Étiquette : pêche

  • Pêches Sportives n° 69 : Pêche en réservoir au plan d’eau de Travecy

    Pêches Sportives n° 69 : Pêche en réservoir au plan d’eau de Travecy

    Dans ce numéro d’hiver, 8’6 nous fait découvrir l’art de la scalimétrie, qui permet d’estimer l’âge des poissons, celui de leur maturité sexuelle mais qui révèle aussi leur migration en mer ou en lac. C’est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la pêche du brochet à la mouche, dont le nouveau matériel, notamment les soies plongeantes rend la technique plus efficace et moins rébarbative que par le passé. Nous vous emmenons également sur les plages du Débarquement en Normandie pour une pêche à la mouche du mulet doré qui ressemble étrangement à celle du bonefish. Philippe Collet nous sert de guide sur le réservoir de Travecy dans l’Aisne, alors que Jean-Christian Michel nous fait partager sa vision des paysages dans lesquels il pêche.

  • Bonnes feuilles : Les bracos du dico

    Bonnes feuilles : Les bracos du dico

    Ce dictionnaire insolent de la pêche est le premier du genre. On le doit à Daniel Taboury et Thierry Dubosclard qui connaissent mieux que d’autres toutes les significations du mot pêche. Leurs définitions ne respectent pas grand chose. A lire avant de s’endormir comme le « petit Robert » (quand le pluriel n’est pas de mise.)

    Alevin, ceux issus des races dites nobles sont élevés dans des centres de sélection avant d’être introduits par nuées innombrables dans les milieux naturels. Hélas, la faune y régnant et l’insalubrité condamnent ces bébés poissons, tandis que les déversements, fort onéreux, sont de plus en plus discutés. À titre d’exemple, si les milliards de milliards d’alevins de truite fario précipités à la baille avaient connu une croissance normale, il aurait fallu remettre de l’eau dans les ruisseaux et rivières.

    Anneau, fixé sur la canne en nombre variable, l’anneau doit faciliter le coulissement du fil. En réalité, quelle que soit sa forme, leur positionnement, le type de matériau choisi pour leur réalisation, ils sont une source permanente d’ennuis. L’anneau scie avec traîtrise le nylon ; le fil boucle autour de lui ; il y congèle quelquefois. L’anneau, symbole de mariage, s’avère instrument de désunion. Il est à même de se désolidariser de son support. Il se laisse écraser sans opposer de résistance. Il se tord tout simplement parfois. Attention : des cannes à pêche sont commercialisées sans anneaux extérieurs ! Perfide artifice : masqués, dissimulés dans le corps des cannes, les anneaux sont responsables de nombre d’états dépressifs.

    Arc-en-ciel, variété de truites. Ah ! Si elle pouvait se reproduire dans nos eaux. Introduit à la fin du XIXe s., ce beau sujet d’Amérique du Nord offre une remarquable combativité en bout de ligne. Docile en élevage, sa croissance est remarquable. Hélas, précipitée dans des milieux souvent hostiles, l’arc-en-ciel éprouve de telles difficultés d’adaptation qu’elle se suicide. Soit le jour même de son introduction, quand un pêcheur l’y invite, soit en s’abandonnant au courant qui l’entraîne. Si.

    Black-bass, poisson d’origine américaine aux remarquables qualités de gymnaste. Ses sauts, ses chandelles et diverses autres acrobaties ont établi son renom. Capricieux, il n’aime que les eaux tempérées. Les femmes, qui apprécient son aptitude à demeurer au foyer pour élever les enfants, le donnent en exemple. Avec le réchauffement climatique, l’essor du Bass est inéluctable.

    Bord, « mieux vaut se retrouver au bord de l’eau qu’au bord de la ruine », affirme avec une infinie sagesse le proverbe qatari. Les avancées du libéralisme économique ont désormais rendu plausible la combinaison de ces deux suppositions.

    Casse, toujours du siècle. Toute casse du fil se produisant en l’absence d’un témoin digne de foi prête ensuite à une interprétation fabuleuse. Le récit de ces exploits supposés, de ces combats homériques au cours desquels la bête triomphe, contribue à la légende et montre enfin que nos eaux sont peuplées de monstres en puissance. Nous touchons là aux raisons les plus intimes, les plus lointaines, les plus exquises qui poussent le pêcheur à pêcher.

    Club (halieutique), association commercialisant plus ou moins du vent. « Si les impostures réussissent, c’est que le peuple est stupide. » Gabriel Naudé.

    Habitat, substantif le plus souvent associé à dégradé. On dégrade beau.

    Patience, présentée comme vertu cardinale du pêcheur ; il serait capable de passer des heures à fixer un flotteur immobile autant que lui-même. C’est une idée reçue. Il glande souverainement, voilà tout. Ou bien il cuve. Parfois, il n’attend rien. « Les gardes rouges interdisaient la pêche à la ligne sur les lacs de Pékin, activité qui incline à la méditation, à la contemplation donc antisocialiste. » Denis Tillinaccoup Pisciculteur, métier d’avenir.

    Saumonite, infection grave que les barrages ont éradiquée.

    Vairon, capture initiale, elle peut permettre de signer un bail avec tous les autres poissons. Indicateur de qualité des eaux, le vairon pique son fard en période d’amours (LOL). En user comme appât – mort ou vif – c’est un peu trahir son enfance.

    Waders, le scaphandre ne permet pas d’évoluer aisément et complique l’action de pêche. En conséquence, les waders sont préférables. Ainsi équipé, le pêcheur entrera dans l’eau jusqu’à la taille, voire au-delà, avant qu’une fuite invisible à l’oeil nu ne transforme la combinaison en sas humide. La chaleur du corps n’est pas toujours suffisante pour permettre un bain-marie (MDR).

    X, le diamètre de la queue-de-rat et les films mettant en scène des réparateurs d’équipements électroménagers sont ainsi classés.

    Le Dictionnaire insolent de la pêche est disponible dans la partie boutique de ce site.

     

     

  • Consultation nationale de la FNPF pour une évolution de la réglementation pêche !

    Consultation nationale de la FNPF pour une évolution de la réglementation pêche !

    La FNPF organise une vaste consultation nationale
    pour une évolution de la réglementation de la pêche

    Comment pêcher plus et mieux gérer dans le respect des espèces et des milieux ?
    Comment autoriser plutôt qu’interdire ?
    Comment mieux comprendre et y voir plus clair ?

    La
    fédération nationale de la pêche en France et de la protection du milieu
    aquatique a décidé d’ouvrir un débat le plus large possible dont
    l’objectif est de faire évoluer la réglementation de la pêche sans
    modification notable depuis plus de 10 ans.

    Notre volonté est de développer le loisir pêche, dans le respect et la
    prise en compte de l’ensemble des espèces et de la diversité des
    milieux, tout en cherchant plus de lisibilité, davantage de latitude et
    moins d’interdiction.

    La FNPF entame ainsi une démarche innovante en effectuant un
    rapprochement avec les pêcheurs. Pour la première fois, le réseau
    associatif de la pêche de loisir se livre à un exercice de démocratie participative via une vaste consultation nationale relative à l’évolution de la réglementation pêche.

    Un questionnaire à renseigner en ligne sur www.cartedepeche.fr/lapechedemain lapechedemain> sera proposé du 2 au 30 septembre 2013. Tout pêcheur pourra librement accéder à ce site et répondre à l’enquête.

    Les décisions prises par les instances de la pêche de loisir avant la
    fin de l’année 2013 se feront en considération de l’ensemble des
    expressions recueillies dont majoritairement celles des pêcheurs.

    à propos de la FNPF
    Créée par la loi sur l’eau du 30 décembre 2006, la Fédération
    Nationale de la Pêche en France et de la protection du milieu aquatique
    regroupe 93 fédérations départementales de pêche de loisir en eau douce
    et leurs 3 866 associations agréées de pêche et de protection du milieu
    aquatique. Forte de 1 319 314 pratiquants en 2012 et deuxième plus
    importante fédération sportive de France après celle du football, la
    FNPF agit pour promouvoir et développer le loisir pêche, contribuer à la
    protection du milieu aquatique et du patrimoine piscicole.
    Pour plus d’infos : www.federationpeche.fr fr>

  • Danse avec les poissons

    Danse avec les poissons

    Pêche à la mouche à Alphonse Island Seychelles avec Kathleen et Jean-Pierre Piccin.

  • Nitrates : la Commission européenne poursuit la France

    Nitrates : la Commission européenne poursuit la France

    La
    Commission européenne a assigné le 27 février la France en justice pour
    non-respect de la directive sur l’eau signée en 1991 l’accusant de n’avoir pas
    pris les mesures nécessaires contre la pollution de ses eaux par les nitrates.
    Cette directive exige que les Etats membres désignent des zones vulnérables, où
    la présence de nitrates dépasse les 50 mg/l et que des actions soient lancées.
    Pour les défenseurs de l’environnement, ce n’est pas vraiment une surprise. A
    plusieurs reprises, la Commission a alerté le gouvernement français depuis le
    début de 2009. Pour mémoire, la pollution aux nitrates est la conséquence d’une
    certaine forme d’agriculture et d’élevage. Sans une remise en question radicale
    de ses modes de productions, la France ne pourra pas respecter cette directive
    qu’elle a pourtant votée en 1991.

  • Pari réussi pour la seconde édition du Rise Festival

    Pari réussi pour la seconde édition du Rise Festival

    Après un passage à Caen et Pau, la dernière étape du Rise festival s’est déroulée au Puy-en-Velay le 3 mars dernier. 650 spectateurs se sont réunis se sont réunis pour faire le plein d’images de pêche à la mouche sur grand écran. Le Club Mouche de la Haute Vallée de la Loire (http://cmhvl.over-blog.com/) porte l’évènement depuis l’année dernière et en collaboration avec la société de production Gin-Clear a permis la diffusion du festival en France. Grâce au travail de quelques bénévoles passionnés, les films ont été traduits et sous-titrés, ces mêmes passionnés ont même doublé le film phare de la soirée : « Eclosions ».

    L’une des ambitions du festival est de porter une vision de la pêche respectueuse de l’environnement et du poisson. La synergie trouvée entre les différents partenaires constitue ainsi un espoir dans l’évolution du loisir pêche et dans la prise de conscience de la protection de nos milieux aquatiques.

  • Ouverture des salmonidés : quelques heures à tenir…

    Ouverture des salmonidés : quelques heures à tenir…

    Vous attendez cette date depuis trop longtemps… Cette nuit, nombre d’entre vous ne parviendront pas à trouver le sommeil en pensant à ce moment tant attendu, au son de l’eau, au premier lancer, à la première truite… Et oui demain c’est l’ouverture de la pêche aux salmonidés ! Après ces longs mois d’hiver, nous allons enfin pouvoir ressortir les cannes et tout le matériel et à défaut de faire une bonne pêche, au moins, retrouver nos sensations et ce milieu que nous aimons temps : les rivières ! N’oubliez pas de vous munir de votre carte de pêche. Pour obtenir le précieux sésame, il vous suffit de vous rendre ici.

  • Une partie de pêche en nymphes  et chironomes  avec Albert Bigaré

    Une partie de pêche en nymphes et chironomes avec Albert Bigaré

    La Belgique compte de nombreux pratiquants de la pêche à la mouche en lacs et réservoirs et un circuit de compétition très étoffé. Cette rubrique était l’occasion d’aller y faire un tour et d’y rencontrer un des moucheurs incontournables du pays : Albert Bigaré, compétiteur de talent mais aussi détaillant spécialisé. Nous l’avons retrouvé sur un plan d’eau non moins connu en Belgique et dans le nord de la France, le lac de Rabais.

    Par Philippe Collet

    La journée choisie pour se retrouver au bord de l’eau n’était pas des plus faciles : froid, averses et absence de soleil ont été à l’ordre du jour, un temps de saison me direz-vous. Malgré tout nous avons pu nous mesurer à de nombreux poissons. La technique que s’est proposé de nous expliquer Albert est une de ses favorites. Il s’agit de la pêche en nymphe sous la surface à l’aide d’une soie flottante à pointe intermédiaire courte, ou d’une soie hover. S’il utilise des soies du commerce, comportant une pointe d’environ un mètre en densité intermédiaire, comme par exemple la Teeny Invisi Tip et la Rio Midge Tip, Albert préfère se fabriquer une soie maison. Il apprécie les soies Vision Extreme Distance pour leurs capacités de lanceuses et leur ajoute en pointe un polyleader intermédiaire rapide Airflo destiné à la pêche du bonefish. Ce polyleader peut être raccordé, boucle dans boucle, au bout de la soie mais Albert préfère le raccorder en direct. Pour ce faire il dénude une partie du Polyleader en trempant ses premiers centimètres dans de l’acétone. L’âme monofilament ainsi mise à nu est ensuite enfilée dans l’âme tissée de la soie à l’aide d’un fil tungstène (cette technique a été expliquée dans le DVD « La leçon de pêche volume 5 » du numéro 70 de Pêches sportives). Le raccord entre les deux soies est ensuite lissé avec du Stormsure ou Aquasure et laissé sécher au moins 24 heures. Cette dernière opération garantit un passage fluide dans les anneaux. Le Polyleader et prolongé par une micro boucle pour accrocher le bas de ligne. Albert choisit un Polyleader bonefish pour la solidité de son âme, qui ne s’use pas trop rapidement à l’usage au niveau de la boucle.

    Une petite astuce d’Albert

    Le Stormsure ou l’Aquasure est un produit initialement conçu pour réparer les waders. Lorsque Albert m’en a parlé pour le bricolage de la soie, je lui ai dit que cela faisait un peu cher du raccord, sachant que le tube une fois entamé ne dure jamais bien longtemps, même soigneusement refermé. Il m’a alors fait part de cette petite astuce pour garder un tube au moins un an dans l’état d’origine après ouverture. Il le stocke dans un sachet plastique au congélateur. Il ne lui reste plus qu’à la ressortir et le laisser revenir à la température ambiante avant usage. Les qualités du produit n’en seraient pas du tout  altérées.
    Dans des conditions normales, cette soie permet de pêcher précisément des poissons actifs, juste sous la surface. Elle place directement les mouches à la bonne profondeur et surtout les maintient à ce niveau. Une soie entièrement intermédiaire ne peut pas réellement le faire car, même ramenée, elle coule inexorablement.
    La soie flottante permet de visualiser les touches et de déclencher un ferrage rapide. Elle permet aussi de pêcher avec des fils fins, plus fins qu’avec une soie intermédiaire dont l’inertie est bien plus forte sous l’eau. Ce type de soie trouve ses limites les jours de vent. Elle offre alors trop de prise aux risées et dérive trop vite, entraînant les mouches de façon peu naturelle à sa suite. Dans ces conditions, Albert préfère utiliser des soies Hover, c’est-à-dire des intermédiaires très lentes se maintenant sous la surface et les vagues. Ces soies se soustraient non seulement à la dérive dans un plan horizontal, mais aussi aux tractions occasionnées dans un plan vertical par les vagues. Ces soies sont peu nombreuses sur le marché. Il existait une soie SP Hover chez Airflo chère à Albert et très intéressante pour sa capacité à rester à 10 cm sous la surface. Elle a été remplacée par une soie Anti Wake moins performante. Lors de la sortie, Albert essayait pour la seconde fois une nouvelle soie Rio de ce type, très lente. Cette soie lui a donné entière satisfaction. Il s’agit de la soie Rio Outbound Hover WF 7 S1. Cette dernière, au fuseau de couleur « glacial » (bleu translucide), se lance très bien et descend à peine plus vite que la Hover Airflo de référence.


    Le bas de ligne

    Pour pêcher du bord, dans un souci d’efficacité et afin de minimiser les risques d’emmêlage, Albert place le plus souvent deux mouches sur son bas de ligne. Il ne pêche en nymphe, de cette façon, à trois mouches, quasiment qu’en barque dérivante dans les grands plans d’eau.
    Au bout d’une soie flottante à pointe intermédiaire, la première mouche est placée à 1,6 mètre de la soie puis, la deuxième, entre 1,3 mètre à 2 mètres en fonction des conditions de vent. Pour une pêche à une seule mouche, cette dernière est placée au bout d’un bas de ligne d’environ 4 mètres. Au bout des soies Hover, Albert noue un bas de ligne dégressif en queue de rat de 9 pieds ou 2,7 mètres en nylon. Ce bas de ligne se termine en 18 centièmes (4 X). La partie épaisse du bas de ligne est recuite trois minutes, dans l’eau bouillante, en maintenant le dernier mètre, le plus fin, hors de l’eau pour ne pas altérer ses qualités. Cette opération donne plus de souplesse au fil et surtout le rend plus coulant. Albert préfère utiliser un bas de ligne dégressif sans nœuds pour limiter les turbulences, qui lui paraissent dissuasives pour les poissons lors de l’animation. L’absence de nœud contribue aussi à limiter les risques d’emmêlage. Au bout de ce bas de ligne, il réa-lise une micro boucle à laquelle il connecte sa pointe. Pour deux mouches celle-ci est composée de 60 cm de fil avant la première potence puis 1,80 m avant la mouche de pointe. Pour une mouche, une pointe de 2 mètres prolonge le bas de ligne dégressif.
    Albert réalise des potences de  30 cm, qu’il réduit à 15 cm en cas de vent pour une pêche du bord. Celles-ci sont réalisées avec un nœud de chirurgien à trois tours. Une fois le nœud réalisé, le fil revenant vers la soie est coupé. Seul le fil orienté vers la mouche de pointe est utilisé. En cas d’utilisation de deux diamètres différents, le plus fin étant bien sur placé en pointe, la potence est formée par le fil le plus gros. Les fils utilisés sont le fluorocarbone Sightfree G3 de chez Airflo, le fluorocarbone Fulling-Mill, et le Rio Fluoroflex Plus, mais aussi des nylons. Albert juge en effet important de signaler que parfois le fluorocarbone coule trop vite, entraînant les mouches hors de la vue des poissons collés sous la surface. Un nylon est alors indispensable pour les maintenir au bon niveau.


    Cannes et moulinets

    Pour cette technique et de nombreuses autres, Albert utilise des cannes qu’il monte lui-même en  10 pieds soie de 7 chargées de soies en taille 7. Il utilise des moulinets Compo 69 modifiés par l’ajout d’un arceau de corde à piano inox. Cette amélioration permet d’éviter que la soie ne sorte sur le côté de la bobine lorsqu’on tire dessus (défaut de ce moulinet). Il apprécie ce moulinet pour son gros diamètre, son prix et celui de ses bobines, qui permettent une interchangeabilité rapide des nombreuses soies nécessaires en compétition.

    L’animation

    L’animation se fait canne basse, dans l’axe de la soie, scion au ras de l’eau. Si la pêche est difficile et les poissons tatillons, le scion est maintenu à 40 cm de l’eau et la boucle de soie qui se forme surveillée de très près. La moindre remontée ou non-descente, suite à une traction, est sanctionnée par un ferrage en relevant la canne. Il s’agit ici de ne pas tirer sur la soie avec la main libre, car on risque de casser, compte tenu du diamètre des fils utilisés. L’animation peut aller de l’immobilité à un pulling (tirées successives) rapide. Elle est tout de même le plus souvent lente, alternant des phases de tricotage, de tirées et d’arrêts plus ou moins prolongés. Plus l’animation est rapide, plus le fil doit être solide. En pulling, il est difficile de descendre en dessous de 18 à 20 centièmes. En pêche plus statique, Albert descend jusqu’au 12 centièmes. Il pêche le plus souvent en 15 ou 16 centièmes. Pour la même technique sur les réservoirs anglais, ses diamètres de fil s’échelonnent entre le 20 et le  23 centièmes. Retenez que le diamètre du fil doit être adapté à votre  maîtrise du ferrage. Si vous avez la main un peu lourde ne vous acharnez pas à pêcher trop fin.

    Les mouches

    Les mouches utilisées par Albert, pour cette technique, sont très variées. Elles ont par contre la particularité de ne pas être lestées, pour ne pas couler et pêcher dans un plan horizontal. Les hameçons ne sont pas trop forts de fer toujours pour éviter aux mouches de couler trop vite et aussi pour permettre une bonne pénétration sur des ferrages peu appuyés sur fil fin. Dans nos petits plans d’eau (en comparaison aux lacs anglais), des mouches en taille 12 ou 14 sont une bonne moyenne. Les mouches destinées à être pullées sont montées sur des hameçons droits et peuvent être montés sur des hameçons plus forts de fer dans les petites tailles, pour éviter leur ouverture. Des mini streamers, de la taille d’une grosse nymphe peuvent aussi être utilisés avec succès avec cette technique certains jours.

  • Un point sur les aménagements piscicoles

    Un point sur les aménagements piscicoles

    Nous faisons ici le point sur un des principaux types d’intervention utilisés pour améliorer les conditions d’habitat aquatique, à savoir la diversification. Celui-ci consiste essentiellement à mettre en place dans le lit du cours d’eau ce qu’on appelle des aménagements piscicoles. Sous ce terme générique sont regroupés les seuils, les déflecteurs ou épis, les caches ou abris (blocs, sous berge) et les frayères artificielles.

    Par Arnaud et Denis Caudron

    Les raisons de leur développement

    Le changement de statut des anciennes AAPP en AAPPMA, associé à la prise de conscience de l’intérêt de protéger les milieux (rôle de vigilance) mais également, dans certains cas, de les restaurer, a été un des facteurs du développement croissant des aménagements piscicoles ces dix dernières années. Ces travaux destinés à améliorer la qualité des milieux devenaient également une alternative intéressante suite à la remise en cause de l’efficacité des repeuplements massifs (sujet dont nous débattrons prochainement). Effectivement, les gestionnaires des ressources piscicoles existent par les actions de gestion qu’ils mettent en place chaque année. Or, si une de leurs principales pratiques, à savoir le repeuplement, ne devient dans certains cas plus utile, quoi de plus logique de se tourner vers la remise en état des milieux et donc vers les aménagements piscicoles qui peuvent bien souvent être réalisés par les bénévoles eux-mêmes. Bien sûr, ces travaux ont un coût et la principale raison de leur succès grandissant est évidemment financière. Les incitations à réaliser de tels aménagements par le biais des aides du CSP et des agences de l’Eau bien souvent relayées par les collectivités territoriales (Conseil général et régional) ont permis d’atteindre des taux d’aide de l’ordre de 80 %. Dans ce cas, il n’était pas difficile de trouver des maîtres d’ouvrage volontaires pour rajouter les 20 % restant et ainsi monter des projets et réaliser des travaux.

    Une efficacité finalement limitée

    De nombreux travaux d’aménagements piscicoles ont été réalisés en France sur des cours d’eau présentant un habitat dégradé. Les principales réalisations ont consisté à la mise en place de seuils en pierres ou en bois pour oxygéner les eaux, créer des chutes, d’épis-déflecteurs permettant localement de diversifier les écoulements en augmentant les vitesses de courants, de sous-berges en bois pour créer des caches, de blocs en berge ou dans le lit servant également d’abris, de caisses frayères pour la truite ou de végétaux synthétiques pour le brochet. Etant donné le caractère novateur de ces travaux et également l’absence de réel manuel technique de référence permettant d’épauler les acteurs de terrain, les réalisations ont été plutôt intuitives et peuvent être chacune considérées comme une expérience à part entière. Dans ce domaine, la connaissance s’acquiert uniquement par l’expérience. Malgré le manque de suivi et d’évaluation – dans les programme de travaux en France – et l’absence de recul pour tirer les leçons de ces expériences, leurs limites se font déjà sentir. Tout d’abord, ces aménagements sont valables uniquement sur les cours d’eau de taille relativement limitée (inférieur à 10 mètres de large) sauf pour le cas de la pose de blocs en berge qui peut être réalisée sur certaines grandes rivières.
    Ensuite, pour être réellement efficaces pour la faune piscicole, les aménagements doivent être actifs, c’est-à-dire induire une dynamique sur le plan hydraulique. C’est cette dynamique active qui va permettre par exemple le creusement du fond à l’aval d’un seuil pour créer une fosse, lerelèvement ou l’abaissement du niveau d’eau pour engendrer des ruptures de pentes, la création d’une cavité en berge (sous berge) par la pose de déflecteurs, ou la possibilité pour les poissons de trouver un abri hydraulique en cas de montée brutale des eaux derrière des blocs judicieusement placés. Malheureusement, dans la majorité des cas, ces désordres hydrauliques locaux nécessaires à l’efficacité de ce type d’intervention ne sont pas permis lors des demandes d’autorisations administratives et les aménagements doivent le plus souvent être dimensionnés pour agir principalement à l’étiage. Ceci limite fortement leurs effets bénéfiques sur les poissons. De nombreuses études essentiellement nord-américaines (Etats-Unis et Canada) ont été publiées sur l’efficacité des aménagements piscicoles, il faut dire qu’ils ont désormais trente années de recul et que de nombreux suivis scientifiques post-travaux ont été réalisés. Les résultats sont quasi-unanimes et pas très encourageants. D’une part, plusieurs réalisations sont entièrement ou partiellement détruites lors des premières crues. Dans tous les cas, c’est une sous-estimation de la force érosive du cours d’eau ou un sous-dimensionnement des ouvrages qui est en cause. Hors destruction par les crues, la durée de vie de ces aménagements est de toute façon limitée, de l’ordre de cinq à dix ans au mieux, après quoi ils sont détériorés ou perdent de leur efficacité (principalement les seuils qui disparaissent et les abris qui se comblent). Enfin, si les ouvrages induisent une incontestable amélioration de l’habitat, ceci ne se traduit pas toujours favorablement sur le poisson. L’effet positif favorise souvent une seule phase du développement de l’espèce cible qui peut se traduire par l’augmentation d’une certaine classe de taille mais pas de l’ensemble de la population. Parfois même, un effet néfaste peut être observé sur les autres espèces présentes. Les travaux ayant lieu principalement sur des tronçons de longueurs limitées, l’effet attractif d’un secteur nouvellement diversifié se traduit par un déplacement du peuplement depuis les zones plus en aval ou en amont. Les suivis de populations montrent effectivementdes augmentations de la quantité de poissons sur les secteurs aménagés, qui s’accompagnent de diminution sur les secteurs amont ou aval moins attractifs, donc il n’y a pas de réel gain global. Une synthèse récente de ces études montre que les efforts doivent davantage porter sur la restauration des processus naturels qui vont permettre de créer et maintenir eux-mêmes des habitats favorables plutôt que sur la mise en place localement de petits aménagements qui n’auront qu’une efficacité limitée dans le temps et l’espace. Vous l’aurez donc compris, « jardiner » une rivière localement en plaçant quelques aménagements piscicoles, malgré l’énergie et l’effort financier que cela demande, n’est pas une solution pérenne pour améliorer la qualité des habitats aquatiques et avoir un impact positif sur les poissons et donc au final sur la pratique de la pêche.

    Préférez des projets plus ambitieux

    L’installation de simples aménagements piscicoles dans le lit ne doit donc pas être la première solution à envisager quand un cours d’eau présente un habitat dégradé. Il est beaucoup plus efficace d’entreprendre, quand cela est possible, des travaux de renaturation ou recréation. Les conséquences seront moins immédiates sur la qualité du milieu, car les effets positifs se feront sentir progressivement sur l’ensemble des compartiments de l’écosystème, mais les résultats seront plus conséquents et surtout durables dans le temps. Ces travaux sont assez lourds et difficiles à mettre en oeuvre et sont, bien sûr, souvent très coûteux (environ 200 à 500 € par mètre linéaire). Mais ils n’intéressent pas seulement le monde piscicole car leurs effets bénéfiques ne sont pas seulement perceptibles sur le poisson. La flore aquatique et rivulaire, les insectes, l’avifaune, les petits mammifères et les batraciens associés aux cours d’eau et zones humides sont bien souvent également concernés. Sans compter l’intérêt paysager. L’apport d’une valeur ajoutée écologique plus élargie à un projet initial uniquement piscicole permet d’intéresser d’autres acteurs de l’eau, d’augmenter l’intérêt du projet et par conséquent d’accroître les moyens techniques et financiers impliqués. N’oublions pas pour autant nos aménagements piscicoles qui peuvent tout à fait être complémentaires et s’insérer dans un projet plus ambitieux. Ils permettront alors d’avoir des effets bénéfiques plus rapides sur le poisson en instaurant par exemple une dynamique locale (érosion de berge ou creusement d’un pool) ou en rendant la berge plus attractive.
    Ils serviront donc simplement à accompagner un processus naturel dynamique qui aboutira à la mise en place progressive d’un habitat aquatique diversifié et productif.


    Avoir un bon diagnostic et se fixer des objectifs

    Les aménagements piscicoles ne doivent pas être mis en place par effet de mode ou parce qu’ils sont aidés financièrement par des subventions. Ils doivent être réalisés en réponse à un problème de qualité d’habitat clairement identifié. D’où l’intérêt d’effectuer un diagnostic précis du cours d’eau concerné et d’identifier l’ensemble des causes de perturbation de la qualité du milieu. Ce diagnostic qui s’intéresse à l’ensemble des compartiments de l’écosystème (piscicole, hydrobiologique, géomorphologique, thermique, qualité d’eau, etc.) et utilise des techniques spécifiques doit être confié à des spécialistes. Les propositions résultant de cet état des lieux doivent traiter les perturbations principales afin d’aboutir à une amélioration significative de la qualité du milieu qui aura à son tour un effet positif sur la faune aquatique. Si la phase diagnostic n’est pas suffisante, le risque de passer à côté des principales causes de perturbation est grand et il peut s’ensuivre des réalisations inutiles. Par exemple, la création de caches par la pose de blocs rocheux (très à la mode actuellement) sur un secteur dépourvu d’abri mais dont le facteur limitant dominant, l’élévation de la température estivale, ne permettra pas d’améliorer la situation piscicole. En effet, les blocs créeront des caches idéales mais ne changeront rien au paramètre thermique. Par contre, une reprise du lit mineur en aménageant un lit d’étiage rétréci augmentant les hauteurs d’eau et les vitesses de courant associée à la reconstitution d’une végétation en berge assurera un ombrage maximal et pourra permettre d’apporter des conditions de vie compatibles avec les exigences écologiques de l’espèce cible. Il est important de garder à l’esprit que les aménagements piscicoles n’améliorent que la qualité de l’habitat. Et ils sont donc à mettre en oeuvre uniquement lorsque celle-ci est en cause. Malheureusement, une dégradation importante de l’habitat est souvent le résultat d’un ou plusieurs autres facteurs et s’accompagne de nombreux autres désordres. Dans ce cas, les aménagements piscicoles seuls constituent rarement une solution appropriée. Une fois le diagnostic réalisé et les actions choisies, reste à se fixer des objectifs à atteindre et à prévoir un suivi. Les objectifs sont importants car ils permettront de contrôler le niveau de réussite des travaux réalisés. Ils peuvent, bien sûr, être quantitatifs (atteindre une certaine densité ou biomasse de truite par exemple) mais doivent également s’accompagner d’indicateurs plus qualitatifs (retrouver une classe de taille absente, voir apparaître une nouvelle espèce d’accompagnement, permettre une reproduction naturelle) qui seront d’ailleurs plus facile à estimer.

  • Lunettes polarisantes : enfin des solutions pour les porteurs de lunettes

    Lunettes polarisantes : enfin des solutions pour les porteurs de lunettes

    La vie des pêcheurs à la mouche bascule quelque peu lorsqu’il devient nécessaire de porter des lunettes en permanence. Le port de lunettes polarisantes devient alors un casse-tête car très peu de solutions sont satisfaisantes. Un opticien français s’est penché sur ce problème pour un résultat très encourageant.

    Les porteurs de lunettes de vue rencontrent tous les mêmes problèmes lorsqu’il s’agit de choisir une solution pour continuer de pêcher à vue avec des verres polarisants. Les clips avec pinces sont très décevants en raison du système de maintien qui empiète nettement sur le champ de vision. Lourdes, encombrantes et glissant sans cesse sur le nez, les sur-lunettes se traînent une mauvaise réputation méritée. Si certains opticiens proposent des lunettes de vue aux verres polarisants, très rares sont ceux qui vous permettent de les choisir en verre jaune clair ou jaune olive, couleur lumineuse préférée des pêcheurs de truites et d’ombres. Opticien à Courbevoie (Hauts-de- Seine), Frédéric Leclercq s’est penché sur le problème. Il a choisi de développer plusieurs formules destinées spécifiquement aux pêcheurs sportifs. Plusieurs solutions ont été retenues. Tout d’abord, un modèle “2 en 1” composé d’une paire de lunettes à verres progressifs incolores sur laquelle viennent s’aimanter des lunettes (sans branches) polarisantes.

    J’ai pu tester ce modèle qui avait été fait à ma vue. L’installation des verres polarisants se fait instantanément et une fois en place, l’ensemble tient parfaitement. La couleur des verres affiche un jaune olive suffisamment clair, qui convient bien quel que soit l’état du ciel. La polarisation est d’une efficacité comparable à celles des meilleures lunettes polarisantes du marché. Ce principe reprend celui des clips, à la différence qu’absolument rien d’anormal n’apparaît dans le champ de vision. La monture proposée est en titane, un matériau dont la légèreté rend l’ensemble très supportable. De plus, leur conception à “mémoire de forme” fait qu’elles reprennent leur position initiale naturellement après une torsion. Les branches sont terminées par des protections en silicone qui évitent le glissement.

    Ce modèle est particulièrement attirant en raison sa rapidité d’installation, de la discrétion des clips et de la qualité de ceux-ci, qui sont en verres organiques. Un matériau en résine solidifiée, moins sujet aux rayures que le polycarbonate et sensiblement plus léger que le verre minéral. Par ailleurs, Frédéric sera prochainement en mesure de proposer des lunettes polarisantes à verres progressifs jaunes qui devraient être disponibles dans le courant de l’année. Autre produit qui complète l’offre, des lunettes adaptées à la vision de loin et munies de loupes pour la vision de près. Un modèle moins onéreux que les verres progressifs et qui conviendra à tous ceux qui s’accommodent mal de ces derniers. Noter qu’il est possible de profiter des remboursements de votre mutuelle pour ces modèles destinés à la pêche !

    Prix conseillés :
    Les tarifs varient en fonction du choix de la monture (entre 100 et 200 euros) et de la qualité des verres adaptés à votre vue. Tout dépend si ces lunettes sont destinées uniquement à la pêche où s’il s’agira aussi de vos lunettes de vue à porter en permanence, car le prix des verres peut varier fortement. Dans le cas des lunettes adaptées à la vue de loin et munies de loupes évoquées plus haut, il faut compter 75 euros le verre et 110 euros pour des verres anti-reflets.

    Renseignements : Optique Sainte-Marie, Frédéric Leclercq, 7 rue Sainte-Marie, 92 400 Courbevoie.
    Tél. : 01 47 89 47 85.
    Site Internet : www.lunettesdepeche.fr