Étiquette : pêche à la mouche

  • Nouveauté : JMC / soies Competition et Kamouline R2T

    Nouveauté : JMC / soies Competition et Kamouline R2T

    Nouvelle série de soies Compétition chez JMC développée pour les compétiteurs en réservoirs mais pas uniquement. La gamme comprend 5 modèles de flottante à S7 (très plongeante) dans trois tailles (6,7 et 8). De quoi pêcher en surface, juste en dessous (intermédiaire) ou plus en profondeur. Dans tous les cas, le running line est flottant, relativement dur pour bien glisser. Leur profil long autorise de très longs lancers qui permettent de bien aligner un long bas de ligne souvent armé de trois mouches. Surface micro-striée qui augmente la glisse par réduction du frottement.
    De son coté, la soie Kamouline se destine à la rivière et à la pêche de la truite en eaux claires. Cette soie alterne les couleurs naturelles pour un maximum de discrétion lors des lancers et une fois posée sur l’eau. Revêtement LB qui améliore la glisse. Le profil triangulaire R2T, bien connu des pêcheurs à travers les soies Symbol, assure une grande vitesse de lancer, une boucle serrée qui perce le vent tout en permettant un poser plus délicat qu’avec un profil WF. Taille 3 à 6.

    Prix conseillé : 69,90 euros pour la série Compétition (soit le modèle et 64,90 euros pour la soie Kamouline).

    Notre avis : les besoins des pêcheurs à la mouche évoluent et c’est une bonne nouvelle de voir des produits qui s’adaptent aux contraintes des pêcheurs français.

  • Monica, une nouvelle de Vincent Lalu

    Monica, une nouvelle de Vincent Lalu

    Le saumon est une femme. Il en a la grâce, l’endurance et la détermination. D’ailleurs seuls les saumons peuvent égaler une femme dans l’art de faire cavaler les hommes. C’est sans doute pour cette raison que l’on a donné des noms de femme à quelques endroits où les hommes ont beaucoup cavalé après les saumons. Monica est un de ces lieux bénis des dieux, peut-être le plus beau, un courant de près de  400 mètres ( le “Monica run”) qui relie deux pools formidables (le Monica du haut et le Monica du bas) sur la rivière Kola dans la presqu’île russe éponyme, où la densité de salmo salar fait penser certains jours aux heures chaudes du RER A entre Châtelet et Gare-de-Lyon.

    Une bredouille à Monica n’est pas donnée à tout le monde (j’ai failli y parvenir mais un gros grisle en fin de journée ne l’a pas permis). Car à Monica les saumons sont à la fois nombreux et bienveillants. Ils se prennent de passion pour votre mouche quand elle défile dans ce courant sublime, le plus beau du monde d’après cet habitué des plus beaux pools de la planète, un courant qui fait voyager votre Cascade ou votre Green Highlander en première classe, ni trop vite ni trop fort, juste comme il est nécessaire pour que leurs parures les présentent sous leur meilleur jour. Autour, les poissons font des galipettes, des remous, des sauts, quelques touchettes sans conséquence. Et puis très vite, comme dans toutes les maisons de rendez-vous, ça téléphone.

    La vraie Monica existe, je ne l’ai pas rencontrée mais il me paraît urgent de préciser à ce stade du récit que c’est une femme dont la vertu ne se prête guère au genre de métaphore douteuse employée à propos de son pool. Monica n’est peut-être pas la plus belle femme du monde, mais d’avoir donné son nom à l’un des plus beaux pools de la planète lui confère une sorte de magistère d’émotion dans l’inconscient des pêcheurs. Pour donner son nom à un tel endroit, Monica ne pouvait qu’être une femme épatante. On ne devient pas sans raison la marraine d’une avenue si glorieuse que Sunset Boulevard, à côté, a tout d’une rocade à Châteauroux.

    Emmener une femme à la pêche n’est pas une mince affaire : soit cela se passe tout de suite mal et vous avez vraiment intérêt à avoir tenté l’expérience à proximité d’un aéroport, soit il vous semble qu’elle aime ça, surtout pendant les deux premiers mois de votre idylle. Vous vous prenez alors à rêver d’une compagne halieutiquement correcte et vous en oubliez que vous lui avez dit : “Je t’emmène pêcher le saumon en Islande, on pêchera le jour et on s’aimera la nuit”, sans lui préciser qu’à cette saison, en Islande, il n’y a pas de nuit. Ce qui ne vous paraissait pas essentiel puisque, pour le moment, elle a l’air très contente comme cela, tapie derrière vous qui guettez le poisson sans savoir que, pour elle, le poisson c’est vous…

    Et puis il y en a quelques-unes comme Monica, qui aiment vraiment la pêche, auxquelles les hommes donnent à pêcher soit par galanterie, soit par condescendance, les parcours les plus faciles. Ce qui se passa pour Monica.
    La vraie Monica, donc, a débarqué un matin de 1995 en compagnie de l’homme, un Ecossais fortuné, dont cette Américaine partageait la vie et un peu la passion pour les saumons. Le couple était venu à l’invitation de Bill Davis, un Américain de l’Arizona marié avec la fille d’un des nouveaux maîtres de la Russie et qui fut le véritable découvreur des somptueuses rivières de la péninsule, la Yokanga, la Ponoy, l’Umba, la Varzuga ou la Rinda… qu’il perdit les unes après les autres, se retrouvant finalement sur la Kola, grande artère à saumons qui termine son cours tumultueux dans les parages de Mourmansk. La Kola n’avait jusque-là intéressé personne d’autre que les pêcheurs aux filets, fournisseurs des militaires et de la mafia locale et les innombrables braconniers qu’une économie de survivance poussait à cette coupable industrie.

    Bill Davis, le bad boy de l’Arizona, comprit très vite que la Kola, malgré son côté banlieue, était une pépite. Il réussit à obtenir de Boris Richepa, le très puissant patron de la fédération de pêche régionale, la concession des plus beaux pools de cette rivière publique où seuls les saumons étaient restés communistes. Il y improvisa un lodge dans l’ancienne maison de vacances des jeunesses socialistes, et c’est ainsi que quelque temps plus tard on proposa à Monica de pêcher ce grand courant facile auquel elle allait donner son nom après y avoir aligné et relâché dans sa journée 10 saumons exactement, entre 10 et 30 livres. Une légende était née. Il ne restait plus qu’à baptiser les autres pools du parcours, ce qui fut fait sans trop de précipitation (l’un d’eux se nomme toujours “no name” ). Et à faire venir les clients, attirés du monde entier par les sirènes de Monica.

    Il est impossible de dire avec certitude qu’il y a plus de saumons qui s’arrêtent ici que dans les autres pools. Mais ceux que vous y rencontrez vous font l’effet d’avoir fait tout ce chemin pour se retrouver là, un peu comme si, dans leurs années tacons, au moment où ils se préparaient à descendre vers la mer, leur maman leur avait dit : “Tu vois, ici, c’est Monica, un jour, si les gros flétans ne te mangent pas, tu y reviendras.” Pour eux, Monica n’est pas une banale maison de passe, c’est l’antichambre joyeuse de leur destin. Un pool complice autant pour les saumons que pour les hommes, qui y reçoivent ce qu’ils méritent (grosse pêche ou quasi bredouille) sans qu’il soit possible de savoir s’ils relèvent du registre de la malchance, ou de celui de la maladresse, ou encore de celui de la consolation. Ce n’est d’ailleurs pas le problème des saumons. Eux se reposent, prennent leurs aises. Ils savent que la suite ne leur laissera guère le loisir de prendre du bon temps. Alors ils en profitent, jusqu’à ce que le Monica du haut ne les réveille par le tumulte de ses eaux, juste avant l’autoroute impersonnelle qui les emmènera directement au pool du cimetière, avec ses minuscules clôtures de métal aux couleurs pastel et les taches vives que font les fleurs naturelles ou en plastique que les Russes aiment à disposer sur la tombe de leurs parents. Le cimetière donne aux saumons comme aux hommes une idée de ce qui les attend. Entre une friche industrielle, un champ de patates et la voie de chemin de fer Saint-Pétersbourg – Mourmansk, ce cimetière de la Kola éclaire de ses taches vives un décor en noir et blanc huit mois par an. Les cimetières russes sont gais et colorés parce que, l’espérance de vie des mâles de ce pays étant de 54 ans, mieux vaut soigner les abords de son futur déménagement.

    On enterrait ce matin-là un enfant. Sur la petite caisse de bois, on avait disposé ses jouets préférés : un camion, un ballon, une pelle et un petit maillet. En contrebas, sur la rivière, les mouches ont cessé leur défilé. Plusieurs habitués de la Kola ont déjà assisté à ce genre de scène. Ce n’est pas la seule raison qui les fait détester le pool du cimetière. La vraie raison est que, à force de voir passer des pêcheurs et des saumons, les morts de Kola, dès leur jeune âge, sont devenus des experts. Ils savent mieux que personne si le lancer est bon, si la mouche passe bien, si le pêcheur comprend quelque chose au poisson. Ils savent, eux, vraiment si le saumon est une femme. Ou si c’est l’inverse.

    Vincent Lalu

  • Slovénie, le débat : vos réactions

    Slovénie, le débat : vos réactions

    Buzz sur Internet, courriers à la rédaction, l’article de Philippe Boisson au sujet de la pêche en Slovénie n’est pas passé inaperçu. Voici quelques échantillons représentatifs parmi les centaines de réponses reçues. J’encourage nos amis slovènes à les lire, car elles montrent l’évidente artificialisation des peuplements pisciaires dans les rivières du pays.

    « J’ai lu avec intérêt et dépit vos commentaires sur votre excursion slovène dans votre dernier numéro. J’ai pu en trouver de semblables sur les forums ces dernières années. Voici les miens.
    Je me suis rendu trois fois à Most Na Soci entre 1998 et 2001 à chaque fois à la mi-juillet : ça date donc un peu. J’ai pêché essentiellement la basse Idrijca et ses deux affluents, Baca et Trebusisca, anecdotiquement la Soca et deux de ses affluents Ucja et Lepena. Ces rivières sont des joyaux, relativement peu pollués et très agréables à pêcher à la mouche, les très nombreux insectes aquatiques comme terrestre offrant de belles opportunités. La pollution est faible, d’origine domestique : cette zone de moyenne montagne ne se prête pas à l’agriculture intensive et il n’y a pas d’industrie. Côté pêche, il y a à boire et à manger et j’ai tout de même pu noter une certaine dégradation de la qualité de la prestation d’un séjour à l’autre. Le bassinage est certes la règle et le fait est qu’il doit correspondre à une certaine demande, ne serait ce que des Italiens et Autrichiens frontaliers qui viennent pour conserver les trois poissons auxquels ils ont droit, ou tout simplement pour les locaux, en particulier sur la Soca et la Lepena. Il y a tout de même de très beaux coups de ligne à faire, enfin peut-être faut-il désormais en parler au passé ? A noter aussi que:
    – lors de mon premier voyage, j’ai observé énormément de juvéniles « 0+ » de toutes espèces, ce qui n’a pas été le cas par la suite.
    – l’hiver précédent mon dernier séjour avait été marqué par des crues très fortes.

    J’ai donc pris des arcs en manches courtes, aux couleurs ternes…

  • Voyage de pêche : rendez-vous en mer inconnue

    Voyage de pêche : rendez-vous en mer inconnue

    Prologue.

    Automne 2011. La saison de pêche dans l’hexagone se terminant, rien de mieux pour se remonter le moral que de prévoir les prochains projets de voyage de pêche. C’était de cela qu’on discutait lorsque notre ami Stéphane s’est étonné qu’on ne soit jamais allé au Honduras, car un de ses amis y faisait régulièrement de très belles pêches. Je savais que le coin était bon pour la pêche au gros, mais n’avais jamais entendu parler d’autre chose. Une dizaine de jours plus tard nous retrouvâmes et remerciâmes Stéphane pour son « tuyau » en lui disant que tout était déjà programmé pour aller pêcher sur l’île de Roatan. Surpris, il nous dit que ce n’était pas sur cette île que son ami allait pêcher… « ça commence bien par un « R » dit-il en réfléchissant « – mais c’est Los … Los … »
    « – Los Roques ? » je lui réplique en rigolant.
    « – Oui c’est ça ! C’est bien ça, il va à Los Roques, j’en suis sûr ! » poursuit-il.
    D’accord on s’est juste trompé de quelques milliers de kilomètres, car Los Roques est au Venezuela mon cher Stéphane !

    Par Kathleen & Jean-Pierre PICCIN

    C’est ainsi que quatre mois plus tard, nous voilà en train d’admirer le lever du soleil embrasant l’horizon des tropiques. Pluie ou vent en perspective se dit-on, mais le suspens ne dure pas :  une avalanche d’eau nous tombe dessus. La mine grise nous rejoignons Michael, notre guide tout sourire : « C’est super aujourd’hui ! Vous allez voir, il n’y a rien de mieux pour aller pêcher le tarpon ; Et en plus vous avez beaucoup de chance car on va pouvoir pêcher la marée montante et descendante ! Great ! »
    Je me souviens d’avoir eu des guides qui se lamentaient au moindre nuage, mais ici on ne peut avoir qu’une pêche d’enfer en voyant ce gamin si optimiste devant des éléments déchaînés !  Engoncés dans nos impers, capuche protégeant les yeux, trempés jusqu’aux os, têtes baissées, nous nous plongeons sans rien voir dans la tourmente. Quinze minutes de saute mouton et le bateau ralentit. Osant enfin relever nos visières nous entrevoyons un petit village lacustre qui se rapproche de nous : une dizaine de maisons, aux couleurs chatoyantes, les pieds dans l’eau et adossées à une colline à la végétation impénétrable. Nous arrivons à Helene en nous dirigeant dans ce que l’on pourrait appeler une cour intérieure entre deux habitations, sauf qu’ici elle est immergée et occupée par deux bateaux, les seuls moyens de transport des habitants. En effet, comme beaucoup de villages sur l’île, il n’y a pas de route et l’accès se fait uniquement par la mer .
    A peine le moteur arrêté, nous repérons immédiatement des marsouinages de baby tarpons. Je ne m’attendais à voir les poissons devant les terrasses des maisons ! Durant une bonne demi heure, cette cour, pas plus grande qu’une piste de cirque, se transforme en terrain de jeu ou de petits mais vaillants tarpons nous offrent un spectacle d’acrobatie du plus haut niveau au-dessus de l’eau.  Quelle merveilleuse mise en bouche pour débuter ce séjour !
    Le temps à notre bateau de faire un saut de puce et nous accostons dans un flat qui, au soleil aurait pu être magnifique… Mais qui sous ce ciel plombé ressemble à une belle esquisse dessinée à la mine de crayon. Sans trop y croire, nous avançons à petits pas sur un tapis d’herbe à tortue, mais quand même prêts à dégainer. Quelques pas pour se mettre « en jambes » et voilà déjà Michael canne tendue vers la surface de l’eau, immobile, à l’arrêt comme le ferait un chien de chasse devant une bécasse, qui nous montre un premier banc de bonefishs !
    Un lancer maladroit et ils s’évanouissent, comme effacés par un coup de gomme. Je pense alors que la pêche va être dure et qu’il ne faudrait pas trop gâcher de telles occasions. Mais, au moment où ces pensées me traversent l’esprit, Michael nous montre « à perpette » d’autres poissons impossibles même à deviner ! On passe ainsi durant une demi heure d’un banc à l’autre sans pour autant en pêcher un. A notre décharge il faut dire que nos yeux n’arrivant pas à pénétrer la surface opaque de l’eau, qu’il est impossible de voir le comportement des poissons et que nous devons absolument faire confiance aux directives de notre guide : « stripe doucement – accélère – stop – reprend – ferre ! » Plusieurs fois, ne sentant pas de « toc » je n’ai pas ferré pensant que si on peut admettre qu’il voie dans cette pénombre les poissons, il est impossible qu’il puisse suivre la mouche ! Après quelques lancers infructueux, je me décide à l’écouter et à la grande satisfaction de mon moulinet qui se met à chanter, mon premier bone me fait un sprint qui laisserait sur place des coureurs de 100 mètres. Si nous devions continuer ainsi, une canne blanche serait plus appropriée. Mais heureusement, le soleil vient à notre secours en pointant son nez et le flat reprend des couleurs. Tandis que je retrouve la vue et pars pêcher seul comme un grand, Katy qui s’escrime sur un banc finit par sortir le premier bonefish. Le moral est au beau fixe lorsque Michael me dit de me dépêcher de prendre la canne à permit car il en a vu deux à une centaine de mètres ! Sans nous presser, nous nous approchons de ces très beaux poissons qui se nourrissent bruyamment et frétillent de plaisir en tapant la surface de l’eau avec leur queue. C’est la situation parfaite pour essayer de les leurrer. Cela fait un bon quart d’heure que nous les poursuivons à petits pas. Ils sont enfin à portée de canne, mais sans rien dire, Michael me fait signe avec sa main d’attendre encore… Il veut que nous les contournions pour avoir le vent dans le dos et m’offrir ainsi un maximum de chance. Floc, floc, floc… Ils sont tout près, en train de faire du tailing et on pourrait presque entendre le bruits des carapaces des petits crustacés qui craquent sous leurs dents. Je peux enfin lancer !
    D’abord maladroitement, car le crabe accroché au bout de la ligne paraît être un boulet après les petites mouches utilisées jusqu’à présent. Puis, avec plus de précision, je lance sans les inquiéter juste à l’endroit où ils sont attablés en les invitant à goutter à mon amuse gueule. Rarement j’ai eu l’occasion de tenter ma chance et d’insister aussi longtemps avec des permits et c’est peut-être après un douzaine de tentatives que j’en vois un se diriger vers ma mouche. « Ramène vite. Arrête. Reprend doucement – Ok », me dit Michael. Le poisson n’est plus qu’à 7 à 8 mètres de nous lorsque j’entends « Ferre ! Ferre ! » Et comme d’habitude, n’ayant rien ressenti, bêtement, je n’en fais rien et je vois trois nageoires me saluer en s’éloignant à toute vitesse !  « Je l’ai vu prendre ta mouche et la recracher ! Sûr qu’il était pour toi, celui-la ! Pas de problème, on en trouvera d’autres ! » me dit Michael. Un petit repas au lodge et nous revoilà sur un autre flat où nous passons l’après-midi à croiser encore et encore des bancs de bonefishs qui se révèlent très malins (ou nous pas assez !) et pas du tout facile à leurrer. Heureusement pour nous que dans le nombre il y en avait un par-ci par-là, un peu plus affamé que les autres et qui venait jouer avec nous…
    La soirée qui suit permet de mieux connaître les propriétaires, de grand baroudeurs qui, loin des records de vitesse ont fait le tour du monde à la voile en six ans et regrettent de ne pas avoir assez traîné… Grands respectueux de la nature, ils ont équipé le lodge de panneaux solaires et sont quasiment autosuffisants. Par la même occasion, ils nous font connaître les lieux qui ont abrité à tour de rôle pirates et corsaires espagnols, français ou anglais, laissant derrière eux de nombreux galions que recherchent encore quelques aventuriers. Il y a juste deux semaines d’ailleurs, l’un d’eux a été découvert à quelques encablures du lodge .  Y a-t-il un trésor à son bord ? Le secret sera à coup sûr bien gardé dans la mesure où le gouvernement du Honduras est propriétaire des épaves…  D’autres secteurs tout proches, offrent de très nombreuses opportunités mais dans l’ensemble, la pêche reste plutôt difficile, c’est aussi ça, la pêche ! En tout cas, nous sommes vraiment loin des clichés habituels figurant un pêcheur au milieu d’une grande étendue d’eau et, en arrière-plan, un petit îlot couvert de cocotiers !

    Guide Pratique

    Points
    forts
    : C’est une
    destination peu fréquentée et qui le restera car le propriétaire du lodge tient
    à préserver la qualité de l’environnement et de la pêche en n’acceptant que 6
    pêcheurs . Très poissonneux, ce coin abrite de très beaux bonefish et de très
    nombreux permits qui vivent sur
    les flats en grand nombre. On n’insistera jamais assez sur le professionnalisme
    de notre guide et des autres qui travaillent à cet endroit. Leur spontanéité et
    leur gentillesse sont exceptionnelles ! On est loin des phrases
    stéréotypées qu’on entend dans d’autres lieux et qui manquent bien souvent de
    sincérité. Et enfin ,
    point à ne pas négliger les tarifs sont 50/100 inférieurs à des séjours
    équivalents : Il faut compter pour 6 jours au lodge environs 1800 euros
    pour un pêcheur et 750 euros pour un accompagnant .

    Points faibles : Il est de taille et concerne la pollution visuelle à proximité
    des villages . Le ramassage de poubelles étant difficile beaucoup de choses finissent dans la mer et on
    voit ainsi de nombreux bouteilles en plastique et détritus qui flottent .
    Heureusement que la plupart des zones sont propres et sauvages. Dans la partie
    nord de l’île, la plus touristique, le problème ne se pose plus et il est à
    parier que dans le reste de l’île on agisse de même dans très peu de temps .

    Comment s’y rendre

    Le Honduras étant un pays à haut risque il est préférable de se rendre
    directement des USA à Roatan.Les compagnies Continental/United propose plusieurs
    vols par semaine depuis Houston et un depuis New York, et la compagnie Delta
    s’y rend une fois par semaine depuis Atlanta . Penser
    enfin à faire mettre tous les vols
    sur le même billet pour qu’en cas de problème de connections ce soit la
    compagnie aérienne ou l’agence qui a vendu les billets qui prenne en charge
    d’éventuels frais supplémentaires.

    Où dormir

    Les villes
    West End & West Bay offrent de nombreuses possibilités d’hébergement . C’est un endroit animé et sympa où on peut se reposer du voyage ou profiter des
    vacances avant ou après la pêche .

    Une bonne adresse à West
    End

    www.cocolobo.com

    Pour plus d’informations
    sur l’île de Roatan

    – tourismroatan.com

    Séjour Pêche

    Mango Creek Lodge

    mangocreeklodge.com

    E-mail :[email protected]

    Pour les accompagnants non pêcheurs des séjours écotourisme
    avec snorkelling ou plongée et découverte de l’île sont proposés .

    Saison de pêche

    Ouvert toute
    l’année on n’a que l’embarras du choix. Retrouver le soleil en plein hiver est
    bien tentant surtout quand on sait que la pêche est fructueuse mais pour les
    aficionados du permit avril pourrait être le mois le plus intéressant.

    Materiel
    de pêche

    Pour le
    bonefish


    -canne 9’ pour
    soie flottante #8 , bas de ligne 15 livres et moulinet avec 150 mètres de
    backing

    Boite à
    Mouche :

    Les mouches
    classiques (crazy charlie …etc ) semblent pas être très adaptées. On préféra
    les petites crevettes vertes, roses et oranges ou de bitters, toutes avec un
    montage anti-herbe .

    Pour le
    permit


    canne 9’
    pour soie flottante #9, bas de ligne 20 livres et moulinet avec 200 mètres de
    backing . Ne pas trop serrer le frein du moulinet : lors du premier rush
    la puissance est telle que la casse serait assurée !


    Boite à
    Mouche :

    Crabes merkins
    verts foncé, bleus ou roses et crevettes vertes .

    Pour le
    baby Tarpon

    -canne 9’ pour
    soie # 9

    Boite à
    mouche :

    Deceiver de différentes couleurs

    On rajoutera
    des bas de ligne avec un brin en acier bien utile car il y a d’énormes
    barracuda très plaisants à pêcher . Bien vérifier
    tout son matériel avant le départ car il n’y a pas sur place de boutique
    permettant d’être dépanné.



    Et ne pas
    oublier


    Un écran
    solaire indice 40 ou 50 résistant à l’eau

    Un répulsif
    type « insect ecran » très efficace. Il ne faut pas oublier que dans
    presque toute la zone tropicale sévit la dengue, une maladie jamais anodine
    transmise par les moustiques. De plus, comme dans toute l’Amérique
    Centrale, en fonction de la saison
    une chimioprophylaxie antipaludéenne est conseillée.

    Un chapeau ,
    un masque et des gants de protection solaire

    Des lunettes
    polarisantes

    Un sac étanche
    pour protéger les appareil photos de la forte humidité ambiante .

  • Jura : Bienne, pas de fermeture de la pêche

    Jura : Bienne, pas de fermeture de la pêche

    Les mortalités importantes de truites survenues sur la Bienne (Jura) depuis plus d’un mois, continuent toujours. Contrairement à ce que nous avions relaté sur notre site, l’AAPPMA la Biennoise n’envisage pas de fermer la pêche sur les 24 km gérés par cette association. Les résultats des analyses de poissons prélevés par l’Onema ne sont toujours pas connus et il convient donc de rester très prudent. Il est fort probable en revanche que la consommation du poisson soit interdite, comme cela s’est passé sur la Loue.

    Il est encore trop tôt pour affirmer que les causes des mortalités sur la Bienne sont similaires à celles de la Loue ou du Doubs. On peut toutefois observer plusieurs similitudes, comme le fait que les truites soient touchées au printemps, bien après la période de reproduction, ou encore que l’état général des poissons agonisants sont couverts de mycoses. Il faut en revanche bien comprendre que ces mycoses (saprolegnia) ne sont que des agents pathogènes opportunistes, qui au final tuent les poissons, mais ne sont pas responsables de leur affaiblissement au départ.

    Si la thèse d’une similitude avec ce qui s’est passé sur le Doubs se confirme, le risque de voir la situation se dégrader sur la basse rivière d’Ain, dont la Bienne est un affluent, dans les années à venir est à craindre. Souvenons-nous que sur le Doubs, le parcours de Grand’Combe des Bois (aval du barrage du Châtelot) avait été le premier touché en 2009. En 2010, le “mal” avait traversé la retenue de Biaufond (200 ha), puis celui de la Goule (70 ha), pour toucher l’ensemble du parcours de Goumois et en 2011, c’était au tour des 35 km du Doubs suisse puis du Doubs français en aval jusque dans la région de Montbéliard. Soit plus de 60 km ! Trois ans après les premières mortalités massives sur la Loue, personne ne peut affirmer catégoriquement de quoi sont morts les poissons. La responsabilité des cyanobactéries tant pointée du doigt, ne seraient pas la seule en cause. Le rôle des molécules chimiques issues de la pollution dues aux activités humaines, encore très mal connu des scientifiques aujourd’hui pourrait contribuer à une cause générale multifactorielle complexe. Pour autant, sur la Bienne comme ailleurs en Franche-Comté, les causes de pollutions sont bien identifiées. Assainissement insuffisant des eaux usées (sur la Bienne cela saute aux yeux), agriculture en système karstique, traitement du bois, sont autant d’éléments composant le Chao que l’on vit actuellement.

    Ceux qui attendent des réponses rapides à toutes les questions qui se posent risquent d’être déçus. C’est là toute la difficulté des dossiers de la Bienne, de la Loue, de l’Ain et du Doubs. Et cela permet aussi à l’administration de jouer la montre avant de s’attaquer aux causes, qui de toutes évidences se rattachent toutes à un mauvais état écologique de nos rivières.

    Philippe Boisson

  • Cannes Devaux T 48 J. Boyko

    Cannes Devaux T 48 J. Boyko

    Tissées selon une nouvelle technologie «corps hélicoïdale carbone», les cannes à mouche Devaux T 48 sont un modèle d’équilibre qui permettent une pratique de la pêche à la mouche moderne qui implique des performances au lancer mais aussi l’utilisation de fils très fins. Les héritières des T 47 sont donc très réussies et combleront les amateurs de cannes efficaces et performantes.

    Par Philippe Boisson

    Nous connaissions les cannes à mouche Devaux T 47, produits appréciés de nombreux pêcheurs. Cette année, Jacques Boyko, le directeur des Mouches Devaux, nous a présenté le nouveau modèle, baptisé logiquement T 48. Comme toujours avec cette marque dirigée par le capitaine de l’équipe de France de pêche à la mouche, pas de fioritures ni de clinquant, mais du discret et de l’efficace donc. Contrairement à une canne au verni brillant, le blank vert mat de la T 48 atténue les reflets lors du lancer. Les anneaux de corps sont des anneaux serpentiformes classiques, particulièrement fins et légers. Et quel bonheur de retrouver la poignée qui équipait les modèles précédents, d’un diamètre sensiblement supérieur à ce qui se fait un peu partout ! C’est un gage de précision et une bonne assurance contre la fatigue et les crispations. Même sobriété au niveau du porte-moulinet, que certains semblent trouver trop sommaire. Or, l’important n’est-il pas qu’il se fasse oublier justement ?
    Le blank des T 48 ferait appel à une nouvelle technologie intitulée «corps hélicoïdale carbone», qui évite la déformation transversale du blank lors des lancers grâce à ce tissage particulier et à l’ajout de fibres non tissées.
    Bien que le paramètre du poids soit parfois trompeur, il semblerait qu’en action de pêche, les T 48 soient plus légères que les T 47. Si cela semble être le cas avec les modèles en 9 pieds, cette sensation est encore plus nette avec les 10 pieds. L’action se veut très progressive, ce qui signifie que lors du lancer c’est surtout la pointe qui travaille, donnant ainsi la rapidité d’exécution nécessaire aux pêches “modernes”. Pour autant, c’est toute la canne qui se met au travail pour contrer le départ d’un joli poisson sur fil fin. Le bon équilibre de l’ensemble est incontestablement le point fort des T48.
    En conclusion, si vous avez aimé les T 47, vous aimerez aussi les T 48 ! Si vous cherchez une canne efficace et polyvalente (sèche, nymphe, mouche noyée) cette nouvelle série se veut bien pensée, tant au niveau des composants que de l’action. C’est autant un outil idéal pour apprendre à lancer et à pêcher, qu’un outil efficace entre les mains d’un pêcheur chevronné. Le rapport qualité/performances/prix s’avère de même très favorable, d’autant que les T 48 bénéficient d’une garantie de trois ans contre tout défaut de fabrication et que la maison Devaux à la réputation de proposer des produits qui durent.
    La gamme : 6 modèles en quatre brins sont disponibles. Ils couvrent l’essentiel des besoins pour les pêches à la mouche sèche, à la nymphe à vue ou au fil, la pêche en lac et en réservoir ainsi que la pêche à la mouche noyée.

    – 9 pieds pour soies 3/4 : modèle qui favorise l’usage de soies fines, naturelles ou artificielles.
    – 9 pieds 4/5 : canne passe partout, dont l’action permet une mise en action rapide et la manipulation d’un long bas de ligne.
    – 10 pieds 3/4 : une canne qui convient tout à fait pour la pêche à la mouche sèche en eaux rapides, mais aussi à la nymphe au fil.
    – 10 pieds 4/5 : la plus polyvalente pour la rivière, qui permet autant de pêcher au fil que d’atteindre une distance honorable pour présenter une mouche à un poisson gobeur en grande rivière.
    – 10 pieds 5/6 : modèle plus puissant que le précédent, plus adapté aux grandes rivières, mais qui peut aussi s’utiliser en lac pour la pêche aux chironomes par exemple.
    – 10 pieds 6/7 : canne dédiée à la pêche au steamer en lac ou en rivière. Très bonnes performances lors des lancers.


    Prix conseillé :
    De 410 à 430 euros selon le modèle.
    Cannes livrées avec une housse de protection toile et dans un tube rigide.

    Renseignements :
    Mouches Devaux : tél. : 04 50 48 68 08.

  • Honduras : pêche à la mouche avec les Piccin

    Honduras : pêche à la mouche avec les Piccin

    Voici un avant-goût du reportage de Kathleen et de Jean-Pierre Piccin à paraître dans le prochain numéro de Pêches sportives (N°91) réalisé sur l’ïle de Roatan, au large des
    côtes du Honduras. Attention, ces images peuvent provoquer des envies
    irrépressibles de voyages…

  • Cruncher une mouche à croquer !

    Cruncher une mouche à croquer !

    Dans cet article, nous allons décrire quatre montages de mouches pour des pêches en réservoir. Celui de la Cruncher, et celui de deux chironomes et un booby pouvant lui être associés. Nous verrons également comment combiner ces imitations au bout de soies flottantes ou plongeantes, pour différents types de pêches. Si vous éprouvez des difficultés à lancer un train de plusieurs mouches, ne vous alarmez pas, toutes les mouches décrites ici peuvent aussi être efficaces seules ou au bout d’une soie flottante ou plongeante, et les différentes options proposées ne pourront que vous aider à améliorer votre technique de pêche en plan d’eau.

    Par Philippe Collet

    La pêche avec des trains de deux ou trois mouches ne s’improvise pas. L’expérience montre que telle ou telle combinaison est plus efficace que telle ou telle autre. Les modèles de mouches que vous allez découvrir au cours de cet article fonctionnent bien ensemble et voici plus précisément comment.


    Avec une soie flottante

    La première technique, la plus classique, consiste à pêcher à l’aide d’une soie flottante, en plaçant la mouche la plus lourde en pointe et la Cruncher sur la potence, vers la soie. A deux mouches, une combinaison Cruncher, chironome lesté ou non, en pointe est possible. A trois mouches il faut combiner Cruncher, chironome non lesté puis chironome lesté. De cette façon votre bas de ligne descend progressivement de la soie vers la mouche de pointe en prospectant différentes profondeurs. La mouche lourde en pointe ancre le montage et permet de mieux tendre le bas de ligne lorsqu’on pêche dans le vent.
    Avec une soie flottant en surface, vous devez le plus souvent animer doucement, voire pas du tout. Vous tricotez très doucement pour résorber les plis de la soie en évitant de lui tirer réellement dessus. Essayez de pêcher avec un vent de travers qui va prendre sur votre soie et la tendre en formant un ventre. Cette dérive arrondie, accompagnée, selon la force du vent, de la reprise de la soie détendue en tricotant doucement, permet une animation suffisante des mouches. Prenez votre temps, n’animez pas, laissez faire la dérive, mais restez bien en contact avec vos imitations. Gardez si possible votre canne dans l’axe de la soie pour éviter de former un angle avec cette dernière. Surveillez la pointe de votre soie et ferrez à la moindre tirée, à la moindre sensation anormale. Ne ferrez pas verticalement, en tirant la canne vers le haut, car, plus le ventre de la soie est prononcé, moins votre ferrage est efficace. Pour être opérant, le ferrage doit se faire, soit avec la main qui tricote la soie, du bout des doigts par une tirée sèche mais non appuyée, soit en mettant un coup de scion, avec la canne tenue horizontalement, à l’opposé de la boucle formée par la soie sur l’eau. Plus la boucle formée sur l’eau est large, plus le ferrage par une tirée sur la soie, canne basse, dans l’axe est efficace. La soie s’appuie sur l’eau et transmet la traction jusqu’aux mouches Le risque de casse est alors minimisé, car en cas de ferrage un peu trop appuyé la soie ripe sur l’eau. Ne relevez pas la canne tout de suite après le ferrage, car avec un ventre de soie important vous perdez le contact avec le poisson en la décollant de l’eau et vous risquez de le décrocher. Gardez le scion au ras de l’eau, voire sous l’eau, le temps de tendre correctement la soie.


    Avec une soie intermédiaire

    La technique décrite ci-dessus n’est plus praticable avec un vent trop soutenu. La dérive devient trop rapide et l’allure des mouches moins naturelle. Vous pouvez alors accrocher votre train de mouches sur une soie plongeante, plutôt une soie intermédiaire lente, qui reste à proximité de la surface et ne descend pas aussi vite que la mouche de pointe. De la même façon qu’en soie flottante, vous pêchez plusieurs niveaux. L’animation est par contre différente mais doit rester lente avec des pauses plus ou moins marquées. La surveillance des touches se fait sur le morceau de soie tendu entre le bout du scion et la surface de l’eau (de 30 à 50 cm). Le ferrage, en prise directe, puisque la soie est bien droite sous l’eau, doit être beaucoup plus prudent, en relevant la canne pour s’opposer à la traction du poisson et faire pénétrer l’hameçon dans sa gueule.


    Avec un booby en pointe en soie flottante ou intermédiaire lente

    Cette technique appelée washing line outre-Manche, soit littéralement “corde à linge”, consiste à attacher un booby en pointe et à suspendre une ou deux nymphes entre lui et la soie. Ces mouches pendent alors sous la surface de façon très naturelle. Certains jours, cette façon de pêcher est redoutable et permet de déjouer la vigilance des poissons difficiles. Dans notre sélection de quatre mouches, nous choisissons le booby oreille de lièvre, assez imitatif, que nous plaçons en pointe et nous le combinons avec la Cruncher, seule ou complétée d’un chironome léger. La soie flottante ou intermédiaire lente permet de présenter les mouches dans un plan plutôt horizontal, à proximité de la surface. Dans cette technique, il convient d’étaler son bas de ligne le plus droit possible. On essaye de ne pas avoir à retendre ce dernier. Si nécessaire, on réalise quelques tractions rapides, dès le poser, pour mettre ses mouches bien en ligne. En soie flottante, les nymphes par leur propre poids font rapidement couler le fil, entre le booby et la soie, qui se soustrait à la vue des poissons. La truite en maraude, qui avait été attirée par l’impact des artificielles, arrive alors sur une ou deux mouches, stabilisées juste sous la surface, qui deviennent pour elle relativement irrésistibles. Elle peut aussi gober le booby, d’autant qu’elle ne détecte pas le fil passé sous la surface. En l’absence de touche, effectuer une longue tirée qui décalera le train de mouches d’environ 1 mètre et fera couler le booby, provoquant des turbulences attractives en surface. Attendez de nouveau. Le booby va remonter et le montage se stabiliser. Soyez vigilant, car les touches sont souvent violentes et peuvent vous arracher la soie des doigts.
    Cette technique peut aussi se pratiquer avec beaucoup de succès avec une mouche sèche et une petite nymphe. Elle présente le double avantage de soutenir la nymphe et de couler le fil de la mouche sèche. La mouche sèche devra simplement être choisie avec une bonne flottabilité, car elle devra rester en surface après de nombreuses immersions et résister à la traction de la nymphe vers le fond.


    Avec un booby en soie intermédiaire rapide à très plongeante

    La technique peut aussi être très efficace avec une soie plus plongeante, en utilisant le même train de mouches. A trois mouches, un chironome léger peut être intercalé entre la Cruncher et la soie. La Cruncher sera placée à proximité du booby pour rester proche de la surface. Des soies plus denses permettent, à l’inverse de la première technique présentée, de continuer à prospecter différentes couches d’eau, du bas vers le haut cette fois. Les mouches ne remontent plus vers la surface sous la traction du pêcheur mais sur celle, beaucoup plus douce, du booby. A l’arrêt, les nymphes restent suspendues entre deux eaux, à la manière des chironomes en phase lente d’émergence. L’animation est lente.


    Les bas de ligne

    Ils sont classiques. En soie flottante et intermédiaire lente, on peut placer un polyleader intermédiaire en bout de soie ou un bas de ligne à nœuds dégressif constitué, par exemple, de trois brins de 40 cm de 45, 35, 25 centièmes ou cinq brins de 30 cm de 45, 40, 35, 30, 25 centièmes. Ce porte-pointe est terminé d’une boucle. La longueur de la pointe varie selon le nombre de mouches. Avec une seule mouche, prévoir environ 1,50 m de fil ou un peu plus si vous pouvez le lancer, car les poissons peuvent se tenir assez profondément. Avec deux mouches, placer une première mouche sur une potence d’environ 20 cm entre 90 cm et 1,20 m de la boucle du porte-pointe, et une seconde entre 1,20 m et 2 m. A trois mouches, la distance entre les deux mouches de potence s’élève à environ 90 cm à 1,20 m. La mouche de pointe est placée entre 1,20 et 1,50 m de la seconde mouche de potence. Ces longueurs sont une base de départ. En pêche en soie flottante, avec une mouche lourde en pointe, vous pouvez être amené à allonger le brin entre la boucle du porte-pointe et la première mouche pour prospecter en profondeur. En washing line, vous pouvez, par exemple, avoir intérêt à réduire l’ensemble pour mieux étaler votre train de mouches avec un léger vent de face. En soie plongeante ou intermédiaire rapide, vous pouvez raccorder votre pointe directement à la boucle de la soie, et l’allonger ou la raccourcir selon que l’eau est sale ou claire, ou selon les difficultés du lancer. En tout cas, retenez que, si vous avez des difficultés pour lancer, vous devez réduire le nombre de mouches, puis réduire la longueur entre la première mouche et la soie ou la longueur entre les deux mouches. Quelques dizaines de centimètres en trop compliquent parfois énormément le lancer. Par eau claire, préférez supprimer une mouche que trop rapprocher deux mouches, dont la proximité alerterait les poissons. Même en maîtrisant bien le lancer, on ne pêche à trois mouches correctement qu’avec le vent dans le dos ou de travers (si possible de gauche à droite si l’on est droitier), avec un recul arrière assez dégagé. Si le vent est fort, l’exercice se complique. Il vaut bien mieux réduire le nombre de mouches et pêcher que de démêler continuellement son bas de ligne ou, pire, pêcher avec un bas de ligne emmêlé. N’essayez pas non plus de pêcher trop loin. Souvent, vous pourrez étaler très correctement votre bas de ligne à 15 ou 20 m et vous le poserez en paquet et l’emmêlerez en essayant d’atteindre une plus grande distance. Pensez aussi à ouvrir la boucle de votre soie lorsque vous pêchez à plusieurs mouches. Ce type de lancer est nettement plus efficace en bateau avec le vent dans le dos.
    Pour la pêche sous la surface en washing line ou plus profondément avec le booby, vous pouvez monter votre bas de ligne en nylon. Pour le washing line, il tirera moins les mouches vers le fond qu’un fil en fluorocarbone. Pour les pêches où les mouches doivent couler, le fluorocarbone est préférable. En pêche avec des soies plongeantes, le bas de ligne doit être plus solide qu’avec une soie flottante. Vous pêcherez en 18 à 20 centièmes, alors qu’avec une soie flottante vous pourrez descendre en 16 centièmes, voire moins, à condition de ne pas avoir la main lourde au ferrage.

  • Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Mouche : vers une autre conception du bas de ligne progressif

    Les bas de lignes à nœuds ont depuis quelques années la préférence des pêcheurs français. Modulables, discrets, suffisamment rigides, leurs qualités sont nombreuses. Pourtant, leur schéma désormais classique, progressif ou dégressif, ne permet pas toujours de répondre aux attentes des pêcheurs recherchant des dérives naturelles, nécessaires sur de nombreux parcours aujourd’hui. On croyait avoir fait le tour des bas de lignes à nœuds, mais ce n’est pas le cas. Voici les spécificités d’un modèle atypique.

    Par Philippe Boisson

    Élément clef de l’équipement du pêcheur à la mouche, le bas de ligne est la partie du matériel la plus ésotérique avec ses formules personnelles, fruit de l’expérience de chacun. Nous savons à quel point cet élément constitué de brins de nylon perturbe les moucheurs de tous niveaux, car il faut bien le dire, la formule miracle, qui donne satisfaction dans toutes les conditions, n’existe pas. Les bas de ligne à nœuds, largement répandus aujourd’hui permettent une adaptation permanente de la longueur totale ou partielle du bas de ligne et de la pointe en toute liberté. C’est principalement pour cette raison qu’ils rencontrent un si large succès auprès des pêcheurs français. Le niveau technique général des pêcheurs à la mouche dans notre pays est élevé si on le compare à ceux de nos voisins anglo-saxons ou scandinaves et, à n’en pas douter, les bas de lignes à nœuds y sont pour beaucoup. En contrepartie, cette facilité de création et d’adaptation contribue à rendre le bas de ligne à nœuds complexe en raison de sa modularité. Le schéma classique de ce genre de bas de ligne, surtout pour les modèles progressifs, dont les brins s’allongent au fur et à mesure que les diamètres diminuent, veut que l’on respecte une diminution rigoureuse des diamètres de nylon. Soit de 5/100 en 5/100 depuis le brin le plus fort jusqu’au porte pointe. On obtient ainsi un bas de ligne dont la progressivité est totale sur toute la longueur.

    Une formule perfectible

    Comme beaucoup, j’ai utilisé ce type de bas de ligne durant plus de vingt ans avec bonheur tout en imaginant différentes formules afin de trouver ce qui me correspondait le mieux. De toutes ces expériences, je garde le souvenir de formules globalement satisfaisantes, mais surtout le sentiment permanent que ce système n’était pas parfait. En effet, la présence des trois derniers brins avant la pointe, généralement en 20, 16 et 14/100 constituait trois problèmes :
    – Le premier, d’ordre purement technique, oblige à un calcul précis de la longueur de ces brins pour les harmoniser avec ceux de la partie précédente. De plus, un porte pointe relativement court doit être remplacé après trois ou quatre changement de pointes, car chaque nouveau nœud le fait régresser de  5 à 8 centimètres.
    – Le deuxième problème, d’ordre fonctionnel, est lié précisément à cette section du bas de ligne très progressive qui précède la pointe et qui ne permet pas de “casser” l’énergie au niveau de la pointe pour obtenir des posers très détendus. En pratique, cela se traduit par un bas de ligne au comportement homogène, mais qui n’autorise pas facilement le poser d’une longue pointe (2,80 m ou plus) vraiment détendu. Entendons par là la possibilité de poser trois mètres de pointe sur une surface de 30 ou 40 cm2 comme cela est souvent nécessaire lorsque l’on pêche à la nymphe à vue ou lorsqu’il devient indispensable d’effectuer de longues dérives naturelles à la mouche sèche.
    – Le troisième problème concerne le brin de 14/100, qui n’a plus lieu d’être si l’on utilise une pointe de ce diamètre. Dans ce cas, à longueur égales de pointes, la longueur totale du bas de ligne se retrouve soudain réduite de 50 à 70 cm. Cet écart de longueur se traduit également par un comportement différent du bas de ligne qui compte un élément de moins. Certains pêcheurs dont je fais partie n’aiment pas pêcher avec des bas de ligne dont la longueur totale varie. Cela vient sans doute de mon vécu avec la pêche des grosses truites à la nymphe à vue, technique qui implique un nombre d’essais très limités où tout doit être parfait. C’est pour cette raison que j’ai toujours voulu pêcher avec un matériel identique : même canne, même soie et surtout avec un bas de ligne invariable.


    Une solution osée !

    Las de composer avec ces facteurs et après plusieurs essais, j’ai finalement opté, il y a deux ans, pour une solution assez radicale, qui simplifie considérablement les choses tout en permettant d’obtenir l’effet recherché. Mon bas de ligne est devenu très atypique, mais il me convient parfaitement. Il comprend uniquement six brins, pointe comprise, ne débute plus en 45/100 mais en 40/100 (le classique Maxima) et ne compte que des brins de longueurs égales (hormis la pointe). Notons que le 18/100 n’est pas en Maxima mais de même nature que la pointe (Water King Pole Fishing). Ce détail est très important pour préserver une solidité de l’ensemble suffisante. La progressivité du bas de ligne est obtenue uniquement par l’affinement des diamètres puisque les brins sont de mêmes longueurs. Ce principe permet de conserver une bonne énergie tout en obtenant des posers très doux. Cela est dû à la grande longueur des brins. La jonction entre le 18/100 et la pointe (voir l’encadré consacré au nœud de raccord), assure une cassure d’énergie franche sur toute la pointe. Ce bas de ligne convient particulièrement bien pour les posers de type “parachute” autant pour la pêche à la nymphe qu’à la mouche sèche, ainsi que pour les posers “plaqués détendus” où la pointe du bas de ligne doit se poser sur une très faible surface afin d’obtenir une descente parfaitement verticale de la nymphe.  D’autres formules, plus courtes  (il suffit de réduire la taille des cinq premiers brins) sont possibles. Elles présentent une plus grande facilité de manipulation et sont aussi plus adaptées aux cours d’eau de petites largeurs.


    D’excellents résultats

    La qualité des posers et des dérives obtenues avec ce bas de ligne m’a séduit dès les premiers essais. Après plusieurs saisons d’utilisation exclusive autant en lacs qu’en rivières, à la mouche sèche ou à la nymphe (à vue et au fil), les résultats obtenus sont très satisfaisants. La précision est au rendez-vous sans nuire à la réussite des posers…  A la mouche sèche, on obtient des posers très détendus qui offrent une excellente parade au dragage de la mouche. Effectuer de longues dérives vers l’aval devient ainsi un jeu d’enfant. Dans tous les cas, ce bas de ligne doit être utilisé avec une très longue pointe, d’une longueur minimum de deux mètres pour la mouche sèche et 2,80 m pour la nymphe pratiquée à vue. Pour les posers “parachute”, on peut dépasser les trois mètres.
    Bien entendu, l’efficacité de ce bas de ligne se trouve accrue par une bonne technique de lancer avec une boucle de soie en l’air rapide et étroite pour une meilleure pénétration dans le vent.


    Le choix du nylon

    La partie la plus forte du bas de ligne, du 40/100 au 25/100 est constituée de Maxima “classique”. Elle peut l’être également avec du JMC Camoufil ou du Maxima Caméléon. Le choix est beaucoup moins facile au niveau du brin de 18/100 et de la pointe, deux éléments qu’il est préférable de prévoir de même nature (même modèle). Une différence de dureté pouvant entraîner une dégradation anormale de l’un ou l’autre des deux brins. Parmi les meilleurs nylons pour réaliser ces deux éléments, citons le Devaux Tiger, le Teklon et le Teklon Gold, le Rio Power flex ou le Sensas Palmer. Ces monofilaments sont à la fois souples et résistants, ce qui représente des qualités qui font difficilement bon ménage. Il est à regretter une baisse sensible de qualité du Water King Pole Fishing (Water Queen), qui fut pendant plus de dix ans un nylon exceptionnel pour la pêche à la mouche, pourvu d’une grande souplesse et  d’une résistance remarquable. Actuellement, ce fil souffre d’un manque de régularité agaçant, puisque sur une même bobine, certaines sections peuvent être parfaitement convenables, alors que d’autres sont beaucoup plus faibles. Espérons que ce problème ne sera que passager !
    Peu de progrès sont réalisés en matière de fils fins par les fabricants, qui semblent avoir atteint les limites en matière de résistance et de finesse. Le fluorocarbone souffre d’une rigidité importante qui le rend difficilement compatible avec l’utilisation de petites nymphes, car il est générateur de dragage et par conséquent de présentations aléatoires. Le nylon reste donc le fil le plus utilisé pour pêcher à la mouche en rivière.


    Formule grande rivière

    Diamètres : 40/100 – 35/100 – 30/100 – 25/100 – 18/100. Pointe : 16 à 8/100.
    Longueurs : 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 85 cm – 2,80 m ou plus = 7,05 à 7,50 m.

  • Nouveautés 2012 : Série de cannes JMC Compétition et moulinet Gamma

    Nouveautés 2012 : Série de cannes JMC Compétition et moulinet Gamma

    Parmi les nouveautés proposées par JMC – Mouches de Charette, on compte quatre gammes de cannes, dont la série Compétition, qui s’adressent aux amateurs de pêche à la nymphe au fil. C’est l’occasion de regarder de plus près un des nouveaux moulinets qui s’associe très bien à cette canne, le Gamma.

    Si la gamme des cannes Compétition propose une 7’6 pour soie n° 3 et une 9 pieds pour soie n°4, c’est à n’en pas douter vers les modèles de grande, voire de très grande longueur que vont se tourner les regards et les choix. Pas de 9’6 dans cette gamme. Les enchères commencent à 10 pieds. Une pour soie 4, dont l’usage convient à la pêche à la mouche sèche et à la nymphe au fil et l’autre pour soie 7, destinée aux pêches en lac ou pour le streamer en rivière. Ensuite, la gamme va se percher dans les très grandes longueurs, toujours pour soie 4 :
    10’6, 11 et 11’6 ! Très rares sont les cannes de 11’6 pour soie n°4. Historiquement, très peu d’artisans ou de fabricants se sont lancés dans la réalisation de cannes d’une telle longueur pour ce numéro de soie.
    Techniquement, cela n’est possible que depuis l’avènement des fibres de carbone de très haut module et après définition d’un cône de blank qui puisse rendre l’outil utilisable, sans quoi on obtient une lourde “queue de vache” sans réactivité. L’implication de JMC dans la compétition (sponsor des équipes de France) ne fait aucun doute. Ces cannes de plus de 10 pieds sont destinées à la pêche au fil sous la canne, technique pratiquée également par un grand nombre de pêcheurs à la nymphe là où la pêche à vue est impossible. Dotée d’une d’action progressive plutôt réussie, la gamme permet des posers précis et offre la possibilité de travailler des poissons sur fils fins. Evidemment, plus on monte dans les longueurs plus la fatigue se fait sentir. C’est un point qu’il ne faut pas négliger. Aussi conseillons nous deux cannes dans la gamme : la 10 pieds soie 4, car c’est la plus polyvalente (sèche et nymphe) et la 10’6 soie 4, qui donne déjà une allonge confortable pour la pêche au fil. Les 11 et 11’6 étant des outils qui s’adressent avant tout aux compétiteurs, qui ont besoin de se démarquer de la concurrence.
    La finition est sobre pour cette gamme destinée avant tout aux performances et sans mauvaises surprises. La poignée “cigare” est d’un diamètre sensiblement plus important que sur la plupart des cannes concurrentes. La préhension s’avère en outre excellente. Le liège “pleine fleur” laisse présager un très bon vieillissement.
    Quant au porte-moulinet, il se veut avant tout fonctionnel et sûr.

    Prix conseillé : 369 à 399 euros selon le modèle.


    Le moulinet Gamma

    Ce n’est pas le moulinet le moins cher de la gamme, mais sans nul doute celui qui aura la préférence des pêcheurs initiés qui recherchent un produit léger, performant et bien conçu. Nouveauté 2012, le Gamma se place en remplacement du Rafal et du Exel. Certains défauts des modèles précédents ont enfin disparu. Ainsi le Gamma comporte une cage de bâti fermée et non un simple guide fil. Fini les soies qui se font éventrer entre la bobine et le guide fil, fini les longs bas de ligne qui se retrouvent de l’autre côté du guide fil. Autre atout, une bobine de grand diamètre (100 mm) mais très étroite (20 mm). On le sait, plus la bobine est large, plus la soie s’enroule mal. Les spires se chevauchent et c’est la galère, voir la perte de la truite de votre vie ! Dans la gamme des moulinets JMC, le Gamma semble avoir atteint l’âge de raison.

    Disponible en deux modèles :
    Gamma 35. Poids 143 g. Soies 3 à 5. Capacité : WF4 + 100m de 20lbs.
    Gamma 68. Poids 149 g. Soies 6/8. Capacité : WF 7 + 150 m de 20 lbs.
    Prix conseillé : 199 euros.


    Renseignements et liste des points de vente :

    JMC – Mouches de Charette
    E-mail : [email protected]
    www.mouchesdecharette.com
    Tél. : 04 74 24 22 73.