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Nouveauté 2012 : Gilet Pro version III Field & Fish
Marque française installée en Haute-Savoie, Field & Fish fait aujourd’hui partie du paysage dans le petit monde de la pêche à la mouche. Lui-même pêcheur à la mouche, Frédéric Leroy tenait à proposer un gilet fonctionnel et agréable à porter quelles que soient les conditions rencontrées au cours de la saison. Cette version III du gilet Pro apporte également quelques détails techniques très appréciables.
Par Philippe Boisson
Dans l’équipement du pêcheur à la mouche, le gilet tient une place particulière, car il intervient grandement dans l’efficacité de la pêche. Il doit se faire oublier, mais en même temps permettre de ne rien oublier parmi les multiples boîtes, bobines et accessoires dont on ne saurait se passer. Les gilets “intelligents” comme l’on dit aujourd’hui, représentent un véritable défi pour les concepteurs qui rivalisent d’astuces pour créer le plus parfait. A ce petit jeu, Field & Fish, société française, ne manque ni d’idées, ni d’envies. La version III du gilet Pro en est l’illustration, car elle se distingue des autres gilets par une conception différente. Tout d’abord, un système de réglage par sangle permet de toujours pouvoir l’ajuster convenablement quelle que soit la façon dont on est habillé en dessous. Une excellente idée pour pouvoir utiliser son gilet en étant parfaitement à l’aise autant en été qu’en plein hiver. De même, pour l’enlever lorsqu’on est habillé ou pour pêcher en conditions hivernales, il suffit d’ouvrir les deux sangles latérales et de le tirer par le haut. Par rapport à l’ancienne version, le patch accroche-mouches a été revu. Désormais plus épaisse, la poche qui le contient comprime moins vos artificielles. Un système de ventouse avec enrouleur apporte en outre une sécurité pour ne pas perdre ses chères boites à mouches. Au niveau des épaules, un matériau extensible aide à mieux supporter le poids du gilet en “ordre de marche”. Présent sur les salons, Field & Fish sait rester à l’écoute des pêcheurs pour améliorer chaque nouvelle version de ses produits. La marque propose également des vestes de wading, des waders et des vêtements de randonnée. Elle applique la règle éco-responsable du 1% pour la planète. Les textiles utilisés sont issus du recyclage de bouteilles en plastique, une démarche que les pêcheurs à la mouche ne manqueront sûrement pas d’apprécier.
Le gilet Pro dans le détail
• Toutes les fermetures Eclair sont des zips YKK garantis deux ans.
• Les quatre poches du bas sont munies d’un passant permettant d’accrocher le système à ventouse pour éviter de perdre ses boites.
• Système « camel pack » pour poche à eau.
• Sur le devant , dix poches horizontales dont : sur le bas quatre grandes poches avec système exclusif de serrage, deux poches plus petites pour bobines de fil avec système exclusif de sortie du bas de ligne au travers d’une pastille néoprène avec un système de fixation interne de la bobine de bas de ligne, sur le haut, quatre petites poches avec système exclusif de serrage.
• Poche accroche-mouches avec double partie d’accroche plus fermeture magnétique.
• Système accroche-mouches et lunettes.
• Deux poches verticales externes.
• Deux accroche-accessoires ressort.
• Deux poches verticales internes avec chiffon.
• Un système accroche-bouteille pour huile de flottaison.
• Une poche pour pince intérieure.
• Une poche pour clef intérieure.
• Une poche étanche intérieure.
• Une grande poche intérieure dos en « mesh ».
• Dos amovible comportant deux poches.
• Mousse col et dos haute densité et haute résistance.
• Poignée de transport.
• Ceinture dos ajustable pour équilibrer le poids du gilet.
• Longueur du dos : 38 cm.
• Poids : 600g.
• Tissu extérieur ripstop 100 % polyester recyclé avec apprêt déperlant durable.
• Tissu intérieur mesh 100% polyamide.Prix conseillé : 159 euros.
Site du fabricant : www.vetements-peche-mouche.com
ECM / alpaga et mouton islandais
Très belle qualité de poils de mouton islandais et d’alpaga pour la confection de mouches à brochets, mouches mer, saumon. La longueur des mèches dépasse les 25 cm, ce qui permet de monter de très grands streamers. Ces poils, très souples, ondulent dans l’eau. Disponibles en 17 coloris dont les indispensables vert chartreux, blanc UV, Rouge, rose, orange.
www.moucheshop.com
Prix conseillé : 6,90 euros l’unité.
Notre avis : une fois la bourre retirée au peigne, on obtient des fibres qui offrent juste ce qu’il faut de volume sans trop retenir l’eau, ce qui facilite les lancers avec des streamers imposants. Les amateurs de brochets à la mouche apprécieront à n’en pas douter ces produits !
Nouveauté : JMC / soies Competition et Kamouline R2T
Nouvelle série de soies Compétition chez JMC développée pour les compétiteurs en réservoirs mais pas uniquement. La gamme comprend 5 modèles de flottante à S7 (très plongeante) dans trois tailles (6,7 et 8). De quoi pêcher en surface, juste en dessous (intermédiaire) ou plus en profondeur. Dans tous les cas, le running line est flottant, relativement dur pour bien glisser. Leur profil long autorise de très longs lancers qui permettent de bien aligner un long bas de ligne souvent armé de trois mouches. Surface micro-striée qui augmente la glisse par réduction du frottement.
De son coté, la soie Kamouline se destine à la rivière et à la pêche de la truite en eaux claires. Cette soie alterne les couleurs naturelles pour un maximum de discrétion lors des lancers et une fois posée sur l’eau. Revêtement LB qui améliore la glisse. Le profil triangulaire R2T, bien connu des pêcheurs à travers les soies Symbol, assure une grande vitesse de lancer, une boucle serrée qui perce le vent tout en permettant un poser plus délicat qu’avec un profil WF. Taille 3 à 6.Prix conseillé : 69,90 euros pour la série Compétition (soit le modèle et 64,90 euros pour la soie Kamouline).
Notre avis : les besoins des pêcheurs à la mouche évoluent et c’est une bonne nouvelle de voir des produits qui s’adaptent aux contraintes des pêcheurs français.

Cinéma : Ubu part à la pêche au saumon
Nous avons pu découvrir en avant-première l’adaptation au
cinéma du célèbre roman du Britannique Paul Torday Salmon fishing in the
Yemen (Edité en France sous le nom Partie de pêche au Yémen). La version française du film a pour
titre : Des saumons dans le Yémen.L’histoire débute par une proposition sonnant comme une
blague absurde : un riche cheik yéménite (Amr Waked) propose à un scientifique britannique (Ewan Mc Gregor),
spécialiste du saumon, d’introduire le fameux salmo salar au cœur de
la péninsule arabique. Cette demande insensée devient une affaire d’Etat quand
la directrice des relations publiques (Kristin Scott Thomas) du Premier
ministre britannique se met en quête d’une bonne nouvelle en provenance du
Moyen-Orient… Entre attentats, manifestations hostiles à l’occident et prises
d’otages : difficile de trouver
une image positive. Alors lorsque cette histoire de saumon survient, la spin
doctor saute sur l’occasion.Entre conte, comédie romantique et satyre politique, le
film navigue entre les styles mais reste résolument britannique, avec un humour
tout en finesse et en tact. Alors certes, l’équipe du film aurait pu choisir un
conseiller pêche plus scrupuleux,on
n’échappe pas à quelques
contresens techniques, mais on passe tout de même un bon moment. Le casting est
une réussite. Avec au passage une mention spéciale à Kristin Scott Thomas pour
sa prestation décapante d’une spécialiste de la manipulation politique, un
personnage cynique et violent, au verbe acide et définitif.Cette fable pose aussi la question du
conformisme, de sa remise en question et de l’hybris prométhéen d’un cheik aux
ambitions nobles mais libérées du principe de réalité. La saumon et sa lutte
contre le courant « dominant » étant la parfaite illustration de
ce combat contre la pensée « dominante ». D’ailleurs, lorsque le
scientifique accepte ce pari fou, le réalisateur choisit de le filmer,
remontant à contre-courant le flot d’une foule dense et pressée. Tel un saumon
urbain remontant le courant de la masse, le courant du « bon sens ».N’allez pas voir
ce film pour le réalisme des parties de pêche, ni pour découvrir le Yémen
ou encore le saumon. Non, Des
saumons dans le Yémen est juste l’occasion de passer un
moment agréable et songer un peu à Prométhée et son feu. Et de se poser une
question essentielle : le titan damné pêchait-t-il à la mouche ?Des saumons
dans le Yémen de Lasse Hallström. Sortie le 6
juin.Samuel Delziani
Crédit photo : © 2005 Metropolitan Filmexport

Monica, une nouvelle de Vincent Lalu
Le saumon est une femme. Il en a la grâce, l’endurance et la détermination. D’ailleurs seuls les saumons peuvent égaler une femme dans l’art de faire cavaler les hommes. C’est sans doute pour cette raison que l’on a donné des noms de femme à quelques endroits où les hommes ont beaucoup cavalé après les saumons. Monica est un de ces lieux bénis des dieux, peut-être le plus beau, un courant de près de 400 mètres ( le “Monica run”) qui relie deux pools formidables (le Monica du haut et le Monica du bas) sur la rivière Kola dans la presqu’île russe éponyme, où la densité de salmo salar fait penser certains jours aux heures chaudes du RER A entre Châtelet et Gare-de-Lyon.
Une bredouille à Monica n’est pas donnée à tout le monde (j’ai failli y parvenir mais un gros grisle en fin de journée ne l’a pas permis). Car à Monica les saumons sont à la fois nombreux et bienveillants. Ils se prennent de passion pour votre mouche quand elle défile dans ce courant sublime, le plus beau du monde d’après cet habitué des plus beaux pools de la planète, un courant qui fait voyager votre Cascade ou votre Green Highlander en première classe, ni trop vite ni trop fort, juste comme il est nécessaire pour que leurs parures les présentent sous leur meilleur jour. Autour, les poissons font des galipettes, des remous, des sauts, quelques touchettes sans conséquence. Et puis très vite, comme dans toutes les maisons de rendez-vous, ça téléphone.
La vraie Monica existe, je ne l’ai pas rencontrée mais il me paraît urgent de préciser à ce stade du récit que c’est une femme dont la vertu ne se prête guère au genre de métaphore douteuse employée à propos de son pool. Monica n’est peut-être pas la plus belle femme du monde, mais d’avoir donné son nom à l’un des plus beaux pools de la planète lui confère une sorte de magistère d’émotion dans l’inconscient des pêcheurs. Pour donner son nom à un tel endroit, Monica ne pouvait qu’être une femme épatante. On ne devient pas sans raison la marraine d’une avenue si glorieuse que Sunset Boulevard, à côté, a tout d’une rocade à Châteauroux.
Emmener une femme à la pêche n’est pas une mince affaire : soit cela se passe tout de suite mal et vous avez vraiment intérêt à avoir tenté l’expérience à proximité d’un aéroport, soit il vous semble qu’elle aime ça, surtout pendant les deux premiers mois de votre idylle. Vous vous prenez alors à rêver d’une compagne halieutiquement correcte et vous en oubliez que vous lui avez dit : “Je t’emmène pêcher le saumon en Islande, on pêchera le jour et on s’aimera la nuit”, sans lui préciser qu’à cette saison, en Islande, il n’y a pas de nuit. Ce qui ne vous paraissait pas essentiel puisque, pour le moment, elle a l’air très contente comme cela, tapie derrière vous qui guettez le poisson sans savoir que, pour elle, le poisson c’est vous…
Et puis il y en a quelques-unes comme Monica, qui aiment vraiment la pêche, auxquelles les hommes donnent à pêcher soit par galanterie, soit par condescendance, les parcours les plus faciles. Ce qui se passa pour Monica.
La vraie Monica, donc, a débarqué un matin de 1995 en compagnie de l’homme, un Ecossais fortuné, dont cette Américaine partageait la vie et un peu la passion pour les saumons. Le couple était venu à l’invitation de Bill Davis, un Américain de l’Arizona marié avec la fille d’un des nouveaux maîtres de la Russie et qui fut le véritable découvreur des somptueuses rivières de la péninsule, la Yokanga, la Ponoy, l’Umba, la Varzuga ou la Rinda… qu’il perdit les unes après les autres, se retrouvant finalement sur la Kola, grande artère à saumons qui termine son cours tumultueux dans les parages de Mourmansk. La Kola n’avait jusque-là intéressé personne d’autre que les pêcheurs aux filets, fournisseurs des militaires et de la mafia locale et les innombrables braconniers qu’une économie de survivance poussait à cette coupable industrie.Bill Davis, le bad boy de l’Arizona, comprit très vite que la Kola, malgré son côté banlieue, était une pépite. Il réussit à obtenir de Boris Richepa, le très puissant patron de la fédération de pêche régionale, la concession des plus beaux pools de cette rivière publique où seuls les saumons étaient restés communistes. Il y improvisa un lodge dans l’ancienne maison de vacances des jeunesses socialistes, et c’est ainsi que quelque temps plus tard on proposa à Monica de pêcher ce grand courant facile auquel elle allait donner son nom après y avoir aligné et relâché dans sa journée 10 saumons exactement, entre 10 et 30 livres. Une légende était née. Il ne restait plus qu’à baptiser les autres pools du parcours, ce qui fut fait sans trop de précipitation (l’un d’eux se nomme toujours “no name” ). Et à faire venir les clients, attirés du monde entier par les sirènes de Monica.
Il est impossible de dire avec certitude qu’il y a plus de saumons qui s’arrêtent ici que dans les autres pools. Mais ceux que vous y rencontrez vous font l’effet d’avoir fait tout ce chemin pour se retrouver là, un peu comme si, dans leurs années tacons, au moment où ils se préparaient à descendre vers la mer, leur maman leur avait dit : “Tu vois, ici, c’est Monica, un jour, si les gros flétans ne te mangent pas, tu y reviendras.” Pour eux, Monica n’est pas une banale maison de passe, c’est l’antichambre joyeuse de leur destin. Un pool complice autant pour les saumons que pour les hommes, qui y reçoivent ce qu’ils méritent (grosse pêche ou quasi bredouille) sans qu’il soit possible de savoir s’ils relèvent du registre de la malchance, ou de celui de la maladresse, ou encore de celui de la consolation. Ce n’est d’ailleurs pas le problème des saumons. Eux se reposent, prennent leurs aises. Ils savent que la suite ne leur laissera guère le loisir de prendre du bon temps. Alors ils en profitent, jusqu’à ce que le Monica du haut ne les réveille par le tumulte de ses eaux, juste avant l’autoroute impersonnelle qui les emmènera directement au pool du cimetière, avec ses minuscules clôtures de métal aux couleurs pastel et les taches vives que font les fleurs naturelles ou en plastique que les Russes aiment à disposer sur la tombe de leurs parents. Le cimetière donne aux saumons comme aux hommes une idée de ce qui les attend. Entre une friche industrielle, un champ de patates et la voie de chemin de fer Saint-Pétersbourg – Mourmansk, ce cimetière de la Kola éclaire de ses taches vives un décor en noir et blanc huit mois par an. Les cimetières russes sont gais et colorés parce que, l’espérance de vie des mâles de ce pays étant de 54 ans, mieux vaut soigner les abords de son futur déménagement.
On enterrait ce matin-là un enfant. Sur la petite caisse de bois, on avait disposé ses jouets préférés : un camion, un ballon, une pelle et un petit maillet. En contrebas, sur la rivière, les mouches ont cessé leur défilé. Plusieurs habitués de la Kola ont déjà assisté à ce genre de scène. Ce n’est pas la seule raison qui les fait détester le pool du cimetière. La vraie raison est que, à force de voir passer des pêcheurs et des saumons, les morts de Kola, dès leur jeune âge, sont devenus des experts. Ils savent mieux que personne si le lancer est bon, si la mouche passe bien, si le pêcheur comprend quelque chose au poisson. Ils savent, eux, vraiment si le saumon est une femme. Ou si c’est l’inverse.
Vincent Lalu

Pêche en sèche en réservoir avec Laurent Gagneux
La technique pratiquée par Laurent est un peu insolite. Elle consiste à pêcher à l’aide d’une grosse mouche sèche en ciblant les poissons. Si elle peut paraître grossière à première vue, elle permet de leurrer des poissons éduqués et difficiles qui ne s’attendent pas à ce que ces grosses bouchées, tombées doucement sur leur dos, ou flottant longuement en surface, soient armées d’un hameçon.
Par Philippe Collet
Laurent Gagneux a commencé la pêche tout jeune en attrapant des vairons avec son père. Il a ensuite pratiqué diverses techniques dont le lancer avant d’attaquer la pêche à la mouche à l’âge de 13 ans. Le déclencheur de sa passion a été un atelier de montage, organisé par un de ses professeurs en classe de 6e, où il a commencé à monter ses propres mouches. Deux ans plus tard, il rentrait au club de Décines (club de l’Est lyonnais) et commençait à pêcher à la mouche. Bien encadré au sein du club, il a fait de rapides progrès. A son actif aujourd’hui : un titre de Champion de France junior en rivière, deux titres de Champion de France junior puis senior de montage de mouches, 1er et 3e des Coupes de France des Clubs 2006 et 2007 avec deux de ses copains. Laurent est maintenant compétiteur en première division rivière et réservoir et a été sélectionné en Equipe de France pour les championnats d’Europe 2008 en Espagne.
La pêche en sèche, à vue, avec de grosses mouchesCette technique, pratiquée avec succès par Laurent, lui permet de réaliser régulièrement de belles pêches, que ce soit lors de manches de compétition ou simplement en loisir. Il apprécie particulièrement, lorsqu’il pêche pour le plaisir, de faire le tour des plans d’eau de Trept en utilisant cette technique. Il part alors avec une seule canne, dotée d’une soie flottante, d’un bas de ligne dégressif, avec un peu de fil pour changer les pointes et quelques mouches pour varier les présentations. Sa technique consiste le plus souvent à pêcher en sèche, à vue, des poissons en maraude sous la surface. Ces poissons, souvent difficiles, habitués à être sollicités avec de minuscules imitations, qu’ils inspectent et refusent le plus souvent, sont trompés par la grosseur des mouches, leur arrivée subite dans leur champ de vision et l’illusion de vie donnée par les fibres de cul de canard qui volettent au grès du vent. En plan d’eau, vous pourrez souvent observer des truites en train de gober une feuille, un chaton de saule, voire, nettement moins ragoûtant, un mégot de cigarette. Curieuses, elles prennent et recrachent ce qu’elles croyaient être de la nourriture. Probablement jamais piquées avec de si imposantes mouches, elles n’ont pas associé la taille grossière de ces objets à un danger potentiel. Laurent s’appuie sur cette curiosité pour pratiquer sa pêche. En arrivant au bord du plan d’eau, il essaie sa technique sur quelques poissons, en la leur posant sur le dos. Si le résultat n’est pas probant, il change de couleur de mouche, puis de modèle. Lorsqu’il trouve la mouche qui fait réagir les poissons à vue, il peut pêcher plus loin en confiance, sans voir les truites. Sur les berges sous le vent (avec le vent dans le dos), il rallonge son bas de ligne et lance sa mouche loin en levant haut la canne pour laisser le vent la porter au moment du posé. Il cible alors le début des friselis, c’est-à-dire l’endroit où le vent atteint l’eau, y déposant ce qu’il transporte. S’il doit pêcher avec le vent de face, il raccourcit son bas de ligne et, en cas de vent trop fort, change de mouche pour un sedge ou un Shipman, un peu plus denses, car le gros plumeau en cul de canard, trop léger et volumineux, ne peut plus être posé devant le bas de ligne. Dans cette pêche, il est important de ne pas couvrir le poisson avec le bas de ligne, de lui présenter la mouche en premier. Pour ce faire, il peut être nécessaire, sur un lancer long, de coucher la canne sur le côté au moment du posé, pour tendre le fil. En ciblant les poissons et en les surprenant, à vue, la prise de la mouche est instinctive et rapide.
A contrario à longue distance, en pêche en aveugle, les truites testent souvent la mouche en essayant de la noyer sans la prendre. Il ne faut surtout pas ferrer au premier remous, mais réellement attendre que la mouche, bien visible, ait disparu. Les truites peuvent s’y reprendre en plusieurs fois. A distance, il faut aussi être patient, savoir attendre, concentré, qu’une truite en maraude, rassurée par l’absence de mouvement, s’intéresse à la mouche.Le bas de ligne, la soie, la canne
La formule du bas de ligne de Laurent est a priori la même depuis longtemps. Il est constitué de 1,10 m de 50 centièmes, 90 cm de 40, 70 cm de 30, 50 cm de 20 centièmes. S’il pêche avec une pointe fine, il ajoute 30 cm de 16 avant 1 m à 1,50 m de 13,5 centièmes, soit un porte-pointe de 3,20 m et une longueur totale oscillant entre 4,20 m et 4,70 m. Le corps du bas de ligne est réalisé en Kamoufil.
Laurent monte ses grosses sèches sur un fil de fluorocarbone de 13,5 centièmes, plus raide à diamètre égal qu’un nylon, ce qui lui permet de mieux présenter ses grosses mouches. La pointe de son bas de ligne est allongée ou raccourcie au gré du vent de façon à pouvoir placer la mouche précisément et délicatement sur le nez des truites en maraude. Si la pêche se fait le vent dans le dos, le bas de ligne peut être rallongé, à l’inverse avec un léger vent de face, la pêche devient difficile et le bas de ligne doit être raccourci. Ce bas de ligne permet aussi à Laurent de pratiquer d’autres pêches, notamment à deux mouches, en rallongeant la pointe. Laurent monte son bas de ligne sur une soie flottante de 7 et pêche avec une canne de puissance 7.La pêche avec une Montana
Lorsque les poissons sont difficiles à voir ou qu’ils boudent les mouches sèches, Laurent remplace ces dernières par une grosse Montana, souvent non lestée, qu’il anime en la tricotant. Il pose tendu, laisse cette grosse mouche percer le film de la surface (quand elle est encore sèche) puis l’anime doucement. La mouche pêche alors à environ 10 cm de profondeur. La longue pointe fine du bas de ligne en fluorocarbone permet de fendre l’eau discrètement. Pour éviter les casses, parfois inévitables avec cette technique, Laurent rallonge encore la pointe de son bas de ligne, jusqu’à deux mètres. Cette grosse mouche classique, qui n’imite rien de bien particulier (hormis peut-être un gros plécoptère, absent des eaux closes), mais combine le noir, le jaune fluorescent et la pulsation du hackle enroulé autour de son thorax, fait souvent réagir les truites. Laurent la trouve très efficace. Si la Montana ne fonctionne pas bien, il peut alors essayer, toujours avec le même corps de bas de ligne, en modifiant simplement la pointe, de multiples combinaisons de deux mouches, deux noyées, deux chironomes, un chironome suspendu sous une des ses grosses sèches, etc. Il arrive toujours finalement à trouver une formule gagnante !

Championnat du monde de pêche à la mouche des jeunes : rendez-vous en Lozère !
À noter dans tous les agendas : la Lozère va accueillir
la 11e édition du
Championnat du monde de pêche à la mouche des jeunes. Du 8 au 15
juillet, les meilleurs moucheurs de la planète, âgés de moins de 20 ans, donc,
se rencontreront sur les spots de cette magnifique région, au patrimoine
halieutique impressionnant : le Lot, la Colagne, l’Allier ainsi que sur le
Lac de Charpal accueilleront les compétiteurs. La Fédération internationale des pêches sportives mouche a
confié à la Fédération française de pêche à la mouche et au lancer (FFPML)
l’organisation de cet événement international. Une bonne occasion de découvrir
la fine fleur de la nouvelle génération de pêcheurs sportifs à la mouche. En
tout, c’est près d’une centaine de pêcheurs venus de quinze pays qui tenteront
de gravir la plus haute marche du podium. Tout au long de la compétition, de
nombreuses animations seront organisées par la FFPML : initiation au montage,
découverte de la pêche à la mouche mais aussi protection de l’environnement.
Vous trouverez sur le site Internet de l’organisation (ci-dessous), toutes les
informations utiles pour suivre cette compétition exceptionnelle.Renseignements :

Nouveauté 2012 : JMC Swing 911, le moulinet à cassette XXL
Rares sont les moulinets à bobines facilement interchangeables affichant une grande contenance et dont la qualité de fabrication n’a rien à envier aux modèles “normaux”. Le Swing 911 comble un vide dans ce domaine.
Lorsque l’on pêche le brochet ou le bar à la mouche on utilise rarement qu’une seule soie. On a le plus souvent besoin d’une soie flottante, d’une intermédiaire et d’une ultra plongeante pour pouvoir faire face à toutes les situations. Un moulinet à cassette devient alors un allié intéressant pour limiter l’encombrement du matériel, mais aussi le budget nécessaire à l’acquisition de bobines, voire de moulinets supplémentaires. Les moulinets à cassette capables de contenir facilement des soies de 9 et 10 et un peu de backing, possédant un frein correct pour travailler un gros brochet ou un bar de taille respectable, ne sont pas nombreux sur le marché. Dans son catalogue 2012, la société JMC propose deux modèles de moulinets à cassettes dont un moulinet de qualité, en aluminium aéronautique usiné et anodisé : le Swing. Ce moulinet existe en tailles de soies 5/6 pour les pêches en rivière ou en lacs, 6/9 plutôt pour les pêches en réservoir et 9/11 pour les pêches du brochet, du bar ou du saumon par exemple. Nous nous intéresserons ici à ce dernier modèle, le Swing 911. Le Swing 911 pèse 211 grammes pour un diamètre extérieur de 10,3 cm. C’est un moulinet large arbor, ce qui permet de stocker la soie sur un large moyeu (6,5 cm de diamètre) pour ne pas trop la marquer. Le large arbor permet aussi de rembobiner la soie plus rapidement et d’avoir un freinage beaucoup plus homogène. En effet, lorsque la soie est rembobinée sur un axe fin, le freinage se durcit au fur et à mesure de sa sortie ou de celle du backing du fait de la réduction rapide du diamètre d’enroulement. Le frein du Swing est puissant et progressif. Il est réglable à l’aide d’une grosse molette crantée à cliquets située au centre de la face arrière du bâti, facile à prendre en main, et qui devrait permettre de mater les poissons les plus retors. Le moulinet est traité pour résister à la corrosion marine. Il est livré avec deux cassettes supplémentaires (soit 3 en tout) dans une trousse de rangement compartimentée. Les cassettes en solide plastique transparent sont très légères. Elles se clipsent sur la partie bobine du moulinet. Le démontage de la bobine se réalise facilement en dévissant une molette imperdable qui garantit un serrage sans jeu de la bobine. Un grand joint torique qui entoure la face intérieure du moyeu de la bobine permet de totalement solidariser la cassette à ce dernier. Dans le sens du rembobinage, le moulinet tourne en roue libre sur un roulement à aiguille et ne présente aucun jeu parasite, ce qui le rend très agréable d’utilisation. En cas de besoin, il est possible d’acheter des cassettes séparément, à moins de 10 € l’unité, pour y ranger quelques soies supplémentaires.
Nous disposons là d’un produit pratique et esthétique, pour un prix public conseillé raisonnable de 169 €, qui devrait séduire les pêcheurs à la mouche qui aiment se frotter de temps à autre aux brochets, bars et autres saumons.P.C.

Un film français récompensé dans le Montana
Jean-Pierre et Kathleen Piccin, collaborateurs réguliers de notre
revue, ont reçu le Bronze Trout Award à l’occasion du 4e festival de
films de pêche à la mouche organisé par Winston Rod, la marque bien connue des
moucheurs américains. Le film est une plongée au cœur de l’Afrique
éternelle : éléphants, girafes et ces imposants poissons tigres que nos
moucheurs globe-trotters séduisent à la mouche. Bienvenue au Bostwana, suivez
les guides et surtout bon film !
Nouveauté 2012 : moulinet Sage / 4250
Construit en aluminium le nouveau moulinet sage 4250 est équipé d’un mécanisme de frein étanche « SCS floating tripod » qui procure douceur et précision. Le réglage du frein se fait sur un tour complet de la molette, pour plus d’efficacité pendant le combat. Quatre modèles disponibles pour soies 3-4, 5-6, 7-8 ou 9-10. Le modèle 5-6 pèse 116 g pour un diamètre de 92 mm. Disponible en noir ou alu.
Prix conseillés : 245 à 270 euros selon le modèle. Bobines sup. : 126 à 136 euros.
Notre avis : Léger et construit en aluminium, le 4200 se distingue surtout par son système de freinage progressif et efficace.Produit disponible sur : www.ardent-peche.com