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Étiquette : Orvis

Pêche à la mouche : rester dans le coup sous la pluie
Pêcher à la mouche sèche quand il pleut est une activité contradictoire. Les mouches coulent dès les premières dérives, les boîtes prennent l’eau quand ce n’est pas le téléphone portable, les clefs de voiture ou l’appareil photo. Il existe aujourd’hui des moyens efficaces dans différents domaines pour continuer de pêcher (presque) normalement sous une pluie battante.
Par Philippe Boisson
La pêche est souvent très bonne au printemps sous la pluie. Les gobages sont nombreux et réguliers tant que le niveau des rivières ne monte pas exagérément. C’est l’occasion de réaliser les plus belles pêches à la mouche de la saison. Tout l’équipement du pêcheur doit être adapté à ces conditions particulières sous peine de voir se transformer l’espoir d’une pêche miraculeuse en calvaire plutôt irritant. On s’est tous fait avoir par ces situations que l’on rencontre plus fréquemment au printemps qu’en été. Les journées de pluie (pas toujours fines…) où ça gobe partout nous font sortir comme des escargots. Les années de sécheresse que l’on vient de subir (en espérant que ça revienne à la normale), nous ont fait oublier à quel point la pêche à la mouche sous la pluie demande une adaptation du matériel. Car dans ces conditions, les problèmes s’additionnent naturellement si l’on n’a pas pris certaines précautions au préalable. La pêche de rêve que l’on sentait si proche se transforme en douche froide. Les mouches qui coulent, les boîtes qui prennent l’eau, les bas de lignes qui vrillent, tout va de mal en pis. L’ensemble de ces malheurs peut être contré par des petites choses qui rendent la vie beaucoup plus belle lorsque les prises s’enchaînent avec facilité alors que les “collègues” sont partis pour une belle galère. De nos jours, la technique et la technologie qui en découlent permettent de profiter d’une foule d’avantages qui n’existaient pas il y a quelques décennies. Alors on aurait tort de s’en priver, non ?
1 – Un petit sac étancheAvec le développement des appareils électroniques, des sacs étanches de toutes dimensions voient le jour. Les plus petits modèles se glissent aisément dans une des poches du gilet de pêche ou peuvent se fixer à la ceinture. Les modèles Aquapac ou Simms sont particulièrement bien conçus. Ils permettent d’épargner le téléphone, l’appareil photo, les clefs de voitures et les papiers importants. Fini le stress, à condition de ne pas perdre le précieux sac avec tout dedans !
2 – Une graisse à tout faire
Si comme moi, vous n’êtes pas un adepte de la graisse pour graisser les mouches, un petit tube accroché au gilet par temps de pluie peut être bien utile. Il permet de faire flotter à nouveau une pointe de soie, une portion de bas de ligne, d’étanchéifier un accroc sur sa veste de pluie ou ses waders. Et lorsqu’il pleut vraiment, il ne reste plus que cette solution pour faire flotter les mouches, y compris celles en hackles de coq ou en poils de chevreuil pourtant résistantes à l’immersion. On trouve cette graisse à tout faire chez tous les distributeurs (Devaux, TOF, JMC, Ardent Sport, Marryat, etc.).
3 – Le produit sèche-moucheS’il existe plusieurs types de produits pour faire sécher les mouches, certains font dans le préventif afin d’éviter qu’elles ne prennent l’eau. C’est le cas des solutions liquides imperméabilisantes que l’on trouve en petits flacons. Il suffit d’y tremper une mouche attachée à son bas de ligne avant qu’elle n’ait pris l’eau, de l’agiter dans le flacon et le tour est joué. Cela paraît étonnant, mais après quelques faux lancers pour éliminer le produit, ça flotte ! Certes, la manipulation du flacon lorsque l’on est au milieu de la rivière n’est pas des plus pratiques, alors on peut toujours anticiper en préparant quelques mouches avant d’entrer en scène. C’est toujours mieux que de vider la moitié du flacon dans l’eau de sa rivière préférée…
4 – Des mouches qui flottentAvoir dans sa boîte des modèles de mouche flottant bien haut sur l’eau, est une nécessité par temps de pluie. Les matériaux synthétiques comme le Z-Lon ou l’Aérofibre (comme ici en toupet au-dessus de la collerette parachute de ce sedge) ont apporté une meilleure flottabilité des mouches sèches avec en prime une grande capacité à s’essorer en quelques faux lancers. Associés, aux poils de cervidés ou aux collerettes en hackles de coq horizontales, ces matériaux sont très utiles. En revanche, les dubbings en poils naturels (lapin, lièvre, castor, etc.) se noient très facilement.
5 – Un fil qui ne vrille pasAussi étrange que cela puisse paraître, les “nylons” en copolymère que l’on utilise pour constituer nos bas de ligne réagissent à l’humidité. Et sous la pluie leur comportement est différent de celui par temps sec. Certains modèles ont la fâcheuse manie de vriller pour un rien lorsqu’ils sont manipulés dans une humidité excessive. C’est le cas avec les fils très souples, justement si prisés des moucheurs en temps “normal”. Quel que soit le diamètre, ils peuvent poser des problèmes pour passer dans les anneaux et perturbent la présentation de la mouche. Pour les gros diamètres, le Maxima et le JMC Camoufil sont les plus recommandables et pour les petits diamètres, le Rio Powerflex est un des moins sensibles. Pour les autres, le problème est généralement présent… et persistant.
6 – Des noeuds adaptésCertains noeuds sont plus adaptés que d’autres lors d’une utilisation par temps très humide. Pour attacher la mouche à la pointe du bas de ligne, le noeud de cuiller est a proscrire au profit d’un noeud coulissant de type noeud du pendu. Les noeuds coulissants ne se serrent pas prématurément comme le noeud de cuiller et ainsi limitent le vrillage sur les deux ou trois centimètres avant le noeud. Idem pour les noeuds reliant les parties du bas de ligne entre elles. Si le noeud baril reste incontournable pour les gros diamètres (50 à 25/100), le noeud de chirurgien le remplacera pour les diamètres inférieurs. Ce noeud permet lui aussi d’obtenir un résultat très “propre”, exempt de vrillage de part et d’autre du noeud une fois serré. Par temps sec, il est conseillé de l’humecter avant serrage, ce qui n’est pas obligatoire par temps de pluie.
7 – Et l’amadou ?
La nature des noeuds employés pour la constitution des bas de ligne peut limiter le vrillage du fil par temps humide. Pour le raccord pointe/ mouche, le noeud de cuiller ne convient pas car il se serre trop tôt et crée un véritable tire-bouchon sur les deux ou trois derniers centimètres. Pour les brins intermédiaires (12 à 20/100), le noeud de chirurgien doublé ou triplé convient bien. Le noeud baril sera réservé aux grosses sections, c’est-à-dire du 45 au 25/100. Dans tous les cas, il faudra veiller à soigner la réalisation des noeuds, ce qui n’est toujours facile lorsqu’il tombe des cordes et que le nylon n’en fait qu’à sa tête !
8 – La bonne veste
Les vestes de wading se sont généralisées. Elles font aujourd’hui partie de l’équipement du pêcheur à la mouche. Mais toutes ne sont pas étanches sous des trombes d’eau. Les coutures doivent êtres collées (c’est généralement visible sur la face à l’intérieur) car toutes les coutures restent le point faible de ces vestes. Les grandes marques (Patagonia, Geoff Anderson, Bare ou Orvis) ont planché durant de longues années pour résoudre des problèmes techniques complexes et il semble aujourd’hui que les derniers modèles soient fiables. En tous cas, la prudence incite à mettre le prix pour acquérir un modèle haut de gamme qui dure dans le temps. Le coté “respirant” de ces vestes, mis en avant par les fabricants, ne doit pas se faire au détriment de leur qualité principale : l’étanchéité.
9 – Des boîtes étanches
Les boîtes à mouches étanches ne sont pas encore très répandues mais chaque année, elles sont de plus en plus nombreuses aux catalogues. Munies de joints qui garantissent une étanchéité permettant d’épargner les mouches sèches d’un bain forcé et les hameçons d’une rouille inéluctable, ces boîtes sont vraiment intéressantes. Citons les boîtes étanches C&F, Orvis ou Marryat. Hormis durant les jours de pluies, elles règlent le problème des boîtes qui trempent dans l’eau lorsqu’on pêche en wading. Il est par contre recommandé de jeter un coup d’oeil aux joints de temps en temps pour éliminer les brindilles et autres matériaux qui risquent de laisser passer l’eau.
10 – Une visière pour y voir clairIl n’y a rien de plus désagréable qu’une capuche de veste de pluie qui vous tombe sur les yeux ou les lunettes lorsqu’il pleut. Alors, pour remédier au problème, une casquette à large visière sous la capuche constitue une bonne solution et tout va immédiatement beaucoup mieux. Il existe des visières intégrées dans les capuches, mais qui ne sont pas assez couvrantes. À quand des capuches avec une visière coulissante que l’on puisse sortir en cas de besoin. Car il n’est jamais très agréable de porter une casquette en plus d’une capuche de veste de pluie. Messieurs les fabricants, à vous de plancher !

Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle
La vente de l’impressionnante
collection de Jacques Demaugé-Bost, constituée par 300 lots, est organisée par
la maison de ventes Dupont, à Morlaix en Bretagne, le samedi 31 mars prochain.
Parmi cette collection, une série de 30 cannes à mouches en bambou refendu
Pezon et Michel dont des Super Parabolic P.P.P. (Puissance Pendulaire
Progressive) – estimées entre 500 et 600 euros -ou encore des cannes Orvis ou
Ogden Smith. Des moulinets automatiques seront également présentés, notamment des
modèles Abeille et Cordel estimés entre 150 et 200 euros. Les collectionneurs y
trouveront aussi des mouches rares, de beaux objets et une bibliothèque
halieutique accueillant notamment la pièce la plus impressionnante de cette
vente : « Quaint Treatise and Flies and Flymaking by an old fisherman » edited W.H. Aldam, un ouvrage datant de 1876 et
estimé par les experts de la salle des ventes à 3 000 euros.Renseignements :
Hôtel des Ventes de Morlaix
37 rue de Paris 29600 Morlaix
02 98 88 08 39

Comment choisir sa canne à mouche ?
Le choix d’une canne à mouche pose souvent problème aux débutants – tout comme aux pêcheurs expérimentés – qui veulent découvrir une technique de pêche nouvelle pour eux. Cet article a pour but de vous renseigner sur les longueurs et les actions destinées à chaque technique, afin d’éviter des erreurs de choix, qui au-delà des désagréments qu’elles occasionnent, peuvent aussi générer des défauts dans la façon de lancer, avec tout ce que cela comporte.
Par Philippe Boisson.
Jamais dans l’histoire de la pêche à la mouche, nous n’avons connu une telle profusion de modèles, de gammes et de marques de cannes à mouche. Les pêcheurs débutants, ou ceux qui souhaitent s’intéresser à d’autres poissons que ceux qu’ils pêchent habituellement se retrouvent confrontés au problème du choix d’un nouvel outil. Et celui-ci n’est pas simple : quelle longueur, quel numéro de soie, quel encombrement ? Pour vous aider à vous y retrouver dans les centaines de modèles disponibles, voici quelques aspects qu’il faut connaître pour être en mesure de choisir une canne pour chaque technique.
L’action de la canne, c’est quoi au juste ?
La notion “d’action” concernant une canne à mouche est à la fois déterminante et généralement très mal définie, car elle n’est régie par aucune volonté commune de la part des fabricants. L’action d’une canne correspond à la courbe que prend l’ensemble de la canne sous la traction. Les cannes affichent des actions plus ou moins paraboliques (en forme de cercle) en fonction du cône de leur blank (éléments de graphite et de résine). Au milieu du XXe siècle, Pezon & Michel passait chaque canne en bambou refendu devant un tableau noir gradué et accrochait au bout de chacune d’entre-elle un poids d’un Newton (102 grammes) pour en vérifier l’action. Depuis, peu de fabricants cherchent à renseigner les acheteurs sur ce point précis. On parle alors d’action “de pointe”, “semi-parabolique“, “parabolique”, d’action “rapide” ou “lente”. Seule la marque américaine Orvis tente depuis des années de rendre plus lisible aux yeux des utilisateurs cette notion d’action, à l’aide de courbes reproduites sur le papier des catalogues qui correspondent aux différentes actions des produits de la marque sous la dénomination tip flex, mid flex, etc.
Pour les autres marques, c’est au client de juger et de se faire une idée à partir des commentaires trouvés sur les catalogues, mais celles-ci n’ont souvent qu’une valeur indicative relativement floue. C’est dommage, car tout le monde gagnerait à plus de clarté dans une définition normalisée de l’action des cannes, mais pour le moment, c’est ainsi, et il faut bien faire avec… Les seules indications générales utilisées par les fabricants dont on dispose, concernent donc les notions d’actions “de pointe”, “semi-parabolique”, “paraboliques”, “progressives”, “lente” ou “rapide”. Dans ce jargon, je préfère les trois premières dénominations plus justes, à mon sens, que les trois dernières. Car concernant les actions dites “progressives”, La Palisse n’aurait pas fait mieux, puisque les cannes sont toutes coniques, et ne peuvent être pourvues d’actions autres que progressives… Quant aux actions dites “lentes” ou “rapides”, elles prêtent à confusion entre deux notions qu’il ne faut pas mélanger : l’action et la puissance des cannes. D’une manière générale, une canne considérée d’action “de pointe” plie sur le premier tiers de sa longueur lors du lancer (environ car cela dépend de chaque modèle). Une canne semi-parabolique sur les deux premiers tiers, et une canne parabolique sur la quasi-totalité de sa longueur. Cette schématisation des actions des cannes à mouches permet de déceler les sections des cannes qui entre naturellement en action lors du lancer. Lors d’un lancer à longue distance ou sous l’action d’un forte traction, une plus grande partie de la canne présente une courbe plus ou moins prononcée.
Quelle canne pour quelle utilisation :Conseiller une canne à mouche est un exercice forcément arbitraire. Il existe parmi les pêcheurs des représentants de différentes “écoles” : celles des longues cannes de plus de 9 pieds pour la pêche de la truite, longueur rendue possible par l’avènement de la fibre de carbone ou des très petites cannes de moins de 8 pieds très en vogue chez nos voisins italiens, celles des amateurs de longs bas de lignes, etc. En France, l’essentiel des cannes vendues concerne des longueurs comprises entre 8’6 et 9’6, la longueur de 9 pieds restant le standard dans notre pays.
Pêche de la truite et de l’ombre à la mouche sèche
Cette avec cette catégorie que l’on a le plus de liberté dans le choix de la canne, tant dans les actions que dans les longueurs. Une longue canne ne lance en effet pas plus loin qu’une petite ! Ceci étant, c’est plutôt le type de cours d’eau qui va dicter le choix. Tout d’abord, il y a le cas des petits cours d’eau, de quelques mètres de largeurs, à propos desquels s’affrontent depuis longtemps l’école des cannes courtes de 6 ou 7 pieds, discrètes et maniables et celle des très longues cannes de 9’6 à 11 pieds, plus encombrantes certes, mais qui permettent en un minimum de lancers de présenter la mouche au poisson. En France, il existe une tradition tenace de pêcher les ruisseaux et les petits cours d’eau avec des longues cannes. Dans le cas d’un pêcheur débutant, je conseillerai d’aborder ce genre de terrain avec une canne de longueur standard (8’6 ou 9 pieds) et de choisir son camp plus tard, si le besoin s’en fait sentir. Autre particularité de la pêche à la mouche sèche de la truite et de l’ombre, la pêche des eaux dites “rapides” où là encore, les pêcheurs français ont un faible pour les longues cannes pour soies fines (par exemple : 10 pieds pour soie n° 3). Ce genre d’ensemble permet de limiter les risques de dragage de la mouche, accru par les turbulences de l’eau, en ne laissant que peu de soies sur l’eau. Ce choix a la préférence de nombreux bons pêcheurs de torrents de montagne. En revanche, une longue canne n’apporte rien lorsque l’on doit pêcher à la mouche sèche une paisible rivière de plaine.
Pêche à la mouche noyéeVoici au moins une catégorie où tout le monde est d’accord ! Les cannes pour pêcher à la mouche noyée sont d’une longueur minimum de 9 pieds. Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds. La canne doit permettre de “guider”, ralentir, ou au contraire accélérer la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnant la soie, en jouant avec les différentes veines de courant. Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés, fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement.
Pêche à la nymphe à vueCette technique demande une grande vitesse d’exécution. Le pêcheur doit lancer rapidement un très long bas de ligne (5 mètres minimum) sur la trajectoire de poissons souvent en mouvement. Il s’agit aussi de la technique où les fils les plus fins sont utilisés. Une bonne canne pour pêcher à la nymphe à vue présente une longueur de 8 à 9 pieds, qui permet le meilleur compromis pour à la fois lancer rapidement et manipuler un bas de ligne de 6 ou 7 mètres. Des cannes plus longues ou plus courtes n’offrent dans ce cas aucun avantage. L’action doit être semiparabolique. Contrairement à l’idée reçue, une canne d’action de pointe n’est pas très adaptée à cette technique en raison de la difficulté à ferrer et à tenir des poissons avec des pointes de bas de lignes en 10, 8 ou parfois 6/100.
Pêche à la nymphe “au fil”
La pêche de la truite et de l’ombre “au fil” est directement dérivée de la pêche au toc. La canne est tenue en position haute, le pêcheur gardant un oeil sur le bas de ligne pour déceler la touche. Si l’on ne veut pas pêcher durant des heures avec le bras qui tient la canne complètement tendu et levé, mieux vaut opter pour une longue canne. Les spécialistes de cette technique utilisent des cannes de 10 ou 9’6 pieds pour soies n° 4 ou 5 d’action semi-parabolique, qui ont tout intérêt à être très légères car la canne est toujours tenue en position haute.
Carnassiers à la mouche
La pêche du brochet ou du sandre à la mouche demande un matériel capable de propulser des mouches volumineuses, souvent chargées d’eau lorsqu’on doit les relancer. La canne sera choisie en priorité en fonction du type de mouche que l’on doit lancer. S’il s’agit de la pêche du brochet, recherché avec des streamers pouvant atteindrent 20 cm de longueur pour un volume important, le choix de la canne ne peut être le fruit du hasard. Lancer ce genre de mouche toute la journée est un exercice fatiguant dans le meilleur des cas… Une mouche lourde et volumineuse se lancera toujours plus facilement avec une canne d’action semi-parabolique, voire quasiment parabolique, plutôt qu’avec une canne d’action de pointe. La canne “encaisse” ainsi beaucoup mieux le poids de la mouche, surtout si l’on a recours à une soie plongeante, dont la densité est elle aussi génératrice d’à-coups qui perturbent les lancers. Une canne de 9 pieds ou 9’6 pour soie n° 8 ou 9 constitue un bon choix pour pêcher le brochet. Un modèle pour soie n°7 ne permet pas de lancer facilement une mouche volumineuse, surtout si l’on est pas un as du lancer en double traction.
La pêche en mer
Très en vogue actuellement la pêche à la mouche en mer, qu’il s’agisse de pêche le long de nos côtes ou de contrées beaucoup plus exotiques implique l’utilisation de cannes puissantes, qui doivent permettre de lancer très rapidement. Que ce soit à la recherche des bonefishs ou des permits, des tarpons ou de bars occupés à chasser, le pêcheur dispose de quelques secondes pour présenter sa moucheà des poissons qui ne restent jamais très longtemps à porter de lancer. C’est l’une des clefs de la réussite, sinon la principale. On constate depuis quelques années une nette amélioration des modèles de cannes pour la pêche en mer et c’est tant mieux. Ces cannes sont généralement typées d’action semi-paraboliques qui permettent de fatiguer un gros poisson tout en rendant possible les lancers en double traction. Une bonne canne pour pêcher en mer n’est donc ni une “trique”, ni un manche à balai, mais plutôt un outil progressif, mais puissant. La référence en la matière fut durant longtemps la série des cannes Sage RPLx, remplacées depuis par d’autres versions également très recommandables. Ces cannes avaient la préférence des meilleurs pêcheurs de tous les océans de la planète, à commencer par Billy Pate, dont on pouvait apprécier sur les photos des magazines du monde entier la courbure parfaite de sa RPLx 9’ # 12 en train de mater un gros tarpon. Pour quelqu’un qui ne connaît pas les cannes à mouche pour la pêche en mer, une 9’#12 est forcément plus proche d’un poteau télégraphique que d’un cure-dent. L’impression est trompeuse est bien souvent, la première acquisition n’est pas franchement la bonne. Norbert Morillas et moi avions acheté en 1996 chacun une Sage RPLx 9’# 8 par correspondance pour pêcher le bonefish à Cuba. Cette canne s’est avérée bien “light” lorsqu’il s’agissait de lancer à plus de vingt mètres en quelques secondes par un vent de travers soutenu comme celui qui souffle sur les atolls des Caraïbes. Le modèle pour soie n° 9 aurait été beaucoup plus polyvalent et plus efficace. La différence de puissance entre les deux modèles était très importante. Il y a ici une grosse différence entre une canne que l’on “brandouille” sur un salon et son utilisation réelle, dictée par les éléments ! Disons qu’un pêcheur de truite qui découvre la pêche en mer aura l’impression de pouvoir se débrouiller avec une canne qu’il jugera convenable, mais qui s’avèrera insuffisante en action de pêche. Les modèles pour soies de 9 sont de loin les plus polyvalents, mais selon les marques, les puissances ne sont pas identiques. Les cannes pour soies n° 10 permettent la recherche de plus gros poissons (permits, tarpons de poids moyen, carangues) et selon leurs actions peuvent autoriser le lancer de mouches plus lourdes et volumineuses. Avec les cannes pour soies n° 12, on quitte le domaine des engins confortables pour des produits avec lesquels il ne fait pas bon lancer très longtemps ! Ces cannes sont à réserver aux tarpons de belles tailles, aux grosses carangues, ainsi qu’aux petits thonidés.
Dans tous les cas ce genre de canne est destiné, soit à la pêche de poissons “teasés”, soit à la pêche à vue (cas du tarpon en eaux claires) où les lancers se comptent sur les doigts d’une main, effectués “à coup sûr”. Idem pour les cannes pour soies n° 14 ou 15, dont l’utilisation est réservée à la pêche des poissons à rostres ou aux grosses carangues ignobilis. Concernant les longueurs, la taille de 9 pieds (2,74 m) est devenue depuis longtemps le standard, voire 8’6 (2,56 m) pour les cannes de forte puissance pour soies 14 ou 15. Pour ce type de cannes, la longueur est un handicap en raison du poids.
Le nombre de brinsLa mode est aux cannes de voyage, en trois, quatre voire cinq brins. Certaines gammes de cannes à mouche ne sont aujourd’hui plus proposées en deux brins, ce qui est dommage pour les pêches “à domicile”, car une canne en deux brins est à la fois plus légère et plus agréable qu’un modèle en trois ou quatre brins, surtout dans les petits numéros de soies. Mais si l’on doit prendre l’avion, les cannes dites multibrins sont incontournables. Pour en avoir fait l’expérience maintes fois, les meilleures cannes de voyages sont celles dont les tubes rentrent entièrement dans un grand sac de voyage. Cela résout complètement le problème des tubes qui ne passent pas sur les tapis roulants des aéroports. Les problèmes de pertes et les vols, très fréquents sur certaines destinations, sont également résolus de cette manière. Les cannes en quatre brins sont, dans ce cas, souvent préférables aux modèles en trois brins, qui restent d’un encombrement important pour les modèles d’une longueur supérieure à 9 pieds.

Un panier de lancer innovant
Si beaucoup de modèles de paniers de lancer garnissent les pages des catalogues, peu d’entre eux sont bien conçus. D’où ce zoom sur un produit qui fonctionne à merveille.
Par Philippe Collet
Ceux qui ont arpenté les allées des Salons de Charleroi et de Paris en ce début d’année ont pu apercevoir ce panier de lancer accroché aux parois de certains stands. Il s’agit d’un panier de lancer en forme de cuvette en plastique doté de picots moulés dans la masse du fond. Jusque-là, rien d’extraordinaire, la marque Orvis avait en son temps développé un produit similaire, toujours en vente d’ailleurs. Ce qui est plus intéressant, c’est l’adjonction à ces picots de fines pointes de plastique souples amovibles, qui doublent la longueur de ces proéminences, faisant passer ces dernières de 6 à 12 cm de hauteur. Lorsqu’on tricote ou “strippe” la soie au-dessus du panier, les spires de cette dernière tombent naturellement vers le fond et ne peuvent plus s’emmêler. La différence par rapport à un panier de lancer pliable standard à fond plat est très importante car ce dernier n’empêche pas la soie et son running line de s’emmêler si on bouge quelque peu entre deux lancers, en marchant entre deux postes par exemple. De l’intérêt du panier de lancer L’usage d’un panier de lancer de ce type vous permettra de tirer votre épingle du jeu dans de nombreuses situations où vous auriez dû tout simplement déclarer forfait. Cet été, nous pêchions le bar à l’aide de soies plongeantes.
Nous avions de l’eau à mi-cuisse pour pouvoir nous approcher suffisamment de la cassure d’un chenal dans le sable vaseux. J’ai tout bonnement dû arrêter de pêcher pour laisser mon collègue équipé d’un panier de lancer Orvis passer devant. Il m’était impossible de shooter ma soie dont le running line coulait dans le fond à mes pieds. A chaque lancer, je tapais l’eau en essayant de maintenir le plus possible ma soie très lourde en l’air et calais tous les poissons présents devant moi, sans pour autant réussir à atteindre une distance suffisante. Après avoir laissé ma place, j’ai regardé mon compagnon de pêche sortir deux très beaux poissons et me suis promis de m’équiper ! Un panier de lancer a son utilité dans de nombreuses situations. Il est indispensable pour aborder sereinement des berges non entretenues où se mêlent lesronces et les épines. Il permet de passer d’un poste à l’autre sans être obligé de tout rembobiner à chaque fois. On gagne alors énormément en efficacité et on évite le souci des risques d’emmêlage sur le premier lancer, lorsque la soie vient de sortir du moulinet du fait qu’elle file par le dessous du paquet de spires sorties. Le panier est aussi utile pour pêcher dans les rochers, surtout en bord de mer lorsque ces derniers sont garnis de balanes et autres petits coquillages et qu’ils sont coupants. En évitant de couper ou d’érailler une soie, on amortira vite cet accessoire. Le panier de lancer est encore utile pour pêcher dans le ressac ou le courant si vous ne voulez pas constamment courir après votre soie. Il est obligatoire pour pêcher en wading avec une soie intermédiaire ou plongeante. Avec ses picots et ses pointes, le panier devient un formidable outil pour shooter certaines soies actuelles dotées de longs running lines très fins, trop souvent sujets à partir se bloquer en paquet dans l’anneau de départ de la canne.
Ce panier mesure environ 38 cm par 28. Il se serre autour de la taille à l’aide d’une large ceinture dotée d’une boucle à retrait instantané. Il est aussi doté d’une petite sangle munie d’un clip, à passer autour du cou pour l’empêcher de descendre le long de la taille une fois le bon réglage trouvé. Je n’en ai personnellement pas eu besoin pour le moment. Entre deux postes de pêche, le panier peut être tourné sur le côté pour voir où l’on met les pieds. De par sa légèreté, il sait très vite se faire oublier. Le panier est livré avec 10 pointes de plastique souple. Huit sont à mettre en place dans les trous prévus sur le sommet des picots. Il en reste deux de rechange. Ces pointes peuvent être retirées pour le rangement. Il ne faut pas les écraser car elles prendraient une mauvaise forme et perdraient de leur efficacité. En cas de problème ou de perte, il est possible d’en acheter en rechange. Ce produit fabriqué au Danemark est distribué par VDS Fly Fishing Tackle qui distribue entre autres la marque Vision et sa propre marque de produits de fly tying Fly Scene.
Liste des distributeurs disponible auprès de :
VDS Fly Fishing Tackle Liersesteenweg
29 BE-2221 Booischot Belgique
Tél. : 00 32 15225893
E-mail : vds.flyfishing
Le produit est actuellement disponible en France à La Maison de la Mouche – Dubos
1, bd Henri-IV
75004 Paris
Tél. : 01 43 54 60 46