Étiquette : nylon

  • Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    La principale cause de refus des nymphes artificielles par les poissons est due à un dragage plus ou moins important. Celui-ci a lieu à la descente de la nymphe mais également après sa remontée lors de l’animation. Contrairement à la dérive d’une mouche sèche, visible sur l’eau, avec les nymphes le dragage échappe à la vue du pêcheur. Comprendre ce phénomène est essentiel pour tenter d’y remédier.

    Par Philippe Boisson

    Qu’est-ce qui distingue un très bon pêcheur à la nymphe d’un moins “bon” ? A cette question que l’on me pose souvent, sans hésiter je réponds qu’il s’agit avant tout de la qualité des dérives naturelles qu’impose cette technique. Certes, il n’y a pas que cela. Le sens de l’eau, l’observation des éclosions, l’aptitude à pêcher fin, font aussi partie du bagage d’un pêcheur à la nymphe de bon niveau. Mais si celui-ci maîtrise mal ses dérives, les refus seront nombreux. La pêche à la nymphe, qu’elle soit pratiquée à vue ou en aveugle, implique toujours de gérer la profondeur. On voit les difficultés que l’on peut rencontrer avec les dérives lorsque l’on pêche à la mouche sèche où, pourtant, la profondeur n’intervient pas. Il faut donc prendre en compte qu’il faut gérer cette dimension supplémentaire lorsque l’on pêche à la nymphe. Tous nos petits malheurs proviennent du nylon qui relie la mouche au pêcheur par l’intermédiaire du bas de ligne. La qualité des modèles de mouches et des nymphes actuelles n’est pas en cause.
    La plus réaliste des mouches sera refusée si elle drague, sur ou sous l’eau. Les truites et les ombres ont appris à se méfier de tout ce qui ne dérive pas naturellement. La plus infime retenue de la mouche éveille immédiatement la méfiance du poisson, qui pourra venir voir, parfois très près, mais restera gueule fermée. Il est amusant (frustrant à la longue j’en conviens) d’observer la réaction des truites qui refusent les nymphes. Lorsqu’elles ont le nez dessus, elles tournent soudain la tête de côté, comme un enfant qui refuse catégoriquement une cuillerée de soupe.


    LA RECHERCHE DE LA VERTICALITÉ

    Si l’on prend une colonne d’eau et que l’on laisse couler librement sans nylon une nymphe artificielle, on s’aperçoit que celle-ci peut tourner sur elle-même, mais globalement sa descente est parfaitement verticale. Mais si cette imitation se retrouve attachée à un filtrès fin, sa descente n’est plus verticale, mais s’effectue plus ou moins en biais. En action de pêche, elle se déplace bien évidemment en direction du pêcheur. C’est contre ce phénomène de pendule qu’il faut lutter à chaque lancer. Pour y parvenir, il n’existe pas de solution miraculeuse. Un long bas de ligne et surtout une très longue pointe permettent d’obtenir de bons résultats. Il est inconcevable de vouloir pêcher à la nymphe, de nos jours, avec une pointe dont la longueur est inférieure à 1,50 m, hormis en très petits cours d’eau peu profonds. Sur tous les autres cours d’eau, une pointe d’une longueur de canne (environ 2,70 m) est indispensable. Si l’on est un adepte du poser parachute, elle pourra même dépasser les trois mètres. Au final, on se retrouve avec un bas de ligne dont la longueur totale est comprise entre 6,50 et 7,50 mètres, qu’il faut apprendre à manipuler. Ces longueurs extrêmes sont propres à ce que l’on peut appeler, sans chauvinisme mal placé, l’école française, car je ne connais aucun autre pays où l’on utilise de tels bas de ligne. C’est à n’en pas douter pour cette raison que les meilleurs pêcheurs français réussissent si bien à l’étranger, où les poissons paraissent beaucoup plus faciles à prendre que sur nos cours d’eau à truites sauvages surpêchées. L’effort que nécessite la manipulation des longs bas de ligne mérite d’être consenti, tant les résultats sont appréciables par la suite.

    POSER SON BAS DE LIGNE DÉTENDU, PLUS FACILE À DIRE QU’À FAIRE

    Le poser du bas de ligne dit “détendu” fait aujourd’hui partie du langage courant du pêcheur à la mouche, pour toutes les techniques qui se pratiquent en dérive inerte (mouche sèche, émergente, nymphe). En pratique, c’est sur ce point que le pêcheur échoue. La perte de précision décourage celui qui découvre la pêche avec de longues pointes, alors que ceux qui y sont habitués peuvent poser leur mouche ou leur nymphe dans un mouchoir à 15 mètres. Signalons au passage que ce type de bas de ligne est fait pour pêcher entre 6 et 12 mètres, ce qui correspond aux conditions idéales de pêche. Au-delà de 15 mètres, même s’il reste possible de réaliser occasionnellement de beaux coups de longueur à plus de 20 mètres, les longs bas de ligne ne sont pas très adaptés à cet exercice. Il existe différentes techniques de lancer qui permettent d’obtenir des posers détendus, que nous décrivons régulièrement dans ces colonnes. Le plus simple à acquérir reste le poser dit parachute (appelé également poser en cloche). Après un lancer en coup droit classique, le dernier mouvement est amplifié pour amener la soie et le bas de ligne à plus de 45° avant de poser. Ainsi, l’ensemble se pose en “accordéon”. Ce mouvement doit être assez fortement exagéré pour accentuer son effet. On découvre alors qu’un bas de ligne de 6,50 mètres ne couvre plus, une fois posé sur l’eau, qu’une longueur équivalente à moins de la moitié. Il paraît ainsi beaucoup plus court ! Avec plusieurs années de pratique, l’expérience acquise autorise le pêcheur à la nymphe à explorer ainsi des couches d’eau de plus en plus profondes. On reconnaît les pêcheurs à la nymphe de haut niveau par leur propension à pouvoir pêcher dans plusieurs mètres d’eau avec des modèles petits et légers. C’est là tout l’art de cette pêche passionnante. Même après vingt années de pratique assidue, il est toujours possible d’améliorer ses dérives.

    ANIMATION DES NYMPHES, L’IMPORTANCE DU RELÂCHÉ

    Autre cause de refus, l’animation de la nymphe pour éveiller l’attention des truites et des ombres est également synonyme de dragage. Une grande partie des poissons pris à la nymphe le sont après une légère animation. Mais on peut aussi souligner qu’une grande partie des refus ont lieu juste après cette manoeuvre d’aguichage. En faisant remonter la nymphe de quelques centimètres, on est obligé de tendre légèrement le bas de ligne, ce qui engendre systématiquement un dragage si la pointe du bas de ligne n’est pas posée en accordéon à l’aplomb de la nymphe. C’est surtout au relâché que le poisson, tout d’abord attiré par ce leurre en mouvement, s’apercevra de la supercherie en voyant la nymphe redescendre en biais. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé d’animer la nymphe très près du poisson, au dernier moment, pour ne pas lui laisser le temps d’analyser ce qui se passe. Car il faut bien rappeler que la truite ou l’ombre s’emparent de la nymphe après l’animation, et non pas pendant. Penser que le poisson va suivre longuement et prendre une nymphe qui remonte de façon saccadée est une erreur, même si parfois cela se produit (cas des juvéniles ou des poissons peu éduqués). Limiter l’ampleur de l’animation au strict minimum permet de limiter le dragage. Une remontée de 2 à 5 cm suffit dans la majorité des cas pour décider le poisson à prendre. Rappelons que l’animation a pour rôle d’imiter la nage d’une larve ou d’une nymphe naturelle. Une animation prématurée compte parmi les défauts classiques observés chez les pêcheurs à la nymphe. Pour ceuxqui n’ont jamais pris le temps d’observer la nage des larves d’éphémères, ou encore celle des gammares, je ne peux que le leur conseiller, car il s’agit ensuite de tenter de la reproduire. Mais ces petites bestioles sont libres et ne souffrent pas de l’entrave d’un fil de Nylon. D’où la nécessité de tenter la manoeuvre à “l’économie”. Les poissons perçoivent le moindre mouvement d’une chose qui ne suit pas strictement le sens du ou des courants. En animant trop fortement la nymphe, on éveille plus leur méfiance que leur simple curiosité. La pêche à la nymphe peut s’expliquer, s’apprendre par l’intermédiaire de professeurs compétents, mais elle sera toujours empirique pour celui qui la pratique. La multiplication des erreurs, ou des progrès réalisés, lancer après lancer, doit permettre d’affiner la technique au point de réagir vite et avec précision. Faire des fautes est quelque chose de normal, qu’il faut absolument avoir vécu pour progresser. Je ne connais aucun bon pêcheur à la nymphe qui n’ait pas pratiqué de façon soutenue durant plusieurs saisons. Si les débuts sont décourageants, chaque progrès est une victoire autant qu’un acquis indélébile. Cette difficulté fait partie du plaisir que l’on peut retirer de cette technique de pêche où la chance et le hasard n’ont que très peu de place. Alors courage !

  • Canne Sakura Shinjin Spinning et Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Canne Sakura Shinjin Spinning et Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Les cannes pour la pêche aux petits poissons nageurs doivent permettre le lancer à distance respectable des leurres dont le poids est compris entre deux et cinq grammes. Sakura propose un modèle léger, maniable et dont l’action aide beaucoup à l’utilisation de micro leurres.

    Par Philippe Collet

    J’ai eu l’occasion de pêcher quelques lacs d’altitude du Queyras cet été avec mon fils Maxime. Afin de pouvoir les aborder dans les conditions les plus diverses, je n’étais préalablement équipé d’une petite canne à lancer peu encombrante et de quelques poissons nageurs pour compléter notre équipement mouche. L’objectif était d’avoir la canne la plus adaptée possible à la pêche des salmonidés de lac dont les tailles sont le plus souvent assez limitées, tout en gardant la possibilité de maîtriser un éventuel beau poisson. Cette canne devait permettre d’expédier des leurres légers avec facilité et confort. J’ai opté pour la canne Sakura Shinjin Spinning light en deux brins égaux. Longue de 1,83 m, cette canne mesure 95 cm repliée. Elle possède 7 anneaux Fuji et une poignée agréable où le pas de vis du porte-moulinet s’efface sous la mousse.
    Cette canne légère et rapide nous a permis de lancer de tous petits leurres et notamment le Baby Minnow River 2 sea avec lequel nous avons particulièrement bien réussi. Equipée d’un petit moulinet Twin Power 1000 garni de nylon 16/100ème, elle était très agréable à utiliser pour Maxime. Cette canne peut aussi envoyer des leurres plus lourds, mais à condition de rester en dessous de 7 grammes. Elle possède une bonne réserve de puissance dans le talon ce qui permet aussi de la destiner à la traque des carnassiers tout en finesse avec de petits poissons nageurs ou de petits leurres souples.

    Poisson nageur Baby Minnow 50 F River 2 Sea

    Ce petit Jerkbait de 50 mm et 2,5 g, flottant, qui évolue à environ 50 cm sous la surface, nous a permis de faire réagir et de prendre de nombreux poissons. Animé de petits twitchs secs qui le faisaient décrocher, ce leurre provoquait la montée, depuis les profondeurs de l’eau bleue, de poissons invisibles depuis la surface. Pour décider ces derniers à mordre, il suffisait d’accélérer l’animation, sans jamais l’arrêter, en espérant que les truites se décident à prendre avant d’arriver aux pieds du pêcheur.

  • Bas de ligne, éloge de la simplicité.

    Bas de ligne, éloge de la simplicité.

    Parmi les éléments qui ont contribué par le passé à faire de la pêche à la mouche une technique “d’élite”, le bas de ligne a toujours été placé en première ligne.
    Sur lui reposent tous les espoirs de présentations aussi précises que naturelles.
    Seulement voilà, à vouloir faire compliqué “pour faire bien”, on en oublie que seul le résultat compte. La tendance actuelle en matière de bas de ligne penche pour une simplification des formules. Voyons comment et pourquoi… Par Jean-Marc Theusseret 

    BDL2

    Les bas de ligne sont souvent la bête noire des pêcheurs à la mouche. Des formules simples et très efficaces existent. Elles méritent d’être essayées.


     Tant que la pêche à la mouche existera, on parlera des bas de ligne, liens inévitables entre la soie et la mouche.

    Botte secrète de nombreuses fines gaules qui le plus souvent ne sont pas très bavards au sujet de sa composition, le bas de ligne a toujours constitué un élément mystérieux apte à agiter les esprits. Au milieu du siècle dernier, cet élément de l’attirail du pêcheur à la mouche était volontairement présenté comme une chose complexe, et de nombreux auteurs halieutiques de l’époque contribuaient à le rendre particulièrement ésotérique. Certains d’entre eux se confondaient en formules mathématiques qui n’avaient d’autre but que d’asseoir leur statut d’expert halieutique, mais qui au final ont été un frein au développement de cette belle pêche à la mouche. Du temps des pêches faciles, le bas de ligne était principalement progressif.

    Ombre

    C’est-à-dire que la longueur des brins de nylon était de plus en plus courte au fur et à mesure que les diamètres diminuaient.

    Ce principe dit “rapide” en raison de son aptitude à s’étendre facilement au lancer est toujours utilisé pour les cours d’eau agités. A l’époque, il l’était aussi en rivières de plaine. Il aura fallu attendre le milieu des années 1980 pour que Piam dévoile le bas de ligne avec lequel il pêchait à la nymphe à vue, d’une conception inverse (dite dégressive) puisque les brins se voyaient allongés progressivement.

    Cet article, publié à l’époque dans Le Plaisir de la pêchede Philippe Matthieu, allait bouleverser le monde de la pêche à la mouche. Plus exactement, il y avait ceux qui avaient immédiatement pris conscience de l’ampleur du phénomène et… les autres ! Concrètement, il devenait possible, grâce à une longueur totale comprise entre 6 et 7 mètres et d’une pointe d’une longueur de canne, d’effectuer des dérives naturelles d’une longueur inimaginable, de leurrer des poissons craintifs, de pêcher plus fin… Depuis, la plupart des pêcheurs français pratiquant en grandes rivières ont adopté ce principe de grand bas de ligne dégressif (soit une longueur comprise entre 5,50 et 7 mètres). Pour aussi efficace qu’elle soit, cette formule nécessite au total neuf brins de nylon, soit les diamètres de 45, 40, 35, 30, 25, 20, 16, 14/100 et pointe.