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20 conseils pour réussir à la mouche en réservoir
Si elle peut paraître basique, la pêche en réservoir est au contraire faite de petits détails techniques qui, au final, font toute la différence. Agrément des conditions de pêche, amélioration des performances de lancers, facilité à régler sa hauteur de pêche sont autant de conseils pratiques pour réussir là où d’autres galèrent.
Par Jean-Marc Theusseret
1- N’oubliez pas les bordures
Trop souvent délaissées, les bordures sont pourtant aussi importantes à bien prospecter qu’en rivière. Les truites de réservoir sont toujours très présentes le long des berges, surtout si celles-ci sont riches en végétation. On peut les aborder en lançant parallèlement à la rive.
2 – Ne ramenez pas votre mouche dans l’axe de la canneC’est sans doute l’erreur la plus couramment constatée. On lance, puis on ramène la soie et la mouche dans l’axe de la canne. Le poisson prend franchement et c’est la casse dans la demi-seconde qui suit. Un angle de 50 à 90° entre la canne et la soie permet d’amortir une attaque violente sur du fil fin.
3 – Écartez le poisson pris du banc en activité
Lorsqu’on a trouvé un banc de truites mordeuses, il est important, dans la mesure du possible, de très vite écarter les poissons piqués de la zone d’activité des autres poissons. Même s’il s’agit de poissons d’élevage, ils ne tarderont pas à se méfier en voyant leurs congénères se débattre étrangement au bout d’une ligne.
4 – Limitez les faux lancersLancer toute une journée au bord d’un lac où les distances de lancer paraissent si faibles face à l’étendue d’eau devient rapidement éprouvant. En limitant les faux lancers au strict minimum, on gagne beaucoup en temps de pêche réel, mais, en plus, cela permet de s’économiser physiquement.
5 – Lubrifiez régulièrement votre soie flottante
Pour de longs shoots qui économisent des efforts inutiles, prenez l’habitude de lubrifier votre soie avant chaque partie de pêche. De nombreux produits permettent à votre soie de glisser à toute vitesse dans les anneaux.
6 – Observez les éclosionsEn réservoir aussi, les éclosions déclenchent l’activité des poissons. Cela peut paraître évident, alors pourquoi insister bêtement au streamer alors que les poissons gobent des chironomes ? La présence de truites gobeuses traduit souvent une grosse activité sur les nymphes dans la couche d’eau. C’est le moment de pêcher au chironome.
7 – En cas de multiples suivis, essayez une mouche non ramenée
Lorsqu’ils sont beaucoup sollicités, les poissons d’élevage finissent par comprendre que dans les eaux inertes du lac où on les a déversés, tout ce qui nage en direction de la berge ou de la coque d’un bateau est un leurre. En cas de multiples refus, une technique est très payante. À l’aide d’une soie flottante et d’un long bas de ligne, laisser couler une nymphe plombée sans la ramener. Souvent, le poisson part avec la mouche, ce qui se traduit par une tirée continue sur le bas de ligne.
8 – Prévoir une sélection de micro-mouches
Les éclosions de micro-diptères, de chironomes minuscules sont très fréquentes en lac. Et lorsque les poissons s’attablent sur des insectes de quelques millimètres de longueur, mieux vaut avoir quelques imitations dans ses boîtes. Des imitations de fourmis font l’affaire. C’est avant tout une question de taille. Les micro-nymphes pour la pêche en rivière sont également très utiles.
9 – Profitez des coups de folie des poissonsOù que ce soit, les truites arc-en-ciel réagissent par des périodes de pleine activité suivies de temps morts plus ou moins longs où plus rien ne semble les intéresser. Lorsqu’un moment de frénésie se déclenche, il faut en profiter car cela ne dure jamais très longtemps.
10 – Conservez votre instinct de pêcheur en rivièreSi la pêche en réservoir est artificialisée à plus d’un titre, elle n’en reste pas moins plus efficace si l’on prend le temps d’observer les habitudes alimentaires des poissons. Les pêcheurs en rivière qui ont l’habitude d’observer avant de pêcher peuvent déceler des comportements très intéressants avec les truites arc-en-ciel : circuits, agressivité, attitude face aux insectes flottants, etc.
11 – Prospection ou pêche à poste, mariez les deux !Si les techniques sont bonnes, elles ont aussi leurs inconvénients. La pêche à poste fait prendre le risque d’être “à côté de la plaque”, tandis que la prospection fait encourir celui de ne pas assez insister et de rater des bons coups. Il peut être intéressant de jouer sur les deux tableaux et de varier les deux techniques.
12 – Choisissez votre heure
En hiver, les poissons deviennent très actifs sur le coup de midi, c’est-à-dire quand tout le monde rejoint le “club house” pour se réchauffer et se restaurer. Décaler l’horaire de son déjeuner vaut souvent la peine, car vous aurez des poissons actifs et le lac pour vous !
13 – Ne courez pas après les truites !
Lorsqu’on pêche à vue ou que les gobages sont nombreux, il est facile de perdre patience et de courir plusieurs truites à la fois. C’est très naturel mais pas très productif. Mieux vaut se concentrer sur un poisson et le pêcher plus calmement. Ce n’est pourtant pas facile !
14 – En bateau, recherchez les coulées de vent
Sur un lac, le vent est rarement uniforme, il prend des couloirs qui rident la surface. Les poissons présents en dessous peuvent être beaucoup plus agressifs sur ces zones que sur des parties plus calmes du lac. Une mouche tricotée lentement en sens inverse du vent est particulièrement attractive.
15 – Apprenez à compter !
Les réservoirs sont parfois profonds et les truites ne se tiennent pas toujours très proches de la surface. Les soies plongeantes s’imposent pour trouver des poissons. Estimer la profondeur de pêche devient un casse-tête. La meilleure solution consiste à compter durant la descente de façon à pouvoir entamer la récupération à la même profondeur sur plusieurs lancers. Cela reste approximatif mais tout de même assez juste.
16 – Variez les vitesses de récupération
La vitesse de récupération des streamers et des mouches noyées est très importante pour “pêcher juste” et obtenir le maximum de touches. C’est pourquoi il faut la modifier jusqu’à trouver un rythme “payant”.
17 – Dégraissez votre bas de lignePour toutes les pêches sous la surface (nymphe, chiro, streamer, etc.) Une pointe de bas de ligne qui coule mal ne permet pas d’atteindre la profondeur souhaitée avec aisance. Le fil peut être gras. Il faut alors le dégraisser avec un produit spécifique.
18 – Observez la façon de pêcher des autres pêcheurs et comparez les résultats
On est rarement seul en réservoir. Chacun choisi une technique et tout le monde se regarde du coin de l’oeil… Les résultats obtenus par les uns et les autres sont très intéressants à analyser : distances de pêche, techniques choisies, fréquences des prises, etc.
19 – Les lunettes polarisantes salvatrices
Lorsque les eaux sont claires, les lunettes polarisantes sont d’un grand secours pour observer l’attitude des truites face aux mouches comme les suivis timides, les refus catégoriques. Il faut alors les interpréter et ajuster la taille des mouches, les vitesses de récupération ou la grosseur du fil.
20 – En sèche, un mot d’ordre, restez patient !
Que c’est dur d’attendre que son imitation ballottée par les vagues finisse enfin par être happée ! Le doute s’installe inévitablement. Suis-je sur un bon poste ? Ai-je lancé assez loin ? Et cette mouche, va t-elle intéresser les truites ? C’est imparable, mais il faut pourtant rester patient. Il est normal qu’en lac, les poissons ne repassent pas au même endroit très régulièrement.

Têtes lestées : leçon de brasses coulées
En quelques années, la forme des têtes lestées s’est considérablement diversifiée afin de permettre d’autres nages que celle, rectiligne, d’un leurre souple. L’offre est aujourd’hui large et certains modèles obtiennent sans problème leur certificat de nage libre. Nous les avons testées cet été sur les bars bretons, les perches et les brochets.
Rappelons-nous qu’il y a quelques années seulement, on avait le choix entre les têtes sphériques et le plomb sabot, généralement moulés sur des hameçons de piètre qualité. La nage des leurres souples permettait alors une animation verticale, mais pas moyen de quitter la trajectoire sur le plan horizontal. En désaxant l’oeillet des têtes plombées vers l’arrière et en allongeant la forme de la tête, la nage devient aléatoire, prête à décrocher à la moindre tirée brève sur la ligne. Certaines sont même incapables d’aller tout droit ! Animées sèchement canne basse, elles simulent parfaitement la panique d’une proie qui cherche à sauver sa peau. Du coup, le champ d’application des leurres souples se trouve considérablement élargi. Le bar, la perche et le brochet (en été) sont particulièrement séduits par ces leurres à la nage rapide imprévisible. Rappelons-nous également que les poissons nageurs ont subi la même métamorphose avec l’arrivée des premiers leurres japonais comme le Lucky Craft Flash Minnow il y a une quinzaine d’années.
A prendre ou à laisser
Le principe des têtes lestées nageuses est basé sur la rapidité d’une nage qui change constamment d’orientation.

Leurres souples, si on vérifiait leur densité ?
Le sujet peut sembler farfelu, voire inutile. Pourtant rien n’indique au consommateur sur les sachets si les leurres souples flottent ou au contraire coulent. Pour toutes les techniques de pêche, ce détail à une grande importance, car il détermine l’équilibre des leurres dans l’eau.
Étrangement, les pêcheurs se soucient systématiquement de la densité des poissons nageurs, mais jamais de celle des leurres souples. De leur coté, les fabricants ne mentionnent pas ce paramètre physique sur les sachets, laissant le pêcheur découvrir si le leurre flotte comme un bouchon ou au contraire coule purement et simplement. Deux leurres de taille équivalente peuvent montrer une densité très différente une fois dans l’eau. En action de pêche, cette différence saute aux yeux. La densité d’un leurre souple influe directement sur sa position dans l’eau, donc sur sa présentation au poisson. En ce qui concerne les montages “weight less” (sans lestage), la densité des leurres est capitale afin d’obtenir l’effet souhaité.
De la densité découle l’équilibre du leurre. Les leurres lourds, qui coulent lentement mais sûrement, sont généralement très bien équilibrés. Ils piquent généralement du nez (pour ce qui est des shads, dont la forme favorise cette tendance). Leur position bien à l’horizontal, lorsqu’ils sont ramenés en surface ou juste sous celle-ci, rend la progression du leurre régulière et précise. Le Sawamura One Up Shad, dont la réputation dépasse largement le Japon, est un shad idéal pour ce type de pêche. Ramené rapidement, il se tient dans la pellicule de surface, mais devient capable de descendre de quelques décimètres pour explorer une trouée dans les herbiers si l’on ralentit la cadence. Les leurres flottants ne peuvent autoriser une telle polyvalence.Le cas du drop shot
Voici une autre technique où la densité des leurres est capitale dans la présentation du faux appât au poisson.

Nymphe à vue, l’art de l’animation
L’animation des nymphes s’apprend, se perfectionne, de façon très personnelle. C’est un art, précis, où chaque geste est pesé. Avant d’en comprendre la technique, une observation des larves et des nymphes dans leur milieu est indispensable pour disposer ensuite de ce petit plus qui fait une grosse différence.
Par Jean-Marc Theusseret
Pour qui consacre un peu de temps à l’observation des truites et des ombres par simple curiosité, la connaissance du comportement de ces poissons s’en trouve considérablement accrue. Ainsi donc est-il fréquent de voir les truites et les ombres s’élancer soudainement à la poursuite de nymphes comme si elles étaient sur le point de leur échapper. Combien de pêcheurs à la nymphe ont pris le temps d’observer les nymphes en mouvement dans l’eau ? Il est facile de s’en procurer quelques-unes et de les mettre dans un bocal ou un aquarium. On apprend beaucoup ainsi sur l’agilité avec laquelle certaines larves d’éphémères se déplacent dans l’eau. La force développée par ces petites bestioles dans un milieu 800 fois plus dense que l’air est véritablement prodigieuse.
Elles évoluent par saccades de 5 à 10 cm avec une grande vivacité. C’est cela que le pêcheur à la nymphe devra reproduire. Parmi les tours de main à connaître par les pêcheurs à la mouche, l’animation de la nymphe est l’un des plus subtils. Avant d’arriver à le maîtriser, bon nombre de débutants en abusent un peu trop. Souvent, le nympheur en herbe pense qu’il est impossible que la truite ou l’ombre arrive à distinguer cette petite imitation qui dérive au gré du courant. L’animation de la nymphe est alors exagérée, dans le seul but de montrer au poisson “qu’on est là !”. En réalité, les poissons voient très bien les nymphes, et les prennent souvent aussi lorsqu’on ne les anime pas. Certains pêcheurs rencontrent le problème inverse, qui est de ne pas animer suffisamment. Le plus souvent, ils veulent le faire, mais une mauvaise gestion de la longueur de la soie et du bas de ligne lors de la dérive fait que le mouvement imprimé à la canne ne se transmet pas jusqu’à la nymphe.Juste éveiller l’attention des poissons
C’est un classique de la pêche aux leurres en général, qu’il s’agisse de mouches, de cuillers ou autres poissons nageurs. Autant les poissons peuvent réagir pleinement à une nymphe animée, autant ils s’en méfient si celle-ci a eu lieu trop tôt. Pourquoi ? L’explication est à la base même de la pêche à la mouche d’aujourd’hui, pratiquée sur des parcours publics très fréquentés s’entend. En animant la nymphe, on déclenche un réflexe chez la truite ou l’ombre qui, comme la plupart des animaux, réagissent très bien aux mouvements. La première étape est donc réussie. Mais si elle a lieu trop loin du poisson, l’effet est immédiatement cassé au moment où, inévitablement, la nymphe drague. En animant, on tire forcément sur le bas de ligne. Le phénomène est accentué par le fait que cette animation ne sert, nous l’avons vu, qu’à éveiller l’attention des poissons convoités. Le relâcher qui suit est un modèle de dragage, la nymphe replongeant en biais en direction du pêcheur. Ne perdez jamais de vue que, moins vous animez, moins la nymphe risque de draguer au relâcher. L’animation ne doit servir qu’à éveiller l’attention du poisson, rien d’autre. Pour être efficace, vous devrez apprendre à animer au dernier moment, alors que votre nymphe qui dérive dans le courant s’approche du poisson. En pratique, il faut arriver à le faire à 15 ou 20 cm du poisson. Toute la difficulté vient du fait qu’il faut savoir précisément où se situe sa nymphe qui dérive au fil du courant. C’est là où il faut du “métier”. Les meilleurs pêcheurs à la nymphe savent toujours à 1 ou 2 cm près où est leur nymphe, y compris sur des dérives de souvent plus de 10 mètres. Cela s’apprend par la répétition, par la pratique. C’est une perception qui comprend l’observation des réactions du poisson ainsi que l’appréciation que l’on a des dérives que l’on effectue. Pour débuter, il est conseillé de choisir un secteur peu profond avec un courant qui coule de façon régulière, sans turbulences. A partir d’une certaine vitesse de courant (un peu moins d’un mètre par seconde), les choses se compliquent. Car, même si l’on sait exactement où est sa nymphe, il est indispensable d’anticiper l’animation, ce qui correspond au temps nécessaire pour créer le mouvement imprimé à la canne et au bas de ligne. Il est fréquent dans ces conditions d’animer trop tard, une fois que la nymphe est passée au niveau du poisson.
Entre la truite et l’ombre, des différences notables
Les ombres réagissent plutôt mieux que les truites à l’animation des nymphes. Certains jours, il est même quasiment impossible de les faire s’intéresser aux nymphes si on ne les anime pas de façon relativement énergique. Les ombres montent parfois chercher une nymphe animée assez loin au-dessus ou même derrière eux, comme ilsle font parfois pour intercepter des nymphes naturelles. A croire que ces diables de poissons ont des yeux derrière la tête ! On observe cela sur les radiers au courant qui accélère progressivement. Pour la truite, l’animation est beaucoup plus discrète. Juste ce qu’il faut pour qu’elle la voie. Ensuite, c’est à elle de se déplacer.
Un geste qui s’apprend
Il existe plusieurs façons d’animer une nymphe. Une des plus efficaces consiste en un mouvement latéral du poignet de droite à gauche, en continu. Pour que la nymphe soit animée, vous devrez lever légèrement votre canne tout en continuant le mouvement du poignet. La nymphe remonte alors par petites saccades de 5 à 10 cm, d’une façon très réaliste, à la manière de nombreuses espèces de larves et de nymphes naturelles. Ce geste n’est pas très fluide au début, mais il s’apprend vite. Evitez de crisper le bras et le poignet. Au contraire, détendez-vous, ça ira beaucoup mieux !
Et pour la nymphe “au fil” ?
L’animation des nymphes concerne aussi les techniques de pêche à la nymphe en aveugle, mais reste beaucoup plus limitée. Elle peut intervenir en fin de dérive. C’est même une technique à part entière, qui marche très bien. La nymphe est lancée très en amont du pêcheur et coule librement. Arrivée au niveau du pêcheur, celui-ci lève lentement la canne, ce qui a pour effet de tendre – dans l’ordre – la soie, le bas de ligne, puis de faire remonter la nymphe. La remontée s’effectue alors en continu et non plus par saccades. Cette remontée continue permet de déceler les touches lors de l’arrêt du bas de ligne, en général. Yann Caléri nous a fait découvrir cette technique dans le détail dans le DVD Pêches sportives n° 9.

De l’intérêt des gros spinnerbaits
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers, seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
Il y a cinq ou six ans, les spinnerbaits étaient quasiment inconnus des pêcheurs aux leurres français. Seuls les plus curieux, amateurs de leurres japonais et américains, avaient eu la bonne idée de tester l’efficacité redoutable de ces drôles de leurres sur les brochets et les black-bass. C’est d’ailleurs pour ce poisson que le spinnerbait a été conçu sur le principe d’une palette qui tourne sur elle-même (de to spin, “tourner sur soi-même”). Si son efficacité sur les blackbass n’a jamais fait l’ombre d’un doute, lorsqu’il s’agit de les chercher en prospection rapide (power fishing), la surprise fut grande sur les brochets européens. Les tailles usuelles des spinnerbaits importées en France concernent les modèles de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui correspond à des tailles de palettes de 4 à 6 cm au maximum pour un poids de 15 à 25 g tout compris. Ces leurres donnent de très bons résultats lorsqu’ils sont utilisés pour prospecter des herbiers parsemés de clairières.
Les spinnerbaits jouent sur plusieurs registres : les vibrations, les éclats, les couleurs, l’action du leurre souple situé en queue. Ces spécificités font que les spinnerbaits sont censés interpeller tous les sens d’un carnassier comme le brochet. Le succès de ce leurre, qui reste le seul parmi les leurres modernes à avoir séduit l’ensemble des pêcheurs de carnassiers, réside dans sa facilité d’utilisation, car on le ramène en moulinant de façon régulière et parce qu’il ne s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes pour les provoquerLa limite des spinnerbaits est atteinte lorsque les herbiers sont si denses qu’ils ne forment plus qu’un bloc compact. En été, les brochets s’y réfugient volontiers. Si l’on peut toujours employer un spinnerbait de taille standard pour le faire passer autour, voire au-dessus de ces blocs végétaux, les brochets ne réagiront pas forcément aux seules vibrations de ces leurres. Dans ce cas-là, l’utilisation d’un modèle beaucoup plus imposant fait souvent la différence, notamment sur les beaux sujets. Tout se joue sur les vibrations émises, car le plus souvent nos résidents de ces herbiers denses ne verront pas les leurres passer au-dessus de leur tête. Il est d’ailleurs très étonnant de constater à quel point la France est sans doute le pays d’Europe qui utilise les plus petits leurres pour la pêche du brochet. Les Néerlandais, Espagnols, Belges, Anglais, Irlandais, sans parler des Suédois, ne conçoivent pas de pêcher cette espèce avec des poissons nageurs de moins de 15 cm (c’est vraiment un minimum).
Pour les spinnerbaits, la difficulté consiste avant tout à trouver des gros modèles. Les importateurs sont encore très frileux sur le sujet, mais heureusement les choses s’arrangent petit à petit. Pour autant, les modèles pourvus de palettes longues de 8 à 12 cm ne sont pas légion. Il s’agit en réalité de leurres conçus pour pêcher les muskinonges, ces brochets géants d’Amérique du Nord. Si la palette est intéressante, l’hameçon ressemble le plus souvent à une pioche et le leurre qui l’entoure est inadapté à l’utilisation que l’on souhaite en faire. La meilleure solution consiste alors à récupérer la ou les palettes, les anneaux brisés et les émerillons, et à construire un autre leurre à l’aide de corde à piano, d’un peu de soudure et de quelques accessoires.Les formes de palette
La forme de la palette détermine autant sinon plus que sa taille la nature et l’amplitude des vibrations émises. On trouve dans le commerce deux formes de palettes. L’une est dite allongée ou “feuille de saule”, et l’autre, presque ronde, est dite “Colorado”. Ces deux formes dictent deux utilisations bien différentes. Les leurres munis de palettes allongées sont plus adaptés à une récupération rapide (power fishing) et à une utilisation dans un faible courant. Les leurres à palettes rondes se récupèrent très lentement et sont inadaptés à une récupération face à un courant même très faible (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spinnerbaits, de surcroît lorsqu’il s’agit de gros modèles, est des plus confidentiels. Néanmoins, certains magasins spécialisés en proposent quelques modèles, comme les Damiki Spinner Willow #5, Damiki Spinner Colorado #4 ou les Megabass 3D Hydro Blade. Une autre option tout à fait recommandée consiste à récupérer des palettes sur les cuillers ou des spinnerbaits de grande taille comme la cuiller Mepps Giant Killer ou le spinnerbait Storm Wildeye Curl Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que jupes en silicone, plombs, corde à piano mais aussi palettes de toutes formes et de toutes tailles, le site Internet américain www.barlowstackle.com est une véritable caverne d’Ali Baba. Ces produits ne sont pas ou que très peu distribués en France, ce qui est dommage, car la pêche aux spinnerbaits a le vent en poupe.Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinnerbaits importés en France nous ont habitués à des conceptions mariant deux, trois ou même quatre palettes, comme sur un très bon modèle de marque Booyah. Concernant les gros modèles de spinnerbaits, le principe du multi-palettes n’est sans doute pas aussi convaincant. Premier problème, le poids ajouté par la palette supplémentaire. Second problème, le tirage, qui nous amène directement vers le problème de l’équilibrage du leurre. Car, qui dit palettes de grande taille à fortes vibrations dit équilibrage du leurre à bien maîtriser. Pour nager convenablement, un spinnerbait doit le faire en position verticale et non sur le côté, ce qui est le cas lorsque le lest n’est pas assez important ou que la récupération se fait trop rapide. Une seconde palette oblige à surlester le leurre pour atteindre des poids de plus de 60 g. Comme toujours avec les gros leurres, un matériel spécifique est alors incontournable. Un poids global de 40 à 50 g doit être respecté pour pouvoir être utilisé avec une canne de puissance “heavy”, sans tomber dans des excès.

Leurres souples sauce bling-bling !
Les tentatives de leurres “hybrides”, qui reprennent les avantages de plusieurs modèles, ne sont pas toujours des réussites. Mais lorsque des marques réputées développent la possibilité d’associer un shad à une palette de spinnerbait, les résultats sont là !
Par Jean-Marc Theusseret
Pour la pêche du brochet, le pêcheur lambda découvrait, il y a à peine dix ans, l’efficacité des spinnerbaits, ces drôles de leurres qui étaient si éloignés de notre culture halieutique. Nous connaissions les cuillers tournantes (qui ne les connaît pas ?) et savions donc qu’une palette qui tourne dans l’eau a toujours pris et prendra toujours des brochets. Piège parfait, une palette de cuiller est le leurre par excellence. Associer une palette de cuiller ou de spinnerbait à un leurre souple de type shad est une trouvaille que l’on doit aux pêcheurs de silures aux leurres. Les pêcheurs de silures recherchent des leurres qui vibrent beaucoup, surtout lorsque les rivières sont en crue. Associer les pulsations d’un gros shad aux éclats d’une palette ne peu donner qu’une bouchée généreuse aux carnassiers. Les pêcheurs de brochets ont pris la balle au rebond et on assiste cette année à un engouement particulier pour ces leurres étranges, mais tellement évidents.
Ce qu’apporte la paletteL’attrait d’une palette tournante sur un leurre n’est jamais anodin. Les spinnerbaits en sont l’exemple tout comme, dans un tout autre style, les chatterbaits. Le rôle d’une palette est double. Premièrement envoyer des éclats en permanence, dans tous les sens, et deuxièmement émettre des vibrations. A vrai dire, dans le cas qui nous concerne ici, il vaut mieux compter sur les éclats que sur les vibrations, car les palettes qui peuvent être associées à un shad sont de tailles modestes. Toute la subtilité de notre leurre réside dans la superposition de deux effets. Nous avons d’un côté les battements de la queue du shad et de l’autre les éclats de la palette. Alors, pourquoi ne pas pêcher tout simplement au spinnerbait plutôt que d’ajouter une palette sur un beau shad à peine sorti de son sachet ? Lesspinnerbaits sont de fabuleux leurres à brochets, mais ils ne permettent pas de pêcher partout.
La profondeur de pêche est très limitée avec ces leurres. En lac, un shad lesté à 14, 28, 40 ou 50 g reste un des rares choix possibles pour prospecter les couches profondes, car les poissons nageurs n’explorent pas les couches inférieures à seulement 5 mètres. Seuls les leurres métalliques de type jig proposent une alternative. En lac, mais aussi en cours d’eau profonds, l’emploi d’un shad se justifie donc pleinement.Les palettes
Parmi les palettes permettant d’être associées à un shad, on trouve les deux formes classiques, la feuille de saule galbée et la palette ronde dite “colorado”. Cette dernière produit à taille égale des vibrations beaucoup plus importantes que sa cousine. C’est au niveau du système d’attache que l’on trouve des différences entre les palettes de spinnerbaits, avec leur émerillon et leur anneau brisé, et les palettes destinées à être ajoutées aux leurres souples, avec leur système spécifique en forme de ressort. Ce petit tirebouchon permet par vissage de fixer convenablement et solidement la palette sans détériorer le leurre. Ce système fonctionne très bien. L’idéal est de le placer sous le leurre en faisant attention que rien ne gêne l’action de la palette. Pour cela, la première partie du leurre (côté tête) constitue bien souvent l’endroit idéal. L’attache avec un émerillon est beaucoup moins polyvalente. Elle se destine à remplacer un hameçon en profitant de son oeillet, dans le cas de shads à armature interne et à hameçons externes. Une autre solution opportuniste consiste à placer la palette sur la courbure de l’hameçon simple de la tête plombée. Elle doit dans ce cas impérativement être bloquée par des stop-floats en silicone. Ce procédé n’est possible que si le leurre choisi dispose d’un autre hameçon, car les stop-floats et l’anneau brisé maintenus dans la courbure de l’hameçon risquent fort de favoriser le décrochage des poissons.Les leurres à palette terminale
Storm et Biwaa ont choisi de mettre au point des leurres souples dont la caudale traditionnelle d’un shad est remplacée par une palette. Bien qu’il existe des différences notables entre l’action du Spin Tail Shad de chez Storm et du Divinator de Biwaa, dans les deux cas, ces leurres sont destinés à une prospection rapide des postes en power fishing. Le Divinator mesure 20,5 cm et pèse 55 g. Il a été spécialement conçu par les frères Alexandre, compétiteurs réputés pour la pêche du brochet en lac. Par son poids, il permet de pêcher en profondeur et sa taille est adaptée à la pêche du brochet. Derrière, la palette tourne et papillonne à ravir. Les possibilités d’animation sont assez restreintes mais ce n’est pas la priorité avec ce type de leurre, qui doit avant tout pouvoir se maintenir à une profondeur importante et couvrir du terrain. Ces leurres renouent avec les cuillers tournantes, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, tant elles restent efficaces et le seront probablement longtemps. Toujours est-il que ce concept propose un nouveau type de leurre pour une application qui restait à combler (pêche profonde en lac avec un leurre “souple” qui émet de fortes vibrations et permet de pêcher rapidement). Le gros modèle de Divinator devrait également intéresser les pêcheurs à la traîne en grands lacs.Les évolutions à venir
Cet article, destiné aux leurres souples agrémentés de palettes de cuillers, ne mentionne pas l’existence, sur le même principe, des leurres durs à palette. Certains modèles de lipless ou de swimbaits disposent également d’une petite palette terminale (Lucky Craft Real Bait, Rat’L’Trap, King Kong, etc.). Alors, effet de mode ou atout supplémentaire pour les leurres ? Le fait que ce système fonctionne entraîne un effet de copiage (pas toujours réussi) des fabricants concurrents. Chaque marque proposera bientôt son shad à palette, comme elles ont toutes leur spinnerbait et plus récemment leur chatterbait. Ainsi va le monde…
Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance
A l’heure de la mouche bling-bling toujours plus lourde et plus brillante perdure une tradition bien plus discrète, celle de la mouche bretonne, dont Yann Le Fèvre est le gardien. Portrait d’un artiste qui depuis trente ans jongle avec les matières naturelles pour capter une lumière rare et vivante qui fait la réputation d’une des plus belles collections de mouches artificielles au monde.
Par Jean-Marc Theusseret
C’est indéniable, il existe non seulement une tradition bretonne de la pêche à la mouche, mais plus exactement une philosophie bretonne de la pêche à la mouche. Nulle autre région française ne fait apparaître une telle symbiose entre un territoire chargé d’histoire, de légendes, ses rivières envoûtantes, ses poissons et ses mouches. Ha ! Les mouches bretonnes ! Elles se reconnaissent entre mille, mais prennent des poissons partout. Il faut dire qu’elles ont de qui tenir. La Bretagne fut très tôt fréquentée par les voisins anglais qui pratiquaient avec une technique inconnue des pêcheurs locaux bretons la pêche à la mouche.
Saumons et truites bretonnes succombaient à la présentation de petits plumeaux colorés aux couleurs vives de plumes d’oiseaux exotiques importés des colonies lointaines de l’Empire britannique. Les pêcheurs bretons tentèrent bien entendu d’imiter les Anglais, mais ne disposaient que de matériaux rudimentaires, tels que laine, fil de coton, plumes et poils des animaux de la ferme, et produits de la chasse. Ainsi naquit, faute de moyens, l’une des écoles de montage de mouche les plus réputées aujourd’hui ! C’est bien connu, les plus belles mouches prennent surtout les pêcheurs. La théorie de la mouche d’ensemble, peu imitative, terne, voire grossière, était née. Sans concertation entre les vallées du sud et du nord de la Bretagne étaient imaginées les premières collections parfois différentes, mais toujours aussi discrètes dans leur réalisation, à l’image des mouches en plume de paonne du célèbre saumonier de l’Ellé, Henri Clerc. Il faudra attendre 1932 pour que la société Ragot, basée à Loudéac, commercialise la première collection de mouches artificielles bretonnes et la fasse connaître dans toute la France, mais également à l’étranger.L’héritier
Yann Le Fèvre s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Depuis 1978, il fabrique une collection issue de la tradition bretonne dont non seulement il se réclame à juste titre – lui à qui l’on doit le sauvetage et la sauvegarde des modèles traditionnels –, mais qu’il a su faire évoluer, créant tout en conservant ce qui fait l’originalité des mouches bretonnes : une collection universelle destinée à la pêche des salmonidés des rivières d’ici et d’ailleurs.
Il a su, tout en préservant le patrimoine, cultiver la modernité, particulièrement en inventant le concept de la série baptisée les Lanvollonnaises. Série unique dans le monde de la pêche à la mouche, car particulièrement polyvalente. Ainsi certaines représentantes de cette collection sont devenues des classiques au niveau national, comme la “mouche à Jo”, un petit sedge en croupion de bécasse redoutable, ou encore les émergentes Plougoulmoises, aussi appréciées en rivière qu’en lac ou en réservoir. Les Plouaisiennes sont des imitations de nymphes d’éphémères que Yann a eu la bonne idée de décliner en trois teintes : claire, mi-foncée et foncée.
Notons également une très belle série de mouches pour la pêche en lac : noyées, émergentes et mouches sèches, dont on sent l’influence irlandaise, pays que Yann connaît très bien. Quant aux mouches à saumons de Yann Le Fèvre, il y a longtemps que leur réputation a dépassé leur Bretagne d’origine pour aller faire des merveilles sur les rivières islandaises, russes, écossaises ou irlandaises.
Il existe un point commun à toutes ses mouches, qu’elles soient pour le saumon, la truite ou l’ombre, c’est la vie ! Yann est un artiste au sens large. Ce passionné de dessin et de peinture sait mieux que beaucoup marier les matériaux, les teintes, les brillances, pour qu’au final une mouche, comme une oeuvre, “fonctionne”. Regarder sa collection nous rappelle à quel point cet exercice qui consiste à concevoir des modèles avec juste l’essentiel de matière est beaucoup plus difficile que “d’en mettre des tonnes”.
Renseignements :
www.mouchesyannlefevre.com
Au bon endroit au bon moment
La pêche sportive est une activité ingrate ! Rares sont en effet les loisirs où les probabilités de réussite dépendent d’autant de facteurs différents. Quand l’eau n’est pas trop froide, elle est trop chaude, par vent du nord, rien ne mord, brouillard sur les monts, reste à la maison… les pêcheurs entendent ça depuis l’enfance, sans comprendre pourquoi l’activité des poissons est si dépendante des conditions météorologiques. Le bilan d’une saison de pêche se résume parfois à quelques sorties mémorables, une majorité que l’on qualifiera de moyennes à médiocres et le reste sent bon la bredouille. Voici quelques éléments de base pour éviter d’être constamment au mauvais endroit au mauvais moment.
Par Jean-Marc Theusseret
On ne le répétera jamais assez, les poissons sont des animaux à sang froid. S’il existe inévitablement un lien entre les conditions météorologiques et l’activité des poissons, cela est dû en grande partie au fait que les poissons n’ont aucun moyen de réguler leur température corporelle. Les mystères de la nature s’expliquent parfois, du moins en partie.
Pour chaque espèce de poisson, il existe une plage de température idéale en termes d’activité alimentaire. Et de même d’autres plages, soit trop froides soit trop chaudes, rendent les poissons inactifs et parfois pour longtemps. Chez le brochet, par exemple tout semble réglé comme sur du papier à musique. Au-dessus d’une température de l’eau de 20 à 22 °C, son activité alimentaire réduit considérablement. Cela explique pourquoi il s’en prend très peu en été sur les eaux peu profondes exposées aux fortes chaleurs. Dans ces eaux, le brochet est actif à l’ouverture de la pêche jusqu’à fin juin, puis de nouveau à l’automne. Pour toutes les espèces, il est une règle néanmoins commune. Une brutale baisse de la température de l’eau induit un arrêt presque total de l’alimentation des poissons et cela reste valable également pour des espèces d’eaux froides comme la truite ou l’ombre. Pour la truite, sauvage s’entend, une rivière dont la température de l’eau chute en vingt-quatre à quarante-huit heures de 15 à 10 °C induit un ralentissement tout aussi brutal du métabolisme des truites. L’activité alimentaire reprend généralement après trois ou quatre jours lorsque la température remonte. Si elle reste froide mais constante dans la durée, les truites se nourrissent de nouveau.Des observations qui dictent la façon de pêcher
Connaître l’influence de la température sur l’activité alimentaire des poissons donne des indications précises sur l’action de pêche, les profondeurs de prospection, la vitesse de récupération des leurres, l’amplitude d’animation des mouches (streamers, nymphes, mouches noyées, etc.). Au printemps, lorsque l’on est en phase ascendante de la température de l’eau dans une plage de température optimale, on pourra se permettre l’emploi de leurres de surface dans le cas de la pêche du brochet, du black-bass ou de la perche. A l’inverse, à l’automne, après un été caniculaire, ces trois espèces redeviennent actives en surface lorsque la température a lentement perdu quelques degrés. Pour le pêcheur à la mouche, notamment à la nymphe, une observation de la température de l’eau sur les jours précédant la sortie de pêche permet d’anticiper les réactions des poissons.
Dans une phase de baisse de la température de l’eau, au printemps, il va falloir pêcher près du fond et animer la nymphe defaçon modérée. Dans ces conditions, les truites ne poursuivent pas facilement les nymphes artificielles.
Elles se contentent de les prendre lorsqu’elles passent à leur portée. L’emploi de nymphes leurres avec un peu de matériaux brillants est souvent la seule technique efficace.
Le cas des rivières “chasse d’eau”Jadis, les zones humides jouaient un rôle d’éponge, retenant l’eau de pluie lors des précipitations et la restituant progressivement ensuite. La disparition des zones humides en France estimées à plus de 60 %, a rendu bon nombre de cours d’eau à l’état de “chasse d’eau”.
Lorsqu’il pleut, le niveau monte fortement en très peu de temps, puis quelques jours plus tard elles retrouvent un niveau proche de l’étiage. La variation de température de l’eau à cette occasion est souvent conséquente, bien plus que par le passé. A l’étranger, on peut encore trouver des rivières dont les zones humides sont encore préservées (Islande, ex-URSS, Scandinavie-Laponie, Ecosse, Ireland, etc.). Les conditions de pêche y sont plus souvent favorables que dans nos rivières, aux débits perturbés. C’est une des raisons pour lesquelles la pêche est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il y a plus de cinquante ans sur les rivières françaises. De plus, les niveaux bas favorisent le stress des poissons, la prolifération d’algues, etc.En lac, le rôle de l’oxygène dissout
Qui dit température de l’eau dit obligatoirement oxygène dissout. Les deux phénomènes sont liés, tout comme un troisième, la lumière, qui rend la vie possible ou non dans les profondeurs de nos lacs. Si l’on dispose d’un sondeur, la profondeur à laquelle on trouve encore de l’oxygène est facile à trouver. C’est simple : à partir d’une certaine profondeur, on ne trouve plus d’échos de poissons.
En été, sur certains lacs recevant beaucoup plus de matière organique que les milieux peuvent en “digérer”, la limite se situe à quelques mètres sous la surface. Cette situation provoque de grandes migrations de poissons dans les grands lacs, à condition qu’il soit possible pour eux de trouver des zones où il reste encore de l’oxygène.
Si ce n’est pas le cas, on assiste alors à des comportements anormaux de poissons en survie dans la couche superficielle, notamment sur les bordures. Le plus souvent ils sont complètement inactifs, attendant des jours meilleurs qui généralement ne surviennent pas avant l’automne. L’été n’est pas une excellente saison dans les lacs pauvres en oxygène dissout.
Seuls les lacs situés en montagne ou ceux alimentés par des cours d’eau très frais peuvent encore permettre des parties de pêche qui se déroulent dans des conditions normales.Une question de température de confort
Tous ces phénomènes qui s’expriment souvent en chaîne sont liés et influent sur les choix du pêcheur. A lui d’être conscient de tous ces paramètres, qui l’aideront de façon souvent très logique à pêcher telle zone plutôt qu’une autre, avec tel leurre plutôt qu’un autre, et de l’animer d’une façon acceptable par le poisson convoité en fonction de son état. Comprendre le mode de vie des poissons pour comprendre leur pêche semble logique. Pourtant, rares sont les pêcheurs qui s’intéressent de près aux phénomènes climatiques et à leurs liens avec les poissons. Chaque espèce possède sa température de confort dans laquelle elle se nourrit normalement. Ce constat est aussi valable pour la carpe que le saumon atlantique, le sandre, le brochet ou le goujon.
Contrairement à certaines idées reçues, le régime alimentaire des carnassiers est très perturbé par des écarts de température. C’est flagrant en grands lacs lorsque l’on pêche au sondeur. D’une semaine à l’autre, les poissons évoluent dans la couche d’eau, cherchant à l’automne par exemple à éviter la couche froide de surface. Les poissons sont finalement comme nous. Ils craignent les températures trop chaudes mais en revanche peuvent s’adapter au froid. Cela prend du temps, mais ils peuvent se nourrir activement par eau froide (salmonidés et carnassiers), alors que le contraire est moins vrai. Ce qui fait le talent de quelques fines gaules dotées d’un mystérieux sixième sens s’explique par une analyse parfois inconsciente chez le pêcheur des paramètres évoqués dans cet article. Les sorties répétées à la pêche par tous les temps nous apprennent beaucoup à condition d’y prêter attention, faisant mentir la phrase de Tony Burnand : “J’ai fait des bredouilles par tous les temps et des pêches miraculeuses de même.”
La pêche au chatterbait
Le Chatterbait est née dans un garage il y a quelques années aux Etats-Unis chez un passionné de pêche au black-bass. La légende veut qu’il en ait confié quelques-uns à des amis compétiteurs qui, avec ces leurres, ont enregistré de très bons résultats. Voici quelques pistes pour en faire le meilleur usage…
Par Jean-Marc Theusseret
L’association d’un jig à jupe et d’une palette a donc donné naissance à un leurre que l’on trouve désormais sous le nom de chatterbait. Pour être précis, Chatterbait est avant tout une marque spécialisée dans ce type de leurres. A l’instar du Frigidaire ou de la Mobylette, le Chatterbait est tombé dans le langage courant et désigne donc ces leurres très atypiques. Pourtant le premier modèle commercialisé l’a été (et l’est toujours) sous la marque Rad Lures. La définition exacte du “chatterbait” serait “appât qui broute”, comme quoi la traduction littérale ne marche pas à tous les coups ! S’il n’a rien d’un ruminant, le chatterbait vibre, s’ébroue, se secoue d’une façon peu commune dès qu’on le ramène par une tirée franche.
L’effet vibratoire de la palette se transmet alors au leurre entier, qui semble pris d’une crise d’épilepsie aiguë. Le rapport volume/ vibrations est plus élevé que celui des lipless et des cranckbaits, ce qui n’est pas peu dire !Un piège à brochets
Tout comme les spinnerbaits, que les pêcheurs français connaissent bien aujourd’hui, les chatterbaits ont été initialement conçus pour la pêche du black-bass à grande bouche (le large mouth bass). Mais ces deux leurres se révèlent redoutables pour la pêche du brochet européen, notamment dans les zones encombrées d’herbiers.
Plus encore que le spinnerbait, notre jig à palette est typiquement un leurre de pêche à la surprise dont le piège fonctionne principalement lorsque le poisson ne voit pas le leurre mais l’entend. Il provoque des attaques éclair de la part de brochets qui n’auraient sans doute pas réagi au passage d’un spinnerbait et encore moins à celui d’un simple leurre souple. Sur ce plan, le chatterbait apporte un plus indéniable et ô combien intéressant lors des pêches d’été où, dans bien des cas, les brochets embusqués dans les herbiers sont beaucoup moins actifs qu’au printemps ou à l’automne.
Nos essais réalisés en plans d’eau très riches en potamots, renoncules, nénuphars et en autres végétaux divers et variés mettent en évidence des touches à proximité des zones végétales denses. La pêche en milieux ouverts entre les massifs de végétaux n’a pas donné la moindre touche. Pire, les quelques brochets pêchés à vue en zones dégagées, qui ont donc vu arriver le leurre de loin, se sont enfuis à toutes nageoires ! Ce point est intéressant à observer car il en dit long sur l’utilisation des leurres bruiteurs en dehors de postes encombrés très marqués. Cela explique également pourquoi certains pêcheurs n’ont presque rien pris avec les chatterbaits.
L’action de pêche reste celle d’un jigL’utilisation d’un chatterbait reste des plus simples. Ceux qui connaissent la pêche au poisson mort manié seront ici en terrain connu. Comme pour tous les jigs, l’animation est essentiellement constituée de tirées de 0,50 à 1 mètre environ suivies de relâchés. On doit sentir immédiatement dans la canne les vibrations du leurre. Sous l’effet de la tirée canne haute, la palette bute sur l’eau se met à se déhancher frénétiquement. C’est immanquable, même à longue distance, tant la canne se fait l’écho des vibrations du leurre. En cas de longs lancers, une récupération linéaire est aussi très efficace, avec là aussi de fréquents relâchés. Tout est possible (y compris la pêche la traîne, là où celle-ci est autorisée), mais c’est à courte et moyenne distance que la pêche au chatterbait donne le meilleur d’elle-même.
Faire les trouées d’herbiers en float-tube
La pêche des carnassiers aux jigs demande une bonne précision pour pêcher les postes encombrés, surtout s’il s’agit d’arbres immergés. Notez que les modèles de chatterbaits sont dépourvus d’hameçon anti-herbe, ce qui est regrettable. Raison de plus pour faire attention. L’idéal pour cette pêche inquisition dans les repères à carnassiers est d’être placé en hauteur, sur la plateforme d’un bass-boat.
Comme tout le monde ne dispose pas de ces bateaux très équipés, le float-tube permet au moins, faute de hauteur, d’être d’une discrétion qu’aucun bateau n’arrivera jamais à atteindre.
Faire les trouées d’herbiers au chatterbait est un plaisir que je vous souhaite le plus souvent possible. Si vous bénéficiez d’eau claire, vous verrez alors les attaques à quelques mètres de vos palmes ! De plus, il est possible de placer votre leurre avec une grande précision là où vous voulez, en contrôlant facilement son entrée dans l’eau, toujours dans le but de rester discret. Un régal !Les leurres souples associés
Un grand nombre de modèles de leurres souples peuvent être placés sur l’hameçon des chatterbaits. Ils apportent surtout de la mobilité lors des relâchés pour faire en sorte que le leurre reste attractif. On peut opter pour un modèle à simple ou à double appendice. Tout est une question de volume et, par conséquent, de résistance dans l’eau. Si l’on doit pêcher une zone profonde, un modèle volumineux sera un frein pour leurre alors que, sur un haut fond, cela devient un avantage.
A chacun d’adapter son choix selon ses envies et la configuration des postes. On peut en tout cas considérer que de simples leurres souples de type virgule à simple ou double appendice peuvent convenir. Si l’on veut pousser plus loin les recherches, notamment dans la famille des leurres souples double, le Berkley Sabertail est particulièrement bien adapté. Ce leurre muni de deux longues “pattes”en forme de sabre est parfait tant il évoque la nage de l’écrevisse durant la traction, mais aussi au relâché. Dans le même genre, le Zoom Super Chunks est très recommandable, tout comme il l’est derrière les spinnerbaits. Plus nageant avec ses deux pattes en forme de coeur, le Berkley Double tail Grub est aussi très bon. La liste pourrait être longue, car de nombreux leurres souples conviennent. Néanmoins, il convient de ne pas sous-estimer le choix du leurre associé tant il est important lors des phases de descente du leurre.Les différents modèles Booyah Boogie Bait
Sans doute le meilleur, et un des rares modèles du commerce bien distribué en France. La réalisation est de très bonne facture, avec une jupe digne de ce nom et surtout un système d’anneaux où vient s’accrocher la palette large qui n’entrave pas celle-ci. De plus, l’hameçon, suffisamment long et piquant, est monté sur une partie câblée qui le rend mobile lorsqu’il se trouve planté dans la gueule du carnassier. Cela permet d’éviter les décrochages. Un très bon produit largement distribué par Flashmer. Poids total du leurre : 17 g. Il existe aussi son petit frère, le Boogie Bait mini, qui est vraiment une copie miniature du plus grand. Poids : 3,5 g. Pour le black-bass et la perche.
Delalande Exit’Jig Le seul chatterbait français est proposé par la maison Delalande.
Il s’agit d’un leurre de premier prix (autour de 6 euros), muni d’un hameçon très correct, qui est parfait pour se familiariser avec ce type de leurre. On pourra aussi le risquer sans trop de regret sur des postes encombrés.
Poids : 14 g.Chatterbait (le vrai) Quel dommage que ces leurres ne soient pas importés en France ! Tout d’abord, on compte quatre modèles de différents poids et volumes : 7, 14, 28 g. Le modèle de 14 g est proposé en deux versions, l’une munie d’un hameçon classique non protégé, et l’autre avec un hameçon texan à ouverture large, ce qui permet de passer plus sereinement au mieux des herbiers. C’est l’offre la plus complète dans ce type de leurre. Le modèle le plus lourd est vendu sous le nom de Chatter Frog, avec sa tête et son leurre souple imitatif du batracien De plus, chatterbait propose un kit avec quatre têtes, six jupes, et une dizaine de leurres souples (de piètre qualité toutefois).
Rad Lures (le premier) C’est le modèle historique, celui que les autres marques ont copié. Très bon modèle, mais très compliqué à trouver car non importé en Europe. Poids : 14 g.
