Étiquette : mouche

  • Nouveauté 2012 : SAGE / One

    Nouveauté 2012 : SAGE / One

    Nouveau modèle de canne haut de gamme chez Sage. La One profite des dernières innovations développées par la célèbre marque Américaine, la Konnetic Technologie. Il en résulte une série de cannes légères (25% de moins que les Z-Axis). Au programme, plus de carbone, moins de résine et selon Sage plus aucune vibration parasite. La gamme compte 22 modèles de 8’6 à 10 pieds pour soies 3 à 10, le tout en 4 brins. Toutes les One ont une action de pointe, comparable à celle des Z-axis. Depuis la série RPL+, sortie il y a plus de quinze ans, cette action est une constance. Elle favorise une très bonne tenue de la soie en l’air et permet d’atteindre facilement des distances honorables. En ce qui concerne les finitions, adieu les poignées “cigare”, qui étaient trop fines sur les séries précédentes (cannes pour soies 3 à 6), remplacées par un modèle “tulipe” certes moins élégant, mais autrement plus efficace. Très sombres, les blanks demeurent particulièrement brillants (autre constante de la marque). Un détail qui ne choque pas les pêcheurs américains mais qui convient beaucoup moins aux pêcheurs français, habitués aux poissons farouches, qui repèrent de loin les éclats de vernis lors des lancers. On peut toujours passer le blank au papier abrasif ultra fin, mais avouez que c’est tout de même dommage ! Garantie à vie selon les conditions imposées par la marque.

    Prix conseillé : 605 à 625 euros.


    Notre avis
    : Sage à toujours su proposer des séries de haut de gamme aux performances étonnantes, ainsi que des gammes très larges où chacun trouvera la canne qui lui convient. La One ne déroge pas à la règle.

    Pour en savoir plus :
    Ardent Pêche, ZA de Tréhonin, BP 84, Le Sourn, 56303 Pontivy
    Tél. : 02 97 25 36 56
    Fax : 02 97 25 13 24
    Internet : www.ardent-peche.com

  • A la rencontre du Taïmen en Mongolie

    A la rencontre du Taïmen en Mongolie

    Voici un avant-goût en vidéo du
    reportage publié dans le prochain numéro du magazine Pêches sportives (N°90) et réalisé par Kathleen et Jean-Pierre
    Piccin. Une plongée dans une nature immense et sauvage à la rencontre de
    poissons magnifiques. La musique mongole, profonde et hypnotique, qui
    accompagne les images, accentue cette impression d’ailleurs. Un beau film pour
    rêver d’horizons halieutiques nouveaux…

  • Fête de la pêche à la mouche de Charleroi : rendez-vous les 28 et 29 janvier

    Fête de la pêche à la mouche de Charleroi : rendez-vous les 28 et 29 janvier

    Organisée par l’Amicale des Pêcheurs à la Mouche de Charleroi, la Fête de la Pêche à la Mouche fêtera début 2012 sa 17ème édition. Ce salon est la plus grande exposition de matériel de pêche à la mouche de Belgique. Les plus grandes marques sont représentées pour un total de plus de cent exposants de tous pays (Angleterre, Pologne, Allemagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse, Tchéquie, etc…). Le coté cosmopolite de ce salon est une occasion unique de trouver tout le matériel qui fait notre bonheur. Profitons de cette annonce pour rendre hommage à tous les bénévoles de l’Amicale des pêcheurs à la Mouche de Charleroi (plus de cinquante personnes), qui chaque année travaillent d’arrache pied pour que ce magnifique salon ait lieu. Partenaire du salon, Pêches sportives fera partie des exposants.

    La Fête de la Pêche à la Mouche aura lieu les 28/01/2012 et 29/01/2012 au hall Sambrexpo. Rue du Président John Fitzgerald Kennedy, 150 6250 Roselies (Aiseau-Presles) Belgique. Le salon ouvrira ses portes gratuitement aux visiteurs de 9h30 à 18h00.

    Pour en savoir plus : www.apmc.be

  • La Murg, toujours la Murg

    La Murg, toujours la Murg

    C’est une jolie petite rivière de Forêt Noire où les truites se sentent bien. Un modèle de gestion touristique à un peu plus d’une heure de l’Alsace.

    Pour la Murg, la partie n’était pas gagnée d’avance : de nombreuses scieries jalonnent son parcours et plusieurs communes lui prennent pas mal d’eau. Et pourtant, cet affluent du Rhin qui ressemble en plus large au cours supérieur de l’Ognon, a su garder une bonne population de truites fario qui trouvent dans plusieurs petits tributaires le renfort d’écloseries naturelles.

    Ainsi, entre Obertal et Schönmünzach, sur les 20 kms de ce parcours géré par le groupement des pêcheurs de Baiersbronn, plusieurs petites rivières donnent à la fois de l’eau et des juvéniles à la Murg. C’est le cas, par exemple, du ruisseau de Tonbach qui regorge de truites entre 10 et 20 cm, les mèmères de plus de 35 cm n’y étant pas rares. Or, ce genre de cours d’eau n’étant pour ainsi dire jamais pêché, il constitue pour la rivière un précieux fournisseur de poissons sauvages. J’ai eu la chance et la malchance – puisque je m’y suis cassé quatre côtes – de pêcher le ruisseau de Tonbach, à l’invitation du propriétaire de mon hôtel. A l’ultraléger, ce fut vite lassant, ces petites truites se jetant comme des mortes de faim sur ma petite cuiller à hameçon simple sans ardillon. La réglementation de la pêche, sur la Murg, est toute entière dédiée à la protection du poisson. Le parcours est divisé en 9 secteurs dont quatre seulement sont « toutes pêches », les cinq autres étant réservés aux pêcheurs à la mouche. Et encore sur le secteur « toutes pêches » (voir encadré) l’utilisation des appâts naturels est interdite, ainsi que les leurres à hameçon multiples et hameçon triples.

  • La pêche au pouic

    La pêche au pouic

    Au coeur de l’hiver, la pêche en réservoir peut continuer de donner de bons résultats, à condition de pêcher lentement avec des modèles de mouches très mobiles.

    Par Philippe Collet

    Les mois de janvier et février sont les plus froids de l’année. La température des masses d’eau des lacs et réservoirs a chuté depuis longtemps et l’activité biologique s’y est considérablement ralentie. Dans les régions d’altitude, les plans d’eau sont souvent gelés et leurs gestionnaires ferment la pêche en attendant des jours meilleurs. En plaine, les réservoirs moins sensibles au gel restent le plus souvent ouverts tout l’hiver (en dehors des vagues de froid), ce qui nous permet de continuer à pratiquer notre loisir favori. Bien que les conditions soient plus difficiles (froid, journées courtes…) et que les poissons soient moins actifs, on peut vraiment réaliser de belles pêches à cette période à condition de bien se couvrir et de pêcher “juste”. La fréquentation des plans d’eau étant moins importante, on ne se bouscule pas sur les berges et les poissons sont plus coopératifs car moins sollicités. L’eau froide, riche en oxygène, permet de combattre des poissons vigoureux et de les relâcher dans de très bonnes conditions. Les poissons au métabolisme ralenti par le froid n’ont pas besoin d’énormément de nourriture. Ils n’en trouvent toutefois plus beaucoup car leurs proies habituelles vivent, elles aussi, au ralenti. Ils restent donc actifs, mais pendant une période plus courte que d’habitude, souvent en milieu de journée au moment le plus chaud. Les lieux les plus fréquentés par les poissons actifs sont, les jours de soleil, les berges exposées au réchauffement comme par exemple des hauts-fonds orientés plein sud (ou à proximité), ou, les jours de vent, si la température de l’air est plus chaude que celle de l’eau, les secteurs battus par les vagues. A ce moment de l’année, les salmonidés sont, pour la plupart, bien acclimatés à leur plan d’eau et connaissent de mieux en mieux les imitations ou les leurres présentés par les pêcheurs, ils ont aussi appris à se nourrir seuls et sont plus difficiles.

    Une pêche lente

    De nombreuses techniques de pêche peuvent être utilisées pour les leurrer, à condition de retenir un principe de base : quelle que soit la technique pratiquée, l’animation des mouches devra être lente. Elle sera en fait calquée sur la léthargie générale du plan d’eau. Les pêches imitatives seront réalisées essentiellement à l’aide d’imitations de chironomes, au moment de la plus forte activité (souvent décelable en surface). Une fois cette activité terminée, il n’y a que peu de chance que les poissons s’intéressent réellement à des mouches imitatives proposées hors contexte, même si elles sont bien choisies et bien présentées. Des mouches plus incitatives auront alors plus de succès.


    La pêche au pouic

    Dans cet article, nous allons nous concentrer sur une technique de pêche à l’aide de gros streamers non lestés, très adaptée à la saison et à cette nécessité de pêcher lentement. Cette technique pourra, bien sûr, être utilisée avec succès à d’autres moments de l’année, notamment pour solliciter des poissons retors. On la doit, semble-t-il, à des compétiteurs en réservoir qui l’avaient mise au point pour séduire des poissons difficiles et l’avaient baptisée : pêche au pouic. D’une pêche à proximité du fond, voire en grattant le fond à l’origine, elle a évolué vers une pêche à tous les niveaux de la colonne d’eau.


    Trancher avec les habitudes

    En hiver, la plupart des poissons ont déjà vu passer beaucoup de mouches ou de leurres et ont toutes les chances d’avoir été piqués plusieurs fois. Ils sont devenus nettement plus méfiants. Voir passer une bouchée beaucoup plus grosse que d’habitude, à la nage lente et insolite, va les conduire à attaquer alors qu’ils sont restés indifférents à des streamers classiques ou à un petite imitation de chironome bien présentée dont ils ont déjoué le piège car utilisée hors période alimentaire. Ces mouches de grande taille et gros volume poussent beaucoup d’eau et donnent un signal différent aux salmonidés. Si elles permettent de sortir des poissons inactifs de leur torpeur, elles seront encore plus efficaces sur des poissons en pleine activité alimentaire. Seul le niveau de pêche évoluera alors en remontant le plus souvent vers la surface.

    Le montage des pouic

    Les mouches utilisées pour cette technique doivent être volumineuses. Elles ne doivent pas être lestées pour pêcher lentement sans s’accrocher au fond. Les matériaux retenus sont le lapin et le marabout, choisis pour leur mobilité. Pour obtenir une mouche de grande taille, on prend comme base un hameçon à tige longue n° 4, 6 ou 8. Cela est surtout vrai pour le modèle en marabout car la longueur des fibres de ces plumes n’est pas extensible et ces mouches doivent mesurer de 7 à 10 cm.
    L’usage d’un hameçon long permet d’obtenir une mouche à la nage particulière, qui pourra décrocher de droite à gauche dans un plan horizontal, un peu à la façon d’un jerk bait. Les pêcheurs de carnassiers au lancer connaissent bien l’attrait de ce type de leurre. Ces grands hameçons ont l’inconvénient d’occasionner un plus grand nombre de décrochés, en permettant aux poissons de prendre un appui sur le fer de leur tige pour s’en débarrasser, mais le gain apporté par cette technique en vaut souvent la peine. Les mouches présentées ne comportent pas de matériaux brillants afin de privilégier une certaine discrétion vis-à-vis de poissons plutôt éduqués. Rien ne vous empêche d’essayer des modèles agrémentés de brill qui pourront se révéler meurtriers dans certaines conditions. Les couleurs de ces mouches peuvent être très variées. Les modèles de base sont le blanc et le noir. L’olive, le pêche, le vert pastel, l’orange… fonctionnent aussi très bien, il faut simplement les essayer pour trouver les couleurs du jour. Ces coloris peuvent être combinés entre eux en montant la queue d’une couleur et le thorax d’une autre, ou en montant un thorax bicolore. De nombreuses possibilités vous sont donc offertes, laissez libre court à votre imagination pour créer des modèles inédits et efficaces.

    L’animation

    L’animation est effectuée lentement en tricotant doucement la soie. Elle peut être ponctuée de tirées et de longues poses. Il est toutefois possible d’essayer, notamment aux moments les plus chauds de la journée (pendant la période d’activité des poissons), des variantes plus rapides en rolly pully par exemple, mais ce type de mouche trouve vraiment toute sa valeur avec une animation lente.


    La détection des touches et le ferrage

    Les touches peuvent se manifester par des tirées franches ou de petits mouvements de la soie qui doivent être sanctionnés par un ferrage de la main qui tricote sans bouger la canne. Un ferrage avec la canne à la première tirée aurait pour effet de soustraire la mouche du champ visuel du poisson. En cas d’échec du ferrage avec la main gauche, il faut surtout continuer l’animation car le poisson n’a certainement pas goûté au fer de l’hameçon et il va continuer à essayer d’attraper (ou peut être de jouer avec) la mouche qui lui a échappé et l’énerve de plus en plus. Vous serez surpris de constater, si vous pêchez en eau claire, que le poisson peu prendre plusieurs fois votre leurre en gueule sans que vous ne sentiez rien. Vous verrez votre mouche disparaître entièrement ou partiellement, à plusieurs reprises, avant de pouvoir ferrer le poisson. Parfois, il mordra suite à un arrêt, parfois cet arrêt occasionnera son désintérêt. A vous de trouver l’animation du moment. Avec cette technique, le poisson revient à la charge à plusieurs reprises. Est-ce dû à la texture de la mouche qui lui laisse une bonne impression, au fait qu’il ne morde que la queue du leurre et ne sente pas le fer, ou bien au fait qu’il ne veuille pas perdre une si grosse bouchée ? N’oubliez surtout pas de proscrire tout ferrage avec la canne tant que le poisson n’a pas été accroché avec la main tenant la soie. C’est plus simple à dire qu’à faire car les réflexes sont tenaces. Si malgré cela vous n’avez que des touches sans suite, essayez de réduire la taille desqueues des mouches en utilisant des modèles plus courts. Ils nageront moins bien mais permettront un meilleur engamage de l’hameçon.


    Les soies et le bas de ligne

    Selon le type de plan d’eau ou de poste de pêche et la hauteur de tenue des poissons, privilégiez une soie plus ou moins plongeante, afin d’animer le leurre le plus lentement possible à la bonne profondeur. Une soie flottante ou intermédiaire lente permettra de rester au niveau des poissons si ceux-ci évoluent à proximité de la surface. Elle permettra aussi une animation lente sans accrocher la mouche au fond dans 1 mètre d’eau. Dans plus de 5 mètres d’eau avec des poissons à moins 2 mètres, une soie S 3 (coulante de 3) sera un excellent compromis. Si les poissons sont collés au fond, une soie S 7 permettra de faire passer le leurre juste au-dessus de leur tête. Une autre technique peut consister, dans les plans d’eau au fond propre, à faire traîner la mouche au fond de l’eau à l’aide de cette même soie très plongeante afin de lever un petit nuage de sédiments ou de vase. C’était, semble-t-il, un de ses usages initiaux. On utilisera une soie de numéro 7 ou de 8 et la canne correspondante pour facilement propulser un leurre aussi volumineux et parfois lourd (cuir de la peau de lapin gorgé d’eau) et on se cantonnera à un seul exemplaire fixé au bout d’un simple morceau de nylon ou de fluorocarbone de 1,5 à 4 mètres de long selon la clarté de l’eau et ses capacités de lanceur. Le noeud de fixation a toute son importance avec cette mouche. Il doit être lâche pour lui permettre une nage plus libre et donc plus ample. Les noeuds à utiliser sont détaillés dans les pages suivantes.

    Et pourquoi pas d’autres poissons ?

    Cette mouche a tout pour plaire aux autres poissons un tant soit peu carnassiers. Elle pourra le cas échéant vous servir pour séduire sandres, perches, black-bass ou autres brochets ; en atteste cette grosse perche qui essayait, à nos pieds, de piquer son pouic à une des nombreuses truites leurrées avec cette mouche lors d’une sortie au lac de la Moselotte. Alors, à vos étaux et n’hésitez pas à braver le froid, le jeu en vaut souvent la chandelle !

  • Le dragage est un “bruit” …

    Le dragage est un “bruit” …

    La phrase vous a peut-être échappé. Précédemment, Jean-Christian Michel expliquait dans un article intitulé “Ne draguez plus !” tous les méfaits du dragage de la mouche sur et sous l’eau et surtout du bas de ligne. En écrivant que le dragage est un “bruit”, il trouvait là un moyen adapté à notre compréhension d’être humain de nous faire comprendre à quel point les vibrations sont perçues par les poissons sauvages. Nous lui avons donc demandé de poursuivre sa vision du dragage par cette seconde partie.

    Les poissons sont des êtres bizarres. Ils ont des yeux pour voir, des narines pour sentir et des ouïes, non pas pour ouïr, mais pour respirer… De plus, un poisson, selon nos perceptions humaines, c’est muet comme une carpe, on le sait depuis toujours.

    Mais même s’ils ne possèdent pas d’oreilles, en sont-ils sourds pour autant ? Certainement pas ! Que les poissons soient sensibles aux vibrations n’est pas une nouveauté. En disant que les vibrations qui atteignent les poissons sont perçues comme un bruit, je ne veux pas dire que ces animaux ont des oreilles (en nos temps de « dangereux » anthropomorphisme, je tenais à le préciser !), mais qu’il existe une dimension d’apprentissage dans la perception de certaines vibrations et dans le sens que les poissons leur donnent : à savoir soit de la confiance, soit de la méfiance. Pour toutes les espèces, les vibrations qui parcourent l’environnement dans lequel elles vivent remontent jusqu’à leur cerveau par l’intermédiaire de la ligne latérale qui court de la nageoire caudale jusqu’au crâne et qui, par analogie, peut être qualifiée d’ « oreille ». Certaines espèces possèdent en plus des pores ou des glandes spécifiques qui sont autant de terminaisons nerveuses supplémentaires pour les informer sur les vibrations produites par leurs proies potentielles.

  • L’Aspe ou les frasques d’un cyprin pas comme les autres…

    L’Aspe ou les frasques d’un cyprin pas comme les autres…

    Dix ans après son développement spectaculaire dans le Rhin, puis dans la Moselle, l’aspe continue discrètement son évolution sur le territoire français. Le temps est donc venu de faire le point sur sa situation géographique, sa pêche et ses moeurs. Le plus chasseur de tous les cyprins n’a pas fini de faire rêver les pêcheurs aux leurres, tant son activité en surface est spectaculaire.

    Par Jean-Marc Theusseret

    Signalé pour la première fois en 1972 dans le département du Bas-Rhin, l’aspe (Aspius aspius, Linné 1758) se conduisit en arlésienne jusqu’au début des années 2000, comme avant lui le sandre et le silure.Voyageurs clandestins, ces trois espèces ont migré discrètement, via les canaux, depuis le bassin du Danube pour rejoindre le Rhin franco-alémanique. A la fin des années 1990, le Conseil supérieur de la pêche (CSP) le recense sur six des sept stations (essentiellement des passes à poissons) des rivières Lauter, Sauer, Hot, Modern Rossmoerder, l’Ill et bien sûr celle du Rhin canalisé (grand canal d’Alsace). Bien qu’il soit difficile d’expliquer pourquoi une espèce nouvelle dans un milieu peut rester en “sommeil” durant plusieurs décennies avant de se développer de façon spectaculaire, il semblerait que les années de fortes chaleurs soient favorables au développement de l’aspe. Selon les pêcheurs alsaciens, l’été caniculaire de 2003 fut le déclencheur de son développement massif dans l’Ill à Strasbourg. Comme tous les cyprinidés, l’aspe se nourrit et se déplace lorsque les eaux se réchauffent. Les trois derniers étés que nous venons de vivre, particulièrement secs et chauds dans l’Est de la France, pourraient donc parfaitement donner lieu à une nouvelle phase d’expansion.

    Développement de l’espèce

    Depuis qu’il a colonisé le Rhin sur la quasi-totalité de son cours canalisé, mais également son lit originel (vieux Rhin), l’aspe peut compter sur les canaux pour conquérir de nouveaux territoires : celui de la Marne au Rhin où il est de plus en plus signalé par les pêcheurs au coup qui prennent des individus juvéniles et celui du Rhône au Rhin, où il semble en revanche bloqué depuis presque dix ans dans la banlieue est de Mulhouse.

  • La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en bateau offre de nombreux avantages : approche discrète des postes, dégagement arrière lors des lancers, prospection de grandes étendues d’eau, présentation optimale des mouches, etc. Dans les réservoirs qui proposent la location de barques, de nombreux pêcheurs sont des inconditionnels de cette pêche. Ils apprécient le confort qu’elle procure, surtout quand un moteur électrique remplace la paire de rames. Pour autant, beaucoup d’entre nous sous-estiment ce fabuleux outil. Un petit point sur le sujet ne semble pas inutile.

    Par Philippe Collet

    De nombreux pêcheurs pratiquent debout dans les barques. Dans cette position, ils sont plus à leur aise pour lancer. Ils oublient toutefois qu’ils alertent beaucoup plus de poissons qu’en position assise car leur silhouette se découpe plus haut dans le ciel. Ils pêchent debout pour lancer plus loin, mais doivent lancer plus loin parce qu’ils sont debout ! En pêchant debout ils prennent le risque de tomber plus facilement à l’eau sur un déséquilibre, surtout si la barque est petite ou instable et que le collègue de pêche est peu attentif et bouge de façon brusque.
    Il est tout à fait possible de lancer assis, il faut simplement ne pas être trop bas. Or, sur les bancs de la plupart des barques du commerce on a les genoux plus hauts que le bassin, position plutôt inconfortable et peu propice à de bons lancers. Ces bancs bas incitent à se lever régulièrement pour se dégourdir les jambes, ne permettent aucun rangement en dessous et compliquent la progression dans le bateau puisque les affaires sont rangées à côté, occupant l’espace disponible pour les pieds.

    Fabriquer son banc

    Pour remédier à cela, le plus simple est retirer les bancs d’origine et d’utiliser des bancs maison, que l’on pose en travers du bateau, appuyés sur les plats bords, en s’asseyant à califourchon dessus. Cette solution est d’après moi la plus simple, la moins onéreuse et la plus efficace. Ces bancs peuvent être glissés où l’on veut vers l’avant ou l’arrière pour régler l’assiette du bateau ou l’écart entre les deux pêcheurs. Ils sont faciles à réaliser pour moins de 10 euros de matériaux. Il suffit de couper une planche d’environ 20 cm de large pour 2,5 ou 3 cm d’épaisseur sur une longueur légèrement supérieure à la largeur du bateau, d’y fixer à chaque extrémité, à l’aide de deux ou trois vis, un petit morceau de tasseau d’un centimètre de côté dans le sens de la largeur pour former une butée et éviter que la planche ne glisse du bord du bateau. Un petit coup de ponçage voire de vernis, si l’on veut faire luxueux, et le tour est joué. Ces petites butées sont indispensables. Sur une simple planche le pêcheur finira tôt ou tard les quatre fers en l’air en ayant voulu avancer ou reculer sans vraiment en décoller ses fesses (croyez-en mon expérience !). Lors de ma première visite en Angleterre, je n’avais pas de banc et avais souffert de pêcher, des jours entiers, assis trop bas au milieu du bateau ou sur une fesse à l’avant ou à l’arrière. Lors de ma visite suivante j’avais emmené mon banc maison, bien moins cher que les bancs en aluminium vendus sur place et avais pêché dans de bien meilleures conditions. Il m’arrive encore d’emmener ce bête bout de bois quand je sais que les bateaux n’en sont pas équipés. Le plus souvent je regrette de ne pas l’avoir pris. Messieurs les gestionnaires de réservoirs, si ce n’est déjà fait, équipez vos barques de cette façon, vous pouvez proposer un réel confort à vos clients pour un investissement minime. Vous verrez moins de pêcheurs debout et diminuerez nettement le risque d’en voir un passer par-dessus bord un jour ou l’autre.


    Travailler son lancer

    Si, malgré une assise haute, vous avez encore du mal à lancer correctement sans toucher l’eau à l’arrière, vous devez apprendre à relever légèrement votre bras, au fur et à mesure de sa progression vers l’arrière, puis à bien le bloquer en maintenant la canne verticalement. Vous devez proscrire les lancers en rotation autour de votre poignet ou de votre coude, quivous conduisent rapidement à coucher votre canne presque à l’horizontale et à ne plus contrôler correctement votre soie, qui va alors toucher l’eau.


    Pêcher vent dans le dos

    On voit aussi de nombreux pêcheurs lancer de tous côtés, en étoile, autour de leur embarcation, voire même contre le vent dans le sillage de leur dérive. Lorsqu’on est ancré sur un poste ou accroché à une bouée, comme l’imposent certains plans d’eau pour le respect des pêcheurs pratiquant depuis la berge, il est possible, surtout si le temps est calme, de lancer en étoile autour de la barque. Il est toutefois rare que le vent ne soit pas un peu de la partie. A ce moment-là, il vaut vraiment mieux s’en faire un allié et l’utiliser pour porter ses mouches vent arrière ou de travers au lieu de lutter contre. Pour les pêcheurs débutants, la barque peut être l’occasion de s’essayer à la pêche avec un train de deux ou trois mouches, à condition de bien bloquer son lancer arrière et d’ouvrir largement sa boucle sur le lancer avant en visant vers le ciel. Lorsque le vent est établi et ride le plan d’eau, les poissons actifs, à la recherche de nourriture, ont plutôt tendance à le remonter. Lancer le vent dans le dos permet alors de poser la mouche en premier vers des poissons qui remontent vers vous. C’est beaucoup plus productif que de poser derrière des poissons qui vont s’éloigner de vous sans avoir vu vos mouches, ou dessus, car vous les aurez alors alertés en les couvrant avec le bas de ligne ou, pire, avec la soie.
    Pour bien pêcher à deux le vent dans le dos, il vaut mieux accrocher le bateau à l’ancre par le côté et pêcher assis à califourchon sur les bancs. Sur un bateau accroché par la pointe, la pêche sera bien moins confortable et productive. Il se peut toutefois que l’action du vent, sur une soie posée en plein travers de ce dernier, génère une animation intéressante du train de mouches. Mais cette animation n’est généralement pas la plus intéressante, surtout si le vent est fort.

    Respecter son collègue de pêche

    La pêche en barque à deux nécessite une certaine discipline si l’on ne veut pas risquer des emmêlages sévères, voire la casse d’une canne. Un moucheur habitué à pêcher en barque attendra toujours que son collègue ait fini de lancer pour relever sa canne et relancer. Il lancera canne verticale au-dessus de sa tête et non canne couchée au-dessus de celle de son voisin. Le pêcheur le moins aguerri se placera de façon que sa soie passe au-dessus de l’eau plutôt que par-dessus la tête de son voisin. En barque, il est vivement recommandé de porter une casquette et des lunettes; pour éviter un accident si l’on prend une mouche du voisin dans le visage. L’alternance des lancers est primordiale, une certaine courtoisie est alors de mise, on ne cherchera pas à griller le tour du voisin en ramenant précipitamment pour relancer avant lui. Rien n’est plus gênant en barque qu’un collègue de pêche qui bouge sans arrêt, qui fait du bruit et qui lève sa canne quand vous lancez.

    Etre un tant soit peu ordonné

    En barque l’espace est réduit, il convient donc de ne pas trop étaler de matériel. La soie, l’épuisette peuvent se prendre dedans et il faut pouvoir se déplacer. Si un objet tombe à l’eau, il est en général perdu. Le matériel nécessaire devra être disposé à portée de main pour y accéder sans être obligé de systématiquement se lever.


    Pêcher en dérive

    La pêche à la mouche en barque dérivante permet de prospecter une étendue d’eau plus importante. La barque va vers les poissons. Il n’est donc pas nécessaire de faire de longs lancers pour les trouver. Un bas de ligne long est par contre un avantage, puisqu’il permet d’éviter de les effaroucher. Les barques à clins irlandaises longues, lourdes et quillées, dérivent parfaitement perpendiculaires au vent et ne nécessitent pas forcément d’ancre flottante. Cette dernière ne sert avec ces bateaux qu’à ralentir la vitesse de dérive. Peu utilisée en Irlande, l’ancre flottante est systématiquement utilisée sur les grands réservoirs anglais. Pour les embarcations plus modestes, au fond généralement plat, que nous utilisons sur nos plans d’eau, l’ancre flottante permet de ralentir mais aussi de stabiliser la dérive. Elle cale le bateau perpendiculaire au vent. La fixation de cette ancre doit être placée au bon endroit sur le bateau pour éviter qu’il ne s’oriente de travers. Une astuce consiste à emmener avec soi un serre-joint pour régler précisément le point d’accrochage de l’ancre. Ce dernier s’adaptera à la plupart des formes de coques et, s’il est choisi avec des protections en plastique, ne leur laissera aucune trace.


    L’ancre flottante

    C’est un morceau de toile, percé ou non en son centre, dont les 4 angles sont accrochés à un bout de cordon.
    Les 4 cordons sont ensuite rassemblés pour former un parachute sommaire. Dans l’eau ce parachute se gonfle et oppose toute sa surface à la force de dérive provoquée par la poussée du vent sur le bateau. Lorsqu’on relève l’ancre flottante sur une barque relativement légère, c’est le bateau qui revient vers l’ancre et non l’inverse.
    Très utilisées au Royaume-Uni, ces ancres sont faciles à trouver là-bas. Elles font le plus souvent 25 pieds carrés ou 2,32 mètres carrés, ce qui correspond à un carré de 1,5 mètre de côté, car une règle internationale définit leur taille pour la compétition. Tous les bateaux en compétition dérivent ainsi sensiblement à la même vitesse (à taille égale).


    La pose de l’ancre

    Pour un maximum d’efficacité, la pêche en dérive demande une bonne coordination entre les équipiers.
    Il convient en fin de dérive de relever ses cannes en même temps sur proposition d’un des pêcheurs et des les poser après avoir accroché les mouches pour qu’elles ne risquent pas de retourner à l’eau. L’un s’occupe de l’ancre, l’autre du moteur. Pour relever l’ancre, il faut tirer dessus jusqu’à pouvoir saisir un des quatre cordons. A ce moment-là elle vient comme un drap, sans aucune résistance, au lieu de peser un poids considérable.
    Si la dérive est courte, l’équipier peut garder l’ancre à la main au-dessus de l’eau pour la reposer rapidement. Sinon il la range soigneusement sans l’emmêler et sans rentrer trop d’eau dans le bateau. Pour poser l’ancre efficacement, il convient d’arriver lancé, légèrement en amont de la dérive projetée et si possible dans l’axe de cette dernière. On lance ou on lâche alors l’ancre, qui, si tout va bien, accroche l’eau rapidement et se gonfle en disparaissant sous l’eau. Elle oblige alors le bateau à décrire un demi-cercle (un peu comme un chien au bout d’une laisse) pour se placer perpendiculairement aux lignes de vent. Lorsqu’on pêche sur un grand lac anglais, dans un vent fort, la berge battue des vagues jusqu’à la dernière seconde, à la recherche des poissons qui la longent, la rigueur et la coordination des équipiers doivent être dignes de celle exigée dans une régate de voile, pour ne pas finir échoué.


    Prendre correctement une dérive

    Si un secteur du plan d’eau est productif et qu’on en est sorti, il convient de se replacer. Pour cela on évite de traverser directement la zone de pêche et on prend le temps de la contourner, suffisamment largement, surtout si l’on utilise un moteur thermique. La pratique des micro-dérives peut être envisagée si le poste de pêche est très précis, une cassure par exemple. On ne perdra pas de temps en amont en arrivant lancé et pas trop en aval en attendant de s’être juste suffisamment éloigné du point chaud pour ne pas alerter les poissons en redémarrant. Un bon rodage dans l’exécution des gestes permet alors d’être très efficace. On évite de se replacer devant ou trop près d’un bateau qui dérive déjà ou de traverser sa dérive au moteur. On passe derrière. Toutes ces recommandations pourraient s’appliquer de la même façon, en mer, à la pêche du bar, ancre flottante en moins.

    La pêche des lignes de vent

    Si vous ne connaissez pas un plan d’eau et que le vent est suffisamment fort pour créer des couloirs ou des lignes de vent, pêchez-les, il y aura forcément des poissons en maraude dedans, le nez vers l’amont du courant créé. Ces lignes de vent se matérialisent par une concentration de bulles et d’objets divers : plumes, brins d’herbiers, feuilles… mais aussi insectes aquatiques. Pour pêcher une ligne de vent, on place le bateau dedans pour la pêcher en vent arrière. On peut la pêcher en vent de travers si l’on s’en écarte légèrement, mais on veille toujours à passer ses mouches sous les bulles.

  • Le Cercle Mouche Mulhouse, un club dynamique

    Le Cercle Mouche Mulhouse, un club dynamique

    Le Cercle Mouche Mulhouse est un club de moucheurs du Haut-Rhin, ouvert à tous, où l’on partage sa passion, sans esprit de compétition. Ce club dispose de très nombreux atouts : une salle à disposition pour les soirées montages de mouches, une bibliothèque et une vidéothèque, ainsi que la possibilité de s’entraîner au lancer sur le stade du complexe sportif. Régulièrement, des sorties sont organisées (ouverture à Goumois, sorties sur la Loue, sur le Dessoubre, sur la Thur, en réservoir… voir même à l’étranger.)

    Thierry Haart, pêcheur émérite et concepteur de moulinets de pêche à la mouche, dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes, fréquente notamment le Cercle. Si vous souhaiter vous initier ou vous perfectionner à la pêche à la mouche et que vous habitez dans la région n’hésitez pas à franchir la porte de ce club convivial et dynamique. Il se réunit, le jeudi soir, à partir de 19 h 00 dans une salle du complexe sportif du Waldeck à Riedisheim, tout près de Mulhouse.

     

    Renseignements :

    Cercle Mouche Mulhouse

    www.cerclemouche.over-blog.com

    Complexe sportif ASPTT Mulhouse

    Rue des bois 68400 Riedisheim

    Clément Lavaux

    Tél. : 06 12 33 69 45

  • Ne draguez plus !

    Ne draguez plus !

    Le dragage ne passionne ni les entomologues, ni les as du fly-tying, et pourtant c’est bien lui qui devrait occuper les pensées du pêcheur à la mouche en été… Dragage de la soie, du bas de ligne et de la nymphe sont autant d’épouvantails pour un poisson sauvage.

    En trahissant ce qui sépare le naturel de l’artificiel, le dragage nous rappelle à notre condition de pauvres pêcheurs, nous qui voulons imiter la nature et faire dériver une nymphe comme si elle était seulement mue par ses contorsions et par la petite bulle de gaz qui l’entraîne vers la surface, portée par le courant, ballottée par les remous.
    Nous aimerions que la truite s’intéresse à notre proie comme un ami s’intéresse à nos attentions, et voilà ce maudit bout de fil qui se raidit pour nous ramener au sens des réalités : nous ne sommes que des hommes et notre mouche n’est qu’un leurre. La nymphe drague, puis c’est au tour du fil, à moins que ce ne soit l’inverse, et c’est le refus. Vous voilà seul sur le radier avec votre canne, vos illusions, et votre bas de ligne qui traîne dans le courant en esquissant comme un au revoir.

    Qu’est-ce que le dragage ?

    Tout ce qui empêche notre nymphe artificielle de dériver comme une proie naturelle, pour la bonne raison qu’elle est entravée par un fil. Les causes peuvent être multiples, la sanction est toujours la même : le poisson refuse de coopérer. Une soie ou un bas de ligne trop tendu, un modèle de nymphe trop lourd ou trop léger, une animation exagérée ou prématurée, un angle d’attaque mal choisi, voici autant de causes directes qui vont écarter notre leurre de la façon dont évoluerait une proie vraisemblable.

    Lorsqu’on pratique la pêche en nymphe à vue, on ne sait pas toujours ce qu’il faut faire pour décider une truite à mordre, en revanche il y a deux vérités absolues : la première est de ne pas trop se faire voir et la seconde est d’essayer de trouver ce qui va l’intéresser sans jamais draguer ! Ensuite, si ces conditions sine qua non sont pas remplies, tout peut arriver ! Le dragage peut se traduire de façon visuelle. Nymphe qui coupe les veines d’eau sous la contrainte du fil, ou qui coule perpendiculairement au relâcher.