Étiquette : pêche à la mouche

  • La soie flottante à pointe intermédiaire selon Airflo

    La soie flottante à pointe intermédiaire selon Airflo

    La marque de soies Airflo continue de développer sa gamme Polyfuse avec  cette XT Ridge Impact. Il s’agit d’une soie flottante à pointe intermédiaire. Cette soie est bâtie sur une âme Power Core. Elle possède un corps flottant de technologie Ridge prolongé d’une pointe intermédiaire rapide ou lente. Cette soie est proposée avec une partie intermédiaire de 3, 6 ou 12 pieds, soit 91 cm, 1,83 m ou 3,66 m. Le raccord entre la pointe intermédiaire et le reste de la soie se fait par une transition douce de matière, sur la même âme. Cela évite le point fragile et les surépaisseurs disgracieuses et tordues qui caractérisaient ces changements de densité. Leur revêtement particulier “strié” assure une excellente glisse.
    Avec la soie Ridge Bass Musky, Airflo propose une soie flottante dédiée à la pêche du black-bass et du brochet. La marque a développé une soie au fuseau ramassée destinée à charger la canne rapidement et propulser correctement et précisément de grosses mouches peu aérodynamiques. Cette soie est proposée de la taille 6 à la taille 10.

    Renseignements :
    T.O.F Fly Fishing
    Chaussée de Wavre, 362
    B-139 Grez Doiceau
    Belgique
    Tel : 00 32 10 24 18 24.
    E-mail : [email protected]

  • JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8

    JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8

    C’est bien connu, plus les cannes à mouche sont longues, plus il est difficile d’en trouver une dotée d’une action progressive qui permette de lancer loin sans trop de fatigue. Avec son modèle Elite, JMC a incontestablement réussi un coup de maître dans ce domaine.

    Par Philippe Collet

    La canne de la gamme JMC Elite, de 10 pieds pour soie de 7/8, est en effet conçue pour la pêche en réservoir. C’est là un produit très esthétique, mais surtout très performant. Son action progressive rapide permet de très longs lancers, avec des boucles de soie très serrées. J’ai été littéralement bluffé par ses qualités de lanceuse. Elle m’a permis en effet, en lui associant une soie JMC compétition flottante en taille 8 qui l’équilibre très bien, de dépasser régulièrement les 35 mètres, mais surtout, de dérouler complètement le bas de ligne à cette distance. Il s’agit donc d’une canne très directionnelle, puissante, mais légère et peu fatigante, à réserver par exemple à la pêche en “washing line” à trois mouches, avec un booby en pointe et deux chironomes à bille ou tout bonnement à la pêche au streamer. Nous l’avons utilisée avec succès lors du reportage à Socourt (voir article sur la pêche en washing line dans le magazine N°93).


    Une sobriété de bon goût

    Sa couleur de blank bronze, paré de ligatures très sobres de couleur marron clair presque transparentes, son porte-moulinet anodisé marron, en font une canne discrète mais néanmoins esthétique. Le petit talon de combat qui prolonge la poignée tulipe permet un meilleur appui sur l’avant-bras lors des lancers arrière et un bon contrôle du poisson. Conçue en trois brins, elle est livrée dans un étui compartimenté triangulaire. Je préfère personnellement les bonnes vieilles housses en tissus, également compartimentées et séparées du tube, qui permettent de placer deux cannes tête-bêche dans un même tube et de limiter ainsi le paquetage à transporter au cours d’un voyage ou en déplacement lors des compétitions. La JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8 est un très bon produit qui a déjà conquis de nombreux compétiteurs en réservoir et qui semble bien promise à un bel avenir.

    Prix conseillé : 414 €.

  • 18e Salon international de la mouche artificielle de Saint-Etienne

    18e Salon international de la mouche artificielle de Saint-Etienne

    Se produisant toutes les années impaires, le prochain Salon international de la mouche artificielle (Sa.Na.Ma) se déroulera le samedi 23 et dimanche 24 février 2013. Organisé par le Club de pêche sportive Forez-Velay, ce salon est aujourd’hui le plus grand événement dédié à la pêche à la mouche en France. Le sérieux des bénévoles de ce club dynamique fait l’unanimité. Gageons que cette 18e édition sera un grand cru. La Pologne sera l’invité d’honneur de ce salon qui comptera plus de 80 exposants. Pêches sportives sera présent. Le salon se tiendra à la Salle omnisport, parc François Mitterrand (anciennement Plaine Achille) à Saint-Etienne, sera ouvert de 9 h 00 à 19 h 00 le samedi et de 10 h 00 à 18 h 00 le dimanche. Entrée : 7 euros.


    Renseignements :

    Club de Pêche Sportive Forez-Velay
    Maison de la nature
    4 rue Richelandière
    42100 Saint-Etienne.
    Site : www.sanama.fr
    Tél. : 04 77 34 02 91.

  • Séjours spécifiques « ombre  commun » sur le vieux Rhône

    Séjours spécifiques « ombre commun » sur le vieux Rhône

    Didier Chapel, moniteur et guide de pêche professionnel bien connu des lecteurs de Pêches sportives, propose à ses clients de découvrir l’ambiance automnale du vieux Rhône (Secteurs de Yenne, Lucey, Serrière-en-Chautagne) et ses magnifiques ombres communs. Didier vous transmettra tout son savoir, toutes ses connaissances acquises depuis plus de vingt ans à arpenter les rives du vieux Rhône sur les différents secteurs en cette période de pêche d’arrière-saison (octobre – novembre – décembre). Didier, reste à votre entière disposition pour élaborer un séjour personnalisé de pêche sur ce secteur. Mais attention, le Rhône a toujours été aménagé, jamais dompté !

    Renseignements :
    Tél. : 06 25 06 47 71
    Internet : www.savoiepechemouche.com

  • Critérium de pêche à la mouche au lac de Malaguet

    Critérium de pêche à la mouche au lac de Malaguet

    Les associations TOS et CMSA organisent un critérium de
    pêche à la mouche au lac de Malaguet (43) les 19 et 20 octobre 2012. Les
    inscriptions (repas, bateau et droit de pêche : 95 €) sont ouvertes jusqu’au 06 octobre
    auprès du CMSA.


    Renseignements :

    [email protected]

    [email protected]

    [email protected]

  • Islande : pêche du saumon à la mouche

    Islande : pêche du saumon à la mouche

    Voici un avant-goût du reportage que Kathleen et Jean-Pierre
    Piccin ont réalisé en Islande et qui sera publié dans le numéro 94 de Pêches
    sportives. Ils ont pu se confronter aux saumons islandais dans des rivières aux
    profils très différents et sont revenus avec des souvenirs plein la tête. Une
    plongée dans des paysages brutes comme au matin du monde…

  • Nouvelle : « L’heure de leurrer sans ferrer » par David Sayagh

    Nouvelle : « L’heure de leurrer sans ferrer » par David Sayagh

    C’était un soir de printemps doucement ensoleillé. Lors de son footing hebdomadaire, Didouche profitait du vent doux sur lequel dansaient les feuilles des peupliers qui bordaient un cours d’eau particulièrement caillouté.
    Intrigué par une ligne qu’il voyait voltiger, légère, s’étendre comme se déploie la lumière, pour enfin se poser comme un souffle d’air, le jeune sportif s’était arrêté au bord du sentier qui longeait la partie ombragée de la rivière. A la pointe d’un arbuste densément feuillu qui gisait au milieu du cours d’eau, une tige noire aiguisée, solide et flexible, se balançait en cadence comme une branche régulièrement chahutée par deux vents contraires.
    Essoufflé, les mains sur les genoux, Didouche fixait attentivement l’arbuste. Imaginant la silhouette du pêcheur qui s’y dissimulait, il vit en l’espace d’un instant le feuillu prendre une apparence humaine. Déguisé d’une tenue de camouflage « naturéaliste », le buisson imitait ainsi la technique d’un fin pêcheur à la mouche.
    L’attention du jeune spectateur se détourna peu à peu de la scène que la tromperie rendait trompeuse. En remontant jusqu’à son extrémité la soie du pêcheur « 100 % naturel », ses yeux perçurent la mouche, une minuscule éphémère noirâtre. « Sans doute une imitation de fourmi ailée » marmonna-t-il. Il lui suffît de lever tête pour que la vue d’une éclosion confirmât son intuition.

    En rabaissant les yeux, Didouche vît que le soleil n’éclairait plus qu’une infime partie du cours d’eau, dessinant un maigre croissant de lune à la surface de la rive opposée. C’est dans cette zone que venait de se poser le microscopique leurre plumé. Le pêcheur qui n’avait montré de lui-même que sa cachette, était embusqué à seulement cinq mètres de l’atterrissage.
    Posté à plus de 20 mètres, le jeune jogger vivait la scène comme s’il eut été la mouche. Il décida de s’accroupir quand soudain il aperçût l’ombre massive d’une truite se diriger lentement vers l’artificielle. La respiration coupée, il estima à au moins 60 centimètres la taille de cette fario. Difficile d’être précis de sa position mais il n’avait jamais vu un poisson de cette taille dans cette rivière. Sans se presser, le salmonidé se dirigea vers la fourmi ailée avant de s’arrêter brusquement, d’ouvrir la bouche et de happer la mouche dans un silence qui permît au jeune sportif d’entendre avec discernement l’accélération de ses pulsations.

    « ooooOOH » s’exclama le jeune spectateur tout en recouvrant son cri de sa main droite, « il n’a pas ferré ! Pourquoi ? Pourquoi n’a-t-il pas ferré ? Il l’a bien vue, il n’a pu que le voir, il ne pouvait que la voir ! » Didouche était un pêcheur comme les autres pêcheurs en no-kill et c’est avec fierté qu’il aurait ferré un tel trophée. Le temps d’une photo, et il l’aurait remis à l’eau.
    Il n’eût plus qu’une idée en tête, il fallait qu’il vît ce pêcheur décidément étrange qui demeurait invisible. Tel un éclair, il sprinta en trombe, franchissant un rocher puis des ronces comme des haies qu’il pouvait renverser, pour se retrouver rapidement les pieds dans l’eau. En se dirigeant vers l’arbuste, il perçût que le soleil n’éclairait plus l’eau fraîche de la rivière qui éclaboussait ses genoux griffés par les rosacées. Avant qu’il n’atteignît la cachette, il vît que la ligne du pêcheur avait disparu et fît la connaissance de Monsieur Michel.

    « Bonjour Jeune homme », déclara le vieil homme tout en se découvrant, « Bonjour Monsieur » répondît Didouche qui ajouta sans attendre : « pourquoi n’avez vous pas ferré ? » « Tu n’as pas bien observé mon garçon » répliqua Monsieur Michel tout en rangeant sa mouche dans une boîte transparente. Sans hésitation le jeune jogger bondît : « J’ai très bien vu, j’ai tout vu, ne me dites pas que vous ne l’avez pas vu !? Une truite d’au moins 60 centimètres s’est saisie tranquillement de votre mouche, et vous n’avez pas ferré ! » « C’est vrai » confirma le vieil homme sans rien ajouter, profitant d’un long silence pour enfiler les trois brins de sa canne dans leur fourreau.
    La confusion commençait à se lire sur le visage de Didouche qui insista sur un ton hésitant : « Vous… vous l’avez bien vu, mais alors pourquoi, pourquoi n’avez-vous pas ferré ? » Sans rien répliquer, Monsieur Michel lui tendît sa boîte transparente. Aussitôt qu’il s’en saisît, le jeune sportif fût frappé de stupeur.

    Parmi les dizaines d’imitations d’araignées, de sedges, de palmers… que renfermait cette boîte, aucune n’était montée sur un hameçon ! Tracassé, il agrippa une poignée de ses cheveux qu’il tira aussi fort qu’il fût bousculé d’incompréhension et s’exclama : « Pourquoi !? » En se rapprochant du jeune homme comme pour inspecter son visage, le vieil homme exposa : « J’ai pêché pendant longtemps sans trop me poser de questions jusqu’au jour où je me suis rendu compte que ce que j’aimais le plus dans la pêche aux leurres, c’était leurrer. Pour moi l’heure était venue de leurrer sans ferrer ».

    David Sayagh

  • Nymphe : la pêche à vue au soleil…

    Nymphe : la pêche à vue au soleil…

    Le printemps est derrière nous. Les truites ont appris, comme chaque année, à ne pas se jeter sur la première pheasant tail venue. La pêche estivale pousse le pêcheur à la nymphe à vue à se méfier de tout, y compris de son ombre.
    Reflets d’un fil posé sur l’eau, reflets de la canne, impact de la soie, brillance des hameçons, tout doit être pris en compte si l’on veut espérer prendre autre chose que des poissons juvéniles que le temps n’a pas encore transformés en tour de contrôle. Voici ce qu’il faut savoir pour mieux aborder cette pêche très difficile mais toujours passionnante.

    Par Jean-Christian Michel

    Les pêcheurs en nymphe à vue sont des êtres compliqués. Ils pestent contre le ciel gris et les nuages qui durant tout le printemps les empêchent de discerner correctement le fond de la rivière, ils espèrent un petit rayon de soleil pour les aider à lever partiellement le voile sur les secrets du fond de l’eau et voilà que l’été venu, ils considèrent alors qu’il y a trop de lumière ! Ombres, reflets, silhouette qui se découpe en pleine lumière, les salmonidés nous voient venir de loin. Apprenons à jouer avec l’ombre et la lumière pour que ce ne soit pas les poissons qui se jouent de nous !


    L’ombre et la lumière

    Quand elles ne sont pas dérangées quotidiennement, les truites ne sont pas aussi lucifuges qu’on pourrait le croire. Les truites ne recherchent pas l’ombre pour elle-même mais parce qu’elle constitue un abri. Sous un rocher, sous un arbre, sous l’eau blanche d’un courant, ce qui importe c’est de ne pas être vues des prédateurs, qu’ils soient hérons, pêcheurs ou cormorans.
    Leur mimétisme permet de s’accommoder aussi bien de l’ombre que de la lumière. Blanches en pleine eau ou zébrées au-dessus des fonds de galets ; noires quand elles tiennent l’ombre ou jaunes lorsqu’elles reposent sur un lit de sable, le mimétisme constitue l’habit de bon sens avec lequel s’habillent les truites ! Si les poissons s’accommodent de l’ombre et de la lumière, les pêcheurs, eux, ont plus de problèmes lorsqu’il s’agit de ne pas se faire voir : le soleil qui nous éclaire généreusement nous rend aussi discernable qu’un tableau bien éclairé dans une vitrine. Nos gestes et notre silhouette projettent alors des ombres qui balaient le fond de la rivière sans que l’on ne s’en rende compte.
    Ombre du pêcheur, ombre de la canne, de la soie mais aussi du bas de ligne et des branches que l’on secoue involontairement en se déplaçant sur la berge… auxquels il convient d’ajouter les reflets de tout ce qui brille ! La meilleure nymphe ajoutée à la meilleure présentation effacent rarement les indices qui ont trahi notre présence.

    Le plein soleil

    L’acuité visuelle d’une truite qui regarde à travers la surface est bien meilleure qu’on ne l’imagine : on pense volontiers que la surface de la rivière sépare radicalement le monde de l’air de celui de l’eau, mais c’est une erreur car c’est bien du même monde qu’il s’agit ! Dans de bonnes conditions de luminosité, les truites nous voient aussi bien que ce que nous les voyons. Je crois même que parfois elles en rigolent intérieurement. Une truitelle est capable de s’envoyer en l’air cinquante centimètres au-dessus de la surface pour saisir au vol un éphémère. Imaginez donc comment elles doivent voir un balourd de soixante – dix kilos ou plus qui fouette comme un pauvre diable ! Les poissons nous repèrent plus par nos mouvements que par notre silhouette, mais il ne faudrait pas croire que l’immobilité puisse suffire à nous rendre invisibles.
    Quand après deux ou trois mauvaises dérives leur attention s’est fixée sur vous, il ne sert plus à rien de se changer en statue de cire, ils n’ouvriront plus la gueule ! Un des parcours que je fréquente régulièrement est longé par une promenade très prisée par des joggeurs, promeneurs, jeteurs de pain aux canards et autres jeteurs de jeteurs de pain aux canards. Il ne doit pas se passer cinq minutes sans que quelqu’un ne circule à moins d’une longueur de bas de ligne des truites les plus proches du bord, mais celles-ci restent imperturbables malgré l’affluence.
    Par contre, si vous avez le mauvais réflexe de bloquer net votre progression le long de la rive dans l’attitude du pointer à l’arrêt, alors malheur à vous ! Polarisantes, casquette et fleuret de carbone deviennent autant d’indice que les truites savent interpréter, et quand elles restent stoïques, c’est peut-être pire que si elles avaient pris la fuite ! Nos amies mouchetées voient terriblement clair. Le bon réflexe consiste alors à continuer à marcher naturellement en sifflotant… et de revenir à quatre pattes ! La pleine lumière accentue les contrastes et une tenue de camouflage n’est pas d’un grand secours !

    Les reflets

    Effets direct de la pleine lumière, toute surface lisse peut renvoyer un éclat. J’ai toujours été étonné de constater à quel point tout peut briller ou luire dans un équipement de pêcheur à la mouche. Cela va du coupe fil au bouton enrouleur en passant par la montre, les anneaux, le blank de la canne et même le fil. Selon l’angle du soleil, tout est susceptible de briller et si les meilleures peintures mates réduisent ce défaut, elles ne le suppriment pas totalement ! Regardez un confrère fouetter à cent mètres de vous. Vous ne percevrez pas l’épaisseur de sa canne, mais en revanche vous verrez les reflets renvoyés par les anneaux et le blank. Cela peut devenir pathétique : être vu à cent mètres et croire que la fario qui se tient à un jet de bas de ligne ne nous voit pas ! Nous sommes tellement émerveillés devant l’apparition d’un poisson et entraînés par notre geste que nous en perdons toute retenue. Apprenons à prendre un peu de recul et à nous dédoubler pour nous regarder comme de l’extérieur. Souvent ce petit temps d’arrêt avant l’action peut éviter bien des maladresses.
    Quand on a fait fuir la seule truite de la journée avant d’avoir pu lancer, ce goût pour la réflexion devient une seconde nature ! Le plus surprenant est que même les cannes les plus mates renvoient des reflets, et ne parlons pas des modèles vernis ! Plutôt que de sortir tous les ans des modèles de canne à mouches dotées d’actions révolutionnaires (jusqu’à la collection suivante !) nos fabricants préférés ne pourraient-ils pas commencer par produire des modèles VRAIMENT mats ? En attendant, je vous conseille de fouetter à l’ombre ! Après le plein soleil et les reflets, c’est à l’ombre qu’il faut être particulièrement attentif en été.
    L’ombre est à la fois une alliée et une ennemie selon qu’elle nous aide à nous cacher ou qu’elle trahit notre présence. Bien évidemment, on essaiera de se tenir à l’ombre chaque fois que c’est possible, et pour une fois, en été, confort et efficacité se rejoindront. Quand ce n’est pas le cas et que l’on est contraint de se tenir enplein soleil, il faudra porter une attention toute particulière aux ombres que nous projetons au fond de l’eau en nous déplaçant, qu’il s’agisse de l’ombre de notre silhouette ou bien de celle de notre canne. Une fois de plus, il ne faut pas voir que le poisson au fond de l’eau, mais plutôt tout l’environnement que nous modifions lorsque nous sommes en action de pêche. Pour cela, la lenteur et la patience sont les meilleurs alliés.
    Un détail que l’on soupçonne rarement consiste dans l’ombre qu’une pointe en dix centièmes peut projeter sur les galets d’une gravière. Les longues pointes, les posés détendus et l’emploi de nymphes non-lestées ne permettent pas toujours au nylon de s’immerger rapidement, même si l’on a pris soin de le dégraisser correctement au préalable.
    Pour qu’il disparaisse sous l’eau, il est alors nécessaire que le poids de la nymphe l’entraîne peu à peu, mais il n’est pas rare que la moitié de la pointe reliée au porte-pointe reste comme engluée à la surface sans pouvoir la percer. Ce modeste dix centièmes projette alors une ombre énorme au fond de la rivière. Sous un mètre d’eau le trait d’ombre qui balaie les galets mesure plusieurs centimètres.
    Les truites n’ont qu’à le suivre pour savoir où se trouve la mouche qu’elles doivent refuser ! Si sur un fond de rivière sombre et semé de galets ce n’est pas un drame, en revanche, dans une eau cristalline au fond sableux ou sur ces dalles uniformes mises à nu par le blocage « durable » des galets dans les barrages voués à l’hydroélectricité, l’ombre de la pointe du bas de ligne devient aussi visible que celle de la canne.
    Dans ce cas, il peut être judicieux de changer sa façon d’aborder le poisson en choisissant la rive la plus propice.
    Ainsi, on ne supprime jamais l’ombre mais on parvient à la tenir à l’écart du poisson et à éviter qu’elle ne le couvre.
    Détail qui dans certains cas peut suffire à conserver l’effet de surprise d’une nymphe… au lieu de l’annoncer ! Lorsqu’on réfléchit à la manière d’atténuer l’ombre du bas de ligne, on pourrait s’attendre à ce que les fils en fluorocarbone soient décisifs. Les photos parlent d’elles-mêmes. Les fluorocarbone sont vendus pour être invisibles dans l’eau, en revanche ils ne le sont pas plus que les nylons lorsqu’ils sont englués dans la pellicule de la surface ! Ils coulent effectivement mieux qu’un nylon, mais seulement lorsqu’ils sont parvenus à passer cette première barrière ! L’argument commercial d’un indice de réfraction proche de celui de l’eau n’est d’aucune pertinence lorsque le fil est posé à la surface.
    Bien évidemment il est utile de dégraisser au maximum la pointe,(en ayant soin qu’elle ne s’enroule pas sur la soie qui vient d’être graissée afin d’obtenir une bonne glisse !) mais cela ne suffit pas toujours à la faire couler.
    Une fois de plus la solution viendra de notre façon d’aborder le poisson, de plier notre bas de ligne et de présenter une nymphe légère et qui ne drague pas. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Mais c’est peutêtre justement pour cette raison que la pêche à vue est aussi passionnante.

  • Éloge de la déconcentration par Philippe Boisson

    Éloge de la déconcentration par Philippe Boisson

    Comment expliquer que pour certaines techniques de pêche comme la pêche aux leurres ou la pêche à la mouche du saumon atlantique, plus de la moitié des touches ont lieu lorsque l’esprit du pêcheur est occupé par autre chose que le moment présent ? Pêche-t-on mieux lorsqu’on tripote son téléphone portable ? Ou quand le regard et l’esprit vagabondent ? Indéniablement oui.

    Par Philippe Boisson

    Vous pouvez lire l’intégrale de Duborgel, apprendre par coeur toutes les méthodes d’animations des leurres, vous pouvez aussi être concentré de la première à la dernière minute de vos parties de pêche aux carnassiers, une bonne part de vos prises le seront uniquement lorsque votre esprit est complètement accaparé par autre chose que la pêche. Dans notre avant dernier DVD, Maxime Ferron nous en fait une très belle démonstration avec une touche de silure en direct. Lui qui d’ordinaire y croit en permanence, anime sa cuiller constamment, se trouve le temps de quelques lancers complètement ailleurs. Il se contente de ramener son leurre mécaniquement, assez lentement. Les animations ont disparu. Maxime est là sans y être vraiment. Et bam, c’est la touche et la prise d’un silure pour qui cette “absence” du pêcheur semblait convenir.
    Toutes les pêches aux leurres sont concernées par l’efficacité inexpliquée de ces phases de déconcentration. Les pêcheurs de sandre en verticale sont parmi les premiers touchés par ce phénomène. Combien de fois, la touche se produit-elle alors que l’esprit vagabonde ? Combien de fois a t-elle lieu au moment où l’on cherche ses cigarettes, répond au téléphone, envoie un sms aux copains pour dire justement que la pêche n’est pas terrible en ce moment ? Dans ce cas, le leurre n’est plus animé de façon mécanique de haut en bas. La canne suit bêtement les mouvements du corps qui cherche le téléphone ou les cigarettes. Observez bien cela si vous pêchez à plusieurs dans un bateau. Au bout du fil, le leurre adopte alors un comportement qui est infiniment plus naturel que celui dicté par la méthode consciente d’animation. Même constat pour les pêches aux leurres en lancer/ramener du brochet, de la perche, du sandre, du silure, du saumon ou du bar. La part de touches qui surviennent au moment où on s’y attend le moins n’est pas du tout anodine. Si l’on fait les comptes sur une saison, elles doivent au moins représenter 40 ou 50 % du total, sinon plus.

    L’école des rêves

    Essayons d’analyser ce qu’il se passe dans ces moments-là. Le cerveau du pêcheur est en service minimum puisque l’esprit est très occupé à penser à autre chose. Du coup, le suivi du fond n’est plus garanti. Le leurre vit sa vie plus librement, explorant des zones de la couche d’eau que notre esprit conscient lui aurait interdites. Il est évident que les poissons pris lors de ces moments de déconnexion du cerveau ne sont pas des coups de chance, loin de là. Cela nous indique parfois la présence de poissons mordeurs à des profondeurs différentes de celles qui nous semblent les plus favorables. En observant les pêcheurs déconcentrés, on remarque deux choses essentielles : la vitesse de récupération décroît et les animations deviennent soit inexistantes, soit sont de moindre amplitude.
    Ajoutons à cela une “souplesse” générale dans la récupération, doublée parfois d’une hésitation qui ne doit pas être sans effets aguicheurs ! Notre esprit rationnel désinhibe plus souvent qu’on ne le croit l’agressivité des poissons. Il entrave la libre prospection des leurres dans une masse d’eau en leur imposant un schéma très artificiel. Selon l’hypothèse freudienne sur l’inconscient, l’essentiel de la vie psychique de l’homme est constitué et déterminé par l’inconscient. La théorie du pionnier de la psychanalyse fait en quelque sorte l’apologie de l’inconscient, mettant en évidence le fait qu’un être humain est loin de pouvoir contrôler tout ce qu’il fait. Pour certaines techniques de pêche, cet inconvénient se transforme alors en avantage. Peut-être apprend-t-on à pêcher dans nos rêves, méthode qui prend alors le relais lorsque l’esprit divague ? Mystère.


    Le cas de la pêche du saumon à la mouche noyée

    J’ai souvent assez mal vécu le succès rencontré par des novices lors de séjours de pêche au saumon de l’Atlantique. J’entends par novices, des pêcheurs qui pour certains avaient appris quelques jours plus tôt seulement à tenir une canne de 15 pieds et qui pour la plupart, n’avaient jamais pêché quoi que ce soit auparavant. Rien n’est plus dangereux pour un saumon qu’un débutant à la pêche en général. Tous les saumoniers ont connu des situations, où, quoi qu’on fasse, le grand poisson n’est intéressé que par les mouches lancées n’importe comment, qui parfois se trouvent à la remorque de la soie ou, au contraire, traversent le pool à la vitesse de la lumière en faisant du surf ! Le saumon, animal anadrome qui fréquente les rivières sans s’y nourrir dans le seul but d’assurer la pérennité de l’espèce, constitue le parfait exemple de l’efficacité pour sa pêche de la déconcentration. Je suis surtout un pêcheur de truites, et pas n’importe lesquelles. Des sauvages, des imprenables, des Bac + 10 qui décèlent le moindre micro dragage de la mouche immanquablement. La recherche quotidienne du posé parfait, de la dérive inerte, a profondément conditionné ma façon de poser une soie et un bas de ligne dans un courant. Inconsciemment, je me débrouille spontanément pour que l’ensemble échappe ensuite au dragage. J’ai mis vingt-cinq ans à être formaté ainsi. Lorsque s’est présenté l’occasion de pêcher le saumon à la mouche noyée, j’ai pratiqué – non sans un certain plaisir – le lancer avec des cannes à deux mains dans le but de faire mordre des saumons en Écosse, en Islande, au Québec ou en Norvège.
    Si j’ai eu quelques résultats, j’ai aussi connu des pêcheurs débutants qui à la fin de la semaine comptaient trois fois plus de prises que moi.
    Mon défaut inconscient consiste à toujours guider la mouche, à la ralentir, pensant qu’il n’est pas normal de ne pas “bien” pêcher. Mes dérives de pêcheur de truites “bloquent” les saumons même s’ils sont mordeurs, alors qu’une mouche qui passe vite sans tenir compte des veines de courant suffit à déclencher l’attaque. Albert Drachkovitch a sans doute connu des expériences du même genre. Elles l’ont poussé à écrire une phrase qui sent bon la frustration : “le saumon est un poisson idiot et sa pêche l’est au même titre”. Par son mode de vie, le saumon n’est pas un poisson comme les autres. Il demande une approche radicalement différente de celle qui fonctionne avec les autres poissons. Depuis que j’ai compris mes erreurs, je m’efforce de corriger le tir en faisant l’inverse de ce qui est naturel pour moi. Les périodes de déconcentration sont fréquentes lorsqu’on pêche le saumon. Sur la plupart des parcours, on peut espérer une touche par jour, parfois un peu plus, souvent un peu moins. Dans mon cas, toute déconcentration me fait pêcher naturellement, c’est-à-dire comme un pêcheur de truites sauvages. C’est donc l’inverse d’une déconcentration “normale” comme celle qui touche les pêcheurs de carnassiers aux leurres.


    Aux innocents les mains pleines

    N’y aurait-il pas un livre entier à écrire sur les succès insolents des débutants ? Avec le brochet, c’est en effet un classique. Et cela ne se constate pas uniquement avec les enfants. Un novice ne tient compte, ni du vent, ni du courant, ni du relief du fond, encore moins de la température de l’eau, ne se soucie pas de l’évolution de la Lune dans son calendrier céleste et pourtant, là aussi, les résultats parlent d’eux-mêmes ! Ce sujet particulier, traité sans doute pour la première fois, soulève de nombreuses questions et m’amène à m’interroger sur notre façon de pêcher, de plus en plus formatée et mécanique. Si certains pêcheurs sont semble-til gratifiés d’un don inexpliqué, c’est peut-être celui qui consiste à pêcher plus librement, sans vouloir en faire trop. Ou alors sont-ils tout simplement de grand rêveurs…

  • Nouveauté 2012 : Gilet Pro version III Field & Fish

    Nouveauté 2012 : Gilet Pro version III Field & Fish

    Marque française installée en Haute-Savoie, Field & Fish fait aujourd’hui partie du paysage dans le petit monde de la pêche à la mouche. Lui-même pêcheur à la mouche, Frédéric Leroy tenait à proposer un gilet fonctionnel et agréable à porter quelles que soient les conditions rencontrées au cours de la saison. Cette version III  du gilet Pro apporte également quelques détails techniques très appréciables.

    Par Philippe Boisson

    Dans l’équipement du pêcheur à la mouche, le gilet tient une place particulière, car il intervient grandement dans l’efficacité de la pêche. Il doit se faire oublier, mais en même temps permettre de ne rien oublier parmi les multiples boîtes, bobines et accessoires dont on ne saurait se passer. Les gilets “intelligents” comme l’on dit aujourd’hui, représentent un véritable défi pour les concepteurs qui rivalisent d’astuces pour créer le plus parfait. A ce petit jeu, Field & Fish, société française, ne manque ni d’idées, ni d’envies. La version III du gilet Pro en est l’illustration, car elle se distingue des autres gilets par une conception différente. Tout d’abord, un système de réglage par sangle permet de toujours pouvoir l’ajuster convenablement quelle que soit la façon dont on est habillé en dessous. Une excellente idée pour pouvoir utiliser son gilet en étant parfaitement à l’aise autant en été qu’en plein hiver. De même, pour l’enlever lorsqu’on est habillé ou pour pêcher en conditions hivernales, il suffit d’ouvrir les deux sangles latérales et de le tirer par le haut. Par rapport à l’ancienne version, le patch accroche-mouches a été revu. Désormais plus épaisse, la poche qui le contient comprime moins vos artificielles. Un système de ventouse avec enrouleur apporte en outre une sécurité pour ne pas perdre ses chères boites à mouches. Au niveau des épaules, un matériau extensible aide à mieux supporter le poids du gilet en “ordre de marche”. Présent sur les salons, Field & Fish sait rester à l’écoute des pêcheurs pour améliorer chaque nouvelle version de ses produits. La marque propose également des vestes de wading, des waders et des vêtements de randonnée. Elle applique la règle éco-responsable du 1% pour la planète. Les textiles utilisés sont issus du recyclage de bouteilles en plastique, une démarche que les pêcheurs à la mouche ne manqueront sûrement pas d’apprécier.

    Le gilet Pro dans le détail

    • Toutes les fermetures Eclair sont des zips YKK garantis deux ans.
    • Les quatre poches du bas sont munies d’un passant permettant d’accrocher le système à ventouse pour éviter de perdre ses boites.
    • Système « camel pack » pour poche à eau.
    • Sur le devant , dix poches horizontales dont : sur le bas quatre grandes poches avec système exclusif de serrage, deux poches plus petites pour bobines de fil avec système exclusif de sortie du bas de ligne au travers d’une pastille néoprène avec un système de fixation interne de la bobine de bas de ligne, sur le haut, quatre petites poches avec système exclusif de serrage.
    • Poche accroche-mouches avec double partie d’accroche plus fermeture magnétique.
    • Système accroche-mouches et lunettes.
    • Deux poches verticales externes.
    • Deux accroche-accessoires ressort.
    • Deux poches verticales internes avec chiffon.
    • Un système accroche-bouteille pour huile de flottaison.
    • Une poche pour pince intérieure.
    • Une poche pour clef intérieure.
    • Une poche étanche intérieure.
    • Une grande poche intérieure dos en « mesh ».
    • Dos amovible comportant deux poches.
    • Mousse col et dos haute densité et haute résistance.
    • Poignée de transport.
    • Ceinture dos ajustable pour équilibrer le poids du gilet.
    • Longueur du dos : 38 cm.
    • Poids : 600g.
    • Tissu extérieur ripstop 100 % polyester recyclé avec apprêt déperlant durable.
    • Tissu intérieur mesh 100% polyamide.

    Prix conseillé : 159 euros.
    Site du fabricant : www.vetements-peche-mouche.com