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Étiquette : Irlande

Finistère : Pêche du bord de mer, les meilleurs spots du Léon
Cet ouvrage, véritable « bible » pratique et pédagogique de la pêche en bord de mer, apporte aux pêcheurs débutants ou confirmés, une connaissance approfondie des meilleurs lieux de pêche du Pays du Léon, cet ancien comté breton situé dans le nord ouest du Finistère. Quand et comment les pratiquer ? Quel matériel utiliser ? Où se loger ? Quelles activités touristiques pratiquer pour les accompagnants non férus de pêche ? La région du Léon fait actuellement l’objet d’une étude cofinancée par l’Europe à hauteur de 13 000 Euros, sur les 29 000 Euros d’investissement global. Porté par l’Office intercommunautaire du Léon, ce projet doit permettre au pays du Léon de devenir un vrai pôle touristique de pêche en Finistère, capable de capter une partie des amateurs français et européens et de développer économiquement l’ensemble des communes concernées, à travers une offre complète alliant la pêche, les hébergements et les autres offres touristiques. Cette étude s’inspire d’exemples similaires qui existent en Irlande.
Renseignements :
http://www.paysduleon.com/fr/demande_de_brochures
Une petite rivière irlandaise, la Fane
Un séjour test passé avec Gatti sur la Fane, un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, à la toute fin du mois septembre 2010, m’a permis de m’essayer à la technique de pêche du saumon en petite rivière. Ce séjour a été l’occasion de découvrir une région méconnue de l’Irlande, peu fréquentée par les touristes pêcheurs.
Par Philippe Collet, photo John McCaughey
La Fane est un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, qui débouche dans la mer d’Irlande à Blackrock, un village situé au sud de la ville de Dundalk, au nord de Dublin. Le bassin de la Fane commence avec des petits tributaires qui se jettent dans le lac Muckno. La rivière qui en sort s’appelle la Clarebane, elle se jette dans le lac Ross. A sa sortie, elle s’appelle la Fane. Elle fait alors la frontière entre l’Irlande du Nord (comté d’Armagh) et la République d’Irlande (comté de Monaghan) avant de traverser le comté de Louth en République d’Irlande. Elle coule en direction du sud-est. Avec ses tributaires, elle mesure près de 70 km. La Fane abrite une belle population de truites fario, de truites de mer et de saumons. Les populations de truites fario augmentent en remontant vers l’amont de la rivière, alors que les parcours les plus prisés pour la truite de mer et le saumon sont situés plutôt en aval. La Fane est une très bonne rivière à truites fario. Cette pêche mérite à elle seule le déplacement, de mai à septembre. Pour la truite de mer, la saison démarre en juillet et reste bonne jusqu’à la fermeture. Concernant le saumon, la meilleure période pour le pêcher s’étend de juillet à octobre. La pêche est fonction des niveaux d’eau. En 2010, les remontées de saumons ayant été très tardives, elle a réellement démarré en septembre à cause du manque d’eau en été. Frontalière avec l’Irlande du Nord, la Fane ferme plus tard en saison que sa voisine la Boyne, par exemple. En 2010, la pêche du saumon et de la truite fermait le 12 octobre. Cette rivière est gérée par des associations de pêcheurs et certains propriétaires riverains. De nombreuses techniques de pêche y sont autorisées, mais le catch and release est encouragé.
Une rivière tardive
Ce petit fleuve côtier est une rivière à crues. Les remontées importantes de saumons ne se font que lors des coups d’eau. La rivière Fane est tardive car les poissons qui la remontent doivent parcourir le chemin le plus long qui soit pour rejoindre une rivière de République d’Irlande. Revenant de leurs aires de grossissement du nord de la Norvège et du Groenland, ils ne coupent pas tout droit depuis le nord mais font le tour par l’ouest puis le sud de l’Irlande. Il semble qu’ils reprennent le parcours qu’ils ont fait à l’état de smolt, poussés vers le sud par de forts courants venant du nord. Ils ont ainsi un long trajet à parcourir pour rejoindre leur rivière et arrivent logiquement parmi les derniers dans leur estuaire. En 2010, les grisles de 2 à 2,5 kg, remontés d’abord, ont formé contrairement aux années précédentes une grande part des captures. Des saumons plus gros sont remontés après. Un compteur à poissons récemment mis en place sur la rivière par Inland Fisheries Ireland, et opérationnel pour la saison 2010, avait permis, fin novembre, de relever 900 poissons de plus de 1,5 kg (essentiellement des saumons) et 1 350 poissons plus petits (truites de mer et petits saumons) de 0,5 à 1,5 kg. Ce compteur ne détecte pas les nombreuses truites de mer plus petites. Fin novembre 2010, il remontait encore des saumons, d’une taille moyenne de 3 à 4 kg cette fois, dans la Fane.
Pour 2011, compte tenu du nombre de smolts présents les années antérieures, le nombre de prises autorisées passe de 275 à 604 pour la rivière Fane. En 2009, le nombre deprises s’est élevé à 275 poissons, dont 40 % ont été relâchés. En 2010, les chiffres provisoires des collectes de tags et des carnets de capture faisaient état de seulement 200 poissons pris, du fait de la remontée tardive, plus 70 relâchés.Les pêcheurs de la Fane à l’origine de l’arrêt des filets dérivants
Du fait de la particularité de leur migration, qui conduit les saumons à longer les côtes de l’Irlande par l’ouest puis le sud, les poissons de nombreuses rivières irlandaises, mais aussi d’autres rivières d’Europe, étaient interceptés par des pêcheurs aux filets dérivants sur les côtes ouest et sud du pays. Avec l’augmentation et la modernisation de la pratique de cette pêche, les stocks de saumons ont rapidement atteint des niveaux dramatiquement bas. A titre d’exemple, les pêcheurs aux engins de l’estuaire de la Fane ont vu le nombre de leurs prises passer de 10 000 en 1960 à 500 en 1990. Cet état catastrophique de la ressource a conduit, il y a dix ans, les trois clubs de pêcheurs à la ligne de la rivière Fane à se réunir pour manifester contre la pêche aux filets dérivants qui pillait leur ressource. Cette manifestation a été le déclencheur d’un mouvement de plus grande ampleur qui a conduit le gouvernement irlandais à indemniser les pêcheurs aux filets dérivants pour qu’ils arrêtent cette pratique.
La recolonisation des rivièresL’arrêt de la pêche aux filets dérivants, combiné à une réduction importante de la pêche aux engins en estuaire, a permis aux saumons de recoloniser progressivement les rivières. La Fane, qui n’a pas été curée ou recalibrée par le passé, qui a la chance d’avoir un débit d’étiage soutenu par les lacs amont et qui a une eau très surveillée car elle approvisionne l’agglomération de Dundalk en eau potable, a pu être rapidement recolonisée. Elle abriterait la plus grande densité de smolts d’Irlande, ce qui lui vaut d’avoir un quota de prises important. Parmi les 110 rivières répertoriées « à saumon » en Irlande, la Fane occupe la 16e place devant la Dee et la Glyde proches, pour le moment fermées à la pêche pour protéger la ressource. Pour une petite rivière à crue, large de 10 à 15 mètres, c’est un score plus qu’honorable. L’ouverture progressive des autres rivières viendra réduire la pression de pêche sur la Fane, la rendant encore plus attractive. Après la Boyne, la Glyde devrait par exemple ouvrir à nouveau en catch and release pour 2011.
La pêche
Une rivière comme la Fane est un peu difficile à pêcher à la mouche au plus fort d’une montée d’eau. Pour y pratiquer cette technique pendant une crue, il faut choisir les secteurs les plus larges, permettant à la soie de se placer et à la mouche de bien travailler. Il ne faut pas perdre trop de temps à essayer de pêcher des sections étroites et trop profondes car, malgré l’usage de soies très denses, les mouches passent souvent trop haut. Le moment le plus favorable pour attraper un saumon est le tout début de la période de décrue, lorsque l’eau commence à baisser et à s’éclaircir. L’incidence de la marée est très importante et conditionne les arrivées de poissons frais sur les pools. Sur ce type de rivière sans obstacles, les poissons peuvent remonter très rapidement et gagner leurs secteurs de frayère en parfois moins d’une journée.
En période normale, ou lorsque la crue n’est pas trop forte et que la rivière est assez large, il est possible de pêcher à l’aide d’une soie flottante ou d’une soie flottante à pointe intermédiaire. En général on lance trois quarts aval pour laisser la mouche décrire un arc de cercle en traversant les veines de courant, tirée par la soie. Lorsque la soie arrive en parallèle de la berge, on en récupère quelques mètres avant de relancer. On peigne ainsi méticuleusement la rivière, mètre après mètre, de façon très méthodique, pour tenter de faire réagir un poisson. Plus la rivière est étroite, rapide et profonde, plus il faut lancer à la perpendiculaire de la berge pour laisser le temps à la mouche de s’enfoncer avant d’être tirée par la soie. On peut être amené à faire quelques mendings, pour replacer le ventre de la soie vers l’amont et laisser le temps à la mouche et la pointe de la soie de couler un peu. Dans certains cas, il peut même être judicieux de lancer sa mouche vers l’amont pour induire un dragage instantané de l’amont vers l’aval à proximité immédiate de la berge et peigner ainsi les petits amortis, à la recherche de poissons collés à la berge d’en face. On essaie alors de pousser le ventre de sa soie vers l’aval en fin de lancer pour former un ventre vers l’aval (mouvement de canne de l’amont vers l’aval après le shoot en laissant filer de la soie entre les doigts). Cela permet de longer plus longtemps la berge d’en face. On tente en général ces passages après avoir d’abord peigné l’aval du poste. En cas de prise de la mouche, pour ne pas rater la touche, il faut laisser au saumon qui s’en est saisi le temps de basculer vers lebas avant de le ferrer. Certains estiment qu’il faut tenir une boucle de soie sous les doigts pour pouvoir la libérer à la touche avant de ferrer en relevant la canne, d’autres se contentent de laisser la soie sur le moulinet réglé doux pour qu’elle se dévide facilement, sur quelques dizaines de centimètres, à la touche. Je ne me permettrais pas de trancher.
Lors de notre séjour, nous avons dû pêcher avec des soies à pointes plongeantes très denses de type 200 grains ou Depht Finder, car les eaux étaient hautes et tendues. Lorsque le courant est important, les imitations montées sur hameçon double sont privilégiées, car le poids de ce dernier permet un meilleur ancrage de la mouche dans l’eau. Pour ce type de rivière, il n’est pas nécessaire de s’équiper de cannes spécifiques à deux mains. Une canne à une main de 10 à 11 pieds pour soie de 8, pas trop raide, est idéale. Elle permet de réaliser des lancers depuis des berges encombrées et de réussir tout de même à conduire ses dérives. Une canne de 8 reste discrète et est suffisamment puissante pour combattre des poissons souvent moyens. Le moulinet doit être doté d’un bon frein mais n’a pas besoin d’être surdimensionné pour contenir une grande réserve de backing. Il est de toute façon illusoire de vouloir ramener un poisson qui a trop dévalé et que l’on n’a pas pu suivre, la progression du pêcheur étant le plus souvent immédiatement bloquée par la végétation des berges.
Pour ces pêches sur une rivière étroite, le bas de ligne est court : 2 à 3 m en soie flottante pour rester précis à faible distance, 60 cm à 1 m en soie plongeante pour placer la mouche rapidement au bon niveau derrière la soie. Un diamètre de pointe de 30 centièmes paraît être le bon compromis résistance/présentation. Sur les plus longs bas de ligne, un porte-pointe peut être réalisé avec un morceau de fil plus fort en 40 ou 50 centièmes pour une meilleure présentation, mais il n’est pas indispensable. L’importance du guide Pour pêcher le saumon, le savoir-faire d’un guide et sa connaissance de la rivière sont importants. Il est difficile de savoir sur quel pool aller au gré des horaires de marées et des hauteurs d’eau. Le guide vous aidera à choisir vos mouches ou vos leurres, vous apprendra à mieux lire la rivière et à comprendre les tenues potentielles des saumons. Il vous emmènera sur des pools que vous n’auriez pas pu trouver seul. Sur un séjour, il est important de réserver ses services quelques journées, le temps au moins de prendre ses marques.
Un environnement un peu dégradé mais un accueil chaleureuxSi les paysages sont sauvages et somptueux sur l’amont de la Fane, j’ai tout de même été déçu par sa partie le plus aval où l’impact anthropique est assez marqué : cultures trop proches de l’eau à plusieurs endroits, remblaiement d’une zone humide en cours, nombreux déchets laissés par certains pêcheurs sur les secteurs les plus fréquentés. Cela donne une impression de déjà vu, un peu démoralisante lorsqu’on pensait voir autre chose en changeant de pays. Cette déception a été compensée par l’accueil très chaleureux qui nous a été réservé par nos hôtes David Byrne, de l’Eastern Regional Fisheries Board, Bernard Devenney, le secrétaire, John McCaughey, le président du Club des pêcheurs de saumon de Dundalk, Matt Campbell, le guide de pêche, Ronan O’Brien, d’Inland Fisheries Ireland, responsable entre autres du compteur à poissons de la Fane, Heinz, notre hébergeur, et aussi les pêcheurs qui ne nous connaissaient pas, rencontrés au bord de l’eau, toujours attentifs à nous donner un conseil, voire une de leurs mouches favorites. Rien que pour ça, je reviendrai

Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages
L’abreuvoir à bétail n’est certainement pas un sujet de préoccupation majeur des pêcheurs parcourant les cours d’eau, et pourtant il l’est pour les techniciens qui travaillent à la préservation et à la restauration de la qualité des milieux aquatiques. Vous le découvrirez donc à la lecture de ces lignes, donner à boire à nos bétails se révèle être un sujet beaucoup plus important qu’il n’y paraît et mérite réellement d’être abordé en raison de son intérêt général.
Par Arnaud Caudron et Denis Caudron
Avec l’intensification des élevages et l’évolution des pratiques agricoles, les troupeaux, et en particulier les bovins laitiers, sont de plus en plus nombreux et consomment également de plus en plus d’eau. En l’absence de point d’eau naturel (source, étang, cours d’eau), l’exploitant agricole doit apporter régulièrement à son bétail une citerne d’eau pour permettre à ses animaux de s’abreuver. Mais vu l’importance du réseau hydrographique de notre pays, une grande majorité des terres d’élevage est traversée par un petit cours d’eau ou une rivière. Dans ce cas, le bétail a un accès libre au cours d’eau qui peut bien souvent, en cas d’absence de clôture, se prolonger sur l’ensemble du linéaire de la pâture. Cette pratique facilite doublement le travail de l’exploitant en permettant à son bétail de boire librement et en lui évitant l’entretien d’une clôture. Elle est donc courante et généralisée sur l’ensemble de notre territoire, notamment dans les grandes régions d’élevage comme en Normandie mais également, ce qui est moins connu, en zone de montagne sur les petits cours d’eau du Massif Central, des Alpes ou des Pyrénées. Sans oublier nos voisins européens qui sont confrontés aux mêmes problèmes comme en Irlande ou en Ecosse mais aussi outre- Atlantique au Canada.
Des impacts nombreux et variés
La prolifération des abreuvoirs sauvages en bordure des rivières entraîne de nombreux dommages de la zone riveraine, du lit du cours d’eau, de la qualité de l’eau et dont les impacts physiques et chimiques peuvent avoir des conséquences aussi bien sur les poissons, la santé humaine que sur les bovins euxmêmes. Le piétinement et le broutement répété des animaux provoquent une déstabilisation ou une déstructuration des berges et perturbent fortement la végétation rivulaire qui, dans certains cas, peut complètement disparaître. Or, nous connaissons tous l’importance d’avoir au bord des cours d’eau des zones riveraines saines avec des berges stables et une végétation adéquate. Des impacts sont également visibles au niveau du lit même du cours d’eau. Les abreuvoirs sauvages provoquent un élargissement du lit ainsi qu’un colmatage important des fonds qui ne se localise pas seulement au niveau des zones piétinées. En effet, les matières mises en suspension par le bétail peuvent se déposer sur plusieurs centaines de mètres à l’aval. Les effets les plus néfastes de la divagation des animaux dans les cours d’eau concernent la dégradation de la qualité physico-chimique et sur-tout bactériologique de l’eau. A ce sujet, les résultats d’un travail d’étude réalisé en 2002 et 2003 par la Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Rivières de Basse-Normandie sont sans appel. Cette étude a recherché à quantifier l’impact que pouvait avoir la présence de bovins dans les cours d’eau en mesurant, selon un protocole précis, plusieurs paramètres comme la bactériologie, la teneur en oxygène et en ammoniaque ainsi que la présence de matières organiques et de matières en suspension.
Lorsque le bétail n’est pas dans l’eau, les paramètres mesurés sont à des niveaux normaux. Mais dès que quelques animaux sont présents dans le cours d’eau, l’ensemble des paramètres virent au rouge. Ainsi, à l’aval immédiat du piétinement, une pollution bactériologique très nette est mesurée avec des teneurs en bactérie fécale multipliées par 800 par rapport à une station de référence située hors abreuvoir. Des signes importants de pollution organique sont également relevés. La quantité d’ammoniaque est multipliée par 30 et les matières en suspension par 50. Enfin, le taux d’oxygénation de l’eau diminue fortement pour atteindre des valeurs incompatibles avec toute vie piscicole. Tous ces impacts se prolongent sur plus de 300 mètres en aval de la zone piétinée. Les résultats montrent qu’il suffit d’éviter l’accès des bovins au cours d’eau pour remédier à cespollutions. Celles-ci sont, bien entendu, néfastes au développement de l’ensemble de la vie aquatique, poissons et insectes en particulier. En Haute-Savoie, certaines populations d’écrevisses autochtones à pieds blancs situées en tête de bassin sont même limitées dans leur colonisation par la présence d’abreuvoirs sauvages. L’introduction répétée d’agents pathogènes et d’éléments fertilisants dans l’eau peut entraîner également un risque sanitaire en premier lieu pour les animaux euxmêmes qui peuvent développer des pathologies suite à la consommation d’eau contaminée. La contamination bactériologique, dès les têtes de bassins, à partir des zones d’abreuvement sauvages peut également entraîner un risque sanitaire pour les activités humaines (alimentation en eau potable, baignade…). Ces pollutions ne sont donc pas anodines, d’autant que dans de nombreuses zones rurales, la population de bovins est plus importante que la population humaine. Et si on ajoute à cela qu’en termes de charge polluante un bovin équivaut à sept hommes, on se rend mieux compte de l’importance d’éviter la divagation du bétail dans les cours d’eau. En outre, les impacts ne sont pas seulement ponctuels dans le temps et dans l’espace car la saison de pâturage dure de nombreux mois et les effets, nous l’avons vu, se prolongent sur un linéaire important.Des solutions possibles
Afin de réduire ces nuisances sur les milieux aquatiques, de nombreuses solutions techniques existent et commencent depuis quelques années à être mises en application dans le cadre de programmes d’action. La première chose à faire pour traiter le problème de la divagation des troupeaux dans un cours d’eau est de poser un diagnostic précis. En effet, chaque situation présente des caractéristiques différentes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour proposer une solution technique efficace et satisfaisante. Le diagnostic relèvera les dégradations de la qualité du milieu (état des berges, du lit et de la végétation rivulaire, impacts identifiés et linéaire concerné), s’intéressera aux caractéristiques de la pâture (superficie, configuration topographique) et prendra en compte également les pratiques agricoles (nombre de bête à abreuver, race utilisée et type de production). Le but recherché est de limiter au maximum l’accès du troupeau à la rivière et si possible d’exclure entièrement les animaux des cours d’eau afin d’éviter toute contamination et dégradation. Aussi, l’installation de clôtures le long des cours d’eau (si possible pas trop près pour laisser un espace aux pêcheurs…) est la première action à entreprendre.
La pose de clôtures couplée à la mise en place de nouveaux abreuvoirs permet à la fois de protéger le milieu et de garantir un abreuvement sain pour le bétail. Pour ce faire, plusieurs types de dispositifs sont envisageables.
L’abreuvoir classique consiste à aménager pour le bétail une plage d’accès au bord de la rivière tout en lui empêchant de rentrer dans le lit. Ainsi des barrières spécifiquement dimensionnées permettent aux bovins uniquement de passer leur tête pour accéder à l’eau mais leur interdisent de piétiner le fond de la rivière. Lorsque la pente du cours d’eau est suffisante (supérieur à 1 %), il est possible de mettre en place tout simplement un système gravitaire avec une crépine et un tuyau qui amène l’eau naturellement dans un bac d’abreuvement placé à proximité de la berge. Ce système a l’avantage d’éviter tout contact direct du troupeau avec la rivière, il est peu coûteux et facile à installer, mais nécessite cependant un entretien régulier de la part de l’exploitant agricole. Enfin, plus perfectionnée, la pompe de prairie permet à l’animal d’actionner lui-même un dispositif de pompage mécanique qui va assurer l’alimentation en eau de l’abreuvoir. Comme le précédent, ce système évite tout contact entre le bétail et le milieu, il s’adapte à tous les cours d’eau, mais représente un investissement plus important. Les coûts de ces différents types de dispositifs peuvent varier de 350 à 2 000 euros.

