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  • Et si l’on parlait des soies plongeantes

    Et si l’on parlait des soies plongeantes

    Cet article vient compléter celui que nous avons déjà publié (ICI) relatif aux soies intermédiaires. Il traite de soies encore plus denses, les soies plongeantes, très utiles au pêcheur en réservoir.

    Par Philippe Collet

    Les soies plongeantes sont classées de peu plongeant S2 à très plongeant S7 ou 8 en passant par tous les autres numéros. « S » veut dire « Sinking » en anglais ou coulant. Le numéro correspond approximativement à la vitesse de coulée de la soie en inches ou pouces (2,54 cm) par seconde. Ainsi une soie S3 coule à environ 3 inches/s soit 7,5 cm/s, une S7 à près de 18 cm/s. Certains fabricants remplacent le « S » par «type» et/ou affichent des vitesses de coulée plus importantes. Certains enfin ne spécifient pas les vitesses de coulée. Des tests exhaustifs lourds seraient nécessaires pour réaliser un comparatif précis des vitesses de descente des différentes soies disponibles sur le marché et connaître la réalité de leur compensation de densité. D’autant que selon leurs tailles (WF 6, 7 ou 8 par exemple) deux soies de la même gamme et de la même densité ne doivent pas se comporter de façon semblable. On ne se risquera donc pas à une comparaison des différents modèles présentés.

    Leur fabrication

    Les soies plongeantes sont réalisées par enrobage d’une âme monobrin ou multibrins avec un apprêt plastique plus ou moins chargé en billes de verre ou en poudre de tungstène. L’âme de ces soies est le plus souvent constituée d’un brin de monofilament, qui permet une meilleure détection des touches et une meilleure pénétration de l’hameçon au ferrage.


    Leurs profils

    Les profils sont les mêmes que ceux des soies intermédiaires (déjà décrits dans l’article du précédent numéro de la revue) : WF classiques, Triangulaires ou de type shooting heads soudées à un long running line. Ces sortes de shooting heads ont une tête longue de 8 à 13 mètres et ne doivent pas être confondues avec d’autres soies à pointes plongeantes plutôt destinées à pêcher des courants puissants sur les grandes rivières (Teeny T200, T400… ou Rio Sinking tip). Ces dernières, avec une tête plus courte raccordée à un fuseau de soie flottante, sont destinées à maintenir le corps de la soie en surface pendant que sa pointe descend vers le fond, alors que les soies de type shooting head sont raccordées à un running line fin flottant (soies Vision Extreme Distance) ou intermédiaire (soies AIRFLO Forty Plus) qui ne soutient pas la partie plongeante et reste dans le prolongement de celle-ci lors des ramenés, permettant une bonne détection des touches et un ferrage efficace.

    La densité compensée

    La grande majorité des soies plongeantes ont une densité compensée pour prendre en compte le diamètre variable dû à leur profil. Ainsi, elles coulent de façon uniforme (Uniform Sink chez Scientific Anglers) dans la masse d’eau et non en formant un ventre au niveau du fuseau. Une soie qui coule bien droite, dans un plan horizontal ou penché vers l’avant permet une meilleure présentation des mouches, une détection des touches plus fine et un ferrage plus efficace. L’effet ventre produit par des soies non compensées ou des soies flottantes à pointe plongeantes (décrites plus haut) est responsable de nombreux ratés dans les pêches en eau calme.

    La profondeur de pêche

    Avec une animation normale, une soie S 2 pêchera de 1,5 à 2,5 m, une S 3 de 2 à 4 m, etc. De façon simple, on peut estimer qu’une soie plongeante permet de pêcher à une profondeur, en mètres, proche du numéro suivant le « S » ou le « Type ». Ainsi une S 2 ou Type 2 permet de pêcher aux alentours de 2 mètres, une S3, 3 mètres, une S5, 5 mètres… Cette règle de base varie bien sûr un peu selon les marques et le type d’animation réalisée. A l’extrême, on peut utiliser une soie de type 7 dans moins de 2 mètres d’eau, en pêchant canne sous le bras en rolly pully ; ou, à l’inverse, en animation très lente, atteindre des profondeurs conséquentes avec une soie de type 2. La longueur du lancer a aussi son importance. Plus elle est importante, moins la soie doit être dense, pour qu’en fin de ramené la (les) mouche(s) ne s’accroche(nt) pas au fond. A animation égale et pour pêcher à la même profondeur, un débutant lançant à 15 mètres utilisera une soie plus dense qu’un pêcheur chevronné déposant sesmouches à plus de 30 mètres. Comme pour les soies intermédiaires on règle le choix de sa soie sur la profondeur où l’on pense que se tient le poisson. Il vaut toujours mieux commencer à pêcher avec une soie peu coulante, en la laissant descendre de plus en plus longtemps avant d’animer, jusqu’à détecter les premières touches, plutôt que de pêcher trop bas. Si le temps d’attente est trop long pour atteindre le niveau de pêche favorable, on passe alors à une soie plus dense, qui ira plus vite la bonne profondeur. Avec des soies plongeantes ou très plongeantes, on peut très rapidement passer sous les poissons et à côté de la pêche. Ces derniers réagissent en effet beaucoup mieux à une mouche ou un leurre qui leur passe au dessus de la tête que l’inverse.
    On peut dans certains cas s’apercevoir que l’on pêche trop bas lorsqu’on enregistre des touches peu après le lancer, à la descente et à la fin du ramené, à la remontée. On ne pêche alors efficacement que pendant deux phases assez courtes du ramené. Il convient alors de changer rapidement de soie pour une moins dense. Le changement de soie est facilité par l’usage demoulinets à bobines interchangeables ou à cassettes moins encombrantes.

    Petite astuce pour un changement rapide de soie

    Lorsqu’on utilise un bas de ligne plus long que la canne, on rentre celui-ci complètement dans les anneaux, en coupant si nécessaire les mouches situées en potence, pour laisser la mouche de pointe se bloquer dans l’anneau de tête de la canne. On enlève alors la bobine contenant la soie à changer et la remplace par celle qu’on a choisie d’utiliser. On coupe enfin le bas de ligne au niveau de la boucle de la première soie et le reconnecte directement à la boucle de la nouvelle soie. Il reste alors à tirer sur la mouche de pointe pour ressortir la soie des anneaux. Cette manipulation rapide, très utile lorsqu’on pêche en barque notamment, n’est réalisable que si l’ensemble de ses soies comporte des boucles et qu’elles sont dépourvues de bas de ligne. Elle permet d’économiser du fil (le plus souvent du fluorocarbone assez onéreux), car on ne refait pas un bas de ligne adapté au plan d’eau pêché à chaque changement de densité de soie. Elle demande toutefois d’utiliser un bas de ligne de plus de trois mètres, ce qui est souvent le cas si l’on pêche à plusieurs mouches.


    Taille des soies et des cannes

    On pêche avec une canne de 9 à 10 pieds. Les soies plongeantes sollicitant beaucoup les cannes, on opte pour des cannes de puissance de 7 ou 8 chargées au numéro de soie préconisé ou parfois un numéro en dessous, si elles peinent au lancer. On peut opter pour des tailles 5 ou 6 lorsqu’on souhaite pêcher avec un fil un peu plus fin ou réaliser des posés plus discrets.

    Les différentes techniques de pêche en soies plongeantes

    L’usage le plus courant des soies plongeantes est la pêche au booby. La soie est posée au fond et bloque la remonté d’une ou plusieurs mouches flottant grâce à leurs yeux en mousse. Selon la taille du bas de ligne, les mouches évoluent de moins de 50 cm à plusieurs mètres du fond. On utilise aussi régulièrement les soies plongeantes pour animer de un à trois streamers au niveau où se tiennent les poissons. Il convient alors de bien régler la densité de soie sur la vitesse d’animation afin de ne pas pêcher trop profond et aussi de ne pas accrocher le fond, notamment à la fin du ramené à proximité de la berge.
    Une autre technique parfois redoutable consiste à laisser volontairement traîner ses mouches sur le fond à l’aide d’une soie très plongeante. Celles-ci en levant de petits nuages de sédiments deviennent souvent irrésistibles, même pour des poissons éduqués. Cette technique n’est bien sûr applicable qu’aux plans d’eau à fonds propres.
    Un fond de cailloux, ou de vase couverte de débris végétaux ne permettra pas de l’utiliser. Ces soies peuvent aussi servir à animer un train de chironomes en profondeur et à la remontée, par étapes successives. Cette technique pratiquée couramment dans les réservoirs anglais est surtout efficace en barque, parfois depuis une berge abrupte. Les soies plongeantes sont les seules à permettre encore de lancer les jours de grand vent. Elles peuvent percer un vent soutenu et sauver une partie de pêche. Si le poisson se tient près de la surface, de courts lancers et une animation rapide permettront de solliciter des poissons proches de la berge qui n’auront pas forcément détecté la présence du pêcheur, masquée par le clapot ou les vagues.

    Les bas de ligne

    Avec ce type de soie, les bas de ligne sont plutôt courts et le diamètre du fil important. On privilégie le fluorocarbone pour sa rigidité et sa forte densité, mais il est possible d’utiliser un nylon moins cher et plus solide, qui, bien que moins dense, est de toute façon immédiatement entraîné par la soie (surtout si l’on n’utilise qu’une mouche, supprimant le problème de l’emmêlement des potences qui demandent un fil rigide). On descend rarement en dessous d’un diamètre de 18 centièmes et on pêche plutôt en 20 ou 25 centièmes si l’on ne veut pas souvent casser à la touche avec ces soies denses à forte inertie. Sous l’eau, si elle n’est pas trop claire, la distance entre la soie et la mouche, ou la première mouche d’un train peut être raccourcie à 90 cm. Un bas de ligne court à une mouche mesure de 90 cm à 1,5 mètre, un bas de ligne court à deux mouches 90 centimètres de la soie à la potence, 1 m à 1 m 20 jusqu’à la mouche de pointe, la potence mesure environ 20 cm. Ces valeurs sont bien sur minimales, car si un bas de ligne court est plus facile à dérouler correctement on gagne en discrétion et efficacité lorsqu’on l’allonge. Ces tailles ne s’appliquent pas à la pêche au booby ou l’on peut encore nettement réduire les longueurs, la soie étant posé sur le fond et plus facilement soustraite à la vue du poisson. Le bas de ligne peut être connecté directement à la boucle de la soie sans porte pointe.


    Quelles soies choisir ?

    Bien que je possède de nombreuses soies de différentes densités, je réalise la majorité des mes pêches en soie plongeante avec une S 3, une S 5 et une S 7. Si vous possédez déjà une soie intermédiaire rapide, vous opterez pour une S 3 ou une S4 qui vous permettra de couvrir de nombreuses pêches jusqu’à la pêche au booby. Si vous pêchez régulièrement au booby privilégiez l’achat d’une soie de type S 6 ou S 7 qui se posera plus rapidement au fond. Ne vous encombrez pas de trop de densités différentes, vous pourriez passer plus de temps à choisir et changer vos soies qu’à pêcher !

  • Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Depuis très longtemps, les bas de ligne destinés aux poissons carnassiers susceptibles de couper le nylon sont réalisés en acier. Avec le temps, les poissons se sont adaptés à ce système et aujourd’hui l’acier les fait fuir. Les fils de gros diamètre en fluorocarbone remplacent avantageusement l’acier. Alban Choinier nous explique comment et pourquoi.

    Par Alban Choinier

    Tous les poissons susceptibles d’être intéressés par un leurre, que ce soit en eau douce ou en mer s’adaptent à la pression de pêche. Le choix de la couleur, de la forme, du type ou de la vitesse de récupération a bien évidemment une énorme importance pour déjouer leur méfiance. Mais les poissons ne sont pas seulement focalisés sur le leurre, le bas de ligne entre aussi dans leur champ de vision. Les moucheurs l’ont bien compris et portent beaucoup d’intérêt à ces quelques mètres de nylon. Dans la pêche aux leurres, le choix du matériau qui sera devant le leurre a lui aussi une très grande importance.

    EN MER

    Le bar est l’espèce principalement recherchée par les pêcheurs aux leurres sur la côte française. La pêche de ce poisson a littéralement explosé ces cinq dernières années tant du côté de la pêche professionnelle que de la pêche récréative. D’une part le stock de poissons semble diminuer irrémédiablement, d’autre part la quantité de bars que prenaient les pêcheurs aux leurres il y a quelques années est souvent supérieure à ce qu’elle peut être aujourd’hui. Je suis intimement persuadé que ce phénomène n’est pas seulement dû à la diminution des effectifs. Les bars ont acquis au fil des années une réelle méfiance vis-à-vis de nos artifices.
    Le problème de la confection d’un bas de ligne ne se posait pas quand les pêcheurs équipaient leur moulinet de nylon. Le leurre était simplement attaché au corps de ligne. Avec l’apparition des corps de ligne tressé, la situation change du tout au tout. Ce nouveau matériau est tellement performant (absence d’élasticité, finesse, résistance) que 90 % de pêcheurs l’ont adopté. J’ai été surpris de voir cet été au cours de parties de pêche sur notre littoral que de nombreux pêcheurs utilisant de la tresse ne confectionnent pas de bas de ligne. Ils montent leur leurre directement sur la tresse. Les corps de ligne tressés présentent de nombreux avantages, mais ils sont opaques et particulièrement visibles sous l’eau. J’ai eu l’occasion de plonger pour observer le travail des leurres sous l’eau. J’ai été très surpris par l’aspect que prend la tresse sous l’eau : c’est une véritable corde à linge. Aussi fine soit-elle, l’absence de discrétion est un handicap qu’il faut impérativement compenser. La meilleure astuce consiste à intercaler un bas de ligne d’un matériau transparent entre la tresse et le leurre. Ce matériau peut être soit un nylon translucide soit un fluorocarbone. À titre personnel, j’aurais un petit faible pour le fluorocarbone. Il présente de nombreux avantages sur le nylon : son indice de réfraction de la lumière est très proche de celui de l’eau (quasi invisible), il est étanche à l’eau et insensible aux UV (bon vieillissement) et ne possède aucune mémoire. Pour que le bénéfice de la discrétion soit réel, le brin de fluorocarbone doit mesurer environ un mètre. La liaison entre le bas de ligne et le corps de ligne est constituée par un noeud. En effet, seul un noeud peut passer dans les anneaux sans gêner la pêche. Le choix du diamètre du bas de ligne a de l’importance dans la traque du bar. L’aspect à ne pas négliger est l’absence d’élasticité de la tresse. Toutes les sollicitations mécaniques vont se concentrer sur la seule partie élastique de la ligne : le mètre de fluorocarbone. Il faut donc sur-dimensionner le diamètre du bas de ligne. Un 40/100 représente l’idéal. Cela peut sembler élevé compte tenu de la taille moyenne du poisson ciblé mais c’est totalement justifié. Le 40/100 est capable d’encaisser les rushs les plusviolents, la résistance à l’abrasion est très bonne (les moules et les huîtres sont des aimants à bar…), et sa relative raideur empêche le leurre de boucler dans le bas de ligne lors des rafales de vent. J’ai eu souvent l’occasion de pêcher cet été à côté de pêcheurs qui avaient monté leur leurre directement sur la tresse. Le phénomène était souvent le même, de nombreux poissons suivaient leurs leurres sans attaquer. Quand un bar fait trois ou quatre remous derrière votre leurre de surface sans jamais le toucher, je vous assure qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux. Les bars se méfiaient de la tresse. Avec un simple mètre de fluorocarbone le résultat était différent.

    EN EAU DOUCE

    Que ce soit en rivière ou en étang, les avantages et les inconvénients de la tresse sont exactement les mêmes qu’en mer. Nous pêchons rarement dans des eaux boueuses et il ne faut pas sous-estimer la vision des poissons. D’autant plus que la pression de pêche est souvent inversement proportionnelle au nombre de poissons. En dehors de la recherche spécifique de la truite ou du black bass, nous sommes susceptibles de capturer un brochet à chaque fois que nous mettons un leurre à l’eau. Bien évidemment, personne ne s’en plaindra ! Par contre, le brochet est équipé de 700 dents particulièrement aiguisées. La pêche du brochet est associée à l’utilisation systématique d’un bas de ligne en acier. La technique traditionnelle en France était un gros vif attaché par un bas de ligne en acier de 15 kg (on ne sait jamais, il paraît que les requins bouledogue remontent en eau douce) remuant sous un bouchon. Avec tant de subtilité, le brochet avalait profondément le vif. Dans ce cas précis, un bas de ligne en acier se justifiait. D’autant plus que la capture d’un brochet était profondément associée à la nourriture. La problématique est actuellement différente. La pêche est un sport et non plus un moyen de subsistance. Nous pouvons nous permettre l’éventuel risque de perdre un poisson qui, de toute façon, serait retourné dans son milieu naturel après sa capture. De plus, en pêchant aux leurres, la touche étant retransmise via la main du pêcheur en temps réel, c’est assez rare que le poisson ait le temps de gober complètement le leurre. Les bas de lignes spécifiques pour la traque du brochet : acier, kevlar, tresses diverses présentent les mêmes inconvénients. Ils sont opaques et lourds. Aussi fins qu’ils puissent être, ils se voient comme le nez au milieu de la figure. La seconde gêne, beaucoup moins connue, est le poids. En effet, les poissons nageurs modernes possèdent des nages absolument superbes qui ne supportent pas de contrainte. L’acier est lourd, il entrave la nage de certains leurres, empêche les leurres flottants de remonter correctement et fait systématiquement couler les leurres suspending (densité neutre). Il existe un stratagème pour avoir un bas de ligne discret sans pour autant se faire couper par maître Esox. Le fluorocarbone ou le nylon de diamètre important est une solution miracle. Le fluorocarbone a ma préférence pour les raisons citées précédemment et pour une résistance à l’abrasion supérieure au nylon. Afin de ne pas se mettre d’obstacle dans le choix du diamètre, il faut partir du principe que, quel que soit son épaisseur, le fluorocarbone reste invisible sous l’eau. Afin de résister aux frottements contre les dents, seuls les diamètres compris entre 50 et 60/100 sont réellement efficaces. Les tailles supérieures sont difficiles à nouer. J’ai employé presque tous les diamètres compris entre 50 et 60/100, depuis quatre ans que je pêche le brochet avec des bas de ligne en fluorocarbone, sans voir de réelle différence quant au résultat. Je pêche en ce moment avec un 55/100 acheté dans une boutique mouche qui me satisfait complètement. Bien sûr, plus le diamètre est important et plus la sécurité est grande. J’ai dû capturer plus de cinq cents brochets avec du fluorocarbone comme bas de ligne, dont certains très gros et d’autres qui avaient correctement avalé le leurre. Je ne me suis fait couper qu’une dizaine de fois. Le nombre de touches avec un bas de ligne transparent est tellement plus important qu’avec tout autre type de bas de ligne que je veux bien accepter de perdre un brochet sur cinquante ! D’une façon assez surprenante, ce sont toujours des brochets de petite taille qui m’ont coupé le bas de ligne. Les gros poissons ont les dents plus écartées et beaucoup moins dangereuses. En ce qui concerne la longueur du bas de ligne, comme pour le bar, un mètre semble être la taille idéale.
    Concernant les autres espèces de poissons, que ce soit les perches, les silures ou les sandres, ils ne font pas la différence entre un bas de ligne de 20 et de 40/100, le fluorocarbone est virtuellement invisible. Le fait que votre bas de ligne soit un peu épais et rigide ne gène en rien la nage de votre leurre, bien au contraire. Par contre, il est nécessaire de rester cohérent sur le rapport entre la taille de votre leurre et le diamètre du bas de ligne. Si vous désirez pêcher des perches ou des black bass avec un petit leurre léger de 5 cm, c’est évident qu’un bas de ligne en 50/100 risque d’entraver sa nage. Il n’existe pas de vérité en matière de pêche. Soit vous pêchez avec un bas de ligne en 25 ou 30/100 et prenez le risque de vous faire couper, soit vous mettez un bas de ligne en 50/100 et votre leurre nagera moins bien. Rien n’est parfait ! Dans tous les cas, un gros monofilament sera toujours meilleur que l’acier !

    COMMENT ATTACHER SON LEURRE ?

    Toujours dans un souci d’efficacité et de discrétion, l’attache entre le bas de ligne et le leurre doit être la plus simple possible. La plupart des leurres (poissons nageurs, leurres souples avec tête plombée…) nagent sur un axe. Le risque de vrillage est donc nul. À part pour les cuillères tournantes, l’utilisation d’un émerillon est inutile. Plutôt que de gêner la nage du leurre avec un émerillon agrafe, préférez l’utilisation d’une agrafe simple. Il existe dans le commerce de nombreuses marques qui proposent des petites agrafes en inox très solides de conception diverses. Les agrafes Rapala n° 2 et celles de marque Ilex sont excellentes, mais il en existe d’autres d’aussi bonne qualité. La réussite d’une partie de pêche ne tient pas à grand-chose. On peut essayer de mettre un maximum de chances de son côté en étudiant tous les aspects du matériel. Les pêcheurs attachent généralement beaucoup d’importance à la forme ou à la taille des leurres et assez peu à la conception de leur bas de ligne. Pourtant, c’est sûrement la partie de la ligne qui va passer le plus de temps dans l’eau au cours d’une partie de pêche. Toutes les techniques de pêches, que ce soit la pêche à la mouche ou la pêche aux leurres, ont un dénominateur commun : discrétion rime souvent avec efficacité…