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  • Pêche à la mouche : dix conseils pour éviter la bredouille

    Pêche à la mouche : dix conseils pour éviter la bredouille

    Parce que l’exemple vaut souvent mieux que la leçon, voici dix bonnes raisons de réussir à la pêche à la mouche et d’éviter l’échec. Car si toutes les cannes se valent et que globalement, nous n’avons jamais disposé d’un matériel aussi performant, les problèmes proviennent de petits détails techniques qui deviennent vite très désagréables, ainsi que d’une stratégie d’approche trop souvent simpliste…

    J’ai passé une partie de l’été (2006) à pêcher à Goumois, dont le parcours est l’un des mieux peuplé en truites et ombres sauvages d’Europe, mais qui est également l’un des plus difficiles à cette époque de l’année. Cet endroit que je fréquente depuis bientôt vingt ans a toujours été une référence en matière de difficulté, un must pour les pêcheurs à la mouche français, suisses, belges ou italiens, qui tous savent que la pêche sera d’une grande qualité, mais qu’elle ne sera pas facile. J’ai croisé des vieilles connaissances, habituées du Doubs qui ne se plaignaient pas et prenaient quelques poissons, observé des touristes en pleine galère, excédés par ces magnifiques poissons sauvages qui viennent chasser les vairons jusque dans leur bottes. L’un d’eux se lâcha : « heureusement que la chasse est fermée ! », un autre plus poétique : « il faut que je revoie mon jeu de séduction, car celui-ci ne marche plus… ».
    Tout en discutant, j’observais leur matériel. Rien à redire, c’est du haut de gamme, et du beau, rien que du beau, ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle. Puis chacun est reparti pêcher, pas trop loin les uns des autres, car sur ce parcours, vous ne faites pas trois mètres sans tomber nez à nez avec plusieurs poissons qui font mine de ne pas vous avoir vu.
    En les regardant pêcher, j’ai compris, si besoin était, à quel point il ne suffit pas de posséder la meilleure soie, la plus belle canne, et deux valises de mouches pour réussir sur un parcours comme celui-là.
  • Les chroniques littéraires d’un pêcheur forézien

    Les chroniques littéraires d’un pêcheur forézien

    Franck Bompuis, artiste touche-à-tout et amoureux du Forez, a publié en avril 2011 Rue de l’Onde, un ouvrage plein d’anecdotes nées sur les bords de la rivière. A travers ces récits de pêche, c’est également un regard posé sur l’enfance et la famille que l’auteur nous livre ici. « J’ ai souhaité faire partager ma passion pour la pêche en me plaçant sur le registre des émotions et du plaisir des sens en laissant volontairement de côté l’aspect technique de la pêche. Ce sont des récits plein d’humanité et d’humour, un livre compagnon de route. En cela ce livre s’inscrit modestement dans la tradition des écrivains pêcheurs, comme Réné Fallet ou des anglo-saxons comme, John. D. Woelker et John Gierach.» L’auteur sera présent à certains évènements du monde de la pêche, notamment au Salon de la pêche de Clermont Ferrand et au salon international de la pêche à la mouche de St Etienne au printemps 2013.

    Rue de l’Onde est mis en ligne dans les catalogues de la FNAC, d’Amazon et de Decitre et est référencé dans 6000 points de vente.

  • Une partie de pêche avec Greg Hoarau

    Une partie de pêche avec Greg Hoarau

    Gregory Hoarau est un ancien compétiteur mouche. Il pêche de façon assidue de nombreux réservoirs de l’Hexagone ou du Royaume-Uni, au gré notamment de ses déplacements professionnels. Il se promène toujours avec de quoi pêcher à la mouche, et s’intéresse à tout ce qui porte des écailles. Il a toujours aimé pêcher les réservoirs en “petites mouches” et n’y pratique plus que cette pêche. Je souhaitais depuis longtemps qu’il puisse nous faire partager cette technique qu’il maîtrise particulièrement bien. Nous nous sommes retrouvés sur réservoir, à Recques-sur-Course, dans le Pas-de-Calais, pour une partie de pêche.

    Par Philippe Collet

    Au bord d’un réservoir, ne demandez pas à Greg de vous sortir un streamer, il n’en aura probablement pas avec lui. Il utilise pourtant cette technique pour pêcher les carnassiers ou les poissons marins. Il a d’ailleurs souvent dans sa voiture une boîte de streamers à brochet et le matériel dédié à cette technique qu’il pratique volontiers quand l’occasion se présente. Leurrer les truites de réservoir au streamer ne l’intéresse pas. Il cible les plans d’eau où les poissons sont habitués à consommer régulièrement des insectes aquatiques et apprécie d’autant plus la pêche que les poissons actifs sont difficiles et sélectifs. Dans ces conditions, il est un des rares à bien tirer son épingle du jeu et ce, sans pêcher avec des fil arachnéens. Son équipement réservoir tient dans une petite besace ceinture et est limité au minimum. Ses nombreuses années d’expérience l’ont amené à éliminer tout matériel superflu et à ne garder que le matériel parfaitement adapté. Quatre boîtes à mouches, garnies de modèles de chironomes, hoppers, nymphes, émergentes… largement validés lui suffisent pour faire face à de nombreuses situations. Quelques bobines de fluorocarbone, une pince écrase-ardillon, un coupe-fil avec aiguille, un ketchum release (genre de dégorgeoir adapté à la pêche à la mouche) pour extraire, sans dommage pour les poissons, les mouches engamées trop profondément, une épuisette à long manche complètent son équipement. Sa canne est une Loomis GLX classique en deux brins de 10 pieds pour soie de 6 équilibrée d’un moulinet Danielsson garni d’une soie Triangle Taper Lee Wulff flottante de 6.
    Il emporte avec lui une bobine de rechange garnie d’une soie intermédiaire lente, là encore une Triangle Taper de taille 6, pour pratiquer sa technique, de la même façon, quand les poissons se tiennent plus profond (les jours ensoleillés notamment). Ajoutons à tout cela quelques polyleaders intermédiaires rapides (bas de lignes dégressifs réalisés dans un matériau identique à celui d’une soie) de 1,5 mètre. La base de sa technique, qui vise à leurrer des poissons résidents qui se nourrissent, est de tout mettre en oeuvre pour rendre pêchant, le plus vite possible, un train de deux ou trois mouches. Pour cela il faut le poser correctement et veiller à noyer le fil rapidement. La frontière entre la réussite et l’échec est mince et tient à de petits détails que nous avons essayé de bien lister avec Greg pour vous les retranscrire ici. Au passage, la discussion passionnante que nous avons eue, jusque tard dans la soirée, dans une brasserie proche du réservoir à Montreuil-sur-Mer, la moitié de la table encombrée de boîtes à mouches et de notes, a dû paraître totalement surréaliste aux autres clients de l’établissement.

    Les mouches

    Greg a quelques mouches de base, très efficaces, qu’il a longuement validées et auxquelles il croit, quoi qu’il arrive. Ces artificielles sont déclinées en séries de cinq ou six imitations identiques pour ne pas être démuni, après quelques casses, s’il a trouvé la mouche qui marche.
    Comme nous le verrons plus loin, il monte différents types d’imitations :
    – des mouches noyées destinées tout d’abord à flotter, puis patouiller dans le film de la surface avant de couler sous la traction du fil (bécasse oreille de lièvre, purple pennel royale, bécasse royale).
    – des nymphes légèrement lestées comme la pearly pheasant tail ou la saint-philbert
    – des chironomes.
    Il monte ses mouches sur des hameçons à pointe pioche Tiemco 100 SP BL pour les nymphes, les noyées et parfois les chironomes, et Tiemco 2499 SP BL pour les chironomes. Ces hameçons, de par la forme de leur pointe, pénètrent très facilement à la touche, même à travers le cartilage de la mâchoire des truites, et ne nécessitent pour ainsi dire pas de ferrage. Ce dernier doit en effet être proscrit car il est générateur de casses. Il est remplacé par un relevé de la canne permettant de simplement prendre contact avec le poisson.

    Le bas de ligne

    La soie est prolongée d’un polyleader de 1,50 m suivi de 20 cm de 20 centièmes, 60 à 70 cm de 18 centièmes, une première potence de 10 à 15 cm en 16 centièmes, 1,20 à 1,50 m de 16 centièmes, une deuxième potence de la même longueur que la précédente en 14 centièmes, 1,80 m à 2,30 m de 14 centièmes. Le bas de ligne mesure donc, après le polyleader, de 3,80 m à 4,70 m. La version la plus courte permet de cibler les poissons aperçus sous la surface ou ayant gobé, en anticipant leur trajectoire. La version la plus longue permet de pêcher l’eau en barque dérivante ou ancrée, le vent dans le dos. La combinaison des diamètres 20, 18, 16 et 14 est la plus fine. Elle peut être plus solide si la pêche est moins difficile ou les poissons trop violents : 20, 18 et 16 ou 20, 18.
    Lorsqu’il pêche en Angleterre, Greg est rapidement contraint de réaliser le montage le plus solide, car les casses sont quasiment systématiques avec des fils plus fins. A deux mouches, le bas de ligne est constitué de 20 cm de 20 centièmes, 1 m de 18 centièmes, une potence de 10 à 15 cm en 18, 16 ou 14 centièmes suivie de 2,50 m de fil du même diamètre. Greg apprécie la soie Triangle taper pour sa capacité à pousser et déployer ces longs bas de ligne. Bien qu’assez courte (27 mètres), cette soie lui permet de placer régulièrement sa mouche de pointe à 30 mètres. Pour ne pas emmêler les plus longs de ses bas de ligne, Greg pêche souvent en barque, le vent dans le dos ou de côté. Il shoote alors une boucle assez large vers le ciel pour que le train de mouches soit porté par le vent et se déploie bien en ligne. Du bord, avec un vent de face, il passe à deux mouches et serre plus sa boucle.


    Ancrer le montage

    Les mouches sont réparties sur le bas de ligne de différentes façons. Le premier montage est constitué d’une nymphe légèrement lestée en pointe, d’un chironome en deuxième potence, d’une mouche noyée en première potence (potence vers la soie). Il permet de couler rapidement le fil et d’ancrer l’ensemble, tiré d’un côté par le polyleader intermédiaire, qui prolonge la soie et coule instantanément, et de l’autre par la mouche de pointe et le chironome.
    Le deuxième montage se compose d’une noyée assez volumineuse en pointe et d’un chironome sur chaque potence. Dans les deux cas, le fil, du fluorocarbone choisi pour sa raideur et sa forte densité, disparaît rapidement sous la surface, se soustrayant à la vue des poissons, tiré par le polyleader et les nymphes ou les chironomes. Posé bien en ligne, le montage coule rapidement sans mou ni cassure.
    La mouche noyée flotte un certain temps, pêchant comme une mouche sèche, puis se noie progressivement en faisant un sillage des plus attractifs. Le premier montage permet l’exploration d’une profondeur supérieure. La mouche noyée flottant pouvant faire office de bouchon ou d’indicateur de touche quelques instants. Le second montage pêche dans les 10 à 50 premiers centimètres sous la surface. La mouche noyée contribue, surtout si elle est volumineuse, à maintenir les chironomes à faible profondeur. A deux mouches le principe est le même, il suffit simplement de retirer un chironome sur chacun des montages décrits précédemment. En coulant rapidement, le train de mouches reste bien en ligne sur près de 5 à 6 mètres. Il n’y a pas de perte de distance. Seule la soie est prise par la dérive de surface. Au moindre contact du poisson avec une mouche, ce dernier, qui est le plus souvent en mouvement, ne peut que se piquer, un peu à la façon d’une truite sur un train de mouches noyées en rivière. L’ancrage rapide du montage est la clef de la réussite. La rapidité avec laquelle le fil se noie permet aussi de leurrer des poissons attirés par l’impact des mouches qui n’auront pas le temps de voir le trait du fil sur l’eau.
    Avec cette méthode, Greg n’a pas besoin de dégraisser son fluorocarbone.
    Il ne graisse pas sa mouche noyée qui après chaque lancer flotte ainsi seulement quelques secondes avant de s’engluer puis de couler. Ces différentes phases semblent avoir un impact particulier sur les poissons, auxquels elles font parfois perdre toute méfiance. Le poser doit être le plus propre possible, quitte à raccourcir le lancer, pour permettre au train de mouches de pêcher tendu. Après chaque posé correctement effectué, il convient de maintenir le train de mouches statique quelques secondes. Ce moment où la mouche noyée flotte encore et les chironomes et les nymphes coulent dans un plan vertical est particulièrement prenant, surtout sil’on a posé à proximité d’un poisson sans l’affoler. En début de pêche le polyleader peut flotter, surtout s’il est neuf. Une fois mouillé quelque temps, il coule instantanément. Une petite astuce de compétiteur consiste à mouiller ses soies intermédiaires préalablement pour qu’elles coulent ensuite directement dès le premier lancer.

    Jouer de la guitare

    L’animation du train de mouches peut être réalisée de façon classique en tricotant la soie plus ou moins lentement, ou à la façon de Greg en jouant de la guitare. Il s’agit de tricoter ou puller (tirées amples) avec une main et de faire vibrer, en même temps, le doigt (index ou majeur) de l’autre main sur lequel repose la soie. Pour les pêches en barque dérivante, lorsque les dérives sont rapides, le contact avec les mouches ne peut être maintenu qu’en pullant rapidement la soie.
    Le tricotage n’est alors plus possible, l’animation des mouches peut toutefois être réalisée en quasisur- place grâce à cette astuce. De la même façon si l’on pêche du bord, un tricotage lent ne permet que de maintenir le contact avec les mouches en résorbant les plis de la soie, qui revient systématiquement vers le pêcheur. Quelles que soient les conditions, cette pratique, qui a priori demande un peu d’entraînement et un travail de coordination, permet d’ajouter une animation continue ou ponctuelle pour donner plus de vie aux mouches, sans réellement les accélérer. Je n’avais encore jamais vu cette animation, Greg a l’air d’avoir trouvé là quelque chose d’intéressant.

    Le lift

    La longue canne de 10 pieds permet d’animer un long train de mouches en phase finale de ramener, sur le lift. Cette remontée du bas de ligne, soustrayant les mouches une par une de l’élément liquide, est une phase importante de l’animation. Bien exécutée, en accélérant la montée des mouches vers la surface et en les faisant sautiller l’une après l’autre lorsqu’elles ont atteint cette dernière, elle permet de prendre de nombreux poissons, que ce soit du bord ou en barque.
    Une grande canne permet aussi, avec de longs bas de ligne, de mettre plus facilement à l’épuisette les poissons pris sur la mouche de pointe sans emmêler la première mouche de potence dans l’anneau de tête de la canne. Il conviendra toutefois de prévoir une épuisette dotée d’un grand manche. Cette technique est totalement transposable sur les plans d’eau d’Irlande ou d’Ecosse, peuplés de poissons sauvages. Sa maîtrise permet de ne pas être ridicule lorsqu’on aborde ces étendues d’eau vastes et inconnues.

  • Une partie de pêche à l’alose sur l’Ardèche avec Bruno Beusse

    Une partie de pêche à l’alose sur l’Ardèche avec Bruno Beusse

    Les efforts effectués sur le fleuve Rhône pour permettre la remontée des poissons migrateurs commencent à porter leurs fruits, avec notamment le retour de l’alose feinte. Cette petite alose se pêche au lancer mais aussi à la mouche. Ses remontées sont tributaires des températures et, sur l’Ardèche, des niveaux d’eau qui doivent être suffisants pour l’attirer en nombre dans cette grande rivière. Ce poisson combatif n’est pas très compliqué à pêcher, le plus difficile est de se trouver au bon endroit au bon moment. Bruno Beusse, qui habite sur place et connaît bien ce poisson, sera notre guide pour cette pêche peu connue.

    Par Philippe Collet

    L’alose qui remonte le Rhône et ses affluents comme l’Ardèche est une Alose feinte spécifique au bassin du Rhône (Alosa fallax rhodanensis). Elle est plus petite que la grande alose. Le poids moyen des poissons s’échelonne entre 800 g et 1,5 kg pour une taille de 40 à 50 cm. Les plus grosses aloses, des femelles, peuvent atteindre 2,5 kg pour un peu moins de 60 cm. Les aloses peuvent effectuer plusieurs cycles de reproduction dans leur vie. Habituellement, les aloses femelles arrivent les premières suivies des mâles plus petits qui repartent un peu plus tard après la reproduction. Les remontées d’aloses commencent timidement lorsque l’eau atteint 14 °C, la reproduction commence à partir de 17 °C et l’activité des poissons s’intensifie avec l’augmentation des températures. En Ardèche, la période de remontée des aloses s’échelonne de fin avril à fin juin, selon les années, la période de reproduction, de fin mai à fin juin-début juillet. Les années froides ou les années aux débits fluctuants, les remontées sont fractionnées et la pêche est moins bonne. Arrivées au bout de leur périple, les aloses se reproduisent de nuit, sur des prises ce jour-là, du fait de la température de l’eau encore fraîche.
    62 radiers peu profonds au courant soutenu. Elles décrivent des cercles très serrés qui font bouillonner la surface de l’eau. On appelle ces cercles des “bulls”. Ils sont décrits par une femelle accompagnée d’un ou plusieurs mâles et permettent la libération des ovules et du sperme. Les oeufs ainsi fécondés sont livrés au courant, qui se charge de les répartir dans le gravier en aval, où ils incuberont.

    Les secteurs propices à la pêche

    Pendant leur remontée, à la façon des saumons, les aloses stationnent dans des veines d’eau courantes, plus ou moins profondes selon la luminosité. Ainsi, les aloses s’approcheront de la surface ou fréquenteront les gravières au lever du jour ou au coucher du soleil, alors qu’en pleine journée elles seront plutôt collées au fond, dans les veines les plus importantes. Il convient de trouver ou connaître les secteurs qui concentrent ou retiennent le plus de poissons pour pêcher avec un maximum de chances de réussite. Ces zones de passage se situent le plus souvent à l’aval des seuils ou des barrages, où les poissons font étape avant le franchissement. Il faut bien sûr veiller à rester dans les limites de distance autorisées et respecter les interdictions de pêche. Certains bons postes sont facilement identifiables car ils sont fréquentés par des pêcheurs au lancer. Au coeur des périodes de remontées, il est possible de toucher de nombreux poissons à la mouche en sortant de ces postes typiques et en pêchant des veines de courant puissantes, plus vastes et tranquilles. La pêche de l’alose ne nécessite pas un matériel particulier. Un ensemble rivière fort ou réservoir est amplement suffisant pour combattre une alose feinte. Avec un matériel plus fort, le poisson ne pourra pas exprimer tout son potentiel. Une canne de puissance 5 ou 6 conviendra pour les pêches à proximité de la surface en soie flottante ou intermédiaire, une canne de 7 ou 8 pour les pêches plus profondes en soie plongeantes ou à pointes plongeantes.

    La technique de pêche

    La technique de pêche s’apparente à celle de la mouche noyée ou du saumon. Il s’agit de peigner les veines de courant en lançant sa mouche 3/4 aval et en la laissant dériver sans animation jusqu’en dessous de soi. Si le poste est vraiment profond ou le courant soutenu, il est possible de lancer plus amont pour présenter sa mouche plus profondément. Lorsque la dérive est terminée, il est recommandé de tricoter sa soie sur quelques mètres avant de relancer. Le plus souvent toutefois, la touche intervient pendant la dérive, ou en fin de dérive lorsque la soie s’accélère. Elle est violente et suivie d’un combat acharné.

    Un poisson très fragile

    Ce poisson qui combat jusqu’au bout de ses forces est très fragile, il meurt rapidement s’il est manipulé trop longtemps. Il convient si possible de le relâcher sans le sortir de l’eau, sans le mailler dans une épuisette et sans le prendre à la main. Pour faciliter le décrochage et ne pas laisser trop de séquelles au poisson, l’ardillon de l’hameçon doit être écrasé. Si le poisson reste sur le flanc ou tarde à repartir, un petit coup avec le scion de la canne permet le plus souvent de lui faire reprendre ses esprits.

    Les mouches

    Les mouches à alose sont montées sur des hameçons de grosse taille. Elles peuvent être lestées, comme le modèle bien connu de la mouche téléphone réalisée avec du fil de cuivre de téléphone gainé de plastique. Toutefois, ces mouches gagneront à ne pas être lestées, à condition qu’on les accroche derrière des soies intermédiaires ou plongeantes. Il vaut mieux pratiquer ainsi et éviter la formation d’un angle entre la soie et le bas de ligne, qui nuit à la qualité du ferrage. Les mouches à alose sont montées sur des hameçons mer ou des hameçons à carpe dans des tailles s’échelonnant du 4 au 8. Leurs couleurs sont vives et contrastées.
    Le bas de ligne sera le plus souvent terminé par un fluorocarbone de 20 à 25 centièmes. A vous de trouver le bon compromis entre un diamètre permettant une bonne présentation et un diamètre évitant la casse sur un ferrage trop appuyé. Pour les pêches profondes avec une soie dense, il sera réduit à un simple morceau de fil de 1,5 à 2 m fixé en bout de soie. Il est possible de pratiquer à deux voire trois mouches, mais d’après Bruno, cela n’est absolument pas une nécessité. Il vaut beaucoup mieux pêcher à la bonne profondeur avec une seule mouche.

    L’association Migrateurs Rhône Méditerranée

    Autrefois, et jusqu’au début du XXe siècle, les aloses remontaient de la Méditerranée jusqu’au lac du Bourget sur le Rhône, et jusqu’à Auxonne sur la Saône. Au fur et à mesure de l’aménagement du Rhône, leur aire de répartition a diminué de façon drastique ne permettant plus, il y a encore peu, leur reproduction que sur une grande frayère située entre Arles et Tarascon. Les efforts accomplis depuis 1993 sur le bassin du Rhône pour permettre la recolonisation du fleuve et de ses affluents par les poissons migrateurs (plan Migrateurs Rhône Méditerranée) commencent à porter leurs fruits. Les aloses, par exemple, arrivent maintenant en nombre au-delà de la confluence de l’Ardèche, qu’elles remontent jusqu’à Vallon-Pont-d’Arc.
    L’association Migrateurs Rhône Méditerranée (MRM) travaille depuis sa création, en 1993, à cet objectif de recolonisation du Rhône par les migrateurs. MRM a un rôle d’animation, de concertation, elle veille à l’intégration de la problématique migrateurs dans les politiques locales de gestion de l’eau. MRM réalise un certain nombre d’actions comme les études, la maîtrise d’ouvrage des travaux étant assurée par les propriétaires des ouvrages. Des passes à poissons ont ainsi été mises en place ou rénovées. Des éclusées spécifiques sont pratiquées sur le Rhône lorsqu’il n’y a pas de bateaux pour permettre la remontée des aloses.


    Pour plus d’informations :

    www.migrateursrhonemediterranee.org

  • La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en bateau offre de nombreux avantages : approche discrète des postes, dégagement arrière lors des lancers, prospection de grandes étendues d’eau, présentation optimale des mouches, etc. Dans les réservoirs qui proposent la location de barques, de nombreux pêcheurs sont des inconditionnels de cette pêche. Ils apprécient le confort qu’elle procure, surtout quand un moteur électrique remplace la paire de rames. Pour autant, beaucoup d’entre nous sous-estiment ce fabuleux outil. Un petit point sur le sujet ne semble pas inutile.

    Par Philippe Collet

    De nombreux pêcheurs pratiquent debout dans les barques. Dans cette position, ils sont plus à leur aise pour lancer. Ils oublient toutefois qu’ils alertent beaucoup plus de poissons qu’en position assise car leur silhouette se découpe plus haut dans le ciel. Ils pêchent debout pour lancer plus loin, mais doivent lancer plus loin parce qu’ils sont debout ! En pêchant debout ils prennent le risque de tomber plus facilement à l’eau sur un déséquilibre, surtout si la barque est petite ou instable et que le collègue de pêche est peu attentif et bouge de façon brusque.
    Il est tout à fait possible de lancer assis, il faut simplement ne pas être trop bas. Or, sur les bancs de la plupart des barques du commerce on a les genoux plus hauts que le bassin, position plutôt inconfortable et peu propice à de bons lancers. Ces bancs bas incitent à se lever régulièrement pour se dégourdir les jambes, ne permettent aucun rangement en dessous et compliquent la progression dans le bateau puisque les affaires sont rangées à côté, occupant l’espace disponible pour les pieds.

    Fabriquer son banc

    Pour remédier à cela, le plus simple est retirer les bancs d’origine et d’utiliser des bancs maison, que l’on pose en travers du bateau, appuyés sur les plats bords, en s’asseyant à califourchon dessus. Cette solution est d’après moi la plus simple, la moins onéreuse et la plus efficace. Ces bancs peuvent être glissés où l’on veut vers l’avant ou l’arrière pour régler l’assiette du bateau ou l’écart entre les deux pêcheurs. Ils sont faciles à réaliser pour moins de 10 euros de matériaux. Il suffit de couper une planche d’environ 20 cm de large pour 2,5 ou 3 cm d’épaisseur sur une longueur légèrement supérieure à la largeur du bateau, d’y fixer à chaque extrémité, à l’aide de deux ou trois vis, un petit morceau de tasseau d’un centimètre de côté dans le sens de la largeur pour former une butée et éviter que la planche ne glisse du bord du bateau. Un petit coup de ponçage voire de vernis, si l’on veut faire luxueux, et le tour est joué. Ces petites butées sont indispensables. Sur une simple planche le pêcheur finira tôt ou tard les quatre fers en l’air en ayant voulu avancer ou reculer sans vraiment en décoller ses fesses (croyez-en mon expérience !). Lors de ma première visite en Angleterre, je n’avais pas de banc et avais souffert de pêcher, des jours entiers, assis trop bas au milieu du bateau ou sur une fesse à l’avant ou à l’arrière. Lors de ma visite suivante j’avais emmené mon banc maison, bien moins cher que les bancs en aluminium vendus sur place et avais pêché dans de bien meilleures conditions. Il m’arrive encore d’emmener ce bête bout de bois quand je sais que les bateaux n’en sont pas équipés. Le plus souvent je regrette de ne pas l’avoir pris. Messieurs les gestionnaires de réservoirs, si ce n’est déjà fait, équipez vos barques de cette façon, vous pouvez proposer un réel confort à vos clients pour un investissement minime. Vous verrez moins de pêcheurs debout et diminuerez nettement le risque d’en voir un passer par-dessus bord un jour ou l’autre.


    Travailler son lancer

    Si, malgré une assise haute, vous avez encore du mal à lancer correctement sans toucher l’eau à l’arrière, vous devez apprendre à relever légèrement votre bras, au fur et à mesure de sa progression vers l’arrière, puis à bien le bloquer en maintenant la canne verticalement. Vous devez proscrire les lancers en rotation autour de votre poignet ou de votre coude, quivous conduisent rapidement à coucher votre canne presque à l’horizontale et à ne plus contrôler correctement votre soie, qui va alors toucher l’eau.


    Pêcher vent dans le dos

    On voit aussi de nombreux pêcheurs lancer de tous côtés, en étoile, autour de leur embarcation, voire même contre le vent dans le sillage de leur dérive. Lorsqu’on est ancré sur un poste ou accroché à une bouée, comme l’imposent certains plans d’eau pour le respect des pêcheurs pratiquant depuis la berge, il est possible, surtout si le temps est calme, de lancer en étoile autour de la barque. Il est toutefois rare que le vent ne soit pas un peu de la partie. A ce moment-là, il vaut vraiment mieux s’en faire un allié et l’utiliser pour porter ses mouches vent arrière ou de travers au lieu de lutter contre. Pour les pêcheurs débutants, la barque peut être l’occasion de s’essayer à la pêche avec un train de deux ou trois mouches, à condition de bien bloquer son lancer arrière et d’ouvrir largement sa boucle sur le lancer avant en visant vers le ciel. Lorsque le vent est établi et ride le plan d’eau, les poissons actifs, à la recherche de nourriture, ont plutôt tendance à le remonter. Lancer le vent dans le dos permet alors de poser la mouche en premier vers des poissons qui remontent vers vous. C’est beaucoup plus productif que de poser derrière des poissons qui vont s’éloigner de vous sans avoir vu vos mouches, ou dessus, car vous les aurez alors alertés en les couvrant avec le bas de ligne ou, pire, avec la soie.
    Pour bien pêcher à deux le vent dans le dos, il vaut mieux accrocher le bateau à l’ancre par le côté et pêcher assis à califourchon sur les bancs. Sur un bateau accroché par la pointe, la pêche sera bien moins confortable et productive. Il se peut toutefois que l’action du vent, sur une soie posée en plein travers de ce dernier, génère une animation intéressante du train de mouches. Mais cette animation n’est généralement pas la plus intéressante, surtout si le vent est fort.

    Respecter son collègue de pêche

    La pêche en barque à deux nécessite une certaine discipline si l’on ne veut pas risquer des emmêlages sévères, voire la casse d’une canne. Un moucheur habitué à pêcher en barque attendra toujours que son collègue ait fini de lancer pour relever sa canne et relancer. Il lancera canne verticale au-dessus de sa tête et non canne couchée au-dessus de celle de son voisin. Le pêcheur le moins aguerri se placera de façon que sa soie passe au-dessus de l’eau plutôt que par-dessus la tête de son voisin. En barque, il est vivement recommandé de porter une casquette et des lunettes; pour éviter un accident si l’on prend une mouche du voisin dans le visage. L’alternance des lancers est primordiale, une certaine courtoisie est alors de mise, on ne cherchera pas à griller le tour du voisin en ramenant précipitamment pour relancer avant lui. Rien n’est plus gênant en barque qu’un collègue de pêche qui bouge sans arrêt, qui fait du bruit et qui lève sa canne quand vous lancez.

    Etre un tant soit peu ordonné

    En barque l’espace est réduit, il convient donc de ne pas trop étaler de matériel. La soie, l’épuisette peuvent se prendre dedans et il faut pouvoir se déplacer. Si un objet tombe à l’eau, il est en général perdu. Le matériel nécessaire devra être disposé à portée de main pour y accéder sans être obligé de systématiquement se lever.


    Pêcher en dérive

    La pêche à la mouche en barque dérivante permet de prospecter une étendue d’eau plus importante. La barque va vers les poissons. Il n’est donc pas nécessaire de faire de longs lancers pour les trouver. Un bas de ligne long est par contre un avantage, puisqu’il permet d’éviter de les effaroucher. Les barques à clins irlandaises longues, lourdes et quillées, dérivent parfaitement perpendiculaires au vent et ne nécessitent pas forcément d’ancre flottante. Cette dernière ne sert avec ces bateaux qu’à ralentir la vitesse de dérive. Peu utilisée en Irlande, l’ancre flottante est systématiquement utilisée sur les grands réservoirs anglais. Pour les embarcations plus modestes, au fond généralement plat, que nous utilisons sur nos plans d’eau, l’ancre flottante permet de ralentir mais aussi de stabiliser la dérive. Elle cale le bateau perpendiculaire au vent. La fixation de cette ancre doit être placée au bon endroit sur le bateau pour éviter qu’il ne s’oriente de travers. Une astuce consiste à emmener avec soi un serre-joint pour régler précisément le point d’accrochage de l’ancre. Ce dernier s’adaptera à la plupart des formes de coques et, s’il est choisi avec des protections en plastique, ne leur laissera aucune trace.


    L’ancre flottante

    C’est un morceau de toile, percé ou non en son centre, dont les 4 angles sont accrochés à un bout de cordon.
    Les 4 cordons sont ensuite rassemblés pour former un parachute sommaire. Dans l’eau ce parachute se gonfle et oppose toute sa surface à la force de dérive provoquée par la poussée du vent sur le bateau. Lorsqu’on relève l’ancre flottante sur une barque relativement légère, c’est le bateau qui revient vers l’ancre et non l’inverse.
    Très utilisées au Royaume-Uni, ces ancres sont faciles à trouver là-bas. Elles font le plus souvent 25 pieds carrés ou 2,32 mètres carrés, ce qui correspond à un carré de 1,5 mètre de côté, car une règle internationale définit leur taille pour la compétition. Tous les bateaux en compétition dérivent ainsi sensiblement à la même vitesse (à taille égale).


    La pose de l’ancre

    Pour un maximum d’efficacité, la pêche en dérive demande une bonne coordination entre les équipiers.
    Il convient en fin de dérive de relever ses cannes en même temps sur proposition d’un des pêcheurs et des les poser après avoir accroché les mouches pour qu’elles ne risquent pas de retourner à l’eau. L’un s’occupe de l’ancre, l’autre du moteur. Pour relever l’ancre, il faut tirer dessus jusqu’à pouvoir saisir un des quatre cordons. A ce moment-là elle vient comme un drap, sans aucune résistance, au lieu de peser un poids considérable.
    Si la dérive est courte, l’équipier peut garder l’ancre à la main au-dessus de l’eau pour la reposer rapidement. Sinon il la range soigneusement sans l’emmêler et sans rentrer trop d’eau dans le bateau. Pour poser l’ancre efficacement, il convient d’arriver lancé, légèrement en amont de la dérive projetée et si possible dans l’axe de cette dernière. On lance ou on lâche alors l’ancre, qui, si tout va bien, accroche l’eau rapidement et se gonfle en disparaissant sous l’eau. Elle oblige alors le bateau à décrire un demi-cercle (un peu comme un chien au bout d’une laisse) pour se placer perpendiculairement aux lignes de vent. Lorsqu’on pêche sur un grand lac anglais, dans un vent fort, la berge battue des vagues jusqu’à la dernière seconde, à la recherche des poissons qui la longent, la rigueur et la coordination des équipiers doivent être dignes de celle exigée dans une régate de voile, pour ne pas finir échoué.


    Prendre correctement une dérive

    Si un secteur du plan d’eau est productif et qu’on en est sorti, il convient de se replacer. Pour cela on évite de traverser directement la zone de pêche et on prend le temps de la contourner, suffisamment largement, surtout si l’on utilise un moteur thermique. La pratique des micro-dérives peut être envisagée si le poste de pêche est très précis, une cassure par exemple. On ne perdra pas de temps en amont en arrivant lancé et pas trop en aval en attendant de s’être juste suffisamment éloigné du point chaud pour ne pas alerter les poissons en redémarrant. Un bon rodage dans l’exécution des gestes permet alors d’être très efficace. On évite de se replacer devant ou trop près d’un bateau qui dérive déjà ou de traverser sa dérive au moteur. On passe derrière. Toutes ces recommandations pourraient s’appliquer de la même façon, en mer, à la pêche du bar, ancre flottante en moins.

    La pêche des lignes de vent

    Si vous ne connaissez pas un plan d’eau et que le vent est suffisamment fort pour créer des couloirs ou des lignes de vent, pêchez-les, il y aura forcément des poissons en maraude dedans, le nez vers l’amont du courant créé. Ces lignes de vent se matérialisent par une concentration de bulles et d’objets divers : plumes, brins d’herbiers, feuilles… mais aussi insectes aquatiques. Pour pêcher une ligne de vent, on place le bateau dedans pour la pêcher en vent arrière. On peut la pêcher en vent de travers si l’on s’en écarte légèrement, mais on veille toujours à passer ses mouches sous les bulles.

  • Gilles Bastos, un moniteur guide spécialiste de l’Alsace

    Gilles Bastos, un moniteur guide spécialiste de l’Alsace

    Fraîchement installé en tant que moniteur-guide de pêche en Alsace, ce spécialiste de la gestion des milieux aquatiques, détenteur d’un Bp Jeps, propose, notamment à l’attention des écoliers, des séances d’initiation aux problématiques environnementales, abordant le cycle de l’eau à l’échelle d’une rivière ou d’un bassin versant. Gilles Bastos peut également vous guider sur la superbe Fecht, en vallée de Munster, pour la mouche, et sur le Rhin pour la pratique des pêches sportives de carnassiers (brochet, mais surtout aspe). Enfin, si vous souhaitez vous initier ou vous perfectionner à la mouche ou au leurre, des sessions individuelles ou en groupes restreints sont également proposées. Tous les détails des prestations sont sur le site Internet animé par Gilles Bastos.

    Renseignements :

    www.vert-peche.fr

    Gilles Bastos

    62, Chemin du Bretzel 68140 Munster

    Tél. : 06 19 76 43 11

    [email protected]

  • Le Cercle Mouche Mulhouse, un club dynamique

    Le Cercle Mouche Mulhouse, un club dynamique

    Le Cercle Mouche Mulhouse est un club de moucheurs du Haut-Rhin, ouvert à tous, où l’on partage sa passion, sans esprit de compétition. Ce club dispose de très nombreux atouts : une salle à disposition pour les soirées montages de mouches, une bibliothèque et une vidéothèque, ainsi que la possibilité de s’entraîner au lancer sur le stade du complexe sportif. Régulièrement, des sorties sont organisées (ouverture à Goumois, sorties sur la Loue, sur le Dessoubre, sur la Thur, en réservoir… voir même à l’étranger.)

    Thierry Haart, pêcheur émérite et concepteur de moulinets de pêche à la mouche, dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes, fréquente notamment le Cercle. Si vous souhaiter vous initier ou vous perfectionner à la pêche à la mouche et que vous habitez dans la région n’hésitez pas à franchir la porte de ce club convivial et dynamique. Il se réunit, le jeudi soir, à partir de 19 h 00 dans une salle du complexe sportif du Waldeck à Riedisheim, tout près de Mulhouse.

     

    Renseignements :

    Cercle Mouche Mulhouse

    www.cerclemouche.over-blog.com

    Complexe sportif ASPTT Mulhouse

    Rue des bois 68400 Riedisheim

    Clément Lavaux

    Tél. : 06 12 33 69 45

  • Nymphe à vue, l’art de l’animation

    Nymphe à vue, l’art de l’animation

    L’animation des nymphes s’apprend, se perfectionne, de façon très personnelle. C’est un art, précis, où chaque geste est pesé. Avant d’en comprendre la technique, une observation des larves et des nymphes dans leur milieu est indispensable pour disposer ensuite de ce petit plus qui fait une grosse différence.

    Par Jean-Marc Theusseret

    Pour qui consacre un peu de temps à l’observation des truites et des ombres par simple curiosité, la connaissance du comportement de ces poissons s’en trouve considérablement accrue. Ainsi donc est-il fréquent de voir les truites et les ombres s’élancer soudainement à la poursuite de nymphes comme si elles étaient sur le point de leur échapper. Combien de pêcheurs à la nymphe ont pris le temps d’observer les nymphes en mouvement dans l’eau ? Il est facile de s’en procurer quelques-unes et de les mettre dans un bocal ou un aquarium. On apprend beaucoup ainsi sur l’agilité avec laquelle certaines larves d’éphémères se déplacent dans l’eau. La force développée par ces petites bestioles dans un milieu 800 fois plus dense que l’air est véritablement prodigieuse.
    Elles évoluent par saccades de 5 à 10 cm avec une grande vivacité. C’est cela que le pêcheur à la nymphe devra reproduire. Parmi les tours de main à connaître par les pêcheurs à la mouche, l’animation de la nymphe est l’un des plus subtils. Avant d’arriver à le maîtriser, bon nombre de débutants en abusent un peu trop. Souvent, le nympheur en herbe pense qu’il est impossible que la truite ou l’ombre arrive à distinguer cette petite imitation qui dérive au gré du courant. L’animation de la nymphe est alors exagérée, dans le seul but de montrer au poisson “qu’on est là !”. En réalité, les poissons voient très bien les nymphes, et les prennent souvent aussi lorsqu’on ne les anime pas. Certains pêcheurs rencontrent le problème inverse, qui est de ne pas animer suffisamment. Le plus souvent, ils veulent le faire, mais une mauvaise gestion de la longueur de la soie et du bas de ligne lors de la dérive fait que le mouvement imprimé à la canne ne se transmet pas jusqu’à la nymphe.

    Juste éveiller l’attention des poissons

    C’est un classique de la pêche aux leurres en général, qu’il s’agisse de mouches, de cuillers ou autres poissons nageurs. Autant les poissons peuvent réagir pleinement à une nymphe animée, autant ils s’en méfient si celle-ci a eu lieu trop tôt. Pourquoi ? L’explication est à la base même de la pêche à la mouche d’aujourd’hui, pratiquée sur des parcours publics très fréquentés s’entend. En animant la nymphe, on déclenche un réflexe chez la truite ou l’ombre qui, comme la plupart des animaux, réagissent très bien aux mouvements. La première étape est donc réussie. Mais si elle a lieu trop loin du poisson, l’effet est immédiatement cassé au moment où, inévitablement, la nymphe drague. En animant, on tire forcément sur le bas de ligne. Le phénomène est accentué par le fait que cette animation ne sert, nous l’avons vu, qu’à éveiller l’attention des poissons convoités. Le relâcher qui suit est un modèle de dragage, la nymphe replongeant en biais en direction du pêcheur. Ne perdez jamais de vue que, moins vous animez, moins la nymphe risque de draguer au relâcher. L’animation ne doit servir qu’à éveiller l’attention du poisson, rien d’autre. Pour être efficace, vous devrez apprendre à animer au dernier moment, alors que votre nymphe qui dérive dans le courant s’approche du poisson. En pratique, il faut arriver à le faire à 15 ou 20 cm du poisson. Toute la difficulté vient du fait qu’il faut savoir précisément où se situe sa nymphe qui dérive au fil du courant. C’est là où il faut du “métier”. Les meilleurs pêcheurs à la nymphe savent toujours à 1 ou 2 cm près où est leur nymphe, y compris sur des dérives de souvent plus de 10 mètres. Cela s’apprend par la répétition, par la pratique. C’est une perception qui comprend l’observation des réactions du poisson ainsi que l’appréciation que l’on a des dérives que l’on effectue. Pour débuter, il est conseillé de choisir un secteur peu profond avec un courant qui coule de façon régulière, sans turbulences. A partir d’une certaine vitesse de courant (un peu moins d’un mètre par seconde), les choses se compliquent. Car, même si l’on sait exactement où est sa nymphe, il est indispensable d’anticiper l’animation, ce qui correspond au temps nécessaire pour créer le mouvement imprimé à la canne et au bas de ligne. Il est fréquent dans ces conditions d’animer trop tard, une fois que la nymphe est passée au niveau du poisson.

    Entre la truite et l’ombre, des différences notables

    Les ombres réagissent plutôt mieux que les truites à l’animation des nymphes. Certains jours, il est même quasiment impossible de les faire s’intéresser aux nymphes si on ne les anime pas de façon relativement énergique. Les ombres montent parfois chercher une nymphe animée assez loin au-dessus ou même derrière eux, comme ilsle font parfois pour intercepter des nymphes naturelles. A croire que ces diables de poissons ont des yeux derrière la tête ! On observe cela sur les radiers au courant qui accélère progressivement. Pour la truite, l’animation est beaucoup plus discrète. Juste ce qu’il faut pour qu’elle la voie. Ensuite, c’est à elle de se déplacer.

    Un geste qui s’apprend

    Il existe plusieurs façons d’animer une nymphe. Une des plus efficaces consiste en un mouvement latéral du poignet de droite à gauche, en continu. Pour que la nymphe soit animée, vous devrez lever légèrement votre canne tout en continuant le mouvement du poignet. La nymphe remonte alors par petites saccades de 5 à 10 cm, d’une façon très réaliste, à la manière de nombreuses espèces de larves et de nymphes naturelles. Ce geste n’est pas très fluide au début, mais il s’apprend vite. Evitez de crisper le bras et le poignet. Au contraire, détendez-vous, ça ira beaucoup mieux !

    Et pour la nymphe “au fil” ?

    L’animation des nymphes concerne aussi les techniques de pêche à la nymphe en aveugle, mais reste beaucoup plus limitée. Elle peut intervenir en fin de dérive. C’est même une technique à part entière, qui marche très bien. La nymphe est lancée très en amont du pêcheur et coule librement. Arrivée au niveau du pêcheur, celui-ci lève lentement la canne, ce qui a pour effet de tendre – dans l’ordre – la soie, le bas de ligne, puis de faire remonter la nymphe. La remontée s’effectue alors en continu et non plus par saccades. Cette remontée continue permet de déceler les touches lors de l’arrêt du bas de ligne, en général. Yann Caléri nous a fait découvrir cette technique dans le détail dans le DVD Pêches sportives n° 9.

  • Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Nous sommes régulièrement confrontés, en lac, au problème des bas de ligne qui flottent et génèrent des refus à répétition de truites souvent éduquées. Possédant du fluorocarbone dans de nombreux gros diamètres pour la pêche au lancer du bar ou des carnassiers, j’ai décidé il y a plus de trois ans de me confectionner des bas de ligne à noeud avec ce matériau. Ces portepointes bon marché et performants se sont révélés très utiles dans de nombreuses situations.

    Par Philippe Collet

    Lorsqu’on pêche en lac, il est souvent nécessaire de couler son bas de ligne pour présenter ses mouches de façon optimale.
    Le fil flottant sur l’eau crée en effet un relief qui amplifie considérablement sa taille. Posé sur la surface, un 10/100 est aussi visible qu’un 25/100. Faites un jour un essai en plein soleil dans une flaque d’eau peu profonde et regardez l’ombre portée sur le fond par un fil même très fin. Noyez ce fil, vous ne voyez plus rien. Dans une eau calme, nous n’avons pas les contraintes du courant, qui obligent le plus souvent le pêcheur en sèche en rivière à utiliser du nylon et à graisser son bas de ligne pour qu’il flotte. En rivière le bas de ligne ne doit en effet pas couler dans les veines de courant car cela accentue son dragage et provoque des arrachés bruyants. En rivière, le poisson n’a le plus souvent pas trop le temps d’inspecter le montage. Il est posté, ce qui permet de lui présenter la mouche sans le couvrir.
    En lac, les poissons ont le temps, ils peuvent surgir de partout et, hormis lorsqu’on peut les voir et anticiper leur trajectoire, il est difficile de leur présenter la mouche en premier. Ainsi, lorsque les poissons sont un peu éduqués, ils montent doucement vers notre mouche et s’en détournent prestement au dernier moment, signe parfois que le modèle ne leur plaît pas, mais le plus souvent qu’ils ont détecté le fil qui flotte à la surface. L’impact des mouches lorsqu’elles touchent l’eau met en alerte les poissons présents sur le secteur et les attire inexorablement. Il faut impérativement que le fil ait coulé avant leur arrivée car ils ne prennent pas souvent autrement. En pêchant correctement, ces poissons curieux peuvent représenter une part très importante des prises.

    Couler son bas de ligne

    Pour réussir, nous avons recours au fluorocarbone et au dégraissage. Le fluorocarbone, plus dense que le nylon et que l’eau, coule naturellement. Toutefois, dans de faibles diamètres et manipulé avec des doigts toujours un peu gras, il ne parvient pas toujours à percer le film de la surface. La qualité de l’eau a une énorme influence. Il est souvent très facile de couler un bas de ligne posé sur une eau verte ou marron chargée de phytoplancton, alors qu’il est beaucoup plus difficile de couler ce même bas de ligne posé sur une eau cristalline, là où bien sûr c’est le plus utile. La solution du dégraissage régulier à l’aide d’une pâte appropriée est contraignante et a ses limites.

    Les avantages du portepointe en fluorocarbone

    Réaliser un porte-pointe en fluorocarbone présente de nombreux avantages. Dans les forts diamètres, le fluorocarbone perce facilement le film de l’eau. Le bas de ligne à noeuds dégressif entraîne ainsi très rapidement la partie plus fine de la pointe sous la surface. Ce matériau assez raide permet un bon transfert d’énergie de la soie vers la ou les mouches, qui se posent plus en ligne. Une fois étiré, il reste droit comme un «i» et permet une bonne présentation et une meilleure détection des touches. Ce type de bas de ligne est très économique au regard d’un polyleader ou d’un bas de ligne en queue de rat en fluorocarbone tout fait. Il est de plus adaptable en cours de pêche, en le raccourcissant, par exemple, pour mieux passer dans le vent.


    En sèche

    Ce type de bas de ligne peut être accroché au bout d’une soie flottante pour la présentation d’une seule mouche sèche. Si l’on pratique une pêche d’attente, on utilisera une mouche qui puisse résister un peu à l’enfoncement, car elle sera fatalement entraînée sous l’eau avec ce fil qui, une fois immergé, coule inexorablement. Si l’on pratique avec de petites mouches, on essaiera plutôt de croiser la trajectoire d’un poisson vu ou pressenti, en posant suffisamment loin devant, en général 2 ou 3 mètres, de façon que le bas de ligne ait disparu sous la surface avant son arrivée. Avec cette technique, la mouche finit plus ou moins rapidement par couler. Restez vigilant, car il n’est pas rare que le poisson choisisse ce moment et seulement celui-là pour prendre. Avant d’arracher, animez doucement votre mouche du bout des doigts sur quelques mètres, cela peut aussi être payant.


    En washing line

    Cette technique très efficace, qui se traduit « corde à linge », consiste à intercaler une ou deux mouches coulantes, nymphes ou chironomes, entre le portepointe raccordé à une soie flottante et une mouche sèche très flottante ou un booby. Les nymphes se mettent en place très rapidement et restent ainsi suspendues sous le film de la surface. Le fil disparaît quasi instantanément.
    Il est ainsi possible, de la même façon qu’en sèche, d’intercepter un poisson en maraude en anticipant sa trajectoire ou en posant à proximité de son gobage.


    Avec des soies intermédiaires et plongeantes

    Avec des soies intermédiaires, l’avantage de ce bas de ligne demeure sa capacité à transférer l’énergie de la soie vers les mouches et à placer très vite l’ensemble du fil sous l’eau. Il est toujours possible de pêcher avec succès en washing line, surtout avec une soie intermédiaire lente. Pour les soies plus plongeantes, il n’est plus vraiment nécessaire de s’embêter, car la soie coule assez vite pour noyer un bas de ligne constitué d’un simple brin de fluorocarbone souvent de bon diamètre (de 18 à 25 centièmes de millimètre).

    La confection du bas de ligne à noeud

    Le porte-pointe est réalisé avec des sections de fluorocarbone, dégressives en diamètre et en taille en partant de la soie. Cette dégressivité permet un excellent transfert de l’énergie de la soie vers les mouches. On utilise du fluorocarbone destiné à la réalisation de pointes transparentes, et résistantes à l’abrasion, pour la pêche au lancer avec des tresses. Ces fils sont maintenant présents dans les gammes de nombreuses marques. Nous pouvons citer notamment les marques Powerline ou Varivas, utilisées depuis longtemps par les pêcheurs. Compte tenu de la raideur de ce fil par rapport à celle d’un nylon, ce n’est pas la peine de commencer son bas de ligne en 50 ou 45 centièmes, mais plutôt, pour une soie de 6, 7, voire 8, en 40 centièmes. Ce morceau de fil sera noué sur une chaussette ou, mieux, directement à la soie (pour un meilleur transfert de l’énergie) à l’aide d’un noeud, de type noeud d’hameçon à palette, de trois tours. Un nouveau morceau de fluorocarbone plus fin sera ensuite raccordé au premier avec un noeud baril et ainsi de suite.


    Le bas de ligne de base

    Le bas de ligne de base sera constitué de 50 cm de 40 centièmes, 40 cm de 35 centièmes, 30 cm de 30 centièmes et 25 cm de 25 centièmes. Soit une longueur totale de 1,45 m. Il sera terminé par une micro boucle pour un changement plus facile des pointes sans modification de sa longueur. Il pourra être allongé en agrandissant les brins ou en ajoutant une portion de 20 centièmes pour les pêches plus fines, avec une sèche notamment ou en washing line léger avec une soie flottante (voir les illustrations). Il peut être légèrement raccourci si l’on doit pêcher avec le vent dans le nez. Pour une pêche en washing line standard à trois mouches, on ajoutera environ 90 cm de 20 à 18 centièmes avant la première potence longue d’environ 20 cm, puis 1 m à 1,20 m de 20 à 16 centièmes avant la seconde potence, et 90 cm à 1 m de 20 à 16 centièmes avant la mouche de pointe. Il ne faut pas trop descendre en dessous de ces diamètres, car les touches peuvent être violentes et les casses nombreuses, surtout sur une soie intermédiaire.

  • Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.

    Par Philippe Collet

    Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.

    Le matériel de Rudy

    Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.

    Les soies

    Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.

    Le bas de ligne

    Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.

    Le lancer

    Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
    Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
    Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !


    La mouche

    Lors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
    Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
    Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
    Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.


    Le lieu de pêche

    • Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
    Tél. : 0031297261261.
    E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl

    • Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
    www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/

    • Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.

    Rudy van Duijnhoven
    Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
    The Netherlands
    Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
    www.rvd-image.nl