Étiquette : Pierre Choulet

  • La mort de Pierre Choulet

    La mort de Pierre Choulet

    C’est avec une grande tristesse que la
    rédaction a appris la disparition de Pierre Choulet à l’âge de 83 ans. Le
    créateur du Moulin du Plain et éternel promoteur du Doubs est celui qui a mis
    Goumois sur l’atlas mondial de la pêche à la mouche, bien qu’il n’ait jamais
    lui-même pratiqué. Avec son humour, son intelligence et son ouverture sur le
    monde, il a su fidéliser une clientèle éclectique, respectant tout le monde,
    devenant l’un des visages les plus marquants de la Franco-Suisse. Conteur d’une
    incroyable tendresse, ceux qui ont eu la chance d’entendre ses histoires et la
    musique de son accent franc-comtois garderont longtemps le souvenir de cet
    homme à part.

    Nous nous associons à la douleur de sa femme, Odile, et de ses
    enfants, et parions qu’il s’en est allé au paradis des amoureux du Doubs. Un
    paradis où les éphémères sont éternelles et les ondes des gobages infinies.

  • Les cinquante ans du Moulin du Plain

    Les cinquante ans du Moulin du Plain

    En un demi-siècle, il est passé pas mal d’eau devant l’hôtel culte de la famille Choulet, sur le Haut-Doubs à Goumois, au bord de la frontière avec le Jura suisse. Petite et grande histoires d’une saga franc-comtoise.

    C’est d’abord l’histoire d’une famille de paysans comme on les aime dans le Haut-Doubs, travailleurs, bons chrétiens, bons voisins. Les Choulet habitent Le Plain depuis plusieurs générations, ils élèvent des vaches et descendent parfois jusqu’à la rivière où ils ont une pâture et cette ruine d’un moulin à l’ancienne qui depuis toujours fascine Pierre, l’un des fils.

    Pierre n’est pas pêcheur et ne le sera jamais mais le Doubs sous les pierres duquel il a parfois mis les mains, est sa deuxième maison, celle où il veut faire sa vie. Un beau jour avec Odile, la bonne élève (première du département au certificat d’études), ils décident de redonner vie au vieux Moulin. Commence alors, en février 59, le chantier de tous les dangers, avec reconstruction des murs et pose hasardeuse d’une charpente.

    Le Moulin du Plain est né : « Nous avons emménagé le 26 juillet 61, raconte Pierre, avec quelques vaches descendues du Plain. Très vite, devant le succès on a viré les vaches et à la place on a construit des chambres pour les pêcheurs. »

    Dès ce moment-là, le Moulin devient une adresse incontournable de la pêche à la mouche française et européenne. La bonne idée de Pierre est de s’associer à TOS pour créer un parcours mouche et mettre fin à la razzia des semi-professionels qui vendaient du poisson aux restaurants du coin. « Cela n’a pas été toujours bien accueilli, notamment par un douanier qui, du jour où le parcours fût créé, refusa de me serrer la main. » Les locaux n’aimaient pas trop non plus, et ils n’avaient pas tort, que ces touristes pêcheurs barbotent en waders dans le Doubs. « Tiens v’là les canards à Choulet.» Il fallut aussi s’employer à convaincre les Suisses que le parcours était bon pour tout le monde. Pierre se transforma en diplomate pour que soit réaménagée l’historique convention qui régit les rapports des deux Etats à propos du Doubs frontière. Enfin, il obtint grâce à la complicité d’un sous-préfet et des douaniers suisses, que soit enlevée la chaîne qui empêchait le passage sur le pont de Clairbief, au grand dam de l’hotelier suisse, voisin du pont, qui pensait à tort que la fin de ce cul-de-sac lui serait néfaste . (« Un an plus tard, il venait me remercier. ») En fait le succès du Moulin du Plain fut assez fulgurant. Il eut droit à des reportages dans les journaux du monde entier. Et jusqu’au Japon où un magazine choisit de faire un gros plan sur les vaches (des Pie rouge de l’Est) pour présenter le Moulin et ses propriétaires.