Étiquette : pêche sportive

  • Politique : le nouveau ministre de l’Agriculture reçoit la FNPF

    Politique : le nouveau ministre de l’Agriculture reçoit la FNPF

    Stéphane Le Foll, le tout nouveau ministre de l’Agriculture
    et de l’agroalimentaire, a reçu le 5 juin une délégation de la Fédération
    nationale de la pêche en France et de la protection des milieux aquatiques
    conduite par Claude Roustan, son président. La FNPF s’est félicitée de cette
    réunion dans un communiqué publié le 6 juin : « A l’occasion de cet
    entretien très convivial, le président de la FNPF a présenté le réseau
    associatif dans sa double vocation de gestion de la pêche de loisir et de
    protection de l’eau et des écosystèmes aquatiques. Il a également mis en relief
    les dossiers et les sujets de collaboration existants entre la FNPF et les
    services du ministère de l’agriculture. Le ministre de l’agriculture s’est
    montré très attentif aux missions et aux attentes de l’un des plus importants mouvements
    associatifs français. Sensible à la place et au rôle des structures
    associatives de pêche de loisir en matière sociale et environnementale au
    regard de la protection des écosystèmes, de la gouvernance écologique et de la
    ruralité, Stéphane Le Foll a affirmé sa volonté de travailler ensemble sur les
    thèmes de la gestion de l’eau, de la pêche de loisir, de l’aménagement du
    territoire et de la ruralité. Par ailleurs, il a indiqué vouloir impliquer la
    FNPF sur tous les chantiers transversaux dont son ministère est en charge et
    qui ont des implications particulières sur la protection de l’eau, des
    écosystèmes et du loisir pêche, en cohabitation avec l’activité agricole. »

    Crédit photo : FNPF

  • Profil Nature rejoint la famille des distributeurs Mercury

    Profil Nature rejoint la famille des distributeurs Mercury

    Mercury, la marque américaine spécialiste des moteurs
    hors-bord, a annoncé dans un communiqué publié le 6 juin qu’un nouveau
    distributeur avait rejoint son réseau.

    Installé entre Paris et Reims, Profil Nature est une
    entreprise familiale de l’Aisne qui s’organise en deux départements distincts :
    l’un pour les particuliers à travers un site de vente en ligne, www.profilnature.com, l’autre pour les bases
    nautiques et les loueurs de matériels grâce un catalogue distribué à 2500
    exemplaires dans tout l’hexagone.


    Renseignements :

    Profil Nature – Moulin de Rollequin, 02130 Fère‐En‐Tardenois

    Tel : 03 23 82 61 13 / 06 86 70 28 51

    [email protected]

    www.profilnature.com

    www.bassboat‐center.com

  • Nouveauté : JMC / soies Competition et Kamouline R2T

    Nouveauté : JMC / soies Competition et Kamouline R2T

    Nouvelle série de soies Compétition chez JMC développée pour les compétiteurs en réservoirs mais pas uniquement. La gamme comprend 5 modèles de flottante à S7 (très plongeante) dans trois tailles (6,7 et 8). De quoi pêcher en surface, juste en dessous (intermédiaire) ou plus en profondeur. Dans tous les cas, le running line est flottant, relativement dur pour bien glisser. Leur profil long autorise de très longs lancers qui permettent de bien aligner un long bas de ligne souvent armé de trois mouches. Surface micro-striée qui augmente la glisse par réduction du frottement.
    De son coté, la soie Kamouline se destine à la rivière et à la pêche de la truite en eaux claires. Cette soie alterne les couleurs naturelles pour un maximum de discrétion lors des lancers et une fois posée sur l’eau. Revêtement LB qui améliore la glisse. Le profil triangulaire R2T, bien connu des pêcheurs à travers les soies Symbol, assure une grande vitesse de lancer, une boucle serrée qui perce le vent tout en permettant un poser plus délicat qu’avec un profil WF. Taille 3 à 6.

    Prix conseillé : 69,90 euros pour la série Compétition (soit le modèle et 64,90 euros pour la soie Kamouline).

    Notre avis : les besoins des pêcheurs à la mouche évoluent et c’est une bonne nouvelle de voir des produits qui s’adaptent aux contraintes des pêcheurs français.

  • En 2012, les plages françaises restent parmi les mauvaises élèves européennes

    En 2012, les plages françaises restent parmi les mauvaises élèves européennes

    L’Agence
    européenne de l’environnement (AEE) a publié le 23 mai une étude sur la qualité
    des eaux des plages européennes. Les analyses d’eau ont été effectuées en 2011
    dans plus de 22 000 sites de baignade en eau de mer et en eau douce. Les
    nouvelles sont plutôt positives :«Bonne nouvelle
    pour les vacanciers sur les plages en Europe cet été : 92,1 % des eaux de
    baignade en Union européenne remplissent maintenant les critères minimum de
    qualité
    »a commenté l’institution communautaire
    dans un communiqués. Par
    contre la situation en France est loin d’être idyllique. En effet, alors que le
    pays concentre 16 % des lieux de baignades en Europe, seuls deux tiers des eaux
    sont d’excellentes qualités.

    Jacqueline McGlade, la
    directrice de l’AEE,
    explique :«
    Dans certains pays il y a encore un problème causé par l’agriculture et
    les eaux usées, nous devons donc voir davantage d’efforts pour garantir des
    eaux sûres et propres au public
    ».

  • Pays basque : un concours photos et vidéos pour sublimer le gave du Saison

    Pays basque : un concours photos et vidéos pour sublimer le gave du Saison

    L’office du
    tourisme de Soule et l’AAPPMA de la Soule organise un concours de photo ouvert
    à tous les photographe set vidéastes amateurs dont le thème est le gave du Saison en Soule, une rivière magnifique au cœur du Pays basque. Il débutera le 15 mai et prendra fin le 1er août 2012.
    Les gagnants recevront en prix un
    appareil photo ou une caméra waterproof.Vous
    pouvez déposer vos clichés ou vos films sur la page Facebook Pêche 64 ou
    directement dans les locaux de l’office du tourisme de Soule à Mauléon. A vos caméras donc !

    Renseignements :

    Page Facebook Pêche 64

    Tél. 05 59 28 02 37

  • Technique : le bar au leurre de surface

    Technique : le bar au leurre de surface

    La pêche du bar au leurre de surface est une pêche passionnante. Elle permet de voir les poissons attaquer de façon parfois discrète dans une petite éclaboussure ou, plus spectaculaire, dans un énorme remous. Elle permet aussi de voir les poissons qui suivent et refusent le leurre, et d’inciter les plus récalcitrants à mordre en variant l’animation. L’image d’un lingot d’argent surgissant de nulle part dans l’eau bleue pour engloutir votre leurre de surface restera toujours gravée dans votre mémoire.

    Par Philippe Collet

    Les bons gestes

    La pêche de surface peut se pratiquer en bateau, mais elle est particulièrement adaptée à la traque du bord car le leurre n’a quasiment aucun risque de s’accrocher. La profondeur des postes peut aller de quelques dizaines de centimètres à 4 ou 5 mètres. Plus, parfois, si les poissons chassent entre deux eaux.

    L’animation

    Nombre des leurres  se placent tête en l’air et le corps immergé à 45° à l’arrêt (Sammy par exemple). Quelques-uns restent toutefois à plat sur l’eau (Super Spook par exemple). Lors de l’animation, ils remontent pour glisser à plat. Certains d’entre eux peuvent passer sous l’eau sur des tirées plus franches. Ils remontent crever la surface avec une attractivité certaine dès l’arrêt de la traction. L’animation de base en walking the dog, littéralement « promener le chien », est la même pour tous ces leurres. Elle consiste à donner de petits coups de scion, au ras de l’eau, pour leur impulser de courtes tirées sèches qui les feront zigzaguer de droite à gauche. Entre chaque tirée, la main qui tient la manivelle du moulinet tourne celle-ci d’un cran pour récupérer le fil et le
    maintenir à la limite de la tension sans tirer sur le leurre. En effet,  lorsqu’on tape une première fois dans ce dernier d’un petit coup de scion, il part d’un côté ; il faut ensuite ramener la pointe de la canne vers le leurre tout en résorbant partiellement le mou du fil au moulinet et lui taper de nouveau dedans lorsqu’il a fini sa glissade. On le fait ainsi virer de l’autre côté et ainsi de suite. La récupération du fil ne doit pas être trop rapide car elle empêcherait le leurre de basculer d’un côté à l’autre. Le fil doit impérativement rester lâche et ne se tendre que sur les coups de scion.
    Selon le type de stickbait, et le plus souvent selon sa taille, le rythme sera plus ou moins rapide et les tirées plus ou moins amples. A vous de trouver le bon tempo pour faire évoluer correctement chaque leurre. Lorsque vous avez le bon rythme, vous pouvez aussi pêcher en douceur ou sèchement. En animant sèchement, vous ferez gicler beaucoup d’eau et générerez beaucoup de bruit avec les billes bruiteuses. Votre leurre deviendra un mini prédateur en chasse. Cette animation est à double tranchant. Elle va dans certains cas inciter le prédateur à sanctionner directement l’intrus, mais risque à d’autres moments de dissuader un poisson un peu méfiant d’attaquer. En pêchant au même rythme mais de façon fluide et douce, votre leurre zigzaguera de la même façon, mais beaucoup plus discrètement, comme un animal blessé cherchant à se soustraire à la vue du prédateur ; cette animation aura la faveur des poissons plutôt méfiants.
    Je me souviendrai toujours d’une partie de pêche en bateau en Bretagne Nord avec un collègue expérimenté du cru, où j’ai eu la démonstration absolue que l’animation minimaliste d’un Super Spook attirait de nombreux bars. Ce pêcheur ne tapait pas dans le leurre. Il se contentait de le faire surfer sur le petit clapot d’une belle journée d’été, en lui impulsant des coups de scion irréguliers et à peine marqués, donnant l’impression que son leurre cherchait à se faufiler le plus discrètement possible sur l’eau. Le leurre dodelinait irrégulièrement de droite à gauche avec une amplitude guidée plus par le relief des vagues que par la tirée imprimée et émettait seulement de temps en temps un petit “cloc” discret. L’animation droite gauche droite, accompagnée de son “cloc, cloc, cloc” bien rythmé si caractéristique, et facile à obtenir dès les premiers essais avec ce leurre, que je produisais de mon côté ne fonctionnait pas du tout alors que la sienne faisait monter les poissons régulièrement.
    Je pense que, globalement, une animation trop régulière et bruyante est dissuasive pour les poissons éduqués de nos côtes. Plus la mer est calme, plus l’animation et le leurre choisi doivent être discrets. Si la mer est un peu formée, que le clapot étouffe le bruit, vous pouvez alors opter pour une animation plus marquée et surtout passer à un leurre plus gros et plus bruyant qui sera mieux décelé par les poissons dans le bruit de fond général.
    Le vent peut être un ennemi dans la pêche avec des leurres de surface. En effet, avec des leurres légers, il peut la rendre impossible en tendant trop vite le fil. Vous aurez alors intérêt à rechercher des postes avec le vent dans le dos ou à passer à des leurres plus gros et plus tolérants en termes d’animation. Dernière chose importante : la non-animation. N’oubliez pas de marquer des arrêts fréquents, qui déclencheront l’intérêt des prédateurs et les inciteront à attaquer votre leurre beaucoup plus régulièrement.


    Soyez vigilant

    Lorsque vous pêchez avec un leurre de surface, ne négligez pas une seconde sa surveillance. En le suivant des yeux, vous pourrez voir des suivis sans suite, des remous suspects trahissant la présence de poissons. Cela vous redonnera de la motivation à revendre, si vous commenciez à douter de votre technique ou du poste choisi, et vous incitera à changer de leurre pour trouver celui qui peut déclencher les touches. N’hésitez pas à couvrir du terrain. Les poissons, s’ils sont présents, réagiront tout de suite en suivant ou en prenant le leurre. Toutefois, pour certains endroits difficiles d’accès comme des pointes rocheuses, vous pourrez insister longuement en lançant en étoile, en attendant leur passage plus ou moins obligé.

    Le ferrage

    Lorsqu’un poisson surgit pour s’emparer de votre leurre, votre instinct et la surprise vous dictent de ferrer instantanément. Souvent vous enlevez le leurre de la gueule du bar avant qu’il n’ait pu s’en saisir ou bien vous ne lui laissez aucune chance de le retrouver, s’il l’a raté, en lui retirant brusquement du champ de vision. Attendez toujours de sentir le contact avec le poisson, ce qui lui laisse le temps de redescendre avec le leurre. Votre ferrage sera alors beaucoup efficace.
    Je ne souviendrai toujours d’un gros bar qui, après avoir produit un énorme remous, dont j’avais arraché mon leurre instantanément, avait recherché furieusement sa proie en tapant la tête de droite à gauche avant de la sortir complètement hors de l’eau à 10 mètres du bateau comme s’il cherchait quelque chose. Il n’est bien sûr jamais revenu sur le leurre redéposé immédiatement dans le remous.
    La pêche aux leurres de surface est une pêche d’été idéale. Elle nécessite très peu de matériel et peut se pratiquer un peu partout sur nos côtes du bord. Alors n’hésitez pas à prendre une canne, quelques leurres et accessoires pour vos vacances d’été. Vous trouverez toujours un moment pour aller crapahuter au bord de l’eau et faire quelques lancers. Vous pourrez alors découvrir, si ce n’est déjà fait, ce formidable poisson qu’est le bar.

    L’usage de la tresse

    Je fais partie de ceux qui auraient maintenant du mal à se passer de la tresse. Pour cette pêche, en surface, elle reste posée sur l’eau où elle flotte naturellement, ce qui est un atout non négligeable. Son absence d’élasticité permet la retransmission des moindres petits coups de scion jusqu’au leurre, même à grande distance. Sa finesse, à résistance égale par rapport à un nylon, permet d’allonger les lancers et de minimiser la prise au vent et le ventre dans la ligne, qui peuvent totalement anéantir la meilleure des animations. Pour des leurres de taille normale de type Z Claw, Sammy 100 ou encore Bonnie 95, une tresse de  15 centièmes et suffisante. Pour des leurres plus gros, de type Bonnie 128, Super Spook, une taille de 19 centièmes peut être préférable, surtout si vous n’êtes pas totalement aguerri. Il s’agit en fait d’éviter de casser net sur un lancer appuyé, si par hasard une boucle de tresse se bloque dans les anneaux de la canne ou si le pick-up du moulinet se referme.
    Pour plus de discrétion, et aussi pour éviter de perdre des grandes longueurs de tresse sur une casse, un morceau de fluorocarbone est intercalé entre la tresse et le leurre ou plutôt l’agrafe. Cette dernière permet un changement rapide en fonction des postes rencontrés ou lorsqu’on cherche le leurre qui marche. Vous choisirez des agrafes de bonne qualité pour éviter qu’elles ne s’ouvrent de façon intempestive. Il n’y a en effet rien de plus rageant que d’animer d’un seul coup dans le vide et de voir son leurre partir au gré des vagues.
    Le brin de fluorocarbone mesure environ 1,5 à 2 mètres, son diamètre est fonction de la taille des leurres et des poissons pouvant être rencontrés. Vous utiliserez le plus souvent un 30, 35 ou 40 centièmes, les plus gros diamètres étant réservés aux pêches fortes, lorsque vous risquez de rencontrer de gros poissons ou que vous pêchez des secteurs très encombrés.

    Hameçons et corrosion marine

    Certains leurres ont été conçus au départ pour l’eau douce et ne sont pas toujours dotés d’hameçons résistant à la corrosion marine. Même si vous rincez ces leurres méticuleusement après chaque partie de pêche, leurs hameçons vont rapidement rouiller. Leurs pointes vont s’émousser et perdre leur piquant et certains points de rouille peuvent les rendre cassants, surtout après un stockage prolongé. Il est recommandé de les changer, lorsqu’ils sont trop abîmés, pour des hameçons plus résistants à la corrosion et aussi parfois à l’ouverture. Vous les choisirez de taille équivalente ou un peu plus gros (s’ils ne déséquilibrent pas la nage du leurre), ce qui vous permettra de mieux accrocher les gros poissons. Lorsque vous changez l’armement d’un leurre à trois hameçons, vous pouvez le remplacer par seulement deux hameçons de taille supérieure. Les références suivantes peuvent être recommandées pour remplacer vos hameçons triples : Decoy Y-S21, VMC 7545 BN (noir anticorrosion) ou TI , Owner ST 31 ou ST 41, plus forts de fer. Ces hameçons résistent correctement à la corrosion marine, à l’ouverture, et ont un piquant supérieur à la moyenne.

  • Salon : le Grand Pavois a 40 ans !

    Salon : le Grand Pavois a 40 ans !

    La Rochelle s’apprête à célébrer le 40e
    anniversaire du Grand Pavois son salon nautique international dédié à tous les
    plaisirs de la mer. Il se tiendra du 19 au 24 septembre 2012. Plus de 850
    exposants sont attendus sur 100.000 m² d’exposition. 300 bateaux seront
    présentés à flot sur 750 exposés. L’évènement met également en avant la pêche
    de loisir grâce à un espace d’exposition spécialement dédié. Cette année, c’est
    le Brésil qui sera l’invité d’honneur du Grand Pavois.


    Renseignements :

    www.grand-pavois.com

    Crédits photo : © Gilles Delacuvellerie et Jean-Michel Rieupeyrout.

  • Expertise : le printemps du lancer ?

    Expertise : le printemps du lancer ?

    Que c’est dur parfois d’attendre durant des semaines que le niveau des rivières baisse pour pouvoir pratiquer la pêche à la mouche ! Alors pourquoi ne pas tenter quelques sorties au lancer, à la recherche de jolis poissons sauvages ? Hameçons simples, ardillons écrasés, no-kill, la pêche au lancer n’est pas uniquement la technique de ceux qui pêchent pour la viande.

    Par Jean-Christian Michel

    Au début de la saison et même quelque fois durant tout le printemps, il n’est pas rare de rencontrer des eaux trop fortes ou trop teintées pour être pêchées selon nos techniques de prédilection. C’est dommage, car nos chères farios reprennent peu à peu possession de leur rivière… Et que nous ne pouvons pas nous empêcher d’aller à leur rencontre même si les conditions ne s’y prêtent pas vraiment ! Dans ces circonstances difficiles, la pêche au lancer vous permettra alors de retrouver le chemin de la rivière et de prendre quelques truites, en attendant des jours meilleurs… Je me souviens encore de l’ouverture 2008 : de l’eau, de la pluie, de l’eau de la pluie : un mois de mars qui ne vaut rien, un mois d’avril du même tonneau et au mois de mai. Des barrages pleins à craquer et contraints d’ouvrir leurs évacuateurs de crue ! Après quelques sorties à pêcher à la nymphe au fil à l’abri d’une pile de pont – soit dans vingt mètres carrés – j’ai raccroché naturellement ma canne à mouche et l’envie de passer à autre chose m’est venue ! Du moment que l’on respecte la rivière, les poissons et les autres pêcheurs, il n’y a pas de mauvaise technique, il n’y a que de mauvais pêcheurs.
    Vouloir comparer le lancer à la pêche à la mouche n’a pas de sens. Les partisans du fly fishing only vous diront qu’il est toujours possible de prendre quelques poissons avec une canne à mouche, même dans des eaux tendues et des conditions extrêmes. C’est bien possible, mais ce qui m’intéresse avant tout lorsque je me rends au bord de l’eau, ce n’est pas de prendre du poisson, mais de prendre du plaisir. L’impression de ne pas aller au fond des choses me déplait particulièrement.
    Quand on s’obstine à pêcher sous la canne et à racler le fond à l’aide de nymphes doubles billes toute une journée, je ne suis pas convaincu que l’on ait le droit de considérer la pêche aux leurres ou au toc comme immorales… De même, lancer un streamer de 8 grammes à l’aide d’une shooting de 600 grains cela peut se comprendre dans les pays où seule la pêche à la mouche est autorisée. Mais quand on peut propulser le même leurre avec une canne à lancer et plus de confort, d’efficacité et de discrétion, pourquoi s’en priver ? En raison de la beauté du geste ? Ah… Pardon ! Vouloir prendre à tout prix des truites « à la mouche » n’est pas forcément un signe d’excellence.
    Cela conduit même à de vilains travers ! Je considère que les techniques de pêche doivent être avant tout une façon de faire connaissance avec la rivière… Et ne doivent surtout pas être une occasion, pour le pêcheur, de se replier sur soi ! Dans certaines rivières puissantes, pêcher à la mouche ne permet pas d’aller au fond des choses, surtout en début de saison.
    Pourquoi donc s’entêter à pêcher en sèche ou en nymphe des postes qui n’abritent jamais rien d’autre que des juvéniles, alors que des poissons adultes se trouvent un peu plus loin, un peu plus profond, mais demandent d’être atteints selon un mode de prospection plus adapté ? Lorsque je sors ma canne à lancer, c’est souvent pour pêcher au poisson nageur.
    Il existe deux façons d’envisager cette pêche : soit on explore des cours d’eau petits à moyens et peu profonds en pêchant souvent vers l’amont et à l’aide d’un équipement habituel pour le lancer léger, – à savoir une canne de deux mètres à deux mètres quarante et d’une puissance de cinq à quinze grammes, un moulinet adapté et un bon nylon de seize à vingt centièmessoit on procède en grandes rivières, qu’elles soient torrentueuses ou plus homogènes, et alors la pêche se fait souvent vers l’aval à l’aide d’une canne de deux mètres quatre vingt à trois mètres vingt et d’une puissance de vingt à quarante grammes. Il ne s’agit plus vraiment d’une pêche au lancer léger et le nylon devra être alors un bon vingt ou vingt quatre centièmes. Dans les torrents puissants et parsemés de gros blocs même, l’emploi d’une tresse n’est pas inconcevable. En petits cours d’eau, les leurres sont souvent des modèles de quatre à six centimètres. Qu’ils soient suspending, countdown ou flottants, ces poissons nageurs seront très souvent choisis parmi les modèles moyennement ou peu plongeants.
    Les cranck baits sont rarement utilisés, même si leur emploi peut s’avérer pertinent, tout particulièrement contre les berges creuses. En pêchant vers l’amont, leur faculté à racler le fond et à se coincer entre les rochers plus facilement que les autres leurres ne plaide en faveur de leur utilisation… Dans le cas d’une pêche aval, s’il est toujours possible de rendre la main afin de laisser le courant libérer notre leurre. Ce n’est pas le cas en pêche amont ! Pour que les leurres propulsés vers l’amont soient pêchants, on procède souvent à une récupération rapide et linéaire, canne basse, et l’action de pêche ressemble assez à ce que connaissent les pêcheurs à la cuillère tournante : la truite laisse passer le poisson nageur, elle se retourne pour le poursuivre et l’engame par l’arrière. La difficulté de cette pêche vers l’amont vient du peu de discrétion liée au fait que l’on peigne la rivière et que, si l’on ne connaît pas bien les tenues des truites, il arrive souvent que le fil leur frôle les nageoires avant qu’elles n’aient vu le leurre… Un coup de chance est toujours possible, mais en procédant ainsi, il est difficile de capturer de beaux poissons autrement que par un heureux concours de circonstances.
    Dans ces cours d’eau peu importants, la pêche vers l’aval est rarement pertinente car le pêcheur se trouve souvent en plein champs visuel latéral de la truite : rester invisible demanderait de progresser le long de la rivière à quatre pattes. Chose qui amuse volontiers cinq minutes, mais rarement plus ! En outre, lorsque l’on progresse dans le lit du cours d’eau d’amont en aval, il est difficile de ne pas soulever des nuages de vases. Cela n’est peut-être pas rédhibitoire pour la truite, qui ne sait pas d’où vient la perturbation, à condition bien sûr qu’elle ne soit pas produite immédiatement devant son nez… En revanche, sur le pêcheur, l’impact psychologique est garanti ! Se déplacer dans un ruisseau avec la discrétion d’un groupe de randonnée aquatique, non, merci !


    Grandes rivières

    C’est surtout en grandes rivières ou en torrents alpins au débit soutenu que la pêche aux leurres vers l’aval prend tout son sens… C’est une pêche que j’affectionne particulièrement : Imaginez un torrent puissant, gros de toute l’eau de la fonte des neiges et semé de blocs noyés qui créent des veines tortueuses et presque impénétrables, constituant ainsi autant de postes où une belle truite peut se caler… Pour celui qui prospecte dans de telles conditions, la force du courant, des contres courants et des veines antagonistes, ne laissent pas le temps à la monotonie de s’installer. Lorsque l’on pêche ainsi, on a réellement l’impression d’être « dans » la rivière. Le leurre devient alors le prolongement de notre main. Il doit être le plus souvent possible en contact avec le relief du fond : un contact régulier indique une gravière et la nécessité de ralentir la récupération ; Un choc indique en revanche un rocher et sa présence invisible est un indice pour régler les prochains lancers selon un angle mieux adapté.
    A ce jeu, les cranck-baits sont particulièrement indiqués… En revanche les modèles intéressants pour le black-bass et le brochet ne le sont que rarement pour la truite et les eaux vives.
    Si certains possèdent des bavettes démesurées qui leur permettent d’atteindre des profondeurs importantes en eau stagnante, en revanche, dès que le courant s’en mêle, ce n’est plus la même musique et il n’est pas rare que le leurre « décroche » dans les veines les plus puissantes et se mette à palpiter lamentablement sur le côté…A bannir ! Sans compter la déception quand le bout de plastique en question vous a coûté vingt euros ! Les formes trop rondouillardes doivent également éveiller une certaine méfiance (même si certaines se comportent très bien) car plus le leurre présente un profil qui offre de la prise au courant, et plus son enfoncement sera contrarié.
    Une bavette assez importante, un corps plutôt élancé, voilà le parfait cranck à truites…Mais attention, testez les dans des conditions réelles de pêche avant d’en acheter dix de chaque modèle ! Car si certains répondent à ces deux conditions… ils se révèlent particulièrement empotés dans des eaux très puissantes ! Les valeurs sures se trouvent chez Smith et Rapala Enfin, si vous employez régulièrement cette technique et que comme tout pêcheur digne de ce nom vous rendez neufs fois sur dix la liberté à vos captures, sachez qu’il n’y a pas que les pêcheurs à la mouche qui ont le droit d’écraser leurs ardillons… C’est beau l’égalité !

  • La Falcon touch, une nouvelle de Jean-Christian Michel

    La Falcon touch, une nouvelle de Jean-Christian Michel

    D’après une idée originale de Jean-Marc Theusseret

    A toutes ses victimes…
    Certains naissent escroc. C’est une façon d’être. On ne peut pas dire que cela soit maladif, mais ils sont ainsi, partout et tout le temps. La rubrique judiciaire du JT nous présente chaque jour les spécimens les plus inventifs de ce levain trop fermenté de l’espèce humaine… mais d’autres restent en liberté et ils vont à la pêche. Le nôtre ne s’appelait pas Madoff, il ne fabriquait pas non plus des prothèses à doudoune jetables ni ne promettait cinquante pour cent de retour sur investissement à ses meilleurs amis…
    Et pourtant ! Vous ne vous en rappelez peut-être pas, mais c’est à Falcon que nous devons l’invention du « propulseur » XTT8. Un propulseur me direz vous…qu’est-ce à dire ?  C’est la question que s’est justement posée celui qui en a trouvé un exemplaire dans sa boite à lettre avec la lourde tache d’en effectuer la recension pour les colonnes de sa revue…
    En considérant le blister, le journaliste a bien pensé que la chose en question devait avoir un lien avec la pêche à la mouche…Mais la densité était étrange, ainsi que le revêtement…Et que dire de la finition ! Mais bon… comme certaines bêtes de course s’embarrassent peu de l’esthétique, il lui laissa le bénéfice du doute. Il se renseigna :

    – « Allo, Monsieur, Falcon, j’ai entre les mains votre… « propulseur »… Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?»
    – « Comment « un peu plus ? » Mais essayez le ! Il s’agit du vecteur halieutique nouvelle génération !»
    – « Dame…»
    – « Un propulseur est une évolution radicale de ce que vous appelez une soie.»
    – « Vous me rassurez, je croyais que…»
    – « En toutes choses il existe un avant et un après. Le propulseur est la soie du lendemain.»
    – « Du lendemain de quoi ?»
    – « Essayez, vous comprendrez…»

    Bigre ! Le journaliste ainsi instruit sangla son gilet, mit sa casquette et se fit un devoir de tester l’avion de chasse. Mais au moment ou il ouvrit le blister comme à celui où l’engin gifla la surface de la rivière pour la première fois, ses mots furent les mêmes :
    – « Mais c’est quoi ce machin ?»
    On ne peut pas dire que cela partait mal -rapport à sa densité de câble à vélo- mais les posés obtenus étaient franchement dégueulasses.  Bref, les performances et la facture d’ensemble relevaient du plus total bricolage.
    Facture qui en appelait une autre, mais salée cette fois et qui, elle, ne laissait plus aucun doute sur les intentions de son inventeur. A cent cinquante euros le vecteur halieutique, on n’entrait pas seulement dans une nouvelle ère, on basculait dans l’incommensurable !
    De son ongle, le journaliste n’eut aucune difficulté à enlever le revêtement de misère qui laissa apparaître un pauvre morceau de dacron fossilisé dans de la cire… Sous le propulseur se trouvait une ficelle… Et sous l’artisan, un ruffian.
    L’âme multi strong fusionnée à transfert de masse n’était en fait qu’une ficelle de palangrier plongée dans la cire micro-cristalline bouillante puis peinte.
    Pour ne pas se cramer les doigts, l’artiste devait jongler comme un pizzaïollo afin de dérouler dare-dare l’écheveau de part et d’autre de l’étendoir familial… Sans quoi, il arrivait que l’âme fusionnée de la XTT8 ait la mémoire un peu rancunière ! Il « fusionnait » ses soies par quatre et coupait alors l’écheveau aux ciseaux, façon spaghettis. Ensuite, Falcon laissait libre cours à son génie pictural. Et vas-y que je te tartine les ficelles au rouleau à peinture : vernis, peinture, vernis ! Vous voulez une WF ? Vlan ! Trois couches de plus sur le nez !  Falcon bidouillait des profils inconnus des catalogues.  Il avait fait du sur mesure son credo.
    A l’aide d’une formule « maison », il intégrait les données halieutiques et anthropométriques du client afin de déterminer avec exactitude la meilleure longueur de fuseau de lancer et le rouleau à peinture faisait le reste. Le prix se déterminait alors comme le fuseau : à la tête du client. A l’heure où toutes les soies étaient fabriquées en Asie, lui produisait français ! Pour finir, il lovait le tout dans un blister maison soudé avec la machine qui lui servait à congeler les cèpes… Gare à toi Thébault ! La XTT8 était disponible en deux teintes : « brown supérior » (qui rappelait un peu la couleur du siccatif qu’il achetait à dix euros les trois litres dans son magasin de bricolage) et « vert Montlhéry », autre curiosité de teinte, une sorte de vert olive un peu trop soutenu, teinte à laquelle le pot de quinze kilos qui servait à caler la porte du garage depuis vingt ans n’était peut-être pas totalement étranger.
    C’est par la Montlhéry que le scandale est arrivé.
    Ce jour là, Falcon tenait salon dans un de ces temples où la crédulité halieutique se réfugie pour passer l’hiver. L’homme était dans son élément. En bon maître de persuasion, Falcon s’était spécialisé dans les groupes, tout particulièrement dans ceux qui se revendiquaient de l’appartenance à un club à écusson et dont les belles têtes de passionnés laissaient entrevoir un endormissement rapide.  L’inventeur les accueillait sans fioriture et avec l’humilité de ceux qui sont habitués à s’user les mains contre l’ingratitude de la matière.  Mais tôt ou tard, un audacieux tirait sur la ficelle… « C’est quoi une XTT8 ? »
    Falcon baissait la tête, s’ébrouait deux ou trois fois puis il démarrait comme un moteur de zodiac secoué de quatorze roulements de « r » à la douzaine. Plus moyen de l’arrêter… Pour cela, il fallait acheter. Balthazar Falcon occupait l’espace comme un gladiateur dans l’arène, seul au milieu de tous les incrédules et toujours prêt à esquiver un mauvais coup.  Mais tout les artisans vous le diront : de nos jours le client est devenu tyrannique. On a beau se mettre en quatre, il n’est jamais content… Alors comment se démarquer quand pour tout appareil de production on ne dispose que d’un étendoir et d’un rouleau à peinture ?

    – Ainsi est née, Mesdames, Messieurs la XTT8 : joignant la précision de Besançon à la régularité des tisserand de Roubaix, notre XTT8 est un concentré de savoir faire et de technologie. Nos artisans l’ont élaborée autour d’une âme fusionnée à chaud qui lui confère grâce  et longévité. Des propriétés incomparables que seuls (il insistait bien sur ce mot) les amoureux du beau geste sauront apprécier…
    Et si un quidam avait le malheur de dire :
    – Moi j’ai une R2T depuis quatre ans et elle vieillit pas mal… Falcon se figeait et lorsqu’il desserrait les dents, il répondait invariablement :
    – Nous ne parrrlons pas de la même chôôse…Vous devez vous convaincre du caractère transcendantal de ma XTT8… Ce propulseur bouleverse les conditions de possibilité de l’expérience halieutique ! Bref, bref, il est la matière de nouvelles sensations… Et donc, le comparer, tant en terme de qualité que de plaisir est dépourvu de sens ! 
    Dans la XTT8, ce qui était important, c’était le 8. C’est lui qui concentrait toute l’ingénierie transcendantale du vecteur halieutique. Comment le déterminait-on ? C’est là qu’intervenait la « Falcon touch ».
    Quand notre homme sentait l’acheteur potentiel sur le point de lâcher prise, il le prenait en aparté et lui demandait à mi-voix :
    – Quel est votre transept ?
    Le gars tournait vers lui les yeux de Monsieur Jourdain.
    – Pardon ?
    – Votre transept…
    – Pff… Je ne sais pas trop… Je dois avoir un transept ordinaire…
    – Bon, abordons le problème sous un autre angle. Quel est le faciès de votre rivière favorite ? Plutôt lotique ou plutôt lentique ? C’est important, car j’utilise la science des rivières. J’agrège à mes vecteurs les dernières découvertes scientifiques. 
    – Ah… ça, c’est un peu pareil… J’ai du mal à vous répondre. Il faudrait que je demande au technicien de ma fédé.
    – C’est ça, demandez-le-lui. Mais en attendant mon expérience me dit que vous devez être à quarante huit pour cent. Lotique ou lentique ? Peu importe puisque pour votre confort j’intègre à la détermination de la longueur du fuseau de lancer un coefficient dilatatoire de 0,25. Il vous faudrait un long belly small mouth… Parfait ! Tenez, par chance il me reste une XTT8 en vert Montlhéry, c’est pareil.
    –  Non. Elle n’est pas belle. Donnez moi plutôt la brown supérior. 
    – C’est à dire que je vais en avoir besoin pour la démonstration.
    – Eh bien vous la ferez avec la verte, votre démonstration, où est le problème ?
    – Aucun, aucun…
    Cependant, Balthazar Falcon sentit le piège à singe se refermer sur ses doigts, mais il ne pouvait pas se résoudre à l’idée de laisser passer une vente… Il avait à peine noué la Montlhéry au backing lorsque le démonstrateur l’appela au micro sur le pas de lancer.
    – L’âme est encore raide, il faut réaliser un échauffement progressif dit-il au testeur étonné… 
    – Ne vous inquiétez pas, je vais prendre soin de votre bébé… 
    Le propulseur glissait foutument mal dans les anneaux. Le testeur se mit à sourire et dit en regardant Falcon :
    – Allez, j’enlève le starter ! 
    La plaisanterie n’eut pas le temps d’être goûtée. D’avant en arrière, de fines particules de vert Montlhéry commencèrent à descendre au sol en papillonnant. Pom, pom, pom, pom, pom, pom, bonne nuit les petits…
    L’assistance retenait son souffle. Par charité chrétienne, le testeur shoota le plus délicatement qu’il put mais la XTT8 se vautra au sol, fourbue, à une petite quinzaine de mètres en détortillant convulsivement ses vilaines spires de petit rouleau de fil de fer…
    Silence de mort. Tout homme normal aurait souhaité être dématérialisé et téléporté dans une poche de son gilet de pêche. Ou mieux, être liquéfié : disparaître sous la moquette en plastique du palais des expositions, se faufiler sous terre et rejoindre la rivière pour réapparaître loin, très loin des mauvais regards et disparaître en courant à l’horizon de verts et oublieux pâturages…
    Mais Balthazar Falcon ne faisait pas parti du commun des mortels. Il se dirigea vers le testeur avec son assurance de bon petit zodiac, lui ôta la canne des mains, avant de rembobiner lui-même la ficelle, ironique, et de lancer à l’assistance cette sentence que je vous invite à méditer :
    - Voilà ce qui arrive lorsque la molécule est froide !

  • Aux leurres… faites une pause !

    Aux leurres… faites une pause !

    Quand on parle de poisson nageur, les sujets les plus couramment abordés sont les couleurs, les formes, les tailles ou les profondeurs de nage. Mais la nage en elle-même et, notamment, la vitesse d’évolution du leurre sont un critère de la première importance. Les phases d’accélération et de changement de rythme sont bien sûr primordiales, mais elles le sont au moins autant qu’un autre aspect rarement abordé de la vitesse : les phases d’arrêt !

    Par Alban Choinier

    Tous les pêcheurs qui ont déjà pêché au poisson mort manié ou plus simplement avec un leurre souple monté sur une tête plombée savent quelle importance peut avoir une pause au cours de l’animation. C’est lors de cette phase, bannière tendue, que vous contrôlez la descente du leurre, pour pêcheur plus profond ou tout simplement pour le faire heurter le fond. Cette phase où le pêcheur ne fait rien d’autre que de tenir sa canne est d’ailleurs souvent la plus pêchante. En effet, si votre poisson mort ou votre leurre souple est correctement plombé, il va descendre en “feuille morte” pour le premier et en ondulant pour le deuxième. C’est généralement à ce moment que les carnassiers se saisissent du piège. Si on s’amuse à analyser la proportion entre les phases d’animation et les phases d’arrêt dans ce type de pêche, je suis sûr que nous devons passer environ un tiers de notre temps à ne rien faire… et pourtant, votre artifice pêche… tout seul !

    Les poissons nageurs aussi !

    Les phases d’arrêt sont tout aussi importantes quand on utilise des poissons nageurs, quels qu’ils soient. Etant donné que les poissons nageurs modernes ont tendance à nager tout seuls pour certains ou, à l’inverse, de nécessiter des animations régulières, nous sommes amenés à négliger de faire des pauses au cours de la récupération. C’est vrai aussi qu’un morceau de plastique dur armé de deux hameçons triples peut sembler beaucoup plus prenant en mouvement qu’à l’arrêt ! Et pourtant, il continue à être attractif quand le pêcheur ne fait rien, et parfois même beaucoup plus que lors des phases de déplacement. De nombreuses espèces de poissons carnassiers ont tendance à suivre le leurre en attendant le moment propice pour l’attaquer. Que ce soit les bars, perches brochets, black-bass ou sandres, ils cherchent tous à cibler leur attaque lors de la phase de pause ou dès le redémarrage du leurre. Ce n’est d’ailleurs pas parce que le pêcheur est inactif que le leurre ne bouge pas à l’autre bout de la ligne. Il peut bouger avec le courant, couler ou encore remonter vers la surface, la preuve…

    Les poissons nageurs à bavette type “jerkbait”

    Ces poissons nageurs à bavette sont les plus couramment utilisés aussi bien en mer qu’en rivière. Ils réagissent aux sollicitations du scion en se déhanchant et en s’inclinant de gauche à droite le long de la ligne de nage. On citera, parmi les plus connus, le B’Freeze de Lucky Craft, le Vision Oneteen de Mégabass, le Saruna de Smith ou le Arnaud de Illex.

    Les modèles coulants  (“sinking”)

    Quand on fait nager un poisson nageur coulant, on peut choisir la profondeur d’évolution de son leurre en décidant à quelle profondeur on va commencer la récupération. Automatiquement, quand on débute l’animation de ce type de leurre, il va avoir tendance à remonter vers la surface. Ce n’est qu’en faisant une pause que vous lui permettrez de couler à sa profondeur initiale. Quand un poisson nageur sinking descend vers le fond, il ne coule pas de façon linéaire, mais plutôt “rouler” sur lui-même. Les brochets et les blacks bass ont une forte tendance à suivre le leurre à la descente et à l’attaquer dès qu’il redémarre. Quand on pêche dans un lac très profond avec un poisson nageur coulant, les phases d’arrêt peuvent atteindre 15 secondes tous les 2 mètres de nage. Ce type d’animation en dents de scie donne l’impression de ne pas avancer dans sa pêche, mais plus le leurre passe de temps dans l’eau et plus il aura de chance de provoquer une touche ! Et c’est aussi parfois le seul moyen de pêcher vraiment profond avec un leurre dur de ce type.

    Les modèles flottants (“floating”)

    Dès l’arrêt de la récupération, les poissons nageurs flottants remontent vers la surface plus ou moins vite suivant leur construction : balsa, plastique creux, présence de billes ou non… Quand ils remontent, ils “roulent” (effet de wobling) sur un axe horizontal, entraînant ainsi une animation verticale… alors que vous vous contentez simplement de garder la bannière tendue afin de ferrer à la moindre sensation suspecte.
    Les perches et les blacks bass sont notamment friands de ce type de pause de quelques secondes à plusieurs dizaines de secondes, suivant la hauteur de plongée et la vitesse de remontée de votre poisson nageur.

    Les modèles équilibrés (“suspending”)

    Les leurres suspending sont ceux qui se prêtent le mieux à entrecouper la récupération de pauses. A l’origine, ces leurres ont été justement conçus pour pouvoir s’arrêter à une profondeur donnée. Ce sont les Américains qui ont mis au point les poissons nageurs suspending, il y a plus de vingt ans, afin de pêcher efficacement sur les nids de black bass. Le principe de fonctionnement des poissons nageurs suspending est de posséder, à l’intérieur de leur corps, un lest compensant leur flottabilité ; le leurre possède ainsi une densité neutre. Le but de ces leurres est de laisser le poison nageur le plus longtemps possible à proximité immédiate. Les poissons sont comme les humains, si vous voyez passer une énorme part de gâteau au chocolat sur le plateau d’un serveur au restaurant, vous allez peut-être penser à en commander en dessert. Mais si on vous pose le même gâteau sur la table d’à côté et que vous avez le loisir d’en admirer l’épaisse couche de chantilly, il y a presque 100 % de chance qu’il termine au fond de votre estomac ! Il se passe exactement la même chose sous l’eau. Si vous êtes intimement persuadé qu’un bel arbre immergé abrite un brochet, vous allez avoir dix fois plus de chances de le faire bouger si vous faites nager votre poisson nageur devant les branches sur 20 cm que si vous le ramenez à vitesse normale – faites ensuite une pause de deux secondes pendant laquelle votre leurre continue à bouger faiblement, puis refaites-le nager
    20 cm, etc. Dans le premier cas, le leurre va simplement passer dix fois plus de temps à portée d’attaque du prédateur. Même dans le cas d’animation en pleine eau et que ce soit sur n’importe quelle espèce de poisson, aussi bien en eau douce qu’en mer, faire au minimum deux pauses pendant la récupération augmente sensiblement la réussite. En effet, tous les prédateurs ont tendance à suivre assez longtemps le leurre avant de l’attaquer. Il est donc nécessaire de faire une première pause à mi-parcours et une deuxième pause juste avant de sortir le leurre de l’eau. Si un poisson vous a suivi jusqu’au bateau ou jusqu’au bord, vous aurez ainsi une chance de plus de le décider. Quand on a l’occasion de pêcher dans des eaux claires et de visualiser les attaques de poissons, on est généralement surpris de voir que les prédateurs n’hésitent pas à s’emparer du leurre alors que celui-ci ne nage pas. Je ne compte plus les brochets que j’ai vu tranquillement gober mon leurre pendant une phase de pause.


    Les “crankbaits”

    Comme nous l’avons déjà vu dans un article précédent, les crankbaits sont des poissons nageurs plongeant à la récupération, ayant un très fort pouvoir de flottaison. Ils ont pour la plupart d’entre eux la particularité de remonter d’une façon particulièrement erratique. Ils peuvent gagner la surface en faisant des larges S ou même, pour certains, des spirales. Des phases d’arrêt de quelques secondes lors de la récupération peuvent permettre au leurre de remonter de quelques dizaines de centimètres avant de vernir de nouveau heurter le fond. On explore ainsi une couche d’eau plus importante et on augmente le temps de présence du leurre dans l’eau.

    Les leurres de surface

    Les réactions des différentes espèces de poissons par rapport à l’arrêt des leurres de surface diffèrent radicalement. Par exemple, le brochet a tendance à délaisser un stickbait dès qu’il s’arrête, alors que c’est totalement la réaction opposée pour les black-bass, les perches ou les bars. D’après mon expérience sur ces derniers, j’irais même jusqu’à dire que 80 % des touches en surface ont lieu à l’arrêt du leurre. En bref, faire une pause rapporte aussi son lot de bonnes surprises avec les leurres de surface.

    N’hésitez pas à faire une pause

    Bien évidemment, la réaction des poissons change d’un endroit et d’un jour à l’autre. Ils peuvent, une matinée, être très réactifs à des animations lentes ponctuées de longues pauses et, l’après midi, à une animation radicalement différente. Il n’existe aucune vérité en matière de pêche, mais certaines constantes sont valables dans toutes les eaux du globe, comme la réaction très positive des prédateurs face à l’arrêt de leurs proies. En règle générale, on pourrait dire que, plus l’eau est froide ou plus la pression de pêche élevée, plus il devient nécessaire de pêcher lentement et de donner des temps d’arrêt à son leurre. Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que vous mettrez à l’eau votre poisson nageur fétiche, pensez à faire une pause !