Étiquette : Pêches Sportives

  • Législatives – Un billet d’humeur de Philippe Koeberlé

    Législatives – Un billet d’humeur de Philippe Koeberlé

    Auteur franc-comtois dont nous vous proposons régulièrement les ouvrages, membre actif du collectif SOS Loue et Rivières Comtoises, Philippe Koeberlé s’adresse ici aux candidats aux législatives de sa région : « Depuis 12 ans, les truites et les ombres de la Loue, et des autres rivières du Doubs, sont décimés par la pollution.

    Depuis 12 ans, études, colloques, réunions, projets se succèdent, mais l’inaction des différents responsables sur le terrain fait qu’aucune amélioration n’est constatée. Depuis 12 ans, les causes et les solutions sont connues, en particulier grâce à l’étude de la faculté des sciences de Franche-Comté (qui a couté 1.2 millions d’euros). La Loue, dont une partie est sur votre circonscription, est à l’agonie, n’abritant au mieux que 20 % de son potentiel piscicole. C’est sans doute la dernière législature où son sauvetage est possible. A l’heure où nous vous posons cette question, des poissons meurent dans l’eau qu’une partie de la population boit, où nos enfants se baignent.

  • La Durance dévastée sur une quinzaine de kilomètres après une vidange de barrage

    La Durance dévastée sur une quinzaine de kilomètres après une vidange de barrage

    Dans le cadre de sa vidange décennale, le barrage de Pont Baldy sur la Durance est le point de départ d’un véritable massacre sur près de quinze kilomètres en aval. La rivière mettra plusieurs années à se remettre d’une telle concentration en sédiments. Ce type d’opération, qui n’a rien d’accidentel, était prévue depuis longtemps, mais le pire a eu lieu malgré les mises en garde des pêcheurs à propos du niveau très bas de la Durance lors de cette vidange.

    600 g par litre d’eau, c’est la concentration en sédiments relevée après l’opération de “chasse” pratiquée durant sept jours sur la retenue de Pont Baldy entre Embrun et Briançon sur la Durance. Il s’agissait d’une vidange décennale semblable aux précédentes, mais dont le faible débit de la rivière (7 m3/s) en raison d’une faible quantité de neige fondue n’était pas favorable à ce type d’opération.

     

     

  • Le (nouveau) calendrier des saisons

    Le (nouveau) calendrier des saisons

    Le changement climatique bouleverse nos habitudes et nous demande de tenir compte d’un nouvel ordre des choses. Désormais, l’hiver cède la place au printemps sans grande transition, l’été se veut plus torride en haute montagne, et les parcours de gorges d’ordinaire tardifs se réveillent plus tôt. Pour ne pas passer à côté des moments forts de la saison, mieux vaut tenter de comprendre ce qui a changé. 

    Comme nos chers poissons, nous devons nous adapter à l’évolution récente du climat en dépit d’une versatilité qui nous prend souvent de court lorsqu’il s’agit de planifier des sorties de pêche. Malgré le constat de profonds changements du climat, nous nous accrochons à nos vieilles habitudes, car elles ont été façonnées par tant de souvenirs impérissables. Au regard des dates sur les photos, on peut vérifier que la mémère prise devant l’hôtel de la Poste était de sortie le 21 juin 1997, jour de la fête de la musique, coïncidence fortuite.

    Pas besoin de photo pour se rappeler de la date de ce coup du soir inoubliable de tout début juillet 1993, où les truites se gavaient de grandes perles alors que l’eau, quasiment couleur café au lait, léchait les hautes herbes sur la rive. Mais tous ces souvenirs peuvent désormais nous jouer de sales tours en nous renvoyant au temps où les saisons se faisaient à peu près normalement. Pour les pêcheurs nés au début du XXe siècle, ce que j’ai connu comme saisons du haut de mes 55 ans ne voudrait sans doute pas dire grand-chose car, à leur époque, les rivières tenaient l’eau longtemps entre deux crues.

     

     

  • Hanák Compétition / Thorax tungstène fendu

    Hanák Compétition / Thorax tungstène fendu

    En forme de thorax et en tungstène, ces lestages réalistes assurent un résultat naturel et efficace. Ils sont disponibles en quatre tailles : 2,4 x 4,7mm, 2,7 x 5,3mm, 3,2 x 5,7mm, 3,6 x 6mm.
    Disponible sur : www.moucheshop.com

  • Sakura / Golem 600 F

    Sakura / Golem 600 F

    Très imposant pour un crankbait, le Golem 600 F ne fait pas dans la dentelle. Il fait partie des trois ou quatre plus gros leurres dans cette catégorie. De ce fait, il a été conçu pour provoquer les brochets, silures, gros sandres et black-bass. Sa profondeur maximale de pêche atteint les six mètres, soit deux bons mètres de plus que la plupart de ces concurrents. Sakura répond donc à l’attente de nombreux pêcheurs, qui demandent depuis longtemps un crankbait qui puisse pêcher à cette profondeur. Certes sa manipulation souffre quelque peu de la pression qu’il exerce sur la ligne. Une canne spéciale crankbait s’avère très utile pour plus de confort.

    Longueur : 8 cm (hors bavette).
    Poids : 29 g.

    Conseils d’utilisation :
    Le Golem 600 F s’utilise comme tous les crankbaits flottants, en récupérant canne basse et en moulinant rapidement sur les premiers mètres pour le faire plonger plus vite. Ensuite, on doit le sentir travailler à son rythme. Ne pas hésiter à faire des arrêts de quelques secondes. Les sandres y sont très sensibles et les brochets également).

    Prix conseillé : 12 e.
    Liste des points de vente : www.sakura-fishing.com

  • Buzançais –  » La plage »

    Buzançais –  » La plage »

    Sur la rivière l’Indre, un coin de pèche à la mouche sympa de mai à septembre. Eau relativement transparente, courants changeant selon l’endroit de pêche. Jolis poissons (hélas pas de truite) gros chevesnes, barbeaux, ablettes, gardons, perches, brochets… bref de quoi d’amuser. D’autres coins de pêche à la mouche dans l’Indre sur Alamouche36.fr

  • Un poisson, ça bouge énormément !

    Un poisson, ça bouge énormément !

    Les poissons sont des animaux très mobiles : presque toutes les espèces se déplacent, à la recherche notamment des habitats indispensables à leur cycle vital. Essayons de mieux comprendre les raisons de ces comportements migratoires et leurs grandes caractéristiques.

    Par Guy Périat et Sylvain Richard

    Comme tous les organismes vivant, le poisson doit accomplir différentes fonctions biologiques tout au long de son cycle de vie. Certaines de ces fonctions doivent être réalisées presque quotidiennement, afin de permettre aux
    individus de grandir et de se protéger des contraintes du milieu ou d’autres individus : ce sont l’alimentation et le repos.  D’autres sont réalisées moins fréquemment, mais elles s’avèrent cependant tout aussi importantes, car elles concernent des phases critiques de la vie des individus.  Il s’agit de la reproduction, indispensable pour assurer la descendance, ou encore du refuge, lorsque temporairement les conditions de vie deviennent moins favorables.

    Des déplacements liés au cycle vital des espèces

    Ces différentes phases biologiques nécessitent des caractéristiques hydrauliques et morphologiques du cours d’eau particulières pour être accomplies, propres à chaque espèce voire à chaque stade de développement. La réalisation du cycle vital des organismes requiert donc la présence d’une diversité d’habitats aquatiques. Corollairement, ces habitats quotidiens ou critiques pouvant se trouver plus ou moins éloignés les uns des autres, les espèces doivent nécessairement se déplacer pour y accéder. Plusieurs types de déplacements peuvent être distingués, en faisant référence à des comportements différents. Lorsque les déplacements sont courants et concernent les phases quotidiennes des individus, on parle alors de mouvements. Quand ces déplacements correspondent à des mouvements d’individus en nombre vers leurs habitats critiques, alors ce sont plutôt des migrations. Enfin, on parlera de dispersion lorsque les déplacements concernent des individus qui vont quitter leur population initiale pour coloniser d’autres tronçons de cours d’eau ou bassins versants. Ce sont principalement les phénomènes de migration et de dispersion qui vont nécessiter les déplacements les plus importants, non seulement en distance parcourue mais également en nombre d’individus concernés.


    Des besoins migratoires différents en fonction des espèces

    En fonction des espèces, qui présentent des cycles de vie différents, les besoins migratoires apparaissent très variables. En règle générale, plus une espèce est liée à un ou des habitats particuliers pour accomplir une fonction biologique, par exemple pour se reproduire, et plus elle peut être amenée à effectuer de grandes migrations pour trouver cet habitat. Chez les poissons, on distingue couramment deux grandes catégories de migrateurs.
    La première concerne les migrateurs dits amphihalins, c’est-à-dire devant impérativement changer de milieu pour accomplir leur cycle de vie, en passant alternativement du milieu marin au milieu continental. Cette particularité entraîne pour ces espèces un déterminisme biologique lié aux migrations très fort : si elles ne peuvent effectuer leurs déplacements, alors bien souvent les espèces disparaîssent car elles peuvent difficilement compenser l’absence d’un habitat critique par un autre.Certaines espèces amphihalines sont dites potamotoques, ce qui signifie qu’elles se reproduisent en eau douce dans les cours d’eau et vont grandir en eau salée dans la mer ou l’océan. Ce sont par exemple les salmonidés migrateurs tels le saumon ou la truite de mer, les aloses, les lamproies, mais également l’esturgeon européen et même le petit éperlan. Inversement, les espèces thalassotoques se reproduisent en mer et viennent grossir dans les cours d’eau. On compte dans ce groupe les mulets, le flet ou encore l’anguille européenne.
    La seconde catégorie concerne les poissons accomplissant l’ensemble de leur cycle biologique au sein des cours d’eau, appelés migrateurs holobiotiques. Si les distances  parcourues sont plus modestes, le déterminisme lié aux déplacements peut être fort également pour certaines espèces. C’est notamment le cas de la truite ou de l’ombre commun, pour lesquels de nombreuses études ont mis en évidence l’importance des flux migratoires en période de reproduction, que ce soit en nombre d’individus migrants ou en distances parcourues pouvant atteindre plusieurs kilomètres. Mais les déplacements liés à la reproduction ou à la recherche de nourriture peuvent également être  significatifs et approcher plusieurs kilomètres voire dizaines de kilomètres pour des espèces comme le barbeau fluviatile, la vandoise, le sandre ou encore le  brochet.

    Des migrations vers l’amont, vers l’aval et vers les annexes latérales

    Le type de déplacement le plus connu est celui effectué de l’aval vers l’amont, appelé montaison. Il permet aux espèces migratrices d’atteindre des habitats de reproduction ou de grossissement situés plus en amont dans les bassins versants. Tout le monde a en tête les images des milliers de saumons du Pacifique remontant les fleuves d’Amérique du nord vers leurs frayères de prédilection. Dans nos contrées, si l’on est aujourd’hui très loin de ces déplacements de masse pour les salmonidés migrateurs, des migrations importantes peuvent cependant être observées certaines années pour des espèces comme les aloses.
    D’importants déplacements se font également de l’amont vers l’aval. C’est le comportement de dévalaison. Moins connue, la dévalaison n’en est pas moins fondamentale pour le cycle de vie de la plupart des espèces. En effet, les individus adultes qui remontent le cours d’eau pour la reproduction doivent pouvoir retourner sans encombre vers les habitats de grossissement qui leurs sont nécessaires le restant de l’année. Et les juvéniles nés sur les frayères, après avoir atteint une taille respectable, sont bien souvent obligés de quitter les secteurs amont de reproduction et de dévaler pour accéder aux portions plus aval des cours d’eau, et coloniser ainsi des secteurs présentant des habitats de grossissement intéressants.
    Les espèces peuvent également avoir un comportement de dévalaison lié à la reproduction. C’est le cas de certaines populations de barbeaux, colonisant des cours d’eau froids dans lesquels les géniteurs dévalent pour rechercher une température de l’eau optimale sur les frayères ; et bien sûr de l’anguille qui, en automne, à la faveur des coups d’eau, regagne l’aval des fleuves puis le domaine maritime pour entamer une longue migration vers les frayères de la mer des Sargasses.
    Une troisième dimension peut être observée pour les déplacements des espèces : elle concerne l’accès à des habitats situés dans le lit majeur des cours d’eau. On pense bien sûr tout de suite au brochet, qui pour se reproduire est dépendant des débordements lors des crues qui connectent et ennoient les prairies rases et les dépressions des bords de cours d’eau. La lote également, poisson discret s’il en est, va gagner les bras morts et les annexes latérales à la saison froide pour s’y reproduire. Ces annexes latérales constituent également des habitats de refuge de grande qualité, lors des crues, quand la plupart des poissons viennent s’y abriter, mais aussi en période d’étiage estival ou hivernal, en raison de leurs connexions avec la nappe d’accompagnement qui leur confère un régime thermique tamponné, frais en été et tempéré en hiver.

    Quand les poissons ne peuvent plus migrer…

    L’édification de nombreux seuils et barrages sur les cours d’eau a depuis longtemps modifié plus ou moins profondément ces équilibres, en limitant ou en interdisant l’accès aux habitats clés du développement de certaines espèces. Les conséquences ont été majeures pour les grands migrateurs, qui ont ainsi vu leurs aires de répartition et leur abondance se réduire drastiquement au cours du XXème siècle.
    Ce constat déjà ancien est à l’origine de toute l’ingénierie développée depuis plusieurs décennies en matière de dispositifs de franchissement, que ce soit pour la montaison ou pour la dévalaison des espèces. Même s’ils sont dans bien des cas indispensables, il faut bien avoir à l’esprit que la mise en place de tels dispositifs ne constitue pas une solution idéale de restauration, mais bien une mesure de réduction d’un impact. En effet, aussi high tech que peut être un dispositif, celui-ci aura toujours une certaine sélectivité vis-à-vis des poissons migrateurs et son fonctionnement devra être contrôlé rigoureusement et fréquemment pour être garanti au fil du temps.
    Ainsi, sur les secteurs aux enjeux de libre circulation significatifs, la mise en place de dispositifs de franchissement doit être réservée aux seuls ouvrages que l’on ne peut pas supprimer, avec un usage économique, patrimonial ou lié à la sécurité publique, réel. Dans les autres cas, il est important de privilégier la destruction du seuil : c’est le seul moyen de régler définitivement les problèmes de libre circulation tout en restaurant pleinement les équilibres morphologiques altérés par l’ouvrage, de manière à redonner au cours d’eau sa capacité à façonner localement les habitats aquatiques nécessaires aux espèces.

  • Sébile Fast Cast et Vibrato, des leurres « deux en un »

    Sébile Fast Cast et Vibrato, des leurres « deux en un »

    L’expérience de Patrick Sébile en matière de conception de leurres n’est plus à démontrer et depuis sa célèbre série lancée il y a quatre ans, quelques nouveautés ont fait leur apparition. Les jigs métalliques Vibrato et Fast Cast en font partie. Nous les avons essayés en mer cet automne avec beaucoup de succès.

    Leurres d’apparence rustique, les jigs métalliques modernes ne se résument pas à de simples morceaux de plomb taillés à la serpe. Du profil des jigs dépend leur faculté à rester attractifs lors des phases de descentes où ils doivent imiter un petit poisson blessé en difficulté. A l’inverse, les tractions doivent pouvoir les faire “slider” de façon imprévisible, de manière à déclencher des attaques réflexes. Destinés à deux registres différents, le Vibrato et le Fast Cast se veulent cependant complémentaires. Le Fast Cast est un leurre très dense, qui joue sur la vitesse de plongée et qui aime les animations sèches et vives. Idéal pour pêcher en mer en dérive, lorsque le courant soutenu impose une forte densité. Nous avons pu le vérifier lors du tournage du DVD de ce numéro avec Gaël Even, sur les bars normands. Mais c’est aussi un leurre prévu pour être utilisé en montage inversé (hameçon côté tête). Dans ce cas, il papillonne beaucoup plus à la descente, qui se trouve ralentie considérablement. Le Fast Cast se lance très loin sans boucler, ce qui pourra aussi intéresser les pêcheurs opérant depuis le bord. Souvent les jigs sont les seuls leurres qui permettent d’atteindre facilement de très grandes distances, mais aussi une profondeur importante en peu de temps. Le Fast cast existent en 14, 21, 28, 42, 56 et 84 g.

    Le Vibrato est également un leurre « deux en un » (voire trois en un). Sa disposition initiale prévoit une fixation par le dos. Cette configuration lui procure une action proche d’un lipless ou d’une lame vibrante, qui se met à vibrer à la moindre sollicitation. Moins bon au lancer que son proche cousin, il s’utilise surtout en animation verticale, mais sa densité permet toutefois de l’expédier à bonne distance sans forcer et ensuite à le ramener comme un lipless. Lors des poses, il descend de façon hésitante en changeant de direction. Sa forme plate, légèrement ventrue l’incite aux longues glissades latérales. Une action très appréciée autant des bars que des sandres ou des perches.  En enlevant l’hameçon côté queue et en nouant le bas de ligne directement sur l’anneau brisé, on obtient un leurre qui ne vibre plus, mais qui devient redoutable sur les glissages imprévisibles. Dans cette configuration, le Vibrato devient autant un jig qu’une cuiller ondulante. Le Vibrato se destine autant à l’eau douce qu’à la mer. Sept modèles de 14, 21, 28, 120, 150, 200 et 300 g.

    Ces deux leurres très réussis demandent un peu de pratique pour comprendre le panel de nages dont ils sont capables. Des possibilités qui permettent de s’adapter à l’humeur des poissons. Il s’agit aussi de leurres de prospection rapide, lorsqu’en début de partie de pêche, on ne sait pas trop à quelle profondeur se trouvent les poissons mordeurs. Ils renseignent aussi sur la taille des poissons qui se trouvent sous le bateau, car les jigs intéressent les prédateurs de toutes tailles. Deux leurres qui contrairement aux apparences, ne sont pas qu’une remise au goût du jour de modèles ancestraux. Patrick Sébile a vu juste en créant ces modèles efficaces, qui ne prennent que très peu de place dans les boîtes et qui rendent de grands services !

    P. B.


    Prix conseillés :
    entre 9,50 et 13,50 euros pour le Fast Cast. Entre 10,50 et 25,50 euros pour le Vibrato.

  • Pratique : la trousse Finsport

    Pratique : la trousse Finsport

    Rares sont les trousses de rangement du petit matériel réellement conçues pour les pêcheurs à la mouche. Finsport propose un modèle très pratique dédié à cette activité.

    La marque Finsport propose aux pêcheurs des portefeuilles destinés à stocker leur petit matériel : bas de lignes, mouches, matériaux de montage, etc. Ces portefeuilles sont réalisés dans un matériau très léger en toile rigide. Ils renferment de solides pochettes en plastique à grip de grande et petite taille. Leurs faces intérieures sont garnies de mousse et l’une des faces extérieures est dotée d’un filet élastique fermé par un rabat et une pièce en velcro. Ils possèdent en outre un clip d’attache tournant qui permet de les accrocher à un passant de ceinture par exemple. Ces boîtes sont idéales pour stocker des mouches volumineuses, des bas de lignes et divers petits accessoires. Elles sont modulables à souhait, grâce à un système de velcro, cousue sur la tranche des pochettes en plastique, qui s’agrippe à l’autre partie du velcro cousue dans la reliure du portefeuille. On peut ainsi ajouter ou retirer des pochettes selon ses besoins.


    Trois tailles de trousses

    Le modèle présenté ici est le modèle intermédiaire, qui mesure 23 cm de long par 15 cm de large pour une épaisseur de 4,5 cm. Il est vendu avec des sachets de 20 par 10 cm ou 10 par 10 cm. Ce modèle me permet de stocker, pour l’un mes mouches à bars, et pour l’autre mes mouches à brochets. J’y range aussi des bas de lignes, des doigtiers de stripping, du fil, etc. Lorsqu’une mouche a été utilisée et qu’elle est mouillée, elle est alors repiquée dans une des deux faces de mousse de l’intérieur du portefeuille.
    Ce mode de rangement est particulièrement recommandé en mer où les mouches neuves restent bien rangées, à l’abri de la corrosion, dans des pochettes bien fermées et ne sont sorties qu’au dernier moment. Les mouches piquées dans la mousse sont si possible rincées en rentrant de la pêche. Elles seront soit repiquées dans la mousse, soit rangées dans une pochette à part. En agissant de la sorte, on préserve plus longtemps son stock de mouches neuves. Ces portefeuilles existent en deux autres tailles, une plus petite et une plus grande et ils sont distribués par TOF.

    P. C.

  • L’exemple du Chéran

    L’exemple du Chéran

    Nous connaissons depuis longtemps l’équipe de l’AAPPMA de l’Albanais sur le Chéran, une magnifique rivière planquée dans sa vallée, entre Annecy et Aix-les-Bains. Sans tambour ni trompette, cette association dynamique est à l’origine d’un des plus ambitieux contrats de rivière du pays. Preuve que les pêcheurs peuvent obtenir de l’aide, à condition qu’ils ne manquent ni de courage, ni de projets.

    Par Philippe Boisson

    Le Chéran prend sa source dans le massif des Bauges en Savoie en amont du Châtelard, village martyr qui perdit la quasi-totalité de ses habitants lors d’un glissement de terrain survenu dans la nuit du 1er janvier 1931. De profil torrentueux, ce cours d’eau passe, dans sa partie aval au niveau de Rumilly (Haute-Savoie), d’environ 1 m3/s au plus sévère de l’étiage à près de 300 m3/s à la fonte des neiges pour peu que la pluie s’en mêle. D’un point de vue géologique, le Chéran coule sur un lit de gros galets dans sa partie amont, alors que sa section médiane serpente dans des gorges taillées dans du grès à ciment argileux appelé molasse. “Roche” tendre composée de limons solidifiés, ce grès se laisse facilement façonner par la rivière. Cela donne lieu à quelques bizarreries, comme la voie Bernard, un couloir qui ressemble à une piste de skateboard et dont le fond canalise l’eau dans une faille d’à peine deux mètres de largeur, visible uniquement par niveau très bas. La profondeur de cette faille doit sans doute dépasser les 8 à 10 mètres. Le grès donne une jolie couleur émeraude aux eaux du Chéran qui prend des allures d’oasis en été. A la sortie des gorges au niveau de Rumilly, le Chéran a beaucoup souffert des extractions de graviers et de l’urbanisation qui a donné lieu à un vaste programme de renaturation qui commence à porter ses fruits aujourd’hui. Cela n’aurait pas été possible sans le concours d’un personnel compétent et de moyens financiers et humains importants. Porté par les pêcheurs, ce projet nécessita quelques modifications fondamentales du statut de ce qui n’était pas encore, jusqu’aux années 2000, une AAPPMA.

    Une gestion à l’échelle du bassin versant

    En France, le département de la Haute-Savoie reste un cas particulier, avec un nombre de pêcheurs parmi les plus élevés du pays, partagés en seulement cinq AAPPMA. Un mode de fonctionnement très atypique, d’autant que certaines d’entre elles regroupent des “sociétés de pêche” non agréées. L’AAPPMA de l’Albanais (nom de la région d’Albens) est née en 1999 de la réunion de trois de ces sociétés de pêche faisant alors partie de l’AAPPMA Annecy Rivières. Il s’agissait de celles de Cusy, de La Gaule du Chéran, et de La Protectrice du Fier. Pour obtenir l’agrément, la future AAPPMA de l’Albanais devait, à la demande de la DDAF, faire signer les baux de pêche aux propriétaires riverains. Un travail de fourmi qui demanda à Stéphane Jan et à ses collègues plus de deux mois d’investigation au cadastre, à une époque où les relevés parcellaires n’étaient pas encore informatisés. Il s’en suit un porte-à-porte en règle face à des propriétaires qui, pour la grande majorité, ignoraient tout de l’existence des fameux baux de pêche. Signés pour trente ans, les droits de pêche ainsi obtenus ont permis de partir sur de bonnes bases. Plus en amont, l’AAPPMA du Châtelard, dans le massif des Bauges, existe depuis 1927. Ainsi, le Chéran s’est vu partagé en seulement deux AAPPMA, ce qui laissait augurer une gestion cohérente à l’échelle du bassin versant du cours d’eau. Les débuts furent empiriques reconnaît Pascal Grillet, l’un des membres du bureau de l’AAPPMA de l’Albanais : “On voulait bien faire et les chantiers étaient si nombreux que cela partait un peu dans tous les sens !”. L’une des premières actions entreprises fut la réintroduction de l’ombre, un poisson originaire du Chéran, mais qui avait totalement disparu. Après trois années de réintroduction, qui ne donnèrent guère de résultats encourageants dans les années qui suivirent, une population viable a finalement trouvé sa place. Le prélèvement de l’ombre est toujours interdit sur la rivière afin de le protéger, car il serait facile de le faire disparaître à nouveau. Les ombres du Chéran sont très discrets, vivants surtout dans les forts courants et ne se montrant que rarement. Pour les truites, les choses sont différentes. Comme partout ailleurs, l’alevinage avec des souches atlantiques domestiquées a commencé dès la fin du XIXe siècle. Par chance, la souche sauvage de truite locale a bien résisté à l’introgression de gènes étrangers. Le Chéran doit en partie son bon état actuel à son accessibilité limitée, due à son cours encaissé. Les points d’accès se limitent à trois ou quatre lieux sur toute la longueur des gorges. Pour les AAPPMA du Châtelard et de l’Albanais, la priorité consiste à préserver le milieu naturel dans le but de conserver la souche sauvage. Plus aucun empoissonnement n’a eu lieu depuis près de quinze ans. En étroite relation avec la fédération départementale de pêche de Haute-Savoie, qui dispose d’un personnel spécialisé compétent (sous la houlette d’Arnaud Caudron), les souches de truites du Chéran, du Fier, et de leurs affluents ont été clairement identifiées et tout le monde œuvre pour leur sauvegarde. La vallée du Chéran a été retenue comme rivière pilote par le Fonds pour la conservation des rivières sauvages, au même titre que quelques autres comme la Vis (Hérault) ou la Valserine (Jura/Ain).

    Un contrat de rivière exemplaire

    Un contrat de rivière a été alloué à la vallée du Chéran entre 1997 et 2008. S’il existe de mauvais exemples de contrats similaires un peu partout, qui n’ont pas apporté d’amélioration de la qualité de l’eau ou de l’habitat pisciaire, celui du Chéran est exemplaire. Preuve que si les pêcheurs ne font pas la démarche d’être représentés, il ne faut pas espérer de miracle… Au total, l’investissement pour 2012 de l’AAPPMA de l’Albanais se porte à 170 000 euros (300 000 euros sur trois ans). Car le Chéran fait également partie du programme européen Leader (Liaison entre actions de développement de l’économie rurale) du Parc naturel régional du massif des Bauges. Il s’agit d’un programme européen qui vise à faire des territoires ruraux des pôles équilibrés d’activité et de vie. Le plan de financement des travaux intégré dans le contrat de rivière concernant la diversification des habitats s’est réparti entre la Région à hauteur de 20 %, l’agence de l’Eau 50 %, le conseil général de Savoie 5 %, le conseil général de Haute-Savoie 5 %, le Syndicat mixte interdépartemental d’aménagement du Chéran (SMIAC) 20 %, et les collectivités piscicoles 22 % pour un total de 216 958 euros. Le contrat de rivière a permis la mise en place d’un programme ambitieux de diversification de l’habitat pisciaire sur la zone aval du Chéran au niveau de Rumilly. Les aménagements demandaient des moyens mécaniques et humains à la hauteur de la puissance d’un cours d’eau dont le débit peut être multiplié par 300 selon les saisons. “Avec un lit déstabilisé par une érosion régressive, due à des extractions de granulats directement dans le cours d’eau il y a plusieurs décennies, le chantier méritait réflexion et méthode pour réaliser des aménagements qui puissent encaisser des crues violentes sans pour autant créer d’autres problèmes autour d’eux. Nous avons opté pour des techniques mixtes végétales et minérales et nous avons eu la chance de travailler en concertation avec des professionnels qui ont fait l’effort de comprendre les problématiques du cours d’eau, ce qui n’est toujours évident avec des gens qui, pour la plupart, travaillaient dans une rivière pour la première fois” explique Pascal Grillet. La Fédération de pêche de Haute-Savoie suit l’évolution des peuplements chaque année pour vérifier si le résultat escompté est bien au rendez-vous. Les aménagements profitent à toutes les espèces, y compris aux plus petites comme le chabot ou la loche franche, car le Chéran a retrouvé une morphologie variée qui profite aux poissons à tous les stades de leur développement. Sur ce secteur au lit il y a peu encore uniforme, très peu diversifié, les populations de truites ont été multipliées par quatre. Ce n’est qu’un début, car ces aménagements profiteront d’autant plus aux générations suivantes. La présence des aménagements a en effet de multiples avantages : ils offrent bien plus qu’un abri aux poissons, les éléments minéraux trouvent leur place tout autour, ainsi qu’en aval sous l’effet du courant. De
    nouvelles zones de frayères sont apparues.

    L’école de pêche du Chéran

    Les deux AAPPMA du Chéran travaillent avec deux guides de pêche chargés de gérer les activités de l’école de pêche. Des stages enfants, ados, vacances, scolaires, personnes à mobilité réduite, pour la pêche de la carpe, la pêche au coup, celle des carnassiers ou la pêche à la mouche sont organisés durant toute la saison. Des ateliers pêche nature ont lieu tous les mercredis. Chaque saison, des centaines d’enfants et d’adolescents découvrent la pêche à Rumilly, sur le plan d’eau attenant au bâtiment de l’AAPPMA ou sur le Chéran, avec une évidente sensibilisation aux milieux naturels.

    La pêche sur le Chéran

    Les truites de la belle rivière d’émeraude ont la réputation d’être capricieuses. Elles sortent néanmoins de façon plus régulière sur la partie aval que dans les gorges. Loin d’être des poissons de foire, ces animaux sauvages réagissent à la température, à la lumière et a tout ce que ces facteurs peuvent générer comme événements dans la rivière (éclosions, périodes propices à l’alimentation, etc). Lors de ma visite sur trois jours cet été, les truites du Chéran ont joué le jeu, avec entre autres, un coup du soir formidable sur une belle retombée de fourmis. Un niveau stable, même bas, semble plus favorable qu’une baisse de niveau suite à une crue. Cette situation, classique sur d’autres rivières, à le don de caler les poissons confortablement sous les pierres durant plusieurs jours. Le Chéran est une rivière sauvage avec des poissons qui le sont tout autant. Ce qui était normal un peu partout il y a quelques décennies devient aujourd’hui une exception, qui ne plaira sans doute pas à tous ceux qui veulent une “prestation” correcte en échange de leur simple présence. Les truites du Chéran se fichent de la société de consommation qui les entoure. Espérons que cette dernière n’aura pas la peau des derniers poissons sauvages de cette belle rivière. En tout cas, les AAPPMA du Châtelard et de l’Albanais veillent au grain avec une détermination et une envie qui force le respect.