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  • Technique : le bar au leurre de surface

    Technique : le bar au leurre de surface

    La pêche du bar au leurre de surface est une pêche passionnante. Elle permet de voir les poissons attaquer de façon parfois discrète dans une petite éclaboussure ou, plus spectaculaire, dans un énorme remous. Elle permet aussi de voir les poissons qui suivent et refusent le leurre, et d’inciter les plus récalcitrants à mordre en variant l’animation. L’image d’un lingot d’argent surgissant de nulle part dans l’eau bleue pour engloutir votre leurre de surface restera toujours gravée dans votre mémoire.

    Par Philippe Collet

    Les bons gestes

    La pêche de surface peut se pratiquer en bateau, mais elle est particulièrement adaptée à la traque du bord car le leurre n’a quasiment aucun risque de s’accrocher. La profondeur des postes peut aller de quelques dizaines de centimètres à 4 ou 5 mètres. Plus, parfois, si les poissons chassent entre deux eaux.

    L’animation

    Nombre des leurres  se placent tête en l’air et le corps immergé à 45° à l’arrêt (Sammy par exemple). Quelques-uns restent toutefois à plat sur l’eau (Super Spook par exemple). Lors de l’animation, ils remontent pour glisser à plat. Certains d’entre eux peuvent passer sous l’eau sur des tirées plus franches. Ils remontent crever la surface avec une attractivité certaine dès l’arrêt de la traction. L’animation de base en walking the dog, littéralement « promener le chien », est la même pour tous ces leurres. Elle consiste à donner de petits coups de scion, au ras de l’eau, pour leur impulser de courtes tirées sèches qui les feront zigzaguer de droite à gauche. Entre chaque tirée, la main qui tient la manivelle du moulinet tourne celle-ci d’un cran pour récupérer le fil et le
    maintenir à la limite de la tension sans tirer sur le leurre. En effet,  lorsqu’on tape une première fois dans ce dernier d’un petit coup de scion, il part d’un côté ; il faut ensuite ramener la pointe de la canne vers le leurre tout en résorbant partiellement le mou du fil au moulinet et lui taper de nouveau dedans lorsqu’il a fini sa glissade. On le fait ainsi virer de l’autre côté et ainsi de suite. La récupération du fil ne doit pas être trop rapide car elle empêcherait le leurre de basculer d’un côté à l’autre. Le fil doit impérativement rester lâche et ne se tendre que sur les coups de scion.
    Selon le type de stickbait, et le plus souvent selon sa taille, le rythme sera plus ou moins rapide et les tirées plus ou moins amples. A vous de trouver le bon tempo pour faire évoluer correctement chaque leurre. Lorsque vous avez le bon rythme, vous pouvez aussi pêcher en douceur ou sèchement. En animant sèchement, vous ferez gicler beaucoup d’eau et générerez beaucoup de bruit avec les billes bruiteuses. Votre leurre deviendra un mini prédateur en chasse. Cette animation est à double tranchant. Elle va dans certains cas inciter le prédateur à sanctionner directement l’intrus, mais risque à d’autres moments de dissuader un poisson un peu méfiant d’attaquer. En pêchant au même rythme mais de façon fluide et douce, votre leurre zigzaguera de la même façon, mais beaucoup plus discrètement, comme un animal blessé cherchant à se soustraire à la vue du prédateur ; cette animation aura la faveur des poissons plutôt méfiants.
    Je me souviendrai toujours d’une partie de pêche en bateau en Bretagne Nord avec un collègue expérimenté du cru, où j’ai eu la démonstration absolue que l’animation minimaliste d’un Super Spook attirait de nombreux bars. Ce pêcheur ne tapait pas dans le leurre. Il se contentait de le faire surfer sur le petit clapot d’une belle journée d’été, en lui impulsant des coups de scion irréguliers et à peine marqués, donnant l’impression que son leurre cherchait à se faufiler le plus discrètement possible sur l’eau. Le leurre dodelinait irrégulièrement de droite à gauche avec une amplitude guidée plus par le relief des vagues que par la tirée imprimée et émettait seulement de temps en temps un petit “cloc” discret. L’animation droite gauche droite, accompagnée de son “cloc, cloc, cloc” bien rythmé si caractéristique, et facile à obtenir dès les premiers essais avec ce leurre, que je produisais de mon côté ne fonctionnait pas du tout alors que la sienne faisait monter les poissons régulièrement.
    Je pense que, globalement, une animation trop régulière et bruyante est dissuasive pour les poissons éduqués de nos côtes. Plus la mer est calme, plus l’animation et le leurre choisi doivent être discrets. Si la mer est un peu formée, que le clapot étouffe le bruit, vous pouvez alors opter pour une animation plus marquée et surtout passer à un leurre plus gros et plus bruyant qui sera mieux décelé par les poissons dans le bruit de fond général.
    Le vent peut être un ennemi dans la pêche avec des leurres de surface. En effet, avec des leurres légers, il peut la rendre impossible en tendant trop vite le fil. Vous aurez alors intérêt à rechercher des postes avec le vent dans le dos ou à passer à des leurres plus gros et plus tolérants en termes d’animation. Dernière chose importante : la non-animation. N’oubliez pas de marquer des arrêts fréquents, qui déclencheront l’intérêt des prédateurs et les inciteront à attaquer votre leurre beaucoup plus régulièrement.


    Soyez vigilant

    Lorsque vous pêchez avec un leurre de surface, ne négligez pas une seconde sa surveillance. En le suivant des yeux, vous pourrez voir des suivis sans suite, des remous suspects trahissant la présence de poissons. Cela vous redonnera de la motivation à revendre, si vous commenciez à douter de votre technique ou du poste choisi, et vous incitera à changer de leurre pour trouver celui qui peut déclencher les touches. N’hésitez pas à couvrir du terrain. Les poissons, s’ils sont présents, réagiront tout de suite en suivant ou en prenant le leurre. Toutefois, pour certains endroits difficiles d’accès comme des pointes rocheuses, vous pourrez insister longuement en lançant en étoile, en attendant leur passage plus ou moins obligé.

    Le ferrage

    Lorsqu’un poisson surgit pour s’emparer de votre leurre, votre instinct et la surprise vous dictent de ferrer instantanément. Souvent vous enlevez le leurre de la gueule du bar avant qu’il n’ait pu s’en saisir ou bien vous ne lui laissez aucune chance de le retrouver, s’il l’a raté, en lui retirant brusquement du champ de vision. Attendez toujours de sentir le contact avec le poisson, ce qui lui laisse le temps de redescendre avec le leurre. Votre ferrage sera alors beaucoup efficace.
    Je ne souviendrai toujours d’un gros bar qui, après avoir produit un énorme remous, dont j’avais arraché mon leurre instantanément, avait recherché furieusement sa proie en tapant la tête de droite à gauche avant de la sortir complètement hors de l’eau à 10 mètres du bateau comme s’il cherchait quelque chose. Il n’est bien sûr jamais revenu sur le leurre redéposé immédiatement dans le remous.
    La pêche aux leurres de surface est une pêche d’été idéale. Elle nécessite très peu de matériel et peut se pratiquer un peu partout sur nos côtes du bord. Alors n’hésitez pas à prendre une canne, quelques leurres et accessoires pour vos vacances d’été. Vous trouverez toujours un moment pour aller crapahuter au bord de l’eau et faire quelques lancers. Vous pourrez alors découvrir, si ce n’est déjà fait, ce formidable poisson qu’est le bar.

    L’usage de la tresse

    Je fais partie de ceux qui auraient maintenant du mal à se passer de la tresse. Pour cette pêche, en surface, elle reste posée sur l’eau où elle flotte naturellement, ce qui est un atout non négligeable. Son absence d’élasticité permet la retransmission des moindres petits coups de scion jusqu’au leurre, même à grande distance. Sa finesse, à résistance égale par rapport à un nylon, permet d’allonger les lancers et de minimiser la prise au vent et le ventre dans la ligne, qui peuvent totalement anéantir la meilleure des animations. Pour des leurres de taille normale de type Z Claw, Sammy 100 ou encore Bonnie 95, une tresse de  15 centièmes et suffisante. Pour des leurres plus gros, de type Bonnie 128, Super Spook, une taille de 19 centièmes peut être préférable, surtout si vous n’êtes pas totalement aguerri. Il s’agit en fait d’éviter de casser net sur un lancer appuyé, si par hasard une boucle de tresse se bloque dans les anneaux de la canne ou si le pick-up du moulinet se referme.
    Pour plus de discrétion, et aussi pour éviter de perdre des grandes longueurs de tresse sur une casse, un morceau de fluorocarbone est intercalé entre la tresse et le leurre ou plutôt l’agrafe. Cette dernière permet un changement rapide en fonction des postes rencontrés ou lorsqu’on cherche le leurre qui marche. Vous choisirez des agrafes de bonne qualité pour éviter qu’elles ne s’ouvrent de façon intempestive. Il n’y a en effet rien de plus rageant que d’animer d’un seul coup dans le vide et de voir son leurre partir au gré des vagues.
    Le brin de fluorocarbone mesure environ 1,5 à 2 mètres, son diamètre est fonction de la taille des leurres et des poissons pouvant être rencontrés. Vous utiliserez le plus souvent un 30, 35 ou 40 centièmes, les plus gros diamètres étant réservés aux pêches fortes, lorsque vous risquez de rencontrer de gros poissons ou que vous pêchez des secteurs très encombrés.

    Hameçons et corrosion marine

    Certains leurres ont été conçus au départ pour l’eau douce et ne sont pas toujours dotés d’hameçons résistant à la corrosion marine. Même si vous rincez ces leurres méticuleusement après chaque partie de pêche, leurs hameçons vont rapidement rouiller. Leurs pointes vont s’émousser et perdre leur piquant et certains points de rouille peuvent les rendre cassants, surtout après un stockage prolongé. Il est recommandé de les changer, lorsqu’ils sont trop abîmés, pour des hameçons plus résistants à la corrosion et aussi parfois à l’ouverture. Vous les choisirez de taille équivalente ou un peu plus gros (s’ils ne déséquilibrent pas la nage du leurre), ce qui vous permettra de mieux accrocher les gros poissons. Lorsque vous changez l’armement d’un leurre à trois hameçons, vous pouvez le remplacer par seulement deux hameçons de taille supérieure. Les références suivantes peuvent être recommandées pour remplacer vos hameçons triples : Decoy Y-S21, VMC 7545 BN (noir anticorrosion) ou TI , Owner ST 31 ou ST 41, plus forts de fer. Ces hameçons résistent correctement à la corrosion marine, à l’ouverture, et ont un piquant supérieur à la moyenne.

  • Leurres à brochet : les 50 indispensables

    Leurres à brochet : les 50 indispensables

    Parmi la multitude de leurres qui peuvent faire prendre des brochets, seules quelques dizaines se détachent nettement du lot. Ce dossier, dont le but est de permettre aux pêcheurs de ne pas se tromper lors des achats, met en évidence des leurres dont la plupart commencent à dater un peu. Ils demeurent des valeurs sûres que, souvent, les créations nouvelles n’égalent pas.

    La pêche aux leurres connaît un engouement certain de la part des pêcheurs depuis une dizaine d’années en France et un peu partout en Europe. Basée sur un modèle américano-japonais, cette technique consiste à créer des nages de leurres non répétitives qui sont censées surprendre le carnassier. Le brochet réagit très bien à ce principe. Les leurres japonais modernes sont donc quasiment tous conçus sur ce modèle, à l’exception des cranckbaits, des lipless et de certains swimbaits, pour des raisons techniques. C’est l’évolution des premiers poissons nageurs, dotés alors d’une nage régulière et d’une vitesse de nage invariable. Dans les années 1990, les concepteurs japonais ont décuplé la possibilité de nage des leurres. Seiji Kato, le plus doué d’entre eux, avait alors mis au point la plus fabuleuse des gammes de leurres jamais inventée pour le compte de Lucky-Craft. Plus de quinze ans plus tard, les B’Freeze, Sammy, Flash Minnow ou encore le lipless D-15 restent parmi ce qui se fait de mieux. Les brochets ne font pas partie des poissons qui s’adaptent très rapidement à la nage des leurres au point de s’en méfier (le silure est autrement plus doué pour refuser en moins d’une saison ce qu’il voit passer un peu trop souvent).

    Les brochets réagissent de façon positive à certains leurres qui leur plaisent dans la mesure où ils sont actifs. Car le plus denté des carnassiers reste très lunatique, alternant de grandes périodes de faible activité et quelques moments de folie au cours de la saison. Dans tous les cas, autant pêcher avec les bons leurres pour mettre toutes les chances de son côté. Ce dossier fait également apparaître que les produits qui traversent les années sans souffrir de la concurrence sont toujours ceux dont les créateurs ne se sont pas contentés de copier l’existant, mais qui ont imaginé un concept nouveau et fait l’effort de le développer.

    De la bonne utilisation de chaque modèle :

    Un très bon leurre ne l’est que s’il est utilisé à bon escient. Pêcher avec un leurre de surface dans dix mètres d’eau n’est pas très logique. Dans la pratique, les erreurs sont nombreuses et elles nous indiquent à quel point la pêche aux leurres demande de la précision dans l’utilisation des différents modèles. Prenons, par exemple, le cas des chatterbaits, ces jigs ultra-vibrants, si efficaces pour débusquer des brochets qui se tiennent dans des herbiers très denses. En eaux libres, ils font souvent figure d’épouvantail.

  • Smith ULM 115 LLS

    Smith ULM 115 LLS

    Les stick-bait coulants sont moins nombreux que leurs homologues flottants. Ils sont toutefois très utiles pour pêcher des poissons éduqués qui rechigent à venir s’emparer d’un leurre très bruyant en surface. C’est pour cette raison que Smith à mis au point l’ULM 115 LLS. Équipé de billes qui le stabilise et lui confère une densité qui lui permet de couler très lentement, ce n’est cependant pas un leurre bruiteur. Cette discrétion est également volontaire pour leurrer des poissons éduqués, notamment les bars, poissons pour lequel il a été conçu. Nouveauté 2006, ce leurre a donné de très bons résultats lors des compétitions de pêche au bar cette année. Sa forme fine en fait une bonne imitation de lançon.Coté armement, rien à craindre, car les deux hameçons Owner Cultiva ST 46, représentent ce qu’il se fait de mieux. Il existe aussi une version à petite bavette (ULM 115 RAF), dont la nage est plus proche de celle d’un jerk bait.

    Conseils d’animation
    Les stick-baits coulants sont très intéressants à faire nager. Le panel d’animation qu’ils autorisent est beaucoup plus large qu’avec les modèles flottants. L’Ulm 115 LLS a une densité très proche de celle de l’eau et de ce fait, il évolue à quelques décimètres sous la surface. Comme tous les stick-baits, il se désaxe après chaque tirée sèche suivie d’un relâché. Les variations d’amplitudes de cette animation lui font effectuer des écarts plus ou moins larges tant sur le plan horizontal que verticale. Ainsi, il vient parfois crever la surface avant de repartir sur le coté de façon très convaincante qui plaît particulièrement aux bars.


    Fiche technique

    Longueur : 115 mm. Poids : 16 gr.
    Prix conseillé : 20 euros.
    Existe en 6 coloris.
    Renseignements : www.smith-pro.com

  • Daïwa T.D Salt Pencil

    Daïwa T.D Salt Pencil

    Sans être ni véritablement un popper ni un stick-bait, le leurre de surface Daïwa T.D Salt Pencil joue aisément sur les deux tableaux. C’est-à-dire qu’on peut l’utiliser comme un popper en lui inculquant des tirées franches ou le faire nager en zig-zig (walking the dog) si, au contraire, on choisit une animation par courtes impulsions rythmées. Voilà donc un leurre polyvalent, très bien construit et dont la tête possède la particularité d’être creuse. Les ouïes sont ouvertes pour laisser l’eau s’échapper. Le tout rendant l’action de “popping” assez intense pour un leurre qui reste dans la catégorie des pencils (silhouette fine). Il est également peu bruiteur, puisqu’une seule des billes qui l’équipe produit un faible son de basse fréquence. Le TD Salt Pencil est donc un leurre qui n’a pas beaucoup de concurrents et qui trouvera facilement sa place dans une boîte pour la pêche du bar.

    Conseils d’animation
    Voici un leurre plaisant à utilisé car il est conçu pour cumuler plusieurs types d’animations. A la fois popper et stick-bait, le Daïwa T.D Salt Pencil permet par exemple de démarrer une récupération en walking the dog (nage en zig-zag de courte amplitude), d’éfectuer des arrêts suivis de tirées franches pour le faire “popper” ou encore ajouter quelques glissades. Pour la pêche du bar, cette polyvalence est très utile lorsqu’un poisson méfiant suit le leurre et hésite à l’attaquer parce que sa nage est monotone (cas des stick-bait).

    Fiche technique

    Longueur : 110 mm. Existe aussi en version 12 cm pour 18 gr.

    Poids : 14,5 gr.

    Six coloris.

    Prix conseillé : 21 euros.

    Renseignements : www.daiwa-france.fr

  • La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.

    Par Alban Choinier

    La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
    Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…

    Quels leurres utiliser ?

    Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.

    Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.

    Comment animer ces leurres ?

    Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.

    Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.

    Comment attacher ces leurres ?

     Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.


    Quelle canne choisir ?

    Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
    Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
    Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.


    Comment garnir son moulinet ?

    La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.

    Quel bas de ligne ?

    Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.

    Où pêcher les perches en surface ?

    C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
    A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.


    Quand les pêcher ?

    En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.