arrière, qui permettent une prospection inégalée.
    – Une diminution notable de la longueur de soie sur l’eau, du fait d’une plus grande hauteur du point de retenue.
    – Un meilleur accrochage du poisson grâce à la plus grande amplitude du ressort de la canne, et de même un meilleur repérage des touches sans suites.
    – Une tenue du poisson piqué plus souple, tout en conservant une tension régulière, ce qui permet de diminuer le diamètre du fil employé.
    – Et aussi la possibilité de pêcher convenablement tout en employant des modèles de mouches artificielles plus typée toc, sans couper les lignes de courants, en deux mots une pêche au fil, mais sans soie…

    L’inconvénient majeur réside, il faut le dire, dans la gestuelle du lancer à adopter, voire l’harmonie entre les efforts des deux mains conjugués. Certes, les pêcheurs de poissons migrateurs ont ici un réel avantage. Pour les novices, il suffit de s’astreindre sur quelques sorties à n’utiliser que ce type de canne et à commencer par des petits roulés à une main, jusqu’à atteindre le point nécessaire à la mise en œuvre de la deuxième main pour mobiliser plus de puissance.

    En savoir plus…

  • Freeboat initie les jeunes pousses

    Freeboat initie les jeunes pousses

    L’association Freeboat, en partenariat avec l’AAPPMA de Ménesplet, petit village voisin de St Seurin dans le département de la Dordogne, a organisé une après-midi d’initiation pêche pour les enfants le 6 juin dernier au bord de la rivière Isle. Encadrées par de fins connaisseurs de la pêche et de la rivière, les jeunes pousses ont pu goûter aux plaisirs de la canne et ont été sensibilisées à la vie de la rivière et à sa protection. La Fédération de Dordogne a fourni les pass-pêche permettant ainsi aux enfants de pêcher dans les règles. En suivant les conseils des animateurs, les enfants ont capturé de nombreux poissons : ablettes, gardons et brèmes. Une bonne initiative pour faire découvrir notre passion aux nouvelles générations. Freeboat est une association très dynamique, n’hésitez pas à la contacter si vous habitez la région.

    Renseignements : http://freeboat.over-blog.com

  • HARO SUR LE BAR

    HARO SUR LE BAR

    Haro sur le bar Vous avez aimé “L’Extermination des thons”, vous adorerez “Le Massacre des bars”. La dernière superproduction des studios de l’Apocalypse est en cours de tournage sur les frayères hivernales, où la bêtise humaine conspire à la décimation du poisson préféré des Français. C’est en quelque sorte le making of de ce carnage que FR3 Bretagne a proposé fin novembre à ses téléspectateurs dans l’une des meilleures enquêtes jamais réalisées sur le sujet du bar. Il y a du “Mondovino” dans le film de Erwan Le Guillermic et David Morvan, réalisé par Aligal Production.
    par Vincent Lalu Bar
    Haro sur le barest l’un de ces réquisitoires dont la force vient de la rigueur de la construction et du sérieux de l’enquête.Pas de grandes phrases ni de grandes envolées, juste une série de témoignages dont l’agencement contribue à l’efficacité de la chronique de cette tragédie contemporaine.Tout le monde a la parole. Les bourreaux, leurs complices, ceux qui parlent au nom des victimes et, pour la première fois, tous paraissent d’accord : si cela continue, le bar est foutu. Le constat d’abord avec un ligneur de Sein, un endroit où voici peu on ignorait le sens du mot bredouille : ce qu’il a pris dans la saison tient sur les doigts d’une main.Ailleurs c’est pareil : soit les poissons ont disparu, soit ils sont plus petits qu’avant, bien plus petits. On passe aux coupables, bolincheurs (qui se sont rabattus sur le bar parce qu’ils étaient interdits d’anchois) ou chalutiers spécialistes des razzias sur les concentrations de poissons, et donc sur les frayères des bars en hiver. Ceux-là ont, paraîtil, droit à dix tonnes par semaine. Ils les respectent, mais ne savent pas si les autres sont aussi respectueux qu’eux.Dix tonnes de poissons grainés, dont un poissonnier navré nous dit qu’ils nevalent pas grand-chose et que surtout ils annoncent la fin prochaine de l’espèce.Et puis, il y a d’autres coupables. Nous, d’abord, qui aimons le bar dans notre assiette. Direction les restaurants de vacances et ce témoignage nécessaire d’un tenancier : « Si je ne mets pas de bar à la carte, je perds du chiffre d’affaires. » Ou la mine confite de cet autre prise la main dans le congélateur par l’inspecteur de la traçabilité, avec des filets d’origine inconnue. Tous les bars n’ont pas la même valeur. Celui d’élevage ne vaut, paraît-il, pas le sauvage (même s’il a subi les outrages du chalut), qui lui-même ne vaut pas, bien sûr, le bar de ligne, dont les fournisseurs ne sont pas toujours des professionnels patentés. On dit que la pêche sauvage du bar sauvage représenterait 50 % de la totalité des captures. Même si la statistique est invérifiable, et peut être excessive, il est incontestable que de nombreux soi disant plaisanciers participent à la razzia. La pêche du bar est devenue une composante essentielle de l’économie parallèle le long des côtes atlantiques, au vu et au su de tout le monde – on oublie, par exemple, de se demander comment certains titulaires du RMA font pour changer tous les trois-quatre ans des bateaux qui valent entre 50 et 100 000 euros. Et puis il y a les Ponce Pilate, scientifiques et politiques, qui regardent ailleurs pendant que se poursuit le massacre. Les premiers sont, dans le film et en général, regroupés sous la bannière de l’Ifremer, étrange institut dont notre confrère Philippe Dolivet rappelle opportunément qu’il a en charge, à la fois, d’évaluer la ressource et d’inventer les meilleurs engins pour la décimer. On apprend dans le film que l’Ifremer s’est enfin résolu à une enquête un peu plus sérieuse que la pantalonnade statistique proposée il y a quelques années au public pour le rassurer. On voit ses techniciens mesurer, taguer, puis relâcher des poissons pendant que leur chef, un rien agacée pour ne pas dire arrogante, explique au téléspectateur que tout cela est bien compliqué et qu’il est plus facile de compter les vaches dans les prés. A ce moment-là, on a envie de demander à la dame si cela ne dérange pas les gens de l’Ifremer que la France soit si souvent mise au banc des nations (comme, par exemple, dans le cas du thon rouge) pour sa politique systématique d’obstruction aux mesures de sauvetage des espèces en voie de disparition. Elle répondrait, et elle aurait – presque – raison, qu’il faut s’adresser à l’étage supérieur, au niveau des politiques, auxquels incomberait le courage de mettre fin au carnage. Car, dans l’absolu, les mesures ne sont pas très compliquées.La plus importante, la plus urgente, est sans nul doute d’interdire la pêche sur les zones de frayères pendant la période hivernale où les poissons se reproduisent. Cette seule mesure permettrait d’éviter que la prédation humaine ne conduise à franchir le seuil fatidique au-delà duquel la seule prédation naturelle interdit à la souche de se reconstituer de manière pérenne. C’est arrivé une fois pour les morues de Terre-Neuve, dont le stock n’est toujours pas reconstitué malgré une interdiction totale de pêche de plus de quarante années. Il est tout à fait envisageable qu’une telle tragédie concerne demain les populations de bars sur les côtes françaises. Ce serait un drame écologique, et une stupidité économique : l’interdiction de la pêche professionnelle du cousin américain du bar, le striped bass, a généré un très rentable marché de la pêche de loisirs de ce poisson.Mais, pour cela, il faudra un peu de courage à nos dirigeants et de raison aux pêcheurs amateurs, qui devront enfin comprendre que remplir le fond de son bateau de grands poissons d’argent est aujourd’hui devenu une performance dont il n’y a pas lieu d’être fier.