Étiquette : Philippe Collet

  • Brochet et rubber jig

    Brochet et rubber jig

    Les rubber jigs sont des leurres simples qui permettent d’attraper tous types de poissons carnassiers avec une redoutable efficacité. On hésite souvent à les utiliser, peut-être parce qu’ils ne vibrent pas, ne partent pas de gauche à droite ou n’envoient pas d’éclats de toute part. Leur discrétion peut pourtant être un atout face à des poissons de plus en plus sollicités. Surtout quand une animation lente ou insistante est requise.

    Par Philippe Collet

    Les rubber jigs sont constitués d’une tête plombée peinte garnie d’une jupe en brins de silicone ou de caoutchouc. Ces leurres possèdent souvent une brosse anti-accroche pour pêcher au coeur des obstacles, parfois des yeux pour plus de réalisme ou des rattles pour envoyer un signal supplémentaire. Ils ne ressemblent à rien de particulier, mais sont pourtant très efficaces associés à un trailer pour déjouer la méfiance des carnassiers. Ils vont vous permettre de prospecter, dans le détail, des postes que vous n’auriez fait qu’effleurer avec d’autres leurres.

    Caoutchouc ou silicone

    On les appelle rubber jig :(littéralement jig : “caoutchouc”) parce que leur jupe devait être systématiquement réalisée en caoutchouc par le passé. Aujourd’hui, elles peuvent aussi être en silicone. Les jupes en brins de caoutchouc, le plus souvent de section ronde, ont tendance à beaucoup moins bien vieillir dans les boîtes que celles en silicone. Le caoutchouc ne supporte généralement pas très bien un mauvais séchage ou le contact prolongé avec la matière plastique des leurres souples. De nombreux jigs japonais sont fabriqués avec du caoutchouc ligaturé derrière la tête plombée et comportent des jupes assez denses en brins de caoutchouc monochromes (tout blanc, tout noir…). Leur nage est magnifique, mais leur durée de vielimitée sans un minimum de soin. D’autres jigs sont fabriqués avec des jupes en silicone du type de celles garnissant un grand nombre de spinner baits. Il s’agit en fait de fines lamelles découpées dans des feuilles de silicone. A l’état brut, les lamelles sont encore solidaires par leurs extrémités non coupées et forment de petites feuilles appelées layer (couche).
    Pour faire une jupe les fabricants superposent plusieurs layers, généralement trois, et les enfilent dans une bague de silicone ouverte en force. Une fois l’assemblage réalisé, il suffit de couper les extrémités des couches pour libérer les brins. La position des différentes couches, dont les couleurs sont souvent différentes, permet de donner l’aspect futur du jig, ventre plus clair, dos zébré ou moucheté d’or, par exemple. Les combinaisons de couches sont presque infinies. Les jupes ainsi réalisées, qui mesurent le plus souvent 5 pouces (12 cm) déployées et comportent environ 40 brins, sont montées en piquant et faisant glisser l’hameçon au coeur de la bague de silicone. Une partie de la jupe part alors vers la hampe de l’hameçon, l’autre vers la tête. Lorsqu’on tient l’hameçon par son anneau, la jupe forme une sorte d’ombrelle du plus bel effet qui vit à la moindre sollicitation.

    Une taille à adapter aux brochets

    La plupart des jigs disponibles sur le marché sont montés sur de petits hameçons de 1 à 3/0 et proposés dans des poids assez élevés de 10 à 20 g. Ces jigs, destinés au black-bass, permettent plutôt des animations verticales sur des postes encombrés. Dans nos eaux qui abritent des brochets, il est aussi intéressant d’utiliser des jigs aux hameçons plus gros et aux grammages plus faibles : 5 ou 7 g en hameçon 4 ou 5/0 par exemple, pour des pêches plus lentes et coulées. Là, les fabricants ont, pour le moment, bien moins de produits à nous proposer. Espérons que cette lacune sera rapidement comblée.

    Les trailers

    Les jigs peuvent pêcher seuls mais ils gagnent en efficacité lorsqu’ils sont garnis d’un trailer. Le trailer (remorque en traduction littérale) est en général un leurre souple enfilé sur l’hameçon qui vient se cacher pour partie sous la jupe. Le trailer allonge le leurre et lui amène du volume et du poids. Ainsi un jig à brochet léger pourra être facilement lancé à bonne distance grâce au poids de son trailer. Le trailer permet d’offrir une bonne bouchée au carnassier et d’ajouter un signal supplémentaire comme une vibration, une ondulation ou un flappement. Les trailers seront choisis avec des formes de corps plutôt rondes pour une bonne insertion sur l’hameçon : virgules simples ou doubles queues, shads longilignes, écrevisses, créatures… Ils seront proportionnés à la taille du jig et de son hameçon.


    L’arsenal anti-accroche

    Un bon jig anti-accroche doit tout d’abord avoir un oeillet d’hameçon dans le prolongement du “menton” de la tête plombée, afin que la tête glisse sur les obstacles à la façon d’une luge sans bloquer sur la première brindille venue. L’hameçon doit ensuite être garni d’une brosse. Il s’agit le plus souvent de petits poils de nylon rigides de type poils de balai, collés derrière l’oeillet dans un trou de la tête plombée, à 45° de la hampe. Pour augmenter les chances de ne pas s’accrocher, les poils peuvent être recoupés, ce qui les rend plus rigides, et surtout doivent être régulièrement écartés pour former un petit éventail audessus de la pointe de l’hameçon plutôt qu’un faisceau parallèle qui protègera moins bien des accrochages par les côtés. Si la brosse paraît trop dure et rigide, il est possible d’en sectionner quelques brins à leur base avec la lame d’un cutter pour l’assouplir. Une animation rapide au coeurd’un arbre noyé nécessite une brosse dure ; une animation coulée dans les herbiers en pleine eau peut se contenter d’une brosse souple.

    L’action de pêche

    En action de pêche, la jupe se colle au corps du jig ou du trailer sur les tractions, elle s’ouvre sur les relâchés et se déploie complètement lorsque le leurre heurte un obstacle ou se pose au fond. Il faut donc le plus souvent alterner des tirées et des poses et permettre au leurre de regagner régulièrement le fond. Le jig peut être manié sur le fond, où il a peu de risques de s’accrocher. Une animation par petits bonds successifs décollant de petits nuages de vases est alors très efficace.
    Dans les bois noyés, le jig présente un grand d’intérêt, car il s’accroche rarement et peut s’animer en cognant les branches, ce qui a pour effet de déployer la jupe. Plus l’animation est rapide, plus les jigs doivent être lourds. Ce type d’animation assez saccadée convient souvent aux sandres ou aux perches. Pour le brochet, il peut être judicieux de pêcher de façon plus linéaire, en pleine eau ou au ras du fond, avec des jigs légers. La jupe, en appuyant sur l’eau, permet alors de soutenir le leurre. Elle associe ses vibrations à celles du trailer pour offrir une bouchée irrésistible au carnassier.


    La canne et le ferrage

    Avec un jig, le ferrage doit être musclé pour écraser la brosse et dégager la pointe de l’hameçon. Dans le cas des brochets, un ferrage ample et puissant est vraiment nécessaire. Il permet de faire glisser le leurre, pressé entre les mâchoires du carnassier qui l’a littéralement gobé, jusqu’à un point d’accroche, le plus souvent le bord de la gueule. La canne devra être assez puissante pour assurer ce type de ferrage et, si l’on pêche dans des secteurs encombrés, pour extraire les poissons en force des obstacles.
    Il est possible de pêcher avec du matériel de spinning (moulinet à tambour fixe), mais il est recommandé d’utiliser du matériel de casting (tambour tournant) de puissance médium heavy (MH) ou heavy (H), plus adapté à des ferrages puissants et des combats en force.
  • Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Bien connu dans le monde des compétiteurs mouche autant pour ses résultats que pour son petit magasin de pêche bien achalandé, Joël Ruff est un personnage sympathique et attachant. Dès qu’il le peut, il est au bord de l’eau une canne à la main, souvent accompagné de sa femme Martine, tout aussi charmante, qui partage sa passion. J’ai profité d’une partie de pêche avec eux au réservoir de la Moselotte (un de leurs plans d’eau favoris) pour lui demander de nous expliquer la technique de pêche aux chironomes au fil qu’il pratique avec beaucoup de talent.

    Par Philippe Collet

    La technique fine de la pêche au chironome au fil est surtout efficace dans les réservoirs aux eaux claires, les jours sans vent. Joël la pratique d’autant plus volontiers que l’eau est lisse. Si le vent se lève et que les poissons chipotent toujours, il pêche au bouchon, car la détection des touches devient impossible au fil.


    Le matériel

    Pour cette pêche, il utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 5 ou 6 (des G. Loomis GLX classiques) et des soies flottantes. Ses soies favorites sont la Partridge Réservoir et la Snowbee XS. Lorsque le vent est de la partie, comme lors de notre journée de pêche, il utilise la canne de 6, équipée de la soie Snowbee XS de 6 de couleur rose pale. Si le temps est plus calme et lorsque l’eau est lisse, il lui préfère la canne de 5 avec une soie Partridge de 5, facile à reconnaître à sa couleur orange fluorescent. Ces deux soies ont un grand fuseau et autorisent de longs lancers, et elles on un autre atout très important : leur faible mémoire.
    Ainsi, elles ne se rétractent que très peu après le posé, permettant un contact plus subtil avec le train de mouches. Le phénomène de mémoire est encore plus marqué en période froide, la matière des soies perdant de sa souplesse. Les deux soies ont des âmes tissées, toujours plus souples que les âmes en monofilament.
    La soie Partridge au fuseau très long se lance très loin, mais demande une bonne technique pour en tirer le maximum. Elle permet un excellent turn over du train de mouches, mais n’est certainement pas la plus facile à utiliser pour un débutant. Joël apprécie aussi la JMC Symbol R2T (sa préférée en rivière pour sa délicatesse) ou la JMC Distance WFX, qui ont les mêmes qualités que les soies précédemment décrites pour la pêche qui nous intéresse ici.


    La pêche au fil

    La technique consiste à lancer un train de deux ou trois chironomes, en veillant à les poser bien en ligne et à surveiller le point d’immersion du bas de ligne. Il est primordial de poser correctement pour ne pas ensuite pêcher de longues minutes pour rien, avec une pointe emmêlée. Si le vent est gênant, Joël réduit son bas de ligne à deux mouches. Si vous débutez, n’utilisez qu’une mouche, vous perdrez moins de temps en démêlages et réparations.
    Il est toujours plus important de bien poser que de pêcher loin. Atteindre de grandes distances est souvent important en compétition, lorsque les poissons sont rapidement repoussés au large par les assauts des pêcheurs. Cela tend à nous faire oublier que la zone la plus nourricière et attractive pour un poisson dans un plan d’eau est souvent la proximité de la berge.
    Une approche discrète est importante, même si nous n’avons pas affaire à des poissons sauvages. Les truites en réservoir sont peu effarouchées par l’arrivée pataude d’un pêcheur ou par une soie frappant l’eau sur des faux lancers maladroits. Elles resteront le plus souvent sur place ou reviendront rapidement, mais n’en seront par moins alertées. Si elles ont déjà été prises et relâchées, elles seront beaucoup plus vigilantes et difficiles à leurrer après une mauvaise approche, alors qu’on aurait pu les surprendre autrement. Il vaut donc toujours mieux lancer à courte distance après une approche discrète que s’évertuer à lancer loin, qui plus est, en tapant l’eau. De plus, la détection des touches au fil est beaucoup plus facile et reposante à courte distance qu’à plus de 25 mètres.
    Pour pratiquer correctement cette technique, il faut graisser le bas de ligne et surveiller son point d’immersion.
    L’animation est quasi inexistante, même s’il est possible de réaliser une ou deux longues tirées lentes par ramené pour remonter le train de mouches d’un coup dans la couche d’eau. La technique consiste à maintenir les mouches à la bonne profondeur de pêche, en résorbant la dérive de la soie, par un tricotage très lent. La soie maintenue bien en ligne permet la transmission rapide du ferrage. La pêche au fil est vraiment efficace sur une eau lisse ou peu perturbée, ce qui est très intéressant car ces conditions de pêche sont souvent les plus déroutantes et difficiles en réservoir.

    Le bas de ligne

    La profondeur de pêche est conditionnée par la longueur de bas de ligne graissé. Ce dernier a donc une importance toute particulière. Il est largement inspiré d’un modèle montré à Joël par Pascal Cognard, au réservoir de Trept, il ya près de dix ans. Réalisé en Kamoufil pour sa souplesse et son élasticité, le bas de ligne de Joël est bâti de la façon suivante : 90 cm de 45 centièmes, 60 cm de 35, 30 cm de 30, 10 cm de 25, 30 cm de 22. Il rajoute ensuite du fluorocarbone (le sien, du Passion Pêche conditionné en bobines bon marché de 100 mètres) : 40 cm de 18 centièmes, 50 cm de 16 puis un brin de 50 cm de 14 centièmes au bout duquel il noue un dernier brin de 14 centièmes en laissant une potence d’environ 15 cm (une fois la mouche nouée). La distance entre les deux mouches est réglée à environ 1,20 m. Lorsqu’il pêche à trois mouches, la construction du bas de ligne est la même jusqu’aux 50 cm de 14 centièmes, la première mouche étant séparée de la seconde par environ 70 cm, et la deuxième de la dernière (en pointe) de 1 mètre. La distance entre la soie et la mouche de pointe est donc de 4,80 m à deux mouches ou 5,30 m à trois mouches. Joël utilise toujours le même bas de ligne, dont il peut moduler la pointe de plus ou moins un mètre selon les conditions. Il allonge l’écartement entre les mouches si les poissons sont difficiles à localiser, pour couvrir une grande épaisseur d’eau. Il réduit l’écart entre les mouches si les truites se nourrissent dans une couche d’eau précise. Le réglage de la profondeur est ensuite lié au poids des mouches.
    Ce bas de ligne à noeuds peut être remplacé par un bas de ligne dégressif monobrin en queue de rat de 3,70 m se terminant en 18 centièmes (bas de ligne Monoleader de la marque Airflo, par exemple). Ce type de bas de ligne a la préférence de l’épouse de Joël, qui pratique avec beaucoup de patience et de dextérité toutes les pêches fines en réservoir. Elle réalise ensuite ses pointes de la même façon que son mari. Joël préfère le bas de ligne à noeuds, justement parce que ceux-ci retiennent la graisse et flottent mieux, formant autant de petits indicateurs plus difficiles à couler que le fil lui-même. Les problèmes d’emmêlement de ce type de bas de ligne, que l’on a facilement tendance à attribuer aux noeuds, sont plus dus à une mauvaise technique de lancer qu’aux noeuds eux-mêmes. Pour cette pêche, Joël ne monte pas au-dessus du 14 centièmes, il peut par contre descendre en dessous si cela s’avère nécessaire. Si le nombre de petites touches sans suite est trop important, il descend d’un cran en diamètre de fil et essaie le 12 puis éventuellement le 10 centièmes, lorsque les poissons sont devenus très difficiles. Dans ce dernier cas, il ne place plus que deux imitations sur son bas de ligne et veille à rester bien concentré pour ne pas se faire dépouiller de son train de mouches à la première touche. En règle générale, la finesse du fil est aussi liée à la taille des mouches. Des chironomes sur hameçon de 16 ou 18 ne peuvent pas être bien présentés sur un fil trop gros.


    Graissage et dégraissage

    Lorsqu’il débute la pêche, Joël commence par observer le comportement des poissons. Si ces derniers sont visibles et proches de la surface, il graisse son bas de ligne jusqu’à la portion de 22 centièmes, pour présenter les mouches dans la couche de surface. Il peut, a contrario, ne graisser que la portion de 45 centièmes pour aller les chercher en profondeur. Les conditions évoluant en cours de pêche, il est amené à graisser ou dégraisser son bas de ligne assez régulièrement. Le graissage s’effectue avec une graisse silicone. Les meilleures qu’il ait trouvées sont proposées par des marques allemandes, Dam et Balzer, pour faire flotter des fils de pêche des carnassiers au vif. Un film, même très discret, de cette graisse assure une bonne flottaison du bas de ligne.
    La faible épaisseur de silicone nécessaire permet de ne pas avoir un bas de ligne chargé et poisseux qui risque, à la moindre petite défaillance dans le lancer, de coller la pointe portant le mouche. Cette dernière doit, au contraire, couler au plus vite. Lorsqu’il veut dégraisser son bas de ligne pour laisser ses mouches travailler plus profondément, Joël utilise sa salive et un morceau de mouchoir en papier dans lequel il le passe plusieurs fois. Le dégraissage de la pointe peut aussi être nécessaire pour que les chironomes soient tout de suite pêchants. Cette dernière, réalisée en fluorocarbone, naturellement plus dense que le nylon, coule cependant assez facilement, surtout avec des chironomes lestés d’une bille. Joël dégraisse ses bas de ligne, surtout lorsqu’il pêche en sèche et aussi lorsqu’il utilise des chironomes légers, avec une pâte qu’il a dénichée au Royaume-Uni, de la pâte Sparton fabriquée par Steve Parton, un compétiteur anglais reconnu.
    Dans les plans d’eau clairs et propres, faire couler les fils est plus difficile que dans les plans d’eau troubles et sales. C’est une question de différence de tension superficielle de l’eau. Il en va de même en rivière. Plus la rivière est impactée, plus les insectes aquatiques ont du mal à réussir leur émergence et plus vous devez, à l’inverse, regraisser souvent votre bas de ligne. J’ai le souvenir de m’être arraché les cheveux, lors d’une compétition sur les eaux claires du lac de la Moselotte, à essayer de couler une pointe fine avec une pâte dégraissante pourtant de bonne qualité, qui n’avait quasiment aucun effet. Joël a apparemment trouvé la perle rare.

    La pêche au bouchon

    Lorsqu’il pêche au bouchon, Joël utilise le bas de ligne décrit précédemment, mais s’arrête au fluorocarbone en 18 centièmes auquel il noue la mouche bouchon décrite plus loin. Il noue ensuite, directement dans l’oeillet de cette mouche, un brin de 14 centièmes qui va porter une ou deux mouches. Le choix de placer deux mouches sous le bouchon est toujours dicté par les conditions de vent et la direction de ce dernier. Il est toujours possible de lancer trois mouches le vent dans le dos, c’est plus difficile lorsqu’il vient de face ou de travers. La distance entre les mouches sous le bouchon est d’environ 1,2 à 1,4 m, rarement plus et en tout cas pas plus que la longueur de la canne, pour éviter d’accrocher la mouche du haut dans l’anneau de tête de la canne au moment d’épuiser le poisson.
    Dans la pêche au bouchon, le réglage de la profondeur de pêche se fait en rallongeant ou en raccourcissant le bas de ligne. Ce qui n’est pas des plus pratiques. Joël s’est mis à cette technique pour la compétition, mais il ne l’apprécie guère. Si elle permet, lorsque la surface est agitée, de prendre au chironome des poissons qui n’auraient pas été pêchables au fil, les touches devenant indétectables, elle occasionne de nombreux ratés au ferrage, probablement liés à la présentation verticale des mouches et à l’angle droit formé entre la pointe immergée et le bas de ligne posé sur l’eau. Dans la pêche au fil, la partie noyée du bas de ligne et sa pointe pêchent en oblique. Le poids des mouches et la vitesse de récupération conditionnent l’ouverture de l’angle. Le contact est beaucoup plus direct et les ratés moins nombreux.

    La détection des touches et le ferrage

    On comprendra aisément que plus les mouches pêchent profond, plus l’angle entre la soie et la partie immergée du bas de ligne se ferme, nécessitant ou plutôt autorisant un ferrage appuyé. A contrario, plus on pêche à proximité de la surface, plus l’angle s’ouvre et les mouches se placent en ligne par rapport à la soie. Dans ce cas, ferrer sèchement conduit systématiquement à la casse. En pêche au fil, il convient de résorber la soie détendue en tricotant du bout des doigts, scion pointé vers l’eau, sans jamais bloquer la soie, ce qui aurait pour effet de casser à chaque touche marquée. Si l’on pêche près de la surface, on incline en plus la canne d’environ 30° sur le côté pour permettre un amorti en cas de touche violente. Pour ces touches le ferrage est inutile, il faut seulement relever la canne en gardant contact avec le poisson qui s’est ferré tout seul.
    Dans cette pêche, de nombreuses touches sont toutefois subtiles et indécelables sur la soie. Elles sont détectées en observant le bas de ligne graissé. Une vibration du fil, une soudaine coulée, un déplacement latéral doivent être sanctionnés d’un ferrage ample et souple vers le haut. Ce ferrage doit être d’autant plus doux que le train de mouches évolue près de la surface. Cette technique est productive, mais elle demande d’être très attentif et concentré si vous ne voulez pas passer à côté de nombreuses touches ou casser régulièrement sur les poissons s’emparant vivement d’une de vos imitations.
    La technique de la pêche au chironome au fil, qui trouve toute son efficacité sur un plan d’eau lisse, peut encore être pratiquée dans les petites risées avec parfois plus de succès que la pêche au bouchon. On n’arrive alors plus à suivre le bas de ligne des yeux, mais on surveille la pointe de la soie. On passe probablement à côté de certaines touches, mais dans ces conditions de pêche (vent, surface ridée…) les poissons mordent tout de même plus franchement.
  • Canne Sakura Shinjin Spinning et Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Canne Sakura Shinjin Spinning et Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Les cannes pour la pêche aux petits poissons nageurs doivent permettre le lancer à distance respectable des leurres dont le poids est compris entre deux et cinq grammes. Sakura propose un modèle léger, maniable et dont l’action aide beaucoup à l’utilisation de micro leurres.

    Par Philippe Collet

    J’ai eu l’occasion de pêcher quelques lacs d’altitude du Queyras cet été avec mon fils Maxime. Afin de pouvoir les aborder dans les conditions les plus diverses, je n’étais préalablement équipé d’une petite canne à lancer peu encombrante et de quelques poissons nageurs pour compléter notre équipement mouche. L’objectif était d’avoir la canne la plus adaptée possible à la pêche des salmonidés de lac dont les tailles sont le plus souvent assez limitées, tout en gardant la possibilité de maîtriser un éventuel beau poisson. Cette canne devait permettre d’expédier des leurres légers avec facilité et confort. J’ai opté pour la canne Sakura Shinjin Spinning light en deux brins égaux. Longue de 1,83 m, cette canne mesure 95 cm repliée. Elle possède 7 anneaux Fuji et une poignée agréable où le pas de vis du porte-moulinet s’efface sous la mousse.
    Cette canne légère et rapide nous a permis de lancer de tous petits leurres et notamment le Baby Minnow River 2 sea avec lequel nous avons particulièrement bien réussi. Equipée d’un petit moulinet Twin Power 1000 garni de nylon 16/100ème, elle était très agréable à utiliser pour Maxime. Cette canne peut aussi envoyer des leurres plus lourds, mais à condition de rester en dessous de 7 grammes. Elle possède une bonne réserve de puissance dans le talon ce qui permet aussi de la destiner à la traque des carnassiers tout en finesse avec de petits poissons nageurs ou de petits leurres souples.

    Poisson nageur Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Ce petit Jerkbait de 50 mm et 2,5 g, flottant, qui évolue à environ 50 cm sous la surface, nous a permis de faire réagir et de prendre de nombreux poissons. Animé de petits twitchs secs qui le faisaient décrocher, ce leurre provoquait la montée, depuis les profondeurs de l’eau bleue, de poissons invisibles depuis la surface. Pour décider ces derniers à mordre, il suffisait d’accélérer l’animation, sans jamais l’arrêter, en espérant que les truites se décident à prendre avant d’arriver aux pieds du pêcheur.

  • Le Woolly Bugger

    Le Woolly Bugger

    Le Woolly Bugger est probablement le plus vieux streamer connu, le streamer de base, qui a inspiré de nombreux modèles dérivés. Un petit retour aux fondamentaux me paraissait important, d’autant que cette mouche un peu oubliée est redoutablement efficace, tant en lac et réservoir qu’en rivière ou en eau salée.

    Par Philippe Collet

    Le Woolly Bugger semble avoir été inventé par un certain Russell Blessing en 1967, un moucheur américain de Pennsylvanie, qui voulait une mouche imitant des grosses larves de plécoptères et des sangsues Le Woolly Bugger serait une variante du Woolly Worm, beaucoup plus ancien, puisque décrit dans les années 50. Le Woolly Worm était destiné à imiter des larves et des nymphes et était constitué d’un corps en chenille cerclé d’une plume tournée en palmer. Une sorte d’écouvillon comportant parfois un petit tag en laine. Le Woolly Bugger reprend ce corps en lui ajoutant une queue. Selon les proportions que l’on donne aux différents éléments qui constituent la mouche : corps, hackle, queue…, et selon les matériaux que l’on utilise : hackle mou ou rigide, lestage, brill…, le Woolly Bugger peut aussi bien suggérer des poissonnets, des nymphes, des petits amphibiens ou des écrevisses. Il peut aussi ne pas suggérer grand-chose de connu, mais déclencher le réflexe d’agressivité du poisson dans des versions plus incitatives qu’imitatives. Le hackle monté en palmer suggère la vie par ses palpitations. La queue amène le mouvement de nage quand la mouche est ramenée. Même en dérive inerte ou à l’arrêt, la mouche continue à “vivre”. Les déclinaisons de tailles, de couleurs, de matériaux et de proportions sont infinies. Les couleurs les plus populaires à travers le monde sont toutefois le noir, le marron et l’olive.


    Un bon streamer pour la rivière

    Cette mouche permet non seulement de séduire les truites de réservoir mais aussi les truites de rivière. C’est la valeur sûre en rivière, en versions noire et olive, lorsqu’il s’agit de pêcher au streamer. Elle permet de leurrer les poissons carnassiers comme le brochet, le sandre, la perche et le black-bass, pour qui elle a été inventée à l’origine. Elle permet aussi de leurrer des carpes, qui la prennent pour une écrevisse, des poissons marins comme le bonefish ou plus près de nous les bars, qui la prennent pour un poissonnet ou une crevette. Outre-Atlantique, elle est très populaire pour la pêche des truites migratrices et du saumon.


    Un modèle de référence pour le réservoir

    Cette mouche excelle en technique lac et réservoir, où elle a donné naissance à de nombreuses variantes. Le Dog Nobbler des Anglais n’est pas plus qu’un Woolly Bugger dont la tête est lestée par une bille de laiton ou une cone head. Le très efficace Humungus, dont un modèle en version booby est présenté ici, n’est autre qu’un Woolly Bugger qui s’est vu affubler de huit à dix brins de flashabou or sous la queue et d’un corps en fine chenille or. Le pouic, monté tout en bandelettes de lapin ou en plume de marabout, a les proportions et surtout la nage du Woolly Bugger. Parmi tous les modèles de streamers utilisés en réservoir, le Woolly Bugger d’origine est souvent oublié. Ce modèle simple et épuré est pourtant très efficace et mériterait d’occuper plus de place dans nos boîtes à mouches, dans diverses tailles et coloris.

    L’animation

    Cette mouche peut être animée près de la surface ou entre deux eaux, mais elle pêche plus efficacement à proximité du fond. Avec les modèles montés avec un hackle mou, l’animation doit être lente pour donner une ondulation, une pulsation, à la mouche. Lorsqu’on souhaite ramener la mouche plus vite où lorsqu’on pêche des courants rapides, on privilégie des hackles plus nerveux, moins duveteux. En rivière, une animation lente à très lente peut être la clé de la réussite car le courant fait vivre de toute façon la mouche. Il est intéressant d’essayer d’abord de pêcher avec une mouche inerte de l’amont vers l’aval, puis, si cela ne marche pas, en plein travers du courant. On anime simplement un peu, en fin de dérive, pour faire remonter la mouche d’un seul coup et décider un éventuel poisson suiveur. Les modèles du type du Woolly Bugger Olive, légèrement lesté, dont la fiche de montage est présentée ici, conviennent très bien à cet usage. Plus classiquement, à condition d’utiliser des modèles plus lestés, on peut pêcher en lançant la mouche trois quarts aval et en la laissant dériver. La dérive peut être agrémentée de tirées plus ou moins rapides.
    Selon la force du courant, on jouera sur le lestage de la mouche ou la densité de la soie pour amener l’artificielle près du fond. En lac, la problématique n’est pas la même. Un Woolly Bugger non lesté ou lesté en son centre a une nage plutôt planante, alors qu’un modèle lesté en tête dodeline de haut en bas de façon plus ou moins agressive, au gré des tirées imprimées à la soie par le pêcheur. Si l’on ne recherche pas une animation saccadée, il faut proscrire les modèles trop lestés. Il faut préférer un modèle peu ou pas lesté, combiné à une soie intermédiaire ou plongeante, plutôt qu’un modèle lourd accroché à une soie flottante. L’attractivité du leurre est supérieure, celui-ci réagit à la moindre aspiration, au moindre mouvement d’eau. De plus, sa présentation, en ligne avec la soie, permet un bien meilleur ferrage.

    Le modèle Leech

    Le modèle Leech, dont la formule de montage est présentée ici, est un vrai Woolly Bugger non lesté, une des plus grosses mouches utilisées en réservoir. Son efficacité n’est plus à prouver. Il a souvent permis à ceux qui ont la patience de bien l’utiliser de gagner des compétitions au plus haut niveau. Je pense notamment à William Bergard à qui nous devons ce modèle. Cette mouche doit être animée très lentement, en pleine eau, mais surtout au ras du fond ou des cassures. Comme pour la pêche au pouic, les truites peuvent venir plusieurs fois tirer ou mâchouiller sa queue surdimensionnée avant de se piquer. Il faut des nerfs à toute épreuve pour ne pas ferrer amplement et pouvoir continuer à jouer avec le poisson, l’inciter à revenir à la charge jusqu’à ce qu’il se pique.
    Cette mouche offre une très grosse bouchée. Son mouvement lent et sa taille la rendent irrésistible pour les truites qui ont du mal à ne pas venir “taper” dedans. Plus les poissons s’en approchent, plus ils l’animent et s’énervent, c’est là, je pense, le grand intérêt de ce modèle qui permet leurrer des poissons éduqués. Le nombre souvent important de touches compense les ratés.


    La question du flash

    La queue du Woolly Bugger peut être agrémentée de brins de matériau brillant, souvent du cristal flash. Deux ou trois brins placés de chaque côté de la queue du streamer permettent de suggérer des écailles et d’envoyer des éclats à distance. Selon les poissons recherchés, on mettra ou non ces quelques brins. S’ils sont souvent un plus indéniable, ils peuvent effrayer des poissons trop éduqués. Que ce soit pour la rivière, le réservoir ou même les autres pêches que nous n’avons pas développées dans cet article, j’espère vous avoir donné ou redonné l’envie d’utiliser cette mouche.

  • Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Nous sommes régulièrement confrontés, en lac, au problème des bas de ligne qui flottent et génèrent des refus à répétition de truites souvent éduquées. Possédant du fluorocarbone dans de nombreux gros diamètres pour la pêche au lancer du bar ou des carnassiers, j’ai décidé il y a plus de trois ans de me confectionner des bas de ligne à noeud avec ce matériau. Ces portepointes bon marché et performants se sont révélés très utiles dans de nombreuses situations.

    Par Philippe Collet

    Lorsqu’on pêche en lac, il est souvent nécessaire de couler son bas de ligne pour présenter ses mouches de façon optimale.
    Le fil flottant sur l’eau crée en effet un relief qui amplifie considérablement sa taille. Posé sur la surface, un 10/100 est aussi visible qu’un 25/100. Faites un jour un essai en plein soleil dans une flaque d’eau peu profonde et regardez l’ombre portée sur le fond par un fil même très fin. Noyez ce fil, vous ne voyez plus rien. Dans une eau calme, nous n’avons pas les contraintes du courant, qui obligent le plus souvent le pêcheur en sèche en rivière à utiliser du nylon et à graisser son bas de ligne pour qu’il flotte. En rivière le bas de ligne ne doit en effet pas couler dans les veines de courant car cela accentue son dragage et provoque des arrachés bruyants. En rivière, le poisson n’a le plus souvent pas trop le temps d’inspecter le montage. Il est posté, ce qui permet de lui présenter la mouche sans le couvrir.
    En lac, les poissons ont le temps, ils peuvent surgir de partout et, hormis lorsqu’on peut les voir et anticiper leur trajectoire, il est difficile de leur présenter la mouche en premier. Ainsi, lorsque les poissons sont un peu éduqués, ils montent doucement vers notre mouche et s’en détournent prestement au dernier moment, signe parfois que le modèle ne leur plaît pas, mais le plus souvent qu’ils ont détecté le fil qui flotte à la surface. L’impact des mouches lorsqu’elles touchent l’eau met en alerte les poissons présents sur le secteur et les attire inexorablement. Il faut impérativement que le fil ait coulé avant leur arrivée car ils ne prennent pas souvent autrement. En pêchant correctement, ces poissons curieux peuvent représenter une part très importante des prises.

    Couler son bas de ligne

    Pour réussir, nous avons recours au fluorocarbone et au dégraissage. Le fluorocarbone, plus dense que le nylon et que l’eau, coule naturellement. Toutefois, dans de faibles diamètres et manipulé avec des doigts toujours un peu gras, il ne parvient pas toujours à percer le film de la surface. La qualité de l’eau a une énorme influence. Il est souvent très facile de couler un bas de ligne posé sur une eau verte ou marron chargée de phytoplancton, alors qu’il est beaucoup plus difficile de couler ce même bas de ligne posé sur une eau cristalline, là où bien sûr c’est le plus utile. La solution du dégraissage régulier à l’aide d’une pâte appropriée est contraignante et a ses limites.

    Les avantages du portepointe en fluorocarbone

    Réaliser un porte-pointe en fluorocarbone présente de nombreux avantages. Dans les forts diamètres, le fluorocarbone perce facilement le film de l’eau. Le bas de ligne à noeuds dégressif entraîne ainsi très rapidement la partie plus fine de la pointe sous la surface. Ce matériau assez raide permet un bon transfert d’énergie de la soie vers la ou les mouches, qui se posent plus en ligne. Une fois étiré, il reste droit comme un «i» et permet une bonne présentation et une meilleure détection des touches. Ce type de bas de ligne est très économique au regard d’un polyleader ou d’un bas de ligne en queue de rat en fluorocarbone tout fait. Il est de plus adaptable en cours de pêche, en le raccourcissant, par exemple, pour mieux passer dans le vent.


    En sèche

    Ce type de bas de ligne peut être accroché au bout d’une soie flottante pour la présentation d’une seule mouche sèche. Si l’on pratique une pêche d’attente, on utilisera une mouche qui puisse résister un peu à l’enfoncement, car elle sera fatalement entraînée sous l’eau avec ce fil qui, une fois immergé, coule inexorablement. Si l’on pratique avec de petites mouches, on essaiera plutôt de croiser la trajectoire d’un poisson vu ou pressenti, en posant suffisamment loin devant, en général 2 ou 3 mètres, de façon que le bas de ligne ait disparu sous la surface avant son arrivée. Avec cette technique, la mouche finit plus ou moins rapidement par couler. Restez vigilant, car il n’est pas rare que le poisson choisisse ce moment et seulement celui-là pour prendre. Avant d’arracher, animez doucement votre mouche du bout des doigts sur quelques mètres, cela peut aussi être payant.


    En washing line

    Cette technique très efficace, qui se traduit « corde à linge », consiste à intercaler une ou deux mouches coulantes, nymphes ou chironomes, entre le portepointe raccordé à une soie flottante et une mouche sèche très flottante ou un booby. Les nymphes se mettent en place très rapidement et restent ainsi suspendues sous le film de la surface. Le fil disparaît quasi instantanément.
    Il est ainsi possible, de la même façon qu’en sèche, d’intercepter un poisson en maraude en anticipant sa trajectoire ou en posant à proximité de son gobage.


    Avec des soies intermédiaires et plongeantes

    Avec des soies intermédiaires, l’avantage de ce bas de ligne demeure sa capacité à transférer l’énergie de la soie vers les mouches et à placer très vite l’ensemble du fil sous l’eau. Il est toujours possible de pêcher avec succès en washing line, surtout avec une soie intermédiaire lente. Pour les soies plus plongeantes, il n’est plus vraiment nécessaire de s’embêter, car la soie coule assez vite pour noyer un bas de ligne constitué d’un simple brin de fluorocarbone souvent de bon diamètre (de 18 à 25 centièmes de millimètre).

    La confection du bas de ligne à noeud

    Le porte-pointe est réalisé avec des sections de fluorocarbone, dégressives en diamètre et en taille en partant de la soie. Cette dégressivité permet un excellent transfert de l’énergie de la soie vers les mouches. On utilise du fluorocarbone destiné à la réalisation de pointes transparentes, et résistantes à l’abrasion, pour la pêche au lancer avec des tresses. Ces fils sont maintenant présents dans les gammes de nombreuses marques. Nous pouvons citer notamment les marques Powerline ou Varivas, utilisées depuis longtemps par les pêcheurs. Compte tenu de la raideur de ce fil par rapport à celle d’un nylon, ce n’est pas la peine de commencer son bas de ligne en 50 ou 45 centièmes, mais plutôt, pour une soie de 6, 7, voire 8, en 40 centièmes. Ce morceau de fil sera noué sur une chaussette ou, mieux, directement à la soie (pour un meilleur transfert de l’énergie) à l’aide d’un noeud, de type noeud d’hameçon à palette, de trois tours. Un nouveau morceau de fluorocarbone plus fin sera ensuite raccordé au premier avec un noeud baril et ainsi de suite.


    Le bas de ligne de base

    Le bas de ligne de base sera constitué de 50 cm de 40 centièmes, 40 cm de 35 centièmes, 30 cm de 30 centièmes et 25 cm de 25 centièmes. Soit une longueur totale de 1,45 m. Il sera terminé par une micro boucle pour un changement plus facile des pointes sans modification de sa longueur. Il pourra être allongé en agrandissant les brins ou en ajoutant une portion de 20 centièmes pour les pêches plus fines, avec une sèche notamment ou en washing line léger avec une soie flottante (voir les illustrations). Il peut être légèrement raccourci si l’on doit pêcher avec le vent dans le nez. Pour une pêche en washing line standard à trois mouches, on ajoutera environ 90 cm de 20 à 18 centièmes avant la première potence longue d’environ 20 cm, puis 1 m à 1,20 m de 20 à 16 centièmes avant la seconde potence, et 90 cm à 1 m de 20 à 16 centièmes avant la mouche de pointe. Il ne faut pas trop descendre en dessous de ces diamètres, car les touches peuvent être violentes et les casses nombreuses, surtout sur une soie intermédiaire.

  • La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits

    La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits

    Dans les plans d’eau parsemés de végétation aquatique, la pêche peut devenir difficile dès le printemps avec des leurres traditionnels munis d’hameçons triples ou même simples, s’ils dépassent du leurre. En début ou en fin de saison, on peut encore passer rapidement au-dessus des herbiers naissants ou régressant, mais au plus fort des mois chauds et lumineux la masse végétale ne permet plus que l’exploration de trouées, avec la difficulté d’en sortir sans ramasser trop de matière végétale et caler les poissons alentour. La pêche des carnassiers avec de gros leurres souples montés sur les hameçons texans est alors une solution intéressante.

    Par Philippe Collet

    La pêche dans les plans d’eau enherbés, déjà difficile en bateau ou en float-tube, devient quasiment impossible du bord où, naturellement, les faibles profondeurs favorisent l’implantation des herbiers. Lorsque les fonds sont irréguliers, selon la clarté de l’eau, la végétation peut, à quelques dizaines de centimètres de profondeur près, exister ou non, sans qu’on arrive à la distinguer depuis la surface. Ce phénomène est lié à la limite de pénétration de la lumière, induite par le développement du plancton végétal et/ou la présence de matières en suspension, qui va bloquer le développement des végétaux supérieurs. Les postes de transition entre les fonds colonisés par les herbiers et les fonds nus sont très intéressants, mais on passera son temps à s’y accrocher et à ramener des écheveaux d’herbiers si on ne peut les distinguer depuis la surface, calant régulièrement les poissons recherchés.
    La situation est d’autant plus difficile lorsqu’on a affaire à des poissons peu actifs et (ou) éduqués, insensibles ou réfractaires à des animations trop rapides ou décollées du fond. De la même façon, des poissons embusqués au coeur des herbiers peuvent attendre que le leurre passe à leur portée immédiate sans aller le chercher dans les couches de surface.
    Ces leurres vont descendre nonchalamment et permettre une animation lente près du fond, sans risquer de récupérer un paquet de végétation. Ils peuvent glisser sur les divers obstacles : herbiers, mais aussi bois noyés, blocs rocheux… et risquent peu de s’accrocher ou d’accrocher des saletés. Restant pêchants et discrets, ils vont plus facilement séduire les poissons difficiles. Outre leur consistance molle et leur aromatisation ou salage à coeur, ces leurres sont très discrets et ne cliquettent pas de partout, billes internes, anneaux brisés et hameçons… Je pense que cela peut représenter un autre atout majeur pour tromper des poissons éduqués.

    Le matériel

    Les cannes et les moulinets réservés à cette pêche avec de gros soft baits et hameçons texans sont assez robustes pour lancer des leurres parfois assez lourds mais surtout pour assurer des ferrages appuyés.
    En effet, un des inconvénients majeurs de cette technique est le risque de rater de nombreux poissons sur des ferrages trop timides, réalisés avec une canne trop faible. Une canne heavy doit être privilégiée pour les gros leurres (nous avions décrit ce type de canne dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits dans le n° 71 de Pêches sportives), une medium heavy pourra être utilisée pour les leurres plus petits ou dont l’hameçon se dégage bien à la touche. Plus le leurre est gros et massif, plus le ferrage devra être appuyé. Un beau brochet qui se saisit du leurre peut l’avoir pincé et le souffler sans se faire piquer si le ferrage n’est pas assez appuyé. Le ferrage doit littéralement arracher l’hameçon du leurre. Ce celui-ci doit rester sur place alors que l’hameçon glisse jusqu’à se ficher fermement dans la gueule du poisson. Selon les jours et le degré d’éducation des poissons, il pourra être plus rentable de rendre un peu la main avant de ferrer pour les laisser bien recentrer le leurre. Les leurres salés ou aromatisés auront à ce moment-là un avantage certain sur les leurres en pur plastique, étant gardés un peu plus longtemps en bouche par les carnassiers.
    Les moulinets doivent être, de la même façon, identiques à ceux préconisés dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits durs, ils devront être solides. Pour ce type de pêche, un ensemble casting est préférable car, outre sa puissance, il permet d’amortir l’impact du leurre lors du lancer en freinant la sortie du fil avec le pouce. On pourra ainsi alterner de gros leurres durs et lourdement armés avec de gros leurres souples; selon les parties du plan d’eau pêchées. On gagnera à garnir la bobine d’un fort nylon ou d’une tresse solide, bien visible (de couleur jaune, par exemple). La visibilité est importante car elle conditionne la détection des touches discrètes lors des animations lentes près du fond. Elle permet aussi de visualiser l’impact du leurre sur le fond (détente nette du fil). Contrairement à une animation plus rapide et sèche, qui permet d’être en contact quasi permanent avec son leurre et oblige le poisson à une attaque plutôt rapide, une animation lente nécessite de bien surveiller son fil car les touches peuvent être difficiles à sentir dans la canne. L’usage d’une tresse permettra une perception tactile beaucoup plus fine des touches et un ferrage plus appuyé. Celle-ci devra toutefois avoir un
    diamètre suffisant pour ne pas claquer net sur un solide ferrage ou un
    lancer appuyé raté. Un diamètre de 20 ou 25 centièmes est approprié.


    Le bas de ligne

    Si on recherche le brochet, la connexion du leurre à la tresse se fait
    au bout d’un morceau de fort fluorocarbone ou nylon hard mono de 60 à 70
    centièmes, qui a toujours ma faveur pour sa discrétion, malgré des
    risques de se faire couper, de temps en temps, si le poisson engame le
    leurre profondément. Il est bien sûr possible de raccorder le leurre à
    une empile d’acier.
    Le leurre peut être connecté avec une agrafe
    (bien pratique pour un changement rapide) si les herbiers traversés ne
    sont pas trop fins et souples (nénuphars par exemple), mais cette
    dernière ainsi que les divers noeuds de raccord peuvent accrocher des
    saletés. Si l’accrochage de morceaux de végétaux est occasionnel, de
    petits coups de scion secs suffisent souvent à débarrasser le leurre en
    cours de route et à lui permettre de continuer à pêcher. S’il est
    systématique, il peut être nécessaire de pêcher avec un moulinet garni
    de nylon et d’y connecter directement le leurre avec un noeud parfaitement coupé, ou de faire précéder le leurre d’une bonne longueur de nylon ou fluorocarbone pour éviter l’accumulation d’impuretés trop près de celuici, au niveau du raccord tresse bas de ligne, qui de toute façon devra être soigné. Le leurre pourra ainsi passer d’un espace d’eau libre à un autre, à travers la végétation, sans emporter une masse d’herbiers avec lui ou simplement en accrocher quelques brins, préjudiciables à son attractivité. Une bonne astuce pour traverser les masses compactes d’herbiers consiste à imprimer de petites secousses au leurre, en faisant trembloter le scion, fil à moitié détendu, au fur et à mesure de son passage à travers l’obstacle. Malgré tout, il demeure quasi impossible de passer à travers des algues filamenteuses ou des herbiers qui en sont enrobés sans en garnir le leurre.


    Les leurres

    Les leurres sélectionnés pour cet article me paraissent particulièrement adaptés à la traque des brochets dans nos eaux, et certainement à celle des gros black-bass, pour lesquels ils ont été le plus souvent conçus. Leur taille conséquente permet de pousser beaucoup d’eau et d’intéresser de beaux poissons.
    De nombreux leurres sont adaptés à cette pêche. On peut distinguer les formes cigares avec le Senko de la marque Gary Yamamoto, le Quiver 150 River 2 Sea, le Tiki- Bamboo Stick Wave Worms… ; les formes shad et leurs caudales plus ou moins prononcées avec le One up Shad Sawamura, le Nitro Soft Jerk Illex… ; les formes pintail (« queue pointue ») au corps trapu et à la queue longue et effilée avec le Tiki-Shadick Wave Worms, le Jerk Minnow de la marque Savagear Lures Prologic, le Sagat de chez Pafex… ; les formes slug avec le Slug Go Lunker City en taille 9’’ (23 cm) ou le Slug AMS Fishing de 10’’ (25 cm) ; les formes swim bait avec le Javallon (16 et 20 cm) d’Imakatsu ou le Live Magic Shad (13 et 20 cm) de Lake Fork… Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. La plupart des leurres adaptés à cette pêche sont fendus pour permettre à l’hameçon de bien ressortir au ferrage ; si ce n’est pas le cas, sur des leurres assez durs, il est possible d’inciser le leurre côté ventre avec un cutter pour réaliser un logement favorisant le coulissement de l’hameçon au ferrage.

    Les hameçons

    Ces gros leurres doivent être montés sur des hameçons conséquents, atteignant si possible au moins leur premier tiers pour limiter au maximum les loupés de poissons se saisissant de leur partie arrière. Il s’agit d’hameçons texans wide gape (“large ouverture”) qui, s’ils sont faciles à trouver dans de nombreuses marques jusqu’au 5 ou 6/0, sont beaucoup plus difficiles à dénicher en 7, 8, 10 ou 11/0.
    On arrive toutefois à en trouver dans les marques suivantes (liste non exhaustive) : Oversize Worm 7/0 et 11/0 chez Owner (Pafex), Hooking Master Monster Class en 6/0 et 10/0 chez Nogales (Marryat France), Super Line Ewg en 6/0 et Worm 323 Monster en 7/0 chez Gamakatsu (Sakura). La marque Lake Fork propose un hameçon de 7 et 10/0 spécialement conçu pour l’armement de ses soft swim baits.
    Celui-ci est doté d’une tige crantée qui pénètre dans le nez du leurre et d’un lestage moulé sur sa hampe qui permet de stabiliser le leurre et de le faire couler lentement pour une nage plus profonde. Il est aussi possible de lester tous ces hameçons en ajoutant sur leur hampe quelques tours de fil de plomb de fusible de gros diamètre fixés à la colle cyanoacrylate. Il faut alors simplement les monter en les enfilant du menton vers le nez du leurre, par l’oeillet. Le lestage des leurres s’effectue également à l’aide d’inserts de plomb ou de tungstène. En forme de petits clous, ceux-ci sont piqués soit dans la gorge du leurre, soit en plein travers. Leur position permet d’équilibrer la nage en fonction de l’animation pratiquée. Leur taille ou leur nombre sont aussi fonction de la profondeur de pêche et de la vitesse d’animation.

    Le lancer

    Pour limiter l’impact de la chute du leurre, on veillera à le lancer au ras de l’eau en fouettant fermement, comme pour atteindre un point beaucoup plus éloigné que l’objectif visé. On relèvera la canne progressivement vers le ciel, en appliquant une pression progressive avec le pouce sur la bobine pour faire ralentir le leurre, jusqu’à le stopper et ainsi le déposer délicatement.
    Avec un peu d’entraînement, on réussit régulièrement ces lancers au poser discret, qui n’alertent pas les poissons très pêchés. Ces lancers sont beaucoup plus faciles à exécuter avec un ensemble de casting.
    Les gros leurres souples décrits ici permettent très souvent de pratiquer facilement le skipping (lancer en ricochet), ainsi que le montre le DVD La leçon de pêche volume 4 de Pêches sportives, avec Alban Choinier. Leur taille et leur forme sont adaptées à cette action. Ce type de lancer est utilisé pour atteindre des postes situés sous les branches basses.


    L’animation

    Même si ce type de pêche peut se pratiquer avec diverses tailles de leurre, nous avons privilégié ici des leurres de grande taille, appropriés à la pêche du brochet. L’animation des leurres dépend de leur forme. Globalement, les soft swim baits (Javallon, Lake fork) seront ramenés de façon linéaire, ce qui leur permettra d’onduler régulièrement à la façon d’un vrai poisson. Ils pourront être “twitchés” (tirée sèche) occasionnellement, ce qui aura pour effet de les faire décrocher. Les leurres à queue pointue de type pintail ou slugs seront animés en walking the dog (“nage de droite à gauche”) plus ou moins rapide et saccadé. Les leurres possédant une caudale seront ramenés linéairement de façon plus ou moins régulière, mais pourront tout autant être “twitchés” pour les faire se décaler de droite à gauche. L’animation devra être adaptée à chaque leurre et les leurres seront alternés de façon à trouver ce qui fonctionne le mieux à un moment donné.


    Les inconvénients de la technique

    Ces leurres ne sont pas armés en queue. Si le poisson les attrape sur la partie arrière, qui plus est par le dessous, au niveau de l’anus, on trouvera de belles entailles après ferrage, mais la prise n’aura pas été assurée. Bien qu’ils permettent de leurrer des poissons inaccessibles, ces leurres génèrent beaucoup de ratés. Ils doivent donc être réservés aux conditions particulières décrites précédemment et maniés avec un matériel adapté pour garantir un ferrage puissant et efficace.

    La réparation des leurres

    Plus le leurre est mou et fragile, plus il “s’efface” au ferrage, rendant ce dernier plus efficace. Il se dégrade alors très vite, ne permettant parfois qu’une seule prise. Le compromis à rechercher sera fonction du nombre de touches. Les jours fastes, des leurres solides pourront être utilisés (si vous ne souhaitez pas vider rapidement vos sachets de leurres tendres), les jours difficiles, des leurres très souples et tendres devront être privilégiés.
    Lorsqu’un leurre est abîmé, si le poisson ne vous en a pas déjà dérobé un morceau, je vous suggère de le démonter et de le garder avant qu’il ne soit définitivement détruit. Une fois de retour chez vous, vous pourrez le recoller en fusionnant la matière avec une lame de couteau chaude ou, mieux, avec une panne plate de fer à souder (voir l’article sur la pêche du bar au leurre souple dans le n° 70 de Pêches sportives). Des catalogues américains proposent même des mini fers stylos, à pile, avec une panne très fine pour ressouder les leurres en cours de pêche. Vous pouvez aussi recoller les parties endommagées à la colle cyanoacrylate, mais le résultat sera moins bon car les zones réparées perdront leur souplesse. Au prix de ces gros leurres souples, ce petit bricolage permet de faire quelques économies.

    A utiliser en mer

    Un usage très intéressant de ce type de montage peut se faire en mer, dans les secteurs encombrés de laminaires ou de sargasses, ou dans des zones rocheuses très peu profondes. Il présente toutefois un intérêt encore supérieur, pour les pêches du bord, lorsque la marée charrie de trop nombreuses algues.
    Certains jours, il est impossible de faire nager un leurre de surface armé de ses deux hameçons triples sur plus d’un mètre. Pourtant, les poissons sont là, actifs, tout près, sous cette manne nourricière qui attire de nombreuses proies potentielles. Un soft bait bien monté, dont le noeud de connexion ne présente pas de partie saillante et dont la pointe de l’hameçon est bien rentrée dans la matière plastique, passera partout et n’accrochera même pas la fine salade verte que l’on trouve souvent sur les côtes trop richement fertilisées par les apports des cours d’eau (liés au lessivage de l’excès d’azote et de phosphore des terres agricoles de leurs bassins versants).
    L’usage de ce montage en mer est toutefois limité aux secteurs de faibles courants et aux pêches dans des profondeurs modestes. L’animation du leurre s’effectue canne haute pour limiter le contact du fil avec l’eau, en commençant à pêcher près de soi avant de s’éloigner progressivement. En cas d’accrochage d’algues, quelques secousses sèches, qui peuvent contribuer à l’animation du leurre, permettent de le nettoyer et de le rendre de nouveau pêchant. Avec cette technique, il faut être patient car le leurre peu lesté doit couler un peu pour moins accrocher de saletés. Si le vent est de la partie et qu’il est de travers, il peut gêner l’animation canne haute en faisant surfer le leurre trop léger en surface. On cherchera alors, si possible, à se placer de façon à l’avoir dans le dos. Le poids des leurres utilisés permet en revanche d’atteindre des distances de lancer tout à fait respectables.
    J’espère que cet article vous aura convaincu, si ce n’est déjà fait, d’acheter quelques sachets de leurres, de gros hameçons et quelques inserts pour pouvoir, lorsque c’est nécessaire, leurrer des poissons dans des endroits jusqu’alors impossibles.

  • Pêcher avec des imitations d’écrevisse

    Pêcher avec des imitations d’écrevisse

    Il existe aujourd’hui sur le marché une importante palette de leurres imitant avec plus ou moins de réalisme des écrevisses. Le développement important des populations de ce crustacé dans la plupart de nos eaux doit nous inciter à utiliser ces leurres de façon plus régulière. Les poissons, carnassiers ou non, mettent plus souvent qu’on ne le pense à leur menu cette source de protéines relativement facile à capturer.

    Par Philippe Collet

    L’écrevisse est le plus gros crustacé de nos eaux douces. Même si elle n’est plus que rarement indigène, elle est bien présente dans nos rivières, fleuves, étangs et lacs, et occupe souvent une bonne place dans le régime alimentaire de nombreux poissons. Vous avez certainement déjà eu l’occasion de pêcher des perches à l’estomac rempli d’un ou plusieurs de ces crustacés soigneusement repliés ou des brochets au ventre déformé donnant, au toucher, l’impression que le poisson a ingurgité quelques cailloux. Vous avez aussi pu observer des carpes en train de fouiller le pied des berges d’un étang en mettant des coups de boutoir dans la végétation, à la recherche de cette précieuse friandise. Un pêcheur de truite rencontré au bord d’une petite rivière envahie d’écrevisses signal me rapportait récemment qu’il trouvait régulièrement des restes de petites écrevisses dans l’estomac des quelques truites de 30-35 cm (des belles pour la rivière) qu’il gardait chaque année.
    L’écrevisse est régulièrement consommée par de nombreux poissons, dont les carnassiers, les plus recherchés : brochets, perches, sandres, black-bass, silures… En posséder quelques imitations de diverses tailles dans ses boîtes peut toujours être utile, notamment lorsque les poissons se fixent sur ce type de proie.


    Une nage caractéristique…

    Lorsqu’elle n’est pas inquiétée, l’écrevisse se déplace lentement en marchant. En cas de panique, elle s’enfuit en marche arrière, en battant violemment de son abdomen segmenté terminé par un appendice aplati, l’uropode, qui lui sert de “nageoire”. Ses pinces sont alors allongées vers l’avant et s’effacent derrière le thorax. Entre chaque battement, son abdomen se replie pour former un arrondi et un ensemble très hydrodynamique en forme de goutte d’eau. Cette nage de fuite caractéristique est constituée d’une succession d’impulsions, dont le rythme va en s’accélérant. Elle se termine par une descente planante vers le fond lorsque l’écrevisse a pris suffisamment de distance par rapport au danger. Acculée, elle fait face, pinces ouvertes et pointées vers l’intrus.

    … dont découle l’animation

    La plupart des modèles de leurres commercialisés permettent d’imiter cette fuite. L’écrevisse est accrochée à la ligne par la pointe de l’abdomen, pinces en avant. Sur une traction, elle se déplace à reculons, les pinces se resserrant. Lors des poses, les pinces s’écartent de nouveau imitant à merveille l’animal vivant.La flottaison des pinces de certains modèles leur permet en plus de se redresser à l’arrêt et d’être encore plus réaliste, rappelant au prédateur l’attitude désespérée de l’écrevisse lui faisant face. L’animation de base est donc constituée d’une alternance de tirées, d’environ 20 à 50 cm, à peine entrecoupées, pour produire une animation linéaire, suivies d’arrêts plus ou moins longs permettant au leurre de rejoindre le fond en planant et de s’y poser pinces orientées vers le haut. La prospection d’une berge depuis un bateau ou la rive opposée (en canal par exemple) est payante en lançant au ras du bord et en tirant le leurre par saccades au-dessus d’une zone plus profonde. On essaie alors d’imiter une écrevisse affolée sortant d’une cache sous berge et fuyant sans défense en pleine eau. Elle est alors relativement irrésistible pour le prédateur embusqué en dessous, sur la cassure souvent proche. Lorsque vous connaissez les postes prospectés, pêchez concentré en vous mettant dans la peau d’une pauvre écrevisse sans défense fuyant de la berge et se fourrant dans la gueule du loup.
    Vous serez tôt ou tard sanctionné par une touche bien résonnante ou un déplacement latéral de votre fil.
    Des animations plus traditionnelles, en faisant sautiller le leurre ou en le traînant sur le fond pour décoller un nuage de sédiments, peuvent être efficaces. Dans tous les cas le fil doit rester tendu lors des relâchés car la touche se produit souvent à la descente. N’hésitez pas à marquer des arrêts, l’écrevisse posée au fond en position de défense reste pêchante, surtout si la matière dont elle est constituée est suffisamment souple pour vibrer un tant soit peu.

    Les modèles et les montages

    Selon les postes et leur encombrement, vous pêcherez avec des écrevisses armées d’une tête plombée ou en montage texan lesté ou non. Les têtes plombées football permettent le maintien d’une écrevisse aux pinces flottantes dans la position idéale en lui permettant de remonter pinces en l’air sans risquer de basculer latéralement. Une tête
    sabot sera moins stable latéralement mais permettra aux leurres non
    flottants de ne pas rester collés au fond. Certains modèles
    d’écrevisses comme la Stand’n Yabbie ou la Super Yabbie chez River 2 Sea
    sont moulés sur une tête sabot et livrées prêts à pêcher. La Super
    Yabbie est dotée d’une brosse anti-accroche qui permet de pêcher les
    postes encombrés Les modèles peuvent être très imitatifs, comme les Yabbies, les Crawbug chez Yum, les écrevisses Storm Rattle Hot Craw Tube, et prévus pour être armés d’une tête plombée. Dans les modèles plus suggestifs, on trouve notamment les Big Claw chez Riverside, les Craw chez Gary Yamamoto puis diverses créatures comme la Talon Worm chez River 2 Sea, l’Ultravib Speed Craw chez Zoom et des modèles plus dépouillés encore comme la Sabertail chez Berkley (cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et est loin d’être complète). Tous ces modèles suggestifs peuvent être montés sur têtes plombées, en raccourcissant si nécessaire leur corps pour mieux centrer l’hameçon. Ils peuvent aussi être montés en texan pour explorer des herbiers pas trop denses, des bois noyés ou des fonds rocheux.
    Nombre d’entre eux s’associent aussi très bien avec des jigs, dont les nombreuses fibres mobiles ajoutent de la vie au leurre souple en apportant une pulsation supplémentaire lors des alternances tirées/relâchés. Ces jigs peuvent être munis ou non d’une brosse anti-accroche pour l’exploration des postes encombrés. Avec les jigs, on peut associer divers trailers suggérant de façon très lointaine les deux pinces d’une écrevisse. Associée à un jig, la Sabertail Berkley, par exemple, peut donner une nage d’ensemble très imitative de l’écrevisse, bien que le leurre ne ressemble pas réellement à grand chose hors de l’eau. Un dernier modèle se détache du lot par l’animation encore différente qu’il permet. Il s’agit de la Dynagone chez Imakatsu. Montée avec un petit insert de lestage et un hameçon wide gape, l’hameçon placé “à l’envers”, l’oeillet entre les pinces et non au bout de l’abdomen, cette créature peut planer en marche arrière sur plusieurs mètres à condition que le pêcheur relâche du fil et l’accompagne sans la brider. Cette particularité permet d’explorer des postes normalement inaccessibles comme des berges creuses, des branches basses baignantes… Si le leurre ressemble à s’y méprendre à une écrevisse planant à la descente, il ne ressemble plus à ce crustacé lors des tractions, mais reste tout de même très attractif. Une vidéo très démonstrative est visible sur le site du fabricant : www.imakatsu.co.jp 

  • Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.

    Par Philippe Collet

    Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.

    Le matériel de Rudy

    Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.

    Les soies

    Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.

    Le bas de ligne

    Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.

    Le lancer

    Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
    Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
    Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !


    La mouche

    Lors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
    Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
    Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
    Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.


    Le lieu de pêche

    • Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
    Tél. : 0031297261261.
    E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl

    • Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
    www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/

    • Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.

    Rudy van Duijnhoven
    Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
    The Netherlands
    Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
    www.rvd-image.nl

  • Spike-It, le SAV de vos leurres souples !

    Spike-It, le SAV de vos leurres souples !

    Comme il est rageant de devoir jeter un leurre souple simplement parce qu’il est un peu déchiré par la courbure de l’hameçon suite à quelques accrochages dans les herbiers ! Spike-It propose une colle très efficace qui réalise une sorte de “soudure”.

    La colle Fix-A-Glue de la marque Spike-It est un produit conçu spécifiquement pour réparer les leurres souples. Elle permet de coller la matière plastique déchirée ou entaillée en la fusionnant. Les collages ainsi réalisés restent souples contrairement par exemples à une réparation à la colle cyanoacrylate. Cette colle permet donc de réelles économies en donnant une seconde vie à de nombreux leurres souples. On est bien content de la trouver certaines fois, quand on voit son stock fondre au gré des prises. Même s’il est possible de réparer sommairement des leurres en action de pêche en les séchant avec un chiffon, Il est préférable de biens les rincer (surtout si l’on pêche en mer) et de les laisser sécher avant réparation. Il convient ensuite d’écarter la partie endommagée et d’appliquer généreusement la colle au coeur de la matière. En relâchant la matière, celle-ci revient à sa position initiale et expulse l’excès de colle. Il suffit de laisser la colle agir pendant quelques minutes.

    Le leurre retrouve sa consistance et sa forme d’origine. Ce moyen de réparer les leurres souples est beaucoup plus rapide et efficace que la réparation à chaud à l‘aide d’un fer à souder ou d’une lame de couteau chauffée qui a, en plus, souvent tendance à déformer le leurre et à lui faire perdre ses qualités pêchantes. Ce produit ne colle pas les doigts. Attention cependant, il ne permet pas le collage du leurre souple sur les têtes plombées. Vendu en flacons de 14 ml.

    Feutres Spike It pour leurres souples

    La marque Spike-It propose également une série de feutres destinés à décorer les leurres souples. Ces derniers sont aromatisés soit à l’ail, soit à la crevette. Contrairement au produit Spike-It Dip-NGlo (descrit dans le numéro 84 de Pêches Sportives) qui permet de teinter des leurres sur de grosses surfaces en les trempant dans un flacon de colorant, les feutres permettent d’appliquer des touches ou des rayures de couleur sur les leurres.

    La couleur ainsi appliquée pénètre la matière et tient parfaitement dans la durée. Selon les types de leurres, la couleur diffuse plus ou moins profondément dans le plastique. Ces feutres permettent, à partir d’une base de leurres assez neutres et clairs, d’adapter leur couleur aux conditions de pêche sans avoir besoin de multiples pochettes de différents coloris. L’adjonction d’un point de couleur pour figurer la gorge d’un leurre est une utilisation particulièrement intéressante des feutres Spike-It. Jean-Luc Macheboeuf (voir notre article dans le n° 87 de Pêches Sportives) et son collègue de pêche Alfredo utilisent régulièrement ce feutre pour rajouter une gorge orange à leurs shads et décider les sandres difficiles du lac de Villerest (Loire) à mordre.

    Renseignements :
    www.floridafishing.fr

  • Le Savagear Sandeel 10 cm

    Le Savagear Sandeel 10 cm

    Les leurres souples Savagear Sandeel sont les premiers leurres de la marque Savagear à être orientés spécifiquement mer. Je les ai découverts à l’occasion de mon dernier séjour en Bretagne. Leur efficacité sur les bars est surprenante.

     

    Mon ami Vincent Drieu, chef de marché chez Terres & eaux, qui revenait d’une semaine de pêche en Bretagne nord et avait particulièrement réussi en les utilisant, me les avait chaudement recommandés. J’en ai donc acheté deux pochettes sur la route des vacances. Ce leurre a été une véritable révélation. Il m’a permis d’obtenir de très bons résultats avec un autre collègue, Pierre, qui terminait un nouvel été consacré quasi exclusivement à la pêche du bar aux environs de l’île de Bréhat. Les conditions de pêche étaient pourtant difficiles, tant du bord qu’en bateau. Après avoir essayé un Sandeel que je lui avais laissé et pris plusieurs jolis poissons au dessus des parcs, Pierre ne jurait plus que par ce leurre et s’empressait, le lendemain, alors qu’il m’emmenait pour une nouvelle journée de pêche, de me demander si j’avais bien pris de ces leurres, car le sien avait rendu l’âme. Nous avons utilisé le modèle non monté en taille 10 cm au dos vert et au ventre transparent pailleté argent.
    Ce leurre peut être monté sur des têtes plombées de 7 à 30 grammes, les têtes de 14 et 21 grammes étant un bon compromis pour la pêche au lancer ramener du bord ou en bateau au – dessus de parcs, dans peu d’eau. Grâce à sa petite taille, ce leurre imite particulièrement bien les poissonnets que le bar a l’habitude de chasser au coeur des parcs ou le long des plages de galets où il m’a permis de tirer mon épingle du jeu.
    Le Sandeel permet aussi bien de pêcher en lancer ramener qu’en pêche verticale où il devra être un peu plus lesté (30 grammes par exemple). Il ne nécessite qu’une animation très minimaliste car sa queue frétille à la moindre sollicita-tion. Sur les poissons assez difficiles auxquels nous avions affaire, il était particulièrement performant en pêche linéaire lente, à proximité du fond.

    Les leurres Sandeel 10 cm sont vendus en blister de un leurre monté sur une très belle tête plombée et une queue de rechange, ou en blister de quatre queues seules. Le modèle monté mesure 12,5 cm et pèse 23 grammes, un bon compromis pour ce leurre. Je préfère pour ma part utiliser des têtes de ma fabrication, aux grammages variés, pour m’adapter au mieux aux postes prospectés. Ce leurre est moulé en trois couches successives de différentes couleurs. Son ventre est agrémenté de grosses paillettes argentées qui renvoient des éclats du plus bel effet à chacun des amples battements de sa queue. La matière est très souple, ce qui permet au Sandeel de nager à la moindre sollicitation.
    Cette souplesse et la superposition de trois couches de plastique successives, le rendent toutefois un peu fragile. Il a tendance parfois à se délaminer au niveau de la queue ou au niveau du renflement des têtes plombées qu’il convient en fait de bien ajuster. La tête plombée fournie d’origine est parfaitement adaptée au leurre. Elle ne comporte qu’un tout petit ergot qui ne l’abîme pas. Ce leurre peut n’être moulé qu’en une seule couche pour éviter ce phénomène, mais il perdrait peut être alors de son attractivité.  Le Sandeel Savagear est décliné en quatre autres modèles, plus grands, que je n’ai pas eu l’occasion de tester et qui semblent tout aussi efficaces, à condition qu’ils soient adaptés à la taille des proies consommées par les bars.