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Étiquette : Gamakatsu

Swimbaits hooks : des hameçons texans qui ont du ressort !
Généralisés depuis la mise sur le marché du leurre souple articulé Imakatsu Javalon, les gros hameçons texans n’ont cessé de s’améliorer pour finalement aboutir aux récents modèles dit swimbaits hooks (hameçons pour leurres nageurs).
Par Jean-Marc Theusseret
Les hameçons texans sont destinés aux leurres souples pour une utilisation dans les herbiers et les bois morts. Ils sont de ce fait l’une des composantes majeures de la pêche aux leurres modernes. Les modèles classiques, avec leur forme en S juste derrière l’oeillet, n’assurent pas dans bien des cas une bonne tenue du leurre et, de plus, contribuent à réduire la surface dégagée entre la pointe de l’hameçon et le S, ce qui entraîne de regrettables décrochés. Les hameçons swimbaits développés par les grandes marques d’hameçons japonaises ont réglé le problème en modifiant la forme et surtout en imaginant un astucieux système de fixation du leurre en forme de ressort. La pointe du leurre se visse sur le ressort. Il est ainsi fixé fortement, mais le ressort reste mobile. A la touche, il s’escamote et dégage ainsi toute la place disponible de l’ouverture.
Loin d’être un simple gadget, ce système est très efficace. Vous avez d’ailleurs pu vous en rendre compte en regardant le DVD du n° 90 consacré au brochet. Il s’agissait du Owner 5132 Twist Lock et du Owner Beast lesté, associés à des shads. D’autres marques en proposent également comme Gamakatsu, Eagle Claw ou Mustad, tout comme certains fabricants de leurres comme Lake Fork. Certains sont lestés sur la courbure de sorte que le leurre puisse couler. Devant le succès du fameux petit ressort et face à la demande des pêcheurs, ce système est aujourd’hui appliqué à d’autres formes d’hameçons pour la pêche du black-bass dont profitent également les pêcheurs de brochet. Ce qui n’était au départ qu’un petit accessoire qui servait à mieux faire tenir les gros shads sur un hameçon texan est en traind’être décliné à tous les types d’hameçons de ce type. Et cela permet de pouvoir les utiliser avec des leurres aux formes diverses, car ces hameçons, aussi performants soient t-ils, doivent être rigoureusement choisis pour ne pas entraver la nage d’un leurre tout en permettant de bonnes chances de ferrer efficacement.
Dans le cas d’un tandem réussi, les décrochages sont finalement peu nombreux, autant avec les black-bass qu’avec les brochets. De quoi réconcilier les pêcheurs avec les hameçons texans, car beaucoup craignent la perte de poissons au ferrage.Le rôle du lestage
Les swimbaits hooks sont conçus pour faire nager un leurre souple à l’horizontale dans la couche superficielle. Les lests sont modérés, de 2 à 5 g environ et rarement d’avantage. En France ils servent surtout à faire évoluer un leurre souple dans les nénuphars et autres plantes aquatiques sur des zones peu profondes. La plupart des modèles lestés sont d’ailleurs très efficaces pour la pêche dans les herbiers et particulièrement dans les nénuphars, car le leurre nage autant en surface qu’un peu en dessous à la moindre trouée d’eau libre. Si la taille de l’hameçon est adaptée à celle du leurre, celui-ci doit nager parfaitement en ligne et doit même afficher une grande souplesse de nage, bien plus réaliste que derrière une classique tête lestée qui souvent le bride. Certains shads nagent mieux que d’autres avec les swimbaits hooks. Ceux qui ont une densité plus importante que l’eau ont clairement un avantage. C’est le cas notamment du Sawamura One Up Shad, des Gary Yamamoto Swimbait, et Swimming Senko. La plupart des autres shads sont en simple plastique, matériau qui manque de souplesse et qui ne s’immerge pas réellement sans l’aide d’un lest.
Seule leur forme détermine leur équilibre dans l’eau et dans bien des cas ces shads sont assez mal équilibrés. Il est étonnant que l’élaboration de leurres souples plus denses que l’eau n’intéresse pas plus les fabricants. Les seuls modèles existants s’arrachent partout dans le monde tant ils donnent de bons résultats. Même les copies sont mauvaises, car seule la forme est généralement copiée.
Le prix de l’innovationSeul défaut de ces modèles, leur prix élevé, d’environ 7,50 à 8,50 euros les trois hameçons en taille 6/0 ! En bateau ou en float-tube leur perte est toutefois rarissime.
Le plus grand risque étant de se faire couper par les brochets dans le cas ou ils avalent le leurre. Un bas de ligne en titane très fin, qui ne boucle pas est alors préférable au fluorocarbonne, qui contrairement à ce que l’on croit, se coupe très facilement sous la dent d’esox, même en 70/100.
La gamme Sakura s’agrandit en 2012
La septième édition du catalogue Sakura s’enrichit de près de 650 nouvelles références et s’épaissit d’un cahier. Plus qu’un catalogue, ce pavé de 240 pages distille conseils et points de vue. Parmi les points forts de cette gamme 2012, nous pouvons citer les nouvelles cannes Furiozza Micro Guide Limited et les Sükan Neo, les moulinets Sakura casting Oxio disponibles en deux ratio et spinning Kapax, les leurres Sakura : poissons nageurs et leurres souples, soit près de 450 références au total. Autre élément intéressant : les marques internationales distribuées par Sakura en exclusivité (Gamakatsu, Molix, Ima Japan, River2Sea, Gary Yamamoto, Izumi) affichent également leurs nombreuses nouveautés dans ce catalogue. Vous pouvez le retrouver ainsi que tout l’univers de Sakura sur leur site Internet.

La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits
Dans les plans d’eau parsemés de végétation aquatique, la pêche peut devenir difficile dès le printemps avec des leurres traditionnels munis d’hameçons triples ou même simples, s’ils dépassent du leurre. En début ou en fin de saison, on peut encore passer rapidement au-dessus des herbiers naissants ou régressant, mais au plus fort des mois chauds et lumineux la masse végétale ne permet plus que l’exploration de trouées, avec la difficulté d’en sortir sans ramasser trop de matière végétale et caler les poissons alentour. La pêche des carnassiers avec de gros leurres souples montés sur les hameçons texans est alors une solution intéressante.
Par Philippe Collet
La pêche dans les plans d’eau enherbés, déjà difficile en bateau ou en float-tube, devient quasiment impossible du bord où, naturellement, les faibles profondeurs favorisent l’implantation des herbiers. Lorsque les fonds sont irréguliers, selon la clarté de l’eau, la végétation peut, à quelques dizaines de centimètres de profondeur près, exister ou non, sans qu’on arrive à la distinguer depuis la surface. Ce phénomène est lié à la limite de pénétration de la lumière, induite par le développement du plancton végétal et/ou la présence de matières en suspension, qui va bloquer le développement des végétaux supérieurs. Les postes de transition entre les fonds colonisés par les herbiers et les fonds nus sont très intéressants, mais on passera son temps à s’y accrocher et à ramener des écheveaux d’herbiers si on ne peut les distinguer depuis la surface, calant régulièrement les poissons recherchés.
La situation est d’autant plus difficile lorsqu’on a affaire à des poissons peu actifs et (ou) éduqués, insensibles ou réfractaires à des animations trop rapides ou décollées du fond. De la même façon, des poissons embusqués au coeur des herbiers peuvent attendre que le leurre passe à leur portée immédiate sans aller le chercher dans les couches de surface.
Ces leurres vont descendre nonchalamment et permettre une animation lente près du fond, sans risquer de récupérer un paquet de végétation. Ils peuvent glisser sur les divers obstacles : herbiers, mais aussi bois noyés, blocs rocheux… et risquent peu de s’accrocher ou d’accrocher des saletés. Restant pêchants et discrets, ils vont plus facilement séduire les poissons difficiles. Outre leur consistance molle et leur aromatisation ou salage à coeur, ces leurres sont très discrets et ne cliquettent pas de partout, billes internes, anneaux brisés et hameçons… Je pense que cela peut représenter un autre atout majeur pour tromper des poissons éduqués.Le matériel
Les cannes et les moulinets réservés à cette pêche avec de gros soft baits et hameçons texans sont assez robustes pour lancer des leurres parfois assez lourds mais surtout pour assurer des ferrages appuyés.
En effet, un des inconvénients majeurs de cette technique est le risque de rater de nombreux poissons sur des ferrages trop timides, réalisés avec une canne trop faible. Une canne heavy doit être privilégiée pour les gros leurres (nous avions décrit ce type de canne dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits dans le n° 71 de Pêches sportives), une medium heavy pourra être utilisée pour les leurres plus petits ou dont l’hameçon se dégage bien à la touche. Plus le leurre est gros et massif, plus le ferrage devra être appuyé. Un beau brochet qui se saisit du leurre peut l’avoir pincé et le souffler sans se faire piquer si le ferrage n’est pas assez appuyé. Le ferrage doit littéralement arracher l’hameçon du leurre. Ce celui-ci doit rester sur place alors que l’hameçon glisse jusqu’à se ficher fermement dans la gueule du poisson. Selon les jours et le degré d’éducation des poissons, il pourra être plus rentable de rendre un peu la main avant de ferrer pour les laisser bien recentrer le leurre. Les leurres salés ou aromatisés auront à ce moment-là un avantage certain sur les leurres en pur plastique, étant gardés un peu plus longtemps en bouche par les carnassiers.
Les moulinets doivent être, de la même façon, identiques à ceux préconisés dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits durs, ils devront être solides. Pour ce type de pêche, un ensemble casting est préférable car, outre sa puissance, il permet d’amortir l’impact du leurre lors du lancer en freinant la sortie du fil avec le pouce. On pourra ainsi alterner de gros leurres durs et lourdement armés avec de gros leurres souples; selon les parties du plan d’eau pêchées. On gagnera à garnir la bobine d’un fort nylon ou d’une tresse solide, bien visible (de couleur jaune, par exemple). La visibilité est importante car elle conditionne la détection des touches discrètes lors des animations lentes près du fond. Elle permet aussi de visualiser l’impact du leurre sur le fond (détente nette du fil). Contrairement à une animation plus rapide et sèche, qui permet d’être en contact quasi permanent avec son leurre et oblige le poisson à une attaque plutôt rapide, une animation lente nécessite de bien surveiller son fil car les touches peuvent être difficiles à sentir dans la canne. L’usage d’une tresse permettra une perception tactile beaucoup plus fine des touches et un ferrage plus appuyé. Celle-ci devra toutefois avoir un
diamètre suffisant pour ne pas claquer net sur un solide ferrage ou un
lancer appuyé raté. Un diamètre de 20 ou 25 centièmes est approprié.
Le bas de ligneSi on recherche le brochet, la connexion du leurre à la tresse se fait
au bout d’un morceau de fort fluorocarbone ou nylon hard mono de 60 à 70
centièmes, qui a toujours ma faveur pour sa discrétion, malgré des
risques de se faire couper, de temps en temps, si le poisson engame le
leurre profondément. Il est bien sûr possible de raccorder le leurre à
une empile d’acier.
Le leurre peut être connecté avec une agrafe
(bien pratique pour un changement rapide) si les herbiers traversés ne
sont pas trop fins et souples (nénuphars par exemple), mais cette
dernière ainsi que les divers noeuds de raccord peuvent accrocher des
saletés. Si l’accrochage de morceaux de végétaux est occasionnel, de
petits coups de scion secs suffisent souvent à débarrasser le leurre en
cours de route et à lui permettre de continuer à pêcher. S’il est
systématique, il peut être nécessaire de pêcher avec un moulinet garni
de nylon et d’y connecter directement le leurre avec un noeud parfaitement coupé, ou de faire précéder le leurre d’une bonne longueur de nylon ou fluorocarbone pour éviter l’accumulation d’impuretés trop près de celuici, au niveau du raccord tresse bas de ligne, qui de toute façon devra être soigné. Le leurre pourra ainsi passer d’un espace d’eau libre à un autre, à travers la végétation, sans emporter une masse d’herbiers avec lui ou simplement en accrocher quelques brins, préjudiciables à son attractivité. Une bonne astuce pour traverser les masses compactes d’herbiers consiste à imprimer de petites secousses au leurre, en faisant trembloter le scion, fil à moitié détendu, au fur et à mesure de son passage à travers l’obstacle. Malgré tout, il demeure quasi impossible de passer à travers des algues filamenteuses ou des herbiers qui en sont enrobés sans en garnir le leurre.
Les leurresLes leurres sélectionnés pour cet article me paraissent particulièrement adaptés à la traque des brochets dans nos eaux, et certainement à celle des gros black-bass, pour lesquels ils ont été le plus souvent conçus. Leur taille conséquente permet de pousser beaucoup d’eau et d’intéresser de beaux poissons.
De nombreux leurres sont adaptés à cette pêche. On peut distinguer les formes cigares avec le Senko de la marque Gary Yamamoto, le Quiver 150 River 2 Sea, le Tiki- Bamboo Stick Wave Worms… ; les formes shad et leurs caudales plus ou moins prononcées avec le One up Shad Sawamura, le Nitro Soft Jerk Illex… ; les formes pintail (« queue pointue ») au corps trapu et à la queue longue et effilée avec le Tiki-Shadick Wave Worms, le Jerk Minnow de la marque Savagear Lures Prologic, le Sagat de chez Pafex… ; les formes slug avec le Slug Go Lunker City en taille 9’’ (23 cm) ou le Slug AMS Fishing de 10’’ (25 cm) ; les formes swim bait avec le Javallon (16 et 20 cm) d’Imakatsu ou le Live Magic Shad (13 et 20 cm) de Lake Fork… Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. La plupart des leurres adaptés à cette pêche sont fendus pour permettre à l’hameçon de bien ressortir au ferrage ; si ce n’est pas le cas, sur des leurres assez durs, il est possible d’inciser le leurre côté ventre avec un cutter pour réaliser un logement favorisant le coulissement de l’hameçon au ferrage.Les hameçons
Ces gros leurres doivent être montés sur des hameçons conséquents, atteignant si possible au moins leur premier tiers pour limiter au maximum les loupés de poissons se saisissant de leur partie arrière. Il s’agit d’hameçons texans wide gape (“large ouverture”) qui, s’ils sont faciles à trouver dans de nombreuses marques jusqu’au 5 ou 6/0, sont beaucoup plus difficiles à dénicher en 7, 8, 10 ou 11/0.
On arrive toutefois à en trouver dans les marques suivantes (liste non exhaustive) : Oversize Worm 7/0 et 11/0 chez Owner (Pafex), Hooking Master Monster Class en 6/0 et 10/0 chez Nogales (Marryat France), Super Line Ewg en 6/0 et Worm 323 Monster en 7/0 chez Gamakatsu (Sakura). La marque Lake Fork propose un hameçon de 7 et 10/0 spécialement conçu pour l’armement de ses soft swim baits.
Celui-ci est doté d’une tige crantée qui pénètre dans le nez du leurre et d’un lestage moulé sur sa hampe qui permet de stabiliser le leurre et de le faire couler lentement pour une nage plus profonde. Il est aussi possible de lester tous ces hameçons en ajoutant sur leur hampe quelques tours de fil de plomb de fusible de gros diamètre fixés à la colle cyanoacrylate. Il faut alors simplement les monter en les enfilant du menton vers le nez du leurre, par l’oeillet. Le lestage des leurres s’effectue également à l’aide d’inserts de plomb ou de tungstène. En forme de petits clous, ceux-ci sont piqués soit dans la gorge du leurre, soit en plein travers. Leur position permet d’équilibrer la nage en fonction de l’animation pratiquée. Leur taille ou leur nombre sont aussi fonction de la profondeur de pêche et de la vitesse d’animation.Le lancer
Pour limiter l’impact de la chute du leurre, on veillera à le lancer au ras de l’eau en fouettant fermement, comme pour atteindre un point beaucoup plus éloigné que l’objectif visé. On relèvera la canne progressivement vers le ciel, en appliquant une pression progressive avec le pouce sur la bobine pour faire ralentir le leurre, jusqu’à le stopper et ainsi le déposer délicatement.
Avec un peu d’entraînement, on réussit régulièrement ces lancers au poser discret, qui n’alertent pas les poissons très pêchés. Ces lancers sont beaucoup plus faciles à exécuter avec un ensemble de casting.
Les gros leurres souples décrits ici permettent très souvent de pratiquer facilement le skipping (lancer en ricochet), ainsi que le montre le DVD La leçon de pêche volume 4 de Pêches sportives, avec Alban Choinier. Leur taille et leur forme sont adaptées à cette action. Ce type de lancer est utilisé pour atteindre des postes situés sous les branches basses.
L’animationMême si ce type de pêche peut se pratiquer avec diverses tailles de leurre, nous avons privilégié ici des leurres de grande taille, appropriés à la pêche du brochet. L’animation des leurres dépend de leur forme. Globalement, les soft swim baits (Javallon, Lake fork) seront ramenés de façon linéaire, ce qui leur permettra d’onduler régulièrement à la façon d’un vrai poisson. Ils pourront être “twitchés” (tirée sèche) occasionnellement, ce qui aura pour effet de les faire décrocher. Les leurres à queue pointue de type pintail ou slugs seront animés en walking the dog (“nage de droite à gauche”) plus ou moins rapide et saccadé. Les leurres possédant une caudale seront ramenés linéairement de façon plus ou moins régulière, mais pourront tout autant être “twitchés” pour les faire se décaler de droite à gauche. L’animation devra être adaptée à chaque leurre et les leurres seront alternés de façon à trouver ce qui fonctionne le mieux à un moment donné.
Les inconvénients de la techniqueCes leurres ne sont pas armés en queue. Si le poisson les attrape sur la partie arrière, qui plus est par le dessous, au niveau de l’anus, on trouvera de belles entailles après ferrage, mais la prise n’aura pas été assurée. Bien qu’ils permettent de leurrer des poissons inaccessibles, ces leurres génèrent beaucoup de ratés. Ils doivent donc être réservés aux conditions particulières décrites précédemment et maniés avec un matériel adapté pour garantir un ferrage puissant et efficace.
La réparation des leurres
Plus le leurre est mou et fragile, plus il “s’efface” au ferrage, rendant ce dernier plus efficace. Il se dégrade alors très vite, ne permettant parfois qu’une seule prise. Le compromis à rechercher sera fonction du nombre de touches. Les jours fastes, des leurres solides pourront être utilisés (si vous ne souhaitez pas vider rapidement vos sachets de leurres tendres), les jours difficiles, des leurres très souples et tendres devront être privilégiés.
Lorsqu’un leurre est abîmé, si le poisson ne vous en a pas déjà dérobé un morceau, je vous suggère de le démonter et de le garder avant qu’il ne soit définitivement détruit. Une fois de retour chez vous, vous pourrez le recoller en fusionnant la matière avec une lame de couteau chaude ou, mieux, avec une panne plate de fer à souder (voir l’article sur la pêche du bar au leurre souple dans le n° 70 de Pêches sportives). Des catalogues américains proposent même des mini fers stylos, à pile, avec une panne très fine pour ressouder les leurres en cours de pêche. Vous pouvez aussi recoller les parties endommagées à la colle cyanoacrylate, mais le résultat sera moins bon car les zones réparées perdront leur souplesse. Au prix de ces gros leurres souples, ce petit bricolage permet de faire quelques économies.A utiliser en mer
Un usage très intéressant de ce type de montage peut se faire en mer, dans les secteurs encombrés de laminaires ou de sargasses, ou dans des zones rocheuses très peu profondes. Il présente toutefois un intérêt encore supérieur, pour les pêches du bord, lorsque la marée charrie de trop nombreuses algues.
Certains jours, il est impossible de faire nager un leurre de surface armé de ses deux hameçons triples sur plus d’un mètre. Pourtant, les poissons sont là, actifs, tout près, sous cette manne nourricière qui attire de nombreuses proies potentielles. Un soft bait bien monté, dont le noeud de connexion ne présente pas de partie saillante et dont la pointe de l’hameçon est bien rentrée dans la matière plastique, passera partout et n’accrochera même pas la fine salade verte que l’on trouve souvent sur les côtes trop richement fertilisées par les apports des cours d’eau (liés au lessivage de l’excès d’azote et de phosphore des terres agricoles de leurs bassins versants).
L’usage de ce montage en mer est toutefois limité aux secteurs de faibles courants et aux pêches dans des profondeurs modestes. L’animation du leurre s’effectue canne haute pour limiter le contact du fil avec l’eau, en commençant à pêcher près de soi avant de s’éloigner progressivement. En cas d’accrochage d’algues, quelques secousses sèches, qui peuvent contribuer à l’animation du leurre, permettent de le nettoyer et de le rendre de nouveau pêchant. Avec cette technique, il faut être patient car le leurre peu lesté doit couler un peu pour moins accrocher de saletés. Si le vent est de la partie et qu’il est de travers, il peut gêner l’animation canne haute en faisant surfer le leurre trop léger en surface. On cherchera alors, si possible, à se placer de façon à l’avoir dans le dos. Le poids des leurres utilisés permet en revanche d’atteindre des distances de lancer tout à fait respectables.
J’espère que cet article vous aura convaincu, si ce n’est déjà fait, d’acheter quelques sachets de leurres, de gros hameçons et quelques inserts pour pouvoir, lorsque c’est nécessaire, leurrer des poissons dans des endroits jusqu’alors impossibles.
Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven
J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.
Par Philippe Collet
Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.
Le matériel de Rudy
Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.
Les soies
Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.
Le bas de ligne
Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.
Le lancer
Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !
La moucheLors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.
Le lieu de pêche• Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
Tél. : 0031297261261.
E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl• Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/• Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.
Rudy van Duijnhoven
Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
The Netherlands
Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
www.rvd-image.nl