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  • Pêches Sportives n° 68 : A la découverte de la Dordogne corrézienne avec Grégoire Ribert

    Pêches Sportives n° 68 : A la découverte de la Dordogne corrézienne avec Grégoire Ribert

    Dans ce numéro, 8’6 vous emmène en Irlande dans les lacs du Connemara et ses paysages splendides, consacre un dossier complet et une vidéo à un fleuve salvateur lors de cet été caniculaire, la Dordogne corrézienne et ses eaux qui sortent des barrages à 14°C, vous dit tout sur les effets cumulés des sécheresses et des canicules, descend franchement au sud en Estremadure où gobent les barbeaux, vous fait découvrir la pêche à la mouche en voyageant en train au plus près des rivières, vous renseigne sur la longueur des cannes, vous fait découvrir les vertus du marabout grizzly et les multiples montages qu’il permet, ou encore vous offre une visite guidée chez Rod House, le paradis des rodbuilders.

  • Finistère : Pêche du bord de mer, les meilleurs spots du Léon

    Finistère : Pêche du bord de mer, les meilleurs spots du Léon

    Cet ouvrage, véritable « bible » pratique et pédagogique de la pêche en bord de mer, apporte aux pêcheurs débutants ou confirmés, une connaissance approfondie des meilleurs lieux de pêche du Pays du Léon, cet ancien comté breton situé dans le nord ouest du Finistère. Quand et comment les pratiquer ? Quel matériel utiliser ? Où se loger ? Quelles activités touristiques pratiquer pour les accompagnants non férus de pêche ? La région du Léon fait actuellement l’objet d’une étude cofinancée par l’Europe à hauteur de 13 000 Euros, sur les 29 000 Euros d’investissement global. Porté par l’Office intercommunautaire du Léon, ce projet doit permettre au pays du Léon de devenir un vrai pôle touristique de pêche en Finistère, capable de capter une partie des amateurs français et européens et de développer économiquement l’ensemble des communes concernées, à travers une offre complète alliant la pêche, les hébergements et les autres offres touristiques. Cette étude s’inspire d’exemples similaires qui existent en Irlande.

    Renseignements :
    http://www.paysduleon.com/fr/demande_de_brochures

  • Une petite rivière irlandaise, la Fane

    Une petite rivière irlandaise, la Fane

    Un séjour test passé avec Gatti sur la Fane, un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, à la toute fin du mois septembre 2010, m’a permis de m’essayer à la technique de pêche du saumon en petite rivière. Ce séjour a été l’occasion de découvrir une région méconnue de l’Irlande, peu fréquentée par les touristes pêcheurs.

    Par Philippe Collet, photo John McCaughey

    La Fane est un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, qui débouche dans la mer d’Irlande à Blackrock, un village situé au sud de la ville de Dundalk, au nord de Dublin. Le bassin de la Fane commence avec des petits tributaires qui se jettent dans le lac Muckno. La rivière qui en sort s’appelle la Clarebane, elle se jette dans le lac Ross. A sa sortie, elle s’appelle la Fane. Elle fait alors la frontière entre l’Irlande du Nord (comté d’Armagh) et la République d’Irlande (comté de Monaghan) avant de traverser le comté de Louth en République d’Irlande. Elle coule en direction du sud-est. Avec ses tributaires, elle mesure près de 70 km. La Fane abrite une belle population de truites fario, de truites de mer et de saumons. Les populations de truites fario augmentent en remontant vers l’amont de la rivière, alors que les parcours les plus prisés pour la truite de mer et le saumon sont situés plutôt en aval. La Fane est une très bonne rivière à truites fario. Cette pêche mérite à elle seule le déplacement, de mai à septembre. Pour la truite de mer, la saison démarre en juillet et reste bonne jusqu’à la fermeture. Concernant le saumon, la meilleure période pour le pêcher s’étend de juillet à octobre. La pêche est fonction des niveaux d’eau. En 2010, les remontées de saumons ayant été très tardives, elle a réellement démarré en septembre à cause du manque d’eau en été. Frontalière avec l’Irlande du Nord, la Fane ferme plus tard en saison que sa voisine la Boyne, par exemple. En 2010, la pêche du saumon et de la truite fermait le 12 octobre. Cette rivière est gérée par des associations de pêcheurs et certains propriétaires riverains. De nombreuses techniques de pêche y sont autorisées, mais le catch and release est encouragé.

    Une rivière tardive

    Ce petit fleuve côtier est une rivière à crues. Les remontées importantes de saumons ne se font que lors des coups d’eau. La rivière Fane est tardive car les poissons qui la remontent doivent parcourir le chemin le plus long qui soit pour rejoindre une rivière de République d’Irlande. Revenant de leurs aires de grossissement du nord de la Norvège et du Groenland, ils ne coupent pas tout droit depuis le nord mais font le tour par l’ouest puis le sud de l’Irlande. Il semble qu’ils reprennent le parcours qu’ils ont fait à l’état de smolt, poussés vers le sud par de forts courants venant du nord. Ils ont ainsi un long trajet à parcourir pour rejoindre leur rivière et arrivent logiquement parmi les derniers dans leur estuaire. En 2010, les grisles de 2 à 2,5 kg, remontés d’abord, ont formé contrairement aux années précédentes une grande part des captures. Des saumons plus gros sont remontés après. Un compteur à poissons récemment mis en place sur la rivière par Inland Fisheries Ireland, et opérationnel pour la saison 2010, avait permis, fin novembre, de relever 900 poissons de plus de 1,5 kg (essentiellement des saumons) et 1 350 poissons plus petits (truites de mer et petits saumons) de 0,5 à 1,5 kg. Ce compteur ne détecte pas les nombreuses truites de mer plus petites. Fin novembre 2010, il remontait encore des saumons, d’une taille moyenne de 3 à 4 kg cette fois, dans la Fane.
    Pour 2011, compte tenu du nombre de smolts présents les années antérieures, le nombre de prises autorisées passe de 275 à 604 pour la rivière Fane. En 2009, le nombre deprises s’est élevé à 275 poissons, dont 40 % ont été relâchés. En 2010, les chiffres provisoires des collectes de tags et des carnets de capture faisaient état de seulement 200 poissons pris, du fait de la remontée tardive, plus 70 relâchés.

    Les pêcheurs de la Fane à l’origine de l’arrêt des filets dérivants

    Du fait de la particularité de leur migration, qui conduit les saumons à longer les côtes de l’Irlande par l’ouest puis le sud, les poissons de nombreuses rivières irlandaises, mais aussi d’autres rivières d’Europe, étaient interceptés par des pêcheurs aux filets dérivants sur les côtes ouest et sud du pays. Avec l’augmentation et la modernisation de la pratique de cette pêche, les stocks de saumons ont rapidement atteint des niveaux dramatiquement bas. A titre d’exemple, les pêcheurs aux engins de l’estuaire de la Fane ont vu le nombre de leurs prises passer de 10 000 en 1960 à 500 en 1990. Cet état catastrophique de la ressource a conduit, il y a dix ans, les trois clubs de pêcheurs à la ligne de la rivière Fane à se réunir pour manifester contre la pêche aux filets dérivants qui pillait leur ressource. Cette manifestation a été le déclencheur d’un mouvement de plus grande ampleur qui a conduit le gouvernement irlandais à indemniser les pêcheurs aux filets dérivants pour qu’ils arrêtent cette pratique.


    La recolonisation des rivières

    L’arrêt de la pêche aux filets dérivants, combiné à une réduction importante de la pêche aux engins en estuaire, a permis aux saumons de recoloniser progressivement les rivières. La Fane, qui n’a pas été curée ou recalibrée par le passé, qui a la chance d’avoir un débit d’étiage soutenu par les lacs amont et qui a une eau très surveillée car elle approvisionne l’agglomération de Dundalk en eau potable, a pu être rapidement recolonisée. Elle abriterait la plus grande densité de smolts d’Irlande, ce qui lui vaut d’avoir un quota de prises important. Parmi les 110 rivières répertoriées « à saumon » en Irlande, la Fane occupe la 16e place devant la Dee et la Glyde proches, pour le moment fermées à la pêche pour protéger la ressource. Pour une petite rivière à crue, large de 10 à 15 mètres, c’est un score plus qu’honorable. L’ouverture progressive des autres rivières viendra réduire la pression de pêche sur la Fane, la rendant encore plus attractive. Après la Boyne, la Glyde devrait par exemple ouvrir à nouveau en catch and release pour 2011.

    La pêche

    Une rivière comme la Fane est un peu difficile à pêcher à la mouche au plus fort d’une montée d’eau. Pour y pratiquer cette technique pendant une crue, il faut choisir les secteurs les plus larges, permettant à la soie de se placer et à la mouche de bien travailler. Il ne faut pas perdre trop de temps à essayer de pêcher des sections étroites et trop profondes car, malgré l’usage de soies très denses, les mouches passent souvent trop haut. Le moment le plus favorable pour attraper un saumon est le tout début de la période de décrue, lorsque l’eau commence à baisser et à s’éclaircir. L’incidence de la marée est très importante et conditionne les arrivées de poissons frais sur les pools. Sur ce type de rivière sans obstacles, les poissons peuvent remonter très rapidement et gagner leurs secteurs de frayère en parfois moins d’une journée.
    En période normale, ou lorsque la crue n’est pas trop forte et que la rivière est assez large, il est possible de pêcher à l’aide d’une soie flottante ou d’une soie flottante à pointe intermédiaire. En général on lance trois quarts aval pour laisser la mouche décrire un arc de cercle en traversant les veines de courant, tirée par la soie. Lorsque la soie arrive en parallèle de la berge, on en récupère quelques mètres avant de relancer. On peigne ainsi méticuleusement la rivière, mètre après mètre, de façon très méthodique, pour tenter de faire réagir un poisson. Plus la rivière est étroite, rapide et profonde, plus il faut lancer à la perpendiculaire de la berge pour laisser le temps à la mouche de s’enfoncer avant d’être tirée par la soie. On peut être amené à faire quelques mendings, pour replacer le ventre de la soie vers l’amont et laisser le temps à la mouche et la pointe de la soie de couler un peu. Dans certains cas, il peut même être judicieux de lancer sa mouche vers l’amont pour induire un dragage instantané de l’amont vers l’aval à proximité immédiate de la berge et peigner ainsi les petits amortis, à la recherche de poissons collés à la berge d’en face. On essaie alors de pousser le ventre de sa soie vers l’aval en fin de lancer pour former un ventre vers l’aval (mouvement de canne de l’amont vers l’aval après le shoot en laissant filer de la soie entre les doigts). Cela permet de longer plus longtemps la berge d’en face. On tente en général ces passages après avoir d’abord peigné l’aval du poste. En cas de prise de la mouche, pour ne pas rater la touche, il faut laisser au saumon qui s’en est saisi le temps de basculer vers lebas avant de le ferrer. Certains estiment qu’il faut tenir une boucle de soie sous les doigts pour pouvoir la libérer à la touche avant de ferrer en relevant la canne, d’autres se contentent de laisser la soie sur le moulinet réglé doux pour qu’elle se dévide facilement, sur quelques dizaines de centimètres, à la touche. Je ne me permettrais pas de trancher.
    Lors de notre séjour, nous avons dû pêcher avec des soies à pointes plongeantes très denses de type 200 grains ou Depht Finder, car les eaux étaient hautes et tendues. Lorsque le courant est important, les imitations montées sur hameçon double sont privilégiées, car le poids de ce dernier permet un meilleur ancrage de la mouche dans l’eau. Pour ce type de rivière, il n’est pas nécessaire de s’équiper de cannes spécifiques à deux mains. Une canne à une main de 10 à 11 pieds pour soie de 8, pas trop raide, est idéale. Elle permet de réaliser des lancers depuis des berges encombrées et de réussir tout de même à conduire ses dérives. Une canne de 8 reste discrète et est suffisamment puissante pour combattre des poissons souvent moyens. Le moulinet doit être doté d’un bon frein mais n’a pas besoin d’être surdimensionné pour contenir une grande réserve de backing. Il est de toute façon illusoire de vouloir ramener un poisson qui a trop dévalé et que l’on n’a pas pu suivre, la progression du pêcheur étant le plus souvent immédiatement bloquée par la végétation des berges.
    Pour ces pêches sur une rivière étroite, le bas de ligne est court : 2 à 3 m en soie flottante pour rester précis à faible distance, 60 cm à 1 m en soie plongeante pour placer la mouche rapidement au bon niveau derrière la soie. Un diamètre de pointe de 30 centièmes paraît être le bon compromis résistance/présentation. Sur les plus longs bas de ligne, un porte-pointe peut être réalisé avec un morceau de fil plus fort en 40 ou 50 centièmes pour une meilleure présentation, mais il n’est pas indispensable. L’importance du guide Pour pêcher le saumon, le savoir-faire d’un guide et sa connaissance de la rivière sont importants. Il est difficile de savoir sur quel pool aller au gré des horaires de marées et des hauteurs d’eau. Le guide vous aidera à choisir vos mouches ou vos leurres, vous apprendra à mieux lire la rivière et à comprendre les tenues potentielles des saumons. Il vous emmènera sur des pools que vous n’auriez pas pu trouver seul. Sur un séjour, il est important de réserver ses services quelques journées, le temps au moins de prendre ses marques.


    Un environnement un peu dégradé mais un accueil chaleureux

    Si les paysages sont sauvages et somptueux sur l’amont de la Fane, j’ai tout de même été déçu par sa partie le plus aval où l’impact anthropique est assez marqué : cultures trop proches de l’eau à plusieurs endroits, remblaiement d’une zone humide en cours, nombreux déchets laissés par certains pêcheurs sur les secteurs les plus fréquentés. Cela donne une impression de déjà vu, un peu démoralisante lorsqu’on pensait voir autre chose en changeant de pays. Cette déception a été compensée par l’accueil très chaleureux qui nous a été réservé par nos hôtes David Byrne, de l’Eastern Regional Fisheries Board, Bernard Devenney, le secrétaire, John McCaughey, le président du Club des pêcheurs de saumon de Dundalk, Matt Campbell, le guide de pêche, Ronan O’Brien, d’Inland Fisheries Ireland, responsable entre autres du compteur à poissons de la Fane, Heinz, notre hébergeur, et aussi les pêcheurs qui ne nous connaissaient pas, rencontrés au bord de l’eau, toujours attentifs à nous donner un conseil, voire une de leurs mouches favorites. Rien que pour ça, je reviendrai

  • Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages

    Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages

    L’abreuvoir à bétail n’est certainement pas un sujet de préoccupation majeur des pêcheurs parcourant les cours d’eau, et pourtant il l’est pour les techniciens qui travaillent à la préservation et à la restauration de la qualité des milieux aquatiques. Vous le découvrirez donc à la lecture de ces lignes, donner à boire à nos bétails se révèle être un sujet beaucoup plus important qu’il n’y paraît et mérite réellement d’être abordé en raison de son intérêt général.

    Par Arnaud Caudron et Denis Caudron

    Avec l’intensification des élevages et l’évolution des pratiques agricoles, les troupeaux, et en particulier les bovins laitiers, sont de plus en plus nombreux et consomment également de plus en plus d’eau. En l’absence de point d’eau naturel (source, étang, cours d’eau), l’exploitant agricole doit apporter régulièrement à son bétail une citerne d’eau pour permettre à ses animaux de s’abreuver. Mais vu l’importance du réseau hydrographique de notre pays, une grande majorité des terres d’élevage est traversée par un petit cours d’eau ou une rivière. Dans ce cas, le bétail a un accès libre au cours d’eau qui peut bien souvent, en cas d’absence de clôture, se prolonger sur l’ensemble du linéaire de la pâture. Cette pratique facilite doublement le travail de l’exploitant en permettant à son bétail de boire librement et en lui évitant l’entretien d’une clôture. Elle est donc courante et généralisée sur l’ensemble de notre territoire, notamment dans les grandes régions d’élevage comme en Normandie mais également, ce qui est moins connu, en zone de montagne sur les petits cours d’eau du Massif Central, des Alpes ou des Pyrénées. Sans oublier nos voisins européens qui sont confrontés aux mêmes problèmes comme en Irlande ou en Ecosse mais aussi outre- Atlantique au Canada.

    Des impacts nombreux et variés

    La prolifération des abreuvoirs sauvages en bordure des rivières entraîne de nombreux dommages de la zone riveraine, du lit du cours d’eau, de la qualité de l’eau et dont les impacts physiques et chimiques peuvent avoir des conséquences aussi bien sur les poissons, la santé humaine que sur les bovins euxmêmes. Le piétinement et le broutement répété des animaux provoquent une déstabilisation ou une déstructuration des berges et perturbent fortement la végétation rivulaire qui, dans certains cas, peut complètement disparaître. Or, nous connaissons tous l’importance d’avoir au bord des cours d’eau des zones riveraines saines avec des berges stables et une végétation adéquate. Des impacts sont également visibles au niveau du lit même du cours d’eau. Les abreuvoirs sauvages provoquent un élargissement du lit ainsi qu’un colmatage important des fonds qui ne se localise pas seulement au niveau des zones piétinées. En effet, les matières mises en suspension par le bétail peuvent se déposer sur plusieurs centaines de mètres à l’aval. Les effets les plus néfastes de la divagation des animaux dans les cours d’eau concernent la dégradation de la qualité physico-chimique et sur-tout bactériologique de l’eau. A ce sujet, les résultats d’un travail d’étude réalisé en 2002 et 2003 par la Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Rivières de Basse-Normandie sont sans appel. Cette étude a recherché à quantifier l’impact que pouvait avoir la présence de bovins dans les cours d’eau en mesurant, selon un protocole précis, plusieurs paramètres comme la bactériologie, la teneur en oxygène et en ammoniaque ainsi que la présence de matières organiques et de matières en suspension.
    Lorsque le bétail n’est pas dans l’eau, les paramètres mesurés sont à des niveaux normaux. Mais dès que quelques animaux sont présents dans le cours d’eau, l’ensemble des paramètres virent au rouge. Ainsi, à l’aval immédiat du piétinement, une pollution bactériologique très nette est mesurée avec des teneurs en bactérie fécale multipliées par 800 par rapport à une station de référence située hors abreuvoir. Des signes importants de pollution organique sont également relevés. La quantité d’ammoniaque est multipliée par 30 et les matières en suspension par 50. Enfin, le taux d’oxygénation de l’eau diminue fortement pour atteindre des valeurs incompatibles avec toute vie piscicole. Tous ces impacts se prolongent sur plus de 300 mètres en aval de la zone piétinée. Les résultats montrent qu’il suffit d’éviter l’accès des bovins au cours d’eau pour remédier à cespollutions. Celles-ci sont, bien entendu, néfastes au développement de l’ensemble de la vie aquatique, poissons et insectes en particulier. En Haute-Savoie, certaines populations d’écrevisses autochtones à pieds blancs situées en tête de bassin sont même limitées dans leur colonisation par la présence d’abreuvoirs sauvages. L’introduction répétée d’agents pathogènes et d’éléments fertilisants dans l’eau peut entraîner également un risque sanitaire en premier lieu pour les animaux euxmêmes qui peuvent développer des pathologies suite à la consommation d’eau contaminée. La contamination bactériologique, dès les têtes de bassins, à partir des zones d’abreuvement sauvages peut également entraîner un risque sanitaire pour les activités humaines (alimentation en eau potable, baignade…). Ces pollutions ne sont donc pas anodines, d’autant que dans de nombreuses zones rurales, la population de bovins est plus importante que la population humaine. Et si on ajoute à cela qu’en termes de charge polluante un bovin équivaut à sept hommes, on se rend mieux compte de l’importance d’éviter la divagation du bétail dans les cours d’eau. En outre, les impacts ne sont pas seulement ponctuels dans le temps et dans l’espace car la saison de pâturage dure de nombreux mois et les effets, nous l’avons vu, se prolongent sur un linéaire important.

    Des solutions possibles

    Afin de réduire ces nuisances sur les milieux aquatiques, de nombreuses solutions techniques existent et commencent depuis quelques années à être mises en application dans le cadre de programmes d’action. La première chose à faire pour traiter le problème de la divagation des troupeaux dans un cours d’eau est de poser un diagnostic précis. En effet, chaque situation présente des caractéristiques différentes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour proposer une solution technique efficace et satisfaisante. Le diagnostic relèvera les dégradations de la qualité du milieu (état des berges, du lit et de la végétation rivulaire, impacts identifiés et linéaire concerné), s’intéressera aux caractéristiques de la pâture (superficie, configuration topographique) et prendra en compte également les pratiques agricoles (nombre de bête à abreuver, race utilisée et type de production). Le but recherché est de limiter au maximum l’accès du troupeau à la rivière et si possible d’exclure entièrement les animaux des cours d’eau afin d’éviter toute contamination et dégradation. Aussi, l’installation de clôtures le long des cours d’eau (si possible pas trop près pour laisser un espace aux pêcheurs…) est la première action à entreprendre.
    La pose de clôtures couplée à la mise en place de nouveaux abreuvoirs permet à la fois de protéger le milieu et de garantir un abreuvement sain pour le bétail. Pour ce faire, plusieurs types de dispositifs sont envisageables.
    L’abreuvoir classique consiste à aménager pour le bétail une plage d’accès au bord de la rivière tout en lui empêchant de rentrer dans le lit. Ainsi des barrières spécifiquement dimensionnées permettent aux bovins uniquement de passer leur tête pour accéder à l’eau mais leur interdisent de piétiner le fond de la rivière. Lorsque la pente du cours d’eau est suffisante (supérieur à 1 %), il est possible de mettre en place tout simplement un système gravitaire avec une crépine et un tuyau qui amène l’eau naturellement dans un bac d’abreuvement placé à proximité de la berge. Ce système a l’avantage d’éviter tout contact direct du troupeau avec la rivière, il est peu coûteux et facile à installer, mais nécessite cependant un entretien régulier de la part de l’exploitant agricole. Enfin, plus perfectionnée, la pompe de prairie permet à l’animal d’actionner lui-même un dispositif de pompage mécanique qui va assurer l’alimentation en eau de l’abreuvoir. Comme le précédent, ce système évite tout contact entre le bétail et le milieu, il s’adapte à tous les cours d’eau, mais représente un investissement plus important. Les coûts de ces différents types de dispositifs peuvent varier de 350 à 2 000 euros.

  • La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en barque

    La pêche à la mouche en bateau offre de nombreux avantages : approche discrète des postes, dégagement arrière lors des lancers, prospection de grandes étendues d’eau, présentation optimale des mouches, etc. Dans les réservoirs qui proposent la location de barques, de nombreux pêcheurs sont des inconditionnels de cette pêche. Ils apprécient le confort qu’elle procure, surtout quand un moteur électrique remplace la paire de rames. Pour autant, beaucoup d’entre nous sous-estiment ce fabuleux outil. Un petit point sur le sujet ne semble pas inutile.

    Par Philippe Collet

    De nombreux pêcheurs pratiquent debout dans les barques. Dans cette position, ils sont plus à leur aise pour lancer. Ils oublient toutefois qu’ils alertent beaucoup plus de poissons qu’en position assise car leur silhouette se découpe plus haut dans le ciel. Ils pêchent debout pour lancer plus loin, mais doivent lancer plus loin parce qu’ils sont debout ! En pêchant debout ils prennent le risque de tomber plus facilement à l’eau sur un déséquilibre, surtout si la barque est petite ou instable et que le collègue de pêche est peu attentif et bouge de façon brusque.
    Il est tout à fait possible de lancer assis, il faut simplement ne pas être trop bas. Or, sur les bancs de la plupart des barques du commerce on a les genoux plus hauts que le bassin, position plutôt inconfortable et peu propice à de bons lancers. Ces bancs bas incitent à se lever régulièrement pour se dégourdir les jambes, ne permettent aucun rangement en dessous et compliquent la progression dans le bateau puisque les affaires sont rangées à côté, occupant l’espace disponible pour les pieds.

    Fabriquer son banc

    Pour remédier à cela, le plus simple est retirer les bancs d’origine et d’utiliser des bancs maison, que l’on pose en travers du bateau, appuyés sur les plats bords, en s’asseyant à califourchon dessus. Cette solution est d’après moi la plus simple, la moins onéreuse et la plus efficace. Ces bancs peuvent être glissés où l’on veut vers l’avant ou l’arrière pour régler l’assiette du bateau ou l’écart entre les deux pêcheurs. Ils sont faciles à réaliser pour moins de 10 euros de matériaux. Il suffit de couper une planche d’environ 20 cm de large pour 2,5 ou 3 cm d’épaisseur sur une longueur légèrement supérieure à la largeur du bateau, d’y fixer à chaque extrémité, à l’aide de deux ou trois vis, un petit morceau de tasseau d’un centimètre de côté dans le sens de la largeur pour former une butée et éviter que la planche ne glisse du bord du bateau. Un petit coup de ponçage voire de vernis, si l’on veut faire luxueux, et le tour est joué. Ces petites butées sont indispensables. Sur une simple planche le pêcheur finira tôt ou tard les quatre fers en l’air en ayant voulu avancer ou reculer sans vraiment en décoller ses fesses (croyez-en mon expérience !). Lors de ma première visite en Angleterre, je n’avais pas de banc et avais souffert de pêcher, des jours entiers, assis trop bas au milieu du bateau ou sur une fesse à l’avant ou à l’arrière. Lors de ma visite suivante j’avais emmené mon banc maison, bien moins cher que les bancs en aluminium vendus sur place et avais pêché dans de bien meilleures conditions. Il m’arrive encore d’emmener ce bête bout de bois quand je sais que les bateaux n’en sont pas équipés. Le plus souvent je regrette de ne pas l’avoir pris. Messieurs les gestionnaires de réservoirs, si ce n’est déjà fait, équipez vos barques de cette façon, vous pouvez proposer un réel confort à vos clients pour un investissement minime. Vous verrez moins de pêcheurs debout et diminuerez nettement le risque d’en voir un passer par-dessus bord un jour ou l’autre.


    Travailler son lancer

    Si, malgré une assise haute, vous avez encore du mal à lancer correctement sans toucher l’eau à l’arrière, vous devez apprendre à relever légèrement votre bras, au fur et à mesure de sa progression vers l’arrière, puis à bien le bloquer en maintenant la canne verticalement. Vous devez proscrire les lancers en rotation autour de votre poignet ou de votre coude, quivous conduisent rapidement à coucher votre canne presque à l’horizontale et à ne plus contrôler correctement votre soie, qui va alors toucher l’eau.


    Pêcher vent dans le dos

    On voit aussi de nombreux pêcheurs lancer de tous côtés, en étoile, autour de leur embarcation, voire même contre le vent dans le sillage de leur dérive. Lorsqu’on est ancré sur un poste ou accroché à une bouée, comme l’imposent certains plans d’eau pour le respect des pêcheurs pratiquant depuis la berge, il est possible, surtout si le temps est calme, de lancer en étoile autour de la barque. Il est toutefois rare que le vent ne soit pas un peu de la partie. A ce moment-là, il vaut vraiment mieux s’en faire un allié et l’utiliser pour porter ses mouches vent arrière ou de travers au lieu de lutter contre. Pour les pêcheurs débutants, la barque peut être l’occasion de s’essayer à la pêche avec un train de deux ou trois mouches, à condition de bien bloquer son lancer arrière et d’ouvrir largement sa boucle sur le lancer avant en visant vers le ciel. Lorsque le vent est établi et ride le plan d’eau, les poissons actifs, à la recherche de nourriture, ont plutôt tendance à le remonter. Lancer le vent dans le dos permet alors de poser la mouche en premier vers des poissons qui remontent vers vous. C’est beaucoup plus productif que de poser derrière des poissons qui vont s’éloigner de vous sans avoir vu vos mouches, ou dessus, car vous les aurez alors alertés en les couvrant avec le bas de ligne ou, pire, avec la soie.
    Pour bien pêcher à deux le vent dans le dos, il vaut mieux accrocher le bateau à l’ancre par le côté et pêcher assis à califourchon sur les bancs. Sur un bateau accroché par la pointe, la pêche sera bien moins confortable et productive. Il se peut toutefois que l’action du vent, sur une soie posée en plein travers de ce dernier, génère une animation intéressante du train de mouches. Mais cette animation n’est généralement pas la plus intéressante, surtout si le vent est fort.

    Respecter son collègue de pêche

    La pêche en barque à deux nécessite une certaine discipline si l’on ne veut pas risquer des emmêlages sévères, voire la casse d’une canne. Un moucheur habitué à pêcher en barque attendra toujours que son collègue ait fini de lancer pour relever sa canne et relancer. Il lancera canne verticale au-dessus de sa tête et non canne couchée au-dessus de celle de son voisin. Le pêcheur le moins aguerri se placera de façon que sa soie passe au-dessus de l’eau plutôt que par-dessus la tête de son voisin. En barque, il est vivement recommandé de porter une casquette et des lunettes; pour éviter un accident si l’on prend une mouche du voisin dans le visage. L’alternance des lancers est primordiale, une certaine courtoisie est alors de mise, on ne cherchera pas à griller le tour du voisin en ramenant précipitamment pour relancer avant lui. Rien n’est plus gênant en barque qu’un collègue de pêche qui bouge sans arrêt, qui fait du bruit et qui lève sa canne quand vous lancez.

    Etre un tant soit peu ordonné

    En barque l’espace est réduit, il convient donc de ne pas trop étaler de matériel. La soie, l’épuisette peuvent se prendre dedans et il faut pouvoir se déplacer. Si un objet tombe à l’eau, il est en général perdu. Le matériel nécessaire devra être disposé à portée de main pour y accéder sans être obligé de systématiquement se lever.


    Pêcher en dérive

    La pêche à la mouche en barque dérivante permet de prospecter une étendue d’eau plus importante. La barque va vers les poissons. Il n’est donc pas nécessaire de faire de longs lancers pour les trouver. Un bas de ligne long est par contre un avantage, puisqu’il permet d’éviter de les effaroucher. Les barques à clins irlandaises longues, lourdes et quillées, dérivent parfaitement perpendiculaires au vent et ne nécessitent pas forcément d’ancre flottante. Cette dernière ne sert avec ces bateaux qu’à ralentir la vitesse de dérive. Peu utilisée en Irlande, l’ancre flottante est systématiquement utilisée sur les grands réservoirs anglais. Pour les embarcations plus modestes, au fond généralement plat, que nous utilisons sur nos plans d’eau, l’ancre flottante permet de ralentir mais aussi de stabiliser la dérive. Elle cale le bateau perpendiculaire au vent. La fixation de cette ancre doit être placée au bon endroit sur le bateau pour éviter qu’il ne s’oriente de travers. Une astuce consiste à emmener avec soi un serre-joint pour régler précisément le point d’accrochage de l’ancre. Ce dernier s’adaptera à la plupart des formes de coques et, s’il est choisi avec des protections en plastique, ne leur laissera aucune trace.


    L’ancre flottante

    C’est un morceau de toile, percé ou non en son centre, dont les 4 angles sont accrochés à un bout de cordon.
    Les 4 cordons sont ensuite rassemblés pour former un parachute sommaire. Dans l’eau ce parachute se gonfle et oppose toute sa surface à la force de dérive provoquée par la poussée du vent sur le bateau. Lorsqu’on relève l’ancre flottante sur une barque relativement légère, c’est le bateau qui revient vers l’ancre et non l’inverse.
    Très utilisées au Royaume-Uni, ces ancres sont faciles à trouver là-bas. Elles font le plus souvent 25 pieds carrés ou 2,32 mètres carrés, ce qui correspond à un carré de 1,5 mètre de côté, car une règle internationale définit leur taille pour la compétition. Tous les bateaux en compétition dérivent ainsi sensiblement à la même vitesse (à taille égale).


    La pose de l’ancre

    Pour un maximum d’efficacité, la pêche en dérive demande une bonne coordination entre les équipiers.
    Il convient en fin de dérive de relever ses cannes en même temps sur proposition d’un des pêcheurs et des les poser après avoir accroché les mouches pour qu’elles ne risquent pas de retourner à l’eau. L’un s’occupe de l’ancre, l’autre du moteur. Pour relever l’ancre, il faut tirer dessus jusqu’à pouvoir saisir un des quatre cordons. A ce moment-là elle vient comme un drap, sans aucune résistance, au lieu de peser un poids considérable.
    Si la dérive est courte, l’équipier peut garder l’ancre à la main au-dessus de l’eau pour la reposer rapidement. Sinon il la range soigneusement sans l’emmêler et sans rentrer trop d’eau dans le bateau. Pour poser l’ancre efficacement, il convient d’arriver lancé, légèrement en amont de la dérive projetée et si possible dans l’axe de cette dernière. On lance ou on lâche alors l’ancre, qui, si tout va bien, accroche l’eau rapidement et se gonfle en disparaissant sous l’eau. Elle oblige alors le bateau à décrire un demi-cercle (un peu comme un chien au bout d’une laisse) pour se placer perpendiculairement aux lignes de vent. Lorsqu’on pêche sur un grand lac anglais, dans un vent fort, la berge battue des vagues jusqu’à la dernière seconde, à la recherche des poissons qui la longent, la rigueur et la coordination des équipiers doivent être dignes de celle exigée dans une régate de voile, pour ne pas finir échoué.


    Prendre correctement une dérive

    Si un secteur du plan d’eau est productif et qu’on en est sorti, il convient de se replacer. Pour cela on évite de traverser directement la zone de pêche et on prend le temps de la contourner, suffisamment largement, surtout si l’on utilise un moteur thermique. La pratique des micro-dérives peut être envisagée si le poste de pêche est très précis, une cassure par exemple. On ne perdra pas de temps en amont en arrivant lancé et pas trop en aval en attendant de s’être juste suffisamment éloigné du point chaud pour ne pas alerter les poissons en redémarrant. Un bon rodage dans l’exécution des gestes permet alors d’être très efficace. On évite de se replacer devant ou trop près d’un bateau qui dérive déjà ou de traverser sa dérive au moteur. On passe derrière. Toutes ces recommandations pourraient s’appliquer de la même façon, en mer, à la pêche du bar, ancre flottante en moins.

    La pêche des lignes de vent

    Si vous ne connaissez pas un plan d’eau et que le vent est suffisamment fort pour créer des couloirs ou des lignes de vent, pêchez-les, il y aura forcément des poissons en maraude dedans, le nez vers l’amont du courant créé. Ces lignes de vent se matérialisent par une concentration de bulles et d’objets divers : plumes, brins d’herbiers, feuilles… mais aussi insectes aquatiques. Pour pêcher une ligne de vent, on place le bateau dedans pour la pêcher en vent arrière. On peut la pêcher en vent de travers si l’on s’en écarte légèrement, mais on veille toujours à passer ses mouches sous les bulles.