Étiquette : Mouches

  • Internationaux de France de pêche en réservoir

    Internationaux de France de pêche en réservoir

    Le Lac Générale à Dreux organisera ses vingt-deuxième Internationaux de France de pêche à la mouche en réservoir le 17 avril. Cette grande compétition est ouverte à tous et se déroule par équipe de deux pêcheurs. Pour les spectateurs, c’est l’occasion d’observer les techniques et les choix de grands champions qui, pour certains, sont des habitués des podiums sur ce lac !

    http://fly.countryclub.free.fr/idf.htm

  • Mr Mouches, un site 100 % sans ardillon

    Mr Mouches, un site 100 % sans ardillon

    Saluons cette bonne idée du site Mr Mouches qui ne vend que des mouches sans ardillon assurant ainsi au passage la promotion du No kill. Développé par un passionné de pêche qui monte lui-même toutes les mouches proposées, ce site marchand propose des mouches à l’unité ainsi que des kits thématiques. A noter qu’un blog est également accessible sur le site.

     

    Renseignements :

    http://www.mrmouches.com

  • Technique lancer : une question de température !

    Technique lancer : une question de température !

    La température de l’eau est un paramètre important, voire incontournable, que chaque pêcheur devrait prendre en considération au bord de l’eau. Elle pousse pourtant les truites à effectuer des déplacements sporadiques et conditionne leur niveau d’agressivité.

    Par Alain Foulon

    La truite, nous le savons, peut vivre dans une eau dont la température est comprise entre 1 et 18 degrés. Entre ces deux situations extrêmes, la moindre variation de température influera sur l’activité alimentaire des poissons, et d’une façon plus générale sur son comportement. Une rivière très froide offrira une meilleure oxygénation, tandis qu’une hausse significative de la température nous permettra d’observer un appauvrissement significatif de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce déficit provoquera vraisemblablement l’apathie des truites et une diminution rapide de leur appétence. Mais avant de rentrer dans le détail et d’établir un lien avec la pêche aux leurres, il est avant tout nécessaire de comprendre comment réagit la truite dans son milieu naturel. Tout d’abord, nous rappellerons que ce salmonidé est soumis à différents tropismes (1) qui interviendront directement sur son comportement. Le thermotropisme, c’est-àdire l’influence de la température sur les déplacements du poisson, est sans nul doute possible, le facteur le plus difficile à prendre en compte durant une partie de pêche car il peut quelquefois être imperceptible. D’ailleurs, chacun s’accorde à dire que le comportement de la truite est dicté par ce type d’instinct. En l’occurrence, la température de l’eau ou une variation importante de cette température modifieront inévitablement son activité alimentaire et, par voie de conséquence, sa réaction vis-àvis d’un leurre, mais surtout l’entraîneront à se déplacer vers une zone de confort où elle trouvera de meilleures conditions de survie. Car il faut également savoir que la truite, comme les autres poissons d’eau douce, ne possède pas de système lui permettant de réguler sa température. Ainsi, elle est obligée de compenser cette lacune en recherchant des secteurs plus favorables. Elle doit essayer de s’adapter au milieu ambiant en sachant qu’une brusque variation de température l’obligera systématiquement à se déplacer vers les zones les plus confortables. En cas de forte baisse de la température de l’eau, elle rejoindra les secteurs les plus profonds tandis qu’une température élevée provoquera son déplacement vers les zones plus oxygénées et ombragées. Dans le même esprit, le refroidissement des rivières diminue l’activité alimentaire des truites, voire la supprime totalement. Les pisciculteurs sont parfaitement informés de ce type de comportement et cessent d’alimenter les poissons élevés en bassin quand l’eau descend à une certaine température. Inversement, une eau excessivement chaude pourra provoquer l’apathie des truites qui, dans les cas les plus extrêmes, pourront même souffrir de cette hausse de température. Enfin, la température des eaux aura une influence sur la reproduction des poissons. C’est très intéressant, me direz-vous, mais dans quelles mesures la pêche au lancer voit-elle son efficacité affectée par les conséquences de ce thermotropisme et d’une manière plus générale de la tempé-rature des eaux. Et bien, plus que toute autre technique, la pêche au leurre nécessite des températures particulièrement favorables pour permettre le déclenchement de l’attaque d’une truite. Le plus simple est d’observer le comportement de ce poisson au fil des saisons.
    À l’ouverture, encore fatiguée par la période des amours mais surtout amoindrie par les privations de l’hiver, la truite sort lentement d’une longue léthargie. Pour être plus clair, mars est très certainement le mois le plus médiocre de l’année pour la pêche de la truite au lancer. Je ne parle évidemment pas des poissons surdensitaires qui n’hésiteront pas à attaquer un leurre bien présenté. Mais revenons plutôt aux farios sauvages qui rechignent à se déplacer et à fournir les efforts nécessaires pour intercepter votre cuiller tournante ou votre poisson nageur. Elles se tiennent généralement dans les fosses à courant fortement ralenti, sous les berges creusées ou dans les secteurs où elles n’ont pas besoin de fournir un trop gros effort pour se maintenir. Une pêche lente et le plus près du fond est donc indispensable pour ceux qui souhaiteraient piquer un ou deux poissons. S’agissant des leurres, privilégiez les modèles de taille respectable : une cuiller n°2 voire n°3 sera parfaitement indiquée, tandis que des poissons nageurs à billes pourront utilement être employés pour faire sortir les truites de leur hibernation et de leurs repères.
    Durant le mois d’avril, les conditions climatiques s’améliorent sensiblement même si ce n’est toujours pas la panacée. Excepté les grands courants, la truite pourra occuper la plupart des postes traditionnels. Si vous souhaitez pêcher en Auvergne ou en Limousin vous rencontrerez cependant des conditions quasiment identiques au mois précédent. Si la météorologie est particulièrement favorable et le niveau des rivières acceptable, on pourra envisager de diminuer la taille des leurres, plus particulièrement des cuillers.
    Pendant le mois de mai, les choses évoluent passablement. La truite a recouvré des forces et ne pense plus qu’à s’alimenter pour se refaire une santé. La montée progressive de la température des eaux et de l’air va favoriser la pêche au lancer. Plus les jours se succéderont et plus les truites deviendront agressives. Un autre paramètre à prendre en compte est la présence des vairons sur les frayères.
    Comme vous le savez, juin est peut-être le meilleur mois de l’année et la nature semble totalement renaître. La pêche au lancer ne déroge pas à la règle et la baisse du niveau des rivières correspondra à une élévation progressive de la température des eaux. C’est donc le moment de commencer à pratiquer les pêches de surface à l’ultraléger. En effet, les truites ne rechigneront pas à venir intercepter un leurre sous la surface ou entre deux eaux. Si vous voyez des gobages, il est plus qu’envisageable de piquer quelques truites au moyen d’une cuiller tournante n°0 ou 00, voire avec un micro-poisson nageur.
    Pour un pêcheur aux leurres, juillet est un excellent mois. Les eaux encore plus chaudes rendent les truites nerveuses et très agressives. Seule une lumière trop vive est susceptible de nous poser quelques petits soucis. Ce sera donc le moment de prospecter les petites rivières ombragées, voire entièrement boisées, certains petits cours d’eau encaissés où les secteurs de gorges deviendront intéressants car les rayons du soleil parviendront enfin à réchauffer les eaux des zones les plus ombragées.
    Contrairement aux croyances, le mois d’août est une excellente période pour les pêcheurs au lancer. Comme pour le mois de juillet, recherchez en priorité les parcours couverts et n’hésitez pas à fréquenter les parcours de montagne dont les eaux continuent à être fortement oxygénées. En effet, la montée de la température des eaux tend à diminuer progressivement la teneur en oxygène dissous, plus particulièrement sur les parcours situés en plaine.
    Enfin, le mois de septembre permet aux rivières de retrouver une température plus clémente qui permet aux poissons d’occuper tous les postes de la rivière. D’une manière générale, les prises sont nombreuses même si les poissons sont plus méfiants. Comme nous venons de le voir, la température de l’eau joue un rôle prépondérant dans les déplacements des poissons, dans leur activité et par voie de conséquence dans la pêche aux leurres.
    Alors si vous avez un doute, sortez votre thermomètre !

    1. Selon Louis Roule dans son Traité de la pisciculture et des pêches, les tropismes sont « les entraînements automatiques et les déplacements involontaires dont les êtres sont l’objet sous l’influence d’une excitation venue du dehors ».


    Prendre la température pour mieux adapter sa pêche

    Très peu de pêcheurs prennent la température des cours d’eau. Au mieux, certains plongent leur main dans la rivière pour se faire une vague idée de son état de fraîcheur… Pourtant, à quelques degrés près, la pêche peut être totalement différente. Si votre thermomètre indique moins de 6 degrés, il est fort à parier que vous éprouverez beaucoup de difficultés à piquer ne serait-ce qu’un poisson. Dans ce cas, seule une prospection insistante au ras du fond et l’emploi de leurres émettant de forts signaux vibratoires et visuels parviendront peut-être à faire bouger une truite. Dans des eaux aussi glaciales, les poissons rejoignent les fosses les plus profondes, cessent de s’alimenter et limitent leurs déplacements au strict minimum. Il est souvent préférable de changer de cours d’eau, voire de vallée pour trouver de meilleures conditions. À titre d’exemple, et pour différentes raisons, la température d’un tributaire peut être plus élevée que la rivière principale ; pour un pêcheur au lancer, il existe une énorme différence entre une eau à 6 degrés et une autre à 8. Enfin, la pire des choses pouvant être vécue par un pêcheur au leurre est sans doute une chute brutale de la température. Il faudra attendre plusieurs jours et une température stabilisée pour retrouver des conditions de pêche plus acceptables. Les eaux froides provenant de la fonte des neiges sont également redoutées car les truites quittent leurs postes de chasse pour rejoindre les enrochements et d’une manière générale tous les secteurs abrités du courant.

  • Réédition d’un guide pour les moucheurs

    Réédition d’un guide pour les moucheurs

    Les éditions Artémis ont décidé de rééditer Mouches de
    pêche, l’encyclopédie
    , un des grands succès
    de la maison d’édition. Vous trouverez ici 1 500 modèles de mouches pour les
    truites et les ombres provenant de tous les pays, ainsi que les montages pour
    les réaliser. Photo, liste des matériaux, fiche de montage, texte détaillant
    l’action de pêche : chaque modèle deviendra pour vous accessible. Enfin
    des portraits de monteurs renommés qui ont marqué le monde du montage de mouche
    complètent l’ouvrage. La parution est programmée pour le 10 novembre.


    Renseignements :

    www.editions-artemis.com


    Prix public TTC : 53 euros

  • La Passion des Mouches 4, tous les poissons moucheurs.

    La Passion des Mouches 4, tous les poissons moucheurs.

    La truite Fario, la truite Arc en ciel, l’Ombre, le Saumon, le Black Bass, le Saumon de fontaine, le Brochet, l’Achigan, le Chevesne…. inventaire à la Prévert ? Non, liste non exhaustive des poissons susceptibles de se jeter sur vos mouches…

  • 8e concours “mouches imposées” au Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil

    8e concours “mouches imposées” au Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil

    Concours ludique et sympathique, le traditionnel “mouches imposées” organisé par le Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil recevra le 10 septembre, pour sa huitième édition, Jacques Boyko des Mouches Devaux, Andrew Ayer et Jean-Marc Chignard des Mouches de Charrette ainsi que des monteurs professionnels, Florian Stéphan et Alain Barthélémy.

    Chaque participant partira avec huit mouches, choisies par les monteurs eux-mêmes dans leurs propres collections. Il reste encore quelques places pour cet événement très convivial. Le nombre d’équipes de deux pêcheurs étant limité à 30. A noter, également, les journées “grosses truites” à venir (4 à 20 livres), qui se dérouleront les 13 et 22 juillet, les 3 et 18 août, les 1er, 7, 14 et 23 septembre, les 5, 19 et 26 octobre, les 2, 16, 30 novembre et le 14 décembre.

    Renseignements et réservations :
    Le Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil
    Le Moulin – 27580 Chaise-Dieu-du-Theil
    Tél. : 06 07 60 72 67
    E-mail : [email protected]

    Site Internet : www.moulin-de-chaise-dieu.fr

  • Des Mouches, des mouches et puis des mouches !

    Des Mouches, des mouches et puis des mouches !

    Des sites qui vendent des mouches, nous en connaissons tous, plus ou moins sérieux et surtout plus ou moins chers. Alors quand Stanislas Freyheit, pêcheur globe-trotter bien connu, nous a annoncé qu’il ouvrait un site de vente de mouches en ligne, connaissant son interêt pour les mouches bien montées, je me suis dit qu’on pouvait y aller les yeux fermés. 

    Faites vous un avis ! Et des mouches à ce prix (99 cents frais de port offert !) ça ne court pas les rues !

    Le site de vente: www.frenchflies.fr
    Le blog de Stanislas Freyheit : www.frenchflies.org
  • Rencontres des Pêcheurs à la Mouche du Haut Allier

    Rencontres des Pêcheurs à la Mouche du Haut Allier

    2ème Rencontres des Pêcheurs à la Mouche du Haut Allier 

    Les 21 et 22 mai 201, à l’occasion de l’ouverture de l’ombre commun, se déroulera en Lozère, sur
    la commune de Langogne (48), un rassemblement de pêcheurs à la mouche. Cet évènement est
    organisé par le Domaine de Barres, la Compagnie des Guides de Pêche, la Fédération de Pêche
    et le Club Mouche Gévaudan (FFPML).
    Le sponsor officiel : RIVER STONE, est l’invité d’honneur 2011 et proposera aux pêcheurs qui le
    désirent de découvrir et d’essayer les nouvelles cannes Winston et les moulinets Danielsson.
    Au programme du samedi, des sorties pêche en « no-kill » encadrées par des bénévoles et des
    professionnels permettront à chacun de découvrir le patrimoine halieutique du haut-Allier et
    d’essayer du matériel de pêche haut de gamme. Cette journée consacrera une large place à la
    préservation des milieux aquatiques et des espèces qui les peuplent.
    Le dimanche, de nombreux exposants nous rejoindrons pour la journée « portes ouvertes au
    Domaine de Barres ». De grandes marques seront présentes mais aussi plusieurs artisans dont
    des fabricants de soies naturelles, des facteurs de cannes en bambou refendu, des éleveurs de
    coqs de pêche, … Des ateliers et des animations seront proposés tout au long de la journée pour
    promouvoir l’activité pêche à la mouche auprès du grand public et offrir à chacun la possibilité de
    s’initier ou de perfectionner sa technique.
    Tous les clubs et les associations de pêcheurs de la région sont invités à participer à ce week-end
    de rencontre, d’échange et de convivialité dans le plus grand respect de la nature et de
    l’environnement. Cette manifestation publique est ouverte à tous les pêcheurs et non pêcheurs qui
    le souhaitent. L’ensemble des sorties et des animations sont gratuites. A chacun de prévoir son
    hébergement et sa restauration.

    Sébastien CABANE « Montagne, Pêche et Nature »
    le village
    48000 le BORN
    email : [email protected]
    bureau : 04.66.44.06.98
    mobile : 06.87.28.83.61
    site internet : www.montagne-peche-nature.com

  • Au bon temps des cerises

    Au bon temps des cerises

    L’Argentine, son tango, ses gauchos, son équipe nationale de
    football, mais aussi et surtout ses truites ! Nos deux tourtereaux globetrotteurs
    se sont envolés vers la province de Neuquén, à l’est du pays, qui – c’est un
    tort – est bien moins connue que la Patagonie. Suivez
    les guides en plein pays Mapuche (Indiens d’Argentine et du Chili) !

    Réfugiés à l’ombre d’un tilleul centenaire, nous nous protégeons des redoutables rayons du soleil qui, au zénith, se glissent dans le trou d’ozone et dessèchent la végétation et les irraisonnables pêcheurs que nous sommes. Sur la table improvisée, faite de quelques planches, un repas nous attend, où abondent crudités et fruits du jardin, préparé par Paola, notre hôtesse.
    Déjà Alex en a profité pour se glisser sur le banc et oublier ses genoux usés et douloureux après une longue matinée de pêche.
    — Alors Jean-Pierre, comment trouves-tu le Quillen ? questionne-t-il avec un sourire.
    — Exactement comme nous l’avons laissé il y a seize ans ! Autant de truites et pas plus de pêcheurs ! rétorqué-je tout en me mettant à table.
    — Cette année, les hatches, mais comment dit-on… les éclosions, sont petites car l’eau est à 62° Fahrenheit ! dit-il avec son fort accent américain. Katy, qui est heureusement là, précise que cela fait autour de 17 °C et que cette température peut expliquer l’absence de farios.
    Comme nous, elles doivent être calées dans un coin frais.
    — Paola m’a dit que tu viens ici depuis dix ans et toujours à la fin janvier, serait- ce parce qu’il y a beaucoup de mouches à cette période ?
    — Je ne sais pas, peut-être…, mais c’est surtout parce que je me libère plus facilement à cette période.
    De toute façon, je crois que quel que soit le moment on n’est jamais déçu par le Quillen et passer un moment chez Paola est un vrai bonheur…
    — Depuis quand êtes-vous en Argentine ?
    — Nous sommes arrivés à la mi-janvier, le jour où il y a eu cette énorme tempête et quelques averses qui ont à peine mouillé la terre avide d’eau après cinq mois de sécheresse.

    Coup de chance, nous avons pêché durant ces deux jours les lacs Hess et Fonck, juste en face du Manso lodge. La pêche à vue en marchant le long des plages protégées du vent a été extraordinaire et du bateau, malgré les grosses vagues, en faisant les bordures, des poissons de 4 à 5 livres ont bien voulu de nos libellules et des quelques insectes terrestres que nous leur avons présentés. Le temps de revenir à Bariloche et de faire les quatre heures de route qui nous séparent de Junin de los Andes, et nous avons retrouvé le soleil.
    Après une nuit de repos, au lever du jour, avant de commencer sa journée de travail, Franky, le propriétaire des cabanas où nous logions, a insisté pour nous accompagner au Malleo, afin de nous montrer ses coins préférés.
    Et là, une chose extraordinaire nous est arrivée ! Le premier endroit où il nous a amenés était celui que j’avais pêché lors de mon dernier après-midi en Argentine, il y a seize ans ! Imaginez la coïncidence ! Ce jour-là, je l’avais pêché au niveau de la réserve Mapuche et vers 13-14 heures, voyant le vent forcir, j’avais repris la voiture et longé la rivière jusqu’à trouver une zone abritée. Sous les arbres, à l’aplomb d’une rive abrupte, j’avais immédiatement repéré d’énormes poissons qui faisaient des sillages à la surface de l’eau. Durant plus d’une heure j’avais observé leurs gobages sans pouvoir trouver ce qu’il y avait dans leur assiette ! Après de nombreux essais infructueux, je décidai d’y voir de plus près et de me pencher à la surface de l’eau en m’accrochant à une solide branche, et c’est à la suite de cela que je m’aperçus que ma main était couverte d’un enduit gluant et verdâtre. En regardant les feuilles que j’avais agrippées, j’ai compris que j’avais écrasé de petites chenilles verdâtres qui envahissaient les saules. Lors de bourrasques, elles tombaient de l’arbre et offraient un fabuleux festin aux truites. Pour être honnête, et parce que Katy va me rappeler à l’ordre si je ne le mentionne pas, elle m’avait signalé en arrivant que des “choses” tombaient de l’arbre… Mais mes oeillères en ce temps-là devaient être un peu trop grandes. Ayant toujours sur moi un petit kit de montage, je fis rapidement une imitation grossière de ces larves et fus immédiatement récompensé.

    Donc, nous nous sommes retrouvés exactement au même endroit et, vu la chaleur qui sévissait dans le coin depuis des semaines, ces chenilles, cette année-là s’étaient très vite multipliées et abondaient comme à l’époque au mois de mars ! Voilà comment durant trois jours, après les éclosions, nous avons traîné à l’ombre des saules et sur leurs branches à la recherche de grosses truites boulimiques et gargantuesques qui se gavaient sans répit !” Paola ayant apporté le repas, nous nous jetons, morts de faim, sur les plats délicieux.
    On les aurait dégustés en silence si elle ne nous avait pas fait la surprise de nous parler en français :
    — Savez-vous que le tilleul et les séquoias qui nous entourent ont été plantés à la fin du XIXe siècle par mes ancêtres d’origine française ? dit-elle avec fierté.
    — Ah, c’est donc pour cela que les aquarelles accrochées dans la maison ont des commentaires en français ! commente Katy en se servant une grosse part de tarte à la fraise.
    — C’est mon grand-oncle qui les a dessinées. Toute sa vie il a peint, y compris lors des moments les plus difficiles. Lors de la guerre de 14-18, ils étaient quatre frères à retourner en France pour s’engager comme volontaires, et seulement deux en sont revenus… Même dans les tranchées, il a fait un journal illustré d’aquarelles !” Ce sont très certainement des histoires simples mais marquantes de ce genre qui expliquent pourquoi, tout en conservant une âme avant tout argentine, les gens de ce pays gardent toujours des attaches, de fragiles petites racines, les uns au pays Basque ou au pays de Galles, d’autres en Ecosse, en Italie ou en Espagne, ce qui crée une complicité immédiate et un accueil chaleureux.
    — Mais, Paola, où avezvous appris le français ? demandé- je, étonné de la voir si bien maîtriser la langue de Molière.
    — Je l’ai un peu entendu parler à la maison, mais c’est surtout en lisant Astérix que je me suis perfectionnée.
    Cela m’a d’ailleurs joué des tours, car la première fois que j’ai proposé à des Français une cervoise en présentant des bières, ils ont bien rigolé !” répondit-elle en souriant.
    Après un délicieux repas et une petite sieste, nous voilà fin prêts pour une partie de pêche. Alex se propose de nous amener dans ces coins secrets tout proches de l’estancia.
    En voyant à l’ombre des arbres les discrets et paisibles gobages, nos cerveaux embrumés par la chaleur et la trop courte sieste reconnectent immédiatement tous les neurones sur le “programme pêche-grosses truites”. Le festival qui commence va durer deux jours.

    C’est ainsi qu’en utilisant les gusanos, cette manne tombée du ciel tant convoitée par les truites durant les chaudes après-midi, et quelques may-fly en début et fin de journée, sans trop musarder, nous faisons connaissance avec les dames au bel embonpoint du Quillen.
    Sûr que “tout est bon chez elle et qu’il n’y a rien à jeter”, à part peut être la partie privée amont, difficile d’accès, aux rives souvent très encombrées et au “wading” difficile.
    Habités par ce besoin insatiable de découvrir de nouvelles rivières, nous reprenons la route jusqu’à San Martin de los Andes, et empruntons une piste qui suit un chapelet de lacs et de courtes et magnifiques rivières qui les drainent jusqu’au Rio Filo Hua Hum. Celui-ci prend sa source dans les montagnes enneigées toutes proches qui barrent l’horizon. Ici aussi, au milieu d’une immense estancia, il est permis de remonter les berges et de pêcher sur plusieurs kilomètres.
    Avant de se jeter dans le lac, la rivière se divise en deux branches : l’une au courant rapide, et l’autre, rive droite, où elle traîne, peu pressée de perdre son nom. Dès les premiers pas le long des berges, nous repérons de très beaux poissons qui, au moindre mouvement, se réveillent immédiatement de leur sieste.

    Avec des eaux basses et des rives surélevées, même à quatre pattes et malgré nos très longs bas de ligne, aucune truite ne mord à l’hameçon ! Il aura fallu s’éloigner à une dizaine de mètres dans le pré et lancer à l’aveuglette pour en décider une ! Mais rien ne sert de courir… Et avant d’atteindre le bras principal nous décidons de prendre des forces. Le menu du jour est fort appétissant et se compose de tomates, d’un vieux fromage de brebis, de pastèque, de pêches et d’une montagne de cerises, le tout arrosé d’eau fraîche puisée dans la rivière. J’ai toujours pensé qu’une bonne rivière est celle dont on peut boire l’eau en toute confiance, en prenant garde toutefois de ne pas avaler un alevin ! Or, ici, comme dans la plupart des cours d’eau en Patagonie, c’est le cas ! Tranquillement nous prenons notre repas et, après un brin de sieste (encore une !), confiants, nous poursuivons notre chemin.

    A 16 heures, sous un soleil de plomb, il ne faut pas s’attendre à voir une éclosion.
    Aussi, c’est en offrant dans les petits courants des french tricolore que nous abusons sans vergogne jusqu’au soir de la confiance de ces truites plutôt naïves. Un repli stratégique à Junin de los Andes puis, après être allés à une foire agricole avec concours de dressage de chevaux, qui rassemble les gauchos de la région, nous voilà cavalant vers la partie amont du Malleo. Le parcours dans l’estancia San Huberto est incontournable, aussi avons-nous décidé de prendre un guide afin d’assurer la journée de pêche dans cet endroit mythique.
    Pile au rendez-vous, Marcello nous rejoint comme prévu à 8 heures du matin accompagné… d’un vent à décorner tous les boeufs de la vallée ! Et Dieu sait qu’il y en a ! Face au Lanin, ce magnifique cône volcanique dressé en bordure de la vallée qui cache son cratère sous la neige comme pour faire oublier qu’il “ne dort que d’un oeil”, le nez au vent, les yeux rivés vers la chaîne de montagnes qui nous domine, on aurait pu en oublier durant un court instant la rivière si, au milieu des vagues, nous n’avions repéré de discrets gobages. Ce qui suit, il est préférable de l’oublier et, heureusement, cela n’a pas duré bien longtemps. En effet, entre les herbiers, dans chaque veine d’eau qui serpente, les truites viennent aspirer les mouches apportées par ces véritables tapis roulants. Même en me rapprochant des poissons, mes lancés contrariés par de très fortes rafales de vent tourbillonnant n’arrivent pas à avoir la précision suffisante et offrent des mouches qui draguent immédiatement et finissent par alerter toute la faune aquatique environnante ! C’est dans ces circonstances difficiles qu’on apprécie d’avoir un guide ou, du moins, d’être accompagné par une personne qui connaît bien la rivière. Sans perdre de temps, Marcello nous conduit dans une courbe bien protégée par d’épais saules. Une éclosion de mayfly survient, accompagnée de milliers de petits sedges qui s’échappent des arbustes malmenés par les bourrasques et finissent, pour certains, par tomber à l’eau, faisant le bonheur des truites, qui s’en délectent.

    Malgré ces terribles conditions, c’est sur un plateau que Marcello nous offre, durant cette dure journée, un nombre invraisemblable de truites. Bravo amigo ! Une fois parcourue la dizaine de kilomètres qui nous séparent du Rio Chimehuin, nous faisons connaissance avec cette superbe rivière. Les saules ici aussi ont les mêmes visiteurs, nous montons la larve adéquate et après nous être affrontés avec quelques truites, nous voilà déjà au coup du soir.
    Avant de se cacher derrière les montagnes, le soleil étire les ombres des arbres, qui finissent par se diluer dans la nuit naissante. Tandis que les étoiles prennent possession du ciel, comme lors de mon premier voyage, j’ai l’impression devant l’immensité de la voûte céleste, durant un instant, d’être seul au monde et de pouvoir cueillir les étoiles qui scintillent à portée de main. Trois grosses mouches qui s’envolent, quelques bruyants gobages, et me revoilà les pieds sur terre. Prévenus qu’il y a encore parfois, au crépuscule, des éclosions d’Hexagenia, de grosses mouches qui ressemblent aux mouches de mai, nous en avons avant la nuit accroché des imitations à un gros bas de ligne en espérant cet instant. Je dois dire que cette ultime demi-heure de pêche en Patagonie m’a réconcilié avec les coups du soir.
    Tandis que notre avion, sur le chemin du retour, fait un saut au-dessus de l’équateur pour se diriger vers un rude hiver, je fais un rêve étrange. Vous pensez que c’est d’une pêche miraculeuse ? Que nenni, c’est d’un énorme cerisier couvert de fruits qui me tend ses branches ! La cerise sur le gâteau, en quelque sorte !

    Guide pratique

    • Où loger
    – A San Carlos de Bariloche
    A partir de cette
    ville, on peut aller pêcher à moins d’une heure de route les lacs Hess
    et Fonck. L’accès est aisé et il est possible de pêcher seul. Dans ce
    cas, un float tube est souhaitable ou bien il faut faire appel aux
    guides du magnifique lodge tout proche :
    Rio Manso lodge
    www.riomansolodge.com
    – A Junin de los Andes
    Très proche du Malleo
    et du Chimehuin, c’est la ville idéale pour le camp de base.
    – A San Martin de los Andes C’est une ville très
    sympathique et la plus proche du Filo Hua Hum.
    Hôtel Wesley
    [email protected] www.wesleyhouse.com.ar

    • Les guides de pêche
    Un
    guide de pêche peut être parfois utile, surtout si les conditions ne
    sont pas très favorables.
    Attention : il est nécessaire d’en faire la réservation quelques mois avant le séjour.
    Carlos
    Viscarro chez Troutscout Patagonia
    E-mail:
    [email protected]
    www.troutscoutpatagonia.com
    Patagonia
    outfitters
    E-mail : [email protected]
    www.patagonia-outfitters.com

    • Le permis de pêche
    S’il est très facile
    de se le procurer lors d’un séjour dans un lodge de pêche, ce n’est pas
    toujours le cas ailleurs. Aussi, il est souhaitable de l’acheter à
    l’office de tourisme à Bariloche, à San Martin ou à Junin de los Andes.


    Les magasins de pêche
    Jorge Cardillo Villegas 1061 San Martin de los
    Andes Tél. : + (54) 2972 428372 E-mail : [email protected]
    www.jorgecardillo.com Jorge, le très sympathique propriétaire du
    magasin, n’est pas avare d’informations et il est très au courant des
    éclosions du moment.

    • Buenos Aires
    Comme dans toutes les grandes
    métropoles il faut éviter certains quartiers, notamment la nuit. Sinon,
    c’est une ville intéressante à visiter et où il est possible de faire
    quelques achats. Attention toutefois aux faux taxis qui rançonnent les
    touristes à l’aéroport. Pour éviter de telles mésaventures, il est
    conseillé de réserver le transfert.
    Il suffit de donner votre numéro
    du vol et un taxi vous attendra à l’arrivée Manuel Tienda Leon
    www.manueltiendaleon.com.ar

    • Autres adresses utiles
    www.argentina.travel

    L’organisation d’un tel séjour en Patagonie n’est
    pas très compliquée si on maîtrise l’espagnol ou l’anglais et qu’on est
    habitué à voyager. Ceux qui préfèrent des séjours clés en main peuvent
    s’adresser à Planet Flyfishing (www.planetflyfishing.com), qui propose
    de pêcher la plupart des rivières présentées. Ceux qui ne disposent que
    d’un petit budget pourront loger dans les campings situés près de la
    plupart des rivières décrites.