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Étiquette : France

La perche aux leurres de surface par Alban Choinier
Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.
Par Alban Choinier
La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…Quels leurres utiliser ?
Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.
Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.
Comment animer ces leurres ?
Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.
Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.
Comment attacher ces leurres ?
Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.
Quelle canne choisir ?Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.
Comment garnir son moulinet ?La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.
Quel bas de ligne ?
Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.
Où pêcher les perches en surface ?
C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.
Quand les pêcher ?En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.

De l’intérêt des gros spinnerbaits
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers, seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
Il y a cinq ou six ans, les spinnerbaits étaient quasiment inconnus des pêcheurs aux leurres français. Seuls les plus curieux, amateurs de leurres japonais et américains, avaient eu la bonne idée de tester l’efficacité redoutable de ces drôles de leurres sur les brochets et les black-bass. C’est d’ailleurs pour ce poisson que le spinnerbait a été conçu sur le principe d’une palette qui tourne sur elle-même (de to spin, “tourner sur soi-même”). Si son efficacité sur les blackbass n’a jamais fait l’ombre d’un doute, lorsqu’il s’agit de les chercher en prospection rapide (power fishing), la surprise fut grande sur les brochets européens. Les tailles usuelles des spinnerbaits importées en France concernent les modèles de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui correspond à des tailles de palettes de 4 à 6 cm au maximum pour un poids de 15 à 25 g tout compris. Ces leurres donnent de très bons résultats lorsqu’ils sont utilisés pour prospecter des herbiers parsemés de clairières.
Les spinnerbaits jouent sur plusieurs registres : les vibrations, les éclats, les couleurs, l’action du leurre souple situé en queue. Ces spécificités font que les spinnerbaits sont censés interpeller tous les sens d’un carnassier comme le brochet. Le succès de ce leurre, qui reste le seul parmi les leurres modernes à avoir séduit l’ensemble des pêcheurs de carnassiers, réside dans sa facilité d’utilisation, car on le ramène en moulinant de façon régulière et parce qu’il ne s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes pour les provoquerLa limite des spinnerbaits est atteinte lorsque les herbiers sont si denses qu’ils ne forment plus qu’un bloc compact. En été, les brochets s’y réfugient volontiers. Si l’on peut toujours employer un spinnerbait de taille standard pour le faire passer autour, voire au-dessus de ces blocs végétaux, les brochets ne réagiront pas forcément aux seules vibrations de ces leurres. Dans ce cas-là, l’utilisation d’un modèle beaucoup plus imposant fait souvent la différence, notamment sur les beaux sujets. Tout se joue sur les vibrations émises, car le plus souvent nos résidents de ces herbiers denses ne verront pas les leurres passer au-dessus de leur tête. Il est d’ailleurs très étonnant de constater à quel point la France est sans doute le pays d’Europe qui utilise les plus petits leurres pour la pêche du brochet. Les Néerlandais, Espagnols, Belges, Anglais, Irlandais, sans parler des Suédois, ne conçoivent pas de pêcher cette espèce avec des poissons nageurs de moins de 15 cm (c’est vraiment un minimum).
Pour les spinnerbaits, la difficulté consiste avant tout à trouver des gros modèles. Les importateurs sont encore très frileux sur le sujet, mais heureusement les choses s’arrangent petit à petit. Pour autant, les modèles pourvus de palettes longues de 8 à 12 cm ne sont pas légion. Il s’agit en réalité de leurres conçus pour pêcher les muskinonges, ces brochets géants d’Amérique du Nord. Si la palette est intéressante, l’hameçon ressemble le plus souvent à une pioche et le leurre qui l’entoure est inadapté à l’utilisation que l’on souhaite en faire. La meilleure solution consiste alors à récupérer la ou les palettes, les anneaux brisés et les émerillons, et à construire un autre leurre à l’aide de corde à piano, d’un peu de soudure et de quelques accessoires.Les formes de palette
La forme de la palette détermine autant sinon plus que sa taille la nature et l’amplitude des vibrations émises. On trouve dans le commerce deux formes de palettes. L’une est dite allongée ou “feuille de saule”, et l’autre, presque ronde, est dite “Colorado”. Ces deux formes dictent deux utilisations bien différentes. Les leurres munis de palettes allongées sont plus adaptés à une récupération rapide (power fishing) et à une utilisation dans un faible courant. Les leurres à palettes rondes se récupèrent très lentement et sont inadaptés à une récupération face à un courant même très faible (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spinnerbaits, de surcroît lorsqu’il s’agit de gros modèles, est des plus confidentiels. Néanmoins, certains magasins spécialisés en proposent quelques modèles, comme les Damiki Spinner Willow #5, Damiki Spinner Colorado #4 ou les Megabass 3D Hydro Blade. Une autre option tout à fait recommandée consiste à récupérer des palettes sur les cuillers ou des spinnerbaits de grande taille comme la cuiller Mepps Giant Killer ou le spinnerbait Storm Wildeye Curl Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que jupes en silicone, plombs, corde à piano mais aussi palettes de toutes formes et de toutes tailles, le site Internet américain www.barlowstackle.com est une véritable caverne d’Ali Baba. Ces produits ne sont pas ou que très peu distribués en France, ce qui est dommage, car la pêche aux spinnerbaits a le vent en poupe.Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinnerbaits importés en France nous ont habitués à des conceptions mariant deux, trois ou même quatre palettes, comme sur un très bon modèle de marque Booyah. Concernant les gros modèles de spinnerbaits, le principe du multi-palettes n’est sans doute pas aussi convaincant. Premier problème, le poids ajouté par la palette supplémentaire. Second problème, le tirage, qui nous amène directement vers le problème de l’équilibrage du leurre. Car, qui dit palettes de grande taille à fortes vibrations dit équilibrage du leurre à bien maîtriser. Pour nager convenablement, un spinnerbait doit le faire en position verticale et non sur le côté, ce qui est le cas lorsque le lest n’est pas assez important ou que la récupération se fait trop rapide. Une seconde palette oblige à surlester le leurre pour atteindre des poids de plus de 60 g. Comme toujours avec les gros leurres, un matériel spécifique est alors incontournable. Un poids global de 40 à 50 g doit être respecté pour pouvoir être utilisé avec une canne de puissance “heavy”, sans tomber dans des excès.

Interview de Masahiro Igarashi, président-directeur général de IMA-AMS JAPAN
Particulièrement réputés pour la pêche du sea-bass japonais, les leurres IMA fêtent ont fêté leurs dix ans d’existence en 2008, nous avions, à cette occasion, publié un interview de Masahiro Igarashi, Pdg de la marque nippone. Ces leurres très conceptuels sont certes magnifiques, mais aussi et surtout très efficaces !
Par Achile Gan
A l’occasion de sa venue récente en Europe, j’ai eu la chance de rencontrer Masahiro Igarashi, l’emblématique président-directeur général de la société japonaise IMA-AMS Design. Leader des ventes de poissons nageurs pour le bar japonais, IMA offre aussi à ses inconditionnels de magnifiques leurres pour la pêche des carnassiers d’eau douce et des salmonidés.
Achille Gan : Pouvez-vous nous décrire rapidement votre société et résumer son historique ?
MASAHIRO IGARASHI : Ingénieur en mécanique et designer chez Honda pendant une dizaine d’années, j’ai décidé de fonder ma propre société de design industriel, AMS Design Company Ltd., afin de voler de mes propres ailes, selon mon inspiration. Passionné de surf et entouré de pêcheurs en mer, je fus rapidement sollicité par mes amis de l’époque pour mettre à profit mon expérience et mon savoir-faire technologique dans la création d’un leurre à bar. C’est ce que je fis avec une série limitée dont les résultats ne se firent pas attendre. Quelques dizaines d’exemplaires plus tard, mon imagination fit naître, cette fois-ci, un drôle de leurre flottant à bavette intégrée, connu sous le nom de Komomo SF-125. Capable de travailler dans de très faibles profondeurs et réalisant de belles performances au lancer, ce modèle connut un véritable succès dès les premiers essais. En ce mois d’avril 1998, je décidai alors de fonder une filiale de AMS Design spécialisée dans la conception et la fabrication de poissons nageurs. Les trois premières lettres du mot “imagination” s’imposèrent naturellement comme emblème : IMA venait de naître !
A. G. : Où est située votre compagnie et quelle place occupe-t-elle au Japon ?
M. I. : IMA est basée dans la baie de Tokyo, nous sommes à une heure à peine de la grande plage de Kujukuri. Cette plage est réputée pour le surf mais aussi pour la pêche et elle est, comme la baie de Tokyo, un excellent terrain de tests pour nos leurres ! IMA est aujourd’hui un des leaders japonais en matière de poissons nageurs. Avec plus de trois millions de leurres vendus, nous nous sommes solidement positionnés sur un marché nippon qui, on le sait, est particulièrement malmené depuis une dizaine d’années. Nous sommes fiers d’avoir atteint ce niveau de notoriété en matière d’innovation pour la conception de leurres. Les designers de IMA sont diplômés des meilleures universités soit en génie maritime, soit en ingénierie CAD (design assisté par ordinateur). Ce duo de compétences rassemble de véritables fous de pêche qui ont entre leurs mains des outils de pointe : les machines CNC, à commandes numériques. Elles travaillent des formes solides à partir de dessins 3D. Ce concept permet, à partir d’une idée, de fabriquer en un temps record un prototype puis un produit parfaitement fini. Ainsi, d’une simple idée percutante il est possible de concevoir rapidement et de manière soignée un prototype qui sera longuement éprouvé par le staff IMA aux quatre coins du globe. Vous aurez aussi bien sûr noté la qualité des finitions haut de gamme et la robustesse des produits finis, qui sont tous armés d’hameçons Owner. IMA emploie une quinzaine de personnes et s’est entourée de testeurs de terrain et de biologistes piscicoles. Outre les nombreux pêcheurs professionnels japonais figurant au Team IMA Japan, elle sponsorise des bassmen professionnels des circuits américains B.A.S.S. Elite et FLW : Michael Murphy, Bill Smith et le fameux Fred Roumbanis, très en vue actuellement. Leur collaboration a permis de créer cinq nouveaux leurres, dont les premiers ont été présentés avec succès en 2007 lors du plus grand salon mondial de pêche : l’ICAST Show de Las Vegas.A. G. : Vos leurres possèdent une particularité inédite imprimée sur leur descriptif : c’est leur date de naissance !
M. I. : Exact ! J’ai voulu cela car j’ai considéré, dès le lancement de la marque IMA, que les leurres que nous concevions allaient vivre leur vie un peu comme notre progéniture, comme nos “enfants” en quelque sorte ! Cette information est surtout très utile à tous les niveaux de la chaîne commerciale pour situer dans le temps les dates de sortie des modèles de leurres et leurs évolutions ou séries limitées. Nous pensons aussi aux collectionneurs de leurres, qui raffolent de ce genre de singularité.A. G. : Pourriez-vous détailler les modèles phares de la marque IMA qui intéresseront plus particulièrement nos pêcheurs de carnassiers d’eau douce ?
M. I. : IMA est très spécialisée dans la conception des leurres pour le bar et les poissons marins, mais nous possédons une panoplie de modèles très performants pour les prédateurs d’eau douce. Si je fais abstraction des séries limitées, notre gamme complète regroupe une quarantaine de modèles de leurres et, parmi ceux qui seront distribués en France très prochainement, les pêcheurs français trouveront sans aucun problème les leurres qui leur permettront de tromper la méfiance des brochets, des black-bass, des perches, et même des truites et autres salmonidés qui peuplent vos magnifiques cours d’eau de montagne. Pour ces derniers, je pense aux petits crankbaits Tetra, qui forment une famille de quatre membres à l’apparence et aux actions de nage très complémentaires. Vos tests sur les truites des gaves et rivières auvergnates les ont révélés très performants, de même qu’auprès des perches des lacs girondins, n’est-ce pas ?A. G. : En effet, j’ai vraiment apprécié leurs caractéristiques qui leur permettent d’être très efficaces aussi bien en eau calme qu’en torrent. Dans la gamme française, quels sont les cinq leurres qui, d’après vous, feront parler d’eux rapidement ?
M. I. : Si l’on considère uniquement le côté eau douce de la question, je vous répondrai en distinguant les leurres conçus par IMA Japon, qui ont été pensés prioritairement pour les prédateurs marins, et les leurres développés par notre équipe américaine, qui ont tous été, vous vous en doutez, réalisés pour pêcher le black-bass. Ces derniers correspondront naturellement aux attentes des pêcheurs français qui pratiquent en eau douce. Le Roumba 75F et le Flit 120SP sont les figures de proue des ces leurres d’outre-Atlantique, grâce aux résultats qu’ils ont permis d’obtenir lors de compétitions B.A.S.S. Le Roumba plaira beaucoup aux passionnés des pêches de surface et de sub-surface. Ce wake bait est un crankbait peu plongeant qui réveillera l’agressivité des prédateurs, attirés par son déhanchement provocateur. Son créateur, Fred Roumbanis, l’a voulu très polyvalent, si bien qu’il peut être utilisé tout au long de l’année en variant simplement la récupération et la profondeur de nage. Essayez-le près des herbiers, des nénuphars et des roselières, il devrait vous surprendre par son efficacité face aux brochets et aux bass (ndrl : une astuce qu’utilise Fred consiste à remplacer le triple caudal d’origine par un modèle agrémenté de plumes, comme le triple 13 FT Gamakatsu, par exemple).Le Flit vous paraîtra plus classique, identique à de nombreux jerkbaits fuselés, mais il n’en est rien ! En pratiquant une autopsie de ce leurre, il apparaît avec évidence que notre staff et Michael Murphy (FLW Tour pro angler) sont allés au-delà des concepts habituels pour donner vie à cette merveille d’efficacité. Par exemple, la section triangulaire inversée du corps, le design de la bavette et la construction interne du Flit découlent des fonctions que Michael a voulu obtenir pour imiter au mieux le poisson fourrage le plus convoité par les carnassiers. Outre l’apparence, ses caractéristiques sont le comportement de nage, la densité, l’hydrodynamisme, l’émission de vibrations et le renvoi d’éclats lumineux. De même, le travail sur l’implantation et le remplissage des chambres à billes sonores est basé sur les sons réels émis par ces mêmes proies. Un must qui vous sauvera des bredouilles dans bien des cas, notamment en eaux froides, lorsque les poissons sont peu actifs.
En ce qui concerne nos leurres de conception purement japonaise, et pour ne retenir que quelques modèles parmi la sélection Sakura, je pense que le Popkey 120F devrait se positionner comme un très bon leurre de surface. Hybride de stickbait, de splasher et de popper, le Popkey zigzague facilement en émettant des bulles et des éclaboussures très attractives. Le B-ta Moge 66S et son profil de shad a toutes les aptitudes pour séduire les prédateurs qui seraient focalisés sur des proies de petite taille. Ce poisson nageur coulant peut se ramener en linéaire comme un crankbait ou avec de petits coups de scion. Utilisé pour la pêche dans les baies et les ports, en mer, les bassmen japonais l’apprécient énormément quand il s’agit de pêcher en finesse entre 0,80 et 1,50 m. Enfin, le Gyodo, qui permet de prospecter facilement les couches d’eau entre 1 m et 1,60 m et dont le profil naturel produit une nage au rolling accentué pour le modèle 130MD tandis que le 110MD présente un wobbling et rolling équilibré. Le Gyodo, les Gyodo, devrais-je dire, devraient se placer comme d’excellents minnows à brochet dès la fin de saison, j’en suis sûr.
A. G. : Au nom de Pêches sportives je vous remercie de nous avoir accordé un peu de votre temps et souhaite la bienvenue en France aux leurres IMA.
M. I. : Merci à vous et soyez assurés que les pêcheurs français bénéficieront du meilleur qu’une marque comme IMA peut leur apporter, en développant des leurres dans le but de concrétiser leurs rêves de pêche.
Renseignements :
Les leurres IMA sont distribués en exclusivité par Sakura
www.imalures.fr
www.sakura-fishing.com
Québec : la Pourvoirie des Lacs Robidoux et ses saumons atlantiques
Fondée en 1952 au cœur de la Gaspésie, au Sud-Est du Québec, par M. Mc Whirter, la Pourvoirie des Lacs Robidoux propose aux pêcheurs à la mouche (exclusivement) de venir séduire les imposants saumons atlantiques qui remontent les rivières Cascapédia, Petite Cascapédia ou Bonaventure. A la fin des années 40 déjà, des pêcheurs américains devaient amerrir sur le Lac Ribodoux, afin d’aller débusquer le fameux poisson dans la Bonaventure, alors qu’aucune route ne venait dans cette région reculée. La pêche du saumon atlantique se pratique ici à partir du 1er juin jusqu’au 30 septembre, même si la première montaison de pointe se produit entre la fin juin et le début du mois de juillet. Salmo Salarn’est pas l’unique habitant du lieu, il est possible également de pêcher dans les eaux cristallines de ces rivières et du Lac Ribodoux des saumons noirs (à partir de mois de mai), des ombles de fontaine et des truites de mer. Une auberge confortable, construite en bois, dans le plus pur style québécois, à proximité des meilleurs parcours permet de résider sur place. Les trois rivières coulent dans une région sauvage, où les forêts accueillent ours noirs, cerfs de Virginie, castors et aigles. L’occasion d’une immersion dans une nature préservée à la rencontre du saumon atlantique.
Christian Roulleau, qui vient d’en reprendre la représentation en France, pourra vous fournir toutes les informations utiles alors n’hésitez pas à le contacter si vous prévoyez un voyage halieutique chez nos cousins québécois.
Renseignements :
Christian Roulleau
06 18 37 03 86

Tout savoir sur le black-bass !
Une association consacrée à la biologie et à la pêche du black-bass existe depuis une vingtaine d’années. Elle a été créée par Franck Rosmann et quelques passionnés avant l’heure par ce poisson. Leur travail a permis de mieux faire connaître cette espèce, de mieux la protéger et d’informer les pêcheurs aux leurres de la nécessité de pratiquer le no-kill et de ne pas pêcher sur les frayères. Black-Bass France vous permettra de connaître cette espèce encore mal reconnue en France même si, avec le temps, les choses évoluent (lentement mais sûrement…). Une visite sur leur site s’impose par tous les pêcheurs que cette espèce intéresse.

NKM annonce l’arasement du barrage de Poutès
Après une décennie de lutte, les associations écologistes viennent d’obtenir une victoire très importante avec l’arasement programmé du barrage de Poutès. En effet, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Environnement, a annoncé le 6 octobre cette bonne nouvelle à l’occasion du 27ème Congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM). Le barrage de Poutès a été construit sur l’Allier lors de Seconde Guerre mondiale, sans autorisation en ce qui concerne la production d’électricité. Le barrage, dans sa version actuelle, affiche une longueur de 70 m et une hauteur de 17 m. Il crée une retenue de 2,4 Mm3. Sa puissance est de 28,5 MW pour une production de 85 GWh. Il se situe à près de 860 km de l’estuaire de la Loire.
Ce barrage, qui a contribué à provoquer la quasi-disparition du grand saumon de Loire, demeure un des obstacles majeurs au programme de sauvegarde de l’espèce. Depuis plus de vingt ans, il oppose l’Etat aux associations de défense de l’environnement. Bien plus qu’un simple obstacle à la migration des saumons, Poutès est devenu le symbole d’une énergie hydroélectrique dommageable pour l’environnement. Depuis son édification, en 1941, le barrage serait responsable à 90 % de la perte des grands saumons de la Loire et de l’Allier. “A partir de 1950, les captures totales n’étaient plus en moyenne que le cinquième de ce qu’elles étaient avant 1941” (Cohendet, 1993). Depuis, seuls 8 % des 2 200 hectares de frayères fréquentées au début du XIXe siècle sont accessibles. En 1986, un ascenseur couplé à une passe à poissons classique a été mis en service pour permettre la remontée des adultes avant reproduction. Une glissière pour la dévalaison des jeunes saumons (ou smolts) a également été prévue. Ces aménagements restent, à l’heure actuelle, très peu efficaces et les solutions techniques ont trouvé leurs limites.
EDF en acceptant de construire un « nouveau » Poutès qui ne mesurera plus que 4 mètres de hauteur, permettant ainsi aux saumons de franchir l’obstacle, a fait un grand pas vers une hydroélectricité durable. Ce nouveau barrage permettra de conserver entre 85 % et 95 % de la production hydroélectrique du site. Les collectivités locales préservant ainsi une source de revenue essentielle à leur développement.
Dans un communiqué, la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) prend acte de la décision, mais reste vigilante : « Non signataire de la Convention pour une hydroélectricité durable, la FNPF et son réseau associatif affilié entendent conserver leur rôle d’alerte environnementale dans ce dossier emblématique en matière de préservation de la biodiversité. En effet, la FNPF n’a pas manqué de faire part des très nombreuses réserves quant à l’efficacité environnementale de la solution alternative proposée. » Effectivement, il sera important d’étudier l’efficacité de ce nouveau système. Mais cette première remise en question chez EDF constitue une vraie bonne nouvelle. Maintenant, il reste encore beaucoup à accomplir pour sauver le saumon de la Loire. La qualité des eaux reste un problème de fond, ainsi que le franchissement du bouchon vaseux de l’estuaire de la Loire qui aurait doublé de volume depuis 1982. Bref, la route est encore longue, mais c’est tout de même une première victoire qu’il est bon de saluer.
Le barrage de Poutès-Monistrol en quelques dates :
1941 : construction du barrage de Poutès sur l’Allier, sans autorisation.
1956 : exploitation concédée à EDF pour une durée de cinquante ans.
1986 : installation d’un système de franchissement (ascenseur à saumons).
1996 : EDF prévient le ministère de l’Industrie de son intention de poursuivre l’exploitation.
2000 : accord de principe de l’administration sur le renouvellement de la concession.
2011 : NKM annonce l’arasement du barrage.
Pour en savoir plus :
SOS Loire vivante – ERN France
WWF France

La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits
Dans les plans d’eau parsemés de végétation aquatique, la pêche peut devenir difficile dès le printemps avec des leurres traditionnels munis d’hameçons triples ou même simples, s’ils dépassent du leurre. En début ou en fin de saison, on peut encore passer rapidement au-dessus des herbiers naissants ou régressant, mais au plus fort des mois chauds et lumineux la masse végétale ne permet plus que l’exploration de trouées, avec la difficulté d’en sortir sans ramasser trop de matière végétale et caler les poissons alentour. La pêche des carnassiers avec de gros leurres souples montés sur les hameçons texans est alors une solution intéressante.
Par Philippe Collet
La pêche dans les plans d’eau enherbés, déjà difficile en bateau ou en float-tube, devient quasiment impossible du bord où, naturellement, les faibles profondeurs favorisent l’implantation des herbiers. Lorsque les fonds sont irréguliers, selon la clarté de l’eau, la végétation peut, à quelques dizaines de centimètres de profondeur près, exister ou non, sans qu’on arrive à la distinguer depuis la surface. Ce phénomène est lié à la limite de pénétration de la lumière, induite par le développement du plancton végétal et/ou la présence de matières en suspension, qui va bloquer le développement des végétaux supérieurs. Les postes de transition entre les fonds colonisés par les herbiers et les fonds nus sont très intéressants, mais on passera son temps à s’y accrocher et à ramener des écheveaux d’herbiers si on ne peut les distinguer depuis la surface, calant régulièrement les poissons recherchés.
La situation est d’autant plus difficile lorsqu’on a affaire à des poissons peu actifs et (ou) éduqués, insensibles ou réfractaires à des animations trop rapides ou décollées du fond. De la même façon, des poissons embusqués au coeur des herbiers peuvent attendre que le leurre passe à leur portée immédiate sans aller le chercher dans les couches de surface.
Ces leurres vont descendre nonchalamment et permettre une animation lente près du fond, sans risquer de récupérer un paquet de végétation. Ils peuvent glisser sur les divers obstacles : herbiers, mais aussi bois noyés, blocs rocheux… et risquent peu de s’accrocher ou d’accrocher des saletés. Restant pêchants et discrets, ils vont plus facilement séduire les poissons difficiles. Outre leur consistance molle et leur aromatisation ou salage à coeur, ces leurres sont très discrets et ne cliquettent pas de partout, billes internes, anneaux brisés et hameçons… Je pense que cela peut représenter un autre atout majeur pour tromper des poissons éduqués.Le matériel
Les cannes et les moulinets réservés à cette pêche avec de gros soft baits et hameçons texans sont assez robustes pour lancer des leurres parfois assez lourds mais surtout pour assurer des ferrages appuyés.
En effet, un des inconvénients majeurs de cette technique est le risque de rater de nombreux poissons sur des ferrages trop timides, réalisés avec une canne trop faible. Une canne heavy doit être privilégiée pour les gros leurres (nous avions décrit ce type de canne dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits dans le n° 71 de Pêches sportives), une medium heavy pourra être utilisée pour les leurres plus petits ou dont l’hameçon se dégage bien à la touche. Plus le leurre est gros et massif, plus le ferrage devra être appuyé. Un beau brochet qui se saisit du leurre peut l’avoir pincé et le souffler sans se faire piquer si le ferrage n’est pas assez appuyé. Le ferrage doit littéralement arracher l’hameçon du leurre. Ce celui-ci doit rester sur place alors que l’hameçon glisse jusqu’à se ficher fermement dans la gueule du poisson. Selon les jours et le degré d’éducation des poissons, il pourra être plus rentable de rendre un peu la main avant de ferrer pour les laisser bien recentrer le leurre. Les leurres salés ou aromatisés auront à ce moment-là un avantage certain sur les leurres en pur plastique, étant gardés un peu plus longtemps en bouche par les carnassiers.
Les moulinets doivent être, de la même façon, identiques à ceux préconisés dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits durs, ils devront être solides. Pour ce type de pêche, un ensemble casting est préférable car, outre sa puissance, il permet d’amortir l’impact du leurre lors du lancer en freinant la sortie du fil avec le pouce. On pourra ainsi alterner de gros leurres durs et lourdement armés avec de gros leurres souples; selon les parties du plan d’eau pêchées. On gagnera à garnir la bobine d’un fort nylon ou d’une tresse solide, bien visible (de couleur jaune, par exemple). La visibilité est importante car elle conditionne la détection des touches discrètes lors des animations lentes près du fond. Elle permet aussi de visualiser l’impact du leurre sur le fond (détente nette du fil). Contrairement à une animation plus rapide et sèche, qui permet d’être en contact quasi permanent avec son leurre et oblige le poisson à une attaque plutôt rapide, une animation lente nécessite de bien surveiller son fil car les touches peuvent être difficiles à sentir dans la canne. L’usage d’une tresse permettra une perception tactile beaucoup plus fine des touches et un ferrage plus appuyé. Celle-ci devra toutefois avoir un
diamètre suffisant pour ne pas claquer net sur un solide ferrage ou un
lancer appuyé raté. Un diamètre de 20 ou 25 centièmes est approprié.
Le bas de ligneSi on recherche le brochet, la connexion du leurre à la tresse se fait
au bout d’un morceau de fort fluorocarbone ou nylon hard mono de 60 à 70
centièmes, qui a toujours ma faveur pour sa discrétion, malgré des
risques de se faire couper, de temps en temps, si le poisson engame le
leurre profondément. Il est bien sûr possible de raccorder le leurre à
une empile d’acier.
Le leurre peut être connecté avec une agrafe
(bien pratique pour un changement rapide) si les herbiers traversés ne
sont pas trop fins et souples (nénuphars par exemple), mais cette
dernière ainsi que les divers noeuds de raccord peuvent accrocher des
saletés. Si l’accrochage de morceaux de végétaux est occasionnel, de
petits coups de scion secs suffisent souvent à débarrasser le leurre en
cours de route et à lui permettre de continuer à pêcher. S’il est
systématique, il peut être nécessaire de pêcher avec un moulinet garni
de nylon et d’y connecter directement le leurre avec un noeud parfaitement coupé, ou de faire précéder le leurre d’une bonne longueur de nylon ou fluorocarbone pour éviter l’accumulation d’impuretés trop près de celuici, au niveau du raccord tresse bas de ligne, qui de toute façon devra être soigné. Le leurre pourra ainsi passer d’un espace d’eau libre à un autre, à travers la végétation, sans emporter une masse d’herbiers avec lui ou simplement en accrocher quelques brins, préjudiciables à son attractivité. Une bonne astuce pour traverser les masses compactes d’herbiers consiste à imprimer de petites secousses au leurre, en faisant trembloter le scion, fil à moitié détendu, au fur et à mesure de son passage à travers l’obstacle. Malgré tout, il demeure quasi impossible de passer à travers des algues filamenteuses ou des herbiers qui en sont enrobés sans en garnir le leurre.
Les leurresLes leurres sélectionnés pour cet article me paraissent particulièrement adaptés à la traque des brochets dans nos eaux, et certainement à celle des gros black-bass, pour lesquels ils ont été le plus souvent conçus. Leur taille conséquente permet de pousser beaucoup d’eau et d’intéresser de beaux poissons.
De nombreux leurres sont adaptés à cette pêche. On peut distinguer les formes cigares avec le Senko de la marque Gary Yamamoto, le Quiver 150 River 2 Sea, le Tiki- Bamboo Stick Wave Worms… ; les formes shad et leurs caudales plus ou moins prononcées avec le One up Shad Sawamura, le Nitro Soft Jerk Illex… ; les formes pintail (« queue pointue ») au corps trapu et à la queue longue et effilée avec le Tiki-Shadick Wave Worms, le Jerk Minnow de la marque Savagear Lures Prologic, le Sagat de chez Pafex… ; les formes slug avec le Slug Go Lunker City en taille 9’’ (23 cm) ou le Slug AMS Fishing de 10’’ (25 cm) ; les formes swim bait avec le Javallon (16 et 20 cm) d’Imakatsu ou le Live Magic Shad (13 et 20 cm) de Lake Fork… Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. La plupart des leurres adaptés à cette pêche sont fendus pour permettre à l’hameçon de bien ressortir au ferrage ; si ce n’est pas le cas, sur des leurres assez durs, il est possible d’inciser le leurre côté ventre avec un cutter pour réaliser un logement favorisant le coulissement de l’hameçon au ferrage.Les hameçons
Ces gros leurres doivent être montés sur des hameçons conséquents, atteignant si possible au moins leur premier tiers pour limiter au maximum les loupés de poissons se saisissant de leur partie arrière. Il s’agit d’hameçons texans wide gape (“large ouverture”) qui, s’ils sont faciles à trouver dans de nombreuses marques jusqu’au 5 ou 6/0, sont beaucoup plus difficiles à dénicher en 7, 8, 10 ou 11/0.
On arrive toutefois à en trouver dans les marques suivantes (liste non exhaustive) : Oversize Worm 7/0 et 11/0 chez Owner (Pafex), Hooking Master Monster Class en 6/0 et 10/0 chez Nogales (Marryat France), Super Line Ewg en 6/0 et Worm 323 Monster en 7/0 chez Gamakatsu (Sakura). La marque Lake Fork propose un hameçon de 7 et 10/0 spécialement conçu pour l’armement de ses soft swim baits.
Celui-ci est doté d’une tige crantée qui pénètre dans le nez du leurre et d’un lestage moulé sur sa hampe qui permet de stabiliser le leurre et de le faire couler lentement pour une nage plus profonde. Il est aussi possible de lester tous ces hameçons en ajoutant sur leur hampe quelques tours de fil de plomb de fusible de gros diamètre fixés à la colle cyanoacrylate. Il faut alors simplement les monter en les enfilant du menton vers le nez du leurre, par l’oeillet. Le lestage des leurres s’effectue également à l’aide d’inserts de plomb ou de tungstène. En forme de petits clous, ceux-ci sont piqués soit dans la gorge du leurre, soit en plein travers. Leur position permet d’équilibrer la nage en fonction de l’animation pratiquée. Leur taille ou leur nombre sont aussi fonction de la profondeur de pêche et de la vitesse d’animation.Le lancer
Pour limiter l’impact de la chute du leurre, on veillera à le lancer au ras de l’eau en fouettant fermement, comme pour atteindre un point beaucoup plus éloigné que l’objectif visé. On relèvera la canne progressivement vers le ciel, en appliquant une pression progressive avec le pouce sur la bobine pour faire ralentir le leurre, jusqu’à le stopper et ainsi le déposer délicatement.
Avec un peu d’entraînement, on réussit régulièrement ces lancers au poser discret, qui n’alertent pas les poissons très pêchés. Ces lancers sont beaucoup plus faciles à exécuter avec un ensemble de casting.
Les gros leurres souples décrits ici permettent très souvent de pratiquer facilement le skipping (lancer en ricochet), ainsi que le montre le DVD La leçon de pêche volume 4 de Pêches sportives, avec Alban Choinier. Leur taille et leur forme sont adaptées à cette action. Ce type de lancer est utilisé pour atteindre des postes situés sous les branches basses.
L’animationMême si ce type de pêche peut se pratiquer avec diverses tailles de leurre, nous avons privilégié ici des leurres de grande taille, appropriés à la pêche du brochet. L’animation des leurres dépend de leur forme. Globalement, les soft swim baits (Javallon, Lake fork) seront ramenés de façon linéaire, ce qui leur permettra d’onduler régulièrement à la façon d’un vrai poisson. Ils pourront être “twitchés” (tirée sèche) occasionnellement, ce qui aura pour effet de les faire décrocher. Les leurres à queue pointue de type pintail ou slugs seront animés en walking the dog (“nage de droite à gauche”) plus ou moins rapide et saccadé. Les leurres possédant une caudale seront ramenés linéairement de façon plus ou moins régulière, mais pourront tout autant être “twitchés” pour les faire se décaler de droite à gauche. L’animation devra être adaptée à chaque leurre et les leurres seront alternés de façon à trouver ce qui fonctionne le mieux à un moment donné.
Les inconvénients de la techniqueCes leurres ne sont pas armés en queue. Si le poisson les attrape sur la partie arrière, qui plus est par le dessous, au niveau de l’anus, on trouvera de belles entailles après ferrage, mais la prise n’aura pas été assurée. Bien qu’ils permettent de leurrer des poissons inaccessibles, ces leurres génèrent beaucoup de ratés. Ils doivent donc être réservés aux conditions particulières décrites précédemment et maniés avec un matériel adapté pour garantir un ferrage puissant et efficace.
La réparation des leurres
Plus le leurre est mou et fragile, plus il “s’efface” au ferrage, rendant ce dernier plus efficace. Il se dégrade alors très vite, ne permettant parfois qu’une seule prise. Le compromis à rechercher sera fonction du nombre de touches. Les jours fastes, des leurres solides pourront être utilisés (si vous ne souhaitez pas vider rapidement vos sachets de leurres tendres), les jours difficiles, des leurres très souples et tendres devront être privilégiés.
Lorsqu’un leurre est abîmé, si le poisson ne vous en a pas déjà dérobé un morceau, je vous suggère de le démonter et de le garder avant qu’il ne soit définitivement détruit. Une fois de retour chez vous, vous pourrez le recoller en fusionnant la matière avec une lame de couteau chaude ou, mieux, avec une panne plate de fer à souder (voir l’article sur la pêche du bar au leurre souple dans le n° 70 de Pêches sportives). Des catalogues américains proposent même des mini fers stylos, à pile, avec une panne très fine pour ressouder les leurres en cours de pêche. Vous pouvez aussi recoller les parties endommagées à la colle cyanoacrylate, mais le résultat sera moins bon car les zones réparées perdront leur souplesse. Au prix de ces gros leurres souples, ce petit bricolage permet de faire quelques économies.A utiliser en mer
Un usage très intéressant de ce type de montage peut se faire en mer, dans les secteurs encombrés de laminaires ou de sargasses, ou dans des zones rocheuses très peu profondes. Il présente toutefois un intérêt encore supérieur, pour les pêches du bord, lorsque la marée charrie de trop nombreuses algues.
Certains jours, il est impossible de faire nager un leurre de surface armé de ses deux hameçons triples sur plus d’un mètre. Pourtant, les poissons sont là, actifs, tout près, sous cette manne nourricière qui attire de nombreuses proies potentielles. Un soft bait bien monté, dont le noeud de connexion ne présente pas de partie saillante et dont la pointe de l’hameçon est bien rentrée dans la matière plastique, passera partout et n’accrochera même pas la fine salade verte que l’on trouve souvent sur les côtes trop richement fertilisées par les apports des cours d’eau (liés au lessivage de l’excès d’azote et de phosphore des terres agricoles de leurs bassins versants).
L’usage de ce montage en mer est toutefois limité aux secteurs de faibles courants et aux pêches dans des profondeurs modestes. L’animation du leurre s’effectue canne haute pour limiter le contact du fil avec l’eau, en commençant à pêcher près de soi avant de s’éloigner progressivement. En cas d’accrochage d’algues, quelques secousses sèches, qui peuvent contribuer à l’animation du leurre, permettent de le nettoyer et de le rendre de nouveau pêchant. Avec cette technique, il faut être patient car le leurre peu lesté doit couler un peu pour moins accrocher de saletés. Si le vent est de la partie et qu’il est de travers, il peut gêner l’animation canne haute en faisant surfer le leurre trop léger en surface. On cherchera alors, si possible, à se placer de façon à l’avoir dans le dos. Le poids des leurres utilisés permet en revanche d’atteindre des distances de lancer tout à fait respectables.
J’espère que cet article vous aura convaincu, si ce n’est déjà fait, d’acheter quelques sachets de leurres, de gros hameçons et quelques inserts pour pouvoir, lorsque c’est nécessaire, leurrer des poissons dans des endroits jusqu’alors impossibles.
Les brochets du lac Léman
Le grand lac franco-suisse agite avec raison, et plus que jamais, le
petit monde des pêcheurs aux leurres. Les possibilités sont immenses
de pêcher des brochets dont la taille moyenne est très élevée. La
pêche se déroule principalement sur les tombants, dans une profondeur
de 8 à 15 m. Les gros leurres souples donnent de bons résultats au milieux des bancs immenses de perchettes et de gardons. Attention toutefois aux conditions de navigations, qui peuvent rapidement devenir dangereuses sur un coup de vent, à la réglementation qui impose un équipement de sécurité spécifique et à la réglementation suisse si vous choisissez d’aborder le lac sur sa côte nord ou par ces deux extrémités.
Au bon endroit au bon moment
La pêche sportive est une activité ingrate ! Rares sont en effet les loisirs où les probabilités de réussite dépendent d’autant de facteurs différents. Quand l’eau n’est pas trop froide, elle est trop chaude, par vent du nord, rien ne mord, brouillard sur les monts, reste à la maison… les pêcheurs entendent ça depuis l’enfance, sans comprendre pourquoi l’activité des poissons est si dépendante des conditions météorologiques. Le bilan d’une saison de pêche se résume parfois à quelques sorties mémorables, une majorité que l’on qualifiera de moyennes à médiocres et le reste sent bon la bredouille. Voici quelques éléments de base pour éviter d’être constamment au mauvais endroit au mauvais moment.
Par Jean-Marc Theusseret
On ne le répétera jamais assez, les poissons sont des animaux à sang froid. S’il existe inévitablement un lien entre les conditions météorologiques et l’activité des poissons, cela est dû en grande partie au fait que les poissons n’ont aucun moyen de réguler leur température corporelle. Les mystères de la nature s’expliquent parfois, du moins en partie.
Pour chaque espèce de poisson, il existe une plage de température idéale en termes d’activité alimentaire. Et de même d’autres plages, soit trop froides soit trop chaudes, rendent les poissons inactifs et parfois pour longtemps. Chez le brochet, par exemple tout semble réglé comme sur du papier à musique. Au-dessus d’une température de l’eau de 20 à 22 °C, son activité alimentaire réduit considérablement. Cela explique pourquoi il s’en prend très peu en été sur les eaux peu profondes exposées aux fortes chaleurs. Dans ces eaux, le brochet est actif à l’ouverture de la pêche jusqu’à fin juin, puis de nouveau à l’automne. Pour toutes les espèces, il est une règle néanmoins commune. Une brutale baisse de la température de l’eau induit un arrêt presque total de l’alimentation des poissons et cela reste valable également pour des espèces d’eaux froides comme la truite ou l’ombre. Pour la truite, sauvage s’entend, une rivière dont la température de l’eau chute en vingt-quatre à quarante-huit heures de 15 à 10 °C induit un ralentissement tout aussi brutal du métabolisme des truites. L’activité alimentaire reprend généralement après trois ou quatre jours lorsque la température remonte. Si elle reste froide mais constante dans la durée, les truites se nourrissent de nouveau.Des observations qui dictent la façon de pêcher
Connaître l’influence de la température sur l’activité alimentaire des poissons donne des indications précises sur l’action de pêche, les profondeurs de prospection, la vitesse de récupération des leurres, l’amplitude d’animation des mouches (streamers, nymphes, mouches noyées, etc.). Au printemps, lorsque l’on est en phase ascendante de la température de l’eau dans une plage de température optimale, on pourra se permettre l’emploi de leurres de surface dans le cas de la pêche du brochet, du black-bass ou de la perche. A l’inverse, à l’automne, après un été caniculaire, ces trois espèces redeviennent actives en surface lorsque la température a lentement perdu quelques degrés. Pour le pêcheur à la mouche, notamment à la nymphe, une observation de la température de l’eau sur les jours précédant la sortie de pêche permet d’anticiper les réactions des poissons.
Dans une phase de baisse de la température de l’eau, au printemps, il va falloir pêcher près du fond et animer la nymphe defaçon modérée. Dans ces conditions, les truites ne poursuivent pas facilement les nymphes artificielles.
Elles se contentent de les prendre lorsqu’elles passent à leur portée. L’emploi de nymphes leurres avec un peu de matériaux brillants est souvent la seule technique efficace.
Le cas des rivières “chasse d’eau”Jadis, les zones humides jouaient un rôle d’éponge, retenant l’eau de pluie lors des précipitations et la restituant progressivement ensuite. La disparition des zones humides en France estimées à plus de 60 %, a rendu bon nombre de cours d’eau à l’état de “chasse d’eau”.
Lorsqu’il pleut, le niveau monte fortement en très peu de temps, puis quelques jours plus tard elles retrouvent un niveau proche de l’étiage. La variation de température de l’eau à cette occasion est souvent conséquente, bien plus que par le passé. A l’étranger, on peut encore trouver des rivières dont les zones humides sont encore préservées (Islande, ex-URSS, Scandinavie-Laponie, Ecosse, Ireland, etc.). Les conditions de pêche y sont plus souvent favorables que dans nos rivières, aux débits perturbés. C’est une des raisons pour lesquelles la pêche est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il y a plus de cinquante ans sur les rivières françaises. De plus, les niveaux bas favorisent le stress des poissons, la prolifération d’algues, etc.En lac, le rôle de l’oxygène dissout
Qui dit température de l’eau dit obligatoirement oxygène dissout. Les deux phénomènes sont liés, tout comme un troisième, la lumière, qui rend la vie possible ou non dans les profondeurs de nos lacs. Si l’on dispose d’un sondeur, la profondeur à laquelle on trouve encore de l’oxygène est facile à trouver. C’est simple : à partir d’une certaine profondeur, on ne trouve plus d’échos de poissons.
En été, sur certains lacs recevant beaucoup plus de matière organique que les milieux peuvent en “digérer”, la limite se situe à quelques mètres sous la surface. Cette situation provoque de grandes migrations de poissons dans les grands lacs, à condition qu’il soit possible pour eux de trouver des zones où il reste encore de l’oxygène.
Si ce n’est pas le cas, on assiste alors à des comportements anormaux de poissons en survie dans la couche superficielle, notamment sur les bordures. Le plus souvent ils sont complètement inactifs, attendant des jours meilleurs qui généralement ne surviennent pas avant l’automne. L’été n’est pas une excellente saison dans les lacs pauvres en oxygène dissout.
Seuls les lacs situés en montagne ou ceux alimentés par des cours d’eau très frais peuvent encore permettre des parties de pêche qui se déroulent dans des conditions normales.Une question de température de confort
Tous ces phénomènes qui s’expriment souvent en chaîne sont liés et influent sur les choix du pêcheur. A lui d’être conscient de tous ces paramètres, qui l’aideront de façon souvent très logique à pêcher telle zone plutôt qu’une autre, avec tel leurre plutôt qu’un autre, et de l’animer d’une façon acceptable par le poisson convoité en fonction de son état. Comprendre le mode de vie des poissons pour comprendre leur pêche semble logique. Pourtant, rares sont les pêcheurs qui s’intéressent de près aux phénomènes climatiques et à leurs liens avec les poissons. Chaque espèce possède sa température de confort dans laquelle elle se nourrit normalement. Ce constat est aussi valable pour la carpe que le saumon atlantique, le sandre, le brochet ou le goujon.
Contrairement à certaines idées reçues, le régime alimentaire des carnassiers est très perturbé par des écarts de température. C’est flagrant en grands lacs lorsque l’on pêche au sondeur. D’une semaine à l’autre, les poissons évoluent dans la couche d’eau, cherchant à l’automne par exemple à éviter la couche froide de surface. Les poissons sont finalement comme nous. Ils craignent les températures trop chaudes mais en revanche peuvent s’adapter au froid. Cela prend du temps, mais ils peuvent se nourrir activement par eau froide (salmonidés et carnassiers), alors que le contraire est moins vrai. Ce qui fait le talent de quelques fines gaules dotées d’un mystérieux sixième sens s’explique par une analyse parfois inconsciente chez le pêcheur des paramètres évoqués dans cet article. Les sorties répétées à la pêche par tous les temps nous apprennent beaucoup à condition d’y prêter attention, faisant mentir la phrase de Tony Burnand : “J’ai fait des bredouilles par tous les temps et des pêches miraculeuses de même.”
