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Étiquette : Philippe Collet

Une petite rivière irlandaise, la Fane
Un séjour test passé avec Gatti sur la Fane, un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, à la toute fin du mois septembre 2010, m’a permis de m’essayer à la technique de pêche du saumon en petite rivière. Ce séjour a été l’occasion de découvrir une région méconnue de l’Irlande, peu fréquentée par les touristes pêcheurs.
Par Philippe Collet, photo John McCaughey
La Fane est un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, qui débouche dans la mer d’Irlande à Blackrock, un village situé au sud de la ville de Dundalk, au nord de Dublin. Le bassin de la Fane commence avec des petits tributaires qui se jettent dans le lac Muckno. La rivière qui en sort s’appelle la Clarebane, elle se jette dans le lac Ross. A sa sortie, elle s’appelle la Fane. Elle fait alors la frontière entre l’Irlande du Nord (comté d’Armagh) et la République d’Irlande (comté de Monaghan) avant de traverser le comté de Louth en République d’Irlande. Elle coule en direction du sud-est. Avec ses tributaires, elle mesure près de 70 km. La Fane abrite une belle population de truites fario, de truites de mer et de saumons. Les populations de truites fario augmentent en remontant vers l’amont de la rivière, alors que les parcours les plus prisés pour la truite de mer et le saumon sont situés plutôt en aval. La Fane est une très bonne rivière à truites fario. Cette pêche mérite à elle seule le déplacement, de mai à septembre. Pour la truite de mer, la saison démarre en juillet et reste bonne jusqu’à la fermeture. Concernant le saumon, la meilleure période pour le pêcher s’étend de juillet à octobre. La pêche est fonction des niveaux d’eau. En 2010, les remontées de saumons ayant été très tardives, elle a réellement démarré en septembre à cause du manque d’eau en été. Frontalière avec l’Irlande du Nord, la Fane ferme plus tard en saison que sa voisine la Boyne, par exemple. En 2010, la pêche du saumon et de la truite fermait le 12 octobre. Cette rivière est gérée par des associations de pêcheurs et certains propriétaires riverains. De nombreuses techniques de pêche y sont autorisées, mais le catch and release est encouragé.
Une rivière tardive
Ce petit fleuve côtier est une rivière à crues. Les remontées importantes de saumons ne se font que lors des coups d’eau. La rivière Fane est tardive car les poissons qui la remontent doivent parcourir le chemin le plus long qui soit pour rejoindre une rivière de République d’Irlande. Revenant de leurs aires de grossissement du nord de la Norvège et du Groenland, ils ne coupent pas tout droit depuis le nord mais font le tour par l’ouest puis le sud de l’Irlande. Il semble qu’ils reprennent le parcours qu’ils ont fait à l’état de smolt, poussés vers le sud par de forts courants venant du nord. Ils ont ainsi un long trajet à parcourir pour rejoindre leur rivière et arrivent logiquement parmi les derniers dans leur estuaire. En 2010, les grisles de 2 à 2,5 kg, remontés d’abord, ont formé contrairement aux années précédentes une grande part des captures. Des saumons plus gros sont remontés après. Un compteur à poissons récemment mis en place sur la rivière par Inland Fisheries Ireland, et opérationnel pour la saison 2010, avait permis, fin novembre, de relever 900 poissons de plus de 1,5 kg (essentiellement des saumons) et 1 350 poissons plus petits (truites de mer et petits saumons) de 0,5 à 1,5 kg. Ce compteur ne détecte pas les nombreuses truites de mer plus petites. Fin novembre 2010, il remontait encore des saumons, d’une taille moyenne de 3 à 4 kg cette fois, dans la Fane.
Pour 2011, compte tenu du nombre de smolts présents les années antérieures, le nombre de prises autorisées passe de 275 à 604 pour la rivière Fane. En 2009, le nombre deprises s’est élevé à 275 poissons, dont 40 % ont été relâchés. En 2010, les chiffres provisoires des collectes de tags et des carnets de capture faisaient état de seulement 200 poissons pris, du fait de la remontée tardive, plus 70 relâchés.Les pêcheurs de la Fane à l’origine de l’arrêt des filets dérivants
Du fait de la particularité de leur migration, qui conduit les saumons à longer les côtes de l’Irlande par l’ouest puis le sud, les poissons de nombreuses rivières irlandaises, mais aussi d’autres rivières d’Europe, étaient interceptés par des pêcheurs aux filets dérivants sur les côtes ouest et sud du pays. Avec l’augmentation et la modernisation de la pratique de cette pêche, les stocks de saumons ont rapidement atteint des niveaux dramatiquement bas. A titre d’exemple, les pêcheurs aux engins de l’estuaire de la Fane ont vu le nombre de leurs prises passer de 10 000 en 1960 à 500 en 1990. Cet état catastrophique de la ressource a conduit, il y a dix ans, les trois clubs de pêcheurs à la ligne de la rivière Fane à se réunir pour manifester contre la pêche aux filets dérivants qui pillait leur ressource. Cette manifestation a été le déclencheur d’un mouvement de plus grande ampleur qui a conduit le gouvernement irlandais à indemniser les pêcheurs aux filets dérivants pour qu’ils arrêtent cette pratique.
La recolonisation des rivièresL’arrêt de la pêche aux filets dérivants, combiné à une réduction importante de la pêche aux engins en estuaire, a permis aux saumons de recoloniser progressivement les rivières. La Fane, qui n’a pas été curée ou recalibrée par le passé, qui a la chance d’avoir un débit d’étiage soutenu par les lacs amont et qui a une eau très surveillée car elle approvisionne l’agglomération de Dundalk en eau potable, a pu être rapidement recolonisée. Elle abriterait la plus grande densité de smolts d’Irlande, ce qui lui vaut d’avoir un quota de prises important. Parmi les 110 rivières répertoriées « à saumon » en Irlande, la Fane occupe la 16e place devant la Dee et la Glyde proches, pour le moment fermées à la pêche pour protéger la ressource. Pour une petite rivière à crue, large de 10 à 15 mètres, c’est un score plus qu’honorable. L’ouverture progressive des autres rivières viendra réduire la pression de pêche sur la Fane, la rendant encore plus attractive. Après la Boyne, la Glyde devrait par exemple ouvrir à nouveau en catch and release pour 2011.
La pêche
Une rivière comme la Fane est un peu difficile à pêcher à la mouche au plus fort d’une montée d’eau. Pour y pratiquer cette technique pendant une crue, il faut choisir les secteurs les plus larges, permettant à la soie de se placer et à la mouche de bien travailler. Il ne faut pas perdre trop de temps à essayer de pêcher des sections étroites et trop profondes car, malgré l’usage de soies très denses, les mouches passent souvent trop haut. Le moment le plus favorable pour attraper un saumon est le tout début de la période de décrue, lorsque l’eau commence à baisser et à s’éclaircir. L’incidence de la marée est très importante et conditionne les arrivées de poissons frais sur les pools. Sur ce type de rivière sans obstacles, les poissons peuvent remonter très rapidement et gagner leurs secteurs de frayère en parfois moins d’une journée.
En période normale, ou lorsque la crue n’est pas trop forte et que la rivière est assez large, il est possible de pêcher à l’aide d’une soie flottante ou d’une soie flottante à pointe intermédiaire. En général on lance trois quarts aval pour laisser la mouche décrire un arc de cercle en traversant les veines de courant, tirée par la soie. Lorsque la soie arrive en parallèle de la berge, on en récupère quelques mètres avant de relancer. On peigne ainsi méticuleusement la rivière, mètre après mètre, de façon très méthodique, pour tenter de faire réagir un poisson. Plus la rivière est étroite, rapide et profonde, plus il faut lancer à la perpendiculaire de la berge pour laisser le temps à la mouche de s’enfoncer avant d’être tirée par la soie. On peut être amené à faire quelques mendings, pour replacer le ventre de la soie vers l’amont et laisser le temps à la mouche et la pointe de la soie de couler un peu. Dans certains cas, il peut même être judicieux de lancer sa mouche vers l’amont pour induire un dragage instantané de l’amont vers l’aval à proximité immédiate de la berge et peigner ainsi les petits amortis, à la recherche de poissons collés à la berge d’en face. On essaie alors de pousser le ventre de sa soie vers l’aval en fin de lancer pour former un ventre vers l’aval (mouvement de canne de l’amont vers l’aval après le shoot en laissant filer de la soie entre les doigts). Cela permet de longer plus longtemps la berge d’en face. On tente en général ces passages après avoir d’abord peigné l’aval du poste. En cas de prise de la mouche, pour ne pas rater la touche, il faut laisser au saumon qui s’en est saisi le temps de basculer vers lebas avant de le ferrer. Certains estiment qu’il faut tenir une boucle de soie sous les doigts pour pouvoir la libérer à la touche avant de ferrer en relevant la canne, d’autres se contentent de laisser la soie sur le moulinet réglé doux pour qu’elle se dévide facilement, sur quelques dizaines de centimètres, à la touche. Je ne me permettrais pas de trancher.
Lors de notre séjour, nous avons dû pêcher avec des soies à pointes plongeantes très denses de type 200 grains ou Depht Finder, car les eaux étaient hautes et tendues. Lorsque le courant est important, les imitations montées sur hameçon double sont privilégiées, car le poids de ce dernier permet un meilleur ancrage de la mouche dans l’eau. Pour ce type de rivière, il n’est pas nécessaire de s’équiper de cannes spécifiques à deux mains. Une canne à une main de 10 à 11 pieds pour soie de 8, pas trop raide, est idéale. Elle permet de réaliser des lancers depuis des berges encombrées et de réussir tout de même à conduire ses dérives. Une canne de 8 reste discrète et est suffisamment puissante pour combattre des poissons souvent moyens. Le moulinet doit être doté d’un bon frein mais n’a pas besoin d’être surdimensionné pour contenir une grande réserve de backing. Il est de toute façon illusoire de vouloir ramener un poisson qui a trop dévalé et que l’on n’a pas pu suivre, la progression du pêcheur étant le plus souvent immédiatement bloquée par la végétation des berges.
Pour ces pêches sur une rivière étroite, le bas de ligne est court : 2 à 3 m en soie flottante pour rester précis à faible distance, 60 cm à 1 m en soie plongeante pour placer la mouche rapidement au bon niveau derrière la soie. Un diamètre de pointe de 30 centièmes paraît être le bon compromis résistance/présentation. Sur les plus longs bas de ligne, un porte-pointe peut être réalisé avec un morceau de fil plus fort en 40 ou 50 centièmes pour une meilleure présentation, mais il n’est pas indispensable. L’importance du guide Pour pêcher le saumon, le savoir-faire d’un guide et sa connaissance de la rivière sont importants. Il est difficile de savoir sur quel pool aller au gré des horaires de marées et des hauteurs d’eau. Le guide vous aidera à choisir vos mouches ou vos leurres, vous apprendra à mieux lire la rivière et à comprendre les tenues potentielles des saumons. Il vous emmènera sur des pools que vous n’auriez pas pu trouver seul. Sur un séjour, il est important de réserver ses services quelques journées, le temps au moins de prendre ses marques.
Un environnement un peu dégradé mais un accueil chaleureuxSi les paysages sont sauvages et somptueux sur l’amont de la Fane, j’ai tout de même été déçu par sa partie le plus aval où l’impact anthropique est assez marqué : cultures trop proches de l’eau à plusieurs endroits, remblaiement d’une zone humide en cours, nombreux déchets laissés par certains pêcheurs sur les secteurs les plus fréquentés. Cela donne une impression de déjà vu, un peu démoralisante lorsqu’on pensait voir autre chose en changeant de pays. Cette déception a été compensée par l’accueil très chaleureux qui nous a été réservé par nos hôtes David Byrne, de l’Eastern Regional Fisheries Board, Bernard Devenney, le secrétaire, John McCaughey, le président du Club des pêcheurs de saumon de Dundalk, Matt Campbell, le guide de pêche, Ronan O’Brien, d’Inland Fisheries Ireland, responsable entre autres du compteur à poissons de la Fane, Heinz, notre hébergeur, et aussi les pêcheurs qui ne nous connaissaient pas, rencontrés au bord de l’eau, toujours attentifs à nous donner un conseil, voire une de leurs mouches favorites. Rien que pour ça, je reviendrai

La pêche à la lame vibrante
La lame vibrante ou « blade » en anglais est un leurre vibrant relativement ancien, mais qui devient de plus en plus populaire auprès des pêcheurs de carnassiers, au point qu’en 2012, presque tous les fabricants ou importateurs en proposeront à leur catalogue. La lame vibrante est régulièrement utilisée par les compétiteurs à qui elle procure souvent de bons résultats. Ce petit morceau de métal a plus d’un tour dans son sac pour séduire nos chers carnassiers, nous allons essayer de vous les décliner ici.
Une lame vibrante est constituée d’une feuille de métal emboutie et percée de plusieurs trous. Sur cette feuille, le plus souvent de la forme d’un petit poisson, est moulé un lest en plomb pour les lames les plus basiques ou en tungstène pour les plus sophistiquées. Ce lest est le plus souvent situé sur le ventre et le menton du leurre. Plusieurs trous situés sur la face inférieure servent au montage des hameçons doubles ou triples et parfois de palettes ou autres appendices. D’autres trous souvent au nombre de trois sont percés dans le haut de la feuille métallique, au niveau du dos du leurre, pour sa fixation à la ligne. Le leurre doit être fixé à l’aide d’une agrafe afin de lui laisser une bonne liberté de mouvement car selon la position de l’agrafe, il évoluera différemment. Plus on avancera le point d’accroche vers l’avant et plus la nage sera rapide et saccadée; plus on l’éloignera vers l’arrière et plus la nage sera ample. En pêche verticale, à l’aplomb du bateau, on privilégiera une fixation sur le trou central s’ils sont trois ou sur le trou arrière s’il n’y en a que deux.
Un leurre de prospection rapide
Avec sa densité élevée, la lame autorise de très longs lancers et permet de couvrir rapidement un territoire important en quête de poissons actifs. C’est à la base un leurre de prospection rapide, mais il n’est pas fait que pour cela.

Cuillères ondulantes Kuusamo
Leurres incontournables de la pêche du brochet en lac, les cuillères ondulantes sont pourtant un peu oubliées par les pêcheurs sportifs. François Longepierre importe des modèles finlandais étonnants qui font merveille dans les eaux du lac de Serre-Ponçon.
François Longepierre est détaillant à Embrun dans les Hautes-Alpes. Ancien compétiteur en première division nationale de pêche à la mouche, il est passionné de pêche aux leurres. Son magasin étant tout proche du lac de Serre-Ponçon, il offre notamment des produits adaptés à la pêche des poissons trophées de ce lac, que ce soit pour le lancer ou pour la traîne. En plus des marques traditionnelles que nous connaissons tous, François commercialise des marques plus confidentielles comme la gamme des cuillères Kuusamo qu’il importe pour la France. Kuusamo est une marque finlandaise qui produit une gamme impressionnante de cuillères ondulantes tant en formes, tailles, grammages, que coloris. Si vous en avez l’occasion, passez au magasin d’Embrun « La Pêche Soleil » pour visualiser l’essentiel de la collection qui occupe un pan de mur, sinon allez jeter un coup d’oeil au site Internet du magasin où vous pourrez choisir tranquillement le modèle et le coloris convenant le mieux à vos besoins. N’hésitez pas non plus à contacter François pour vous aider dans le choix des modèles en fonction de vos lieux de pêche et poissons visés. Il vous réservera le meilleur accueil et sera toujours de très bon conseil.
Les cuillères ondulantes sont des leurres bon marché, solides et redoutablement efficaces pour leurrer les brochets sous toutes les latitudes, mais aussi, en fonction de la taille et des modèles choisis, les truites, les perches, les sandres et les silures. En posséder quelques-unes dans ses boîtes n’est jamais superflu. C’est là un leurre peu utilisé car peut être trop simple, auquel les poissons ne sont en fait pas accoutumés. Cela explique certainement qu’ils y répondent si bien. Les cuillères de la marque Kuusamo sont donc une valeur sûre pour essayer de ou pour se remettre à pêcher à « l’ondulante ».Renseignements :
La Pêche Soleil – Europêche
59, rue de la Liberté
05200 Embrun
Tel – fax : 04 92 43 66 04
[email protected]
www.peche-soleil.com
Et si l’on parlait des soies plongeantes
Cet article vient compléter celui que nous avons déjà publié (ICI) relatif aux soies intermédiaires. Il traite de soies encore plus denses, les soies plongeantes, très utiles au pêcheur en réservoir.
Par Philippe Collet
Les soies plongeantes sont classées de peu plongeant S2 à très plongeant S7 ou 8 en passant par tous les autres numéros. « S » veut dire « Sinking » en anglais ou coulant. Le numéro correspond approximativement à la vitesse de coulée de la soie en inches ou pouces (2,54 cm) par seconde. Ainsi une soie S3 coule à environ 3 inches/s soit 7,5 cm/s, une S7 à près de 18 cm/s. Certains fabricants remplacent le « S » par «type» et/ou affichent des vitesses de coulée plus importantes. Certains enfin ne spécifient pas les vitesses de coulée. Des tests exhaustifs lourds seraient nécessaires pour réaliser un comparatif précis des vitesses de descente des différentes soies disponibles sur le marché et connaître la réalité de leur compensation de densité. D’autant que selon leurs tailles (WF 6, 7 ou 8 par exemple) deux soies de la même gamme et de la même densité ne doivent pas se comporter de façon semblable. On ne se risquera donc pas à une comparaison des différents modèles présentés.
Leur fabrication
Les soies plongeantes sont réalisées par enrobage d’une âme monobrin ou multibrins avec un apprêt plastique plus ou moins chargé en billes de verre ou en poudre de tungstène. L’âme de ces soies est le plus souvent constituée d’un brin de monofilament, qui permet une meilleure détection des touches et une meilleure pénétration de l’hameçon au ferrage.
Leurs profilsLes profils sont les mêmes que ceux des soies intermédiaires (déjà décrits dans l’article du précédent numéro de la revue) : WF classiques, Triangulaires ou de type shooting heads soudées à un long running line. Ces sortes de shooting heads ont une tête longue de 8 à 13 mètres et ne doivent pas être confondues avec d’autres soies à pointes plongeantes plutôt destinées à pêcher des courants puissants sur les grandes rivières (Teeny T200, T400… ou Rio Sinking tip). Ces dernières, avec une tête plus courte raccordée à un fuseau de soie flottante, sont destinées à maintenir le corps de la soie en surface pendant que sa pointe descend vers le fond, alors que les soies de type shooting head sont raccordées à un running line fin flottant (soies Vision Extreme Distance) ou intermédiaire (soies AIRFLO Forty Plus) qui ne soutient pas la partie plongeante et reste dans le prolongement de celle-ci lors des ramenés, permettant une bonne détection des touches et un ferrage efficace.
La densité compensée
La grande majorité des soies plongeantes ont une densité compensée pour prendre en compte le diamètre variable dû à leur profil. Ainsi, elles coulent de façon uniforme (Uniform Sink chez Scientific Anglers) dans la masse d’eau et non en formant un ventre au niveau du fuseau. Une soie qui coule bien droite, dans un plan horizontal ou penché vers l’avant permet une meilleure présentation des mouches, une détection des touches plus fine et un ferrage plus efficace. L’effet ventre produit par des soies non compensées ou des soies flottantes à pointe plongeantes (décrites plus haut) est responsable de nombreux ratés dans les pêches en eau calme.
La profondeur de pêche
Avec une animation normale, une soie S 2 pêchera de 1,5 à 2,5 m, une S 3 de 2 à 4 m, etc. De façon simple, on peut estimer qu’une soie plongeante permet de pêcher à une profondeur, en mètres, proche du numéro suivant le « S » ou le « Type ». Ainsi une S 2 ou Type 2 permet de pêcher aux alentours de 2 mètres, une S3, 3 mètres, une S5, 5 mètres… Cette règle de base varie bien sûr un peu selon les marques et le type d’animation réalisée. A l’extrême, on peut utiliser une soie de type 7 dans moins de 2 mètres d’eau, en pêchant canne sous le bras en rolly pully ; ou, à l’inverse, en animation très lente, atteindre des profondeurs conséquentes avec une soie de type 2. La longueur du lancer a aussi son importance. Plus elle est importante, moins la soie doit être dense, pour qu’en fin de ramené la (les) mouche(s) ne s’accroche(nt) pas au fond. A animation égale et pour pêcher à la même profondeur, un débutant lançant à 15 mètres utilisera une soie plus dense qu’un pêcheur chevronné déposant sesmouches à plus de 30 mètres. Comme pour les soies intermédiaires on règle le choix de sa soie sur la profondeur où l’on pense que se tient le poisson. Il vaut toujours mieux commencer à pêcher avec une soie peu coulante, en la laissant descendre de plus en plus longtemps avant d’animer, jusqu’à détecter les premières touches, plutôt que de pêcher trop bas. Si le temps d’attente est trop long pour atteindre le niveau de pêche favorable, on passe alors à une soie plus dense, qui ira plus vite la bonne profondeur. Avec des soies plongeantes ou très plongeantes, on peut très rapidement passer sous les poissons et à côté de la pêche. Ces derniers réagissent en effet beaucoup mieux à une mouche ou un leurre qui leur passe au dessus de la tête que l’inverse.
On peut dans certains cas s’apercevoir que l’on pêche trop bas lorsqu’on enregistre des touches peu après le lancer, à la descente et à la fin du ramené, à la remontée. On ne pêche alors efficacement que pendant deux phases assez courtes du ramené. Il convient alors de changer rapidement de soie pour une moins dense. Le changement de soie est facilité par l’usage demoulinets à bobines interchangeables ou à cassettes moins encombrantes.Petite astuce pour un changement rapide de soie
Lorsqu’on utilise un bas de ligne plus long que la canne, on rentre celui-ci complètement dans les anneaux, en coupant si nécessaire les mouches situées en potence, pour laisser la mouche de pointe se bloquer dans l’anneau de tête de la canne. On enlève alors la bobine contenant la soie à changer et la remplace par celle qu’on a choisie d’utiliser. On coupe enfin le bas de ligne au niveau de la boucle de la première soie et le reconnecte directement à la boucle de la nouvelle soie. Il reste alors à tirer sur la mouche de pointe pour ressortir la soie des anneaux. Cette manipulation rapide, très utile lorsqu’on pêche en barque notamment, n’est réalisable que si l’ensemble de ses soies comporte des boucles et qu’elles sont dépourvues de bas de ligne. Elle permet d’économiser du fil (le plus souvent du fluorocarbone assez onéreux), car on ne refait pas un bas de ligne adapté au plan d’eau pêché à chaque changement de densité de soie. Elle demande toutefois d’utiliser un bas de ligne de plus de trois mètres, ce qui est souvent le cas si l’on pêche à plusieurs mouches.
Taille des soies et des cannesOn pêche avec une canne de 9 à 10 pieds. Les soies plongeantes sollicitant beaucoup les cannes, on opte pour des cannes de puissance de 7 ou 8 chargées au numéro de soie préconisé ou parfois un numéro en dessous, si elles peinent au lancer. On peut opter pour des tailles 5 ou 6 lorsqu’on souhaite pêcher avec un fil un peu plus fin ou réaliser des posés plus discrets.
Les différentes techniques de pêche en soies plongeantes
L’usage le plus courant des soies plongeantes est la pêche au booby. La soie est posée au fond et bloque la remonté d’une ou plusieurs mouches flottant grâce à leurs yeux en mousse. Selon la taille du bas de ligne, les mouches évoluent de moins de 50 cm à plusieurs mètres du fond. On utilise aussi régulièrement les soies plongeantes pour animer de un à trois streamers au niveau où se tiennent les poissons. Il convient alors de bien régler la densité de soie sur la vitesse d’animation afin de ne pas pêcher trop profond et aussi de ne pas accrocher le fond, notamment à la fin du ramené à proximité de la berge.
Une autre technique parfois redoutable consiste à laisser volontairement traîner ses mouches sur le fond à l’aide d’une soie très plongeante. Celles-ci en levant de petits nuages de sédiments deviennent souvent irrésistibles, même pour des poissons éduqués. Cette technique n’est bien sûr applicable qu’aux plans d’eau à fonds propres.
Un fond de cailloux, ou de vase couverte de débris végétaux ne permettra pas de l’utiliser. Ces soies peuvent aussi servir à animer un train de chironomes en profondeur et à la remontée, par étapes successives. Cette technique pratiquée couramment dans les réservoirs anglais est surtout efficace en barque, parfois depuis une berge abrupte. Les soies plongeantes sont les seules à permettre encore de lancer les jours de grand vent. Elles peuvent percer un vent soutenu et sauver une partie de pêche. Si le poisson se tient près de la surface, de courts lancers et une animation rapide permettront de solliciter des poissons proches de la berge qui n’auront pas forcément détecté la présence du pêcheur, masquée par le clapot ou les vagues.Les bas de ligne
Avec ce type de soie, les bas de ligne sont plutôt courts et le diamètre du fil important. On privilégie le fluorocarbone pour sa rigidité et sa forte densité, mais il est possible d’utiliser un nylon moins cher et plus solide, qui, bien que moins dense, est de toute façon immédiatement entraîné par la soie (surtout si l’on n’utilise qu’une mouche, supprimant le problème de l’emmêlement des potences qui demandent un fil rigide). On descend rarement en dessous d’un diamètre de 18 centièmes et on pêche plutôt en 20 ou 25 centièmes si l’on ne veut pas souvent casser à la touche avec ces soies denses à forte inertie. Sous l’eau, si elle n’est pas trop claire, la distance entre la soie et la mouche, ou la première mouche d’un train peut être raccourcie à 90 cm. Un bas de ligne court à une mouche mesure de 90 cm à 1,5 mètre, un bas de ligne court à deux mouches 90 centimètres de la soie à la potence, 1 m à 1 m 20 jusqu’à la mouche de pointe, la potence mesure environ 20 cm. Ces valeurs sont bien sur minimales, car si un bas de ligne court est plus facile à dérouler correctement on gagne en discrétion et efficacité lorsqu’on l’allonge. Ces tailles ne s’appliquent pas à la pêche au booby ou l’on peut encore nettement réduire les longueurs, la soie étant posé sur le fond et plus facilement soustraite à la vue du poisson. Le bas de ligne peut être connecté directement à la boucle de la soie sans porte pointe.
Quelles soies choisir ?Bien que je possède de nombreuses soies de différentes densités, je réalise la majorité des mes pêches en soie plongeante avec une S 3, une S 5 et une S 7. Si vous possédez déjà une soie intermédiaire rapide, vous opterez pour une S 3 ou une S4 qui vous permettra de couvrir de nombreuses pêches jusqu’à la pêche au booby. Si vous pêchez régulièrement au booby privilégiez l’achat d’une soie de type S 6 ou S 7 qui se posera plus rapidement au fond. Ne vous encombrez pas de trop de densités différentes, vous pourriez passer plus de temps à choisir et changer vos soies qu’à pêcher !

La pêche au pouic
Au coeur de l’hiver, la pêche en réservoir peut continuer de donner de bons résultats, à condition de pêcher lentement avec des modèles de mouches très mobiles.
Par Philippe Collet
Les mois de janvier et février sont les plus froids de l’année. La température des masses d’eau des lacs et réservoirs a chuté depuis longtemps et l’activité biologique s’y est considérablement ralentie. Dans les régions d’altitude, les plans d’eau sont souvent gelés et leurs gestionnaires ferment la pêche en attendant des jours meilleurs. En plaine, les réservoirs moins sensibles au gel restent le plus souvent ouverts tout l’hiver (en dehors des vagues de froid), ce qui nous permet de continuer à pratiquer notre loisir favori. Bien que les conditions soient plus difficiles (froid, journées courtes…) et que les poissons soient moins actifs, on peut vraiment réaliser de belles pêches à cette période à condition de bien se couvrir et de pêcher “juste”. La fréquentation des plans d’eau étant moins importante, on ne se bouscule pas sur les berges et les poissons sont plus coopératifs car moins sollicités. L’eau froide, riche en oxygène, permet de combattre des poissons vigoureux et de les relâcher dans de très bonnes conditions. Les poissons au métabolisme ralenti par le froid n’ont pas besoin d’énormément de nourriture. Ils n’en trouvent toutefois plus beaucoup car leurs proies habituelles vivent, elles aussi, au ralenti. Ils restent donc actifs, mais pendant une période plus courte que d’habitude, souvent en milieu de journée au moment le plus chaud. Les lieux les plus fréquentés par les poissons actifs sont, les jours de soleil, les berges exposées au réchauffement comme par exemple des hauts-fonds orientés plein sud (ou à proximité), ou, les jours de vent, si la température de l’air est plus chaude que celle de l’eau, les secteurs battus par les vagues. A ce moment de l’année, les salmonidés sont, pour la plupart, bien acclimatés à leur plan d’eau et connaissent de mieux en mieux les imitations ou les leurres présentés par les pêcheurs, ils ont aussi appris à se nourrir seuls et sont plus difficiles.
Une pêche lente
De nombreuses techniques de pêche peuvent être utilisées pour les leurrer, à condition de retenir un principe de base : quelle que soit la technique pratiquée, l’animation des mouches devra être lente. Elle sera en fait calquée sur la léthargie générale du plan d’eau. Les pêches imitatives seront réalisées essentiellement à l’aide d’imitations de chironomes, au moment de la plus forte activité (souvent décelable en surface). Une fois cette activité terminée, il n’y a que peu de chance que les poissons s’intéressent réellement à des mouches imitatives proposées hors contexte, même si elles sont bien choisies et bien présentées. Des mouches plus incitatives auront alors plus de succès.
La pêche au pouicDans cet article, nous allons nous concentrer sur une technique de pêche à l’aide de gros streamers non lestés, très adaptée à la saison et à cette nécessité de pêcher lentement. Cette technique pourra, bien sûr, être utilisée avec succès à d’autres moments de l’année, notamment pour solliciter des poissons retors. On la doit, semble-t-il, à des compétiteurs en réservoir qui l’avaient mise au point pour séduire des poissons difficiles et l’avaient baptisée : pêche au pouic. D’une pêche à proximité du fond, voire en grattant le fond à l’origine, elle a évolué vers une pêche à tous les niveaux de la colonne d’eau.
Trancher avec les habitudesEn hiver, la plupart des poissons ont déjà vu passer beaucoup de mouches ou de leurres et ont toutes les chances d’avoir été piqués plusieurs fois. Ils sont devenus nettement plus méfiants. Voir passer une bouchée beaucoup plus grosse que d’habitude, à la nage lente et insolite, va les conduire à attaquer alors qu’ils sont restés indifférents à des streamers classiques ou à un petite imitation de chironome bien présentée dont ils ont déjoué le piège car utilisée hors période alimentaire. Ces mouches de grande taille et gros volume poussent beaucoup d’eau et donnent un signal différent aux salmonidés. Si elles permettent de sortir des poissons inactifs de leur torpeur, elles seront encore plus efficaces sur des poissons en pleine activité alimentaire. Seul le niveau de pêche évoluera alors en remontant le plus souvent vers la surface.
Le montage des pouic
Les mouches utilisées pour cette technique doivent être volumineuses. Elles ne doivent pas être lestées pour pêcher lentement sans s’accrocher au fond. Les matériaux retenus sont le lapin et le marabout, choisis pour leur mobilité. Pour obtenir une mouche de grande taille, on prend comme base un hameçon à tige longue n° 4, 6 ou 8. Cela est surtout vrai pour le modèle en marabout car la longueur des fibres de ces plumes n’est pas extensible et ces mouches doivent mesurer de 7 à 10 cm.
L’usage d’un hameçon long permet d’obtenir une mouche à la nage particulière, qui pourra décrocher de droite à gauche dans un plan horizontal, un peu à la façon d’un jerk bait. Les pêcheurs de carnassiers au lancer connaissent bien l’attrait de ce type de leurre. Ces grands hameçons ont l’inconvénient d’occasionner un plus grand nombre de décrochés, en permettant aux poissons de prendre un appui sur le fer de leur tige pour s’en débarrasser, mais le gain apporté par cette technique en vaut souvent la peine. Les mouches présentées ne comportent pas de matériaux brillants afin de privilégier une certaine discrétion vis-à-vis de poissons plutôt éduqués. Rien ne vous empêche d’essayer des modèles agrémentés de brill qui pourront se révéler meurtriers dans certaines conditions. Les couleurs de ces mouches peuvent être très variées. Les modèles de base sont le blanc et le noir. L’olive, le pêche, le vert pastel, l’orange… fonctionnent aussi très bien, il faut simplement les essayer pour trouver les couleurs du jour. Ces coloris peuvent être combinés entre eux en montant la queue d’une couleur et le thorax d’une autre, ou en montant un thorax bicolore. De nombreuses possibilités vous sont donc offertes, laissez libre court à votre imagination pour créer des modèles inédits et efficaces.L’animation
L’animation est effectuée lentement en tricotant doucement la soie. Elle peut être ponctuée de tirées et de longues poses. Il est toutefois possible d’essayer, notamment aux moments les plus chauds de la journée (pendant la période d’activité des poissons), des variantes plus rapides en rolly pully par exemple, mais ce type de mouche trouve vraiment toute sa valeur avec une animation lente.
La détection des touches et le ferrageLes touches peuvent se manifester par des tirées franches ou de petits mouvements de la soie qui doivent être sanctionnés par un ferrage de la main qui tricote sans bouger la canne. Un ferrage avec la canne à la première tirée aurait pour effet de soustraire la mouche du champ visuel du poisson. En cas d’échec du ferrage avec la main gauche, il faut surtout continuer l’animation car le poisson n’a certainement pas goûté au fer de l’hameçon et il va continuer à essayer d’attraper (ou peut être de jouer avec) la mouche qui lui a échappé et l’énerve de plus en plus. Vous serez surpris de constater, si vous pêchez en eau claire, que le poisson peu prendre plusieurs fois votre leurre en gueule sans que vous ne sentiez rien. Vous verrez votre mouche disparaître entièrement ou partiellement, à plusieurs reprises, avant de pouvoir ferrer le poisson. Parfois, il mordra suite à un arrêt, parfois cet arrêt occasionnera son désintérêt. A vous de trouver l’animation du moment. Avec cette technique, le poisson revient à la charge à plusieurs reprises. Est-ce dû à la texture de la mouche qui lui laisse une bonne impression, au fait qu’il ne morde que la queue du leurre et ne sente pas le fer, ou bien au fait qu’il ne veuille pas perdre une si grosse bouchée ? N’oubliez surtout pas de proscrire tout ferrage avec la canne tant que le poisson n’a pas été accroché avec la main tenant la soie. C’est plus simple à dire qu’à faire car les réflexes sont tenaces. Si malgré cela vous n’avez que des touches sans suite, essayez de réduire la taille desqueues des mouches en utilisant des modèles plus courts. Ils nageront moins bien mais permettront un meilleur engamage de l’hameçon.
Les soies et le bas de ligneSelon le type de plan d’eau ou de poste de pêche et la hauteur de tenue des poissons, privilégiez une soie plus ou moins plongeante, afin d’animer le leurre le plus lentement possible à la bonne profondeur. Une soie flottante ou intermédiaire lente permettra de rester au niveau des poissons si ceux-ci évoluent à proximité de la surface. Elle permettra aussi une animation lente sans accrocher la mouche au fond dans 1 mètre d’eau. Dans plus de 5 mètres d’eau avec des poissons à moins 2 mètres, une soie S 3 (coulante de 3) sera un excellent compromis. Si les poissons sont collés au fond, une soie S 7 permettra de faire passer le leurre juste au-dessus de leur tête. Une autre technique peut consister, dans les plans d’eau au fond propre, à faire traîner la mouche au fond de l’eau à l’aide de cette même soie très plongeante afin de lever un petit nuage de sédiments ou de vase. C’était, semble-t-il, un de ses usages initiaux. On utilisera une soie de numéro 7 ou de 8 et la canne correspondante pour facilement propulser un leurre aussi volumineux et parfois lourd (cuir de la peau de lapin gorgé d’eau) et on se cantonnera à un seul exemplaire fixé au bout d’un simple morceau de nylon ou de fluorocarbone de 1,5 à 4 mètres de long selon la clarté de l’eau et ses capacités de lanceur. Le noeud de fixation a toute son importance avec cette mouche. Il doit être lâche pour lui permettre une nage plus libre et donc plus ample. Les noeuds à utiliser sont détaillés dans les pages suivantes.
Et pourquoi pas d’autres poissons ?
Cette mouche a tout pour plaire aux autres poissons un tant soit peu carnassiers. Elle pourra le cas échéant vous servir pour séduire sandres, perches, black-bass ou autres brochets ; en atteste cette grosse perche qui essayait, à nos pieds, de piquer son pouic à une des nombreuses truites leurrées avec cette mouche lors d’une sortie au lac de la Moselotte. Alors, à vos étaux et n’hésitez pas à braver le froid, le jeu en vaut souvent la chandelle !

De l’usage des soies intermédiaires
La pêche à la mouche en eau dormante peut se pratiquer avec succès avec des soies flottantes, mais il serait dommage de n’utiliser que ces seules soies qui ne permettent pas toujours de pêcher efficacement. Les soies plongeantes permettent d’allonger les lancers les jours de vent, d’explorer différentes couches d’eau et surtout d’animer différemment les leurres. Parmi les soies plongeantes, on trouve les soies intermédiaires. Nous allons ici en détailler les principales caractéristiques et l’usage.
Par Philippe Collet
Les soies intermédiaires peuvent être transparentes (clear en anglais) ou de couleur. Il existe deux grands types de soies intermédiaires : les lentes et les rapides. Leur vitesse de plongée s’échelonne entre 1 cm/s pour les plus lentes et 5 cm/s pour les plus rapides. Les soies intermédiaires rapides sont le plus souvent transparentes alors que les plus lentes sont souvent opaques et de couleur, mais quelques exceptions confirment la règle. Les soies dites transparentes sont plutôt translucides et restent certainement visibles aux yeux des poissons même si elles sont généralement plus discrètes que des soies opaques. A qualités égales, je préfère une soie intermédiaire transparente, mais je n’attache pas trop d’importance à ce critère d’autant que certaines soies transparentes peuvent briller sous le soleil et devenir alors plus visibles. Dans mon choix d’une soie intermédiaire, je suis par exemple plus sensible à ses qualités de lanceuse ou à son absence de mémoire.
L’âme des soiesLes problèmes de soies tire-bouchonnées rencontrés il y a quelques années avec les soies intermédiaires transparentes semblent pour une bonne partie résolus. Les soies sont construites en enrobant de matière une âme qui, dans le cas des soies intermédiaires transparentes, est systématiquement constituée d’un seul brin de monofilament. Cette âme mal adaptée était à l’époque certainement responsable de la mémoire des soies transparentes. Pour les soies de couleur, le plus souvent des intermédiaires lentes, l’âme est essentiellement constituée de plusieurs brins tissés ce qui lui donne plus de souplesse et occasionne moins de mémoire.
Les soies à âme tissée sont élastiques et amortissent mieux les coups de tête violents ou les touches brutales. Celles à âme monobrin sont généralement plus raides, ce qui permet une meilleure détection des touches et un meilleur ferrage avec un risque par contre accru de casse sur fil fin. La mémoire d’une soie est un défaut majeur lorsqu’on pratique une pêche lente car la soie se met en accordéon et l’on perd le contact avec ses mouches, ce qui empêche de détecter les touches discrètes. Cela n’est pas aussi gênant sur une animation rapide car la soie est toujours tendue et les touches souvent plus violentes.
Les profilsLes soies intermédiaires ont toutes des profils Weight Forward (WF littéralement poids à l’avant) classiques (ex : Cortland, Rio) ou triangulaires : Triangle taper (Lee Wulf ), Delta Taper (Airflo), R2T (Mouches de Charette). Le profil triangulaire est un profil WF qui s’affine vers l’avant, ce qui permet un meilleur transfert d’énergie et un poser plus délicat. Certaines soies intermédiaires sont des genres de shooting heads soudées à un running line fin, flottant ou intermédiaire, ce qui augmente nettement leurs capacités de lanceuses (ex : Airflo Forty Plus, Vision Extreme Distance). Le plus souvent la tête de ces dernières mesure moins de 10 mètres ce qui n’est pas toujours compatible avec un poser de qualité pour les pêches nécessitant de la discrétion. Ces soies permettent par contre des lancers longs avec peu de faux lancers. Dans cette catégorie, une soie émerge du lot avec un fuseau plus long et un running line de la même qualité que la soie, il s’agit de la soie réservoir de chez Partridge. Elle permet un très bon compromis dis-tance de lancer/présentation et n’a que très peu de mémoire (ce qui est dû probablement à son âme tissée). L’ayant encore peu utilisée, je n’ai pas testé sa longévité.
Les taille des soiesLes tailles de soies les plus courantes s’échelonnent de 5 à 8. On peut parfois descendre à une soie de 5 pour des pêches discrètes (en lac de montagne par exemple), mais on démarre le plus souvent à 6 pour les pêches fines en plan d’eau (train de noyées ou de chironomes, pêches légères au streamer). Pour les pêches plus classiques : train de streamers lestés ou non, pouic, Booby décollé du fond… ou pour des pêches en train de noyées les jours de vent, on optera pour une soie de 7 ou 8. Le tout étant de trouver un bon compromis canne/soie/bas de ligne pour une pêche confortable et efficace. Les soies de 9 et 10 sont réservées à la pêche du brochet ou des poissons marins de nos côtes (le bar notamment), la densité des soies intermédiaires permettant de propulser des mouches volumineuses, de faire face au vent et de prospecter discrètement des couches d’eau moyennes sans s’accrocher au fond.
Les avantages d’une soie intermédiaire
Les soies intermédiaires permettent, par leur densité, supérieure à celle d’une soie flottante, de mieux percer le vent et ainsi de lancer plus loin. En descendant sous la surface et en entraînant le bas de ligne avec elles, elles ne créent pas le prisme formé par les soies ou les bas de ligne flottant en surface exposés au soleil.
Une animation horizontaleQuelles que soient les soies intermédiaires, elles coulent jusqu’au fond si on les laisse inertes. Pour trouver la bonne profondeur de pêche avec de telles soies, il convient tout d’abord d’animer dès le contact avec l’eau. Si le résultat est nul, on compte quelques secondes après le poser suivant avant de déclencher son animation, puis on allonge le décompte au fur et à mesure des lancers, tant que l’on n’a pas enregistré une première touche.
Si les poissons sont vraiment bas sous la surface et que leur pêche nécessite une attente importante, il est préférable de changer de soie, en optant pour une plus dense. Lorsqu’on ramène la soie, elle continue à couler mais finit par se stabiliser à une certaine profondeur qui dépend de sa densité et de la vitesse d’animation. Aussi, pour bien utiliser une soie intermédiaire, il convient de la lancer suffisamment loin pour la stabiliser assez longtemps dans la bonne couche d’eau. On anime alors ses leurres dans un plan horizontal, ce qui est impossible à réaliser avec une soie flottante (sauf en surface).
Intérêt des intermédiaires lentesLes soies intermédiaires lentes permettent, les jours de vent, de soustraire la ligne à une dérive de surface incontrôlable. Elles peuvent être utilisées pour des pêchesrapides dans les vagues par exemple mais aussi pour des pêches beaucoup plus lentes, par temps calme, lorsque les mouches doivent évoluer doucement juste sous la surface. Avec ces soies, on peut animer à faible profondeur un train de mouches noyées ou de chironomes, pêcher avec un ou deux streamers peu lestés. Leur profondeur de pêche s’échelonne entre 10 cm et 1 m.
Intérêt des intermédiaires rapidesLes soies intermédiaires rapides permettent de pêcher plus profond, jusqu’à environ 2 mètres et d’atteindre vite la bonne profondeur pour s’y tenir plus longtemps. Les compétiteurs en réservoir utilisent un panel important de soies intermédiaires pour régler au mieux leur profondeur de pêche. Lorsque les poissons se tiennent dans une couche d’eau précise (zone de confort ou de nourrissage), ce qui est fréquent sur les plans d’eau suffisamment profonds, une soie intermédiaire rapide permet de les pêcher efficacement en comptant le temps d’immersion nécessaire. Si l’on souhaite pêcher plus profond sans perdre trop de temps à attendre la descente au bon niveau, on optera pour une soie plongeante plus rapide de type S2 (sinking ou coulante 2) à S8.
Les bas de ligne
Pour pêcher avec ces soies, les bas de ligne sont le plus souvent très simples. En soie intermédiaire rapide un brin de nylon est noué directement dans la boucle de connexion. Si l’on souhaite présenter plusieurs mouches, on peut démarrer avec un diamètre supérieur d’un maximum de 5/100 au brin suivant mais ce n’est pas une obligation, il est possible de garder le même diamètre. On privilégie le fluorocarbone qui, grâce à sa densité, suit mieux l’immersion de la soie que le nylon. Sa raideur permet de bien présenter les mouches avec moins de risques d’emmêler des potences. Le bas de ligne est relativement court (sauf eaux très claires) pour suivre vite la soie et ne pas rester en surface. On n’hésite pas à pêcher avec un fil suffisamment solide car une soie immergée et dense a beaucoup plus d’inertie qu’une soie flottante. Exemple de bas de ligne à 1 streamer : 1 m 50 à 2 m de fluorocarbone en 25 à 18/100. Exemple de bas de ligne à 2 streamers : 1 m de fluorocarbone et potence de 20 cm en 25/100, 1 m 50 en 20/100 avant le mouche de pointe. Pour les pêches plus fines avec des soies intermédiaires lentes on peut intercaler un porte-pointe dégressif de 1 à 2 mètres en nylon non graissé (amortisseur) entre la soie et la pointe et descendre en diamètre de fil pour la pointe jusqu’au 18 ou 16/100.
L’utilisation des soies intermédiaires
L’usage des soies intermédiaires est a priori venu de la compétition en réservoir outre-Manche. Celles-ci occupent en effet une large place dans l’équipement des compétiteurs qui privilégient tel ou tel type de soie dans telle ou telle taille selon la pêche pratiquée et les conditions. Quelques exemples d’utilisation personnelle : soie intermédiaire rapide Airflo Delta ou Rio Aqualux pour propulser et animer un train de deux streamers en conditions normales, soie Airflo Forty Plus ou vision Extreme Distance si les berges du plan d’eau offrent peu de recul ou si le poisson est vraiment loin du bord, soies intermédiaires lentes Airflo Delta, ou Triangle Taper Lee Wulf (verte) pour une animation très lente d’un streamer non lesté, soie Partridge Mid Water pour propulser un pouic à grande distance et l’animer subtilement, soie Triangle Taper Lee Wulf (verte), Airflo Delta lente ou Cortland 444 SL légère pour pêcher avec un train de noyées ou de chironomes, etc. Chaque soie a ses points forts et on finit par connaître les qualités de chacune, ce qui permet d’effectuer le choix nous paraissant le plus judicieux avant une partie de pêche.
Pour autant, si vous n’êtes pas un spécialiste de la pêche en réservoir, ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas besoin de dix soies pour faire face à vos situations de pêche habituelles. Une ou deux soies intermédiaires peuvent largement couvrir vos besoins. Tout dépend des pêches que vous pratiquez et des plans d’eau que vous fréquentez. Pour réaliser votre choix de soie (modèle, taille…) inspirez vous de cet article, trouvez un détaillant compétent et demandez lui conseil, essayez les soies des copains sur vos cannes et n’hésitez pas non plus à vous renseigner auprès des pêcheurs que vous verrez réussir sur les berges de vos plans d’eau favoris.
Réservoir : et si on pêchait au “bouchon” ?
Technique dérivée de la pêche au coup, la pêche à deux mouches avec une mouche sèche et une nymphe n’est peut-être pas tout à fait halieutiquement correcte, mais elle permet de s’initier en douceur à la pêche à la mouche en réservoir. Bien entendu, cette technique ne s’improvise pas. Mode d’emploi…
Par Philippe Collet
J’ai choisi ce titre, un peu provocateur, car la technique évoquée dans cet article porte ce nom de façon courante et parce qu’elle s’apparente à de la pêche au coup, bien qu’elle soit réalisée à l’aide d’une canne à mouche et d’une soie.Mise en oeuvre finement, elle ne choquera personne au bord de l’eau. A l’inverse, pratiquée grossièrement, à l’aide d’un indicateur de touches réalisé en matériaux synthétiques fluorescents, de façon totalement statique, elle en gênera plus d’un. Moi le premier. L’intérêt de cette technique est son efficacité. Même si elle ne marche pas tous les jours, elle peut permettre à des pêcheurs débutants de tirer leur épingle du jeu. Elle a permis à mon fils, alors âgé de huit ans, de prendre sa première truite de réservoir tout seul. Certains me diront que je devrais l’emmener pêcher au coup. Je le fais de temps en temps et je crois même qu’il préfère le nombre important de touches que lui procurent les gardons et les rotengles, mais il est des sorties en réservoir qu’il ne saurait me laisser faire seul et pour l’instant cette technique lui offre sensations, autonomie et réussite. Alors rien que pour l’initiation des pêcheurs en herbe, ça vaut le coup d’en parler.
La pêche au fil
Dans une eau claire, la touche est détectée en observant le poisson ou la mouche. Dans les eaux plus teintées, ou si l’on pêche plus profond, on ne voit pas la mouche et souvent pas non plus le poisson. Il est alors plus difficile de détecter les touches car les poissons éduqués prennent et recrachent vite nos imitations. On doit alors pêcher au fil, c’est-à-dire observer son bas de ligne pour détecter les plus petites tirées. Une mouche légère qui coule doucement, et surtout s’immobilise entre deux eaux, soutenue par le bas de ligne graissé, intéresse souvent les poissons retors. On utilise alors des mouches de petite taille, non lestées, suffisamment légères pour que le bas de ligne réussisse à les soutenir. On ferre sur une immersion anormalement rapide ou une réelle tirée sur le bas de ligne. Cette technique est redoutable mais nécessite beaucoup d’application et de concentration. Il faut graisser régulièrement son bas de ligne et ne pas le quitter des yeux lorsqu’il est sur l’eau. La profondeur de pêche est réglée en arrêtant le graissage plus ou moins bas. La technique a toutefois ses limites, elle n’est praticable que sur des eaux peu mouvementées et à courte distance pour pouvoir suivre des yeux le point d’entrée du bas de ligne sous la surface.
La pêche au bouchonSi l’on souhaite pêcher plus profondément, plus loin, avec deux mouches sous l’eau, ou si la surface du plan d’eau est perturbée par des vaguelettes, on passera à la technique dite du bouchon. Cette technique consiste à placer en potence une mouche sèche généralement assez fournie pour soutenir la ou les mouches situées au dessous et détecter les touches.
Du plus fin…En pêche fine, on peut utiliser une mouche sèche assez flottante de type parachute, dotée d’un toupet blanc pour ajouter de la visibilité. On place en dessous un petit chironome non lesté pour ne pas trop rapidement la couler.
Par rapport à la pêche au fil décrite précédemment, ce montage permet de pêcher plus loin, grâce à la visibilité de la mouche sèche et de pêcher plus efficacement car la mouche sèche prend souvent des poissons. Le montage permet de solliciter des poissons actifs en surface en leur présentant rapidement le train de mouche que l’on pose environ deux mètres en amont de leur trajectoire présumée. Si l’on pêche toujours avec du fil fin, mais que l’on s’aperçoit que le petit ploc produit par une mouche lestée est propice aux touches, on peut remplacer le petit parachute par un montage en poil de cervidé plus flottant. Le choix de la mouche sèche sera conditionné par les émergences du moment : petits parachutes noirs pour imiter de nombreux chironomes et insectes terrestres poussés sur l’eau, montages Shuttlecock pour imiter les chironomes émergents. Ces derniers peuvent être réalisés avec une aile en cul de canard ou en poils de cervidés beaucoup plus flottants. Si des trichoptères sont présents à la surface de l’eau, on peut utiliser des montages à ailes couchées en cervidé.
Un autre intérêt de ce montage léger, où la mouche sèche pêche vraiment, est de soustraire le fil à la vue du poisson. En coulant, la mouche du dessous tire sur la potence et la place à la verticale de la mouche sèche. Le fil côté soie est alors aussi noyé sur une longueur au moins égale à celle de la potence. La présentation de la mouche sèche gagne en discrétion. La longueur de fil séparant les deux mouches sera réglée en fonction du comportement des poissons. Elle s’échelonnera de 40 cm (potence comprise), si les poissons marsouinent doucement et régulièrement à la surface et que l’eauest trouble à près de 1,5 mètre s’ils montent de plus bas ou si l’eau est claire. Cette technique permet de pêcher efficacement sous l’eau avec des fils très fins. La touche n’est pas détectée par une tirée de la soie dans les doigts (avec à ce moment là un risque de casse élevé sur fil fin), mais par la disparition de la mouche sèche. Il suffit alors de lever promptement mais délicatement la canne pour assurer la prise. Ce type de montage peut permettre de descendre jusqu’à un diamètre de fil de 10 centièmes, avec une soie de n° 5 ou 6, si l’on a affaire à des poissons très difficiles. Il fonctionne aussi très bien avec des fils plus solides.
…au plus fort…Pour des pêches plus profondes le montage s’alourdit. La mouche sèche doit être encore plus flottante. Une mouche associant : un corps en dubbing de lièvre ou de phoque, une aile couchée en cervidé, un thorax monté en parachute sur un toupet de cul de canard blanc, est un bon choix. Bien graissée elle devient presque insubmersible. Montée en potence, elle soutient deux mouches coulantes, souvent des chironomes. Le chironome de pointe est lesté pour descendre directement à la profondeur de pêche et ancrer le montage, celui de la potence est plus léger. La mouche sèche peut bien sur encore prendre du poisson, mais elle joue ici vraiment le rôle du bouchon de pêche au coup. Les chironomes sont séparés par des distances pouvant varier de 50 cm à 1,5 m. Le chironome intermédiaire gagne souvent à être placé assez près de la mouche sèche si l’eau est trouble car celle-ci, compte tenu de sa taille, attise la curiosité de nombreux poissons. Venus voir l’intruse, ils trouvent sur leur chemin (aller ou retour) un chironome moins impressionnant et s’en saisissent fréquemment.
L’animationLa pêche au “bouchon” n’est pas forcément statique. On peut tricoter ou puller légèrement la soie pour faire remonter les chironomes. Sur du fil fin, on effectuera ce geste en relevant le scion de la canne à un mètre au dessus de l’eau afin que la boucle de soie formée au bout de la canne fasse amortisseur en cas de touche violente. Les remontées seront toutefois entrecoupées de longues poses.
Les bas de ligne
Selon que l’on pêche avec des pointes fines ou fortes, on allonge ou raccourcit le corps de bas de ligne. Sur fil fin, celui-ci sert d’amortisseur et doit être suffisamment long. Sur pointe solide, il doit juste permettre un bon basculement du train de mouches. Pour les bas de ligne longs on peut s’inspirer de ceux déjà décrits dans la revue pour la pêche en sèche en lac, la pointe simple qui portait la sèche est remplacée par une avant pointe portant la potence (et la mouche flottante) et une pointe portant la deuxième mouche. Plus le fil est fin, plus le corps de bas de ligne est long (exemple : porte pointe dégressif de 3 m 30 jusqu’au 20/100e puis 80 cm de 16/100 et 50 cm à 2 m de 14/100, la potence de 10 à 15 cm étant construite en 16/100 ). Ce type de bas de ligne a l’avantage de permettre le passage rapide d’une technique à l’autre, car seule la pointe doit être refaite à partir de la micro boucle formée sur le 20 /100. Avec une pointe plus forte finissant en 16/100, le corps de bas de ligne peut ne mesurer que 1,5 mètre (ex : 60 cm de 45 /100, 50 cm de 35/100, 40 cm de 25 /100) un brin de 80 cm de 20 /100 est fixé à ce porte pointe avant la potence de la mouche sèche, il est suivi par un brin de 18 (de 1 à 1, 5 mètre) et enfin le brin de 16 de la même longueur. Les potences sont réalisées dans les brins les plus forts pour plus de solidité. Comme dans toutes les pêches en réservoir le bas de ligne est adapté aux capacités de lanceur du pêcheur et aux conditions de vent. Toutefois, contrairement aux bas de lignes classiques prévus pour évoluer dans un plan horizontal avec une soie amenant la mouche au niveau du poisson, il pêche dans un plan vertical. La longueur de l’espace entre les mouches règle la profondeur de pêche. Ce bas de ligne peut être allongé (parfois jusque 2 fois 2 mètres) dans les eaux très claires ou avec des poissons établis en profondeur. Il pourra à l’inverse être considérablement raccourci si l’eau est mâchée et les poissons proches de la surface. Un pêcheur débutant pourra très bien se contenter d’utiliser le dernier bas de ligne décrit et d’y placer un chironome 1 mètre derrière la mouche sèche sur un brin de 18/100.

Bien choisir ses hameçons pour la pêche en réservoir
La conception d’une mouche artificielle ressemble un peu à une recette de cuisine. Avec les mêmes ingrédients, on pourra obtenir des résultats bien différents. Ainsi les hameçons, dont les formes varient considérablement, ne doivent pas être choisis au hasard pour monter des mouches pour la pêche en réservoir. Chaque forme doit être destinée à une utilisation précise.
Par Philippe Collet
Pour le montage de mouches ou streamers pour la pêche en réservoir, on cherche bien sûr un hameçon au piquant de qualité, possédant un ardillon facile à écraser ou sans ardillon, au rapport solidité/finesse du fer convenable. On cherche ensuite une taille et une forme particulière, voire une couleur d’hameçon correspondant au type de mouche que l’on souhaite monter. Il existe de nombreux fabricants d’hameçons et encore plus de revendeurs. Je ne peux pas détailler ici une liste exhaustive des différentes références disponibles sur le marché. Je me contenterai de citer les hameçons que je connais pour les utiliser régulièrement. Vous noterez qu’habituellement dans les fiches de montage de mes articles, je cite des références souvent précédées de « type » ou suivies de « ou équivalent », mon objectif étant de montrer que je ne suis pas focalisé sur telle ou telle référence particulière, mais plutôt sur une forme donnée. Si certaines formes spécifiques d’hameçons n’existent que chez un fabricant, les plus classiques sont déclinés par presque toutes les marques.
Le diamètre du fer de l’hameçon
Le rapport finesse du fer de l’hameçon/ diamètre du bas de ligne utilisé me paraît très important. Avec un 25/100, un streamer monté sur un hameçon fort de fer pénétrera facilement la gueule du poisson à condition que le ferrage soit réalisé avec la soie, canne dans l’axe de cette dernière et non avec la pointe de la canne trop souple.
De la même façon une imitation de chironome montée sur un hameçon épais et lourd, destiné à tendre le montage, générera des décrochés si le ferrage n’est pas appuyé à cause d’un bas de ligne suffisamment solide.
Retenez bien que les mouches montées sur des hameçons forts de fer nécessitent des ferrages marqués seulement possibles avec des fils de 20/100 et plus. En deçà, la casse devient quasi-systématique sur un ferrage dans l’axe et les décrochés fréquents si vous ferrez à la canne. Plus vous devez diminuer le diamètre du fil, plus vous devez affiner le fer de vos hameçons.
Par exemple, j’utilise de moins en moins les hameçons Kamasan B 160 taille 6 dont le fer est beaucoup plus épais qu’en taille 8 car je pêche plutôt en 19/100 au streamer (même si un 22 ou un 25/100 pourrait très bien passer) et je n’appuie que modérément mes ferrages pour éviter la casse. Je ne suis pas en confiance avec un hameçon épais qui occasionne à mon avis moins de piqués et plus de décrochés. A l’autre extrême lorsqu’on pêche sur fil fin en 10 ou 12/100, on utilise des hameçons très fins de fer pour qu’ils pénètrent sur un ferrage léger, quasi-insignifiant. Une canne douce et un long bas de ligne élastique permettent d’éviter la casse, mais ils ne favorisent pas l’ancrage efficace d’une mouche au fer épais. Même sur fil fin, les hameçons fin de fer sont mis à rude épreuve. Ils doivent résister au combat avec un poisson puissant et ne pas casser net.La couleur de l’hameçon
La couleur de l’hameçon me paraît accessoire. Certains disent que la couleur bronze, la plus classique, est moins visible pour le poisson que le noir, c’est fort possible. J’utilise indifféremment les deux, surtout sur les streamers. La couleur de l’hameçon a, par contre, un intérêt certain lorsque ce dernier sert de sous corps ou de teaser.
On peut monter des chironomes noirs en se servant d’un hameçon noir que l’on va cercler d’un tinsel ou d’un fil élastique coloré de type lure fil. On peut aussi les monter sur des hameçons rouges pour figurer un signal sang. Ou doré pour le côté teaser.
L’importance des proportionsLes pêcheurs qui montent leurs premières mouches ne respectent généralement pas les bonnes proportions pour leurs imitations. Si cela est important lorsqu’on imite un invertébré, une larve d’éphémère par exemple, ça l’est aussi lorsqu’on monte un streamer pour la pêche en réservoir. La réalisation de mouches bien proportionnées ne peut s’appuyer que sur des hameçons adaptés. Les hameçons doivent résister à la puissance des poissons de réservoir Les poissons de réservoir sont généralement bien plus gros que les poissons moyens de rivière. Il s’agit de truites arc-en-ciel dont les combats sont plus puissants que ceux des truites fario. Elles lancent des rushs rapides et opposent leur masse souvent imposante. La finesse que peut demander cette pêche, sur des poissons éduqués, surtout en fin de saison, oblige le pêcheur à utiliser des hameçons discrets mais solides, même s’ils doivent parfois être petits. Autant un pêcheur en rivière peut avoir du mal à valider la solidité de tel ou tel hameçon, s’il n’est confronté qu’à des truites fario de taille moyenne, autant un pêcheur en réservoir s’aperçoit très vite de la fragilité d’un hameçon. Dans les petites tailles, les bons hameçons pour le réservoir sont bien souvent les favoris des traqueurs de belles truites en rivière.
Les différents types d’hameçons
Les hameçons « standard »Ces hameçons dont les plus connus sont le TIEMCO 100, le Kamasan B 170, ou le VMC 7060 sont une base pour de nombreux montages. Des modèles proches, un peu plus longs comme le Kamasan B 401 ou plus courts comme le B 405 permettent des montages plus précis : nymphe au corps long, oreille de lièvre plus ramassée…
Les hameçons renforcésLe Tiemco 9300 ou le Kamasan B 175 représentent bien ce type d’hameçons. Ces derniers, aux formes identiques aux hameçons standard, mais au fer plus épais et parfois forgé sont très solides. La courbure du Tiemco est toutefois plus ronde. Elle offre plus de longueur pour le montage de nymphes. Cet hameçon forgé est utilisé pour la réalisation de petites nymphes et noyées, pour les pêches à proximité de la surface en soie intermédiaire car ils résistent à des touches plutôt violentes sur des fils de 16 à 18 centièmes.
Les hameçons forgés ont été frappés latéralement sur la hampe et la courbure. La section ronde de leur fer devient alors ovale avec deux faces planes. Cette action mécanique leur donne une résistance supplémentaire à l’ouverture. Ces hameçons sont facilement reconnaissables par leurs flancs aplatis. Le Kamasan B 175 au fer un peu plus gros et non forgé est plutôt utilisé pour le montage de streamers tels que l’Humungus, ou celui des petits streamers à aile utilisés en compétition sur les réservoirs du Royaume-Uni lorsqu’il faut leur donner un peu de poids.Les hameçons à hampe longue pour les streamers
Je suis de ceux qui pensent que les hameçons longs offrent plus de risques de décrochage en permettant au poisson de prendre appui sur leur longue hampe lors du combat. On trouve de nombreuses références pour ces hameçons dans les catalogues. Ils sont le plus souvent classés dans la rubrique des hameçons à streamers. Je les utilise peu pour le montage de mes streamers, hormis pour réaliser des pouics ou des sangsues. Pour ces deux mouches, la longueur de l’hameçon a une importance capitale car elle conditionne leur nage. Elle permet aussi la mise en place de matériaux sur une longueur accrue. Avec un hameçon long, la nage du leurre est plus planante et le leurre effectue de nombreux écarts latéraux. La longueur du corps permet aussi de réaliser des mouches volumineuses ou longues, tout en ne décalant pas trop la pointe de l’hameçon en tête, minimisant les risques de nombreuses tirées sans suite que cela occasionne.
Les hameçons à hampe courteLes hameçons courts et très ouverts sont des références intéressantes pour la réalisation de nombreux streamers. Lestés en tête avec une bille de laiton et parfois aussi quelques tours de plombs en plus, sur l’avant de la hampe, ils permettent une bascule verticale importante du leurre. Leur large ouverture permet, avec un corps court, de quand même bien dégager la pointe de l’hameçon. Pour cette même raison on peut aussi les utiliser pour monter de petits boobies à l’hameçon bien dégagé.
Les hameçons très fins de fer
Cette catégorie d’hameçons permet, la pratique des pêches très fines en réservoir, pêche en sèche, pêche en nymphe à vue, pêche en noyée en soie flottante sur fil fin. Leur pointe effilée, souvent sans ardillon, pénètre la gueule des poissons dès la première tension. Ces hameçons sont bien sûr plus fragiles, mais ils peuvent permettre de tirer son épingle du jeu sur fil fin face à des poissons difficiles. Nous pouvons citer comme hameçons type les TMC 103 BL ou les TOF D23 BL.
Les hameçons courbesUtilisés pour monter des chironomes dans les tailles 18 à 10 ou de petites casquées oreille de lièvre, ces hameçons sont déclinés en fin de fer et fort de fer. Ils existent aussi en différentes couleurs. Ils permettent une position et une nage de la mouche différente des hameçons droits. Les plus connus sont le Kamasan B 100 (fin de fer) et 110 (fort de fer) le Tiemco 2487 et le VMC 7075.
Les pointes pioche sans ardillonsCertains hameçons sont proposés avec des pointes en forme de pioche ou de lance, plus performantes que les pointes de section ronde. Ces pointes sont plates et fines, leurs bords, un peu tranchants, coupent, ce qui favorise la pénétration de l’hameçon avec peu d’effort. Ces hameçons peuvent plus facilement traverser des parties dures de la gueule d’un poisson. Ils sont intéressants pour les pêches fines ou le ferrage ne doit pas être trop appuyé.
On trouve ce type de pointes dans les références SP chez Tiemco.
Les apports et les contraintes de la compétitionLes divers règlements des compétitions, destinés à éviter certaines dérives, sont parfois contraignants. Ils ont conduit les pêcheurs à inventer des modèles spécifiques, adaptés aux règles définies. Dans ces règlements l’hameçon fait souvent l’objet de restrictions (taille, ardillon…). Le règlement des compétitions réservoir au Royaume-Uni interdit l’usage de mouches de plus de 15/16’’, soit 2,38 cm de longueur hors tout, montées sur des hameçons de maximum 5/8’’, soit 1,59 cm, ce qui correspond à un hameçon standard en taille 10. Cette partie du règlement a conditionné la mise au point d’une multitude de streamers et boobies respectant les tailles d’hameçon et de mouche définies par le règlement, soit de petits streamers de moins de 2,38 cm. Ce règlement interdit aussi l’apport de lest additionnel de type plomb enroulé, billes, etc., ce qui a conduit les compétiteurs à développer des montages sur des hameçons lourds, forts de fer, lorsqu’ils ont besoin de faire descendre leurs mouches.
Combinés à l’usage de soies plongeantes, ces hameçons permettent de pêcher en profondeur avec un train de mouches explorant différentes couches d’eau.
Les compétiteurs en sont arrivés à monter des chironomes sur des hameçons à carpe très forts de fer. Il va sans dire que dans les grands lacs profonds d’outre manche la pêche au chironome en 15 centièmes n’est pas de mise. Les poissons sont très puissants, leurs touches violentes peuvent casser net une potence en 25 centièmes sur une soie plongeante. Les pêcheurs utilisent des fils de 6 à 8 lbs soit 20 à 25 centièmes. Avec de tels diamètres, la pénétration du fer de gros hameçons dans la gueule des poissons ne pose pas de problème.
L’usage de ces mouches très prenantes au Royaume–Uni ne sera pas forcément couronné de succès chez nous sur des plans d’eau plus difficiles ou une bonne partie des poissons sont relâchés et chipotent plus, nous obligeant à pêcher avec des fils plus fin. Lorsqu’on s’inscrit à une compétition outre-manche, on a intérêt à s’y prendre suffisamment à l’avance pour monter des mouches spécifiques car on n’utilisera quasiment aucun de ses streamers utilisés habituellement en France. Pour les compétitions franco-françaises en réservoir la taille des hameçons est limitée à 32 mm, les hameçons à hampe longue TMC 5262 taille 4 mesurent environ 31 mm, ils sont à priori les plus gros hameçons utilisables et sont réservés à la fabrication des pouics.Le rapport forme taille
Certaines formes d’hameçons sont intéressantes dans quelques tailles et moins dans d’autres. Les hameçons renforcés comme le TMC 9300 par exemple sont plus utiles dans les petites tailles, du 20 au 14, pour résister à l’ouverture que dans les grandes où ils peuvent être remplacés par des hameçons plus classiques et fins de fer. Un hameçon comme le B 160 est surtout utilisé en tailles 12, 10, 8 et 6.


De la mouche au leurre, quelques trucs en poils
De la mouche au leurre, il n’y a qu’un pas, que Philippe Collet n’hésite pas à franchir ! Les poils de toutes sortes font merveille sur des têtes lestées. Pour le sandre, la perche et le black-bass, osez les trucs en poils !
Par Philippe Collet
En dehors de quelques bricoleurs talentueux qui sculptent leurs propres leurres durs ou moulent leurs leurres souples, les pêcheurs de carnassiers aux leurres sont en général des utilisateurs de produits finis. A contrario, les moucheurs qui ont appris à monter leurs propres mouches sont souvent plus créatifs. Au début, ils réalisent des montages le plus souvent extravagants et inutiles, qui viendront encombrer leurs boîtes, jusqu’à ce qu’ils se décident à faire un grand ménage pour ne garder que l’essentiel. Avec le temps, les moucheurs ne se mettent plus finalement à l’étau que pour monter des modèles éprouvés et compléter leurs stocks. Ces pêcheurs qui s’étaient équipés pour le montage de mouches pour le réservoir, le carnassier ou la mer disposent souvent d’une réserve inépuisable de matériaux. Comme ils sont de plus en plus nombreux à se mettre à la pêche des carnassiers, l’idée de créer ou d’améliorer ses propres leurres avec les matériaux disponibles a dû en effleurer plus d’un.
Voici quelques idées pour allier montage mouche et pêche aux leurres. J’espère qu’elles redonneront aux moucheurs un peu blasés l’envie de revenir à l’étau, et aussi aux pêcheurs de carnassiers l’envie de s’y mettre. Et puis ces leurres-là, vous serez les seuls à en posséder, même au Japon, ils ne les font pas ! Cela fait déjà pas mal de temps que Patrick, un de mes collègues de pêche, utilise des leurres en lapin de sa fabrication. Il a commencé à les monter à la fin de sa période réservoir avec les matériaux achetés pour leurrer les truites. Les premiers essais sur les sandres du canal ont été des plus concluants. Depuis, il en a toujours dans ses boîtes et prend régulièrement du poisson avec. Un autre collègue, Georget, que les clients du domaine de la Vallée (Aisne) connaissent bien, s’amuse depuis quelque temps déjà à fabriquer des mouches à carnassiers légèrement lestées pour les lancer avec un ensemble spinning. Il monte aussi des hameçons streamers qu’il accroche à l’arrière de petites cuillères tournantes, les rendant beaucoup plus attractives pour les perches ou les chevesnes qu’il convoite en rivière. J’avais moi-même monté des petits toupets de marabout de couleur chair sur les triples de certaines de mes montures à poisson mort manié, il y a déjà bien longtemps, pour leur ajouter de la vie. De nombreux autres moucheurs ont probablement déjà dérivé des montages mouche à destination du lancer.La technique du lapin blanc
Avec un autre ami, Christian, nous évoquons régulièrement avec le sourire la technique du lapin blanc. Il l’avait trouvée, à nos débuts en réservoir, sur le lac de Virton en Belgique. Ce jour-là, les truites très éduquées ne s’intéressaient pas à nos mouches. Nous avions tout essayé et n’arrivions à rien. Nos piètres compétences dans la discipline nous condamnaient à un échec cuisant. C’était sans compter avec le sens de l’observation de Christian. Après avoir abandonné quelque temps (par lassitude !) sa mouche sur le fond, ce dernier remarqua que les truites s’intéressaient d’un seul coup à son leurre réalisé avec une lanière de lapin blanc. Plus ça allait, plus ces poissons capables de refuser l’imitation la mieux présentée s’énervaient sur ce streamer. Leur curiosité les avait incités à venir voir ce leurre, immobile depuis déjà un moment. En s’en approchant, elles avaient créé des turbulences, faisant vibrer les poils extrêmement souples de lapin. Ce mouvement, des plus naturels, les avait incitées à s’enhardir. A force de passages et de coups de nageoires, elles réussirent à faire bouger puis décoller la mouche. Finalement plusieurs poissons se prirent au jeu et, la concurrence jouant, un poisson plus téméraire que les autres aspira la mouche. S’ensuivit une série de prises. Si nous bougions nos mouches, les poissons intéressés désertaient immédiatement le secteur. Avec cette méthode peu orthodoxe, nous avions pu sauver notre honneur de débutants en réservoir. Cette technique fonctionne régulièrement en réservoir, même si, plus souvent pratiquée maintenant, elle devient moins efficace. Au-delà de l’anecdote, cette expérience m’a permis de comprendre l’intérêt de matériaux ultra-souples, comme le lapin et le marabout, pour la vie qu’ils peuvent apporter à un leurre, même immobile.Des modèles éprouvés de mouches en lapin
Les pêcheurs à la mouche connaissent bien les vertus de certains modèles de streamer. Le pouic, cette mouche de grande taille (6 à 7 cm) constituée d’un corps en lapin, tourné sur un hameçon à tige longue, prolongé d’une queue en lapin, fonctionne très bien sur les truites en réservoir. Le même modèle en plus gros, tourné sur un hameçon de 6/0 avec des bandelettes plus larges, m’a permis la capture de nombreux brochets au fouet. Je délaisse maintenant un peu ces leurres, compte tenu de leur poids important, une fois gorgés d’eau, qui les rend difficiles à lancer. Je préfère les mouches en bucktail un peu plus légères. Pêcher des carnassiers au lancer avec des montages en poils ou en plumes ou avec des leurres associés à de tels matériaux n’est donc pas farfelu. Ces matériaux peuvent être un gage d’attractivité supplémentaire et un déclencheur d’attaques, surtout sur une phase d’arrêt ou d’animation lente. Un leurre en plastique dur ou souple ou en métal ne vit plus à l’arrêt. Lui ajouter une touche de poil ou de plume peut tout changer.Les fabricants s’y mettent doucement
Si l’on connaît les cuillères mouches dont le triple est garni d’un palmer, les cuillères à brochet dont le triple est orné d’un gros toupet de bucktail ou les poissons nageurs de surface et autres poppers dont l’hameçon de queue est agrémenté de 3 ou 4 pointes de hackle ou de brill, l’offre des fabricants est assez restreinte. Des fabricants de leurres souples ont intégré des bandelettes de lapin à leurs leurres pour leur ajouter de la vie. La collection “rabbits serie”, importée par AMS en France, propose des genres de worms, grubs et autres créatures dotés d’appendices en bandelettes de lapin. Ces bandelettes sont ancrées dans la masse du leurre souple au moment de son coulage, ce qui permet de les souder au leurre. D’après les tests du fabricant, l’adjonction de poils augmenterait de façon importante l’attractivité des leurres.De premiers essais très concluants
En observant dans l’eau claire, depuis un pont, des perches en train de s’énerver sur un plomb palette que j’animais sous leur nez et en les voyant taper furtivement sur la gaine rouge à l’arrêt du plomb, je me suis dit que dorénavant je garnirai mes hameçons triples de lapin ou de marabout pour que, même à l’arrêt, mon leurre ait encore de la vie. Mes essais ont aussi porté sur des montages de jigs en lapin avec ou sans lanières élastiques, d’hameçons de cuillères à jiguer.
J’ai encore opté pour des collerettes en lapin ou en renard arctique montées sur des têtes plombées devant mes leurres souples. Un jig en peau de lapin travaille de façon beaucoup plus efficace lors des pauses et réagit au moindre courant provoqué par le passage d’un poisson curieux. Avec un montage en lapin, le jig coule plus vite qu’avec une jupe en silicone volumineuse. Il faut donc réaliser des jigs légers si l’on veut pouvoir les utiliser en lancer ramené.
