Étiquette : pêche sportive

  • Amérique : le mauvais feuilleton de l’oléoduc Keystone XL

    Amérique : le mauvais feuilleton de l’oléoduc Keystone XL

    TransCanada a annoncé le 27 février dans un communiqué qu’il allait démarrer la construction d’une partie de l’oléoduc controversé Keystone XL. Cette portion reliera le Texas à l’Oklahoma et ne nécessite pas l’approbation de Barak Obama (en janvier le président américain a refusé d’autoriser le lancement du projet dans son ensemble ndlr). Le groupe canadien estime son coût à 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). L’oléoduc doit transporter les hydrocarbures tirés des sables bitumeux de l’Alberta au Canada jusqu’au Golfe du Mexique aux Etats-Unis.

    Le sable bitumeux a mis le Canada sur la carte des grands pays producteurs de pétrole.Ses réserves dans l’Alberta seraient le deuxième plus grand gisement du monde après l’Arabie Saoudite. Mais à quel prix ? Cette technique d’extraction est si décriée qu’on qualifie l’hydrocarbure qui en est issu de « sale », notamment car son mode d’extraction est nettement plus ernégivore que les autres. Le sable bitumeux est un mélange de bitume brut, de sable, d’argile minérale et d’eau. Le bitume brut étant une autre forme du pétrole brut. Le Canada possède en Alberta le plus grand gisement du monde connu de ce pétrole non conventionnel. Le problème ? Pour obtenir un seul baril, l’exploitant doit traiter deux tonnes de sables bitumeux.

    En Europe, végète un projet de directive européenne qui devait officialiser les sables bitumeux comme le pétrole le plus polluant et qui n’a jamais été appliqué devant l’hostilité de certains pays de l’Union.

    Après la décision du gouvernement conservateur de Harper de désengager le Canada des accords issus du protocole de Kyoto, l’effarement a touché de nombreux défenseurs de la nature au Canada ou ailleurs. Le Canada semble déterminer à sacrifier sa nature sur l’autel du pétrole. Au Etats-Unis c’est le projet d’oléoduc qui inquiète. Le 6 novembre 2011, 12 000 personnes ont manifesté devant la Maison blanche pour protester contre le pipeline, ce qui constitue un record pour les écologistes américains. Ils sont particulièrement inquiets pour la zone sensible de Sand Hills dans le Nebraska, une zone humide fragile et unique. Leur combat semble donc loin d’être achevé. Cette portion devrait entrer en service dans la deuxième moitié de 2013 selon Transcanada.

  • Cruncher une mouche à croquer !

    Cruncher une mouche à croquer !

    Dans cet article, nous allons décrire quatre montages de mouches pour des pêches en réservoir. Celui de la Cruncher, et celui de deux chironomes et un booby pouvant lui être associés. Nous verrons également comment combiner ces imitations au bout de soies flottantes ou plongeantes, pour différents types de pêches. Si vous éprouvez des difficultés à lancer un train de plusieurs mouches, ne vous alarmez pas, toutes les mouches décrites ici peuvent aussi être efficaces seules ou au bout d’une soie flottante ou plongeante, et les différentes options proposées ne pourront que vous aider à améliorer votre technique de pêche en plan d’eau.

    Par Philippe Collet

    La pêche avec des trains de deux ou trois mouches ne s’improvise pas. L’expérience montre que telle ou telle combinaison est plus efficace que telle ou telle autre. Les modèles de mouches que vous allez découvrir au cours de cet article fonctionnent bien ensemble et voici plus précisément comment.


    Avec une soie flottante

    La première technique, la plus classique, consiste à pêcher à l’aide d’une soie flottante, en plaçant la mouche la plus lourde en pointe et la Cruncher sur la potence, vers la soie. A deux mouches, une combinaison Cruncher, chironome lesté ou non, en pointe est possible. A trois mouches il faut combiner Cruncher, chironome non lesté puis chironome lesté. De cette façon votre bas de ligne descend progressivement de la soie vers la mouche de pointe en prospectant différentes profondeurs. La mouche lourde en pointe ancre le montage et permet de mieux tendre le bas de ligne lorsqu’on pêche dans le vent.
    Avec une soie flottant en surface, vous devez le plus souvent animer doucement, voire pas du tout. Vous tricotez très doucement pour résorber les plis de la soie en évitant de lui tirer réellement dessus. Essayez de pêcher avec un vent de travers qui va prendre sur votre soie et la tendre en formant un ventre. Cette dérive arrondie, accompagnée, selon la force du vent, de la reprise de la soie détendue en tricotant doucement, permet une animation suffisante des mouches. Prenez votre temps, n’animez pas, laissez faire la dérive, mais restez bien en contact avec vos imitations. Gardez si possible votre canne dans l’axe de la soie pour éviter de former un angle avec cette dernière. Surveillez la pointe de votre soie et ferrez à la moindre tirée, à la moindre sensation anormale. Ne ferrez pas verticalement, en tirant la canne vers le haut, car, plus le ventre de la soie est prononcé, moins votre ferrage est efficace. Pour être opérant, le ferrage doit se faire, soit avec la main qui tricote la soie, du bout des doigts par une tirée sèche mais non appuyée, soit en mettant un coup de scion, avec la canne tenue horizontalement, à l’opposé de la boucle formée par la soie sur l’eau. Plus la boucle formée sur l’eau est large, plus le ferrage par une tirée sur la soie, canne basse, dans l’axe est efficace. La soie s’appuie sur l’eau et transmet la traction jusqu’aux mouches Le risque de casse est alors minimisé, car en cas de ferrage un peu trop appuyé la soie ripe sur l’eau. Ne relevez pas la canne tout de suite après le ferrage, car avec un ventre de soie important vous perdez le contact avec le poisson en la décollant de l’eau et vous risquez de le décrocher. Gardez le scion au ras de l’eau, voire sous l’eau, le temps de tendre correctement la soie.


    Avec une soie intermédiaire

    La technique décrite ci-dessus n’est plus praticable avec un vent trop soutenu. La dérive devient trop rapide et l’allure des mouches moins naturelle. Vous pouvez alors accrocher votre train de mouches sur une soie plongeante, plutôt une soie intermédiaire lente, qui reste à proximité de la surface et ne descend pas aussi vite que la mouche de pointe. De la même façon qu’en soie flottante, vous pêchez plusieurs niveaux. L’animation est par contre différente mais doit rester lente avec des pauses plus ou moins marquées. La surveillance des touches se fait sur le morceau de soie tendu entre le bout du scion et la surface de l’eau (de 30 à 50 cm). Le ferrage, en prise directe, puisque la soie est bien droite sous l’eau, doit être beaucoup plus prudent, en relevant la canne pour s’opposer à la traction du poisson et faire pénétrer l’hameçon dans sa gueule.


    Avec un booby en pointe en soie flottante ou intermédiaire lente

    Cette technique appelée washing line outre-Manche, soit littéralement “corde à linge”, consiste à attacher un booby en pointe et à suspendre une ou deux nymphes entre lui et la soie. Ces mouches pendent alors sous la surface de façon très naturelle. Certains jours, cette façon de pêcher est redoutable et permet de déjouer la vigilance des poissons difficiles. Dans notre sélection de quatre mouches, nous choisissons le booby oreille de lièvre, assez imitatif, que nous plaçons en pointe et nous le combinons avec la Cruncher, seule ou complétée d’un chironome léger. La soie flottante ou intermédiaire lente permet de présenter les mouches dans un plan plutôt horizontal, à proximité de la surface. Dans cette technique, il convient d’étaler son bas de ligne le plus droit possible. On essaye de ne pas avoir à retendre ce dernier. Si nécessaire, on réalise quelques tractions rapides, dès le poser, pour mettre ses mouches bien en ligne. En soie flottante, les nymphes par leur propre poids font rapidement couler le fil, entre le booby et la soie, qui se soustrait à la vue des poissons. La truite en maraude, qui avait été attirée par l’impact des artificielles, arrive alors sur une ou deux mouches, stabilisées juste sous la surface, qui deviennent pour elle relativement irrésistibles. Elle peut aussi gober le booby, d’autant qu’elle ne détecte pas le fil passé sous la surface. En l’absence de touche, effectuer une longue tirée qui décalera le train de mouches d’environ 1 mètre et fera couler le booby, provoquant des turbulences attractives en surface. Attendez de nouveau. Le booby va remonter et le montage se stabiliser. Soyez vigilant, car les touches sont souvent violentes et peuvent vous arracher la soie des doigts.
    Cette technique peut aussi se pratiquer avec beaucoup de succès avec une mouche sèche et une petite nymphe. Elle présente le double avantage de soutenir la nymphe et de couler le fil de la mouche sèche. La mouche sèche devra simplement être choisie avec une bonne flottabilité, car elle devra rester en surface après de nombreuses immersions et résister à la traction de la nymphe vers le fond.


    Avec un booby en soie intermédiaire rapide à très plongeante

    La technique peut aussi être très efficace avec une soie plus plongeante, en utilisant le même train de mouches. A trois mouches, un chironome léger peut être intercalé entre la Cruncher et la soie. La Cruncher sera placée à proximité du booby pour rester proche de la surface. Des soies plus denses permettent, à l’inverse de la première technique présentée, de continuer à prospecter différentes couches d’eau, du bas vers le haut cette fois. Les mouches ne remontent plus vers la surface sous la traction du pêcheur mais sur celle, beaucoup plus douce, du booby. A l’arrêt, les nymphes restent suspendues entre deux eaux, à la manière des chironomes en phase lente d’émergence. L’animation est lente.


    Les bas de ligne

    Ils sont classiques. En soie flottante et intermédiaire lente, on peut placer un polyleader intermédiaire en bout de soie ou un bas de ligne à nœuds dégressif constitué, par exemple, de trois brins de 40 cm de 45, 35, 25 centièmes ou cinq brins de 30 cm de 45, 40, 35, 30, 25 centièmes. Ce porte-pointe est terminé d’une boucle. La longueur de la pointe varie selon le nombre de mouches. Avec une seule mouche, prévoir environ 1,50 m de fil ou un peu plus si vous pouvez le lancer, car les poissons peuvent se tenir assez profondément. Avec deux mouches, placer une première mouche sur une potence d’environ 20 cm entre 90 cm et 1,20 m de la boucle du porte-pointe, et une seconde entre 1,20 m et 2 m. A trois mouches, la distance entre les deux mouches de potence s’élève à environ 90 cm à 1,20 m. La mouche de pointe est placée entre 1,20 et 1,50 m de la seconde mouche de potence. Ces longueurs sont une base de départ. En pêche en soie flottante, avec une mouche lourde en pointe, vous pouvez être amené à allonger le brin entre la boucle du porte-pointe et la première mouche pour prospecter en profondeur. En washing line, vous pouvez, par exemple, avoir intérêt à réduire l’ensemble pour mieux étaler votre train de mouches avec un léger vent de face. En soie plongeante ou intermédiaire rapide, vous pouvez raccorder votre pointe directement à la boucle de la soie, et l’allonger ou la raccourcir selon que l’eau est sale ou claire, ou selon les difficultés du lancer. En tout cas, retenez que, si vous avez des difficultés pour lancer, vous devez réduire le nombre de mouches, puis réduire la longueur entre la première mouche et la soie ou la longueur entre les deux mouches. Quelques dizaines de centimètres en trop compliquent parfois énormément le lancer. Par eau claire, préférez supprimer une mouche que trop rapprocher deux mouches, dont la proximité alerterait les poissons. Même en maîtrisant bien le lancer, on ne pêche à trois mouches correctement qu’avec le vent dans le dos ou de travers (si possible de gauche à droite si l’on est droitier), avec un recul arrière assez dégagé. Si le vent est fort, l’exercice se complique. Il vaut bien mieux réduire le nombre de mouches et pêcher que de démêler continuellement son bas de ligne ou, pire, pêcher avec un bas de ligne emmêlé. N’essayez pas non plus de pêcher trop loin. Souvent, vous pourrez étaler très correctement votre bas de ligne à 15 ou 20 m et vous le poserez en paquet et l’emmêlerez en essayant d’atteindre une plus grande distance. Pensez aussi à ouvrir la boucle de votre soie lorsque vous pêchez à plusieurs mouches. Ce type de lancer est nettement plus efficace en bateau avec le vent dans le dos.
    Pour la pêche sous la surface en washing line ou plus profondément avec le booby, vous pouvez monter votre bas de ligne en nylon. Pour le washing line, il tirera moins les mouches vers le fond qu’un fil en fluorocarbone. Pour les pêches où les mouches doivent couler, le fluorocarbone est préférable. En pêche avec des soies plongeantes, le bas de ligne doit être plus solide qu’avec une soie flottante. Vous pêcherez en 18 à 20 centièmes, alors qu’avec une soie flottante vous pourrez descendre en 16 centièmes, voire moins, à condition de ne pas avoir la main lourde au ferrage.

  • Une partie de pêche en nymphes  et chironomes  avec Albert Bigaré

    Une partie de pêche en nymphes et chironomes avec Albert Bigaré

    La Belgique compte de nombreux pratiquants de la pêche à la mouche en lacs et réservoirs et un circuit de compétition très étoffé. Cette rubrique était l’occasion d’aller y faire un tour et d’y rencontrer un des moucheurs incontournables du pays : Albert Bigaré, compétiteur de talent mais aussi détaillant spécialisé. Nous l’avons retrouvé sur un plan d’eau non moins connu en Belgique et dans le nord de la France, le lac de Rabais.

    Par Philippe Collet

    La journée choisie pour se retrouver au bord de l’eau n’était pas des plus faciles : froid, averses et absence de soleil ont été à l’ordre du jour, un temps de saison me direz-vous. Malgré tout nous avons pu nous mesurer à de nombreux poissons. La technique que s’est proposé de nous expliquer Albert est une de ses favorites. Il s’agit de la pêche en nymphe sous la surface à l’aide d’une soie flottante à pointe intermédiaire courte, ou d’une soie hover. S’il utilise des soies du commerce, comportant une pointe d’environ un mètre en densité intermédiaire, comme par exemple la Teeny Invisi Tip et la Rio Midge Tip, Albert préfère se fabriquer une soie maison. Il apprécie les soies Vision Extreme Distance pour leurs capacités de lanceuses et leur ajoute en pointe un polyleader intermédiaire rapide Airflo destiné à la pêche du bonefish. Ce polyleader peut être raccordé, boucle dans boucle, au bout de la soie mais Albert préfère le raccorder en direct. Pour ce faire il dénude une partie du Polyleader en trempant ses premiers centimètres dans de l’acétone. L’âme monofilament ainsi mise à nu est ensuite enfilée dans l’âme tissée de la soie à l’aide d’un fil tungstène (cette technique a été expliquée dans le DVD « La leçon de pêche volume 5 » du numéro 70 de Pêches sportives). Le raccord entre les deux soies est ensuite lissé avec du Stormsure ou Aquasure et laissé sécher au moins 24 heures. Cette dernière opération garantit un passage fluide dans les anneaux. Le Polyleader et prolongé par une micro boucle pour accrocher le bas de ligne. Albert choisit un Polyleader bonefish pour la solidité de son âme, qui ne s’use pas trop rapidement à l’usage au niveau de la boucle.

    Une petite astuce d’Albert

    Le Stormsure ou l’Aquasure est un produit initialement conçu pour réparer les waders. Lorsque Albert m’en a parlé pour le bricolage de la soie, je lui ai dit que cela faisait un peu cher du raccord, sachant que le tube une fois entamé ne dure jamais bien longtemps, même soigneusement refermé. Il m’a alors fait part de cette petite astuce pour garder un tube au moins un an dans l’état d’origine après ouverture. Il le stocke dans un sachet plastique au congélateur. Il ne lui reste plus qu’à la ressortir et le laisser revenir à la température ambiante avant usage. Les qualités du produit n’en seraient pas du tout  altérées.
    Dans des conditions normales, cette soie permet de pêcher précisément des poissons actifs, juste sous la surface. Elle place directement les mouches à la bonne profondeur et surtout les maintient à ce niveau. Une soie entièrement intermédiaire ne peut pas réellement le faire car, même ramenée, elle coule inexorablement.
    La soie flottante permet de visualiser les touches et de déclencher un ferrage rapide. Elle permet aussi de pêcher avec des fils fins, plus fins qu’avec une soie intermédiaire dont l’inertie est bien plus forte sous l’eau. Ce type de soie trouve ses limites les jours de vent. Elle offre alors trop de prise aux risées et dérive trop vite, entraînant les mouches de façon peu naturelle à sa suite. Dans ces conditions, Albert préfère utiliser des soies Hover, c’est-à-dire des intermédiaires très lentes se maintenant sous la surface et les vagues. Ces soies se soustraient non seulement à la dérive dans un plan horizontal, mais aussi aux tractions occasionnées dans un plan vertical par les vagues. Ces soies sont peu nombreuses sur le marché. Il existait une soie SP Hover chez Airflo chère à Albert et très intéressante pour sa capacité à rester à 10 cm sous la surface. Elle a été remplacée par une soie Anti Wake moins performante. Lors de la sortie, Albert essayait pour la seconde fois une nouvelle soie Rio de ce type, très lente. Cette soie lui a donné entière satisfaction. Il s’agit de la soie Rio Outbound Hover WF 7 S1. Cette dernière, au fuseau de couleur « glacial » (bleu translucide), se lance très bien et descend à peine plus vite que la Hover Airflo de référence.


    Le bas de ligne

    Pour pêcher du bord, dans un souci d’efficacité et afin de minimiser les risques d’emmêlage, Albert place le plus souvent deux mouches sur son bas de ligne. Il ne pêche en nymphe, de cette façon, à trois mouches, quasiment qu’en barque dérivante dans les grands plans d’eau.
    Au bout d’une soie flottante à pointe intermédiaire, la première mouche est placée à 1,6 mètre de la soie puis, la deuxième, entre 1,3 mètre à 2 mètres en fonction des conditions de vent. Pour une pêche à une seule mouche, cette dernière est placée au bout d’un bas de ligne d’environ 4 mètres. Au bout des soies Hover, Albert noue un bas de ligne dégressif en queue de rat de 9 pieds ou 2,7 mètres en nylon. Ce bas de ligne se termine en 18 centièmes (4 X). La partie épaisse du bas de ligne est recuite trois minutes, dans l’eau bouillante, en maintenant le dernier mètre, le plus fin, hors de l’eau pour ne pas altérer ses qualités. Cette opération donne plus de souplesse au fil et surtout le rend plus coulant. Albert préfère utiliser un bas de ligne dégressif sans nœuds pour limiter les turbulences, qui lui paraissent dissuasives pour les poissons lors de l’animation. L’absence de nœud contribue aussi à limiter les risques d’emmêlage. Au bout de ce bas de ligne, il réa-lise une micro boucle à laquelle il connecte sa pointe. Pour deux mouches celle-ci est composée de 60 cm de fil avant la première potence puis 1,80 m avant la mouche de pointe. Pour une mouche, une pointe de 2 mètres prolonge le bas de ligne dégressif.
    Albert réalise des potences de  30 cm, qu’il réduit à 15 cm en cas de vent pour une pêche du bord. Celles-ci sont réalisées avec un nœud de chirurgien à trois tours. Une fois le nœud réalisé, le fil revenant vers la soie est coupé. Seul le fil orienté vers la mouche de pointe est utilisé. En cas d’utilisation de deux diamètres différents, le plus fin étant bien sur placé en pointe, la potence est formée par le fil le plus gros. Les fils utilisés sont le fluorocarbone Sightfree G3 de chez Airflo, le fluorocarbone Fulling-Mill, et le Rio Fluoroflex Plus, mais aussi des nylons. Albert juge en effet important de signaler que parfois le fluorocarbone coule trop vite, entraînant les mouches hors de la vue des poissons collés sous la surface. Un nylon est alors indispensable pour les maintenir au bon niveau.


    Cannes et moulinets

    Pour cette technique et de nombreuses autres, Albert utilise des cannes qu’il monte lui-même en  10 pieds soie de 7 chargées de soies en taille 7. Il utilise des moulinets Compo 69 modifiés par l’ajout d’un arceau de corde à piano inox. Cette amélioration permet d’éviter que la soie ne sorte sur le côté de la bobine lorsqu’on tire dessus (défaut de ce moulinet). Il apprécie ce moulinet pour son gros diamètre, son prix et celui de ses bobines, qui permettent une interchangeabilité rapide des nombreuses soies nécessaires en compétition.

    L’animation

    L’animation se fait canne basse, dans l’axe de la soie, scion au ras de l’eau. Si la pêche est difficile et les poissons tatillons, le scion est maintenu à 40 cm de l’eau et la boucle de soie qui se forme surveillée de très près. La moindre remontée ou non-descente, suite à une traction, est sanctionnée par un ferrage en relevant la canne. Il s’agit ici de ne pas tirer sur la soie avec la main libre, car on risque de casser, compte tenu du diamètre des fils utilisés. L’animation peut aller de l’immobilité à un pulling (tirées successives) rapide. Elle est tout de même le plus souvent lente, alternant des phases de tricotage, de tirées et d’arrêts plus ou moins prolongés. Plus l’animation est rapide, plus le fil doit être solide. En pulling, il est difficile de descendre en dessous de 18 à 20 centièmes. En pêche plus statique, Albert descend jusqu’au 12 centièmes. Il pêche le plus souvent en 15 ou 16 centièmes. Pour la même technique sur les réservoirs anglais, ses diamètres de fil s’échelonnent entre le 20 et le  23 centièmes. Retenez que le diamètre du fil doit être adapté à votre  maîtrise du ferrage. Si vous avez la main un peu lourde ne vous acharnez pas à pêcher trop fin.

    Les mouches

    Les mouches utilisées par Albert, pour cette technique, sont très variées. Elles ont par contre la particularité de ne pas être lestées, pour ne pas couler et pêcher dans un plan horizontal. Les hameçons ne sont pas trop forts de fer toujours pour éviter aux mouches de couler trop vite et aussi pour permettre une bonne pénétration sur des ferrages peu appuyés sur fil fin. Dans nos petits plans d’eau (en comparaison aux lacs anglais), des mouches en taille 12 ou 14 sont une bonne moyenne. Les mouches destinées à être pullées sont montées sur des hameçons droits et peuvent être montés sur des hameçons plus forts de fer dans les petites tailles, pour éviter leur ouverture. Des mini streamers, de la taille d’une grosse nymphe peuvent aussi être utilisés avec succès avec cette technique certains jours.

  • Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Les bas de lignes à nœuds ont depuis quelques années la préférence des pêcheurs français. Modulables, discrets, suffisamment rigides, leurs qualités sont nombreuses. Pourtant, leur schéma désormais classique, progressif ou dégressif, ne permet pas toujours de répondre aux attentes des pêcheurs recherchant des dérives naturelles, nécessaires sur de nombreux parcours aujourd’hui. On croyait avoir fait le tour des bas de lignes à nœuds, mais ce n’est pas le cas. Voici les spécificités d’un modèle atypique.

    Par Philippe Boisson

    Élément clef de l’équipement du pêcheur à la mouche, le bas de ligne est la partie du matériel la plus ésotérique avec ses formules personnelles, fruit de l’expérience de chacun. Nous savons à quel point cet élément constitué de brins de nylon perturbe les moucheurs de tous niveaux, car il faut bien le dire, la formule miracle, qui donne satisfaction dans toutes les conditions, n’existe pas. Les bas de ligne à nœuds, largement répandus aujourd’hui permettent une adaptation permanente de la longueur totale ou partielle du bas de ligne et de la pointe en toute liberté. C’est principalement pour cette raison qu’ils rencontrent un si large succès auprès des pêcheurs français. Le niveau technique général des pêcheurs à la mouche dans notre pays est élevé si on le compare à ceux de nos voisins anglo-saxons ou scandinaves et, à n’en pas douter, les bas de lignes à nœuds y sont pour beaucoup. En contrepartie, cette facilité de création et d’adaptation contribue à rendre le bas de ligne à nœuds complexe en raison de sa modularité. Le schéma classique de ce genre de bas de ligne, surtout pour les modèles progressifs, dont les brins s’allongent au fur et à mesure que les diamètres diminuent, veut que l’on respecte une diminution rigoureuse des diamètres de nylon. Soit de 5/100 en 5/100 depuis le brin le plus fort jusqu’au porte pointe. On obtient ainsi un bas de ligne dont la progressivité est totale sur toute la longueur.

    Une formule perfectible

    Comme beaucoup, j’ai utilisé ce type de bas de ligne durant plus de vingt ans avec bonheur tout en imaginant différentes formules afin de trouver ce qui me correspondait le mieux. De toutes ces expériences, je garde le souvenir de formules globalement satisfaisantes, mais surtout le sentiment permanent que ce système n’était pas parfait. En effet, la présence des trois derniers brins avant la pointe, généralement en 20, 16 et 14/100 constituait trois problèmes :
    – Le premier, d’ordre purement technique, oblige à un calcul précis de la longueur de ces brins pour les harmoniser avec ceux de la partie précédente. De plus, un porte pointe relativement court doit être remplacé après trois ou quatre changement de pointes, car chaque nouveau nœud le fait régresser de  5 à 8 centimètres.
    – Le deuxième problème, d’ordre fonctionnel, est lié précisément à cette section du bas de ligne très progressive qui précède la pointe et qui ne permet pas de “casser” l’énergie au niveau de la pointe pour obtenir des posers très détendus. En pratique, cela se traduit par un bas de ligne au comportement homogène, mais qui n’autorise pas facilement le poser d’une longue pointe (2,80 m ou plus) vraiment détendu. Entendons par là la possibilité de poser trois mètres de pointe sur une surface de 30 ou 40 cm2 comme cela est souvent nécessaire lorsque l’on pêche à la nymphe à vue ou lorsqu’il devient indispensable d’effectuer de longues dérives naturelles à la mouche sèche.
    – Le troisième problème concerne le brin de 14/100, qui n’a plus lieu d’être si l’on utilise une pointe de ce diamètre. Dans ce cas, à longueur égales de pointes, la longueur totale du bas de ligne se retrouve soudain réduite de 50 à 70 cm. Cet écart de longueur se traduit également par un comportement différent du bas de ligne qui compte un élément de moins. Certains pêcheurs dont je fais partie n’aiment pas pêcher avec des bas de ligne dont la longueur totale varie. Cela vient sans doute de mon vécu avec la pêche des grosses truites à la nymphe à vue, technique qui implique un nombre d’essais très limités où tout doit être parfait. C’est pour cette raison que j’ai toujours voulu pêcher avec un matériel identique : même canne, même soie et surtout avec un bas de ligne invariable.


    Une solution osée !

    Las de composer avec ces facteurs et après plusieurs essais, j’ai finalement opté, il y a deux ans, pour une solution assez radicale, qui simplifie considérablement les choses tout en permettant d’obtenir l’effet recherché. Mon bas de ligne est devenu très atypique, mais il me convient parfaitement. Il comprend uniquement six brins, pointe comprise, ne débute plus en 45/100 mais en 40/100 (le classique Maxima) et ne compte que des brins de longueurs égales (hormis la pointe). Notons que le 18/100 n’est pas en Maxima mais de même nature que la pointe (Water King Pole Fishing). Ce détail est très important pour préserver une solidité de l’ensemble suffisante. La progressivité du bas de ligne est obtenue uniquement par l’affinement des diamètres puisque les brins sont de mêmes longueurs. Ce principe permet de conserver une bonne énergie tout en obtenant des posers très doux. Cela est dû à la grande longueur des brins. La jonction entre le 18/100 et la pointe (voir l’encadré consacré au nœud de raccord), assure une cassure d’énergie franche sur toute la pointe. Ce bas de ligne convient particulièrement bien pour les posers de type “parachute” autant pour la pêche à la nymphe qu’à la mouche sèche, ainsi que pour les posers “plaqués détendus” où la pointe du bas de ligne doit se poser sur une très faible surface afin d’obtenir une descente parfaitement verticale de la nymphe.  D’autres formules, plus courtes  (il suffit de réduire la taille des cinq premiers brins) sont possibles. Elles présentent une plus grande facilité de manipulation et sont aussi plus adaptées aux cours d’eau de petites largeurs.


    D’excellents résultats

    La qualité des posers et des dérives obtenues avec ce bas de ligne m’a séduit dès les premiers essais. Après plusieurs saisons d’utilisation exclusive autant en lacs qu’en rivières, à la mouche sèche ou à la nymphe (à vue et au fil), les résultats obtenus sont très satisfaisants. La précision est au rendez-vous sans nuire à la réussite des posers…  A la mouche sèche, on obtient des posers très détendus qui offrent une excellente parade au dragage de la mouche. Effectuer de longues dérives vers l’aval devient ainsi un jeu d’enfant. Dans tous les cas, ce bas de ligne doit être utilisé avec une très longue pointe, d’une longueur minimum de deux mètres pour la mouche sèche et 2,80 m pour la nymphe pratiquée à vue. Pour les posers “parachute”, on peut dépasser les trois mètres.
    Bien entendu, l’efficacité de ce bas de ligne se trouve accrue par une bonne technique de lancer avec une boucle de soie en l’air rapide et étroite pour une meilleure pénétration dans le vent.


    Le choix du nylon

    La partie la plus forte du bas de ligne, du 40/100 au 25/100 est constituée de Maxima “classique”. Elle peut l’être également avec du JMC Camoufil ou du Maxima Caméléon. Le choix est beaucoup moins facile au niveau du brin de 18/100 et de la pointe, deux éléments qu’il est préférable de prévoir de même nature (même modèle). Une différence de dureté pouvant entraîner une dégradation anormale de l’un ou l’autre des deux brins. Parmi les meilleurs nylons pour réaliser ces deux éléments, citons le Devaux Tiger, le Teklon et le Teklon Gold, le Rio Power flex ou le Sensas Palmer. Ces monofilaments sont à la fois souples et résistants, ce qui représente des qualités qui font difficilement bon ménage. Il est à regretter une baisse sensible de qualité du Water King Pole Fishing (Water Queen), qui fut pendant plus de dix ans un nylon exceptionnel pour la pêche à la mouche, pourvu d’une grande souplesse et  d’une résistance remarquable. Actuellement, ce fil souffre d’un manque de régularité agaçant, puisque sur une même bobine, certaines sections peuvent être parfaitement convenables, alors que d’autres sont beaucoup plus faibles. Espérons que ce problème ne sera que passager !
    Peu de progrès sont réalisés en matière de fils fins par les fabricants, qui semblent avoir atteint les limites en matière de résistance et de finesse. Le fluorocarbone souffre d’une rigidité importante qui le rend difficilement compatible avec l’utilisation de petites nymphes, car il est générateur de dragage et par conséquent de présentations aléatoires. Le nylon reste donc le fil le plus utilisé pour pêcher à la mouche en rivière.


    Formule grande rivière

    Diamètres : 40/100 – 35/100 – 30/100 – 25/100 – 18/100. Pointe : 16 à 8/100.
    Longueurs : 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 2,80 m ou plus = 7,05 à 7,50 m.

  • La chaîne trophique des étangs

    La chaîne trophique des étangs

    Cet article est le premier d’une série qui devrait nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement biologique des étangs et autres lacs et gravières et ainsi de mieux les gérer ou, au minimum, de mieux les pêcher. Il a été écrit par deux hommes de terrain habitués à travailler en partenariat sur des diagnostics de plans d’eau. Cette première partie, ainsi que la seconde à venir, aborde la chaîne trophique des étangs. Même si elle présente un caractère un peu austère, elle est un préalable indispensable à quiconque a l’ambition de comprendre le fonctionnement d’une pièce d’eau. La dernière partie s’attachera à décrire des aspects plus pratiques, à savoir la description des principaux dysfonctionnements et de leurs causes, la description des remédiations envisageables pour rétablir une situation d’équilibre.

    Par Jean-Philippe Delavaud et Philippe Collet

    L’étang est, pour certains une étendue d’eau mystérieuse et muette inspirant une forme de mélancolie, pour d’autres un « réservoir à moustiques » trouble et stagnant entouré de roseaux de piètre utilité, ou encore, un milieu envasé et fréquenté par des espèces peu attractives. L’étang, c’est aussi le souvenir des baignades estivales, des parties de pêche au bouchon avec le grand-père, des pique-niques au bord de l’eau. C’est encore des idées de valorisation diverses et variées parfois un peu contre nature. L’étang ne laisse personne indifférent, mais peu d’entre nous comprennent réellement ce qui se passe sous son miroir et sur ses berges. Il peut receler des richesses insoupçonnées ou être complètement stérile, seuls les observateurs les plus avertis feront la différence.
    Les étangs ont un mécanisme de fonctionnement complexe. Il est d’ailleurs difficile de parler d’ »étang » au singulier, tant leurs types sont variés : en effet, le milieu aquatique ne peut être envisagé indépendamment de son contexte environnemental naturel, et le cas échéant des perturbations anthropiques (perturbations liées à l’activité humaine) qui y sont associées.
    Dans un souci de schématisation, on peut toutefois définir trois grands types d’étangs à partir de leur fonctionnement hydrologique :
    – ceux qui disposent d’une arrivée d’eau permanente (source ou cours d’eau), avec un taux de renouvellement variable selon les situations,
    – ceux dont l’alimentation est assurée par le seul ruissellement pluvial sur le bassin versant,
    – ceux en relation avec une nappe alluviale (gravières) ou phréatique.
    Il apparaît d’emblée des profils très différents. Cette première approche est ensuite nuancée par des paramètres de deux ordres :
    – facteurs exogènes (extérieurs), tels que l’altitude, l’ensoleillement, le type de couverture végétale périphérique, la qualité des intrants, la nature géologique des sols, les activités humaines,
    – facteurs endogènes (intérieurs), comme la profondeur, la surface, le peuplement végétal ou piscicole, le cycle hydrologique, le mode de gestion.
    Il ressort de cette vision très synthétique une multitude de situations différentes. Chaque étang est particulier et l’approche de sa gestion nécessite une démarche unique, a fortiori si l’on intègre la dimension essentielle qu’est la vocation qui lui sera dévolue.
    Au sein de l’étang lui-même et en excluant dans un premier temps toute notion d’environnement périphérique, il est possible de séparer un certain nombre de compartiments : l’eau, le sédiment, le phytoplancton, le zooplancton, les macrophytes, le poissons, l’avifaune et les autres espèces animales. Cette fragmentation est volontairement simplifiée, car nous verrons que les niveaux décrits sont étroitement interdépendants dans le cadre de la chaîne trophique (chaîne alimentaire). Nous traiterons de l’eau et du sédiment dans cette première partie.


    L’eau

    Il est inutile de préciser à quel point la qualité de cet élément est essentielle au bon fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble. C’est au travers de ses paramètres physico-chimiques que l’on va l’apprécier.
    S’il est évident qu’une eau « pure » est souhaitée dans le contexte particulier de certaines utilisations comme la baignade ou la pêche des salmonidés, les fourchettes de valeur données ci-après sont davantage typiques d’un milieu équilibré au sens biologique du terme, et favorable à ce titre au développement harmonieux de la biocénose (ensemble des organismes vivants).

    La température

    Hormis les plans d’eau alimentés par des intrants (sources) à température constante, généralement froide et avec un fort taux de renouvellement, la température de l’eau d’un étang évolue selon les saisons et les localisations géographiques de 2 à 30 °C. La plupart des espèces autochtones (salmonidés exclus) tolèrent de telles amplitudes thermiques. L’activité des poissons est très réduite en-dessous de 5 °C et les développements trophiques les plus harmonieux sont rencontrés dans une fourchette de 15 à 25 °C. La température est un élément primordial, à la base de la notion de gestion. Toute intervention sur l’étang intègrera ce paramètre.

    L’oxygène

    C’est un autre élément essentiel, dont la teneur dans l’eau est le fruit d’un subtil équilibre intégrant les apports (échanges air-eau, photosynthèse) et les pertes (respiration végétale nocturne, dégradation organique et consommation par les autres composants de la biocénose). Si l’on exclut arbitrairement toute intervention des organismes vivants, l’état d’équilibre optimal est rencontré pour une saturation de l’eau à 100 %. Ce niveau de saturation étant lui-même lié à la température de l’eau et à la pression atmosphérique. A titre d’exemple, à pression atmosphérique constante (760 mm de mercure), la saturation en oxygène est de 14.5 mg/l à 0 °C. Elle descend à 9.1 mg/l à 20 °C, et 7.5 mg/l à 30 °C… L’agitation moléculaire, source de dégazage, augmente avec la température et entraîne donc une baisse du niveau de saturation de l’eau. On rencontre également de façon habituelle des sursaturations en oxygène (150 % et plus), corrélées à une activité photosynthétique intense dans des eaux généralement chaudes. Pour ces raisons, toute mesure brute du taux d’oxygène (en mg/l) doit être rapportée au pourcentage de saturation, donnée beaucoup plus éloquente et donc utilisable. On considère de façon générale qu’un taux d’oxygène de 6 mg/l et plus est optimal pour la vie piscicole. Bien que nombre d’espèces soient capables d’accepter ponctuellement des taux très faibles (2mg/l ou moins sur de courtes périodes). Les salmonidés introduits dans les réservoirs ont des exigences nettement supérieures aux poissons d’étangs.


    Le pH

    Ce paramètre mesure le niveau d’acidité de l’eau. La fourchette considérée comme idéale se positionne dans une gamme de 6,5 à 9, la neutralité se situe à 7. Le pH est étroitement lié à la nature de l’environnement : un sol tourbeux ou une forêt de résineux sur le bassin versant généreront par exemple de l’acidité. Il est aussi lié à la photosynthèse qui au contraire le fait augmenter, à la qualité de l’eau (pouvoir-tampon), etc. De manière générale, toute consommation d’oxygène par les organismes vivants entraîne une diminution du pH (rejet de dioxyde de carbone qui est un acide faible) et à l’inverse toute production d’oxygène (photosynthèse avec consommation du CO2) génère une augmentation de ce dernier. Ceci explique les variations diurnes et nocturnes du pH dans un même étang. Le pH peut être corrigé (notamment lorsqu’il est acide) par des apports extérieurs. Les eaux alcalines (pH basique supérieur à 7) présentent globalement un potentiel productif supérieur. La tolérance des poissons admet des fourchettes s’étendant pratiquement de 4,5 à 10 (à nuancer selon les espèces).

    L’azote

    Cet élément peut être présent dans l’eau sous quatre formes essentielles : ammoniac, ion ammonium, nitrites, nitrates. Résultant de la dégradation des déchets organiques ou du métabolisme des êtres vivants, l’ammoniac est un composé toxique pour les poissons, contrairement à sa forme ionisée (ammonium). Son ionisation est facilitée par des pH acides. Les bactéries naturellement présentes dans le milieu (nitrosomonas et nitrobacter) oxydent ensuite l’azote pour le transformer en nitrites (toxiques, mais cet état est normalement fugace), puis en nitrates valorisables par les végétaux. Cet élément est l’une des bases de la chaîne trophique. La présence d’ammoniac ou de nitrites témoigne soit d’une pollution extérieure, soit d’un déséquilibre du milieu, consécutif classiquement à une surpopulation piscicole et/ou à un défaut d’oxygène.


    Le phosphore

    Le phosphore mérite une attention toute particulière, dans la mesure où il peut être à l’origine de perturbations débouchant sur des déséquilibres importants : en effet, le développement harmonieux des populations phytoplanctoniques (plancton végétal) est conditionné par le rapport phosphore/azote qui se situe idéalement dans une fourchette de 1/4 à 1/10. À défaut, on peut voir apparaître des espèces indésirables de phytoplancton : les cyanophycées, impasses dans la chaîne trophique car peu consommées et potentiellement toxiques (nous aurons l’occasion d’en parler longuement dans les prochains articles).

    Le calcium

    C’est un élément également essentiel pour la productivité primaire (production de phytoplancton). Il est souvent stocké au niveau du sédiment. On retiendra comme base un taux de Calcium (Ca) de l’ordre de 10 mg/l. Son taux permet d’apprécier la dureté de l’eau. Il joue un rôle essentiel dans le piégeage sédimentaire du phosphore.
    Ces divers paramètres ou éléments sont étroitement imbriqués et conditionnent l’équilibre ou le déséquilibre d’un milieu suite à leur utilisation par la biocénose.
    On citera, pour mémoire, un certain nombre d’autres paramètres comme : la conductivité qui lorsqu’elle est élevée constitue un marqueur de pollution, hors cas des eaux fortement minéralisées à l’état naturel ; les Demandes Biologique et Chimique en Oxygène (DBO et DCO témoins de l’altération de la qualité biologique ou chimique du milieu) qui doivent rester dans des gammes basses, ou encore les Matières En Suspension (MES) dont l’augmentation du taux entraîne un phénomène de turbidité (perte de transparence) peu propice au développement harmonieux du phyto- plancton.

    Le sédiment

    Ce second compartiment est essentiel à plus d’un titre. C’est au niveau du sédiment que l’on rencontre les micro-organismes responsables de la dégradation de la matière organique, ainsi que les bactéries impliquées dans le cycle de l’azote. Ces organismes trouvent là un support pour se fixer, se développer. La fine couche productive située à la surface du sédiment, à l’interface avec l’eau, est une véritable « usine à recycler ». Elle est très mince et ne mesure que quelques millimètres mais conditionne le fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble.
    Le sédiment est composé d’une fraction minérale : sables, graviers, limons… d’une fraction organique et d’eau contenue surtout dans l’ »éponge » constituée par la matière organique. La matière organique du sédiment est pour partie inerte (issue de la dégradation des feuilles, des herbiers, du phytoplancton et des êtres vivants… tombés au fond de l’eau une fois morts) et pour partie vivante (macro-invertébrés benthiques colonisant le substrat, phytoplancton se développant à la surface du sédiment, bactéries…).
    Nombre d’éléments minéraux cités auparavant transitent par le sédiment où ils peuvent être piégés, c’est le cas en particulier du phosphore et du calcium, puis relargués consécutivement à des variations de paramètres physico-chimiques (augmentation de la température, baisse du taux d’oxy-gène…). Le sédiment est donc loin d’être inerte et il convient de prendre en considération l’importance des transferts qu’il réalise avec l’eau.
    A l’interface du sédiment, les micro-organismes responsables de la dégradation de la matière organique ont besoin, pour la plupart d’entre eux, d’oxygène pour se développer et « travailler », ce qui est le cas en particulier pour les bactéries du cycle de l’azote (qui ont un métabolisme qualifié d’aérobie). À défaut, ce sont des processus fermentaires qui vont apparaître (anaérobiose ou absence d’air), avec leur cortège caractéristique de déséquilibres et de désagréments olfactifs (odeur d’œuf pourri de la vase par exemple).
    Pour être imagé, un processus de dégradation aérobie d’une masse de matière organique est « rapide » et produit, à l’image d’un feu de bois, son petit tas de cendres résiduel, alors qu’un processus anaérobie est très long, ne dégrade rien et transforme la matière organique en une masse imposante de vase ou de tourbe ou, à l’échelle géologique, de charbon ou de pétrole qui ne sera apte à se dégrader qu’une fois de nouveau en contact avec de l’oxygène.
    Au fond des plans d’eau anciens, l’accumulation de matière organique morte génère souvent une anoxie (absence d’oxygène) quasi-permanente. Ce simple constat nous permet par exemple de tordre immédiatement le cou à des pratiques abusives consistant à proposer à des gestionnaires de plans d’eau de recourir, sans autres formes de remédiations, à des cocktails de bactéries aérobies pour réduire l’envasement et dynamiser le milieu en digérant la matière organique. Tout apport de nouvelles bactéries ne représente, dans un tel contexte, qu’un cataplasme sur une jambe de bois, elles ne survivront pas plus que les autres. Si l’on ajoute à cela que certaines préconisations sont faites en l’absence d’analyse permettant de connaître la fraction organique du sédiment, on assiste parfois à des traitements bactériens réalisés sur un comblement d’origine minérale. Dans ce cas, les bactéries sont totalement inopérantes pour dévaser car, même si elles sont boostées, elles ne peuvent toujours pas dévorer les limons, le sable et les graviers ! On trouve enfin dans le sédiment un ensemble d’organismes de petite taille regroupés sous l’appellation de « benthos ». Il s’agit de vers, de crustacés, de larves, de mollusques, dont certains sont détritivores et participent activement à ce titre à la dégradation de la matière organique. Tous ces organismes ont besoin d’oxygène (à des degrés divers) pour se développer.

  • Haute-Vienne : les ateliers Pêche Nature de la fédération ouvrent le 4 avril

    Haute-Vienne : les ateliers Pêche Nature de la fédération ouvrent le 4 avril

    A partir du mercredi 4 avril, la Fédération de pêche de la Haute-Vienne propose ses ateliers Pêche Nature afin d’initier le plus grand nombre aux mystères du milieu aquatique et aux finesses des différentes techniques de pêche.

    Situées à Aixe-sur-Vienne (sur le plan d’eau d’Arliquet) et à Bessines-sur-Gartempe (sur le plan d’eau de Sagnat), deux écoles de pêche seront ouvertes à tous (à partir de 8 ans), jeunes et adultes, tous les mercredis après-midi hors périodes de vacances scolaires. L’encadrement est assuré par deux animateurs de la fédération et par des bénévoles formés. Vous pouvez suivre les actualités de cette fédération dynamique sur sa page Facebook, ainsi que sur son site Internet.

    Renseignements :

    Tél. : 05 55 06 34 77 ou 05 55 06 08 18

    Mail : [email protected]

  • Le catalogue Cormoran 2012 vient de sortir

    Le catalogue Cormoran 2012 vient de sortir

    La marque Allemande Cormoran, filiale de Daiwa, a publié un catalogue à l’usage du grand public. On y trouve tous les produits de la marque : cannes, moulinets, fils, leurres, hameçons, épuisettes, bagagerie, vêtements, amorces, détecteurs de touche, etc. Ce pavé de 300 pages présente près de 6 000 références pour toutes les pêches et est accessible sur le site Internet de Daiwa France (Liens ci-dessous).

     

    Renseignements :

    www.daiwa-france.fr

    http://cormoran.daiwa-france.fr