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Étiquette : océan 2012

Quelle politique européenne de la pêche en 2013 ?
Alors que la Communauté européenne prépare activement la
prochaine réforme de la Politique commune de la pêche (PCP) qui adviendra d’ici
à 2013, les associations écologistes et les scientifiques s’inquiètent. Le
constat d’échec de la précédente réforme en 2002 est reconnu par la Commission
européenne elle-même qui a publié un « Livre Vert » en 2009, où elle
détaille cet échec. La PCP existe depuis 1982 et est réformée tous les dix ans.
L’enjeu est d’autant plus important. Aujourd’hui, en Europe, 7 espèces sur 10
sont surexploitées. A l’image de celle de la planète, les ressources que nous
fournissent les mers européennes subissent une pression qui nous mène tout
droit à la catastrophe.Les raisons sont connues : surcapacité de pêche,
surpêche, rejets de prises accessoires (poissons morts ou mourants rejetés en
mer), quotas trop élevés, pêche
illégale. Malgré les aides européennes massives, le secteur reste peu rentable.
Pourtant, certains désirent continuer dans cette direction. Dans les négociations qui se
déroulent en ce moment, la France a pris la tête d’une coalition comptant
également l’Espagne, l’Italie et le Portugal, pays qui défendent les intérêts
d’une pêche industrielle. En complète contradiction avec les bonnes intentions
du Grenelle de l’environnement. Pour l’instant, la Commissaire européenne à la
Pêche Maria Damanaki semble être décidée à ternir bon, mais il est certain que
les lobbys qui s’opposent à ses réformes sont puissants et tout aussi décidés.La Commission européenne a publié le 13 juillet dernier une
proposition de texte. Elle propose notamment d’interdire à terme tous les
rejets en mer, d’adopter des plans pluriannuels de gestion et d’introduire un
système de « Concessions de pêche transférables » qui permettraient
aux navires de plus de 12 mètres de vendre ou d’échanger des droits de pêche.
L’ambition affichée étant de parvenir d’ici à 2015 à la restauration des stocks
à un niveau durable. Les associations écologistes comme le WWF, Greenpeace ou
Ocean 2012 rappelant que ce texte ne propose aucune mesure pour la pêche
côtière ou la pêche artisanale qui représente 80 % des emplois et seulement 20
% des captures. Elles soulignent également l’absence de remise en question de
la gestion de la PCP et surtout l’exclusion de la mer Méditerranée de cette
réforme !Samuel Delziani
La pêche européenne en chiffres
– La
flotte européenne a la capacité de pêcher deux à trois fois plus de poissons
que la capacité de renouvellement des stocks.– Dans
certaines pêcheries, jusqu’à 60 % des captures sont des prises accessoires.– La
pêche industrielle a détruit les populations de thon rouge de l’Atlantique. In
ne resterait que 15 % du stock initial.– 93
% de la morue provenant de la mer du Nord est pêchée avant d’avoir pu se reproduire.– Dans
la plupart des pays membre, le coût des subventions et de l’administration des
pêcheries dépasse la valeur des captures.– Tous
les ans, la pêche illégale représente un manque à gagner estimé à 35 milliards
d’euros.– Tous
les ans, les contribuables européens dépensent 158 millions d’euros pour
permettre l’accès des navires européens aux zones de pêche d’autres pays.Sources : Commission
européenne, ICCAT et Banque mondiale.
Les méduses, futures maîtresses des océans ?
L’association Océan 2012 a
publié le 18 août une étude sur la surpopulation brutale des méduses. Parmi les
principales causes de cette prolifération, la surpêche est notamment montrée du
doigt. La pression sur les stocks de poissons, comme les sardines, les
maquereaux ou encore les mulets, consommateurs de zooplanctons comme les
méduses, laisse le festin à ces dernières. Le rapport souligne : « le
prélèvement d’un trop grand nombre de poissons dans ces écosystèmes offre à ces
méduses une niche écologique où elles peuvent prospérer« . La disparition d’espèces, comme le thon ou les
tortues, consommatrices de méduses, n’arrange bien sûr pas les choses. Le
dérèglement de la chaîne alimentaire profite ainsi aux méduses.Selon l’ONG, la surpêche
n’est pas l’unique responsable de la prolifération des méduses. Le
réchauffement climatique, l’évolution de la salinité ou de la température des
océans ou encore la modification des courants sont autant de facteurs à prendre
en compte. Les scientifiques considèrent que cette prolifération nous alerte
sur les conséquences des graves dérèglements que subissent actuellement les
océans. Espérons que les gouvernements sauront entendre cette nouvelle sonnette
d’alarme…