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Étiquette : Philippe Collet

Une partie de pêche avec Greg Hoarau
Gregory Hoarau est un ancien compétiteur mouche. Il pêche de façon assidue de nombreux réservoirs de l’Hexagone ou du Royaume-Uni, au gré notamment de ses déplacements professionnels. Il se promène toujours avec de quoi pêcher à la mouche, et s’intéresse à tout ce qui porte des écailles. Il a toujours aimé pêcher les réservoirs en “petites mouches” et n’y pratique plus que cette pêche. Je souhaitais depuis longtemps qu’il puisse nous faire partager cette technique qu’il maîtrise particulièrement bien. Nous nous sommes retrouvés sur réservoir, à Recques-sur-Course, dans le Pas-de-Calais, pour une partie de pêche.
Par Philippe Collet
Au bord d’un réservoir, ne demandez pas à Greg de vous sortir un streamer, il n’en aura probablement pas avec lui. Il utilise pourtant cette technique pour pêcher les carnassiers ou les poissons marins. Il a d’ailleurs souvent dans sa voiture une boîte de streamers à brochet et le matériel dédié à cette technique qu’il pratique volontiers quand l’occasion se présente. Leurrer les truites de réservoir au streamer ne l’intéresse pas. Il cible les plans d’eau où les poissons sont habitués à consommer régulièrement des insectes aquatiques et apprécie d’autant plus la pêche que les poissons actifs sont difficiles et sélectifs. Dans ces conditions, il est un des rares à bien tirer son épingle du jeu et ce, sans pêcher avec des fil arachnéens. Son équipement réservoir tient dans une petite besace ceinture et est limité au minimum. Ses nombreuses années d’expérience l’ont amené à éliminer tout matériel superflu et à ne garder que le matériel parfaitement adapté. Quatre boîtes à mouches, garnies de modèles de chironomes, hoppers, nymphes, émergentes… largement validés lui suffisent pour faire face à de nombreuses situations. Quelques bobines de fluorocarbone, une pince écrase-ardillon, un coupe-fil avec aiguille, un ketchum release (genre de dégorgeoir adapté à la pêche à la mouche) pour extraire, sans dommage pour les poissons, les mouches engamées trop profondément, une épuisette à long manche complètent son équipement. Sa canne est une Loomis GLX classique en deux brins de 10 pieds pour soie de 6 équilibrée d’un moulinet Danielsson garni d’une soie Triangle Taper Lee Wulff flottante de 6.
Il emporte avec lui une bobine de rechange garnie d’une soie intermédiaire lente, là encore une Triangle Taper de taille 6, pour pratiquer sa technique, de la même façon, quand les poissons se tiennent plus profond (les jours ensoleillés notamment). Ajoutons à tout cela quelques polyleaders intermédiaires rapides (bas de lignes dégressifs réalisés dans un matériau identique à celui d’une soie) de 1,5 mètre. La base de sa technique, qui vise à leurrer des poissons résidents qui se nourrissent, est de tout mettre en oeuvre pour rendre pêchant, le plus vite possible, un train de deux ou trois mouches. Pour cela il faut le poser correctement et veiller à noyer le fil rapidement. La frontière entre la réussite et l’échec est mince et tient à de petits détails que nous avons essayé de bien lister avec Greg pour vous les retranscrire ici. Au passage, la discussion passionnante que nous avons eue, jusque tard dans la soirée, dans une brasserie proche du réservoir à Montreuil-sur-Mer, la moitié de la table encombrée de boîtes à mouches et de notes, a dû paraître totalement surréaliste aux autres clients de l’établissement.Les mouches
Greg a quelques mouches de base, très efficaces, qu’il a longuement validées et auxquelles il croit, quoi qu’il arrive. Ces artificielles sont déclinées en séries de cinq ou six imitations identiques pour ne pas être démuni, après quelques casses, s’il a trouvé la mouche qui marche.
Comme nous le verrons plus loin, il monte différents types d’imitations :
– des mouches noyées destinées tout d’abord à flotter, puis patouiller dans le film de la surface avant de couler sous la traction du fil (bécasse oreille de lièvre, purple pennel royale, bécasse royale).
– des nymphes légèrement lestées comme la pearly pheasant tail ou la saint-philbert
– des chironomes.
Il monte ses mouches sur des hameçons à pointe pioche Tiemco 100 SP BL pour les nymphes, les noyées et parfois les chironomes, et Tiemco 2499 SP BL pour les chironomes. Ces hameçons, de par la forme de leur pointe, pénètrent très facilement à la touche, même à travers le cartilage de la mâchoire des truites, et ne nécessitent pour ainsi dire pas de ferrage. Ce dernier doit en effet être proscrit car il est générateur de casses. Il est remplacé par un relevé de la canne permettant de simplement prendre contact avec le poisson.Le bas de ligne
La soie est prolongée d’un polyleader de 1,50 m suivi de 20 cm de 20 centièmes, 60 à 70 cm de 18 centièmes, une première potence de 10 à 15 cm en 16 centièmes, 1,20 à 1,50 m de 16 centièmes, une deuxième potence de la même longueur que la précédente en 14 centièmes, 1,80 m à 2,30 m de 14 centièmes. Le bas de ligne mesure donc, après le polyleader, de 3,80 m à 4,70 m. La version la plus courte permet de cibler les poissons aperçus sous la surface ou ayant gobé, en anticipant leur trajectoire. La version la plus longue permet de pêcher l’eau en barque dérivante ou ancrée, le vent dans le dos. La combinaison des diamètres 20, 18, 16 et 14 est la plus fine. Elle peut être plus solide si la pêche est moins difficile ou les poissons trop violents : 20, 18 et 16 ou 20, 18.
Lorsqu’il pêche en Angleterre, Greg est rapidement contraint de réaliser le montage le plus solide, car les casses sont quasiment systématiques avec des fils plus fins. A deux mouches, le bas de ligne est constitué de 20 cm de 20 centièmes, 1 m de 18 centièmes, une potence de 10 à 15 cm en 18, 16 ou 14 centièmes suivie de 2,50 m de fil du même diamètre. Greg apprécie la soie Triangle taper pour sa capacité à pousser et déployer ces longs bas de ligne. Bien qu’assez courte (27 mètres), cette soie lui permet de placer régulièrement sa mouche de pointe à 30 mètres. Pour ne pas emmêler les plus longs de ses bas de ligne, Greg pêche souvent en barque, le vent dans le dos ou de côté. Il shoote alors une boucle assez large vers le ciel pour que le train de mouches soit porté par le vent et se déploie bien en ligne. Du bord, avec un vent de face, il passe à deux mouches et serre plus sa boucle.
Ancrer le montageLes mouches sont réparties sur le bas de ligne de différentes façons. Le premier montage est constitué d’une nymphe légèrement lestée en pointe, d’un chironome en deuxième potence, d’une mouche noyée en première potence (potence vers la soie). Il permet de couler rapidement le fil et d’ancrer l’ensemble, tiré d’un côté par le polyleader intermédiaire, qui prolonge la soie et coule instantanément, et de l’autre par la mouche de pointe et le chironome.
Le deuxième montage se compose d’une noyée assez volumineuse en pointe et d’un chironome sur chaque potence. Dans les deux cas, le fil, du fluorocarbone choisi pour sa raideur et sa forte densité, disparaît rapidement sous la surface, se soustrayant à la vue des poissons, tiré par le polyleader et les nymphes ou les chironomes. Posé bien en ligne, le montage coule rapidement sans mou ni cassure.
La mouche noyée flotte un certain temps, pêchant comme une mouche sèche, puis se noie progressivement en faisant un sillage des plus attractifs. Le premier montage permet l’exploration d’une profondeur supérieure. La mouche noyée flottant pouvant faire office de bouchon ou d’indicateur de touche quelques instants. Le second montage pêche dans les 10 à 50 premiers centimètres sous la surface. La mouche noyée contribue, surtout si elle est volumineuse, à maintenir les chironomes à faible profondeur. A deux mouches le principe est le même, il suffit simplement de retirer un chironome sur chacun des montages décrits précédemment. En coulant rapidement, le train de mouches reste bien en ligne sur près de 5 à 6 mètres. Il n’y a pas de perte de distance. Seule la soie est prise par la dérive de surface. Au moindre contact du poisson avec une mouche, ce dernier, qui est le plus souvent en mouvement, ne peut que se piquer, un peu à la façon d’une truite sur un train de mouches noyées en rivière. L’ancrage rapide du montage est la clef de la réussite. La rapidité avec laquelle le fil se noie permet aussi de leurrer des poissons attirés par l’impact des mouches qui n’auront pas le temps de voir le trait du fil sur l’eau.
Avec cette méthode, Greg n’a pas besoin de dégraisser son fluorocarbone.
Il ne graisse pas sa mouche noyée qui après chaque lancer flotte ainsi seulement quelques secondes avant de s’engluer puis de couler. Ces différentes phases semblent avoir un impact particulier sur les poissons, auxquels elles font parfois perdre toute méfiance. Le poser doit être le plus propre possible, quitte à raccourcir le lancer, pour permettre au train de mouches de pêcher tendu. Après chaque posé correctement effectué, il convient de maintenir le train de mouches statique quelques secondes. Ce moment où la mouche noyée flotte encore et les chironomes et les nymphes coulent dans un plan vertical est particulièrement prenant, surtout sil’on a posé à proximité d’un poisson sans l’affoler. En début de pêche le polyleader peut flotter, surtout s’il est neuf. Une fois mouillé quelque temps, il coule instantanément. Une petite astuce de compétiteur consiste à mouiller ses soies intermédiaires préalablement pour qu’elles coulent ensuite directement dès le premier lancer.Jouer de la guitare
L’animation du train de mouches peut être réalisée de façon classique en tricotant la soie plus ou moins lentement, ou à la façon de Greg en jouant de la guitare. Il s’agit de tricoter ou puller (tirées amples) avec une main et de faire vibrer, en même temps, le doigt (index ou majeur) de l’autre main sur lequel repose la soie. Pour les pêches en barque dérivante, lorsque les dérives sont rapides, le contact avec les mouches ne peut être maintenu qu’en pullant rapidement la soie.
Le tricotage n’est alors plus possible, l’animation des mouches peut toutefois être réalisée en quasisur- place grâce à cette astuce. De la même façon si l’on pêche du bord, un tricotage lent ne permet que de maintenir le contact avec les mouches en résorbant les plis de la soie, qui revient systématiquement vers le pêcheur. Quelles que soient les conditions, cette pratique, qui a priori demande un peu d’entraînement et un travail de coordination, permet d’ajouter une animation continue ou ponctuelle pour donner plus de vie aux mouches, sans réellement les accélérer. Je n’avais encore jamais vu cette animation, Greg a l’air d’avoir trouvé là quelque chose d’intéressant.Le lift
La longue canne de 10 pieds permet d’animer un long train de mouches en phase finale de ramener, sur le lift. Cette remontée du bas de ligne, soustrayant les mouches une par une de l’élément liquide, est une phase importante de l’animation. Bien exécutée, en accélérant la montée des mouches vers la surface et en les faisant sautiller l’une après l’autre lorsqu’elles ont atteint cette dernière, elle permet de prendre de nombreux poissons, que ce soit du bord ou en barque.
Une grande canne permet aussi, avec de longs bas de ligne, de mettre plus facilement à l’épuisette les poissons pris sur la mouche de pointe sans emmêler la première mouche de potence dans l’anneau de tête de la canne. Il conviendra toutefois de prévoir une épuisette dotée d’un grand manche. Cette technique est totalement transposable sur les plans d’eau d’Irlande ou d’Ecosse, peuplés de poissons sauvages. Sa maîtrise permet de ne pas être ridicule lorsqu’on aborde ces étendues d’eau vastes et inconnues.
Une partie de pêche à l’alose sur l’Ardèche avec Bruno Beusse
Les efforts effectués sur le fleuve Rhône pour permettre la remontée des poissons migrateurs commencent à porter leurs fruits, avec notamment le retour de l’alose feinte. Cette petite alose se pêche au lancer mais aussi à la mouche. Ses remontées sont tributaires des températures et, sur l’Ardèche, des niveaux d’eau qui doivent être suffisants pour l’attirer en nombre dans cette grande rivière. Ce poisson combatif n’est pas très compliqué à pêcher, le plus difficile est de se trouver au bon endroit au bon moment. Bruno Beusse, qui habite sur place et connaît bien ce poisson, sera notre guide pour cette pêche peu connue.
Par Philippe Collet
L’alose qui remonte le Rhône et ses affluents comme l’Ardèche est une Alose feinte spécifique au bassin du Rhône (Alosa fallax rhodanensis). Elle est plus petite que la grande alose. Le poids moyen des poissons s’échelonne entre 800 g et 1,5 kg pour une taille de 40 à 50 cm. Les plus grosses aloses, des femelles, peuvent atteindre 2,5 kg pour un peu moins de 60 cm. Les aloses peuvent effectuer plusieurs cycles de reproduction dans leur vie. Habituellement, les aloses femelles arrivent les premières suivies des mâles plus petits qui repartent un peu plus tard après la reproduction. Les remontées d’aloses commencent timidement lorsque l’eau atteint 14 °C, la reproduction commence à partir de 17 °C et l’activité des poissons s’intensifie avec l’augmentation des températures. En Ardèche, la période de remontée des aloses s’échelonne de fin avril à fin juin, selon les années, la période de reproduction, de fin mai à fin juin-début juillet. Les années froides ou les années aux débits fluctuants, les remontées sont fractionnées et la pêche est moins bonne. Arrivées au bout de leur périple, les aloses se reproduisent de nuit, sur des prises ce jour-là, du fait de la température de l’eau encore fraîche.
62 radiers peu profonds au courant soutenu. Elles décrivent des cercles très serrés qui font bouillonner la surface de l’eau. On appelle ces cercles des “bulls”. Ils sont décrits par une femelle accompagnée d’un ou plusieurs mâles et permettent la libération des ovules et du sperme. Les oeufs ainsi fécondés sont livrés au courant, qui se charge de les répartir dans le gravier en aval, où ils incuberont.Les secteurs propices à la pêche
Pendant leur remontée, à la façon des saumons, les aloses stationnent dans des veines d’eau courantes, plus ou moins profondes selon la luminosité. Ainsi, les aloses s’approcheront de la surface ou fréquenteront les gravières au lever du jour ou au coucher du soleil, alors qu’en pleine journée elles seront plutôt collées au fond, dans les veines les plus importantes. Il convient de trouver ou connaître les secteurs qui concentrent ou retiennent le plus de poissons pour pêcher avec un maximum de chances de réussite. Ces zones de passage se situent le plus souvent à l’aval des seuils ou des barrages, où les poissons font étape avant le franchissement. Il faut bien sûr veiller à rester dans les limites de distance autorisées et respecter les interdictions de pêche. Certains bons postes sont facilement identifiables car ils sont fréquentés par des pêcheurs au lancer. Au coeur des périodes de remontées, il est possible de toucher de nombreux poissons à la mouche en sortant de ces postes typiques et en pêchant des veines de courant puissantes, plus vastes et tranquilles. La pêche de l’alose ne nécessite pas un matériel particulier. Un ensemble rivière fort ou réservoir est amplement suffisant pour combattre une alose feinte. Avec un matériel plus fort, le poisson ne pourra pas exprimer tout son potentiel. Une canne de puissance 5 ou 6 conviendra pour les pêches à proximité de la surface en soie flottante ou intermédiaire, une canne de 7 ou 8 pour les pêches plus profondes en soie plongeantes ou à pointes plongeantes.La technique de pêche
La technique de pêche s’apparente à celle de la mouche noyée ou du saumon. Il s’agit de peigner les veines de courant en lançant sa mouche 3/4 aval et en la laissant dériver sans animation jusqu’en dessous de soi. Si le poste est vraiment profond ou le courant soutenu, il est possible de lancer plus amont pour présenter sa mouche plus profondément. Lorsque la dérive est terminée, il est recommandé de tricoter sa soie sur quelques mètres avant de relancer. Le plus souvent toutefois, la touche intervient pendant la dérive, ou en fin de dérive lorsque la soie s’accélère. Elle est violente et suivie d’un combat acharné.Un poisson très fragile
Ce poisson qui combat jusqu’au bout de ses forces est très fragile, il meurt rapidement s’il est manipulé trop longtemps. Il convient si possible de le relâcher sans le sortir de l’eau, sans le mailler dans une épuisette et sans le prendre à la main. Pour faciliter le décrochage et ne pas laisser trop de séquelles au poisson, l’ardillon de l’hameçon doit être écrasé. Si le poisson reste sur le flanc ou tarde à repartir, un petit coup avec le scion de la canne permet le plus souvent de lui faire reprendre ses esprits.Les mouches
Les mouches à alose sont montées sur des hameçons de grosse taille. Elles peuvent être lestées, comme le modèle bien connu de la mouche téléphone réalisée avec du fil de cuivre de téléphone gainé de plastique. Toutefois, ces mouches gagneront à ne pas être lestées, à condition qu’on les accroche derrière des soies intermédiaires ou plongeantes. Il vaut mieux pratiquer ainsi et éviter la formation d’un angle entre la soie et le bas de ligne, qui nuit à la qualité du ferrage. Les mouches à alose sont montées sur des hameçons mer ou des hameçons à carpe dans des tailles s’échelonnant du 4 au 8. Leurs couleurs sont vives et contrastées.
Le bas de ligne sera le plus souvent terminé par un fluorocarbone de 20 à 25 centièmes. A vous de trouver le bon compromis entre un diamètre permettant une bonne présentation et un diamètre évitant la casse sur un ferrage trop appuyé. Pour les pêches profondes avec une soie dense, il sera réduit à un simple morceau de fil de 1,5 à 2 m fixé en bout de soie. Il est possible de pratiquer à deux voire trois mouches, mais d’après Bruno, cela n’est absolument pas une nécessité. Il vaut beaucoup mieux pêcher à la bonne profondeur avec une seule mouche.L’association Migrateurs Rhône Méditerranée
Autrefois, et jusqu’au début du XXe siècle, les aloses remontaient de la Méditerranée jusqu’au lac du Bourget sur le Rhône, et jusqu’à Auxonne sur la Saône. Au fur et à mesure de l’aménagement du Rhône, leur aire de répartition a diminué de façon drastique ne permettant plus, il y a encore peu, leur reproduction que sur une grande frayère située entre Arles et Tarascon. Les efforts accomplis depuis 1993 sur le bassin du Rhône pour permettre la recolonisation du fleuve et de ses affluents par les poissons migrateurs (plan Migrateurs Rhône Méditerranée) commencent à porter leurs fruits. Les aloses, par exemple, arrivent maintenant en nombre au-delà de la confluence de l’Ardèche, qu’elles remontent jusqu’à Vallon-Pont-d’Arc.
L’association Migrateurs Rhône Méditerranée (MRM) travaille depuis sa création, en 1993, à cet objectif de recolonisation du Rhône par les migrateurs. MRM a un rôle d’animation, de concertation, elle veille à l’intégration de la problématique migrateurs dans les politiques locales de gestion de l’eau. MRM réalise un certain nombre d’actions comme les études, la maîtrise d’ouvrage des travaux étant assurée par les propriétaires des ouvrages. Des passes à poissons ont ainsi été mises en place ou rénovées. Des éclusées spécifiques sont pratiquées sur le Rhône lorsqu’il n’y a pas de bateaux pour permettre la remontée des aloses.
Pour plus d’informations :
www.migrateursrhonemediterranee.org
La pêche linéaire des carnassiers au leurre souple
Les leurres souples se sont progressivement installés dans le paysage de la pêche récréative française. Utilisés en animation linéaire, ils peuvent obtenir de très bons résultats. Explications.
Par Philippe Collet
Je fais partie de ces pêcheurs issus de l’école Drachkowitch qui ont attaqué la pêche mobile des carnassiers avec la technique du poisson mort manié et appris à animer leur montage en dents de scie, par saccades successives plus ou moins vives avant un retour planant quasi systématique vers le fond. A l’époque, le passage aux leurres souples ne s’est pas fait facilement. Nous avions du mal à croire en ces bouts de plastique et avions tendance à les animer de façon identique à un poisson mort. Ils étaient d’ailleurs souvent enfilés sur une monture destinée à cette technique. Cette façon d’animer m’est restée longtemps. Je n’ai finalement découvert les vertus de la pêche linéaire au leurre souple qu’assez récemment et ai alors commencé à diminuer le nombre de coups de scion au profit des tours réguliers et dosés de manivelle de moulinet. L’animation linéaire n’est pas nouvelle, elle s’apparente à celle qu’ont pratiquée pendant des lustres (et pratiquent encore) les pêcheurs de carnassiers à la cuillère tournante, avec les cuillères lourdes Lusox de Mepps par exemple. J’ai pris le cas de cette cuillère lestée en tête car elle permet une animation lente au ras du fond en eau profonde et autorise une pêche très précise et efficace à condition de se concentrer sur ce que l’on fait. La nouvelle génération de pêcheurs est habituée à animer de façon linéaire des leurres divers du type crankbaits, lipless ou spinner baits et a donc adapté plus naturellement cette technique à la pêche au leurre souple.
Lancer puis ramener un leurre peut paraître simple et rébarbatif. Pratiquée n’importe comment, cette technique ne présente pas beaucoup d’intérêt. Elle est toutefois beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît car, pour être réellement efficace, le leurre doit passer dans la bonne couche d’eau ou au ras du fond.
Cette technique est la seule efficace certains jours. Elle permet la prise régulière de tous nos carnassiers, et particulièrement des sandres, et elle permet en été de les rechercher rapidement entre deux eaux. Elle est aussi très efficace en période froide pour prospecter au ras du fond. C’est là d’ailleurs qu’elle est la plus difficile à mettre en oeuvre, qu’elle demande le plus de concentration pour bien présenter son leurre et ne pas trop s’accrocher.
La techniqueLa base de la pêche linéaire est un ramené horizontal régulier, plus ou moins rapide selon la réaction des poissons. La hauteur de pêche est conditionnée par le niveau où se tiennent ces derniers. En hiver, un ramené lent au ras du fond est privilégié, alors qu’en été une pêche des couches d’eau intermédiaires plus rapide est souvent productive. Selon l’humeur des poissons, la vitesse de récupération est plus ou moins importante. De façon générale, la prospection est rapide sur les chasses ou dans les eaux chaudes. Elle ralentit dans les eaux froides. Plus la vitesse de récupération est lente, plus le leurre doit être souple pour continuer à pulser sans s’arrêter. Dans certaines conditions, la pêche n’est productive qu’à très faible vitesse, à la limite du décrochage du leurre. Depuis un bateau, en pleine eau, on laisse couler le leurre vers le fond ou la couche d’eau à prospecter, puis on le ramène en moulinant régulièrement. Le principal souci est de ne pas ramener trop vite, pour éviter que le leurre ne remonte trop vers la surface.
Il est judicieux de commencer à pratiquer cette technique sur des fonds propres et réguliers et de veiller à rester à proximité immédiate. Après avoir lancé, on bloque le dévidement de son fil et on le suit des yeux jusqu’à le voir se détendre brusquement, signe que le leurre a touché le fond. On décolle alors le leurre d’un petit coup de scion et on commence à mouliner. On peut marquer un arrêt au bout de quelques mètres pour vérifier le niveau atteint. Si la détente du fil est immédiate, c’est qu’on était resté dans la bonne couche d’eau. Si elle se manifeste après plusieurs secondes, on était remonté trop haut. Il convient alors soit de ralentir encore le ramené, soit d’augmenter le poids de la tête plombée, soit d’en changer en privilégiant un modèle de tête plus fusiforme. On pourrait aussi, à l’extrême, diminuer le diamètre du fil ou de la tresse pour favoriser la descente. Le leurre a également son importance dans la technique. Ce dernier doit opposer une résistance à l’eau, on privilégie donc les modèles de type shad à caudale.
Le réglage de l’animation s’effectue en jouant sur l’ensemble de ces paramètres. On doit réaliser une prospection horizontale régulière en appuyant le leurre et le fil sur la colonne d’eau traversée. Sous l’eau, le fil ne décrit pas une droite mais un arc de cercle. Plus le diamètre est gros, plus l’arc de cercle est prononcé et le leurre tiré verticalement. Plus la tête plombée et le leurre offrent de prise à l’eau, plus ils remontent ou peuvent supporter de faibles vitesses de ramené. En conjuguant tout cela on arrive facilement, avec un peu de pratique, à faire évoluer son leurre horizontalement à distance. On pratique en fait une forme de pêche verticale (prospection horizontale à la verticale d’un bateau en mouvement, voir Pêches sportives n° 73) en lancer ramené. Si on veut aller vite, on surdimensionne le plus souvent la tête plombée et on choisit un modèle profilé. Si on souhaite utiliser un petit leurre léger et planant et éviter qu’il ne remonte trop, on choisit un fil fin.
Les variantesLa technique doit bien sûr être adaptée aux eaux prospectées. On est rarement en présence de fonds réguliers et on a plus souvent des berges aux pentes plus ou moins abruptes ou des cassures à prospecter. On effectuera alors un mélange de cette technique en prospection horizontale avec de la chute libre verticale (elle aussi linéaire) très efficace, notamment sur les percidés. L’objectif est de raser au plus près les contours du fond sans trop les toucher. Un leurre qui plonge, en suivant une cassure droit vers les carnassiers qui y sont embusqués, a toutes les chances de déclencher leur attaque. Lorsqu’on pêche en pleine eau, on peut déroger à l’animation strictement horizontale et réaliser des montées et des descentes amples en levant et rabaissant la canne tout en continuant à mouliner régulièrement.L’exemple du canal proche de chez moi
Le profil de ce canal est le plus souvent constitué d’un chenal central envasé, encadré par deux pentes plus ou moins douces en sables et graviers ou cailloutis, qui mènent à une bordure plate plus ou moins large et profonde, dans les mêmes matériaux.
Lorsqu’on prospecte les berges de ce canal, très monotone vu de l’extérieur, on cherche à coller le plus possible aux irrégularités des pentes, car les sandres et les perches se trouvent là et non au milieu. On lance au ras de la berge d’en face et on attend le contact avec le fond, souvent proche. On décolle le leurre d’un ou plusieurs petits coups de scion successifs pour trouver la cassure ou le début de la pente. On effectue ensuite une glissade (linéaire) de la marche du haut, parfois très étroite, le long des palplanches jusqu’au fond, en collant au plus près à la pente. On s’engage ensuite sur le début du fond vaseux, peu intéressant, avant de ramener plus vite pour recommencer l’opération. La majorité des touches a lieu à la descente, quelques-unes lorsqu’on accélère pour recommencer. On essaie de lancer le plus possible en diagonale pour augmenter la longueur de prospectionde cette zone de cassure fructueuse. Si on lance trop loin de la berge, on perd beaucoup en efficacité car le leurre ne longe plus la pente. En période chaude, on ne cherche pas à descendre jusqu’au fond, mais on descend les premières marches ou une partie de la pente avant de traverser le chenal de façon linéaire assez rapide. Les sandres sont a priori suspendus sous 1 ou 2 mètres d’eau et font des touches souvent violentes.Casting ou spinning ?
Chaque technique a ses adeptes. Le moulinet à tambour fixe (spinning) permet de lancer plus facilement des leurres légers. Le moulinet à tambour tournant permet de réaliser facilement des relâchés contrôlés au pouce (fil tendu pour la détection des touches) à la descente. Il offre aussi souvent un faible ratio propice aux animations lentes. On peut selon le type de poste passer de l’une à l’autre.
Les leurres et les têtesOn va privilégier des leurres capables d’appuyer sur l’eau et de se maintenir à une profondeur donnée en fonction de la vitesse qu’on leur imprime. Pour cela les shads à caudale pisciforme sont les plus adaptés. Les grubs (virgules) et les créatures qui poussent de l’eau peuvent aussi être utilisés. Les leurres fusiformes opposent trop peu de résistance.
De la même façon, les têtes plombées ont beaucoup d’importance et conditionnent la vitesse d’animation. Une tête en forme de poisson ou fuselée va fendre l’eau très vite et permettre à poids égal d’atteindre une profondeur ou une vitesse plus importante. A l’opposé, une tête football appuiera plus sur l’eau et limitera la descente du leurre. Elle peut être utilisée, par exemple, lorsqu’on a besoin d’un peu plus de poids pour lancer loin, mais que l’on ne souhaite pas pêcher profondément.Quelques leurres pêle-mêle
Le Shaker chez Lunker City (Flashmer), le Turbo Shad chez Bass Assassin, les Ripple Shad et Pulse shad Powerbait chez Berkley, les Sanec chez Pafex, les Stanley (AMS), Fury Shad et Shad GT chez Delalande, HS Shad chez Spro, Pro Shad et Pro Jointed Minnow chez Storm, Swimming Senko et Swimbait chez Gary Yamamoto (Sakura). Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.L’armement avec un hameçon chance
Dans cette pêche, les poissons peuvent suivre le leurre et l’attaquer en pinçant simplement sa caudale. Leur attaque est d’autant plus précise que le leurre est animé lentement. Si l’on enregistre des touches sans suite ou, pire, qu’on se fait voler la queue d’un shad un peu fragile au ferrage, il devient nécessaire de doter son montage d’un hameçon chance. Le montage classique consiste à relier un hameçon triple n° 6 ou 8 à un petit morceau de tresse ou de crinelle d’acier, si les brochets sont présents, et à le placer avant le rétrécissement de la caudale. Pour les petits leurres, et si je m’adresse aux sandres ou aux perches, je préfère un montage beaucoup plus fin. J’utilise un hameçon simple léger et à large ouverture de type hameçon mouche à streamer (ici un Ayabusa 751 N taille 8). Cet hameçon est très piquant. Il est suffisamment solide pour résister au combat avec un beau sandre, à condition d’avoir préalablement réglé son frein correctement. Il est fixé directement pointe orientée vers le haut, sous un peu de matière, dans la partie renflée de la caudale. Attaché à un brin de tresse, il ne bride pas le mouvement de cette dernière et permet d’armer le leurre jusque sa dernière extrémité. J’espère que ces quelques lignes vous inciteront à vous essayer à cette technique (si ce n’est déjà fait) et à redécouvrir des poissons mordeurs dans des eaux ou à des périodes où vous ne l’auriez pas soupçonné.
Le Bull Dawg qui attrape des brochets
Un leurre hors normes qui séduit des pêcheurs de plus en plus nombreux. Il ne passe pas inaperçu et provoque les carnassiers, brochets ou silures.
Par Philippe Collet
Ce leurre à l’allure rustique et massive est un très bon leurre à brochets. Il est décliné en plusieurs tailles, la version Spring de 6 pouces 42 g présentée ici est la plus petite. Il existe deux autres modèles de 9 et 12 pouces pesant jusqu’à 168 g ! Ce leurre souple et coulé sur une tête plombée dotée d’un gros hameçon simple est armé, en plus, d’un hameçon triple sous le ventre (deux pour les deux plus gros modèles). A la descente, de par sa forme, le Bull Dawg plane à 45°, il nage ensuite horizontalement quand on le ramène. Il peut être ramené de façon linéaire, sa queue battra de façon régulière. Il peut être jigué ou dandiné. Cette animation dans un plan vertical permet d’explorer des trouées dans les bois noyés ou des bords de falaise. Il peut être jerké (ramené avec des tirées sèches de la canne), la forme de son corps lui fera décrire des embardées et sa nage erratique associée aux vibrations intenses de sa longue queue en forme de virgule fera craquer les brochets les plus retors.
Pour exprimer son plein potentiel, ce leurre doit être utilisé dans suffisamment d’eau. Il ne sera pas à l’aise dans les plans d’eau peu profonds, surtout si leur fond est garni d’herbiers. Dans ce cas, il sera toutefois possible de le passer rapidement en linéaire audessus des obstacles, canne tenue haute, en ramenant de façon soutenue. De par sa taille déjà imposante pour le petit modèle, ce leurre nécessite l’usage d’une canne puissante de type heavy ou extra heavy. Un modèle de casting convient bien, car il faut non seulement envoyer le leurre, mais aussi assurer des ferrages puissants pour réussir à le faire glisser dans la gueule pavée des brochets jusqu’à accrocher un des hameçons. Le Bull Dawg est conçu au départ pour leurrer de gros muskies. Son plastique résiste bien aux dents acérées des brochets. Compte tenu de son épaisseur, la grande virgule qui forme la queue du leurre peut être réparée à chaud ou recollée lorsqu’elle est entaillée trop profondément. Il existe de nombreux coloris dans la gamme. Il peut être utile d’en posséder deux ou trois différents pour faire face à toutes les situations et à l’humeur changeante des brochets : un clair, un sombre, un naturel, un incitatif, par exemple.Les leurres Bull Dawg sont produits par la marque américaine Musky Innovations : www.muskyinnovations.com

La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière
La pêche au streamer n’est pas forcément une technique aussi mécanique et rébarbative que l’on veut bien le croire ou le dire. Elle peut paraître simpliste lorsqu’elle est pratiquée au petit bonheur la chance sur des poissons frais, mais devient intéressante et gratifiante lorsqu’elle est pratiquée, avec méthode et intuition, sur des poissons relativement éduqués. Sébastien Allatissière, le maître incontesté de la pêche au streamer en réservoir, va nous révéler l’essentiel de sa technique au fil de cet article. Vous y trouverez nombre des trucs qui lui ont permis et lui permettent encore de si souvent réussir en compétition.
Par Philippe Collet
La distance de lancerTous ceux qui se sont frottés à Sébastien en compétition savent qu’il ne pêche pas dans le même plan d’eau que les autres. Il pose ses mouches régulièrement à très grande distance (au-delà de 35 mètres, parfois tout près de 40 mètres) et réalise quasi systématiquement des posés de qualité, bien en ligne. Il sollicite ainsi des poissons moins vigilants car se sentant en sécurité, hors d’atteinte. Il ne s’embarrasse alors pas à essayer de leurrer des poissons visibles en bordure. Il les intéressera à un moment ou un autre en ramenant ses mouches vers la berge.
Le lancer à distance permet un gain d’efficacité considérable dans l’action de pêche. Les mouches non seulement pêchent plus loin, mais aussi beaucoup plus longtemps une fois en place, c’est-à-dire une fois arrivées à la bonne profondeur, bien en ligne avec la soie. Alors qu’un pêcheur moyen va pêcher efficacement sur environ 20-25 mètres, Sébastien le fera sur au moins 30-35 mètres, soit environ un tiers de plus, ce qui va lui permettre la mise en oeuvre efficace d’animations spécifiques. En posant ses mouches bien en ligne, Sébastien peut détecter la touche instinctive d’un poisson surpris par l’arrivée du leurre sur son territoire. Les posés en paquet, à grande distance, qui sont souvent l’apanage des soies de type shooting mal utilisées, ne permettent pas ces prises. Le poisson est le plus souvent affolé par la soie proche de la mouche. Si toutefois il s’empare de cette dernière, il peut la gober et la recracher plusieurs fois avant que le pêcheur n’ait résorbé les 3 ou 4 mètres de soie nécessaires à la prise de contact.Une couverture en éventail
Sébastien veille à pêcher chaque poste en éventail. Si la configuration de l’arrière du poste le permet, il modifie son angle d’attaque à chaque lancer. Il se déplace aussi latéralement. Cela permet d’aborder les poissons différemment et d’éviter de matraquer systématiquement la même zone. La distance de lancer évoquée précédemment contribue aussi à augmenter l’intervalle entre les posés et à moins effaroucher les poissons.Ne pas hésiter à changer d’animation, de mouches, de soie
Un autre secret de la réussite de Sébastien réside dans le changement régulier de mouches, de densité de soie et d’animation. Au moins, tant qu’il n’a pas trouvé une technique dont l’efficacité est flagrante. J’ai eu l’occasion de pêcher à côté de lui en compétition. Alors qu’il venait de prendre des poissons avec une technique, il rembobinait tranquillement sa soie, raccrochait sa mouche et changeait de canne, donc de densité de soie et de style de streamers. Il anticipait en fait l’accoutumance des poissons situés devant lui, en leur proposant autre chose, avant même d’enregistrer un ralentissement dans leur réaction. Pour ma part, je cherchais désespérément ce qui pouvait fonctionner et me serais volontiers cantonné à reproduire une technique efficace ! Tentant de copier ce qu’il faisait : mêmes soies, mêmes couleurs, je me suis vite retrouvé totalement déboussolé. N’essayez pas de “prendre” Sébastien au streamer, il est quasiment impossible de le suivre à cette technique. Il a déstabilisé plus d’un de ses voisins en compétition. Si vous pêchez pour le plaisir, pensez à changer régulièrement de poste pour solliciter des poissons “neufs”, alternez les animations, vous pourrez ensuite vous tourner vers un changement de mouches, puis de soie, jusqu’à trouver une technique qui vous permet d’enchaîner les prises de façon régulière. La journée passant, avec ses conditions météorologiques parfois changeantes, vous aurez intérêt à remettre votre technique en cause régulièrement pour continuer à toucher des poissons.Le matériel
Pour cette pêche, Sébastien utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 7 ou de 8, des Loomis GLX 2 brins traditionnelles. Il ne s’embête pas avec les moulinets et se sert toujours de ses vieux Dragonfly Cartridge 395. Ses soies préférées sont les intermédiaires Partridge Réservoir en taille 7, les soies Airflo intermédiaires rapides et S3 (coulante de 3) traditionnelles Delta Polyfuse en 7, une S 6 Cortland s’apparentant plus à une S 4 ou une S 5 qu’il affectionne pour son placement rectiligne sous l’eau (pas de ventre). Sébastien pêche aussi au streamer en soie flottante avec une soie Cortland 444 SL en WF 7. Il utilise du fil fluorocarbone Falcon en 21,5, 19,8, 17,7 ou 15,9 centièmes. Les petits diamètres sont réservés à la pêche en soie flottante. Pour la pêche en soies plongeante ou intermédiaire,Sébastien noue ses mouches le plus souvent sur un 21,5. Il peut être amené à réduire à un 19,8 si l’eau est claire ou pour améliorer la nage de ses streamers si les poissons sont un peu trop regardants. Quand les poissons sont difficiles, la pêche en soie flottante permet à Sébastien de placer ses mouches au même niveau qu’avec une soie intermédiaire, mais de ralentir considérablement son animation. A ce moment-là, il doit réduire le diamètre du fil utilisé car l’animation lente laisse plus de temps au poisson pour observer le montage. Il peut pêcher plus fin car la soie flottante oppose moins d’inertie à la touche et l’animation plus douce occasionne moins de risques de casse.
Les bas de ligneLe bas de ligne est raccordé directement à la boucle de la soie réalisée en nylon de 40 centièmes (montage détaillé dans le n° 64 de Pêches sportives). Sébastien réalise ses potences avec des noeuds de pendu à 4 et 4 tours ou, si le fil est fin, 4 et 5 tours pour le brin le plus fin. La potence est toujours réalisée avec le brin qui remonte vers la soie. Pour la pêche avec des soies plongeantes ou intermédiaires, il utilise le plus souvent du fluorocarbone de 21,5 centièmes et en noue de 1,80 m à 2 mètres, de la soie à la première mouche. Il espace ensuite les deux mouches de 2,20 m. Les potences mesurent de 15 à 25 cm. Elles font en fait 25 cm au départ de la partie de pêche et réduisent progressivement en taille au fur et à mesure des changements de streamers. Pour la pêche en soie flottante, les longueurs sont identiques, mais les diamètres de fil sont plus faibles : 19,8 entre la soie et la première mouche, 17,7 ou 15,9 entre les deux mouches. Sébastien peut aussi n’utiliser qu’un seul streamer, notamment lorsque l’eau est très claire. Il allonge alors son bas de ligne pour placer la mouche à environ 4 mètres de la soie.
Sur les traces du sandre
Poisson passionnant, énigmatique, le sandre continue de fasciner de nombreux pêcheurs. L’engouement de la pêche à la verticale relance les passions à travers tout le pays. Où en est l’espèce plus de trente ans après son arrivée massive en France ? Comment se passe la cohabitation avec le silure, son prédateur ? Comment expliquer ses changements de comportement au fil des saisons ? Autant de questions que tous les pêcheurs de sandres se posent et auxquelles nous allons tenter de répondre.
Par Philippe Boisson
Vous vous demandez sans doute pourquoi le sandre, superbe prédateur de nos eaux douces, n’est pas plus présent dans les pages de votre magazine. A vrai dire, nous avions comme beaucoup d’autres pêcheurs un peu perdu sa trace, une fois passé l’âge d’or de sa pêche dans notre pays, il y a une bonne vingtaine d’années. Dans les pays voisins, notamment l’Espagne et la Hollande, il se prend encore de grandes quantités de sandres. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Les sandres hollandais du Noordzeekanaal, de Gooimeer, de Joppe ou de Nieuwe meer, vivent pour une bonne partie d’entre eux en eaux saumâtres, dans des milieux immenses, très différents des nôtres. L’Espagne et ses grands lacs de barrage présente des milieux plus comparables aux eaux de notre pays. S’il se prend encore beaucoup de sandres sur le lac de Mequinenza, l’époque où un seul pêcheur pouvait prendre une cinquantaine de sandres par jour est révolue. La forte pression de pêche qu’à connue le lac ces quinze dernières années a fait chuter les statistiques de façon conséquente. Comme quoi, tout s’explique ! Alors le sandre français serait-il le premier à avoir fait les frais de la surpêche ? Sans doute, mais pour autant la situation n’est peut-être pas désespérée. Une fois le coup de feu des bonnes années, le sandre a su se faire oublier. Ce cuirassé fascinant a toujours attiré les pêcheurs les plus passionnés, car sa prise régulière n’est que rarement le fruit du hasard. Il y a chez ce grand percidé un côté mystérieux qui fait qu’en général on devient “addict” pour longtemps ! Le sandre est en effet un peu l’arlésienne des poissons carnassiers. Parfois on les trouve facilement, alors qu’à certaines périodes ils disparaissent totalement sans que l’on sache vraiment pourquoi. C’est donc une quête passionnante, que l’électronique embarquée dans le plus performant des bateaux ne saurait réduire à une simple cueillette.
Philippe Collet et moi-même avons retrouvé l’espoir et même beaucoup plus, suite à notre rencontre avec le pêcheur belge Wim Van de Velde (voir Pêches sportives n° 73). L’homme qui pêche avec un compteur dans son bateau pour être sûr de se souvenir du nombre de sandres pris par jour nous est apparu comme un extraterrestre ! Cet habitué de la pêche en Hollande, en Belgique et en France (second de la Coupe du monde de pêche des carnassiers de Carcans-Maubuisson en 2002) nous avait alors expliqué en détail sa technique de pêche en verticale.Impatients d’essayer !
De retour en Franche-Comté, pour ma part, et en Picardie pour Philippe, nous allions nous empresser de mettre à profit l’enseignement du maître, tout en échangeant nos expériences. Mes débuts en verticale se sont effectués en float-tube, sans échosondeur et en lac de barrage. Dans une eau à 5 °C avec des wadders en toile percés et un temps à ne pas mettre un chien dehors, l’affaire semblait bien mal engagée. J’ai bien failli repartir tout de suite, me demandant quelle idée avait bien pu me traverser l’esprit, quand soudain une tape franche dans la canne me ramena à la réalité. Un brochet d’une cinquantaine de centimètres s’était emparé de mon leurre souple après seulement quelques minutes de pêche.
Encourageant, certes, mais les sandres ? Le premier se manifesta quelques minutes plus tard, suivi de deux autres, de quelques touches ratées et de deux poissons décrochés sous le float-tube. Sortie après sortie, les sandres réagissaient très bien à la technique de Wim, produisant quelques poissons à chaque tentative, toujours pratiquée de façon aléatoire, quant à la connaissance des lieux. Avec l’arrivée des grosses chaleurs, les choses ont bien changé. Les sandres ont quitté les postes de printemps et sont devenus très difficiles à localiser.
L’emploi d’un écho-sondeur est dans ces conditions bien pratique pour retrouver quelques précieux indices.
De son côté, Philippe Collet devait pratiquer une technique éprouvée, car il avait déjà rencontré Wim et Bertus Rozemeijer pour une partie de pêche en Hollande (qui s’était soldée par la prise de 79 sandres et 18 perches !), mais différente de la verticale car, depuis le bord, il s’agit plutôt de lancer-ramener.
C’est une pêche que l’on pourrait qualifier de récréative que pratique Philippe, à pied le long des canaux,l’histoire de prendre l’air et de marcher un peu. Mais, qu’on ne si trompe pas, cette expérience en “approche légère” allait réserver bien des surprises. Premier constat, ces canaux, comme il en existe partout, semblent pour certains d’entre eux être peuplés de sandres dans une proportion que l’on sousestime parfois largement. Tout le problème consiste bien entendu à localiser les poissons. Sur ce point, Philippe est catégorique. Les touches ont lieu sur des postes bien précis. Le plus souvent, aucun signe extérieur ne permet de les différencier des autres parties de berges voisines. Philippe a même remarqué qu’il existe des “postes d’hiver” et des “postes d’été” sur un des canaux qu’il fréquente. Ces deux tenues ne sont distantes que de quelques centaines de mètres.
En pratiquant régulièrement les canaux, on finit par suivre les bancs de sandres et à connaître leurs habitudes : touches sur le fond, entre deux eaux, animations rapides ou lentes, réactions à certains types de leurres, etc. Autre exemple marquant, celui du département de l’Yonne où certains canaux présentent des populations “anormales” de petits sandres, que les enfants prennent en quantités insolentes… à l’asticot en pêchant le gardon ! Les canaux semblent proposer aux sandres plusieurs avantages : pas de pêche professionnelle, peu de pêche à la ligne, du poisson fourrage en grande quantité et des zones de frayères convenables. Ce dernier point étant sans doute le facteur déterminant pour la présence ou non de notre prédateur. La pêche en canaux est déroutante tant que l’on ne sait rien de ce qu’il s’y passe,ensuite on se prend vite au jeu. Le but n’est pas d’y pêcher des journées entières, mais d’y passer une heure ou deux dans l’espoir d’enregistrer quelques touches. La pêche en rivière est tout aussi aléatoire hors périodes de crues, où il se prend de gros poissons en aval immédiat des piles de pont et, en règle générale, derrière tout ce qui coupe le courant. Sur ces postes bien connus, on assiste d’ailleurs au triste spectacle de la pêche au grappin par des individus peu scrupuleux. Par eaux basses, les poissons se répartissent beaucoup plus et seuls quelques spécialistes assidus obtiennent des résultats réguliers. C’est le cas sur quasiment tous les cours d’eau français, petits ou grands.Une situation stable en lac de barrage
En lac de barrage, le sandre se développe très bien. Les lacsd’Auvergne (Garabit, Enchanet, Bort-les-Orgues, Saint-Etienne- Cantalès, etc.), mais aussi dans bien d’autres régions, abritent de très belles populations. Lors des pics d’activité, on se croirait revenu à la grande époque du sandre, où il suffisait de poser un vif ou un poisson mort sur le fond pour avoir un départ. Hormis lors de ces périodes que l’on estime toujours trop courtes, la pêche en lac de barrage n’est pas toujours facile, mais le poisson est là, ce qui est très rassurant ! La mode de la pêche en verticale sur le modèle hollandais suscite sur ces lacs un véritable engouement. La pêche au poisson mort manié, technique reine sur ces lacs durant plusieurs décennies, continue de donner d’excellents résultats. Elle permet toujours de prospecter les postes assez rapidement à la recherche de poissons actifs, et pas uniquement sur le fond. Les populations de sandres dans les grandes retenues (plus de 800 hectares) semblent stables, avec des hauts et des bas au fil des années. Cette espèce se plaît particulièrement dans ces grands milieux. Les introductions de sandres dans les grands lacs se sont très souvent soldées par une explosion des populations en des temps records. Quelques années plus tard, un équilibre est constaté avec des populations stables, mais revues à la baisse.
L’énigme de la période estivale
Les pêcheurs de sandres savent bien qu’après les pêches faciles de l’ouverture, et des quelques semaines qui suivent, les habitudes du carnassier changent avec l’arrivée des grosses chaleurs. Les sandres deviennent alors très difficiles à trouver en lac. Les postes fréquentés à l’ouverture semblent vides et, à toutes les profondeurs, même constat : les sandres deviennent introuvables. Les petits individus de 20 à 35 cm chassent toujours sur les postes à perches sur les bordures, mais ce n’est pas vraiment ces juvéniles qui nous intéressent. A partir de ce constat, plusieurs théories s’affrontent. La plus répandue veut que les sandres se suspendent dans la couche d’eau, durant l’été. Ce comportement a été validé par des pêches d’inventaire avec des filets verticaux, à plusieurs reprises. Il est étonnant de voir des sandres à trois mètres sous la surface et avec 60 mètres d’eau sous les nageoires ! Un autre facteur, qui n’est pas étranger à ce phénomène, est constaté dans de nombreux lacs, en été : la quasiabsence d’oxygène dissous en dessous d’une profondeur qui peut varier de façon conséquente d’un lac à l’autre. L’excès de matière organique crée une dystrophie dans de nombreux lacs français. Le milieu est alors déséquilibré et affiche un taux d’oxygène trèsréduit, qui souvent ne permet pas la survie des poissons. La couche de surface, éclairée par la lumière du soleil, produit encore de l’oxygène, mais elle a tendance à surchauffer en été. La couche où se tiennent les poissons est étroitement liée aux facteurs de température et d’oxygénation. Il est clair que, dans ces conditions exceptionnelles, l’alimentation des poissons est réduite au strict minimum. En tout cas, réfléchissez bien avant de pêcher toute la journée dans 25 mètres d’eau, dans un lac aux eaux noires qui a pris le soleil durant des semaines ! Autre théorie qui a ses partisans : le changement d’alimentation chez le sandre durant l’été. Le sandre mangerait plus d’écrevisses que de poissons durant l’été, notamment en cours d’eau. Ecrevisses ou pas, les sandres de nos rivières et fleuves ont des pics d’alimentation très courts en été et s’alimentent surtout la nuit, n’hésitant pas à venir chasser sur les radiers dans très peu d’eau.
Ce comportement est très fréquent. Pour avoir souvent traîné sur ces lieux à la tombée de la nuit, je sais à quel point la rivière se réveille sur des postes qui paraissent juste bons à pêcher le goujon durant la journée. La conclusion de cette énigme semble plus logiquement s’orienter sur le fait que les sandres ne sont pas au mieux de leur forme quand l’eau est la plus chaude de l’année. Mais, comme rien n’est simple ni figé avec ce poisson, je ne peux passer sous silence les nombreux cas de prises de sandres en plein milieu de l’après-midi par 35 °C à l’ombre dans deux mètres d’eau ! Le carnassier le plus énigmatique de nos eaux n’a pas fini de nous faire naviguer par tous les temps et dans toutes les eaux ! Le plus gros défaut de ce poisson est de figurer à la carte des meilleurs restaurants. Mais notre animal ne manque pas de ressources, sait se faire oublier pour mieux réapparaître.
Gilets de sauvetage, des modèles pour les pêcheurs !
Peu utilisé par les pêcheurs faute de modèles adaptés disponibles sur le marché, le gilet de sauvetage n’est pourtant pas un luxe. Mais les temps changent et la société profil Nature propose deux modèles discrets et légers pour les pêcheurs en bateau ou depuis le bord.
Les pêcheurs que nous sommes ne portons pas souvent des gilets de sauvetage. Rares sont les photos, dans nos magazines spécialisés, de pêcheurs revêtant ce type de protection. Est-ce par peur du ridicule, sensation d’invulnérabilité, inconfort des modèles pendant longtemps proposés… Pourtant nous ne sommes pas à l’abri un jour d’une chute dans l’eau glacée, d’un malaise ou d’un accident. L’exemple récent d’un pêcheur tombé bêtement à l’eau lors d’une manoeuvre d’accrochage du bateau à une bouée de corps mort qui, coincé entre le bateau et la bouée, s’est évanoui sous la pression et a ensuite coulé à pic dans le courant sous les yeux de son ami impuissant à le secourir, ou l’exemple plus ancien d’un saumonier de ma connaissance habitué à pêcher seul, décédé lors d’un séjour en Norvège où il a été retrouvé échoué sur une gravière ou encore quelques expériences personnelles qui auraient pu mal finir m’ont incité à être plus prudent et à me protéger ainsi que ceux qui m’accompagnent. Nous n’avons plus aujourd’hui d’excuses, il existe sur le marché des produits adaptés, légers, peu encombrants et discrets aux environs de 100 euros (le prix de cinq beaux leurres). On est loin des gilets orange fluo qui vous donnent l’allure d’un bonhomme Michelin, condamnant l’accès à vos poches et entravant vos moindres mouvements. Les gilets à cartouche de gaz se sont aujourd’hui démocratisés, tout d’abord pour le nautisme puis maintenant pour notre activité.
Ces gilets peuvent avoir plusieurs modes de déclenchement. Le déclenchement manuel est le plus simple, il est d’ailleurs proposé sur tous les modèles. Il convient de tirer sur le cordonnet terminé par un bouton rouge ou jaune pour percuter la cartouche et gonfler la réserve de flottabilité. Les déclenchements automatiques à pastille de sel ou à déclencheur hydrostatique permettent quant à eux le gonflement du gilet si son porteur est inconscient. Les modèles à pastille de sel ne doivent pas être stockés à l’humidité ou trempés, car ils peuvent alors se déclencher de façon intempestive. Les modèles à déclencheur hydrostatique qui réagissent à la pression de l’eau sont plus fiables dans la durée. Il existe divers fournisseurs pour ce type de gilets, notamment chez les accastilleurs, à destination des plaisanciers. La société Profil Nature, quant à elle, propose des gilets de sauvetage à cartouche de gaz adaptés à la pêche. Ces derniers ont fait l’objet de deux années de recherche pour loger une flottabilité de 150 newtons dans un encombrement minimum (les gilets 150 newtons permettent le retournement d’une personne équipée d’un ciré en moins de cinq secondes et positionnent le porteur, même inconscient, sur le dos, voies respiratoires vers le ciel).
Les gilets proposés par Profil Nature sont courts (40 cm de hauteur), unitaille, et déclinés dans des coloris discrets : kaki pour le modèle manuel et noir pour le modèle à déclenchement hydrostatique. Ces gilets sont dotés d’un col Néoprène qui les rend très confortables. La petite taille des gilets permet de passer par-dessus une veste de wading courte, dont ils ne condamnent que les poches supérieures. Ils peuvent ainsi être portés indifféremment par un adulte ou un enfant. Pour qu’ils puissent se gonfler, les gilets doivent être portés pardessus les vêtements et non en dessous. Les gilets doivent être bien sûr fermés et bien ajustés, grâce une seule sangle facile à régler.
Le pêcheur en wading aura intérêt à privilégier un modèle à déclenchement manuel pour éviter l’ouverture du gilet pour un bain sans gravité. Tout pêcheur en wading pratiquant des rivières puissantes et/ou à lâchers de barrages devrait s’équiper de ce type de produit. Je viens d’acquérir deux modèles de ces gilets. Après des années sans, je compte bien m’habituer à les porter systématiquement en bateau ou en wading sur les rivières profondes. D’autant qu’une fois qu’on en a pris l’habitude, on oublie vite cet accessoire qui pèse à peine sur les épaules.
J’en profite ici pour lancer un appel aux gestionnaires de sites de pêche avec location de barques qui, sur le papier, imposent à leurs clients le port d’un gilet de sauvetage et ne proposent à ces derniers que des gilets impossibles à porter. Les réservoirs anglais et certains parcours français fournissent maintenant des gilets à cartouche beaucoup plus agréables à porter à leurs clients, qui les mettent alors réellement et sans rechigner.P. C.
Renseignements :
Profil Nature
Moulin de Rollequin 02130, Fère-en-Tardenois
Tél. : 03 23 82 61 13.
www.profilnature.com
Easy Clip ou la fin des agrafes qui s’ouvrent
Une agrafe qui s’ouvre et c’est peut-être le poisson de sa vie qui retrouve prématurément les profondeurs. Powerline propose une agrafe inspirée des modèles utilisés par les pêcheurs au streamer mais en beaucoup plus gros et plus solide.
La marque Powerline a lancé une nouvelle gamme d’agrafes ou plutôt de clips baptisée Easy Clip. Il s’agit de petites pièces d’inox comportant d’un côté une boucle fermée ressemblant à l’oeillet d’un hameçon et, de l’autre, une boucle plus large dont les deux côtés viennent se resserrer. Il n’est plus nécessaire de refermer quoi que ce soit. Il faut simplement clipser le leurre, la mouche ou la tête plombée sur sa ligne. Impossible ensuite pour ces derniers de ressortir sans l’intervention du pêcheur. Guido Vinck, grand champion de casting, compétiteur réservoir et précurseur dans la pêche du brochet à la mouche, utilise ce type de clips depuis très longtemps pour accrocher ses gros streamers à brochet. Il utilise des clips vendus par les fournisseurs mouche pour l’accrochage de streamers à truite. Lors d’une récente partie de pêche au brochet avec lui, j’ai été convaincu de l’efficacité de ce type de connexion qui ne présente plus aucun risque d’ouverture. En effet, une agrafe peut s’ouvrir sur un choc. Elle permet souvent de continuer à lancer et à pêcher et, si elle ne libère pas le leurre lors du lancer ou de l’animation, elle s’ouvre au ferrage ou lors du combat. Qui n’a pas déjà perdu des leurres ou des mouches bêtement ou, plus rageant, de beaux poissons en récupérant une agrafe ouverte ou complètement redressée.
Les petits clips jusqu’alors proposés sur le marché étaient en acier bronzé, trempé. Enfilés sur des hameçons forts de fer (un gros hameçon à brochet de 6/0 par exemple), ils peuvent se déformer et rester entrouverts. Cela ne les empêche pas de rester suffisamment solides et efficaces.Ces clips assez petits sont plutôt adaptés aux hameçons de taille 1 à 8 et à la pêche de la truite. Ils ne sont donc pas totalement adaptés à la pêche avec de plus gros leurres et des tresses beaucoup plus solides, car ils peuvent se redresser sur une traction appuyée. Ils sont de plus un peu difficiles à enfiler et surtout à retirer avec les doigts.
Les clips proposés par Powerline sont plus gros, plus forts de fer et surtout plus allongés. Comme les autres clips, leur base arrondie permet de laisser libre mouvement au leurre (ce qui est souvent très important). Leur longueur permet un meilleur appui pour déclipser le leurre avec le bout du pouce et non les ongles. Enfin, leur taille est adaptée à des pêches plus fortes.
Le modèle n° 1 testé ici a été noué à plusieurs reprises sur un 35 centièmes avec un noeud Palomar et accroché à un hameçon 3/0. A chaque fois le fil a cassé au-dessus du noeud après une traction très appuyée sans que le clip montre de signe d’ouverture ou de déformation. Les Easy Clip sont déclinés en deux tailles, 1 (7 par boîte) et 2 (6 par boîte), pour des résistances respectives de 15 et 30 kg. Ils sont enfilés sur une broche allongée pour un stockage plus aisé. Passé la petite appréhension d’accrocher vos leurres sur une agrafe non verrouillée, vous devriez être rapidement convaincu de l’efficacité de ces clips.P. C.

