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Étiquette : Philippe Collet

Trois leashs RTM pour sécuriser ses cannes et accessoires
Il est parfois de petits accessoires qui rendent de grands services. Les sangles proposées par le fabricant de kayaks de pêche Rotomod (RTM) sécurisent le matériel et rendent la pêche plus facile à bord des très petites embarcations.
La société RTM commercialise des kayaks dont certains modèles sont adaptés et équipés pour la pêche. Cette spécialisation de la marque l’a conduite à proposer des équipements spécifiques. Nous vous présentons ici des produits très utiles pour les pêcheurs en kayak mais aussi en float-tube. Il s’agit de trois systèmes de sangles destinés à sécuriser des accessoires et des cannes, en les accrochant à l’embarcation. Une fois rétracté ce fil torsadé qui fait ressort n’est pas encombrant et ne traîne pas dans l’embarcation. Réalisé en plastique dur, il n’accroche pas les hameçons contrairement à un morceau de bout ou un cordonnet. Ses boucles reçoivent des mousquetons pour se fixer à l’aide de clips, d’un côté à l’embarcation, et de l’autre à l’accessoire.
Un premier leash, avec un ressort en plastique et deux mousquetons est destiné à sécuriser les petits accessoires comme une pince ou une boîte à leurres par exemple. Un second leash, au ressort plus fin en acier, est destiné à l’accrochage des cannes. Il est terminé par un système de serrage à velcro que l’on passe autour de la poignée de la canne. Le troisième leash proposé par RTM, est destiné à sécuriser une canne de traîne. Il est beaucoup plus solide, doté d’un ressort en acier gainé de gros diamètre et de mousquetons en inox. Ce leash peut aussi être utilisé pour accrocher une pince à poisson à la ceinture.Un système modulable
Pour l’avoir utilisé sur un kayak de mer, je trouve que le premier leash, doté d’un ressort en plastique destiné aux petits accessoires, est très pratique pour sécuriser des cannes légères en cas de chute accidentelle. Il faut simplement lui ajouter le système de serrage à velcro que l’on passe autour de la poignée de la canne fourni avec le second leash pour obtenir un ensemble discret et très léger qui se fait totalement oublier.
P. C.

Gamme Strategik Predator, de nouveaux hameçons techniques chez VMC
Notre fabricant français d’hameçons, VMC, vient d’enrichir sa gamme 2012 d’un certain nombre de nouveautés, dont une gamme d’hameçons techniques bien pensés et de très bonne facture : la gamme Strategik Predator. Même si VMC est déjà un des leaders mondiaux de l’hameçon, cette gamme va lui permettre de rentrer sans conteste dans le cercle très fermé des producteurs d’hameçons haut de gamme très techniques.
Par Philippe Collet
La gamme Strategik Predator a été mise au point avec des champions américains comme Mike Iaconelli, vainqueur du Bassmaster Classic 2003. Elle regroupe de nouveaux modèles d’hameçons comme un trailer à spinnerbait, plusieurs hameçons texans, des hameçons à swimbaits lestés ou non dont un modèle à palette, des modèles d’hameçons flipping et wacky. Ces hameçons ont la particularité d’avoir un très bon piquant dû à une pointe meulée. Ils ont pour la plupart un œillet fermé par de la résine époxy, ce qui évite aux fils fins et surtout à la tresse de sortir de l’œillet ou de s’y coincer et de risquer de se couper.
Les hameçons Spinshot Wide Gap
VMC a décliné son modèle Spinshot, mis sur le marché avec succès en 2011, en Spinshot Wide Gap. Le montage Spinshot qui existait avec un hameçon dropshot de la gamme est maintenant proposé avec un hameçon texan wide gap (large ouverture). Il comporte un émerillon enfilé sur l’œillet, qui permet de réaliser un montage rapide en dropshot et donne une liberté de mouvement inégalée au leurre qui tourne sans aucune contrainte autour de l’axe de l’émerillon. De cette façon le montage ne vrille pas et le leurre est beaucoup mieux engamé puisqu’il peut tourner librement. Le Spinshot Wide Gap est adapté à la pêche des endroits encombrés. Il est décliné en taille 1/0, 2/0 et 3/0 et vendu en blister de 4 hameçons sous la référence VMC 7342 SH.
Les hameçons texans
Les hameçons texans possèdent un œillet fermé par de la résine. Ils ont une pointe renversée de 3° la pointe s’écarte de 3° du plan de l’hameçon, ce qui permet un meilleur dégagement au ferrage. Cette amélioration a été réalisée suite à une demande des compétiteurs américains qui tordaient leurs hameçons droits à la pince pour légèrement les renverser. Avec ce nouveau produit, ils ne risquent plus de casser leurs hameçons ou de les fragiliser en les customisant. Les hameçons texans de la gamme STRATEGIK existent en deux formes, Wide Gap et Worm, en version normale ou renforcée (Heavy Duty).
Les Wide Gap sont ventrus et particulièrement conseillés pour les montages weightless, texas ou carolina. Les modèles Worm sont plus adaptés aux leurres longilignes et aux montages texas ou carolina. Les modèles renforcés sont à réserver à la pêche des gros poissons dans les postes encombrés. Ils sont déclinés dans des tailles plus importantes que les autres.
Le modèle Heavy Duty Wide Gap est particulièrement adapté la pêche des gros brochets mais aussi à l’équipement de têtes plombées articulées pour la pêche en mer. Les modèles en taille 7/0 et 8/0, assez rares sur le marché, conviennent particulièrement à l’armement de gros leurres. Ces hameçons sont déclinés de la taille 2 à la taille 8/0 selon les modèles. Ils sont vendus en blisters de 6, 5 ou 4 pièces sous les références VMC 7342 WG, 7348 WG, 7347 WM, 7343 WM.L’hameçon trailer
Cet hameçon droit très piquant et solide possède un œillet surdimensionné qui permet le passage facile de la pointe de l’hameçon d’un spinnerbait, d’un buzzbait ou d’un chatterbait. Il est fourni avec un morceau de gaine souple de type silicone enfilé sur l’œillet, destiné soit à être percé directement en enfilant l’hameçon chance, pour le bloquer en place, soit à être retirée et piquée sur l’hameçon du leurre après y avoir enfilé l’hameçon chance.
Cette dernière façon de procéder laisse libre mouvement à l’hameçon supplémentaire et lui permet de mieux jouer son rôle à la touche. Elle doit être toutefois réservée à la prospection de postes peu encombrés.
Les hameçons heavy duty swimbaitCes hameçons forgés renforcés à large ouverture de type wide gap sont différents des hameçons texans classiques dont la hampe forme un décrochement pour bloquer le leurre que l’on y fixe. Ils sont le plus souvent utilisés pour armer des soft swimbait, généralement des leurres souples à caudale et prospecter des secteurs encombrés. Leur œillet est placé dans le même plan que l’hameçon (qui n’est cette fois pas renversé). Il est doté d’un ressort de maintien sur lequel on visse la tête du leurre. Il reste ensuite à piquer le leurre de façon classique par le milieu du corps et à cacher ou non la pointe de l’hameçon dans le plastique. Piqué en tête de cette façon, le leurre se dégage beaucoup mieux à la touche qu’avec un montage classique, ce qui offre plus de réussite au pêcheur. Avec le seul poids de l’hameçon, le leurre est maintenu dans un plan vertical et peut couler de façon naturelle. Cet hameçon est proposé en blisters de 4, des tailles 3/0 a 7/0 sous la référence VMC 7346 SB.
Pour permettre des prospections plus rapides ou une pratique dans des eaux plus profondes, ces mêmes hameçons sont proposés en version lestée de 3.5 grammes, pour les 3/0 et 4/0, 5 ou 7 g pour les 5/0 et 6/0, 7 ou 10 g pour le 7/0. Le lest peut être déplacé le long de la partie avant de la hampe en lui faisant décrire un quart de tour pour le déverrouiller. Cela permet un réglage plus ou moins planant ou piqué de la nage du leurre. Ces hameçons baptisés Heavy Duty Weighted Swimbait sont proposés en blisters de 4 sous la référence VMC 7346 WT.
L’hameçon existe enfin en version lestée à palette : Heavy Duty Bladed Swimbait. Il possède un petit clip fixé à l’arrière du lest qui permet d’accrocher la boucle libre de l’émerillon relié à une palette. Il est livré avec deux palettes, une palette feuille de saule et une palette colorado. L’efficacité supplémentaire apportée par cet accessoire n’est plus à prouver pour le brochet. Il est proposé à l’unité en 3, 5 ou 7 g pour le modèle en taille 4/0 ou 5, 7 ou 10 g pour le modèle en taille 6/0. Sa référence est VMC 7346 BD.
Les hameçons Flippin’Les hameçons Flippin’ et Heavy Duty Flippin’ sont destinés à la pêche en flipping. Très piquants et avec une hampe droite, ils permettent de prospecter rapidement sous la canne et d’extraire les poissons en force des obstacles. Ils sont munis de deux ergots pour permettre un bon maintien du leurre. Leur œillet est fermé avec une goutte de résine. Ils possèdent un espace suffisant derrière l’œillet pour une fixation par la hampe, comme nos traditionnels hameçons à palette. En montant ainsi l’hameçon et en repassant le fil par l’œillet, le montage est plus résistant et la plombée fixe ou coulissante située devant ne peut pas frapper le nœud et l’affaiblir. Ces hameçons sont déclinés du 2 au 5/0. Référence VMC 7345 FL et 7341 FL, blisters de 6, 5 ou 4 pièces.
Les hameçons Wacky
Pour clore cette gamme STRATEGIK, VMC propose deux modèles d’hameçons Wacky. Un modèle simple et un modèle weedless ou anti accroche. Ces hameçons très piquants, à large ouverture et œillet fermé par une goutte de résine, servent à armer des worms par leur centre. Sur la version weedless, la pointe de l’hameçon est protégée par un petit anti accroche métallique. Ces hameçons sont déclinés de la taille 4 à 4/0 et vendus par blisters de 6, 5 ou 4 pièces.

Tout sur le moulinet casting Shimano Chronarch 201 E
Digne héritier du Chronarch D, un des moulinets casting à bas profil les plus vendus au monde et réputé pour sa fiabilité, le Chronarch E de la marque Shimano est arrivé sur le marché en 2012.
Par Philippe Collet
Pour le marché français, le Chronarch E est décliné en deux modèles extérieurement identiques mais aux ratios différents. Le 201 E7 au ratio de 7.0 : 1 (7 tours de bobine pour un tour de manivelle) qui existait déjà sur le modèle précédent et le 201 E5 au nouveau ratio de 5.5 : 1 pour lequel la récupération est plus lente. Plus l’on compte de tours de bobine au tour de manivelle et plus l’on a de centimètres de fil rembobiné au tour de manivelle. Le Chronarch propose des ratios qui encadrent ceux de 6 à 6.5 : 1 les plus communs sur le marché. Le 1 de 201 signifie que la manivelle est à gauche, donc à la bonne place pour nous pêcheurs français.
Le Chronarch de ratio 5.5 : 1 est réputé pour la pêche au crankbait car en tournant naturellement la manivelle, vous ramenez moins vite qu’avec les autres moulinets et animez mieux votre leurre. Les puristes qui possèdent une canne dédiée à chaque usage et le budget nécessaire craquent pour ce Chronarch de petit ratio pour la pêche au cranckbait.
Le Chronarch de ratio 7.0 : 1 qui rembobine plus de fil permet de pratiquer les techniques plus rapides et surtout de reprendre plus vite contact avec son leurre lors des animations ou quand un poisson revient vers soi.
J’ai personnellement opté pour le moulinet à ratio rapide qui est photographié ici en me disant « qui peut le plus peut le moins ». Je préfère en effet m’obliger à mouliner lentement pour certaines pêches mais garder de la vitesse de rembobinage en cas de besoin. Il ne faut toutefois pas se faire d’illusions, le plus rapide des moulinets casting ne ramènera jamais autant qu’un moulinet spinning (moulinet à tambour fixe) de bon ratio possédant en plus un gros diamètre de bobine.
Un peu de calcul pour y voir plus clairUn Chronarch de ratio 7.0 : 1 très bien rempli, voire trop bien rempli, possède un diamètre d’enroulement des dernières spires de 3,2 cm pour un diamètre maximal de bobine de 3,3 cm (j’ai sorti le pied à coulisse !) Avec un tel moulinet, on ramène 7 fois le périmètre de la spire à chaque tour de manivelle. – Petit rappel de maths, le périmètre d’un cercle est égal au diamètre multiplié par Pi. On ramène donc 3,2 cm fois 3,1416 fois 7 soit 70 cm environ pour un tour de manivelle. Lorsqu’on a lancé loin, la bobine est à moitié vide et le diamètre des spires ne fait plus que 2,4 cm. On ne ramène plus que 52 cm au tour de manivelle. On se situe alors au ratio du Chronarch 5.5 : 1 plein ! Pour ce dernier moulinet le ratio tombe à 38 cm lorsque sa bobine est à moitié vide. On peut donc raisonnablement donner une moyenne de ramené de 60 cm au tour de manivelle pour le 7.0 : 1 et 43 cm pour le 5.5 : 1. Shimano n’annonce pas les ratios en cm au tour de manivelle de ses moulinets et si vous effectuez la comparaison avec d’autres marques, méfiez-vous des chiffres annoncés par certains fabricants souvent calculés pour une bobine extra-pleine. Faites donc vous-même vos petits calculs après avoir mesuré le diamètre de la bobine.
Le Chronarch pèse 217 grammes, et comprend sept roulements qui garantissent la fluidité de son fonctionnement. Ce moulinet permet de longs lancers et c’est une de ses nombreuses qualités. On est surpris par les distances atteintes et la facilité d’utilisation, même si on n’est pas un expert du casting et que les réglages d’anti emballement de la bobine sont activés. Cela semble lié à la rigidité du bâti, à la qualité et à la disposition des roulements et à la légèreté de la bobine baptisée Magnumlite qui possède moins d’inertie de départ et nécessite moins de freinage pour éviter les perruques.Les deux systèmes anti-perruques
Sur ce moulinet, il existe deux systèmes de contrôle des perruques que l’on retrouve sur la plupart des moulinets de la marque Shimano : le système VBS et le bouton de commande de friction de lancer. Il peut se produire des perruques à deux moments sur le lancer : au début lors de l’accélération brusque de la bobine et à la fin lors de sa décélération brusque quand le leurre touche l’eau.
Chacun de ces moments est contrôlé par un frein spécifique. Pour les perruques de début de lancer, c’est le système VBS (Variable Brake System ou système de frein variable) qui entre en action. Il est caché sous le carter droit du moulinet (pour les modèles 201) qu’il convient d’ouvrir en soulevant le loquet et en le tournant d’un huitième de tour. On a alors accès au système de freinage qui se situe sur le flanc de la bobine. Il est constitué de 6 petites masselottes que l’on peut activer en les poussant vers l’extérieur ou désactiver en les poussant vers l’axe. Pour ce faire, les petites masselottes sont retenues par deux crans. Lorsqu’on dépasse le cran extérieur, la masselotte est libre et peut être retirée. Il ne faut pas aller jusque-là, au risque de la perdre. Pas d’inquiétude toutefois, le moulinet est livré avec des masselottes de rechange dans un petit sachet. Avec les 6 masselottes, il est possible de le régler sur 7 niveaux, de pas bridé à très bridé pour un usage débutant ou en cas de vent fort par exemple. Il est toutefois recommandé d’activer ou désactiver les masselottes par paire pour un meilleur équilibre de la bobine, ce qui nous laisse 4 réglages possibles. Ce freinage de bobine fonctionne avec la force centrifuge. Au départ du lancer, les masselottes activées sont poussées vers l’extérieur et vont frotter sur le bord d’un carter circulaire. Dès que la bobine ralentit, la pression exercée par les masselottes diminue pour la laisser tourner librement. Entre alors en ligne de compte le second frein anti perruque réglé lui grâce à une molette située de l’autre côté du moulinet, sous l’étoile de réglage du frein. Cette molette, située sur l’axe de la bobine, exerce une pression directe sur ce dernier par frottement. Elle peut être désactivée en la dévissant ou durcie en revissant dans l’autre sens. De cette façon, on peut régler son moulinet pour que la bobine cesse de tourner dès l’impact du leurre sur l’eau. Les lancers seront plus courts et moins fluides, mais les perruques inexistantes.Prix conseillé : 239 €.

Pratique : la trousse Finsport
Rares sont les trousses de rangement du petit matériel réellement conçues pour les pêcheurs à la mouche. Finsport propose un modèle très pratique dédié à cette activité.
La marque Finsport propose aux pêcheurs des portefeuilles destinés à stocker leur petit matériel : bas de lignes, mouches, matériaux de montage, etc. Ces portefeuilles sont réalisés dans un matériau très léger en toile rigide. Ils renferment de solides pochettes en plastique à grip de grande et petite taille. Leurs faces intérieures sont garnies de mousse et l’une des faces extérieures est dotée d’un filet élastique fermé par un rabat et une pièce en velcro. Ils possèdent en outre un clip d’attache tournant qui permet de les accrocher à un passant de ceinture par exemple. Ces boîtes sont idéales pour stocker des mouches volumineuses, des bas de lignes et divers petits accessoires. Elles sont modulables à souhait, grâce à un système de velcro, cousue sur la tranche des pochettes en plastique, qui s’agrippe à l’autre partie du velcro cousue dans la reliure du portefeuille. On peut ainsi ajouter ou retirer des pochettes selon ses besoins.
Trois tailles de troussesLe modèle présenté ici est le modèle intermédiaire, qui mesure 23 cm de long par 15 cm de large pour une épaisseur de 4,5 cm. Il est vendu avec des sachets de 20 par 10 cm ou 10 par 10 cm. Ce modèle me permet de stocker, pour l’un mes mouches à bars, et pour l’autre mes mouches à brochets. J’y range aussi des bas de lignes, des doigtiers de stripping, du fil, etc. Lorsqu’une mouche a été utilisée et qu’elle est mouillée, elle est alors repiquée dans une des deux faces de mousse de l’intérieur du portefeuille.
Ce mode de rangement est particulièrement recommandé en mer où les mouches neuves restent bien rangées, à l’abri de la corrosion, dans des pochettes bien fermées et ne sont sorties qu’au dernier moment. Les mouches piquées dans la mousse sont si possible rincées en rentrant de la pêche. Elles seront soit repiquées dans la mousse, soit rangées dans une pochette à part. En agissant de la sorte, on préserve plus longtemps son stock de mouches neuves. Ces portefeuilles existent en deux autres tailles, une plus petite et une plus grande et ils sont distribués par TOF.P. C.

Réservoir : la pêche en « washing line »
Venue d’outre-Manche, la technique de pêche en réservoir en « washing line » (littéralement « corde à linge ») est encore peu utilisée en France, bien qu’elle soit d’une redoutable efficacité. Cette technique consiste à suspendre une ou deux nymphes ou un ou deux chironomes entre la soie et une mouche de pointe flottante. De cette façon, les petites mouches peuvent rester longtemps immobiles à proximité de la surface, comme du linge accroché à un fil et tenter facilement les poissons en maraude dans le premier mètre sous la surface.
Par Philippe Collet
La technique du “washing line” se pratique avec une soie flottante, une soie intermédiaire lente, ou mieux encore une soie flottante à pointe intermédiaire. Cette dernière est alors dotée d’une pointe intermédiaire rapide d’environ un mètre de long qui permet de faire couler rapidement le bas de ligne et de placer les mouches au bon niveau en quelques secondes. Il existe sur le marché des soies spécifiques dans les marques Airflo ou Rio comme la Midge tip par exemple. Pour ma part, j’utilise maintenant des soies maison réalisées à partir d’une soie flottante sur laquelle est greffé et ligaturé, à l’aide d’un morceau de chaussette en backing tissé, un morceau de vieille soie intermédiaire. Leur avantage est que la connexion est solide, sans surépaisseur et que la soie se tend bien en ligne. Je peux ainsi choisir des soies flottantes qui me conviennent bien. Il est aussi possible d’ajouter un polyleader intermédiaire rapide, boucle dans boucle au bout d’une soie flottante. Le montage est plus polyvalent, le posé est plus délicat du fait de la dégressivité du bas de ligne et l’immersion de la pointe de la soie est moins rapide. Le montage avec un polyleader ne se place toutefois pas aussi vite en position de pêche et est à réserver aux soies de petite taille.
Certains jours, les soies flottantes à pointe intermédiaire sont d’une efficacité redoutable. Elles permettent de caler le montage au bon niveau très rapidement. D’autres fois, il vaut mieux utiliser une simple soie flottante pour des pêches discrètes sur un plan d’eau lisse ou à contrario une soie intermédiaire lente si par exemple le vent est trop fort ou en plein travers. En “washing line”, on utilise couramment une soie de taille 7, parfois de 8 si le vent se met de la partie. On peut aussi descendre en 6 voire 5, mais il est alors plus difficile d’envoyer trois mouches dont une dernière souvent assez volumineuse et non lestée assez loin.
Le bas de ligneEn “washing line”, le bas de ligne diffère un peu de ceux utilisés habituellement dans les autres techniques réservoir : la distance entre la dernière nymphe et la mouche flottante de pointe n’est pas obligatoirement très importante. Avec une soie à pointe intermédiaire, le bas de ligne type est constitué de deux mètres à 1,20 m de 22 à 18 centièmes entre la boucle de la soie et une première potence de 20 cm. La potence est réalisée avec ce premier brin de fil. On place ensuite un autre brin de fil, de diamètre équivalent ou légèrement inférieur, avec lequel on forme une deuxième potence. L’espacement entre les deux potences est compris entre 1,50 m et 90 cm. On place enfin un dernier brin de fil, d’un diamètre toujours équivalent ou inférieur pour terminer le montage. La longueur de ce dernier brin est souvent assez courte, entre 1,20 m et 80 cm, l’objectif étant de réussir à bien étaler un bas de ligne terminé par une mouche flottante moins propice à tendre l’ensemble qu’une mouche lestée. La longueur totale du bas de ligne sera conditionnée par l’humeur des poissons, la clarté de l’eau, les capacités de lanceur du pêcheur et son placement par rapport au vent. Lorsque l’on pêche en barque, le vent dans le dos, il ne faut pas hésiter à laisser le vent porter un long bas de ligne. Attention toutefois à la distance ménagée entre la première mouche de potence et la mouche de pointe. Car il faut être capable d’épuiser le poisson avec une canne de 10 pieds soit environ 3 mètres.
Si l’on rencontre des difficultés pour étaler un train de trois mouches, soit du fait d’une technique encore hasardeuse, soit à cause d’un vent de face trop fort, il peut être utile de réduire radicalement la longueur de son bas de ligne en retirant une mouche et en ne réalisant donc qu’une potence. Avec des poissons éduqués il est souvent préférable de n’utiliser que deux mouches. Même si cette configuration limite les possibilités d’essais pour trouver un modèle de nymphe ou de chironome efficace, il vaut toujours mieux pêcher correctement avec un bas de ligne à deux mouches que de s’emmêler continuellement avec trois mouches.
Le filEn “washing line”, il est préférable d’utiliser du fluorocarbone plutôt que du nylon car ce dernier coule naturellement et permet de placer rapidement les mouches au bon niveau. De plus, le fluorocarbone est moins visible sous l’eau, plus raide et moins sujet à s’emmêler. Il ne faut pas avoir peur de pêcher avec des diamètres relativement importants, car les touches sont souvent violentes et les casses peuvent devenir trop fréquentes si on pêche en deçà du 16 centièmes. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire, surtout si cette dernière possède peu d’élasticité, le bas de ligne devra être nettement plus fort qu’en soie flottante où il est possible de descendre en diamètre lorsque les conditions de pêche nous contraignent à affiner le montage.
La technique
La technique consiste à poser le bas de ligne le plus proprement possible, c’est-à-dire bien droit. Avec une soie flottante, il peut être nécessaires de réaliser une tirée sèche sur la soie après le posé, pour noyer le fil. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire le bas de ligne coule presque instantanément. Une fois les mouches posées, si ce dernier est bien tendu, il convient de ne rien faire d’autre qu’attendre. La touche d’un poisson attiré par l’impact des mouches sur l’eau, se produit souvent juste après le posé, une fois le bas de ligne coulé.
Les jours où le plan d’eau est ridé par le vent, il faut laisser celui-ci tendre la soie sans autres animations. Il se forme alors une large boucle de soie qui tire doucement le train de mouches à proximité de la surface. Les poissons peuvent aussi bien s’emparer d’une des deux mouches coulées que de la mouche flottante, très efficace car accrochée à un brin de fluorocarbone noyé.
Les jours de grand vent, on utilise une soie intermédiaire lente qui permet de propulser plus facilement le train de mouches et de se soustraire immédiatement à une dérive de surface trop rapide. La soie intermédiaire va progressivement couler, entraînant doucement les deux nymphes ou chironomes vers le bas. La technique est parfois redoutable. Il suffit de poser et d’attendre de se faire arracher la soie des doigts. Si cela n’est pas le cas, il faut la tricoter et attendre de nouveau. De cette façon, la mouche flottante de pointe coule et si elle est bien graissée ou montée avec de la mousse, remonte en surface comme un bouchon. Lorsqu’un poisson vient tourner autour de cette dernière sans la prendre, il peut être judicieux de réaliser un tricotage rapide pour la couler et l’animer juste sous la surface pour qu’elle lève une petite vague. Le poisson aura souvent du mal à résister à ce type d’animation et se piquera tout seul sur la mouche en mouvement.
En “washing line”, la mouche de pointe flottante ne se contente pas de soutenir les nymphes, elle prend souvent du poisson du fait qu’elle est reliée à un bas de ligne coulé sous la surface qui ne laisse aucun trait disgracieux sur l’eau. Avec sa taille assez élevée, cette mouche attire de loin les poissons. S’ils la dédaignent, ils aperçoivent alors les nymphes idéalement placées. Il est courant d’enregistrer une touche violente sur les nymphes ou les chironomes après un marsouinage sans suite sous la mouche de pointe.
L’intérêt de cette pêche réside dans la relative immobilité des mouches. Au cours de leur émergence qui se fait par paliers successifs, les chironomes, ont tendance à rester suspendus, immobiles, à un niveau donné. Ils ne se tortillent que ponctuellement et font de grandes poses. Les truites éduquées ne se font plus duper par des mouches trop mobiles qui font le yoyo sous la surface. Cette technique permet donc de les leurrer beaucoup plus facilement, même avec un fil de gros diamètre. La détection des touches se fait en observant le déplacement de la soie ou la coulée de la mouche flottante selon le sens dans lequel la truite a pris les mouches.
A tout déplacement anormal de l’une ou de l’autre, il convient de répondre par un ferrage immédiat en relevant légèrement la canne tenue jusqu’alors horizontalement dans l’axe de la soie ou, lorsque la soie forme un ventre sur l’eau, en la déplaçant horizontalement dans le sens opposé à la dérive de la ligne.
Très souvent la touche est violente et le poisson se prend tout seul en arrachant la soie des doigts du pêcheur. Le ferrage est alors superflu, car il induirait une casse quasi systématique.Les mouches
La mouche de pointe doit être suffisamment flottante pour ne pas couler définitivement à la moindre tirée. Elle doit être capable de remonter comme un bouchon lorsqu’on l’a tirée sous l’eau. Outre Manche, le “washing line” est pratiqué le plus souvent avec un booby en pointe ou avec deux nymphes situées entre deux boobies, la pêche à quatre mouches étant courante en barque. Le booby, avec ses deux yeux en mousse, a la particularité de flotter particulièrement bien. Il peut être avantageusement remplacé par un alevin flottant plus discret mais néanmoins très visible. Pour des pêches plus discrètes et imitatives, si les poissons ne sont pas intéressés par un booby ou un alevin flottant, on peut utiliser une mouche en poils de cervidé que l’on graisse régulièrement. On choisira un modèle de mouche flottant bien, dont la taille sera adaptée à la taille du fil utilisé et des mouches suspendues sous la surface.
Les mouches suspendues entre la soie et la mouche de pointe sont le plus souvent des chironomes ou des petites nymphes de types pheasant tail ou diawl bach.Si l’on souhaite que le montage se tende très vite, notamment quand on pêche en soie flottante, on utilise des chironomes lestés par une toute petite bille de laiton voire de tungstène ou un hameçon fort de fer. Je préfère opter pour un hameçon fin de fer lesté pour un meilleur piquant sur les touches discrètes.
JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8
C’est bien connu, plus les cannes à mouche sont longues, plus il est difficile d’en trouver une dotée d’une action progressive qui permette de lancer loin sans trop de fatigue. Avec son modèle Elite, JMC a incontestablement réussi un coup de maître dans ce domaine.
Par Philippe Collet
La canne de la gamme JMC Elite, de 10 pieds pour soie de 7/8, est en effet conçue pour la pêche en réservoir. C’est là un produit très esthétique, mais surtout très performant. Son action progressive rapide permet de très longs lancers, avec des boucles de soie très serrées. J’ai été littéralement bluffé par ses qualités de lanceuse. Elle m’a permis en effet, en lui associant une soie JMC compétition flottante en taille 8 qui l’équilibre très bien, de dépasser régulièrement les 35 mètres, mais surtout, de dérouler complètement le bas de ligne à cette distance. Il s’agit donc d’une canne très directionnelle, puissante, mais légère et peu fatigante, à réserver par exemple à la pêche en “washing line” à trois mouches, avec un booby en pointe et deux chironomes à bille ou tout bonnement à la pêche au streamer. Nous l’avons utilisée avec succès lors du reportage à Socourt (voir article sur la pêche en washing line dans le magazine N°93).
Une sobriété de bon goûtSa couleur de blank bronze, paré de ligatures très sobres de couleur marron clair presque transparentes, son porte-moulinet anodisé marron, en font une canne discrète mais néanmoins esthétique. Le petit talon de combat qui prolonge la poignée tulipe permet un meilleur appui sur l’avant-bras lors des lancers arrière et un bon contrôle du poisson. Conçue en trois brins, elle est livrée dans un étui compartimenté triangulaire. Je préfère personnellement les bonnes vieilles housses en tissus, également compartimentées et séparées du tube, qui permettent de placer deux cannes tête-bêche dans un même tube et de limiter ainsi le paquetage à transporter au cours d’un voyage ou en déplacement lors des compétitions. La JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8 est un très bon produit qui a déjà conquis de nombreux compétiteurs en réservoir et qui semble bien promise à un bel avenir.
Prix conseillé : 414 €.

Quand la mouche de mai prend son envol
Les émergences de mouches de mai marquent un des moments forts de la vie des cours d’eau de plaine. Elles commencent de façon sporadique à la fin du mois d’avril et sont en général massives vers la fin du mois de mai ou le tout début de juin. Pendant longtemps, sur ces rivières, les pêcheurs n’ont pratiqué la pêche à la mouche qu’à cette période, la plus faste de l’année, armés de gros plumeaux montés sur des fils épais. Sur les cours d’eau où elle est encore bien présente, la mouche de mai attire toujours de nombreux pêcheurs. Elle fait sortir tous les poissons de la rivière, dont les plus gros, qui ne gobent réellement que quelques jours par an, au plus fort des émergences ou des retombées de spents.
Voici les grandes étapes de l’émergence du plus commun des grands éphémères de France, Ephemera danica. elles vous permettront de mieux comprendre une étape importante du cycle de vie de cet insecte, et ainsi de réaliser des imitations efficaces ou de pêcher plus juste.Par Philippe Collet
L’émergence
Selon l’humidité de l’air et le débit du cours d’eau, les émergences ont lieu en journée ou en soirée. Les larves matures, qui ont passé de deux à trois ans dans le substrat, montent alors rapidement vers la surface. Collées sous le film de l’eau et livrées au courant, elles fendent leur exuvie larvaire et commencent à s’extraire. De loin, on aperçoit alors un petit dôme clair crevant la surface.
En quelques secondes, l’insecte entier, de couleur claire, jaune olive un peu laiteux, sort entièrement de son exuvie, les ailes encore fripées et pliées vers l’arrière. Il les déploie très vite. Après quelques secondes d’immobilité, cet insecte qu’on appelle subimago entame un premier battement d’ailes pour tenter de décoller. S’il n’y arrive pas du premier coup, il marque un nouveau temps d’arrêt avant de s’envoler définitivement. Il ne reste plus alors sur l’eau qu’une exuvie vide flottant sous la surface. L’ensemble de ces étapes ne dure que quelques secondes. L’éphémère doit faire très vite, non seulement pour ne pas être gobé par un poisson ou happé par un oiseau, mais aussi pour ne pas risquer de basculer et de s’engluer dans le film de l’eau du fait, par exemple, d’une risée ou du courant. La présence de quelques exuvies sur l’eau peut trahir le début d’une émergence. Si elles dérivent en grand nombre, alors que vous ne voyez pas d’éphémères voler, vous pouvez vous dire que vous êtes arrivé trop tard.
La phase larvaireLa larve de cet éphémère est fouisseuse, végétarienne et détritivore. Sa taille peut dépasser les 30 mm. Elle possède des cerques, en proportion nettement plus petits que ceux des adultes. Les segments de son abdomen sont dotés de branchies, organes de la respiration en forme de doubles filaments plumeux, très nettement visibles.
On retrouve sur la larve les motifs abdominaux colorés de l’adulte. Les larves possèdent des mandibules dont le long prolongement antérieur dépasse l’avant du corps, une première paire de pattes puissantes et robustes, un petit élément céphalique en forme de pelle, qui font d’elles d’excellents terrassiers. Leur corps cylindrique tout comme les branchies recourbées sur l’abdomen facilitent leur progression dans le limon. Elles creusent des galeries dans le substrat meuble des cours d’eau et parfois des étangs, se nourrissant de débris organiques végétaux et de particules limoneuses. Dans les rivières, on les trouve généralement dans les veines d’eau périphériques au courant principal, dans les dépôts de sables grossiers, de petits graviers et de limons. Elles peuvent aussi coloniser les lacs, à proximité du rivage battu par les vaguelettes. Le cycle vital de ce grand éphémère s’étend généralement sur deux années.
Selon la température, il peut durer de un à trois ans. On trouve donc des larves toute l’année dans le substrat. Après une vingtaine de mues successives, ces larves montent vers la surface pour se transformer en subimagos. Ce stade adulte intermédiaire est particulier aux éphémères.Du subimago au spent
Le subimago au vol lourd et hasardeux va rapidement aller se poser sur la végétation de la rive pour effectuer une seconde mue, la mue imaginale, et passer au stade imago. L’imago n’a plus du tout la même couleur que le subimago, ses ailes sont devenues transparentes, un peu fumée, son corps tend vers le blanc ivoire, ponctué de motifs sombres. Ses cerques sont beaucoup plus longs. Ils égalent la longueur du corps. L’imago est sexuellement mature, les mâles s’élèvent en vols nuptiaux, en essaims au-dessus des arbres ou des prairies bordant les cours d’eau. Ils saisissent les femelles qui passent à travers ces essaims, s’accouplent en vol et meurent rapidement. Les femelles déposent leurs œufs par petits groupes en effleurant la surface de l’eau de leur abdomen.
Les œufs coulent et se collent au substrat. L’éclosion suit la ponte de quelques semaines. Après la ponte, les adultes à l’agonie retombent à la surface de l’eau, et meurent les ailes à plat, en croix (spent). Cette dernière phase est particulièrement attractive pour les poissons, qui n’ont plus qu’à cueillir ces proies faciles. La taille des subimagos et des imagos varie selon les régions et les caractéristiques du milieu. On trouve de grands individus, pouvant dépasser 25 mm, généralement des femelles, dans les rivières des plaines calcaires normandes et de plus petits dans les froids ruisseaux collinaires s’écoulant sur un substrat acide.Point de vue de l’écologue
Bien que sensible, comme la majorité des éphémères, aux impacts des activités humaines sur les cours d’eau, Ephemera danica est relativement tolérant à la pollution organique. Sa large présence dans notre pays ne doit pas faire oublier les disparitions locales, qui fragilisent à terme les populations. En cas de pollution par des métaux lourds, ces polluants se stockant dans les sédiments, les larves d’Ephemera, fouisseuses, sont très exposées. La disparition de cette espèce d’un cours d’eau est un réel signal d’alerte.
L’inventaire des éphémères de France a déjà permis de découvrir de nouvelles espèces, de dégager d’intéressantes informations sur la répartition géographique des différents éphémères et aussi de collecter des données relatives à leur polluo-sensibilité.
Le gobageLes premières émergences des grands éphémères sont curieusement peu prisées des poissons, hormis des petites truites. Progressivement et de manière croissante jusqu’à l’apogée de la période de la mouche de mai, les gros poissons prennent part au festin. C’est généralement un des rares moments de l’année où le pêcheur à la mouche peut espérer les capturer en mouche sèche. Les gobages vont alors de l’éclaboussure bruyante provoquée par les jeunes poissons aux aspirations silencieuses et discrètes des gros spécimens de truites ou d’ombres communs. Sur les parcours très pêchés, les poissons ne prennent souvent plus que les subimagos en mouvement, ce qui complique considérablement la tâche du pêcheur.
Quand l’émergence tourne au drameLa phase d’émergence est très critique, l’insecte est alors vulnérable. Outre les poissons, les hirondelles, moineaux et autres bergeronnettes, l’éphémère doit échapper aux prédateurs aquatiques divers ou tout bonnement à la noyade. Le gerris, communément appelé araignée d’eau, est un redoutable prédateur. Sensible aux moindres vibrations à la surface de l’eau, il a tôt fait d’attaquer un éphémère trop lent à décoller ou empêtré à la surface. A l’aide de son rostre, il perce sa proie et aspire les sucs qu’elle contient. Une simple goutte d’eau frappant un subimago émergeant peut l’anéantir en détruisant ses ailes de façon irrémédiable. Un coup de vent plaquant l’insecte sur l’eau peut compromettre son envol. L’émergence est une phase où l’on peut se rendre aisément compte, à condition de se pencher un peu sur l’eau, du caractère impitoyable de la sélection naturelle, qui sanctionne la moindre faiblesse ou imperfection.
Les imitationsLa phase de l’émergence de ce grand éphémère est imitée par de nombreuses mouches. Les montages doivent être réalisés dans des nuances de jaune sale plus ou moins foncé, d’olive et de gris. Les cerques sont courts et marron, ils sont parfaitement imités par quelques fibres d’une plume de queue de coq faisan. Les ailes et le mouvement sont bien représentés par les fibres de plumes de cul de canard, choisies dans les nuances précédemment citées.

Pêche en sèche en réservoir avec Laurent Gagneux
La technique pratiquée par Laurent est un peu insolite. Elle consiste à pêcher à l’aide d’une grosse mouche sèche en ciblant les poissons. Si elle peut paraître grossière à première vue, elle permet de leurrer des poissons éduqués et difficiles qui ne s’attendent pas à ce que ces grosses bouchées, tombées doucement sur leur dos, ou flottant longuement en surface, soient armées d’un hameçon.
Par Philippe Collet
Laurent Gagneux a commencé la pêche tout jeune en attrapant des vairons avec son père. Il a ensuite pratiqué diverses techniques dont le lancer avant d’attaquer la pêche à la mouche à l’âge de 13 ans. Le déclencheur de sa passion a été un atelier de montage, organisé par un de ses professeurs en classe de 6e, où il a commencé à monter ses propres mouches. Deux ans plus tard, il rentrait au club de Décines (club de l’Est lyonnais) et commençait à pêcher à la mouche. Bien encadré au sein du club, il a fait de rapides progrès. A son actif aujourd’hui : un titre de Champion de France junior en rivière, deux titres de Champion de France junior puis senior de montage de mouches, 1er et 3e des Coupes de France des Clubs 2006 et 2007 avec deux de ses copains. Laurent est maintenant compétiteur en première division rivière et réservoir et a été sélectionné en Equipe de France pour les championnats d’Europe 2008 en Espagne.
La pêche en sèche, à vue, avec de grosses mouchesCette technique, pratiquée avec succès par Laurent, lui permet de réaliser régulièrement de belles pêches, que ce soit lors de manches de compétition ou simplement en loisir. Il apprécie particulièrement, lorsqu’il pêche pour le plaisir, de faire le tour des plans d’eau de Trept en utilisant cette technique. Il part alors avec une seule canne, dotée d’une soie flottante, d’un bas de ligne dégressif, avec un peu de fil pour changer les pointes et quelques mouches pour varier les présentations. Sa technique consiste le plus souvent à pêcher en sèche, à vue, des poissons en maraude sous la surface. Ces poissons, souvent difficiles, habitués à être sollicités avec de minuscules imitations, qu’ils inspectent et refusent le plus souvent, sont trompés par la grosseur des mouches, leur arrivée subite dans leur champ de vision et l’illusion de vie donnée par les fibres de cul de canard qui volettent au grès du vent. En plan d’eau, vous pourrez souvent observer des truites en train de gober une feuille, un chaton de saule, voire, nettement moins ragoûtant, un mégot de cigarette. Curieuses, elles prennent et recrachent ce qu’elles croyaient être de la nourriture. Probablement jamais piquées avec de si imposantes mouches, elles n’ont pas associé la taille grossière de ces objets à un danger potentiel. Laurent s’appuie sur cette curiosité pour pratiquer sa pêche. En arrivant au bord du plan d’eau, il essaie sa technique sur quelques poissons, en la leur posant sur le dos. Si le résultat n’est pas probant, il change de couleur de mouche, puis de modèle. Lorsqu’il trouve la mouche qui fait réagir les poissons à vue, il peut pêcher plus loin en confiance, sans voir les truites. Sur les berges sous le vent (avec le vent dans le dos), il rallonge son bas de ligne et lance sa mouche loin en levant haut la canne pour laisser le vent la porter au moment du posé. Il cible alors le début des friselis, c’est-à-dire l’endroit où le vent atteint l’eau, y déposant ce qu’il transporte. S’il doit pêcher avec le vent de face, il raccourcit son bas de ligne et, en cas de vent trop fort, change de mouche pour un sedge ou un Shipman, un peu plus denses, car le gros plumeau en cul de canard, trop léger et volumineux, ne peut plus être posé devant le bas de ligne. Dans cette pêche, il est important de ne pas couvrir le poisson avec le bas de ligne, de lui présenter la mouche en premier. Pour ce faire, il peut être nécessaire, sur un lancer long, de coucher la canne sur le côté au moment du posé, pour tendre le fil. En ciblant les poissons et en les surprenant, à vue, la prise de la mouche est instinctive et rapide.
A contrario à longue distance, en pêche en aveugle, les truites testent souvent la mouche en essayant de la noyer sans la prendre. Il ne faut surtout pas ferrer au premier remous, mais réellement attendre que la mouche, bien visible, ait disparu. Les truites peuvent s’y reprendre en plusieurs fois. A distance, il faut aussi être patient, savoir attendre, concentré, qu’une truite en maraude, rassurée par l’absence de mouvement, s’intéresse à la mouche.Le bas de ligne, la soie, la canne
La formule du bas de ligne de Laurent est a priori la même depuis longtemps. Il est constitué de 1,10 m de 50 centièmes, 90 cm de 40, 70 cm de 30, 50 cm de 20 centièmes. S’il pêche avec une pointe fine, il ajoute 30 cm de 16 avant 1 m à 1,50 m de 13,5 centièmes, soit un porte-pointe de 3,20 m et une longueur totale oscillant entre 4,20 m et 4,70 m. Le corps du bas de ligne est réalisé en Kamoufil.
Laurent monte ses grosses sèches sur un fil de fluorocarbone de 13,5 centièmes, plus raide à diamètre égal qu’un nylon, ce qui lui permet de mieux présenter ses grosses mouches. La pointe de son bas de ligne est allongée ou raccourcie au gré du vent de façon à pouvoir placer la mouche précisément et délicatement sur le nez des truites en maraude. Si la pêche se fait le vent dans le dos, le bas de ligne peut être rallongé, à l’inverse avec un léger vent de face, la pêche devient difficile et le bas de ligne doit être raccourci. Ce bas de ligne permet aussi à Laurent de pratiquer d’autres pêches, notamment à deux mouches, en rallongeant la pointe. Laurent monte son bas de ligne sur une soie flottante de 7 et pêche avec une canne de puissance 7.La pêche avec une Montana
Lorsque les poissons sont difficiles à voir ou qu’ils boudent les mouches sèches, Laurent remplace ces dernières par une grosse Montana, souvent non lestée, qu’il anime en la tricotant. Il pose tendu, laisse cette grosse mouche percer le film de la surface (quand elle est encore sèche) puis l’anime doucement. La mouche pêche alors à environ 10 cm de profondeur. La longue pointe fine du bas de ligne en fluorocarbone permet de fendre l’eau discrètement. Pour éviter les casses, parfois inévitables avec cette technique, Laurent rallonge encore la pointe de son bas de ligne, jusqu’à deux mètres. Cette grosse mouche classique, qui n’imite rien de bien particulier (hormis peut-être un gros plécoptère, absent des eaux closes), mais combine le noir, le jaune fluorescent et la pulsation du hackle enroulé autour de son thorax, fait souvent réagir les truites. Laurent la trouve très efficace. Si la Montana ne fonctionne pas bien, il peut alors essayer, toujours avec le même corps de bas de ligne, en modifiant simplement la pointe, de multiples combinaisons de deux mouches, deux noyées, deux chironomes, un chironome suspendu sous une des ses grosses sèches, etc. Il arrive toujours finalement à trouver une formule gagnante !

Nouveauté 2012 : le Method Shad Illex
Ce nouveau leurre de la gamme Illex Gambit présente une palette caudale reliée au leurre par une articulation annelée et fine qui n’est pas sans rappeler celle du Gambit Shad Tail de la marque. La comparaison s’arrête là car le corps du Method Shad est beaucoup plus massif, en forme de bateau ventru, et sa caudale presque ronde est imposante.
Le Method Shad possède une échancrure sur le ventre et le dos pour loger un hameçon texan à large ouverture et permettre à ce dernier de bien sortir lors du ferrage. Le dos du leurre est en plus légèrement concave ce qui limite encore le risque d’accrocher la pointe de l’hameçon dans les obstacles lorsqu’on pêche en texan. Ainsi monté, le Method Shad se skippe (lancer en ricochet) avec une facilité déconcertante, ce qui est très utile pour atteindre certains poissons postés sous les branches. Il passe facilement dans les endroits les plus encombrés. La palette caudale du Méthod Shad entre en mouvement à la moindre sollicitation. Elle bat relativement lentement et génère un rolling (roulement latéral) important du leurre du plus bel effet.
Le leurre est imprégné de l’attractant crustacé Nitro Booster Illex qui a déjà fait ses preuves. Son corps est strié, ce qui permet d’y accrocher de l’attractant en gel quand cela semble nécessaire. Le Method Shad est décliné en 12 coloris dont bon nombre sont très imitatifs. Il est proposé en trois tailles : 2,8’’, 3,8’’, 4,8’’ soit respectivement 7, 9,6 et 12,2 cm. Il peut être utilisé en montage texan, que ce soit en surface, en buzzing (sillage de bulles) ou plus profondément lorsqu’on l’arme d’un hameçon texan lesté ou qu’on y plante un insert tungstène. Le plus gros modèle sera équipé d’un hameçon texan de 6/0. On pourra équiper le modèle moyen d’un hameçon de 2/0 et le petit modèle d’un hameçon de 4. La matière de ce leurre est très légèrement flottante, son simple armement avec un hameçon texan suffit à le faire couler lentement.
Le Method Shad peut aussi être utilisé, monté sur une tête plombée. Il permettra alors de pêcher en linéaire, à gratter ou en verticale. Il est à ce moment là possible de lui ajouter un hameçon triple placé en queue. Ce shad supporte aussi très bien une petite palette additionnelle, qui ajoute un signal supplémentaire à sa nage nonchalante et chaloupée et peut le rendre encore plus attractif sur nos amis perches et brochets notamment.
P.C
