Étiquette : Japon

  • Japon, le poisson congelé jette un froid… 

    Japon, le poisson congelé jette un froid… 

    Quelle belle idée que de congeler des poissons dans la glace d’une patinoire pour que le public se prenne à glisser sur l’océan. C’était l’idée, mais le public n’a pas apprécié, obligeant la direction de cette patinoire à présenter ses excuses.

    https://www.theguardian.com/world/video/2016/nov/28/dead-fish-frozen-into-skating-rink-causes-uproar-in-japan-video

  • Lutter contre les introductions d’espèces invasives

    Lutter contre les introductions d’espèces invasives

    Les îles britanniques ainsi que le Canada et les Etats-Unis d’Amérique ont lancé une campagne de sensibilisation aux risques d’introduction d’espèces animales ou végétales invasives. Cette campagne vise clairement les pêcheurs, qui par leurs pratiques et leurs déplacements, sont susceptibles de propager de nombreuses espèces, qui, introduites dans un milieu qui n’est pas le leur, peuvent engendrer de gros déséquilibres. Les pêcheurs français n’échappent pas à la règle, même si cette campagne ne les concerne pas.

    Les recommandations de « Stop the spread of invasive species » sont simples, ne prennent que quelques minutes, et concernent chaque pêcheur :
    – Laver la coque et le pont de son bateau sur place avant un trajet pour un autre lieu de pêche.
    – Ne pas introduire des poissons vivants (vifs) d’espèces exogènes.
    – Laver les bottes et les waders avant de changer de rivière.
    – Ne pas introduire dans le milieu naturel d’espèces végétales ou animales exogènes vivant en aquarium.

    Tout cela coule de source et pourtant, combien d’entre-nous prennent le temps de se plier à ces mesures de précautions ? Peut-être pense-t-on que cela arrive loin de chez nous, en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis avec l’algue Didymosphenia geminata, qui englue le fond des rivières, en Norvège avec Gyrodactylus salaris ce petit parasite échappé des fermes aquacoles responsables de la disparition à tout jamais du saumon dans une trentaine de rivières du pays ?
    Au bord de « nos » rivières, les risques sont partout. Un fragment de racine de renouée du Japon entre les crampons des bottes et le voilà confié à une autre vallée sans même s’en apercevoir… Tous les maux de nos lacs et cours d’eau ne sont pas transmissibles aussi facilement, fort heureusement. L’état lamentable des cours comtois laisse parfois la psychose s’installer dans les esprits. Dans des rapports pourtant très officiels demandés par l’Etat, il a été évoqué la responsabilité des pêcheurs dans la propagation éventuelle de Saprolegnia, les fameuses taches blanches sur les poissons mourants. Or en appliquant ce principe aux humains, l’ensemble de l’humanité contracterait la grippe chaque année et toutes les maladies transmissibles par contact, ce qui n’est pas le cas, car il faudrait que tout le monde présente un terrain favorable pour que cela ait lieu. Par principe de précaution en revanche, laver ses bottes et son bateau entre deux parties de pêche dans des milieux naturels différents est une excellente mesure. Sachez que dans beaucoup de pays (Norvège, Nouvelle-Zèlande, Islande, certaines régions d’Australie, etc), une carte de pêche n’est délivrée au pêcheur qu’après une désinfection des bottes ou des waders, voire de l’ensemble du matériel.

  • Nouveauté Daïwa : moulinets Exist et cannes Branzino

    Nouveauté Daïwa : moulinets Exist et cannes Branzino

    Développé au Japon, le nouveau moulinet à tambour fixe Daïwa Exist est équipé des dernières évolutions techniques dont dispose la marque. La série Exist comprend le système d’étanchéité Mag Sealed, d’un carbone haute densité Zaion et d’un pick-up Air Rotor qui, par sa forme et sa disposition, permet de réduire le poids de 15 %

    Prix conseillé : 699 €.

    Leader mondial dans la fabrication des cannes, Daïwa présente dans sa gamme 2013 une nouvelle gamme de cannes à lancer “spinning” (le reste suivra en cours d’année). Daïwa annonce ces nouveautés comme étant révolutionnaires, grâce notamment à des anneaux intégralement fabriqués en carbone AGS, pour ne rien perdre du suivi du leurre. Selon Daïwa, “la mise au point de ces anneaux a radicalement changé notre façon de concevoir des cannes”.


    Notre avis :
    deux produits haut de gamme destinés à des pêcheurs très exigeants et signés d’un géant du matériel de pêche. Il faudra sans doute un peu de temps pour retrouver ces évolutions sur les gammes inférieures. Patience…

  • Illex/ HD Shad 3”

    Illex/ HD Shad 3”

    Développé en complément de la “Super série” de la marque, dessiné par le grand Seiji Kato, le HD Shad est produit de façon artisanale. Sa matière très souple lui permet de nager, mieux, de vibrer à toutes les allures. Car tous les shads de petite taille doivent pouvoir nager parfaitement avec très peu de lest (1 à 5 g), ce qui est loin d’être toujours le cas. Le HD Shad s’en sort très bien. En France comme au Japon, la mode des petits leurres souples pour le street ou le rock fishing profite en fait à tous les pêcheurs, car il y a toujours des périodes où les carnassiers sont focalisés sur les petites proies. La série HD Shad compte six coloris particulièrement réussis, ce qui n’est pas toujours le cas chez Illex. Trois coloris font dans l’irréalisme, alors que les trois autres sont très naturels. Une stratégie complémentaire du meilleur effet.

    Longueur : 7,6 cm.

    Conseils d’utilisation
    Par sa souplesse et son réalisme, le HD Shad peut être utilisé sur des montages aussi différents que associé à une tête lestée, en drop shot, en split shot, en neko rig (avec un insert en tête et un hameçon simple sur le dos).Tout lui va. La pire chose à lui faire serait de le surlester.

    Prix conseillé : 11,90 euros le pack de six leurres.
    Liste des points de vente : www.illex.fr

  • La pêche aux gros jerkbaits

    La pêche aux gros jerkbaits

    Nous allons décrire ici la pêche avec de gros jerkbaits sans bavettes (lipless). Ces leurres d’aspect très basique sont lourds et volumineux. S’ils permettent de sortir les brochets de leur torpeur, ils nécessitent, pour être efficaces, l’usage d’un matériel spécifique et une bonne technique d’animation.

    Par Philippe Collet

    J’ai découvert cette technique en 1996, à l’occasion de deux parties de pêche sur un plan d’eau de l’Aisne avec Wim Van de Velde, pêcheur flamand, spécialiste du carnassier qui, entre autres, a contribué pour une bonne part à la découverte de la pêche verticale en France. Celui-ci m’avait fait une démonstration mémorable de l’efficacité de ces “bouts de bois” grossièrement taillés et peints. J’avais eu beau m’appliquer au mort manié, avec des vifs bien frais, je n’avais pas pu lutter face aux jerkbaits animés par Wim. Ces leurres originaux, déroutants de rusticité et de simplicité (en apparence seulement), sont utilisés depuis longtemps dans le nord de l’Europe par les pêcheurs suédois, mais aussi hollandais, belges, polonais, allemands… Ils offrent de bonnes bouchées aux plus gros carnassiers de nos eaux européennes et ne laissent que rarement les brochets insensibles. Peu utilisés chez nous, ils font partie depuis longtemps de l’attirail de base des pêcheurs du nord de l’Europe. En France, nous sommes passés de la domination de la cuillère tournante à de nombreux leurres sophistiqués venant du Japon ou des Etats-Unis souvent destinés au black-bass et plutôt polyvalents, sans trop nous intéresser à ces leurres plus spécifiques.
    Les gros jerkbaits ont longtemps été difficiles à trouver et seuls quelques magasins spécialisés commencent à les vendre avec les cannes et les moulinets adaptés. Pourtant, cette pêche est très intéressante et productive.


    Pourquoi un si faible engouement des Français pour ces leurres

    Il peut être dû aux raisons suivantes :
    – Ces leurres ne sont pas si faciles à utiliser. Il faut les animer. Ramenés linéairement, ils ne nagent le plus souvent pas bien.
    – Ces leurres ne sont pas vraiment utilisables avec le matériel traditionnel. Ils fatiguent rapidement le matériel trop léger et ne peuvent pas être animés correctement avec celui-ci.
    – Ces leurres sont relativement sélectifs. Ils permettent surtout la prise de brochets, dont les gros spécimens (même s’ils ne rebutent absolument pas un brochet de moins de 50 cm) et ne permettent que plus occasionnellement de leurrer des perches, des sandres et des black-bass.
    – Ces leurres sont bruyants. Utilisés dans de petites surfaces d’eau et mal lancés, ils peuvent caler les poissons trop éduqués par le bruit de leur impact.
    – Enfin, utilisés dans des eaux ou les brochets ont de plus en plus de mal à se reproduire et où la ressource est souvent pillée dès qu’elle dépasse la très modeste taille légale, ces leurres ont du mal à croiser des ésocidés de belle taille et donc à en prendre. Notons qu’en Hollande par exemple, où ces leurres sont très utilisés, le no-kill est pratiqué de longue date.

    Les leurres

    Les jerkbaits réalisés de façon artisanale sont découpés dans de simples planches de bois dur. Une fois les contours égalisés, les arêtes sont adoucies, mais les leurres gardent deux grandes faces planes. Ils sont équilibrés par une masselotte de plomb située le plus souvent dans leur premier tiers avant, côté ventre. C’est autour d’elle qu’ils vont tourner à la moindre sollicitation. Selon le poids de l’insert et sa disposition, la nage des leurres sera plus ou moins dodelinante. Ils piqueront ou non du nez après chaque tirée. La position du plomb et de l’attache de tête influence beaucoup leur nage. Il n’est pas facile de réaliser soi-même un jerkbait bien équilibré du premier coup, même avec un plan. Sur ce principe, quelques fabricants ou marques de matériel de pêche plutôt localisés dans le nord de l’Europe (Hollande, Pologne, Royaume-Uni, Suède, etc.), ont industrialisé cette production artisanale et mis sur le marché des jerkbaits fabriqués en bois ou en matière plastique qui fonctionnent à coup sûr. Pour un certain nombre d’entre eux (Strike Pro, Fox…) la forme plate a été maintenue, d’autres ont arrondi les formes (Prologic, Salmo…). Quelques modèles sont dotés de billes bruiteuses (Buster Jerk de Strike Pro par exemple) ce qui peut être un plus dans certaines circonstances. De nombreux autres n’en possèdent pas, demeurant plus discrets lorsque c’est nécessaire. Sur certains leurres, les triples de piètre qualité gagnent à être affûtés ou changés pour des hameçons plus performants.


    L’animation d’un gros jerkbait

    J’apprécie ce leurre car on peut réellement le faire danser. En eau peu profonde, avec un modèle flottant ou mieux, suspending, c’est un vrai plaisir de lui faire faire des embardées à droite et à gauche de plus de 60 cm (un peu à la façon d’un skieur de fond en pas de patineur) ; puis de le laisser s’immobiliser dans le zig ou dans le zag, avant de le faire pivoter presque sur place, de droite à gauche dans un mouvement de « non, non, non… » comme s’il ne voulait pas se faire happer par le premier brochet venu. Ce leurre peut pêcher vite, mais il permet aussi de très lentes prospections. Une grosse bouchée qui pousse beaucoup d’eau et reste à se déhancher près d’un poste prometteur a tout pour attirer un gros brochet posté à proximité. C’est là l’intérêt d’un gros jerkbait. Sa nage est moins prévisible, souvent moins frénétique que celle des leurres traditionnels et cela fait la différence. Il permet aussi bien d’imiter une proie malade ou blessée incapable de se sauver qu’un intrus insolent irritant le maître des lieux.
    Ce leurre est un glider (glisseur), il nage en zig-zag dans un plan horizontal en envoyant de larges éclats. C’est une forme de walking the dog sous l’eau. Son mouvement est déclenché par les coups de canne secs donnés par le pêcheur. L’animation se fait le plus souvent canne basse, le scion au ras de l’eau, la canne dans l’axe du fil ou de côté. Vous devez taper dans le fil sur environ 20 à 30 cm pour déclencher la rotation du leurre et son départ vers la droite ou vers la gauche. À ce moment-là, vous moulinez suffisamment pour rester en contact avec le leurre, mais sans le brider. Vous tapez alors une nouvelle fois dans le fil à moitié détendu, ce qui va renvoyer le leurre de l’autre côté. Vous n’avez plus qu’à répéter la manœuvre en réglant le rythme de rembobinage du fil, comme lorsque vous animez un leurre de surface en walking the dog. Les tapes dans le fil doivent être sèches au point qu’il fende l’eau bruyamment avec les plus gros leurres (en faisant des grands chlac !). Elles doivent être rythmées et réglées sur le fonctionnement du leurre utilisé.
    Vous disposez d’un leurre capable de faire des embardées considérables sur son inertie, risquant d’emmêler le fil dans les hameçons si vous ne reprenez pas automatiquement au moulinet la bannière détendue excédentaire. A la différence de l’animation walking the dog d’un leurre de surface classique, le leurre peut se soustraire à votre vue puisqu’il est sous l’eau. Son animation en aveugle est un peu plus difficile car vous pouvez vite lui taper dedans à contre-temps et le stopper dans son élan. Je vous recommande de commencer en eau claire avec des modèles flottants ou mieux suspending pour les pêches lentes dans peu d’eau, vous vous familiariserez ainsi facilement avec les rythmes convenant à vos divers jerkbaits. Pour mieux voir vos leurres, s’ils sont coulants, ou pour éviter de les accrocher sur un fond qui remonte par exemple, vous pouvez les animer canne haute à condition de vous situer à une distance suffisante pour que le fil pose encore sur l’eau. Toute la réussite de cette pêche réside dans la qualité de l’animation qui, comme vous l’aurez compris, est loin d’être mécanique. Les changements de rythme bien dosés permettent au leurre de passer de petites à de grandes embardées et inversement en alternant avec des arrêts. Pendant ces moments, il convient de bien garder le contact en tendant légèrement le fil pour détecter la moindre touche.
    Le ferrage doit être énergique pour faire glisser le leurre, bloqué fermement dans la gueule pavée d’un gros brochet et y claver correctement les gros hameçons triples. A défaut, le poisson ne serait pas piqué et se décrocherait rapidement, ce qui est souvent le cas avec des cannes trop souples.

    Le matériel

    Cette technique ne convient pas au matériel traditionnel de spinning ou de casting. Elle nécessite plutôt un ensemble de casting robuste. Le risque, avec du matériel trop léger, c’est la casse de la canne au moment du lancer de leurres trop lourds. Ensuite, une canne trop souple ne permet pas de réaliser une animation assez sèche, elle encaisse l’impulsion qui n’arrive pas au leurre. Plus le leurre est gros et lourd, plus la canne doit être puissante et raide, autant pour l’animation que pour le ferrage. Les fabricants indiquent souvent les puissances sur leurs cannes, il convient de s’y référer.
    La canne doit être courte, entre 1m80 et 2m10, et légère pour ne pas être trop fatigante. Le jerking du leurre nécessite de placer le scion au ras de la surface de l’eau, la canne faisant un angle le plus important possible avec la surface. Une canne longue handicape cette manœuvre. Un matériel bien équilibré permet de pratiquer cette pêche confortablement.
    Le moulinet est garni d’une tresse solide d’un diamètre d’environ 25/100 pour permettre d’assurer une parfaite transmission des impulsions vers le leurre. Cette tresse autorise aussi des ferrages puissants. Il n’y a rien de plus rageant que de casser net au ferrage avec une tresse sous-dimensionnée, fragilisée, sur un raccord par exemple, après plusieurs heures d’animation. Le frein est réglé dur pour un ancrage optimal des pointes du triple dans la gueule d’un beau spécimen. Il devra être rapidement desserré après la prise pour éviter de risquer le décrochage d’un poisson par manque d’élasticité de l’ensemble canne / tresse sur un rush puissant. La tresse sera prolongée d’un avançon métallique ou en nylon hard mono ou fluorocarbone d’environ 70/100. Nous avons déjà eu l’occasion d’expliquer l’efficacité de ce type d’avançons à plusieurs reprises dans la revue. Les avançons métalliques sont la garantie absolue contre les dents des brochets, ils peuvent être multibrins ou monobrin en acier inoxydable ou titane. Le titane a l’avantage de résister à la déformation.
    Lorsqu’on s’emmêle un peu lors de l’animation ou au poser de son leurre, ou aussi lorsqu’on souhaite faire couler légèrement un leurre suspending, l’utilisation d’un avançon métallique monobrin se justifie. Je préfère pour ma part la discrétion du nylon ou du fluorocarbone. Si l’eau est claire, il peut être utile de faire précéder les avançons de 1 à 1,5 mètre de fluorocarbone. Attention toutefois à ne pas créer un point faible supplémentaire qui pourrait lâcher sur un ferrage appuyé. Dans le même ordre d’idée, le leurre doit être attaché à une agrafe solide et fiable lui laissant toute liberté de mouvement.

    Le matériel spinning est inadapté

    Même s’il est bien sûr possible de pratiquer la technique occasionnellement avec un moulinet à tambour fixe, il vaut mieux l’éviter si le moulinet n’est pas vraiment robuste. Le tambour fixe ne permet pas un bon contrôle de la ligne et donc de la chute du leurre, ce qui engendre un impact bruyant et un risque d’emmêlage de la ligne dans les hameçons. Avec ce type de moulinet et un leurre de près de 100 grammes, on risque à tout moment de se blesser les doigts avec la tresse, autant au moment du lancer en risquant de se cisailler l’index, qu’en voulant contrôler le déroulement du fil et l’impact du leurre. Il est beaucoup plus facile de freiner ce type de leurre avec le pouce sur une bobine tournante d’un moulinet de casting qu’avec la main opposée ou l’index sur un tambour fixe. Le moulinet de casting permet un bien meilleur contrôle. Il est aussi beaucoup plus robuste qu’un tambour fixe et encaissera les chocs à répétition infligés par le contact rythmé avec le leurre.

    Minimiser l’impact du leurre sur l’eau

    Avec un moulinet de casting, on peut, avec un peu d’habitude, minimiser l’impact du leurre à la surface de l’eau. Il faut pour cela effectuer un lancer puissant, balancé sous la canne de telle façon que le leurre parte horizontalement en rasant l’eau. Au fur et à mesure de son avancée vers le point d’impact, on remonte la canne vers la verticale tout en appliquant une pression de plus en plus forte avec le pouce pour freiner le déroulement de la bobine. On peut réellement finir avec le bras tendu vers le ciel si le leurre est assez loin. Avec un peu de maîtrise (je reconnais que c’est plus facile à dire qu’à faire), on peut poser de très gros leurres discrètement. C’est une forme de pitching lourd.


    Côté couleurs

    Osez les couleurs tape-à-l’œil style Fire Tiger pour les eaux teintées ou les poissons très actifs ou au contraire endormis. Revenez à des couleurs plus imitatives comme perche naturelle ou gardon pour les eaux claires et les poissons plus méfiants. Posséder un coloris agressif et un coloris neutre de ses modèles favoris est un bon choix. Si vous souhaitez essayer à peu de frais, je vous suggère de commencer en achetant quelques leurres de taille moyenne entre 30 et 50 grammes et en utilisant une de vos cannes les plus rigides. Vous pourrez goûter à cette technique avant de franchir le pas vers un matériel lourd spécifique. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, bon “jerk”…

  • Xtrem-Boats, une gamme de bateaux abordable

    Xtrem-Boats, une gamme de bateaux abordable

    C’est sur le lac d’Orient, dans l’Aube, que Philippe Battara de la société Profil Nature nous a donné rendez-vous pour nous présenter la gamme des bateaux Xtrem-Boats dont il assure désormais l’importation en France. La gamme comprend dix modèles de barques et bateaux en aluminium soudé de 3,70 m (environ 12 pieds) à 4,90 m (environ 16 pieds), conçus pour la pêche en eau douce pour la grande majorité, en raison de leur taille modeste.

    Parmi les modèles présentés, trois d’entre eux ont immédiatement attiré l’attention des visiteurs, ceux de la gamme Predator (quel drôle de nom…) et Tyrex. D’une longueur de 3,95 m pour 1,70 de largeur, ces trois modèles proposent une surface utile remarquable, une excellente stabilité et laissent un large choix aux options d’aménagements. Conçus en aluminium soudé 1,6 mm et 2 mm, ils sont à la fois très solides tout en étant légers. La réglementation du lac d’Orient interdisant le moteur thermique, nous n’avons pu les essayer qu’à l’aide de moteurs électriques. Pour l’occasion, les importateurs Motor Guide, Torqeedo et Minn Kota s’étaient chargés d’équiper les bateaux, ce qui nous a aussi permis de découvrir les nouveautés.

    Les Predator I et II

    Si les bass boats surmotorisés font toujours rêver certains pêcheurs, des bateaux de tailles plus raisonnables, beaucoup moins lourd (le moindre bass boat pèse 500 kg), mais très bien conçus, demeurent tout aussi efficaces en action de pêche. C’est le cas des deux modèles Predator, que l’on peut motoriser jusqu’à 30 ch (l’importateur conseille 25 ch). Par leur conception soudée, leur coque légèrement en V et leur haut franc bord, ils se situent entre les barques en aluminium rivetées et les bateaux de pêche sportive de type walleye boat ou bass boat. En Australie, ce type de bateau est utilisé pour la pêche du barramundi ainsi que pour celle du black-bass, au Japon. Ces deux bateaux tractables facilement sans nécessiter l’achat d’un véhicule 4×4 et sans faire fumer l’embrayage de votre voiture à chaque sortie de l’eau,manquaient sur le marché français. Leur forme de coque permet d’affronter la houle d’un grand lac sans se mettre en danger. Dotés d’une largeur importante en rapport à leur longueur, leur stabilité autorise la pêche à deux pêcheurs debout. Le Predator II est un peu plus léger que son frère (116 kg pour l’un et 130 pour l’autre). La surface utile pour le ou les pêcheurs est optimale.


    Tyrex

    Coque quasiment identique à celle du Predator I (10 cm de longueur en moins) mais avec un pontage plus polyvalent qui comprend une partie basse au centre, qui conviendra davantage aux pêcheurs en lac. Ce modèle a d’ailleurs retenu l’attention des pêcheurs locaux de ces grands lacs (2 600 ha pour le lac d’Orient et 1 700 pour celui du Temple), pour qui la nécessité de se protéger du vent (et de la dérive du bateau qui en résulte) est une priorité. La couleur orange du bateau essayé ne sera pas au catalogue, ce qui est plutôt une bonne nouvelle…


    Raptor II

    Il s’agit clairement du grand frère des Predator et du Tyrex. Même carène en plus imposante. Ce très beau bateau d’une longueur de 4,50 m (14 pieds) pour 1,84 de largeur affiche 300 kg sur la balance. Il est construit en aluminium de 2,5 mm pour le fond et 2 mm pour le reste. La motorisation maximale est de 40 ch (30 ch conseillés). Il dispose d’une console de pilotage. Là encore, le poids total est très raisonnable comparé à un bateau en fibre de même taille. La stabilité est remarquable. Nous l’avons testé à quatre adultes à bord avec le moteur électrique le plus puissant de la gamme Minn Kota (équivalent 2 ch ther-miques), sans que cela ne pose le moindre problème. Dans la configuration présentée, il s’agit d’un bateau adapté à la pêche en lac et en grande rivière.

    La gamme XV

    Xtrem Boats propose aussi une gamme de barques à coque en V de forme plus traditionnelle mais qui présente la particularité d’être également soudée (et non rivetée). Les coques rivetées sont réputées pour prendre l’eau au bout de quelques années d’utilisation fréquente. Ce phénomène n’apparaît généralement pas à basse vitesse mais devient chronique en navigation au moteur thermique. Seul inconvénient des coques en aluminium soudées : les réparations suite à un choc et à une soudure endommagée, par exemple, devront être faites par un professionnel. La soudure de l’aluminium répond en effet à un savoir-faire très précis. La gamme XV existe en 3,70, 4,00 et 4,40 m. Ce sont des barques très légères (55 kg pour la 3,70 m), qui conviennent parfaitement pour une utilisation en rivière et en petits plans d’eau.

    Le Guide Line

    Le plus grand des Xtrem Boat mesure 4,90 m pour 218 kg. Sa coque en V classique est faite pour la houle, d’autant que sa motorisation maximale atteint 60 ch (50 ch conseillés). Ce type de bateau intéressera moins les pêcheurs en eau douce (sauf en grand lac de type Léman), mais davantage les amateurs de pêche côtière en mer, puisqu’il est homologué en catégorie C.


    Des prix qui ménagent les finances

    Outre le fait que la gamme Xtrem-Boat propose des bateaux particulièrement bien adaptés à la réalité de la pêche aux leurres en France, Profil Nature annonce des tarifs très compétitifs avec cette gamme. Jugez plutôt :
    Predator : 6 200 à 6 300 euros, prix conseillé, selon options.
    Predator II : 4 200 à 4 300 euros, prix conseillé.
    Tyrex : 3 500 euros.
    Raptor II : 9 900 euros.
    XV 14 : 2 740 euros.
    XV 13 : 2 490 euros.
    XV 12 : 1 970 euros.
    Guide Line : 8 750 euros.

    Renseignements :
    www.profilnature.com

  • Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    En matière de pêche aux leurres, tous les aspects du matériel ont leur importance : le leurre, bien évidement, la tresse, le bas de ligne, la canne mais aussi la liaison entre votre bas de ligne et votre leurre. C’est un détail souvent négligé qui joue pourtant un rôle majeur.

    Traditionnellement, les pêcheurs français ont longtemps associé la pêche aux leurres à la pêche à la cuillère. De cette tradition, nous avons gardé des mauvaises habitudes comme celle de ramener les poissons-nageurs beaucoup trop vite de façon linéaire et d’attacher ces mêmes poissons-nageurs avec un émerillon à agrafe. L’utilisation d’un émerillon à agrafe devant une cuillère tournante est justifiée par la rotation de la cuillère. C’est un bon moyen d’éviter le vrillage du fil. Par contre, les poissons-nageurs et autres spinnerbaits ou buzzbaits nagent sur un axe vertical, ils ne tournent pas et ne peuvent pas vriller nos corps de ligne. La présence d’un émerillon sur la ligne devient donc superflue.

    Des agrafes spéciales leurres

    L’intérêt de posséder une agrafe en terminaison de son bas de ligne est de pouvoir changer rapidement de leurre sans avoir à faire des noeuds. La plupart des poissons-nageurs de conception moderne ont des nages chaloupées et aléatoires qui ne supportent pas de contrainte. L’agrafe qui attache le leurre doit donc lui laisser toute sa liberté. L’élément de poids a lui aussi son importance, notamment avec les leurres suspending. Il existe sur le marché plusieurs types d’agrafes développées spécifiquement pour attacher des leurres. Leurs formes générales changent mais elles gardent le même dénominateur commun : une tête ronde et large autorisant une grande liberté au leurre. Fabriquées en inox résistant à la corrosion et très solides, plusieurs marques proposent des modèles vraiment performants. A l’opposé des agrafes dites “à leurre” vient l’émerillon à agrafe : trop long il favorise les emmêlements, trop lourd il modifie le poids des leurres et sa tête trop fine contraint la nage du leurre.


    Un anneau brisé libérateur

    De nombreux poissons-nageurs sont équipés d’un anneau brisé en tête. Cet anneau brisé de petite taille, souvent ovale, a pour fonction de donner plus de liberté à la nage du leurre et de faciliter la confection des noeuds. En effet, au Japon ou aux Etats-Unis (d’où proviennent beaucoup de nos leurres), la problématique des dents du brochet n’existe pas ou très peu. La plupart des pêcheurs, pêchant en bateau avec des cannes casting (tambour tournant) équipées souvent de nylon, attachent directement le leurre à leur corps de ligne sans faire de bas de ligne. Sans cet anneau brisé, ils seraient obligés de faire un noeud donnant de la liberté au leurre, type Rapala, qui prend beaucoup plus de temps qu’un noeud auto serrant classique. De toutes manières, les Américains (ni les Japonais) ne se posent pas vraiment la question de pouvoir changer rapidement de leurre, puisqu’ils pêchent pour 95 % d’entre eux en bateau et possèdent souvent une canne par type de leurre. Le problème est ainsi résolu ! Dans le cas de nos pêches françaises, nous pêchons pour la majorité d’entre nous du bord. Nos moulinets sont donc souvent montés en tresse, pour lancer plus loin et contrôler efficacement nos leurres, et terminés par une tête de ligne transparente pour plus de discrétion. Etant donné que nous pêchons souvent à une seule canne, les agrafes permettent de changer facilement et rapidement de leurre. C’est d’autant plus utile pour tous ceux qui pêchent le brochet avec un bas de ligne en fluorocarbone en 50 ou 60/100. Faire un noeud Rapala avec de tels diamètres n’est pas une sinécure. En ce qui concerne la combinaison d’une agrafe avec l’anneau brisé en tête de leurre, chacun peut faire un peu ce qu’il veut. Le fait d’attacher une agrafe dans l’anneau brisé ne changera en rien la nage du leurre. Etant plutôt adepte de la simplicité, je préfère glisser mes agrafes directement dans l’anneau du leurre plutôt que dans l’anneau brisé. C’est toujours une source de problème en moins. Par contre, pour tous les utilisateurs des agrafes Norman Speed Clip, sachez qu’elles sont conçues pour être montées avec un anneau brisé en tête de leurre. Sans cet anneau brisé, vous avez de fortes chances pour que votre leurre se détache en cours d’animation… ce qui est assez ennuyeux !

  • Technique lancer : le contrôle des dérives à la cuiller

    La pêche de la truite à la micro-cuiller, à l’aide d’un lancer ultraléger, permet toujours de prendre de belles truites sauvages. Contrairement aux apparences, la récupération des cuillers peut être beaucoup plus active qu’on ne l’imagine. Accélérer la traverser d’une veine de courant, ralentir la récupération, décaler les axes, sont autant d’astuces pour déclencher les attaques.

    Par Alain Foulon

    Si la pêche aux leurres connaît un engouement certain auprès des pêcheurs actuels, elle le doit essentiellement à l’avènement des poissons nageurs modernes. Principalement issus du Japon, ils sont, il est vrai, très performants et relativement faciles à animer. Pour autant, la cuiller tournante conserve la même efficacité sur tous les types de cours d’eau, plus particulièrement quand il s’agit de prospecter une rivière rapide. Même si certains pêcheurs continuent à penser que son emploi est d’une simplicité enfantine, il n’en demeure pas moins que cette technique est beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît et demande une connaissance approfondie de certains paramètres. En effet, ramener correctement une cuiller tournante n’est peut-être pas aussi facile que l’on voudrait bien le croire. Certains esprits chagrins continuent à critiquer cette pêche même si elle est pratiquée depuis plusieurs décennies en France, plus particulièrement par les pêcheurs de truites, avec un plaisir sans cesse renouvelé. Ainsi, j’entends toujours les mêmes remarques désobligeantes au bord de l’eau ou à l’occasion des salons. Ses plus grands détracteurs sont généralement des personnes pensant connaître cette technique ou l’ayant pratiquée durant leur jeunesse puis délaissée au profit d’une technique plus noble. Les principaux griefs formulés contre la cuiller sont souvent infondés et davantage issus de l’héritage laissé par des praticiens peu scrupuleux qui n’ont pas eu la sagesse de limiter leurs prises à une époque où les prélèvements étaient faits sans aucune retenue. Durant ces années, les pêcheurs pratiquant la mouche fouettée ou celle aux appâts naturels se comportaient de la même manière ; l’apparente facilité d’emploi de cette pêche et l’extrême efficacité du lancer léger mirent néanmoins en émoi le petit monde halieutique qui crut sincèrement que ce mode de pêche allait « vider les rivières de leurs poissons ». Aujourd’hui, il devient plus difficile de prendre quelques poissons. La diminution de certaines populations et l’atteinte des milieux aquatiques rendent la pratique de notre sport plus compliquée et impliquent une meilleure maîtrise technique de la part du praticien. Le contrôle et la qualité des dérives sont incontestablement les clefs de la réussite. En effet, récupérer une cuiller ne consiste pas obligatoirement à lui faire décrire une trajectoire linéaire entre un point A et un point B. Si ce mode de pêche peut convenir à des poissons particulièrement agressifs ou des truites surdensitaires – on pourrait d’ailleurs le comparer à une prospection au moyen d’un crankbait – il convient d’aborder cette technique avec davantage de pragmatisme et de recul.
    Il existe en fait plusieurs manières d’animer une cuiller et de contrôler sa trajectoire. Le choix du mode de récupération dépendra bien évidemment de l’humeur des poissons, de la saison mais également du profil de la rivière. On pourrait en retenir trois principales, bien que ce nombre ne soit pas exhaustif.


    Les dérives naturelles lors d’une prospection « down stream »

    Dans ce cas de figure, il s’agit de propulser votre cuiller vers l’amont et de la récupérer de manière à lui faire suivre une veine d’eau pouvant abriter des poissons. La problématique réside dans la difficulté à maintenir la bonne rotation de la palette malgré les turbulences du courant et les nombreuses contraintes provoquées par l’élément liquide. Votre récupération doit être légèrement plus rapide que la vitesse des flots afin de permettre au leurre de tourner sans interruption. D’apparence facile, ce mode de prospection nécessite beaucoup de concentration, plus particulièrement quand il faut employer un modèle de cuiller ultra-léger. En règle générale, les pêcheurs néophytes ne parviennent pas à « sentir » les vibrations de leur leurre qui n’est pas récupéré à la bonne vitesse. Si ce dernier est ramené trop rapidement, il aura tendance à monter en surface et à devenir totalement inopérant. Dans le cas inverse, la cuiller sera entraînée par le courant et cessera d’émettre toute vibration. Un bon pêcheur au lancer doit donc mémoriser des séquences lui indiquant que son leurre est véritablement opérant. Jouant sur la vitesse de récupération de son moulinet et l’inclinaison de sa canne à lancer, il devra rester concentré sur la « dérive active » de son leurre. Il est toujours très impressionnant de suivre la « trajectoire utile » d’une cuiller qui suit une veine d’eau avec la plus grande fluidité. Elle donne l’impression d’être « sur un rail » en épousant les moindres contours des obstacles caressés par les flots.
    Dans une autre perspective, vous constaterez également que son cheminement sur le plan horizontal n’est pas rectiligne mais épouse la topographie du fond. Pour parvenir à ce résultat, il est indispensable de jouer sur le poids de la cuiller et la vitesse de récupération afin de trouver le juste équilibre. Vous l’aurez compris, ce type de trajectoire est indispensable quand les poissons sont méfiants et refusent d’intercepter un leurre traversant consécutivement plusieurs veines d’eau.


    Les dérives naturelles lors d’une prospection en travers

    A priori, on pourrait penser que ce type de dérive est semblable à la précédente. En fait, la présence de plusieurs veines d’eau entre la trajectoire devant être suivie par votre leurre et la pointe du scion complique sensiblement la tâche. Un peu comme un bas de ligne subissant la pression irrégulière de nombreux courants et provoquant le draguage de la mouche artificielle, la cuiller peut être entraînée et sortir subitement de la dérive naturelle que vous souhaitiez prospecter. En effet, la bannière, en raison de sa longueur, est particulièrement sensible à la pression de l’eau quand elle est presque totalement immergée. Il est donc importantde relever la pointe du scion afin de soustraire la ligne à la force des flots. Ce travail canne haute doit également être associé à un léger mouvement d’accompagnement, similaire au geste exécuté par les pêcheurs aux appâts naturels. Il est effectivement important de maintenir la cuiller dans la bonne veine d’eau. En jouant sur l’inclinaison de la canne à lancer, sur la vitesse de récupération au moulinet – on mouline beaucoup moins vite car la pression du courant exercée sur un leurre légèrement de biais par rapport à l’axe du courant autorise un meilleur maintien de la cuiller – et le maintien d’une bannière légèrement « détendue », il est possible de ralentir la dérive et de pêcher beaucoup plus creux.
    Faites-en l’expérience et vous serez convaincu du bien fondé de cette approche. La conduite de votre leurre devient alors extrêmement technique et n’a plus rien à envier aux autres modes de pêche. Cette maîtrise gestuelle est un mode opératoire pratiqué par les pêcheurs les plus aguerris ; c’est aussi un moyen simple de différencier le niveau technique des uns et des autres !

    Le dernier type de dérive correspond aux trajectoires « up stream » d’une cuiller entraînée par le courant

    Tout le monde connaît la formation du fameux arc de cercle de la ligne en fin de récupération. Si ce mouvement déclenche souvent l’attaque d’une truite surdensitaire, il convient de rester plus prudent avec ce type de trajectoire quand il s’agit de tromper la méfiance d’un poisson sauvage ou posté en « pleine eau ». En raison de la position parfaitement visible du pêcheur, il est souvent nécessaire d’attaquer les postes de plus loin. En effectuant un lancer trois-quarts aval, il est en revanche possible de prospecter de nombreux postes de chasse ou de repos entre le point d’impact du leurre et le prolongement exact du pêcheur. Ainsi, vous pourrez aisément jouer sur l’inclinaison de votre canne pour permettre à votre leurre de slalomer entre les différents obstacles présents dans le lit de la rivière. N’hésitez pas à modifier l’inclinaison de votre canne à lancer et à adapter la vitesse de récupération de votre moulinet. Dans certains cas, il est même nécessaire de démouliner pour maintenir une pression suffisante sur votre cuiller tournante. Le pêcheur dispose également de toute la longueur de son bras pour prolonger son mouvement et compenser ainsi les écarts de vitesse du leurre directement soumis à la force du courant et aux variations des différentes veines d’eau. Dans les cas extrêmes, il est également possible de maintenir une cuiller, devant un poste et en équilibre instable ou de l’accompagner en la laissant descendre une veine d’eau profonde. En employant ces différentes techniques, le pêcheur au lancer augmente naturellement ses chances de capture. Mais au-delà de l’efficacité, je vois davantage un moyen de prouver aux autres pêcheurs que la pêche à la cuiller tournante est beaucoup plus subtile et technique qu’on ne le pense !

  • Lire une boîte de leurres

    Lire une boîte de leurres

    À pêche universelle, langage universel ! La pêche aux leurres est souvent mal comprise des pêcheurs français en raison des nombreux termes anglophones qui la régisse. Les produits étant pour la plupart importés du Japon, nous avons de la chance si les notices des boîtes de leurres ne sont pas rédigées en japonais (c’est toujours le cas pour certaines !). L’anglais s’impose donc pour toutes les exportations sur l’Europe et le reste du monde. Un petit lexique s’avère donc bienvenu pour mieux comprendre les indications mentionnées sur les boîtes de leurres, ainsi que les termes utilisés naturellement par les spécialistes de cette technique.

    Crankbait : leurre flottant mais muni d’une bavette plus ou moins longue et plus ou moins inclinée qui lui permet rapidement d’atteindre sa profondeur de nage (0 à 3 m en moyenne et jusqu’à 6 ou 9 m). Son appellation “crank” , vient de manivelle, car leur récupération s’effectue en moulinant régulièrement. Le fait qu’ils soient flottants permet de casser la récupération en effectuant des pauses. Contrairement à une idée reçue, les cranks ne s’accrochent que très peu car leur bavette sert de butoir pour les faire pivoter autou ou rebondir dur les obstacles (bois, rochers)

    DD : deep diving (plongeur profond).

    F : floating, leurre flottant.

    Jerking : action d’animer un leurre de façon franche mais irrégulière. Terme ici inspiré d’une danse, le jerk. Autre définition : Jerk signifie “secousse, soubressaut, spasme” ce qui peu aussi traduire le comportement que prend le leurre sous les à-coups du scion. On retrouve ça dans la façon de danser le… jerk bien sûr.

    Jerkbait : poisson nageur conçu pour être animé en jerking.

    Jerking : animation d’un leurre par coups de scion irréguliers. La position de la canne peut être variable.

    Lipless
    : littéralement sans lèvres, mais qui signifie sans bavette dans le cas des leurres. Il existe des lipless crankbait, à lancer et ramener pour les faire vibrer fortement, et des lipless minnows plus effilés qu’on peu animer d’à-coups ou ramener lentement en linéaire pour obtenir une nage chaloupée très discrète.

    Longbill : longue bavette. Dote les poissons nageurs qui vont pêcher en profondeur.

    Stick bait
    : littéralement “appât bâton” en raison de la forme du leurre.

    SP : suspending. Le leurre dont la densité est identique à celle de l’eau et qui reste en suspension dans la couche d’eau lorsqu’on arrête sa récupération.

    S
    : sinking : leurre coulant.

    Twitching
    : animation d’un leurre par coup de scions réguliers canne basse.

    Hard swim bait et soft swim bait :
    leurre dur nageant et leurre souple nageant. Ces leurres sont articulés souvent en deux ou trois parties. Leur nage est des plus vivantes.

    Swimbait : ou swimming bait. Leurres souples en PVC, silicone, élastomère avec, ou sans, partie rigide en ABS ou en bois. Équipés de bavette, ou de palette caudale, certains sont articulés mais tous ondulent comme de vrais poissons. Conçus pour être ramenés de manière continue, il ne sont pas faits pour être animés d’à-coups.

    Walking the dog
    : animation particulièrement efficace avec les stickbaits et les jerkbaits. Avec un léger mou dans la bannière et en coordonnant la récupération du moulinet et les à-coups du scion, maintenu, au ras de la surface on parvient à faire zigzaguer merveilleusement ce type de leurre. L’ampleur des zigzags dépend de la cadence des à-coups : rapide = zigzags serrés, lente = zigzags plus larges.

    Wobbling : littéralement vacillation. Caractérise le frétillement d’un leurre (crankbait, minnow).

  • Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Canne Illex Ashura S-250 XH, moulinet Daïwa Saltiga 3500, tresse Daïwa Tournament 8 Braid Acudeph

    Cet ensemble, que vous avez pu découvrir dans notre reportage sur la pêche du bar en traction, méritait un coup de zoom. Il est parfait pour la pêche du bar au leurre souple mais aussi pour d’autres espèces marines de tailles raisonnables ainsi que pour la pêche du silure de taille moyenne.

    Cette canne de 2,50 m est la plus puissante de la gamme Ashura mais ce n’est pas pour autant une trique inconfortable. Elle est particulièrement bien équilibrée et légère (200 g). Son blank a une forte action de pointe qui permet de lancer loin avec beaucoup d’aisance et de précision, et ce dès les petits grammages. La canne est très douce de pointe et très forte de talon, ce qui lui permet de laisser travailler les leurres, d’assurer les prises en limitant les décrochés, tout en ayant la capacité d’extraire en force les poissons pris au milieu des obstacles. Elle est donnée pour une plage de poids de leurres de 14 à 80 g. Elle devient vraiment agréable à utiliser à partir de têtes plombées de 21, 28 g montées sur des leurres souples de 10 à 12 cm. Elle est très à l’aise avec des têtes de 40, 50, 60 g et peut encore envoyer de gros leurres souples montés sur des têtes plombées lourdes de 100 g ou un peu plus, mais il faut alors éviter d’appuyer ses lancers. Sa longueur permet d’avoir une grande amplitude d’animation. Elle se présente en deux brins inégaux pour préserver l’action du scion et garantir sa solidité. Son encombrement est limité à 1,69 m. Elle est livrée dans une housse de toile compartimentée et un tube rigide.
    Cette canne est très agréable à utiliser, peu fatigante et particulièrement tactile. Elle est parfaitement adaptée à la technique de pêche du bar en traction et permet de propulser des leurres lourds à grande distance. Elle a été développée par les testeurs Illex, dont Yoann Houssais, vainqueur des dernières Labrax Cup et grand adepte de la pêche en traction. C’est une très bonne canne pour la pêche du bar mais aussi bien adaptée à la pêche des silures moyens aux leurres, sans fatigue. La courbe est parfaite, avec une action marquée de pointe qui permet d’avoir une large plage d’utilisation en grammages de leurres. La pointe souple amortit les coups de tète du poisson et minimise les décrochages, alors que la réserve de puissance du talon permet d’imposer sa loi si nécessaire. La canne en deux brins inégaux se déboîte à quelques décimètres au-dessus de la poignée, ce qui minimise son encombrement. La poignée de l’Ashura en mousse haute densité intègre un porte-moulinet à vis Fuji très agréable pour la main. L’association de cette canne légère avec le Saltiga Game 3500 est parfaite.

    Le Saltiga Game 3500

    Trouver un moulinet robuste, résistant aux pêches fortes mais tout de même léger pour garder un véritable confort de pêche, n’est pas chose facile. Le Saltiga Game répond à ce cahier des charges. Outre ses 14+1 roulements, son frein micrométrique, son bâti et rotor en alliage d’aluminium, sa bobine avec lèvres titanium, son axe flottant qui permet de réduire de 30 % la friction, etc., il a la particularité de ne pas s’encombrer d’un bouton d’activation de l’anti-retour, puisque ce dernier est permanent. Cela minimise les risques de dysfonctionnement. Dans le même esprit, son pick-up ne se rabat qu’à la main. Lorsqu’il est ouvert, le rotor est freiné pour ne pas tourner lors du lancer. Cela évite le très désagréable rabattage intempestif du pickup qui peut arriver parfois sur des lancers appuyés. Ce moulinet, concentré de technologie Daiwa, est épuré au maximum. Il possède un ratio de 4,9/1, ramène 81 cm au tour de manivelle et peut appliquer une force de 7 kg de frein. Il ne pèse que 390 g. C’est un très bon moulinet pour la pêche en traction. Reste à casser sa tirelire car nous entrons là dans le haut de gamme de la marque.

    La tresse à jigger Daiwa Tournament 8 braid Accudepth

    Cette tresse conçue et fabriquée au Japon remplace la précédente tresse à jigger Daiwa, une des premières à avoir été proposée sur le marché. Elle est fabriquée en huit brins, ce qui lui assure une douceur et une résistance aux noeuds exceptionnelle. Son procédé de fabrication permet d’obtenir un profil rond qui offre moins de prise à l’eau et au vent et d’excellentes performances de lancer. Elle est enfin teintée d’une couleur différente tous les 10 mètres et possède des repères tous les mètres, constitués d’un trait jaune barré d’un trait noir. Cela permet de pêcher très précisément en verticale et de tout de même pouvoir visualiser la tresse grâce à ces petites marques jaunes et noires lorsqu’on pêche en traction par exemple. Le modèle 16/100 présenté ici résiste à 13,7 kg. La tresse Accudepth est aussi proposée en coloris vert fluo, si l’on souhaite bien visualiser sa ligne, ou vert plus classique si on préfère qu’elle se fonde dans son environnement.

    P.C.