Étiquette : no-kill

  • Truite et ombre, quel filet d’épuisette choisir ?

    Truite et ombre, quel filet d’épuisette choisir ?

    Si on veut remettre ses ombres et ses truites à l’eau dans les meilleures conditions, autant choisir un filet d’épuisette qui ne blesse pas les poissons. Le risque étant de voir les nageoires se découper sur des mailles trop grosses (deux à trois centimètres) et trop fines. Les filets micro-mailles comme celui de la photo sont très bien car il n’existe aucun risque de blessure. La mode est aux filets dont les mailles ont été plastifiés. Souvent lourdes et pas assez profondes, ces épuisettes ne sont – de l’avis de beaucoup – pas la panacée.

  • L’étang de Clessy en no-kill pour le black-bass

    L’étang de Clessy en no-kill pour le black-bass

    Situé sur la commune de Perrecy-les-Forges, l’étang de Clessy est une propriété de la Fédération de pêche de Saône-et-Loire. La gestion piscicole de ce plan d’eau est confiée à l’AAPPMA de Perrecy-les-Forges. Situé à proximité de Rozelay, ce plan d’eau de 1,5 ha est ouvert à tout détenteur d’une carte de pêche. D’une profondeur de 1 à 3 m maxi, il se prête relativement bien au développement des populations de black-bass. Dans un souci de valorisation halieutique et de protection de l’espèce, l’AAPPMA de Perrecy-les-Forges et la Fédération ont donc mis en place un parcours no-kill black-bass sur ce site au moyen d’un arrêté préfectoral signé par le préfet de Saône-et-Loire. La mise en place de ce parcours date de cet été.

    http://www.peche-saone-et-loire.fr/ou-pecher/no-kill/parcours-no-kill-black-bass-de-letang-de-clessy/

  • Le gouvernement écossais étudie l’éventualité de mettre 89 rivières en no-kill

    Le gouvernement écossais étudie l’éventualité de mettre 89 rivières en no-kill

    Après avoir abandonné le projet de marquage des saumons par les pêcheurs à la ligne, le gouvernement écossais étudie la possibilité d’imposer le no-kill dans 89 rivières en 2016. Le but étant de soutenir l’état des stocks, qui comme dans beaucoup d’autres pays voisins, montrent des signes de faiblesse. Les rivières ont été divisées en trois catégories, avec des mesures plus ou moins contraignantes selon les cas. Si le projet est accepté, il sera rediscuté chaque année en fonction de l’état des populations de saumons dans chaque rivière et de la réussite de la reproduction. Une belle leçon de courage politique, car en France, ce genre de chose est impensable. Non, en France, on dépense des millions pour faire remonter des saumons dans des fleuves où la souche a été perdue à tout jamais, et on laisse les cours d’eau encore viables se dégrader chaque année un peu plus…

  • Réglementation dans le Doubs et le Jura, le no-kill s’impose finalement

    Réglementation dans le Doubs et le Jura, le no-kill s’impose finalement

    Après de longues semaines d’attente, après avis des
    services de l’Etat, des associations, du Collectif SOS Loue & Rivières
    Comtoises, les arrêtés préfectoraux concernant la pêche dans les départements
    touchés par les pollutions des années dernières ont joué la prudence et c’est
    très bien comme cela. Localement, certains souhaitaient pouvoir prélever comme
    au bon vieux temps et il a fallu se battre pour tenter de préserver ce qui peut
    l’être.

    Ainsi, la pêche sur la basse Bienne (23 km entre le
    barrage d’Etables à Saint-Claude et le pont au niveau des carrières Di Lena),
    fermée depuis deux ans, sera à nouveau ouverte, mais en no-kill intégral. Le
    risque était en effet très grand de voir les stocks de truites disparaîtrent
    comme neige au soleil en cas de prélèvement. Idem en ce qui concerne le
    maintient du parcours no-kill sur l’Ain entre le bief de l’œuf et l’ancien
    barrage du Mesnois (parcours situé entre Marigny/Ain et le lac de Vouglans sur
    plus de 15 km). Dans le département du Doubs, l’arrêté préfectoral reconduit
    concernant la Loue, stipule également qu’il est interdit de garder les ombres
    et les truites farios : “Sur
    le tronçon de la rivière la Loue et sur l’ensemble de ses affluents et
    sous-affluents, de sa source à la confluence avec la Furieuse, la pêche n’est
    permise qu’à l’aide d’hameçons sans ardillon ou avec ardillons écrasés. En cas
    de capture, les espèces truite fario et ombre commun devront être immédiatement
    remises à l’eau, vivantes, sans distinction de taille
    ”.

    Si l’on peut se réjouir d’un tel souci de protection, cela
    ne doit pas voiler la face d’une situation qui reste très fragile. Les souches
    de truites et d’ombres sauvages de la Loue sont quasiment perdues dans une
    indifférence générale. Les populations de la haute Loue, constituées en grande
    partie de poissons d’élevages d’origines diverses apparaissent comme un avant
    goût du pauvre avenir de la rivière.

    En
    revanche, pour la deuxième année consécutive, le niveau de la Loue durant
    l’automne et le début de l’hiver s’est avéré favorable à de bonnes conditions
    pour la reproduction.

  • GESTION DE LA PÊCHE RÉCRÉATIVE EN FRANCE : UN DEMI-SIÈCLE D’INCOMPÉTENCE ET DE GABEGIE, mais « TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…. »

    GESTION DE LA PÊCHE RÉCRÉATIVE EN FRANCE : UN DEMI-SIÈCLE D’INCOMPÉTENCE ET DE GABEGIE, mais « TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…. »

    A l’heure où la FNPF lance une énième consultation auprès des pêcheurs, pour essayer d’enrayer la baisse ininterrompue de nos effectifs depuis un demi-siècle, Pierre Affre revient sur la gestion de ses dirigeants depuis la même période, accuse et propose quelques pistes.

    Si l’on en croit les instances officielles de la
    Pêche en France, en dépit de quelques petits problèmes et notamment une baisse
    constante et ininterrompue depuis 49 ans (année record en 1964) du nombre de
    pêcheurs, l’organisation qui gère la Pêche et les milieux aquatiques dans notre
    pays (FNPF) reste toujours « la meilleure et la plus démocratique du monde ».
    C’est du moins ce que ressassent depuis plus d’un demi-siècle, les différents
    présidents qui se sont succédé à la tête de l’Union Nationale de la Pêche en
    France (UNPF), devenue en 2006 la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF).
    Pour avoir personnellement connu en tant que membre d’une APP puis d’une
    AAPPMA, mais également en tant que journaliste, les règnes des Présidents
    Martini, Solhelac et maintenant Roustan, je ne me rappelle pas une seule fois
    en quarante cinq ans, avoir entendu l’un ou l’autre de ces dirigeants de la
    Pêche française, remettre en question leur gestion ou même les structures de la
    Pêche associative (sous le couvert de la bonne vieille Loi de 1901). Et
    pourtant au cours des 45 dernières années, je n’ai dû rater que six ou sept
    fois les grandes messes que sont les Assemblées générales annuelles des
    fédérations de Pêche, suivies de conférences de presse.

    En
    50 ans on est passé de presque 3 millions de pêcheurs à certainement moins d’un
    million aujourd’hui.

    Qu’au cours de ce demi-siècle écoulé, où
    répétons-le, le nombre de pêcheurs en eau douce est passé de presque 3 millions
    à certainement moins d’un million aujourd’hui (soit une perte des deux tiers
    des effectifs), les dirigeants « élus » des pêcheurs trouvent bien
    évidemment, de bonnes raisons de se conforter dans leurs présidences mais
    estiment que cette baisse ininterrompue est due à des facteurs indépendants de leur
    volonté et de leur gestion, passe encore ! Mais que la bonne vingtaine de
    ministres de l’Environnement qui se sont succédé au cours de la même période
    et ont presque toujours assistés à ces assemblées générales, n’aient jamais
    rien trouver à redire sur cette gestion associative qualifiée de
    « meilleure et plus démocratique du monde », est inquiétant et
    significatif de la façon dont nos élus politiques gouvernent. Pas plus
    d’ailleurs que les ministres de l’Environnement et leurs nombreux directeurs de
    Services, les différents présidents du
    CSP (Conseil Supérieur de la Pêche) n’ont trouvé à redire à cette gestion. Au
    cours du demi-siècle écoulé, ils ont entériné pratiquement toutes les décisions
    (les fameux « vœux ») des pêcheurs, souvent contre l’avis de quelques
    ingénieurs compétents de leur Service. L’ONEMA (Office National de l’Eau et des
    Milieux Aquatiques) qui a remplacé, il y a quelques années, le CSP, n’aurait
    paraît-il plus droit au chapitre en matière de pêche (le mot n’apparaît plus
    dans son intitulé) ni même de réglementation ! Les garde-pêche devenus « agents »
    de l’Onema, qui déjà du temps du CSP ne contrôlaient pas beaucoup les pêcheurs
    (en cinquante ans de pratique assidue au bord de nos ruisseaux, rivières,
    fleuves ou plans d’eau, je n’ai été contrôlé qu’une fois et encore par les
    gardes de la Brigade Mobile du Saumon, un jour d’ouverture à cette espèce),
    seraient-ils d’ailleurs encore habilités à le faire ? En tous cas, ils ont
    bien assez de leur 35 heures hebdomadaires, à essayer de faire respecter les
    lois sur l’Environnement et la protection des milieux aquatiques, pour en plus
    vérifier si le pêcheur croisé au bord de l’eau (encore faudrait-il, qu’ils y
    aillent…) est à jour de ces cotisations et respecte la réglementation en
    vigueur.

    Mise en œuvre et application de la
    réglementation halieutique.

    Et pourtant la gestion de la Pêche
    récréative, relève essentiellement de la mise en oeuvre et de l’application de
    règlements qui ont fait leurs preuves dans la plupart des pays (Etats-Unis,
    Grande-Bretagne, Irlande, Autriche, Scandinavie, Espagne…) qui connaissent la
    valeur du tourisme-pêche. L’augmentation des tailles légales de capture, la
    limitation du nombre de prises, la création de parcours « No-Kill »,
    l’interdiction ou du moins la limitation de certains modes de pêche
    destructeurs et incompatibles avec une gestion salmonicole (asticot et teigne
    pour la Truite, petite bête et autres larves pour l’Ombre), permettraient
    rapidement à nos rivières de retrouver un standard européen en matière
    d’halieutique.

    Ce n’est pas avec un prix moyen en
    2013, de carte annuelle de pêche de 85 € (ce qui met dans les eaux de première
    catégorie, la journée de pêche aux salmonidés à moins de 50 centimes
    d’euro), permettant de prendre dans certains départements un nombre
    illimité de truites, dans d’autres vingt ou au minimum dix par jour, que l’on
    peut raisonnablement gérer une ressource aussi fragile et précieuse. Soit
    les pêcheurs français accepteront de payer un peu plus cher pour leur loisir et
    le droit de conserver quelques beaux poissons, soit il leur faudra apprendre à
    pêcher en « No-Kill ».

    Il n’est pas normal que celui qui
    désire prélever des poissons, paye le même prix que celui qui les relâche. Dans
    les lieux de pêche foraine (eaux closes) les pêcheurs payent au poids les
    truites de pisciculture qu’ils ont capturé et qu’ils désirent
    emmener. Sur les parcours de type réservoir, la journée de pêche est en
    moyenne facturée autour de 40 ou 50 €, quelquefois beaucoup plus. Or ces types
    de parcours ne cessent de se développer dans notre pays, et les pêcheurs qui
    les fréquentent sont de plus en plus nombreux. Preuve s’il en fallait une, que
    malgré les acquis de la révolution de 1789, les Français sont comme leurs
    collègues des autres pays européens, prêts à payer, même assez cher pour un
    loisir pêche de qualité. Les mentalités en effet ont évolué. Les
    pêcheurs de ce début de troisième millénaire, recherchent plus dans leur
    loisir, un sport voir un art de vivre, qu’un moyen de remplir à bon marché un
    congélateur. Les « viandards », ne font plus la loi, même si dans
    certaines régions, comme le Sud-Ouest ou les Pyrénées, les
    « asticotiers » semblent se retrancher dans ce qui risque d’être leur
    dernier bastion.

    Comment est dépensé l’argent des pêcheurs?

    Pour en revenir à la façon dont est dépensé l’argent des
    pêcheurs—autour de cent millions d’euros annuellement—il nous faut ici
    distinguer, l’argent des cartes de pêche, de celui des taxes piscicoles
    devenues avec la création de l’Onema, des « contributions à la protection
    des milieux aquatiques ». Au temps du CSP, les salaires des gardes comme
    on les appelait encore et des ingénieurs de « Régions piscicoles»,
    étaient, avant que la baisse continue des cartes de pêche, n’y pourvoit plus,
    payés avec l’argent des taxes piscicoles. Dans les années 80-90, alors que le
    nombre de pêcheurs avait déjà diminué de moitié au cours du quart de siècle
    précédent, quand dans le même temps les indices des salaires de la fonction
    publique ne cessaient d’augmenter, il a fallu que l’Etat mette la main à la
    poche, pour renflouer le CSP. Mais là encore aucun des ministres de
    l’Environnement n’y trouva à redire. Seul Michel Charasse ministre du Budget du
    Président Mitterrand et lui-même pêcheur à la ligne, s’essaya à donner un coup
    de pied dans la gigantesque fourmilière halieutique, pour récupérer plus
    rapidement l’argent des taxes piscicoles et mieux le redistribuer…Mais il fut
    désavoué par le président Mitterrand qui préféra écouter Jean-Michel Baylet,
    son ministre du Tourisme et propriétaire de la Dépêche du Midi, qui donna dans
    son journal la parole à tous les asticotiers radicaux-socialistes du Sud-Ouest,
    pour qu’on ne touche surtout pas aux structures associatives (loi de 1901) de
    la Pêche. Et encore une fois la gestion la plus démocratique en même temps que
    la meilleure du monde fut sauvée.

    Et pourtant, en
    1964 nous étions près de trois millions

    2 964 000 très exactement (chiffre du ministère des
    Finances) à acquitter une taxe piscicole quand la population française de
    l’époque était loin des soixante et quelques millions d’aujourd’hui. En 1964
    les RTT n’existaient pas, la retraite était à 65 ans et beaucoup n’en profitaient
    pas longtemps (l’espérance de vie n’était pas la même qu’aujourd’hui) et
    mourraient avant d’avoir eu le temps
    d’aller à la pêche. En 1964 contrairement à ce que l’on pourrait croire, les
    rivières et les fleuves étaient beaucoup plus pollués qu’aujourd’hui, et la
    mode en 1964 n’était pas comme de nos jours aux loisirs “écologiques”… Alors
    comment se fait-il qu’au cours des cinquante dernières années nous n’ayons pas
    augmenté l’effectif de 1964, mais perdu les deux tiers des pêcheurs ???…

    Pour avoir donc, assisté en tant que journaliste, à presque
    tous les Congrès de l’Union Nationale des Pêcheurs depuis le milieu des années
    70, et entendu les litanies des présidents
    Martini, Solhelac et maintenant Roustan, je vais vous donner en “scoop” les
    raisons de cette perte de plus de deux millions de pêcheurs. C’est à cause des
    sécheresses (1976, 2006) ou des
    inondations (1981, 88, 95, 2006, 2013), des tempêtes (1999 et 2009) ou de la Coupe
    du monde de football (1998), ou de rugby, de la concurrence de la planche à
    voile, du tennis, du golf, du vélo tout-terrain, de la pétanque….Sans rire,
    toutes ces raisons (sauf la pétanque) ont tour à tour, été invoquées le plus
    sérieusement du monde par les dirigeants français de la Pêche associative, pour
    expliquer la baisse ininterrompue depuis 1964 du nombre de cartes de pêche…

    Hémorragie
    halieutique hexagonale

    Au ministère de l’Environnement quelques experts
    certainement énarques, expliquent cette hémorragie halieutique hexagonale par
    une évolution de la composition de la société française avec déclin du secteur
    primaire au profit du tertiaire. Etrangement, partout ailleurs dans le monde
    occidental, l’urbanisation et les conséquences sociales qui l’accompagnent ont
    au contraire entraîné un regain d’intérêt pour les loisirs de plein air en
    général et pour la pêche en particulier….Ainsi en Grande Bretagne les clubs de
    pêche regroupent 3,6 millions de pêcheurs réguliers, alors que remarquons le,
    dans les îles britanniques le réseau hydrographique ne représente pas le quart
    du nôtre en linéaire de cours d’eau et surfaces de plans d’eau réunis…En
    Allemagne, d’après le ministère du tourisme il y a 5,1 millions de pêcheurs
    pratiquant régulièrement et la pêche récréative génère dans ce pays 270
    millions d’euros de retombées économiques. Aux Etats-Unis d’ Amérique, les
    derniers chiffres publiés en 2012 par le ministère de l’Intérieur (qui gère la
    pêche, la chasse et les parcs nationaux) font état de 58 millions de pêcheurs
    récréatifs (eau douce et mer confondu il est vrai)….qui eux généreraient plus
    de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire, liée à cette activité…. Pour
    avoir de tels résultats, ces trois pays seraient-ils beaucoup moins urbanisés
    que le nôtre??? Bénéficieraient-ils de conditions météo idéales pour la pêche,
    sans inondations, sans sécheresse… La planche à voile, le golf et le tennis n’y
    seraient-ils pas pratiqués !! Cherchez
    l’erreur….En fait dans ces trois pays cités en exemple, comme dans des dizaines
    d’autres de par le monde, la pêche sportive ou récréative est gérée par des
    gens compétents, qui ont fait, font et continueront de faire ce qu’il faut pour
    que leurs pêcheurs ne désertent pas les bords des rivières, et surtout prennent
    des poissons, même si c’est aujourd’hui la plupart du temps, pour les relâcher
    ensuite.

    Pourtant si l’on en croit nos dirigeants “officiels”, il
    ne faut surtout pas toucher aux structures et fondements de la pêche française ni
    invoquer une quelconque incompétence de ses dirigeants. Et pour que les élus et
    les hommes politiques entendent bien ce discours, l’Union Nationale (devenue la
    FNPF) leur rappelle à chaque élection que les pêcheurs et leurs familles
    représentent en France quatre à cinq millions de bulletins de vote potentiel
    (tu parles!!)…

    Exode des pêcheurs
    français vers l’étranger.

    Mais si les Français pêchent de moins en moins nombreux
    tous les ans dans leurs eaux, ils sont de plus en plus nombreux à s’expatrier
    pour pratiquer leur loisir à l’étranger….Là encore chercher l’erreur ! Dans
    tous les pays du monde où la pêche est gérée et rapporte aux économies
    nationales et locales, il est possible de pêcher la truite jusqu’à généralement
    la mi-octobre (chez nous fermeture au 3 éme samedi de septembre), il est
    possible et même recommandé de pêcher l’ombre jusqu’à la fin décembre voire la
    fin janvier en Bavière (chez nous fermeture en même temps que la truite)…Dans
    tous les autres pays, il est possible en février, mars, avril de pêcher la
    perche, le sandre ou le silure à la cuiller ou autres appâts artificiels, chez
    nous c’est interdit car on risquerait de prendre un brochet…Voila trois petites
    pistes que nous suggérons à nos dirigeants, ainsi d’ailleurs qu’à l’ONEMA (si
    cette dernière toutefois a son mot à dire en matière de modification de la
    réglementation) d’explorer rapidement, si ils veulent enfin, après près de
    cinquante années de baisse, essayer d’enrayer la chute des effectifs de
    pêcheurs.

    D’autres grandes orientations seraient d’autoriser pour de
    nombreuses espèces (pas seulement la carpe, mais aussi pourquoi pas la truite,
    comme aux Etats-Unis…) la pêche de nuit et bien sûr de généraliser les parcours
    « No kill » (voir notre encadré)
    et surtout sur ces parcours, de prévoir une surveillance vigilante comme cela
    se pratique partout dans les autres pays. Mais en fait plutôt que tenter
    d’aménager et de rapiécer un système qui a fait la preuve de son inefficience
    depuis trop longtemps, ce serait plutôt par une décision conjointe des
    ministres de l’Ecologie et du Tourisme, à nos dirigeants politiques de changer
    les structures associatives de la Pêche récréative et d’en confier la gestion,
    non plus à des notables (not able, pas capable en anglais) « élus »
    par moins de 10 peut-être même 5% des pêcheurs, mais à des gens compétents (en
    hydrobiologie, en halieutique, en économie) comme nous en avons dans de
    nombreux services de l’Etat.

    Pierre
    Affre

    ENCADRÉ :
    LE « NO-KILL » (alternative : DES QUOTAS RESPECTÉS) : UN
    MODE DE GESTION INCONTOURNABLE POUR LES SALMONIDÉS ET LES CARNASSIERS.

    Aujourd’hui, surtout chez les jeunes
    pêcheurs, on constate avec plaisir, le développement d’une éthique et d’un
    discours en faveur d’une pêche sportive, qui respecte le poisson et désire
    protéger le milieu et ses habitants. Contrairement à la chasse, nous avons la
    chance à la pêche, de pouvoir relâcher nos prises, qui ainsi nous redonneront,
    à nous ou à d’autres, du plaisir pour une prochaine fois. Et sans demander une
    généralisation du « No-Kill », nous pensons, contrairement à de trop
    nombreux présidents départementaux de Fédérations de Pêche, que si l’on
    n’impose pas réglementairement, cette forme de gestion, sur des parcours
    délimités et suffisamment vastes, comme cela existe maintenant partout à
    l’étranger, nous ne pourrons dans notre pays, en voir les immenses avantages.

    En effet, un parcours ne peut-être
    « no-kill » de façon facultative. Même si de plus en plus de jeunes
    pêcheurs, s’imposent à eux-mêmes de relâcher leurs prises, personne n’en tirera
    avantage, ni les autres pratiquants, ni le milieu, si une poignée de
    « viandards » viennent ensuite écumer le parcours avec un mode de pêche
    autre qu’aux leurres artificiels. Vu l’immensité de notre réseau hydrographique
    salmonicole (150 000 km de ruisseaux, 60 000 km de petites rivières et 15 000
    km de rivières) il ne nous apparait pourtant pas exorbitant de demander à
    nos Présidents fédéraux, à titre d’expérience, de créer
    plusieurs kilomètres de parcours « no-kill » par département. On
    pourrait ainsi tout à fait imaginer, des parcours réservés à la mouche et
    d’autres mixtes, ou le lancer aux leurres artificiels serait également
    autorisé. Seule la pêche aux appâts naturels est incompatible avec ce type de
    parcours, puisque le taux de survie des truites ou des ombres qui ont engamé profondément
    un appât, est nettement diminué. Quand, en moyenne, il y a sans compter les
    ruisseaux ou même les petites rivières, au moins 200 km de rivière
    à truite par département, est-ce exagérer, que d’en demander la mise en
    « no-kill » de 10 ou 20 km? Le « no-kill » est aujourd’hui
    devenu dans tous les pays qui gèrent un tourisme-pêche de qualité, un mode de
    gestion incontournable. Il serait grand temps, que nos gestionnaires autorisés
    et leur ministre de tutelle, à l’Environnement, s’en aperçoivent. Si des
    décisions rapides, ne sont pas prises dans ce sens, craignons que la
    privatisation des meilleurs parcours salmonicoles, déjà bien entamée dans notre
    pays, ne s’y généralise.

  • Première édition du salon Pêche au Pays basque

    Première édition du salon Pêche au Pays basque

    Le premier salon « Pêches Pays basque » s’installera le dimanche 27 mai 2012 sur la grande Nive sur le parcours no-kill de Saint-Martin-d’Arrossa. Organisé par l’AAPPMA de la Nive et l’Office de tourisme de Saint-Jean-Pied-de-Port dans le cadre d’un programme transfrontalier avec l’Espagne, l’évènement se déroulera simultanément au bord de la rivière (animations pêche, démonstrations de professionnels, parcours de lancer ou encore banc d’essais) et dans un lieu couvert avec de nombreux exposants. Vous pourrez y rencontrer les principaux acteurs pêche du département, ainsi que des professionnels (guides, compétiteurs, détaillants, etc.). L’entrée est gratuite, alors n’hésitez pas à faire un tour dans ce tout nouveau salon si vous êtes dans la région. Bonne chance donc à ce tout nouvel évènement halieutique !

     

    Renseignements :

    www.aappma-delanive.fr

  • L’origine du no-kill et sa signification actuelle

    L’origine du no-kill et sa signification actuelle

    Dans notre société de plus en plus urbaine, l’écrasante majorité des gens mangent de la viande présentée sous film plastique, vendue en grandes surfaces, provenant d’animaux d’élevages dont très peu se soucient de la vie et de la mort de ces animaux. La mort est devenue une chose que l’on ne regarde plus en face. Le no-kill des pêcheurs subit le même phénomène. Cette pratique permet d’éviter de se confronter à la mort, ce qui permet à l’activité pêche de coller à l’air du temps. Les extrémistes qui ont interdit le nokill en Allemagne et en Suisse ne semblent pas faire la différence entre la pêche, l’équitation ou l’élevage de chiens de race par exemple. Interdit-on l’équitation sous prétexte que les chevaux montés et dressés le sont toujours contre leur gré ? Paradoxe d’une société urbaine où la morale ne fait pas toujours bon ménage avec la bonne foi. La vision urbaine de l’écologie est un danger. C’est pourtant cette écologie-là qu’on nous propose. La vie dans les grandes villes coupe les jeunes d’un rapport à la ruralité où cette question de la mort était synonyme de respect des êtres vivants. Les hôpitaux et des maisons de retraite prennent en charge les derniers jours précédant la mort des humains. Il y a seulement quelques décennies, la mort se vivait à domicile, en famille, au prix d’une longue veillée des mourants. Ce n’est pas la pratique d’un peuple sous-développé au milieu de la jungle, mais ce qui se faisait dans la campagne française et européenne il y a peu de temps, et qui doit encore se pratiquer ici ou là. La mort est devenue une chose que l’on ne regarde plus en face, que l’on confie à des gens dont c’est métier. Le merveilleux monde urbain que nous connaissons aujourd’hui fait abstraction de la mort.

    Au départ, le no-kill n’était pas une façon de fuir la mort, mais un acte sportif au sens où la façon de prendre était plus importante que la quantité prise. Le no-kill était alors présenté comme un acte de désintéressement de la proie. Une histoire de méthode, donc. Cet esprit sportif développé par Lee Wulff, Stu Apt, Lefty Kreh, Zane Grey ou Hemingway et d’autres précurseurs américains ont permis de créer l’International Game Fish Association (IGFA) en 1939. Si, à l’époque, l’IGFA concernait principalement la pêche à la traîne en mer et la pêche sur les flats de Floride et du golfe du Mexique, l’influence de cette nouvelle façon de pêcher a gagné rapidement la pêche en eau douce des salmonidés et des carnassiers. Tout ce qui régit la pêche sportive aujourd’hui dans le monde date de cette époque des pionniers, avec ses règles strictes. Si le no-kill s’est généralisé, chaque pays n’a pas adopté les mêmes règles, ou les mêmes dogmes, en matière d’éthique halieutique. Cela explique la façon dont le no-kill est pratiqué et considéré dans chaque pays. En France, en ce qui concerne la pêche des carnassiers, la pratique du no-kill fait parfois figure d’alibi qui permet – entre autres – l’organisation de compétitions, sans quoi cela ne serait pas possible. Imaginez un street fishing avec 200 perches mortes sur les quais de Seine en plein Paris ! Les pollutions aux PCB servent la cause du no-kill. Les pêcheurs ne doivent cependant pas oublier que l’étape suivante, si on applique la réglementation suisse ou allemande, interdit tout simplement la pratique de la pêche dans les rivières polluées au PCB. Et c’est ce qui se passe dans ces deux pays limitrophes…

    Jean-Marc Theusseret

  • Pêche sportive et respect du poisson

    Pêche sportive et respect du poisson

    Le fondement de l’évolution de la pêche de loisir en France repose aujourd’hui sur la pratique du no-kill. Les pêcheurs pensent ainsi que la pêche est devenue une activité de plein air comparable à d’autres. Seule différence, notre loisir implique des êtres vivants qu’il faut respecter, manipuler le moins possible, et avec le plus grand soin. Malheureusement, ce n’est pas toujours ce que l’on voit au bord de l’eau. Les pêcheurs ne semblent pas conscients de l’image qu’ils véhiculent bien au-delà du cercle halieutique.

    Par Jean-Marc Theusseret

    La pêche de loisir évolue. Fini le temps de la récolte où un bon pêcheur se reconnaissait à la taille de son panier. Un peu partout dans les pays développés et riches, le no-kill s’est imposé. Le poisson n’est plus forcément un aliment, mais un être vivant que l’on respecte et que l’on remet à l’eau vivant. Ainsi les pêcheurs sportifs revendiquent une éthique irréprochable. Dans la pratique cependant, les choses ne sont pas toujours aussi idylliques car un certain nombre de pêcheurs pratiquent le no-kill sans prendre suffisamment de précautions et sans toujours se préoccuper de la survie du poisson après la remise à l’eau. Et cela touche toutes les techniques de pêche sportives, à la mouche ou au lancer. Les pêcheurs confondent no-kill (ne pas tuer) et remise à l’eau. Beaucoup sont adeptes du “service minimum” qui consiste à remettre à l’eau un poisson sans prendre suffisamment de précautions.
    Le débat peut paraître anodin mais la pratique du nokill sera sans doute dans quelques années un débat qui opposera les pêcheurs aux défenseurs des animaux. Bien avant l’interdiction, dans certaines provinces espagnoles, de la corrida, bien avant l’interdiction de la chasse à courre du renard en Angleterre, le no-kill a été interdit dans deux de nos pays voisins, l’Allemagne tout d’abord il y a une dizaine d’années et la Suisse en 2008. Je me souviens du coup de massue qu’ont pris sur la tête les pêcheurs français lorsque la nouvelle est tombée concernant la Suisse via les forums. Les “no killeurs bloggeurs” français étaient abasourdis et ne trouvaient pas les mots pour exprimer leur incompréhension. Passé l’étape du choc psychologique, certains tentaient de rassurer les autres membres des forums en disant “ouais, mais ça ne pourra jamais arriver chez nous”. Pas sûr. Dans ces deux pays où l’on doit désormais tuer les poissons dans le respect du quota journalier (et dès qu’il est atteint on doit arrêter de pêcher), les défenseurs des animaux sont passés “en force” en faisant adopter des lois sur un sujet qui a surpris tout le monde. Et dans les deux cas, la raison de leur victoire est liée aux souffrances qu’endurent les poissons lorsqu’ils sont capturés puis remis à l’eau. La France fait partie de l’Europe, et qui sait si dans dix, quinze ans ou même avant, une loi européenne n’interdira pas la pratique du no-kill dans tous les pays de l’Union. La question peut sembler aussi incongrue que ne l’a été la pratique généralisée du no-kill, méthode que personne ou presque ne pratiquait ou n’imaginait praticable il y a vingt ans en France.

    Les dérives du no-kill

    Soyons clair. La pratique du no-kill ne peut exister que si les pêcheurs respectent profondément les animaux qu’ils recherchent. Il faut de l’amour, de l’attention et cela doit être naturel et non parce que ne pas prendre assez de précautions permet à certains de nous montrer du doigt. Les pêcheurs de carpes ont montré l’exemple avec une pratique du no-kill quasi irréprochable. Les pêcheurs à la mouche de truites et d’ombres bénéficient d’un avantage sur les autres techniques grâce à l’emploi de petits hameçons sans ardillons. Mais, en ce qui concerne la pêche des carnassiers, tout est plus compliqué. Certes, un brochet dispose d’une dentition autrement mieux fournie que celle d’un ombre, ce qui impose des hameçons permettant sa capture.
    La perche est fragile au niveau de sa mâchoire et la mode, qui nous vient des champions américains ou japonais pêcheurs de black-bass, est de tenir une pauvre perche par la mâchoire inférieure avec tout le poids de son corps qui repose sur celle-ci. Il n’est pas nécessaire d’être vétérinaire pour comprendre que l’animal se passerait bien de cette gymnastique. Les pêcheurs aux leurres copient bêtement les champions des grands tournois de pêche du black-bass sans se poser de questions. De même, la pêche du sandre et de la perche en lac de retenue pose le problème de la décompression chez les individus pris à une profondeur inférieure à une dizaine de mètres. Les percidés disposent d’une vessie natatoire différente de celle des cyprinidés.

    Chez la perche et le sandre, la vessie natatoire est double et ne comprend aucun système qui les relie à l’extérieur, comme le tube pneumatique que l’on retrouve chez les cyprinidés, le brochet ou le silure. Par cette particularité anatomique, les percidés, c’est-à-dire les deux espèces de sandres européens, le sandre nord-américain et la perche, forment une famille à part des autres poissons. Les sandres et la perche subissent plus que les autres poissons les variations de pression liées à la profondeur car, dans leur cas, le gaz de la vessie natatoire transite par le sang et les cellules, ce qui prend beaucoup de temps. En cas de remontée de 30 mètres, le volume “d’air” dans le poisson et dans le sang se trouve multiplié par trois. Ainsi les yeux des sandres sortent des orbites, l’estomac ressort généralement par la bouche et le poisson se trouve incapable suite à sa remise à l’eau de regagner sa profondeur initiale. Pourquoi ? Parce que sa densité ainsi modifiée le fait flotter comme un bouchon. Affaibli par le combat, le sandre tente de plonger mais souvent il n’a plus assez de force pour regagner sa profondeur. Dans ce genre de situation, la meilleure solution consiste à jeter littéralement le sandre à l’eau tête la première de façon à créer un choc qui déclenche chez lui le réflexe de nager rapidement vers les profondeurs.
    C’est un réflexe que tous les sandres possèdent. Cette remise à l’eau un peu brutale peut choquer certains, qui interprètent parfois ce plongeon comme un manque caractérisé de respect du poisson, voire comme une provocation envers les autres pêcheurs. C’est pourtant la seule solution. Pour autant, ce n’est pas parce que le sandre a le réflexe de plonger sur quelques mètres qu’il se remettra bien de son aventure.

    Une option supplémentaire consiste à percer l’estomac du sandre avec une aiguille pour lui faire retrouver un volume normal. Tout et son contraire ont été dits à ce sujet et on peut juste trouver fort regrettable de devoir en arriver là ! Idem sur les vitesses de remontée des sandres. Sur ce sujet, deux écoles s’opposent. La première consiste à remonter très lentement un sandre pris en profondeur pour qu’il ait le temps de décompresser. Sauf à mettre une demi-heure – ce que personne ne fait –, une remontée de 25 mètres en dix minutes ne sert qu’à prolonger les souffrances de l’animal. L’autre technique consiste à l’inverse à remonter le sandre “normalement” et à le remettre à l’eau le plus vite possible. Un pêcheur sportif respectueux du sandre et qui pratique le no kill, et non pas le catch and release moribond ou vif, ne doit pas pêcher par grande profondeur.
    L’attitude de nombreux pêcheurs de carnassiers est largement critiquable. La compétition n’arrange pas les choses. Il faut prendre des poissons dans toutes les conditions et l’on finit par confondre les poissons avec les points qu’ils représentent. Mettre dans un vivier à bord d’un bateau des poissons pris à 20 mètres de profondeur est un acte totalement incompatible avec le no-kill. Les organisateurs des tournois de compétitions sont tous des pêcheurs de carnassiers parfaitement au courant de la question, mais aucun n’a eu le courage de se mesurer au problème. Il est de toute façon impossible d’imposer une profondeur maximale de pêche aux concurrents. La mesure la plus réaliste serait de ne pas homologuer les poissons présentés au contrôleur qui présenteraient les signes caractéristiques d’une remontée trop longue et brutale. Dans son livre Sandre à la verticale, le pêcheur belge et grand compétiteur en Belgique et en Hollande Wim Van de Velde (voir le DVD Pêches sportives n° 8), a consacré un chapitre entier à ce problème de décompression que connaissent les percidés. Wim pousse clairement les pêcheurs de sandres à renoncer – comme lui – à la pêche en grande profondeur. Dans ce livre dédié à la pêche à la verticale, ce chapitre était indispensable et c’est bien qu’un grand champion comme lui ait eu le courage de briser ce sujet tabou dans le monde de la pêche du sandre. Une autre dérive sur les lacs français, qui concerne également les viviers, consiste à mettre des poissons pris dans un vivier pour le simple plaisir de les promener toute la journée dans le but de les montrer aux copains situés bien plus loin sur les lacs et de les remettre à l’eau moribonds à parfois plusieurs dizaines de kilomètres de l’endroit de leur capture…

    Du danger des pinces à poissons

    Chez les pêcheurs aux leurres, le “boga grip” devient le moyen favori pour immobiliser un brochet, un aspe ou un sandre. A la rédaction, nous avons depuis quelques années déjà adopté cet outil peu encombrant et efficace. Les modèles dont la tête tourne sont de très loin préférables à ceux à tête fixe. En cas de rotation du poisson à la surface (très fréquent avec le brochet) lorsqu’il vient d’être pris par la mâchoire inférieure, la rotation de la tête accompagne librement les mouvements du poisson. Dans le cas d’une tête fixe, le brochet finit le plus souvent avec un trou dans la mâchoire, voire avec une déformation de celle-ci, ce qui est inacceptable.
    Mais un autre risque est régulièrement sous-estimé par les pêcheurs. Il est beaucoup plus grave pour l’animal que le précédent. Peu de pêcheurs semblent conscients du danger qu’ils font prendre à leur prise en les soulevant purement et simplement. Le risque ne concerne pas la mâchoire – bien que celle-ci ne doive pas être en excellente posture à ce moment là –, mais les vertèbres et les vaisseaux sanguins du poisson. Un poisson n’est absolument pas conçu pour supporter son poids suspendu hors de l’eau. C’est pourtant ce que l’on voit faire, par méconnaissance et non pas par sadisme, à longueur d’année. Le problème semble d’autant plus grave que le poisson est gros. Aux Etats-Unis, cet acte a fait l’objet d’enquêtes et d’études commanditées par les associations écologistes mais aussi par les pêcheurs euxmêmes. Si les résultats qui concluent à une mort lente de 80 % des individus ainsi traités sont à prendre avec prudence, on ne peut que reconnaître la légitimité de ces études (faciles à trouver sur Internet mais le plus souvent payantes, comme celle de ScienceDirect ou de Trout Underground). Quelle image pour les non-pêcheurs et les anti-pêche de voir une belle photo avec un poisson suspendu par à peine 2 cm2 de sa mâchoire ? Quel geste inutile, qui témoigne du peu de respect pour les poissons dont font preuve certains pêcheurs, qui prétendent leur sauver la vie ! Cette pratique est idéale pour porter le flanc à la critique, pour révéler, via le no-kill, des maltraitances infligées aux poissons.

    Les pêcheurs aux leurres seraient- ils cossards au point de ne pouvoir supporter avec l’autre main le corps du poisson ? C’est si facile et efficace. En bateau pas de problème, on pose la canne et on prend le poisson à l’horizontale, une main sur le boga grip, l’autre sous le ventre et le tour est joué. Depuis le bord, même méthode. En float tube, où il est bien difficile d’emmener une épuisette, le boga grip est recommandable. En float-tube, la position du pêcheur est tellement basse que, sauf pour se faire prendre en photo par un comparse, on laisse le poisson dans l’eau, on décroche le leurre et le poisson peut repartir. Une bonne utilisation du boga grip ne demande aucun investissement supplémentaire mais juste de se baisser un peu… Connaissez-vous les épuisettes à filet en caoutchouc ? Pour la pêche en bateau, rien ne remplace l’épuisette, un accessoire un peu oublié ces derniers temps mais qui n’a pas d’équivalent pour sortir un gros poisson de l’eau sans le blesser, voire en le laissant dans l’eau pour le décrocher. Mais, attention, pas n’importe quelle épuisette. Lesmodèles à grosses mailles sont à proscrire, car elles présentent l’inconvénient de découper les nageoires des poissons lors du soulèvement. Les modèles à micro mailles en nylon évitent ce problème, mais les hameçons et la nageoire dorsale des sandres, piquante, se prennent facilement dans les mailles. De plus, le filet plein de mucus a beaucoup de mal à sécher et c’est autant de mucus que le poisson a perdu. La solution se trouve du côté des pêcheurs américains de muskinongés. Les marques Beckman et Frabill proposent des modèles parfaits à tous points de vue. Ils ont eu la bonne idée, à partir d’un filet normal, de le tremper dans un bain de caoutchouc. C’est beaucoup mieux pour le poisson et pour le pêcheur, car les hameçons ne s’y accrochent pas et ce type de filet sèche en quelques minutes. Seul problème, elles ne sont à notre connaissance pas importées en France. Heureusement, certains fabricants français ont eu la bonne idée de se lancer sur cette piste. C’est le cas notamment de Pike’n’Bass et de Hearty Rise et Pafex. Nous ne pouvons que vous encourager à avoir recours à ce type d’épuisette. Aux pêcheurs de faire des efforts La responsabilité des médias, des pêcheurs de compétition, des voyagistes, bref de tous ceux qui se mettent en avant dans le monde de la pêche des carnassiers, est très importante car les jeunes pêcheurs copient facilement les poses de leurs idoles sur les photos-souvenirs.
    En résumé, respectez les poissons et on respectera les pêcheurs. Pour le moment nous sommes encore loin du compte. Tôt ou tard, les pêcheurs devront se justifier à propos de la pratique du no-kill. Alors nous avons tout intérêt à débattre de cette question avant qu’on ne nous l’interdise. Oui, le no-kill est une question morale, oui c’est de la responsabilité des pêcheurs, non, ce n’est pas un droit acquis immuable… Pour l’heure, le no-kill est un sujet presque tabou, on le met en avant constamment comme étant autant un acte de gestion piscicole que le “volet écologique” d’une pêche qui doit vivre avec son temps, sans que personne se risque à en vérifier la pratique.

  • Les truites de Magnac sur Touvre

    Les truites de Magnac sur Touvre

    « La Camoche » à Magnac… en Charente. Drôle de nom et drôle de région pour pêcher des truites à la mouche me direz-vous, et pourtant c’est un parcours magnifique, avec de gros poissons ! Toutes les infos sont ICI !! Et si vous voulez avoir une idée de ce qu’il s’y pêche, regardez donc ce petit film de Laurent… 

  • L’Aligon au Pont de Monvert, Lozère.

    L’Aligon au Pont de Monvert, Lozère.

    Ce très beau parcours d’environ deux kilomètres se situe sur le cours aval de l’Alignon, à la confluence avec le Tarn. Truites sauvages, eaux cristallines, décors de rêve, il s’agit d’un des plus beaux parcours de Lozère.

    La pêche y est technique et passionnante.
    L’approche des truites sur les lisses des nombreuses vasques demande de la discrétion et les lancers doivent être précis.

    En revanche, les secteurs les plus animés sont majoritaires et demandent moins de discrétion. Sur ces portions rapides, la pêche se pratique à la mouche sèche, à l’aide d’une canne assez longue (au moins 9 pieds) pour limiter le dragage. Une fine soie naturelle ou synthétique sera équipée d’un bas de ligne de 3,5 à 4 mètres terminé par une pointe en 12/100 d’environ un mètre. En l’absence de gobages, la pêche des postes à la mouche sèche s’avère efficace. Les imitations de trichoptères en poils de cervidés, les montages parachutes et toutes les mouches qui flottent bien sont très adaptés à ce cours d’eau.

    L’observation des insectes éclos permet d’adapter le choix de l’artificielle, notamment en ce qui concerne la couleur et la taille. Les truites de l’Alignon sont plutôt bonnes filles, mais une erreur de choix de mouche réduit considérablement les montées.
    Pascal Vernier, président de l’AAPPMA et guide de pêche sur le haut Tarn et l’Alignon, nous a appris à connaître les mouches locales lors de notre séjour, ce qui a considérablement augmenté notre taux de montées franches ! Les adeptes de la pêche à la nymphe à vue se régaleront tout autant sur les lisses.
    Les petites nymphes type pheasant tail sur hameçon n° 18 ou 20 donnent de très bons résultats. Si la taille des truites oscille généralement entre 18 et 23 centimètres, les spécimens de 30, 35 et même 45 centimètres ne sont pas exceptionnels.
    C’est donc un parcours authentique que propose l’AAPPMA, La Truite pontoise, où vous aurez peut-être la chance de surprendre l’une des dernières loutres sauvages de France à travers les eaux pures de l’Alignon.

    Sébastien avec une petite truite de l’Alignon prise à la nymphe à vue.


    Notre avis : l’Alignon est un cours d’eau calcaire affluent du haut Tarn, situé en amont du village pittoresque du Pontde- Montvert. Le parcours mouche nokill proposé s’étend sur 2 000 mètres au profil idéal pour la pêche à la mouche.        

    Renseignements pratiques :
    Type de parcours : mouche no-kill.
    Longueur : 2 000 mètres.
    Réglementation : mouches sèches, noyées et nymphes lestées sur le corps sont les seules autorisées. Les ardillons doivent être écrasés. Le panier de pêche est interdit, l’épuisette recommandée.
    Situation : limite aval à la confluence de l’Alignon avec le Tarn. Limite amont au Pontdes- Vernets.
    Carte de pêche :carte fédérale de la Lozère.
    Guide de pêche : Pascal Vernier (également président de l’AAPPMA La Truite pontoise).
    Tél. : 04 66 45 82 50.