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Étiquette : Pezon & Michel

La pêche au plomb palette
En ces temps où tout pêcheur au leurre qui se respecte se doit d’avoir une panoplie complète des derniers leurres souples ou durs du marché, le plomb palette aussi simple et dépouillé que bon marché a un petit côté insolent. D’autant qu’assez souvent il prend plus de poissons que des leurres bien plus sophistiqués. Encore faut-il y croire et bien l’animer.
Par Philippe Collet
J’aime bien le côté rétro et simple du plomb palette, digne de l’époque où je rêvais à des pêches extraordinaires en feuilletant les pages pêche du catalogue Manufrance ou de l’unique revue La Pêche et les poissons qui nous décrivait la pêche des perches au guignol. Le plomb palette appelé parfois plomb à dandiner n’a pas vieilli. Il revient en force au goût du jour. Encore utilisé couramment dans certaines régions pour pêcher la perche et le sandre, il semble avoir été remis sur le devant de la scène par Christian Cochard, guide de pêche de Corrèze qui a développé une gamme de modèles avec la Société Delalande. Ce leurre très simple est en même temps très moderne. Il est notamment utilisé régulièrement par les compétiteurs carnassiers, à qui il permet de sauver des manches, voire de gagner certains concours. J’avais beau avoir entendu parler de ces leurres, en avoir même acheté quelques-uns, je n’y croyais pas vraiment et les avais laissés au fond de mes boîtes, pensant qu’ils pouvaient certainement fonctionner dans les rassemblements de perches, en lacs de barrage par exemple.
A l’occasion d’un salon, alors que j’expliquais à Guillaume Legarrec (guide de pêche salarié de l’office de tourisme d’Evreux) mes difficultés à leurrer les sandres, le long des palplanches, dans les canaux proches de chez moi, il m’avait répondu sans hésiter : « Plomb palette ! Essaye au plomb palette, tu les prendras ! » Sur le salon suivant, il m’en avait rapporté quelques-uns tous montés et m’avait expliqué brièvement, mais de façon assez démonstrative, l’animation.
De retour chez moi, je réalisai rapidement une petite sortie en canal, en fin de journée et eus l’agréable surprise de leurrer deux jolis sandres au ras du bord. Depuis j’ai repris des sandres, mais aussi des perches, quelques brochets dont plusieurs m’ont coupé net, et même une brème (par la gueule bien sûr). Je peux vous dire que maintenant j’y crois !
Le plombLe plomb palette est une petite pyramide allongée, percée dans son sommet. Sa face est large et plate, en forme de triangle. Ses côtés sont fins et arrondis ou biseautés. Sa base est biseautée. Avec une telle forme, la base, plus large donc plus lourde, va redescendre la première sur les relâchers. Puisqu’elle est biseautée, elle va avoir tendance à décrocher si elle prend assez de vitesse. Un plomb palette animé lentement ou plutôt mollement ne sera que rarement pêchant. Il se contentera de monter et descendre dans un plan strictement vertical. Si l’animation est plus rapide et surtout plus saccadée, il décrochera de façon complètement imprévisible et deviendra beaucoup plus attractif. Les plombs les plus classiques pèsent de 10 à 20 grammes. Face à l’engouement de plus en plus important pour cette technique, on trouve maintenant sur le marché des plombs de 7,5, 9,5, 12, 15,5, 22 et, grande nouveauté, 31 et 41 grammes chez Delalande (a priori le seul fabricant). Les petits grammages 7,5 à 12 seront préférés pour les pêches du bord dans peu d’eau et, en lancer ramener, les grammages plus importants pour les pêches en bateau ou des pêches plus lourdes du bord. Les plombs de 31 et 41 grammes trouveront certainement leurs inconditionnels pour les pêches en bateau dans les grandes rivières à courant soutenu, et pourquoi pas en mer. La première réaction lorsqu’on a ce plomb en main, c’est de vouloir le gratter, lui coller des plaques imitant des écailles pour le rendre brillant ou le peindre. Il semble que la couleur terne naturelle soit encore celle qui marche le mieux.
Ce petit leurre est capable de prendre de beaux sandres ou brochets, probablement parce qu’il colle bien à la taille des petits alevins que consomment parfois ces derniers. Un plomb palette bien animé peut ressembler à un alevin en perdition.
Le montageLes montages diffèrent quelque peu d’un utilisateur à l’autre mais le principe de base est très simple. En partant de la canne, on enfile le plomb, une perle, un morceau de gaine plastique de couleur, puis on noue un hameçon triple. On rabat ensuite la gaine sur l’hameçon, dont on recouvre la hampe. Cette gaine sert à éloigner le triple du plomb, elle est coupée de telle façon qu’une fois le montage terminé l’hameçon triple dépasse du bas du plomb. Certains, dont Christian Cochard, pincent un plomb fendu entre la perle et le plomb palette éloignant alors un peu plus le morceau de gaine et le triple. Il m’est arrivé, un soir où je n’avais ni gaine ni plombs fendus dans ma boîte, de réaliser un montage complètement dépouillé comportant le plomb, une perle butant sur une ligature et un triple sur un fluorocarbone solide de 35 centièmes. J’ai pris deux sandres ce soir-là, ce qui m’a convaincu de l’efficacité du plomb palette à lui tout seul.
Pour le montage, vous veillerez à utiliser un fil suffisamment gros et rigide pour permettre, lorsque vous tiendrez le montage par le fil, que la gaine soit presque perpendiculaire au plomb et ne retombe pas à plat le long de celui-ci. C’est un aspect important. Avec un fil suffisamment rigide, le triple est bien mieux placé, et les poissons chipoteurs, qui attirés par le plomb tapent seulement dans la gaine, se prennent bien mieux. N’hésitez pas à réaliser vos montages avec un morceau de fluorocarbone de 30 à 35 centièmes, dont la dureté (permettant une bonne résistance à l’usure liée au passage répété du plomb et aux frottements sur le fond), la rigidité et la discrétion vous permettront de meilleurs résultats. Certains, comme Guillaume (qui pêche souvent en Seine avec des plombs assez lourds de 20 à 25 grammes), doublent un fluorocarbone de 30 centièmes sur 15 cm au-dessus du triple. Ils le torsadent puis le nouent. Ils augmentent ainsi encore sa rigidité, sa résistance à l’usure et se font un peu moins couper par les brochets. Veillez à bien déboucher le trou du plomb palette, voire à l’agrandir pour que ce dernier coulisse bien sur le fil et ne voie pas sa nage entravée.
L’émerillonVous pouvez préparer d’avance des montages sur un morceau de fil d’environ 70 à 80 cm terminé par un émerillon et les stocker, soit sur un petit dévidoir de pêche au coup, soit dans un petit sachet plastique. Ainsi, vous pourrez en changer facilement en cours de pêche en les raccordant directement au bout de votre ligne.
Personnellement, je ne m’encombre pas toujours de l’émerillon, notamment lorsque je pêche en canal du bord à courte distance, voire à l’aplomb de mon scion, car les risques de voir le plomb tourner et vriller la ligne sont minimisés. J’évite ainsi de taper l’anneau de tête de ma canne avec l’émerillon en voulant ramener le leurre en bout de scion. S’il est bien animé, un plomb palette ne tourne pas beaucoup, mais part plutôt de droite à gauche en une série de zigzags. Dans les grands courants, en profondeur et en lancer ramener, il est recommandé d’utiliser un émerillon pour éviter de vriller son fil ou sa tresse.Ajouter un leurre
En plus de la gaine, il est possible de placer un leurre sur l’hameçon triple, mais vous veillerez à ce que celui-ci ne soit pas trop gros. N’oubliez pas que c’est avant tout le plomb qui « pêche ». Un plomb palette fonctionnera bien s’il n’est pas bridé ou ralenti dans sa chute. Aussi, lorsqu’on lui adjoint un leurre un peu gros, de type virgule de 10 cm par exemple, on casse son action. Certes, on peut encore prendre du poisson, mais on aurait été probablement plus efficace en armant le leurre avec une simple tête plombée. Guillaume aime particulièrement ajouter un petit poulpe blanc par-dessus le tube. Celui-ci n’entrave pas la nage du leurre et ses tentacules viennent recouvrir l’hameçon triple et ajouter un signal supplémentaire. Ce petit teaser peut être pris même à l’arrêt, lorsque le plomb touche le fond. Dans ce cas, le bon coulissement du fil à travers le trou du plomb est un atout pour une bonne prise en gueule par le poisson. N’hésitez pas à varier les montages en changeant de grammage et de couleur de tube ou de poulpe. Les tubes ont un diamètre d’environ 3 mm. Ils peuvent être en silicone, en latex ou en caoutchouc de différentes couleurs. La plus courante est le rouge, mais vous pourrez la changer pour du blanc, du jaune, du chartreuse transparent, du rose… D’après Guillaume, qui a un bon retour d’expérience avec ses collègues de pêche, la couleur a son importance, surtout sur les perches. Un poste qui a donné quelques poissons et s’est tari peut redonner de suite des poissons sur un simple changement de couleur de gaine. Comme pour la pêche de la truite au streamer en réservoir ou la pêche des bars à l’anguillon, il faut trouver la bonne couleur. Souvent, cela permet un meilleur score, parfois c’est indispensable pour prendre un poisson. Essayez de pêcher à deux sur un même poste et n’utilisez pas la même couleur, vous trouverez ainsi plus vite celle qui marche le mieux. Utilisez des hameçons triples suffisamment gros, de taille 4 ou 6 pour le sandre, 6 pour la perche et les plombs de petits grammages. Pour la perle, choisissez-la si possible en verre, car elle va cliqueter contre le plomb en rendant le montage plus attractif.
L’animation
Le plomb palette n’est pas un leurre qui pêche « seul ». S’il est d’une sobriété déconcertante, il n’est efficace que correctement animé. Il est très attractif à la descente à condition d’avoir cette nage erratique que seul peut lui permettre un fil détendu. Toute la subtilité de son animation réside dans la capacité du pêcheur à accompagner au plus près sa descente, sans la brider, tout en étant très proche du contact, pour sentir les touches et pouvoir ferrer. Il faut trouver le juste milieu. A la montée, il faut taper un peu dans le leurre une ou plusieurs fois en le tirant vers le haut pour le faire virevolter, avant de le relâcher à nouveau en contrôlant sa descente. Une animation molle ne réussira pas à ce leurre, elle doit être sèche. Son amplitude peut par contre être minimaliste, en alternant des pauses sur le fond et des sauts de 10 cm, ou plus ample en s’échelonnant sur 50 cm. Le plomb palette peut être animé verticalement sous un bateau ou à l’aplomb d’un quai ou d’une structure. Il peut aussi être lancé et ramené. L’animation du plomb palette peut encore se faire en pleine eau, lorsque les poissons ne sont pas collés au fond. C’est toutefois essentiellement une pêche de fond qui donne de bons résultats en période froide, quand les carnassiers sont en bas de la couche d’eau. Lorsqu’on sait les poissons présents sur un poste ou que le poste est très marqué et prometteur, il convient d’insister et d’alterner les rythmes et amplitudes d’animation et les couleurs.
La canne
Pour pêcher efficacement et aussi confortablement, vous rechercherez une canne courte, d’action de pointe très marquée, avec une bonne réserve de puissance dans les deux tiers arrière. Sur les animations, seul le bout du scion doit travailler, permettant un contact subtil avec le plomb. Au ferrage, la puissance du reste du blank permet d’ancrer l’hameçon. La canne travaille ensuite sur toute sa longueur pour contrer les rushs des plus beaux poissons. Lorsqu’il pêche au « plomb pal », Guillaume utilise exclusivement la Spécialist Sinker Jig de Pezon et Michel. Cette petite canne de 1,95 m a été conçue par Jérôme Riffaud, un de ses collègues occasionnels de pêche, pour cette technique spécifique. Cette canne est particulièrement réussie. Il existe de multiples autres cannes pouvant convenir à cette technique sur le marché, notamment des cannes verticales en action médium heavy. Merci à Guillaume pour le partage de son expérience.

Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle
La vente de l’impressionnante
collection de Jacques Demaugé-Bost, constituée par 300 lots, est organisée par
la maison de ventes Dupont, à Morlaix en Bretagne, le samedi 31 mars prochain.
Parmi cette collection, une série de 30 cannes à mouches en bambou refendu
Pezon et Michel dont des Super Parabolic P.P.P. (Puissance Pendulaire
Progressive) – estimées entre 500 et 600 euros -ou encore des cannes Orvis ou
Ogden Smith. Des moulinets automatiques seront également présentés, notamment des
modèles Abeille et Cordel estimés entre 150 et 200 euros. Les collectionneurs y
trouveront aussi des mouches rares, de beaux objets et une bibliothèque
halieutique accueillant notamment la pièce la plus impressionnante de cette
vente : « Quaint Treatise and Flies and Flymaking by an old fisherman » edited W.H. Aldam, un ouvrage datant de 1876 et
estimé par les experts de la salle des ventes à 3 000 euros.Renseignements :
Hôtel des Ventes de Morlaix
37 rue de Paris 29600 Morlaix
02 98 88 08 39

Comment choisir sa canne à mouche ?
Le choix d’une canne à mouche pose souvent problème aux débutants – tout comme aux pêcheurs expérimentés – qui veulent découvrir une technique de pêche nouvelle pour eux. Cet article a pour but de vous renseigner sur les longueurs et les actions destinées à chaque technique, afin d’éviter des erreurs de choix, qui au-delà des désagréments qu’elles occasionnent, peuvent aussi générer des défauts dans la façon de lancer, avec tout ce que cela comporte.
Par Philippe Boisson.
Jamais dans l’histoire de la pêche à la mouche, nous n’avons connu une telle profusion de modèles, de gammes et de marques de cannes à mouche. Les pêcheurs débutants, ou ceux qui souhaitent s’intéresser à d’autres poissons que ceux qu’ils pêchent habituellement se retrouvent confrontés au problème du choix d’un nouvel outil. Et celui-ci n’est pas simple : quelle longueur, quel numéro de soie, quel encombrement ? Pour vous aider à vous y retrouver dans les centaines de modèles disponibles, voici quelques aspects qu’il faut connaître pour être en mesure de choisir une canne pour chaque technique.
L’action de la canne, c’est quoi au juste ?
La notion “d’action” concernant une canne à mouche est à la fois déterminante et généralement très mal définie, car elle n’est régie par aucune volonté commune de la part des fabricants. L’action d’une canne correspond à la courbe que prend l’ensemble de la canne sous la traction. Les cannes affichent des actions plus ou moins paraboliques (en forme de cercle) en fonction du cône de leur blank (éléments de graphite et de résine). Au milieu du XXe siècle, Pezon & Michel passait chaque canne en bambou refendu devant un tableau noir gradué et accrochait au bout de chacune d’entre-elle un poids d’un Newton (102 grammes) pour en vérifier l’action. Depuis, peu de fabricants cherchent à renseigner les acheteurs sur ce point précis. On parle alors d’action “de pointe”, “semi-parabolique“, “parabolique”, d’action “rapide” ou “lente”. Seule la marque américaine Orvis tente depuis des années de rendre plus lisible aux yeux des utilisateurs cette notion d’action, à l’aide de courbes reproduites sur le papier des catalogues qui correspondent aux différentes actions des produits de la marque sous la dénomination tip flex, mid flex, etc.
Pour les autres marques, c’est au client de juger et de se faire une idée à partir des commentaires trouvés sur les catalogues, mais celles-ci n’ont souvent qu’une valeur indicative relativement floue. C’est dommage, car tout le monde gagnerait à plus de clarté dans une définition normalisée de l’action des cannes, mais pour le moment, c’est ainsi, et il faut bien faire avec… Les seules indications générales utilisées par les fabricants dont on dispose, concernent donc les notions d’actions “de pointe”, “semi-parabolique”, “paraboliques”, “progressives”, “lente” ou “rapide”. Dans ce jargon, je préfère les trois premières dénominations plus justes, à mon sens, que les trois dernières. Car concernant les actions dites “progressives”, La Palisse n’aurait pas fait mieux, puisque les cannes sont toutes coniques, et ne peuvent être pourvues d’actions autres que progressives… Quant aux actions dites “lentes” ou “rapides”, elles prêtent à confusion entre deux notions qu’il ne faut pas mélanger : l’action et la puissance des cannes. D’une manière générale, une canne considérée d’action “de pointe” plie sur le premier tiers de sa longueur lors du lancer (environ car cela dépend de chaque modèle). Une canne semi-parabolique sur les deux premiers tiers, et une canne parabolique sur la quasi-totalité de sa longueur. Cette schématisation des actions des cannes à mouches permet de déceler les sections des cannes qui entre naturellement en action lors du lancer. Lors d’un lancer à longue distance ou sous l’action d’un forte traction, une plus grande partie de la canne présente une courbe plus ou moins prononcée.
Quelle canne pour quelle utilisation :Conseiller une canne à mouche est un exercice forcément arbitraire. Il existe parmi les pêcheurs des représentants de différentes “écoles” : celles des longues cannes de plus de 9 pieds pour la pêche de la truite, longueur rendue possible par l’avènement de la fibre de carbone ou des très petites cannes de moins de 8 pieds très en vogue chez nos voisins italiens, celles des amateurs de longs bas de lignes, etc. En France, l’essentiel des cannes vendues concerne des longueurs comprises entre 8’6 et 9’6, la longueur de 9 pieds restant le standard dans notre pays.
Pêche de la truite et de l’ombre à la mouche sèche
Cette avec cette catégorie que l’on a le plus de liberté dans le choix de la canne, tant dans les actions que dans les longueurs. Une longue canne ne lance en effet pas plus loin qu’une petite ! Ceci étant, c’est plutôt le type de cours d’eau qui va dicter le choix. Tout d’abord, il y a le cas des petits cours d’eau, de quelques mètres de largeurs, à propos desquels s’affrontent depuis longtemps l’école des cannes courtes de 6 ou 7 pieds, discrètes et maniables et celle des très longues cannes de 9’6 à 11 pieds, plus encombrantes certes, mais qui permettent en un minimum de lancers de présenter la mouche au poisson. En France, il existe une tradition tenace de pêcher les ruisseaux et les petits cours d’eau avec des longues cannes. Dans le cas d’un pêcheur débutant, je conseillerai d’aborder ce genre de terrain avec une canne de longueur standard (8’6 ou 9 pieds) et de choisir son camp plus tard, si le besoin s’en fait sentir. Autre particularité de la pêche à la mouche sèche de la truite et de l’ombre, la pêche des eaux dites “rapides” où là encore, les pêcheurs français ont un faible pour les longues cannes pour soies fines (par exemple : 10 pieds pour soie n° 3). Ce genre d’ensemble permet de limiter les risques de dragage de la mouche, accru par les turbulences de l’eau, en ne laissant que peu de soies sur l’eau. Ce choix a la préférence de nombreux bons pêcheurs de torrents de montagne. En revanche, une longue canne n’apporte rien lorsque l’on doit pêcher à la mouche sèche une paisible rivière de plaine.
Pêche à la mouche noyéeVoici au moins une catégorie où tout le monde est d’accord ! Les cannes pour pêcher à la mouche noyée sont d’une longueur minimum de 9 pieds. Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds. La canne doit permettre de “guider”, ralentir, ou au contraire accélérer la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnant la soie, en jouant avec les différentes veines de courant. Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés, fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement.
Pêche à la nymphe à vueCette technique demande une grande vitesse d’exécution. Le pêcheur doit lancer rapidement un très long bas de ligne (5 mètres minimum) sur la trajectoire de poissons souvent en mouvement. Il s’agit aussi de la technique où les fils les plus fins sont utilisés. Une bonne canne pour pêcher à la nymphe à vue présente une longueur de 8 à 9 pieds, qui permet le meilleur compromis pour à la fois lancer rapidement et manipuler un bas de ligne de 6 ou 7 mètres. Des cannes plus longues ou plus courtes n’offrent dans ce cas aucun avantage. L’action doit être semiparabolique. Contrairement à l’idée reçue, une canne d’action de pointe n’est pas très adaptée à cette technique en raison de la difficulté à ferrer et à tenir des poissons avec des pointes de bas de lignes en 10, 8 ou parfois 6/100.
Pêche à la nymphe “au fil”
La pêche de la truite et de l’ombre “au fil” est directement dérivée de la pêche au toc. La canne est tenue en position haute, le pêcheur gardant un oeil sur le bas de ligne pour déceler la touche. Si l’on ne veut pas pêcher durant des heures avec le bras qui tient la canne complètement tendu et levé, mieux vaut opter pour une longue canne. Les spécialistes de cette technique utilisent des cannes de 10 ou 9’6 pieds pour soies n° 4 ou 5 d’action semi-parabolique, qui ont tout intérêt à être très légères car la canne est toujours tenue en position haute.
Carnassiers à la mouche
La pêche du brochet ou du sandre à la mouche demande un matériel capable de propulser des mouches volumineuses, souvent chargées d’eau lorsqu’on doit les relancer. La canne sera choisie en priorité en fonction du type de mouche que l’on doit lancer. S’il s’agit de la pêche du brochet, recherché avec des streamers pouvant atteindrent 20 cm de longueur pour un volume important, le choix de la canne ne peut être le fruit du hasard. Lancer ce genre de mouche toute la journée est un exercice fatiguant dans le meilleur des cas… Une mouche lourde et volumineuse se lancera toujours plus facilement avec une canne d’action semi-parabolique, voire quasiment parabolique, plutôt qu’avec une canne d’action de pointe. La canne “encaisse” ainsi beaucoup mieux le poids de la mouche, surtout si l’on a recours à une soie plongeante, dont la densité est elle aussi génératrice d’à-coups qui perturbent les lancers. Une canne de 9 pieds ou 9’6 pour soie n° 8 ou 9 constitue un bon choix pour pêcher le brochet. Un modèle pour soie n°7 ne permet pas de lancer facilement une mouche volumineuse, surtout si l’on est pas un as du lancer en double traction.
La pêche en mer
Très en vogue actuellement la pêche à la mouche en mer, qu’il s’agisse de pêche le long de nos côtes ou de contrées beaucoup plus exotiques implique l’utilisation de cannes puissantes, qui doivent permettre de lancer très rapidement. Que ce soit à la recherche des bonefishs ou des permits, des tarpons ou de bars occupés à chasser, le pêcheur dispose de quelques secondes pour présenter sa moucheà des poissons qui ne restent jamais très longtemps à porter de lancer. C’est l’une des clefs de la réussite, sinon la principale. On constate depuis quelques années une nette amélioration des modèles de cannes pour la pêche en mer et c’est tant mieux. Ces cannes sont généralement typées d’action semi-paraboliques qui permettent de fatiguer un gros poisson tout en rendant possible les lancers en double traction. Une bonne canne pour pêcher en mer n’est donc ni une “trique”, ni un manche à balai, mais plutôt un outil progressif, mais puissant. La référence en la matière fut durant longtemps la série des cannes Sage RPLx, remplacées depuis par d’autres versions également très recommandables. Ces cannes avaient la préférence des meilleurs pêcheurs de tous les océans de la planète, à commencer par Billy Pate, dont on pouvait apprécier sur les photos des magazines du monde entier la courbure parfaite de sa RPLx 9’ # 12 en train de mater un gros tarpon. Pour quelqu’un qui ne connaît pas les cannes à mouche pour la pêche en mer, une 9’#12 est forcément plus proche d’un poteau télégraphique que d’un cure-dent. L’impression est trompeuse est bien souvent, la première acquisition n’est pas franchement la bonne. Norbert Morillas et moi avions acheté en 1996 chacun une Sage RPLx 9’# 8 par correspondance pour pêcher le bonefish à Cuba. Cette canne s’est avérée bien “light” lorsqu’il s’agissait de lancer à plus de vingt mètres en quelques secondes par un vent de travers soutenu comme celui qui souffle sur les atolls des Caraïbes. Le modèle pour soie n° 9 aurait été beaucoup plus polyvalent et plus efficace. La différence de puissance entre les deux modèles était très importante. Il y a ici une grosse différence entre une canne que l’on “brandouille” sur un salon et son utilisation réelle, dictée par les éléments ! Disons qu’un pêcheur de truite qui découvre la pêche en mer aura l’impression de pouvoir se débrouiller avec une canne qu’il jugera convenable, mais qui s’avèrera insuffisante en action de pêche. Les modèles pour soies de 9 sont de loin les plus polyvalents, mais selon les marques, les puissances ne sont pas identiques. Les cannes pour soies n° 10 permettent la recherche de plus gros poissons (permits, tarpons de poids moyen, carangues) et selon leurs actions peuvent autoriser le lancer de mouches plus lourdes et volumineuses. Avec les cannes pour soies n° 12, on quitte le domaine des engins confortables pour des produits avec lesquels il ne fait pas bon lancer très longtemps ! Ces cannes sont à réserver aux tarpons de belles tailles, aux grosses carangues, ainsi qu’aux petits thonidés.
Dans tous les cas ce genre de canne est destiné, soit à la pêche de poissons “teasés”, soit à la pêche à vue (cas du tarpon en eaux claires) où les lancers se comptent sur les doigts d’une main, effectués “à coup sûr”. Idem pour les cannes pour soies n° 14 ou 15, dont l’utilisation est réservée à la pêche des poissons à rostres ou aux grosses carangues ignobilis. Concernant les longueurs, la taille de 9 pieds (2,74 m) est devenue depuis longtemps le standard, voire 8’6 (2,56 m) pour les cannes de forte puissance pour soies 14 ou 15. Pour ce type de cannes, la longueur est un handicap en raison du poids.
Le nombre de brinsLa mode est aux cannes de voyage, en trois, quatre voire cinq brins. Certaines gammes de cannes à mouche ne sont aujourd’hui plus proposées en deux brins, ce qui est dommage pour les pêches “à domicile”, car une canne en deux brins est à la fois plus légère et plus agréable qu’un modèle en trois ou quatre brins, surtout dans les petits numéros de soies. Mais si l’on doit prendre l’avion, les cannes dites multibrins sont incontournables. Pour en avoir fait l’expérience maintes fois, les meilleures cannes de voyages sont celles dont les tubes rentrent entièrement dans un grand sac de voyage. Cela résout complètement le problème des tubes qui ne passent pas sur les tapis roulants des aéroports. Les problèmes de pertes et les vols, très fréquents sur certaines destinations, sont également résolus de cette manière. Les cannes en quatre brins sont, dans ce cas, souvent préférables aux modèles en trois brins, qui restent d’un encombrement important pour les modèles d’une longueur supérieure à 9 pieds.

Pezon & Michel Spécialist Vertical Spécial
Pezon & Michel nous a habitué à des cannes aux blanks sensibles ainsi qu’aux actions de pointes marquées. Cette nouvelle canne dédiée à la pêche à la verticale tient ses promesses et affiche une belle allure, le tout pour un prix très raisonnable. Voyons ce qu’il en est en action de pêche.
J’ai toujours regretté de ne pas m’être rendu acquéreur d’une Pezon & Michel Sinker Jig, canne apparue sur le marché il y a quatre ou cinq ans et dont le blank est d’une rare pureté, tant par sa fibre que par son action de pointe très marquée.
J’aurais pu me décider, mais l’arrivée de cette Spécialist Vertical Spécial l’a finalement emporté. La raison est simple : le blank est similaire à celui de la Sinker Jig et les éléments la composant sont plus adaptés à la pêche à la verticale, avec des anneaux de faible diamètre et une poignée ultracourte. Dès la prise en main, une impression de légèreté et de bon équilibrage se dégage instantanément. Impression confirmée en action de pêche après plusieurs heures d’utilisation.La Verticale Spéciale mesure 1,90 m et le fabricant l’a prévue pour utiliser des poids de leurres de 14 à 28 g. En pratique, on s’aperçoit très vite que 14 g sont un maximum. Au-delà, 17, 21, 28 g, le scion plie et cherche à amortir les mouvements, ce qui ne permet plus un suivi précis du fond. Il s’agit donc d’une excellente canne de verticale légère qui procure un très grand plaisir de pêche, un ressenti de l’évolution du leurre parfait, à condition de ne pas trop lui en demander. Pour en être amoureux depuis quelques semaines, je conseille de l’utiliser surtout en lac avec un grammage ne dépassant pas 15 g. Pour la pêche lourde en rivière où le courant est toujours présent, il vaut mieux passer à l’artillerie lourde si l’on veut ferrer efficacement de gros carnassiers.
On voit nettement que Pezon & Michel a voulu faire une canne très technique, avec, je le répète, un blank à faire rougir certaines marques proposant des produits trois fois plus chers. La poignée propose un très beau liège et une préhension qui a été très bien étudiée, car la pêche à la verticale procure une fatigue au niveau du poignet et de la main. Rares sont les fabricants qui proposent autre chose qu’un porte-moulinet brut sur lequel la main du pêcheur côtoie directement le pas de vis… Le travail qui a permis la création de cette canne doit en tout cas être salué et encouragé. L’idéal serait la création d’un modèle plus puissant pour disposer d’un tandem cohérent et efficace en fonction des grammages choisis.
Caractéristiques :
Longueur : 1,90 m.
Poids : 110 g.
Puissance : 14-28 g.
Nombre d’anneaux : 7.
Ligne recommandée : 8-16 lb.
Prix conseillé : 169 euros.
Livrée avec housse.