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Nymphe : ne manquez pas l’aplomb
La principale cause de refus des nymphes artificielles par les poissons est due à un dragage plus ou moins important. Celui-ci a lieu à la descente de la nymphe mais également après sa remontée lors de l’animation. Contrairement à la dérive d’une mouche sèche, visible sur l’eau, avec les nymphes le dragage échappe à la vue du pêcheur. Comprendre ce phénomène est essentiel pour tenter d’y remédier.
Par Philippe Boisson
Qu’est-ce qui distingue un très bon pêcheur à la nymphe d’un moins “bon” ? A cette question que l’on me pose souvent, sans hésiter je réponds qu’il s’agit avant tout de la qualité des dérives naturelles qu’impose cette technique. Certes, il n’y a pas que cela. Le sens de l’eau, l’observation des éclosions, l’aptitude à pêcher fin, font aussi partie du bagage d’un pêcheur à la nymphe de bon niveau. Mais si celui-ci maîtrise mal ses dérives, les refus seront nombreux. La pêche à la nymphe, qu’elle soit pratiquée à vue ou en aveugle, implique toujours de gérer la profondeur. On voit les difficultés que l’on peut rencontrer avec les dérives lorsque l’on pêche à la mouche sèche où, pourtant, la profondeur n’intervient pas. Il faut donc prendre en compte qu’il faut gérer cette dimension supplémentaire lorsque l’on pêche à la nymphe. Tous nos petits malheurs proviennent du nylon qui relie la mouche au pêcheur par l’intermédiaire du bas de ligne. La qualité des modèles de mouches et des nymphes actuelles n’est pas en cause.
La plus réaliste des mouches sera refusée si elle drague, sur ou sous l’eau. Les truites et les ombres ont appris à se méfier de tout ce qui ne dérive pas naturellement. La plus infime retenue de la mouche éveille immédiatement la méfiance du poisson, qui pourra venir voir, parfois très près, mais restera gueule fermée. Il est amusant (frustrant à la longue j’en conviens) d’observer la réaction des truites qui refusent les nymphes. Lorsqu’elles ont le nez dessus, elles tournent soudain la tête de côté, comme un enfant qui refuse catégoriquement une cuillerée de soupe.
LA RECHERCHE DE LA VERTICALITÉSi l’on prend une colonne d’eau et que l’on laisse couler librement sans nylon une nymphe artificielle, on s’aperçoit que celle-ci peut tourner sur elle-même, mais globalement sa descente est parfaitement verticale. Mais si cette imitation se retrouve attachée à un filtrès fin, sa descente n’est plus verticale, mais s’effectue plus ou moins en biais. En action de pêche, elle se déplace bien évidemment en direction du pêcheur. C’est contre ce phénomène de pendule qu’il faut lutter à chaque lancer. Pour y parvenir, il n’existe pas de solution miraculeuse. Un long bas de ligne et surtout une très longue pointe permettent d’obtenir de bons résultats. Il est inconcevable de vouloir pêcher à la nymphe, de nos jours, avec une pointe dont la longueur est inférieure à 1,50 m, hormis en très petits cours d’eau peu profonds. Sur tous les autres cours d’eau, une pointe d’une longueur de canne (environ 2,70 m) est indispensable. Si l’on est un adepte du poser parachute, elle pourra même dépasser les trois mètres. Au final, on se retrouve avec un bas de ligne dont la longueur totale est comprise entre 6,50 et 7,50 mètres, qu’il faut apprendre à manipuler. Ces longueurs extrêmes sont propres à ce que l’on peut appeler, sans chauvinisme mal placé, l’école française, car je ne connais aucun autre pays où l’on utilise de tels bas de ligne. C’est à n’en pas douter pour cette raison que les meilleurs pêcheurs français réussissent si bien à l’étranger, où les poissons paraissent beaucoup plus faciles à prendre que sur nos cours d’eau à truites sauvages surpêchées. L’effort que nécessite la manipulation des longs bas de ligne mérite d’être consenti, tant les résultats sont appréciables par la suite.
POSER SON BAS DE LIGNE DÉTENDU, PLUS FACILE À DIRE QU’À FAIRE
Le poser du bas de ligne dit “détendu” fait aujourd’hui partie du langage courant du pêcheur à la mouche, pour toutes les techniques qui se pratiquent en dérive inerte (mouche sèche, émergente, nymphe). En pratique, c’est sur ce point que le pêcheur échoue. La perte de précision décourage celui qui découvre la pêche avec de longues pointes, alors que ceux qui y sont habitués peuvent poser leur mouche ou leur nymphe dans un mouchoir à 15 mètres. Signalons au passage que ce type de bas de ligne est fait pour pêcher entre 6 et 12 mètres, ce qui correspond aux conditions idéales de pêche. Au-delà de 15 mètres, même s’il reste possible de réaliser occasionnellement de beaux coups de longueur à plus de 20 mètres, les longs bas de ligne ne sont pas très adaptés à cet exercice. Il existe différentes techniques de lancer qui permettent d’obtenir des posers détendus, que nous décrivons régulièrement dans ces colonnes. Le plus simple à acquérir reste le poser dit parachute (appelé également poser en cloche). Après un lancer en coup droit classique, le dernier mouvement est amplifié pour amener la soie et le bas de ligne à plus de 45° avant de poser. Ainsi, l’ensemble se pose en “accordéon”. Ce mouvement doit être assez fortement exagéré pour accentuer son effet. On découvre alors qu’un bas de ligne de 6,50 mètres ne couvre plus, une fois posé sur l’eau, qu’une longueur équivalente à moins de la moitié. Il paraît ainsi beaucoup plus court ! Avec plusieurs années de pratique, l’expérience acquise autorise le pêcheur à la nymphe à explorer ainsi des couches d’eau de plus en plus profondes. On reconnaît les pêcheurs à la nymphe de haut niveau par leur propension à pouvoir pêcher dans plusieurs mètres d’eau avec des modèles petits et légers. C’est là tout l’art de cette pêche passionnante. Même après vingt années de pratique assidue, il est toujours possible d’améliorer ses dérives.
ANIMATION DES NYMPHES, L’IMPORTANCE DU RELÂCHÉ
Autre cause de refus, l’animation de la nymphe pour éveiller l’attention des truites et des ombres est également synonyme de dragage. Une grande partie des poissons pris à la nymphe le sont après une légère animation. Mais on peut aussi souligner qu’une grande partie des refus ont lieu juste après cette manoeuvre d’aguichage. En faisant remonter la nymphe de quelques centimètres, on est obligé de tendre légèrement le bas de ligne, ce qui engendre systématiquement un dragage si la pointe du bas de ligne n’est pas posée en accordéon à l’aplomb de la nymphe. C’est surtout au relâché que le poisson, tout d’abord attiré par ce leurre en mouvement, s’apercevra de la supercherie en voyant la nymphe redescendre en biais. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé d’animer la nymphe très près du poisson, au dernier moment, pour ne pas lui laisser le temps d’analyser ce qui se passe. Car il faut bien rappeler que la truite ou l’ombre s’emparent de la nymphe après l’animation, et non pas pendant. Penser que le poisson va suivre longuement et prendre une nymphe qui remonte de façon saccadée est une erreur, même si parfois cela se produit (cas des juvéniles ou des poissons peu éduqués). Limiter l’ampleur de l’animation au strict minimum permet de limiter le dragage. Une remontée de 2 à 5 cm suffit dans la majorité des cas pour décider le poisson à prendre. Rappelons que l’animation a pour rôle d’imiter la nage d’une larve ou d’une nymphe naturelle. Une animation prématurée compte parmi les défauts classiques observés chez les pêcheurs à la nymphe. Pour ceuxqui n’ont jamais pris le temps d’observer la nage des larves d’éphémères, ou encore celle des gammares, je ne peux que le leur conseiller, car il s’agit ensuite de tenter de la reproduire. Mais ces petites bestioles sont libres et ne souffrent pas de l’entrave d’un fil de Nylon. D’où la nécessité de tenter la manoeuvre à “l’économie”. Les poissons perçoivent le moindre mouvement d’une chose qui ne suit pas strictement le sens du ou des courants. En animant trop fortement la nymphe, on éveille plus leur méfiance que leur simple curiosité. La pêche à la nymphe peut s’expliquer, s’apprendre par l’intermédiaire de professeurs compétents, mais elle sera toujours empirique pour celui qui la pratique. La multiplication des erreurs, ou des progrès réalisés, lancer après lancer, doit permettre d’affiner la technique au point de réagir vite et avec précision. Faire des fautes est quelque chose de normal, qu’il faut absolument avoir vécu pour progresser. Je ne connais aucun bon pêcheur à la nymphe qui n’ait pas pratiqué de façon soutenue durant plusieurs saisons. Si les débuts sont décourageants, chaque progrès est une victoire autant qu’un acquis indélébile. Cette difficulté fait partie du plaisir que l’on peut retirer de cette technique de pêche où la chance et le hasard n’ont que très peu de place. Alors courage !

Nouveauté 2012 : SAGE / One
Nouveau modèle de canne haut de gamme chez Sage. La One profite des dernières innovations développées par la célèbre marque Américaine, la Konnetic Technologie. Il en résulte une série de cannes légères (25% de moins que les Z-Axis). Au programme, plus de carbone, moins de résine et selon Sage plus aucune vibration parasite. La gamme compte 22 modèles de 8’6 à 10 pieds pour soies 3 à 10, le tout en 4 brins. Toutes les One ont une action de pointe, comparable à celle des Z-axis. Depuis la série RPL+, sortie il y a plus de quinze ans, cette action est une constance. Elle favorise une très bonne tenue de la soie en l’air et permet d’atteindre facilement des distances honorables. En ce qui concerne les finitions, adieu les poignées “cigare”, qui étaient trop fines sur les séries précédentes (cannes pour soies 3 à 6), remplacées par un modèle “tulipe” certes moins élégant, mais autrement plus efficace. Très sombres, les blanks demeurent particulièrement brillants (autre constante de la marque). Un détail qui ne choque pas les pêcheurs américains mais qui convient beaucoup moins aux pêcheurs français, habitués aux poissons farouches, qui repèrent de loin les éclats de vernis lors des lancers. On peut toujours passer le blank au papier abrasif ultra fin, mais avouez que c’est tout de même dommage ! Garantie à vie selon les conditions imposées par la marque.
Prix conseillé : 605 à 625 euros.
Notre avis : Sage à toujours su proposer des séries de haut de gamme aux performances étonnantes, ainsi que des gammes très larges où chacun trouvera la canne qui lui convient. La One ne déroge pas à la règle.Pour en savoir plus :
Ardent Pêche, ZA de Tréhonin, BP 84, Le Sourn, 56303 Pontivy
Tél. : 02 97 25 36 56
Fax : 02 97 25 13 24
Internet : www.ardent-peche.com
Nouveautés 2012 : Série de cannes JMC Compétition et moulinet Gamma
Parmi les nouveautés proposées par JMC – Mouches de Charette, on compte quatre gammes de cannes, dont la série Compétition, qui s’adressent aux amateurs de pêche à la nymphe au fil. C’est l’occasion de regarder de plus près un des nouveaux moulinets qui s’associe très bien à cette canne, le Gamma.
Si la gamme des cannes Compétition propose une 7’6 pour soie n° 3 et une 9 pieds pour soie n°4, c’est à n’en pas douter vers les modèles de grande, voire de très grande longueur que vont se tourner les regards et les choix. Pas de 9’6 dans cette gamme. Les enchères commencent à 10 pieds. Une pour soie 4, dont l’usage convient à la pêche à la mouche sèche et à la nymphe au fil et l’autre pour soie 7, destinée aux pêches en lac ou pour le streamer en rivière. Ensuite, la gamme va se percher dans les très grandes longueurs, toujours pour soie 4 :
10’6, 11 et 11’6 ! Très rares sont les cannes de 11’6 pour soie n°4. Historiquement, très peu d’artisans ou de fabricants se sont lancés dans la réalisation de cannes d’une telle longueur pour ce numéro de soie.
Techniquement, cela n’est possible que depuis l’avènement des fibres de carbone de très haut module et après définition d’un cône de blank qui puisse rendre l’outil utilisable, sans quoi on obtient une lourde “queue de vache” sans réactivité. L’implication de JMC dans la compétition (sponsor des équipes de France) ne fait aucun doute. Ces cannes de plus de 10 pieds sont destinées à la pêche au fil sous la canne, technique pratiquée également par un grand nombre de pêcheurs à la nymphe là où la pêche à vue est impossible. Dotée d’une d’action progressive plutôt réussie, la gamme permet des posers précis et offre la possibilité de travailler des poissons sur fils fins. Evidemment, plus on monte dans les longueurs plus la fatigue se fait sentir. C’est un point qu’il ne faut pas négliger. Aussi conseillons nous deux cannes dans la gamme : la 10 pieds soie 4, car c’est la plus polyvalente (sèche et nymphe) et la 10’6 soie 4, qui donne déjà une allonge confortable pour la pêche au fil. Les 11 et 11’6 étant des outils qui s’adressent avant tout aux compétiteurs, qui ont besoin de se démarquer de la concurrence.
La finition est sobre pour cette gamme destinée avant tout aux performances et sans mauvaises surprises. La poignée “cigare” est d’un diamètre sensiblement plus important que sur la plupart des cannes concurrentes. La préhension s’avère en outre excellente. Le liège “pleine fleur” laisse présager un très bon vieillissement.
Quant au porte-moulinet, il se veut avant tout fonctionnel et sûr.Prix conseillé : 369 à 399 euros selon le modèle.
Le moulinet GammaCe n’est pas le moulinet le moins cher de la gamme, mais sans nul doute celui qui aura la préférence des pêcheurs initiés qui recherchent un produit léger, performant et bien conçu. Nouveauté 2012, le Gamma se place en remplacement du Rafal et du Exel. Certains défauts des modèles précédents ont enfin disparu. Ainsi le Gamma comporte une cage de bâti fermée et non un simple guide fil. Fini les soies qui se font éventrer entre la bobine et le guide fil, fini les longs bas de ligne qui se retrouvent de l’autre côté du guide fil. Autre atout, une bobine de grand diamètre (100 mm) mais très étroite (20 mm). On le sait, plus la bobine est large, plus la soie s’enroule mal. Les spires se chevauchent et c’est la galère, voir la perte de la truite de votre vie ! Dans la gamme des moulinets JMC, le Gamma semble avoir atteint l’âge de raison.
Disponible en deux modèles :
Gamma 35. Poids 143 g. Soies 3 à 5. Capacité : WF4 + 100m de 20lbs.
Gamma 68. Poids 149 g. Soies 6/8. Capacité : WF 7 + 150 m de 20 lbs.
Prix conseillé : 199 euros.
Renseignements et liste des points de vente :
JMC – Mouches de Charette
E-mail : [email protected]
www.mouchesdecharette.com
Tél. : 04 74 24 22 73.
Et si l’on parlait des soies plongeantes
Cet article vient compléter celui que nous avons déjà publié (ICI) relatif aux soies intermédiaires. Il traite de soies encore plus denses, les soies plongeantes, très utiles au pêcheur en réservoir.
Par Philippe Collet
Les soies plongeantes sont classées de peu plongeant S2 à très plongeant S7 ou 8 en passant par tous les autres numéros. « S » veut dire « Sinking » en anglais ou coulant. Le numéro correspond approximativement à la vitesse de coulée de la soie en inches ou pouces (2,54 cm) par seconde. Ainsi une soie S3 coule à environ 3 inches/s soit 7,5 cm/s, une S7 à près de 18 cm/s. Certains fabricants remplacent le « S » par «type» et/ou affichent des vitesses de coulée plus importantes. Certains enfin ne spécifient pas les vitesses de coulée. Des tests exhaustifs lourds seraient nécessaires pour réaliser un comparatif précis des vitesses de descente des différentes soies disponibles sur le marché et connaître la réalité de leur compensation de densité. D’autant que selon leurs tailles (WF 6, 7 ou 8 par exemple) deux soies de la même gamme et de la même densité ne doivent pas se comporter de façon semblable. On ne se risquera donc pas à une comparaison des différents modèles présentés.
Leur fabrication
Les soies plongeantes sont réalisées par enrobage d’une âme monobrin ou multibrins avec un apprêt plastique plus ou moins chargé en billes de verre ou en poudre de tungstène. L’âme de ces soies est le plus souvent constituée d’un brin de monofilament, qui permet une meilleure détection des touches et une meilleure pénétration de l’hameçon au ferrage.
Leurs profilsLes profils sont les mêmes que ceux des soies intermédiaires (déjà décrits dans l’article du précédent numéro de la revue) : WF classiques, Triangulaires ou de type shooting heads soudées à un long running line. Ces sortes de shooting heads ont une tête longue de 8 à 13 mètres et ne doivent pas être confondues avec d’autres soies à pointes plongeantes plutôt destinées à pêcher des courants puissants sur les grandes rivières (Teeny T200, T400… ou Rio Sinking tip). Ces dernières, avec une tête plus courte raccordée à un fuseau de soie flottante, sont destinées à maintenir le corps de la soie en surface pendant que sa pointe descend vers le fond, alors que les soies de type shooting head sont raccordées à un running line fin flottant (soies Vision Extreme Distance) ou intermédiaire (soies AIRFLO Forty Plus) qui ne soutient pas la partie plongeante et reste dans le prolongement de celle-ci lors des ramenés, permettant une bonne détection des touches et un ferrage efficace.
La densité compensée
La grande majorité des soies plongeantes ont une densité compensée pour prendre en compte le diamètre variable dû à leur profil. Ainsi, elles coulent de façon uniforme (Uniform Sink chez Scientific Anglers) dans la masse d’eau et non en formant un ventre au niveau du fuseau. Une soie qui coule bien droite, dans un plan horizontal ou penché vers l’avant permet une meilleure présentation des mouches, une détection des touches plus fine et un ferrage plus efficace. L’effet ventre produit par des soies non compensées ou des soies flottantes à pointe plongeantes (décrites plus haut) est responsable de nombreux ratés dans les pêches en eau calme.
La profondeur de pêche
Avec une animation normale, une soie S 2 pêchera de 1,5 à 2,5 m, une S 3 de 2 à 4 m, etc. De façon simple, on peut estimer qu’une soie plongeante permet de pêcher à une profondeur, en mètres, proche du numéro suivant le « S » ou le « Type ». Ainsi une S 2 ou Type 2 permet de pêcher aux alentours de 2 mètres, une S3, 3 mètres, une S5, 5 mètres… Cette règle de base varie bien sûr un peu selon les marques et le type d’animation réalisée. A l’extrême, on peut utiliser une soie de type 7 dans moins de 2 mètres d’eau, en pêchant canne sous le bras en rolly pully ; ou, à l’inverse, en animation très lente, atteindre des profondeurs conséquentes avec une soie de type 2. La longueur du lancer a aussi son importance. Plus elle est importante, moins la soie doit être dense, pour qu’en fin de ramené la (les) mouche(s) ne s’accroche(nt) pas au fond. A animation égale et pour pêcher à la même profondeur, un débutant lançant à 15 mètres utilisera une soie plus dense qu’un pêcheur chevronné déposant sesmouches à plus de 30 mètres. Comme pour les soies intermédiaires on règle le choix de sa soie sur la profondeur où l’on pense que se tient le poisson. Il vaut toujours mieux commencer à pêcher avec une soie peu coulante, en la laissant descendre de plus en plus longtemps avant d’animer, jusqu’à détecter les premières touches, plutôt que de pêcher trop bas. Si le temps d’attente est trop long pour atteindre le niveau de pêche favorable, on passe alors à une soie plus dense, qui ira plus vite la bonne profondeur. Avec des soies plongeantes ou très plongeantes, on peut très rapidement passer sous les poissons et à côté de la pêche. Ces derniers réagissent en effet beaucoup mieux à une mouche ou un leurre qui leur passe au dessus de la tête que l’inverse.
On peut dans certains cas s’apercevoir que l’on pêche trop bas lorsqu’on enregistre des touches peu après le lancer, à la descente et à la fin du ramené, à la remontée. On ne pêche alors efficacement que pendant deux phases assez courtes du ramené. Il convient alors de changer rapidement de soie pour une moins dense. Le changement de soie est facilité par l’usage demoulinets à bobines interchangeables ou à cassettes moins encombrantes.Petite astuce pour un changement rapide de soie
Lorsqu’on utilise un bas de ligne plus long que la canne, on rentre celui-ci complètement dans les anneaux, en coupant si nécessaire les mouches situées en potence, pour laisser la mouche de pointe se bloquer dans l’anneau de tête de la canne. On enlève alors la bobine contenant la soie à changer et la remplace par celle qu’on a choisie d’utiliser. On coupe enfin le bas de ligne au niveau de la boucle de la première soie et le reconnecte directement à la boucle de la nouvelle soie. Il reste alors à tirer sur la mouche de pointe pour ressortir la soie des anneaux. Cette manipulation rapide, très utile lorsqu’on pêche en barque notamment, n’est réalisable que si l’ensemble de ses soies comporte des boucles et qu’elles sont dépourvues de bas de ligne. Elle permet d’économiser du fil (le plus souvent du fluorocarbone assez onéreux), car on ne refait pas un bas de ligne adapté au plan d’eau pêché à chaque changement de densité de soie. Elle demande toutefois d’utiliser un bas de ligne de plus de trois mètres, ce qui est souvent le cas si l’on pêche à plusieurs mouches.
Taille des soies et des cannesOn pêche avec une canne de 9 à 10 pieds. Les soies plongeantes sollicitant beaucoup les cannes, on opte pour des cannes de puissance de 7 ou 8 chargées au numéro de soie préconisé ou parfois un numéro en dessous, si elles peinent au lancer. On peut opter pour des tailles 5 ou 6 lorsqu’on souhaite pêcher avec un fil un peu plus fin ou réaliser des posés plus discrets.
Les différentes techniques de pêche en soies plongeantes
L’usage le plus courant des soies plongeantes est la pêche au booby. La soie est posée au fond et bloque la remonté d’une ou plusieurs mouches flottant grâce à leurs yeux en mousse. Selon la taille du bas de ligne, les mouches évoluent de moins de 50 cm à plusieurs mètres du fond. On utilise aussi régulièrement les soies plongeantes pour animer de un à trois streamers au niveau où se tiennent les poissons. Il convient alors de bien régler la densité de soie sur la vitesse d’animation afin de ne pas pêcher trop profond et aussi de ne pas accrocher le fond, notamment à la fin du ramené à proximité de la berge.
Une autre technique parfois redoutable consiste à laisser volontairement traîner ses mouches sur le fond à l’aide d’une soie très plongeante. Celles-ci en levant de petits nuages de sédiments deviennent souvent irrésistibles, même pour des poissons éduqués. Cette technique n’est bien sûr applicable qu’aux plans d’eau à fonds propres.
Un fond de cailloux, ou de vase couverte de débris végétaux ne permettra pas de l’utiliser. Ces soies peuvent aussi servir à animer un train de chironomes en profondeur et à la remontée, par étapes successives. Cette technique pratiquée couramment dans les réservoirs anglais est surtout efficace en barque, parfois depuis une berge abrupte. Les soies plongeantes sont les seules à permettre encore de lancer les jours de grand vent. Elles peuvent percer un vent soutenu et sauver une partie de pêche. Si le poisson se tient près de la surface, de courts lancers et une animation rapide permettront de solliciter des poissons proches de la berge qui n’auront pas forcément détecté la présence du pêcheur, masquée par le clapot ou les vagues.Les bas de ligne
Avec ce type de soie, les bas de ligne sont plutôt courts et le diamètre du fil important. On privilégie le fluorocarbone pour sa rigidité et sa forte densité, mais il est possible d’utiliser un nylon moins cher et plus solide, qui, bien que moins dense, est de toute façon immédiatement entraîné par la soie (surtout si l’on n’utilise qu’une mouche, supprimant le problème de l’emmêlement des potences qui demandent un fil rigide). On descend rarement en dessous d’un diamètre de 18 centièmes et on pêche plutôt en 20 ou 25 centièmes si l’on ne veut pas souvent casser à la touche avec ces soies denses à forte inertie. Sous l’eau, si elle n’est pas trop claire, la distance entre la soie et la mouche, ou la première mouche d’un train peut être raccourcie à 90 cm. Un bas de ligne court à une mouche mesure de 90 cm à 1,5 mètre, un bas de ligne court à deux mouches 90 centimètres de la soie à la potence, 1 m à 1 m 20 jusqu’à la mouche de pointe, la potence mesure environ 20 cm. Ces valeurs sont bien sur minimales, car si un bas de ligne court est plus facile à dérouler correctement on gagne en discrétion et efficacité lorsqu’on l’allonge. Ces tailles ne s’appliquent pas à la pêche au booby ou l’on peut encore nettement réduire les longueurs, la soie étant posé sur le fond et plus facilement soustraite à la vue du poisson. Le bas de ligne peut être connecté directement à la boucle de la soie sans porte pointe.
Quelles soies choisir ?Bien que je possède de nombreuses soies de différentes densités, je réalise la majorité des mes pêches en soie plongeante avec une S 3, une S 5 et une S 7. Si vous possédez déjà une soie intermédiaire rapide, vous opterez pour une S 3 ou une S4 qui vous permettra de couvrir de nombreuses pêches jusqu’à la pêche au booby. Si vous pêchez régulièrement au booby privilégiez l’achat d’une soie de type S 6 ou S 7 qui se posera plus rapidement au fond. Ne vous encombrez pas de trop de densités différentes, vous pourriez passer plus de temps à choisir et changer vos soies qu’à pêcher !

A la rencontre du Taïmen en Mongolie
Voici un avant-goût en vidéo du
reportage publié dans le prochain numéro du magazine Pêches sportives (N°90) et réalisé par Kathleen et Jean-Pierre
Piccin. Une plongée dans une nature immense et sauvage à la rencontre de
poissons magnifiques. La musique mongole, profonde et hypnotique, qui
accompagne les images, accentue cette impression d’ailleurs. Un beau film pour
rêver d’horizons halieutiques nouveaux…
20 conseils pour réussir à la mouche en réservoir
Si elle peut paraître basique, la pêche en réservoir est au contraire faite de petits détails techniques qui, au final, font toute la différence. Agrément des conditions de pêche, amélioration des performances de lancers, facilité à régler sa hauteur de pêche sont autant de conseils pratiques pour réussir là où d’autres galèrent.
Par Jean-Marc Theusseret
1- N’oubliez pas les bordures
Trop souvent délaissées, les bordures sont pourtant aussi importantes à bien prospecter qu’en rivière. Les truites de réservoir sont toujours très présentes le long des berges, surtout si celles-ci sont riches en végétation. On peut les aborder en lançant parallèlement à la rive.
2 – Ne ramenez pas votre mouche dans l’axe de la canneC’est sans doute l’erreur la plus couramment constatée. On lance, puis on ramène la soie et la mouche dans l’axe de la canne. Le poisson prend franchement et c’est la casse dans la demi-seconde qui suit. Un angle de 50 à 90° entre la canne et la soie permet d’amortir une attaque violente sur du fil fin.
3 – Écartez le poisson pris du banc en activité
Lorsqu’on a trouvé un banc de truites mordeuses, il est important, dans la mesure du possible, de très vite écarter les poissons piqués de la zone d’activité des autres poissons. Même s’il s’agit de poissons d’élevage, ils ne tarderont pas à se méfier en voyant leurs congénères se débattre étrangement au bout d’une ligne.
4 – Limitez les faux lancersLancer toute une journée au bord d’un lac où les distances de lancer paraissent si faibles face à l’étendue d’eau devient rapidement éprouvant. En limitant les faux lancers au strict minimum, on gagne beaucoup en temps de pêche réel, mais, en plus, cela permet de s’économiser physiquement.
5 – Lubrifiez régulièrement votre soie flottante
Pour de longs shoots qui économisent des efforts inutiles, prenez l’habitude de lubrifier votre soie avant chaque partie de pêche. De nombreux produits permettent à votre soie de glisser à toute vitesse dans les anneaux.
6 – Observez les éclosionsEn réservoir aussi, les éclosions déclenchent l’activité des poissons. Cela peut paraître évident, alors pourquoi insister bêtement au streamer alors que les poissons gobent des chironomes ? La présence de truites gobeuses traduit souvent une grosse activité sur les nymphes dans la couche d’eau. C’est le moment de pêcher au chironome.
7 – En cas de multiples suivis, essayez une mouche non ramenée
Lorsqu’ils sont beaucoup sollicités, les poissons d’élevage finissent par comprendre que dans les eaux inertes du lac où on les a déversés, tout ce qui nage en direction de la berge ou de la coque d’un bateau est un leurre. En cas de multiples refus, une technique est très payante. À l’aide d’une soie flottante et d’un long bas de ligne, laisser couler une nymphe plombée sans la ramener. Souvent, le poisson part avec la mouche, ce qui se traduit par une tirée continue sur le bas de ligne.
8 – Prévoir une sélection de micro-mouches
Les éclosions de micro-diptères, de chironomes minuscules sont très fréquentes en lac. Et lorsque les poissons s’attablent sur des insectes de quelques millimètres de longueur, mieux vaut avoir quelques imitations dans ses boîtes. Des imitations de fourmis font l’affaire. C’est avant tout une question de taille. Les micro-nymphes pour la pêche en rivière sont également très utiles.
9 – Profitez des coups de folie des poissonsOù que ce soit, les truites arc-en-ciel réagissent par des périodes de pleine activité suivies de temps morts plus ou moins longs où plus rien ne semble les intéresser. Lorsqu’un moment de frénésie se déclenche, il faut en profiter car cela ne dure jamais très longtemps.
10 – Conservez votre instinct de pêcheur en rivièreSi la pêche en réservoir est artificialisée à plus d’un titre, elle n’en reste pas moins plus efficace si l’on prend le temps d’observer les habitudes alimentaires des poissons. Les pêcheurs en rivière qui ont l’habitude d’observer avant de pêcher peuvent déceler des comportements très intéressants avec les truites arc-en-ciel : circuits, agressivité, attitude face aux insectes flottants, etc.
11 – Prospection ou pêche à poste, mariez les deux !Si les techniques sont bonnes, elles ont aussi leurs inconvénients. La pêche à poste fait prendre le risque d’être “à côté de la plaque”, tandis que la prospection fait encourir celui de ne pas assez insister et de rater des bons coups. Il peut être intéressant de jouer sur les deux tableaux et de varier les deux techniques.
12 – Choisissez votre heure
En hiver, les poissons deviennent très actifs sur le coup de midi, c’est-à-dire quand tout le monde rejoint le “club house” pour se réchauffer et se restaurer. Décaler l’horaire de son déjeuner vaut souvent la peine, car vous aurez des poissons actifs et le lac pour vous !
13 – Ne courez pas après les truites !
Lorsqu’on pêche à vue ou que les gobages sont nombreux, il est facile de perdre patience et de courir plusieurs truites à la fois. C’est très naturel mais pas très productif. Mieux vaut se concentrer sur un poisson et le pêcher plus calmement. Ce n’est pourtant pas facile !
14 – En bateau, recherchez les coulées de vent
Sur un lac, le vent est rarement uniforme, il prend des couloirs qui rident la surface. Les poissons présents en dessous peuvent être beaucoup plus agressifs sur ces zones que sur des parties plus calmes du lac. Une mouche tricotée lentement en sens inverse du vent est particulièrement attractive.
15 – Apprenez à compter !
Les réservoirs sont parfois profonds et les truites ne se tiennent pas toujours très proches de la surface. Les soies plongeantes s’imposent pour trouver des poissons. Estimer la profondeur de pêche devient un casse-tête. La meilleure solution consiste à compter durant la descente de façon à pouvoir entamer la récupération à la même profondeur sur plusieurs lancers. Cela reste approximatif mais tout de même assez juste.
16 – Variez les vitesses de récupération
La vitesse de récupération des streamers et des mouches noyées est très importante pour “pêcher juste” et obtenir le maximum de touches. C’est pourquoi il faut la modifier jusqu’à trouver un rythme “payant”.
17 – Dégraissez votre bas de lignePour toutes les pêches sous la surface (nymphe, chiro, streamer, etc.) Une pointe de bas de ligne qui coule mal ne permet pas d’atteindre la profondeur souhaitée avec aisance. Le fil peut être gras. Il faut alors le dégraisser avec un produit spécifique.
18 – Observez la façon de pêcher des autres pêcheurs et comparez les résultats
On est rarement seul en réservoir. Chacun choisi une technique et tout le monde se regarde du coin de l’oeil… Les résultats obtenus par les uns et les autres sont très intéressants à analyser : distances de pêche, techniques choisies, fréquences des prises, etc.
19 – Les lunettes polarisantes salvatrices
Lorsque les eaux sont claires, les lunettes polarisantes sont d’un grand secours pour observer l’attitude des truites face aux mouches comme les suivis timides, les refus catégoriques. Il faut alors les interpréter et ajuster la taille des mouches, les vitesses de récupération ou la grosseur du fil.
20 – En sèche, un mot d’ordre, restez patient !
Que c’est dur d’attendre que son imitation ballottée par les vagues finisse enfin par être happée ! Le doute s’installe inévitablement. Suis-je sur un bon poste ? Ai-je lancé assez loin ? Et cette mouche, va t-elle intéresser les truites ? C’est imparable, mais il faut pourtant rester patient. Il est normal qu’en lac, les poissons ne repassent pas au même endroit très régulièrement.

Technique lancer : une question de température !
La température de l’eau est un paramètre important, voire incontournable, que chaque pêcheur devrait prendre en considération au bord de l’eau. Elle pousse pourtant les truites à effectuer des déplacements sporadiques et conditionne leur niveau d’agressivité.
Par Alain Foulon
La truite, nous le savons, peut vivre dans une eau dont la température est comprise entre 1 et 18 degrés. Entre ces deux situations extrêmes, la moindre variation de température influera sur l’activité alimentaire des poissons, et d’une façon plus générale sur son comportement. Une rivière très froide offrira une meilleure oxygénation, tandis qu’une hausse significative de la température nous permettra d’observer un appauvrissement significatif de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce déficit provoquera vraisemblablement l’apathie des truites et une diminution rapide de leur appétence. Mais avant de rentrer dans le détail et d’établir un lien avec la pêche aux leurres, il est avant tout nécessaire de comprendre comment réagit la truite dans son milieu naturel. Tout d’abord, nous rappellerons que ce salmonidé est soumis à différents tropismes (1) qui interviendront directement sur son comportement. Le thermotropisme, c’est-àdire l’influence de la température sur les déplacements du poisson, est sans nul doute possible, le facteur le plus difficile à prendre en compte durant une partie de pêche car il peut quelquefois être imperceptible. D’ailleurs, chacun s’accorde à dire que le comportement de la truite est dicté par ce type d’instinct. En l’occurrence, la température de l’eau ou une variation importante de cette température modifieront inévitablement son activité alimentaire et, par voie de conséquence, sa réaction vis-àvis d’un leurre, mais surtout l’entraîneront à se déplacer vers une zone de confort où elle trouvera de meilleures conditions de survie. Car il faut également savoir que la truite, comme les autres poissons d’eau douce, ne possède pas de système lui permettant de réguler sa température. Ainsi, elle est obligée de compenser cette lacune en recherchant des secteurs plus favorables. Elle doit essayer de s’adapter au milieu ambiant en sachant qu’une brusque variation de température l’obligera systématiquement à se déplacer vers les zones les plus confortables. En cas de forte baisse de la température de l’eau, elle rejoindra les secteurs les plus profonds tandis qu’une température élevée provoquera son déplacement vers les zones plus oxygénées et ombragées. Dans le même esprit, le refroidissement des rivières diminue l’activité alimentaire des truites, voire la supprime totalement. Les pisciculteurs sont parfaitement informés de ce type de comportement et cessent d’alimenter les poissons élevés en bassin quand l’eau descend à une certaine température. Inversement, une eau excessivement chaude pourra provoquer l’apathie des truites qui, dans les cas les plus extrêmes, pourront même souffrir de cette hausse de température. Enfin, la température des eaux aura une influence sur la reproduction des poissons. C’est très intéressant, me direz-vous, mais dans quelles mesures la pêche au lancer voit-elle son efficacité affectée par les conséquences de ce thermotropisme et d’une manière plus générale de la tempé-rature des eaux. Et bien, plus que toute autre technique, la pêche au leurre nécessite des températures particulièrement favorables pour permettre le déclenchement de l’attaque d’une truite. Le plus simple est d’observer le comportement de ce poisson au fil des saisons.
À l’ouverture, encore fatiguée par la période des amours mais surtout amoindrie par les privations de l’hiver, la truite sort lentement d’une longue léthargie. Pour être plus clair, mars est très certainement le mois le plus médiocre de l’année pour la pêche de la truite au lancer. Je ne parle évidemment pas des poissons surdensitaires qui n’hésiteront pas à attaquer un leurre bien présenté. Mais revenons plutôt aux farios sauvages qui rechignent à se déplacer et à fournir les efforts nécessaires pour intercepter votre cuiller tournante ou votre poisson nageur. Elles se tiennent généralement dans les fosses à courant fortement ralenti, sous les berges creusées ou dans les secteurs où elles n’ont pas besoin de fournir un trop gros effort pour se maintenir. Une pêche lente et le plus près du fond est donc indispensable pour ceux qui souhaiteraient piquer un ou deux poissons. S’agissant des leurres, privilégiez les modèles de taille respectable : une cuiller n°2 voire n°3 sera parfaitement indiquée, tandis que des poissons nageurs à billes pourront utilement être employés pour faire sortir les truites de leur hibernation et de leurs repères.
Durant le mois d’avril, les conditions climatiques s’améliorent sensiblement même si ce n’est toujours pas la panacée. Excepté les grands courants, la truite pourra occuper la plupart des postes traditionnels. Si vous souhaitez pêcher en Auvergne ou en Limousin vous rencontrerez cependant des conditions quasiment identiques au mois précédent. Si la météorologie est particulièrement favorable et le niveau des rivières acceptable, on pourra envisager de diminuer la taille des leurres, plus particulièrement des cuillers.
Pendant le mois de mai, les choses évoluent passablement. La truite a recouvré des forces et ne pense plus qu’à s’alimenter pour se refaire une santé. La montée progressive de la température des eaux et de l’air va favoriser la pêche au lancer. Plus les jours se succéderont et plus les truites deviendront agressives. Un autre paramètre à prendre en compte est la présence des vairons sur les frayères.
Comme vous le savez, juin est peut-être le meilleur mois de l’année et la nature semble totalement renaître. La pêche au lancer ne déroge pas à la règle et la baisse du niveau des rivières correspondra à une élévation progressive de la température des eaux. C’est donc le moment de commencer à pratiquer les pêches de surface à l’ultraléger. En effet, les truites ne rechigneront pas à venir intercepter un leurre sous la surface ou entre deux eaux. Si vous voyez des gobages, il est plus qu’envisageable de piquer quelques truites au moyen d’une cuiller tournante n°0 ou 00, voire avec un micro-poisson nageur.
Pour un pêcheur aux leurres, juillet est un excellent mois. Les eaux encore plus chaudes rendent les truites nerveuses et très agressives. Seule une lumière trop vive est susceptible de nous poser quelques petits soucis. Ce sera donc le moment de prospecter les petites rivières ombragées, voire entièrement boisées, certains petits cours d’eau encaissés où les secteurs de gorges deviendront intéressants car les rayons du soleil parviendront enfin à réchauffer les eaux des zones les plus ombragées.
Contrairement aux croyances, le mois d’août est une excellente période pour les pêcheurs au lancer. Comme pour le mois de juillet, recherchez en priorité les parcours couverts et n’hésitez pas à fréquenter les parcours de montagne dont les eaux continuent à être fortement oxygénées. En effet, la montée de la température des eaux tend à diminuer progressivement la teneur en oxygène dissous, plus particulièrement sur les parcours situés en plaine.
Enfin, le mois de septembre permet aux rivières de retrouver une température plus clémente qui permet aux poissons d’occuper tous les postes de la rivière. D’une manière générale, les prises sont nombreuses même si les poissons sont plus méfiants. Comme nous venons de le voir, la température de l’eau joue un rôle prépondérant dans les déplacements des poissons, dans leur activité et par voie de conséquence dans la pêche aux leurres.
Alors si vous avez un doute, sortez votre thermomètre !1. Selon Louis Roule dans son Traité de la pisciculture et des pêches, les tropismes sont « les entraînements automatiques et les déplacements involontaires dont les êtres sont l’objet sous l’influence d’une excitation venue du dehors ».
Prendre la température pour mieux adapter sa pêcheTrès peu de pêcheurs prennent la température des cours d’eau. Au mieux, certains plongent leur main dans la rivière pour se faire une vague idée de son état de fraîcheur… Pourtant, à quelques degrés près, la pêche peut être totalement différente. Si votre thermomètre indique moins de 6 degrés, il est fort à parier que vous éprouverez beaucoup de difficultés à piquer ne serait-ce qu’un poisson. Dans ce cas, seule une prospection insistante au ras du fond et l’emploi de leurres émettant de forts signaux vibratoires et visuels parviendront peut-être à faire bouger une truite. Dans des eaux aussi glaciales, les poissons rejoignent les fosses les plus profondes, cessent de s’alimenter et limitent leurs déplacements au strict minimum. Il est souvent préférable de changer de cours d’eau, voire de vallée pour trouver de meilleures conditions. À titre d’exemple, et pour différentes raisons, la température d’un tributaire peut être plus élevée que la rivière principale ; pour un pêcheur au lancer, il existe une énorme différence entre une eau à 6 degrés et une autre à 8. Enfin, la pire des choses pouvant être vécue par un pêcheur au leurre est sans doute une chute brutale de la température. Il faudra attendre plusieurs jours et une température stabilisée pour retrouver des conditions de pêche plus acceptables. Les eaux froides provenant de la fonte des neiges sont également redoutées car les truites quittent leurs postes de chasse pour rejoindre les enrochements et d’une manière générale tous les secteurs abrités du courant.

Comment choisir sa canne à mouche ?
Le choix d’une canne à mouche pose souvent problème aux débutants – tout comme aux pêcheurs expérimentés – qui veulent découvrir une technique de pêche nouvelle pour eux. Cet article a pour but de vous renseigner sur les longueurs et les actions destinées à chaque technique, afin d’éviter des erreurs de choix, qui au-delà des désagréments qu’elles occasionnent, peuvent aussi générer des défauts dans la façon de lancer, avec tout ce que cela comporte.
Par Philippe Boisson.
Jamais dans l’histoire de la pêche à la mouche, nous n’avons connu une telle profusion de modèles, de gammes et de marques de cannes à mouche. Les pêcheurs débutants, ou ceux qui souhaitent s’intéresser à d’autres poissons que ceux qu’ils pêchent habituellement se retrouvent confrontés au problème du choix d’un nouvel outil. Et celui-ci n’est pas simple : quelle longueur, quel numéro de soie, quel encombrement ? Pour vous aider à vous y retrouver dans les centaines de modèles disponibles, voici quelques aspects qu’il faut connaître pour être en mesure de choisir une canne pour chaque technique.
L’action de la canne, c’est quoi au juste ?
La notion “d’action” concernant une canne à mouche est à la fois déterminante et généralement très mal définie, car elle n’est régie par aucune volonté commune de la part des fabricants. L’action d’une canne correspond à la courbe que prend l’ensemble de la canne sous la traction. Les cannes affichent des actions plus ou moins paraboliques (en forme de cercle) en fonction du cône de leur blank (éléments de graphite et de résine). Au milieu du XXe siècle, Pezon & Michel passait chaque canne en bambou refendu devant un tableau noir gradué et accrochait au bout de chacune d’entre-elle un poids d’un Newton (102 grammes) pour en vérifier l’action. Depuis, peu de fabricants cherchent à renseigner les acheteurs sur ce point précis. On parle alors d’action “de pointe”, “semi-parabolique“, “parabolique”, d’action “rapide” ou “lente”. Seule la marque américaine Orvis tente depuis des années de rendre plus lisible aux yeux des utilisateurs cette notion d’action, à l’aide de courbes reproduites sur le papier des catalogues qui correspondent aux différentes actions des produits de la marque sous la dénomination tip flex, mid flex, etc.
Pour les autres marques, c’est au client de juger et de se faire une idée à partir des commentaires trouvés sur les catalogues, mais celles-ci n’ont souvent qu’une valeur indicative relativement floue. C’est dommage, car tout le monde gagnerait à plus de clarté dans une définition normalisée de l’action des cannes, mais pour le moment, c’est ainsi, et il faut bien faire avec… Les seules indications générales utilisées par les fabricants dont on dispose, concernent donc les notions d’actions “de pointe”, “semi-parabolique”, “paraboliques”, “progressives”, “lente” ou “rapide”. Dans ce jargon, je préfère les trois premières dénominations plus justes, à mon sens, que les trois dernières. Car concernant les actions dites “progressives”, La Palisse n’aurait pas fait mieux, puisque les cannes sont toutes coniques, et ne peuvent être pourvues d’actions autres que progressives… Quant aux actions dites “lentes” ou “rapides”, elles prêtent à confusion entre deux notions qu’il ne faut pas mélanger : l’action et la puissance des cannes. D’une manière générale, une canne considérée d’action “de pointe” plie sur le premier tiers de sa longueur lors du lancer (environ car cela dépend de chaque modèle). Une canne semi-parabolique sur les deux premiers tiers, et une canne parabolique sur la quasi-totalité de sa longueur. Cette schématisation des actions des cannes à mouches permet de déceler les sections des cannes qui entre naturellement en action lors du lancer. Lors d’un lancer à longue distance ou sous l’action d’un forte traction, une plus grande partie de la canne présente une courbe plus ou moins prononcée.
Quelle canne pour quelle utilisation :Conseiller une canne à mouche est un exercice forcément arbitraire. Il existe parmi les pêcheurs des représentants de différentes “écoles” : celles des longues cannes de plus de 9 pieds pour la pêche de la truite, longueur rendue possible par l’avènement de la fibre de carbone ou des très petites cannes de moins de 8 pieds très en vogue chez nos voisins italiens, celles des amateurs de longs bas de lignes, etc. En France, l’essentiel des cannes vendues concerne des longueurs comprises entre 8’6 et 9’6, la longueur de 9 pieds restant le standard dans notre pays.
Pêche de la truite et de l’ombre à la mouche sèche
Cette avec cette catégorie que l’on a le plus de liberté dans le choix de la canne, tant dans les actions que dans les longueurs. Une longue canne ne lance en effet pas plus loin qu’une petite ! Ceci étant, c’est plutôt le type de cours d’eau qui va dicter le choix. Tout d’abord, il y a le cas des petits cours d’eau, de quelques mètres de largeurs, à propos desquels s’affrontent depuis longtemps l’école des cannes courtes de 6 ou 7 pieds, discrètes et maniables et celle des très longues cannes de 9’6 à 11 pieds, plus encombrantes certes, mais qui permettent en un minimum de lancers de présenter la mouche au poisson. En France, il existe une tradition tenace de pêcher les ruisseaux et les petits cours d’eau avec des longues cannes. Dans le cas d’un pêcheur débutant, je conseillerai d’aborder ce genre de terrain avec une canne de longueur standard (8’6 ou 9 pieds) et de choisir son camp plus tard, si le besoin s’en fait sentir. Autre particularité de la pêche à la mouche sèche de la truite et de l’ombre, la pêche des eaux dites “rapides” où là encore, les pêcheurs français ont un faible pour les longues cannes pour soies fines (par exemple : 10 pieds pour soie n° 3). Ce genre d’ensemble permet de limiter les risques de dragage de la mouche, accru par les turbulences de l’eau, en ne laissant que peu de soies sur l’eau. Ce choix a la préférence de nombreux bons pêcheurs de torrents de montagne. En revanche, une longue canne n’apporte rien lorsque l’on doit pêcher à la mouche sèche une paisible rivière de plaine.
Pêche à la mouche noyéeVoici au moins une catégorie où tout le monde est d’accord ! Les cannes pour pêcher à la mouche noyée sont d’une longueur minimum de 9 pieds. Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds. La canne doit permettre de “guider”, ralentir, ou au contraire accélérer la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnant la soie, en jouant avec les différentes veines de courant. Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés, fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement.
Pêche à la nymphe à vueCette technique demande une grande vitesse d’exécution. Le pêcheur doit lancer rapidement un très long bas de ligne (5 mètres minimum) sur la trajectoire de poissons souvent en mouvement. Il s’agit aussi de la technique où les fils les plus fins sont utilisés. Une bonne canne pour pêcher à la nymphe à vue présente une longueur de 8 à 9 pieds, qui permet le meilleur compromis pour à la fois lancer rapidement et manipuler un bas de ligne de 6 ou 7 mètres. Des cannes plus longues ou plus courtes n’offrent dans ce cas aucun avantage. L’action doit être semiparabolique. Contrairement à l’idée reçue, une canne d’action de pointe n’est pas très adaptée à cette technique en raison de la difficulté à ferrer et à tenir des poissons avec des pointes de bas de lignes en 10, 8 ou parfois 6/100.
Pêche à la nymphe “au fil”
La pêche de la truite et de l’ombre “au fil” est directement dérivée de la pêche au toc. La canne est tenue en position haute, le pêcheur gardant un oeil sur le bas de ligne pour déceler la touche. Si l’on ne veut pas pêcher durant des heures avec le bras qui tient la canne complètement tendu et levé, mieux vaut opter pour une longue canne. Les spécialistes de cette technique utilisent des cannes de 10 ou 9’6 pieds pour soies n° 4 ou 5 d’action semi-parabolique, qui ont tout intérêt à être très légères car la canne est toujours tenue en position haute.
Carnassiers à la mouche
La pêche du brochet ou du sandre à la mouche demande un matériel capable de propulser des mouches volumineuses, souvent chargées d’eau lorsqu’on doit les relancer. La canne sera choisie en priorité en fonction du type de mouche que l’on doit lancer. S’il s’agit de la pêche du brochet, recherché avec des streamers pouvant atteindrent 20 cm de longueur pour un volume important, le choix de la canne ne peut être le fruit du hasard. Lancer ce genre de mouche toute la journée est un exercice fatiguant dans le meilleur des cas… Une mouche lourde et volumineuse se lancera toujours plus facilement avec une canne d’action semi-parabolique, voire quasiment parabolique, plutôt qu’avec une canne d’action de pointe. La canne “encaisse” ainsi beaucoup mieux le poids de la mouche, surtout si l’on a recours à une soie plongeante, dont la densité est elle aussi génératrice d’à-coups qui perturbent les lancers. Une canne de 9 pieds ou 9’6 pour soie n° 8 ou 9 constitue un bon choix pour pêcher le brochet. Un modèle pour soie n°7 ne permet pas de lancer facilement une mouche volumineuse, surtout si l’on est pas un as du lancer en double traction.
La pêche en mer
Très en vogue actuellement la pêche à la mouche en mer, qu’il s’agisse de pêche le long de nos côtes ou de contrées beaucoup plus exotiques implique l’utilisation de cannes puissantes, qui doivent permettre de lancer très rapidement. Que ce soit à la recherche des bonefishs ou des permits, des tarpons ou de bars occupés à chasser, le pêcheur dispose de quelques secondes pour présenter sa moucheà des poissons qui ne restent jamais très longtemps à porter de lancer. C’est l’une des clefs de la réussite, sinon la principale. On constate depuis quelques années une nette amélioration des modèles de cannes pour la pêche en mer et c’est tant mieux. Ces cannes sont généralement typées d’action semi-paraboliques qui permettent de fatiguer un gros poisson tout en rendant possible les lancers en double traction. Une bonne canne pour pêcher en mer n’est donc ni une “trique”, ni un manche à balai, mais plutôt un outil progressif, mais puissant. La référence en la matière fut durant longtemps la série des cannes Sage RPLx, remplacées depuis par d’autres versions également très recommandables. Ces cannes avaient la préférence des meilleurs pêcheurs de tous les océans de la planète, à commencer par Billy Pate, dont on pouvait apprécier sur les photos des magazines du monde entier la courbure parfaite de sa RPLx 9’ # 12 en train de mater un gros tarpon. Pour quelqu’un qui ne connaît pas les cannes à mouche pour la pêche en mer, une 9’#12 est forcément plus proche d’un poteau télégraphique que d’un cure-dent. L’impression est trompeuse est bien souvent, la première acquisition n’est pas franchement la bonne. Norbert Morillas et moi avions acheté en 1996 chacun une Sage RPLx 9’# 8 par correspondance pour pêcher le bonefish à Cuba. Cette canne s’est avérée bien “light” lorsqu’il s’agissait de lancer à plus de vingt mètres en quelques secondes par un vent de travers soutenu comme celui qui souffle sur les atolls des Caraïbes. Le modèle pour soie n° 9 aurait été beaucoup plus polyvalent et plus efficace. La différence de puissance entre les deux modèles était très importante. Il y a ici une grosse différence entre une canne que l’on “brandouille” sur un salon et son utilisation réelle, dictée par les éléments ! Disons qu’un pêcheur de truite qui découvre la pêche en mer aura l’impression de pouvoir se débrouiller avec une canne qu’il jugera convenable, mais qui s’avèrera insuffisante en action de pêche. Les modèles pour soies de 9 sont de loin les plus polyvalents, mais selon les marques, les puissances ne sont pas identiques. Les cannes pour soies n° 10 permettent la recherche de plus gros poissons (permits, tarpons de poids moyen, carangues) et selon leurs actions peuvent autoriser le lancer de mouches plus lourdes et volumineuses. Avec les cannes pour soies n° 12, on quitte le domaine des engins confortables pour des produits avec lesquels il ne fait pas bon lancer très longtemps ! Ces cannes sont à réserver aux tarpons de belles tailles, aux grosses carangues, ainsi qu’aux petits thonidés.
Dans tous les cas ce genre de canne est destiné, soit à la pêche de poissons “teasés”, soit à la pêche à vue (cas du tarpon en eaux claires) où les lancers se comptent sur les doigts d’une main, effectués “à coup sûr”. Idem pour les cannes pour soies n° 14 ou 15, dont l’utilisation est réservée à la pêche des poissons à rostres ou aux grosses carangues ignobilis. Concernant les longueurs, la taille de 9 pieds (2,74 m) est devenue depuis longtemps le standard, voire 8’6 (2,56 m) pour les cannes de forte puissance pour soies 14 ou 15. Pour ce type de cannes, la longueur est un handicap en raison du poids.
Le nombre de brinsLa mode est aux cannes de voyage, en trois, quatre voire cinq brins. Certaines gammes de cannes à mouche ne sont aujourd’hui plus proposées en deux brins, ce qui est dommage pour les pêches “à domicile”, car une canne en deux brins est à la fois plus légère et plus agréable qu’un modèle en trois ou quatre brins, surtout dans les petits numéros de soies. Mais si l’on doit prendre l’avion, les cannes dites multibrins sont incontournables. Pour en avoir fait l’expérience maintes fois, les meilleures cannes de voyages sont celles dont les tubes rentrent entièrement dans un grand sac de voyage. Cela résout complètement le problème des tubes qui ne passent pas sur les tapis roulants des aéroports. Les problèmes de pertes et les vols, très fréquents sur certaines destinations, sont également résolus de cette manière. Les cannes en quatre brins sont, dans ce cas, souvent préférables aux modèles en trois brins, qui restent d’un encombrement important pour les modèles d’une longueur supérieure à 9 pieds.

Les baetis de midi
Moins connu que le coup du soir, le coup de midi est pourtant la vraie ouverture de la saison de pêche à la mouche. Durant le début de la saison (mars et avril), c’est souvent le meilleur moment pour pêcher à la mouche sèche. Voici une piste…
Par Jean-Christian Michel
Vers 11 heures, le jour J, les héros sont fatigués, ils regagnent leur voiture pour casser la croûte. C’est tant mieux, car ainsi ils laissent la rivière en paix. Les poissons actifs (quand la température le permet) prennent alors possession de leur domaine et peuvent nous livrer les premières vraies émotions halieutiques de l’année. Si la vallée est ouverte, les rayons du soleil de mars aideront peut-être à gagner les degrés fatidiques qui permettront l’émergence de baetis rhodani… C’est sur lui que les truites sauvages se dérouillent les mâchoires. Souvent timide mais quelquefois plus importante, cette éclosion de début de saison peut durer jusqu’en milieu d’aprèsmidi, avant que ce ne soit au tour du froid de refermer ses mâchoires sur les ailes des éphémères et les doigts du pêcheur ! Les plus belles éclosions se produisent lorsque la rivière est caressée par une pluie fine et douce pendant plusieurs jours. Les truites peuvent alors mettre le couvert, comme lors des meilleurs des coups du soir… mais ce n’est pas toutes les années.
Des baétidés, les rhodani sont vraisemblablement les plus robustes du genre car ils survivent là où d’autres espèces ont disparu. S’il est toujours possible de capturer le premier poisson de l’année en pêchant au fil ou au streamer, un poisson de raccroc n’a pas la même valeur émotive qu’un poisson capturé en ayant compris quelque chose à son comportement alimentaire et à ce qui fait que son monde et le nôtre peuvent se rencontrer. A ce moment, le geste du moucheur mime ces retrouvailles et il ne se réduit plus seulement à la froide mise en oeuvre d’une technique. La pêche n’est pleinement ouverte que quand on a la satisfaction d’observer et de pêcher des poissons en activité… Et pour beaucoup d’entre nous, c’est baetis rhodani qui aide à ouvrir le bal !Matos et mouches
En grande rivière, cette première pêche à la mouche de la saison a le mérite de nous faire reprendre nos marques. Le nympheur reprendra contact avec son long bas de ligne mais, avec une pointe presque réduite de moitié, les lancers seront bien facilités… la limite de cette simplification étant toujours… le dragage ! Pour les premiers jours de la saison, les farios peuvent se montrer gentilles, et à plus forte raison si les insectes sont bien présents. Dans les secteurs calmes, les imitations qui pêchent bas sur l’eau sont toujours les plus prenantes.
Les petits voiliers en cul de canard font merveille, à condition de ne pas être trop fournis. Si les truites sont actives dans les courants, comme c’est assez souvent le cas dans les rivières du sud de la France lorsque le soleil est au plus haut, on peut utiliser des imitations en hackle de coq réalisées en montage parachute. Ces modèles ont le mérite de pêcher bas et de sécher rapidement lors des faux lancers.
