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Étiquette : écologie

La Durance dévastée sur une quinzaine de kilomètres après une vidange de barrage
Dans le cadre de sa vidange décennale, le barrage de Pont Baldy sur la Durance est le point de départ d’un véritable massacre sur près de quinze kilomètres en aval. La rivière mettra plusieurs années à se remettre d’une telle concentration en sédiments. Ce type d’opération, qui n’a rien d’accidentel, était prévue depuis longtemps, mais le pire a eu lieu malgré les mises en garde des pêcheurs à propos du niveau très bas de la Durance lors de cette vidange.
600 g par litre d’eau, c’est la concentration en sédiments relevée après l’opération de “chasse” pratiquée durant sept jours sur la retenue de Pont Baldy entre Embrun et Briançon sur la Durance. Il s’agissait d’une vidange décennale semblable aux précédentes, mais dont le faible débit de la rivière (7 m3/s) en raison d’une faible quantité de neige fondue n’était pas favorable à ce type d’opération.

L’Agence de l’eau veut nous faire tomber dans le panneau !
Contrairement à la publicité mensongère, la communication n’est pas un délit. Et la “com”, c’est l’art de nous faire prendre des lanternes pour des saumons, ou de l’eau claire pour de l’Evian. Ainsi, dès 2015, des panneaux indiquant le bon état des rivières trôneront le long des routes. Selon l’Agence de l’eau Rhône- Méditerranée-Corse (RMC), 50 % des rivières seraient en bon état. Avec un tel résultat, ça va tout de même faire beaucoup de panneaux…
C’est quoi une rivière en bon état ?
L’Agence de l’eau RMC se félicite du recul de la pollution dans les rivières de ce grand bassin qui couvre pas loin d’un quart de la France. Le bon état visé est celui défini par la directive cadre européenne sur l’eau (qui date de 2000) et qui oblige les états membres de l’EU à atteindre un “bon état écologique” pour 2015, sous peine de lourdes sanctions financières. En lisant la charte du label de l’agence, on apprend qu’il aurait été repoussé en 2017. On apprend aussi beaucoup de choses dans le communiqué de presse associé à la création du label : “Tendance : les poissons reviennent dans l’axe rhodanien. 2013, année pluvieuse, a joué en faveur des poissons en diluant les pollutions et en rafraîchissant l’eau. Depuis quelques années, les poissons reviennent dans l’axe rhodanien, à commencer par les poissons migrateurs : en 3 ans, les jeunes anguilles (civelles) ont été multipliées par 6 dans l’étang du Vaccares en Camargue ; une centaine d’aloses ont été vues dans le Gardon (premier affluent aval du Rhône) et ce pour la première fois depuis la pose de 4 passes à poissons en 2012. Plus au nord, à Lyon, 17 espèces de poissons ont à nouveau franchi le Rhône grâce à une rivière artificielle créée en 2013 pour contourner le barrage de Jons. Partout la baisse des pollutions profite aux poissons. ”
Voilà donc à quoi se résume la qualité de l’eau ? A faire la danse de la pluie en espérant qu’elle cache la misère en la diluant ? Il fallait y penser ! Et s’il ne pleut pas en 2015, faudra- t-il enlever les panneaux temporairement ? Ce genre de label fleure bon l’amateurisme le plus total. En Franche-Comté (qui fait partie du bassin RMC), l’histoire nous démontre le contraire. Les années pluvieuses sont pires que les sèches. Le clash du Dessoubre, du Cusancin et du Doubs durant l’hiver 2013/2014 en est l’exempletype (la Loue est tellement mal en point qu’on finit par oublier que le peu de poissons qui reste continue de mourir). Pas d’eutrophisation, des rivières en crue durant des mois, de l’eau froide et au final, une hécatombe sans précédent sur le Dessoubre et le Cusancin, et à nouveau de gros dégâts dans les populations d’ombres sur le Doubs… Bien des scientifiques sérieux pensent que la pluie augmente par ravinement les polluants dans les cours d’eau, surtout sur le long terme. Quant aux poissons à qui l’on donne à nouveau le droit de migrer, il doit s’agir d’une erreur ! Un barrage peut être considéré comme un facteur aggravant la pollution. Mais le fait qu’il ne soit pas équipé de passe à poissons n’est pas une pollution, mais juste un “oubli“. Il est donc bien normal que les espèces migratrices franchissent les obstacles lorsque ceux-ci sont enfin équipés de dispositifs. Dans la moyenne européenne Voilà le fin mot de l’histoire : être dans la moyenne européenne. C’est sur ce principe fort contestable de “moyenne” que l’Education nationale produit par milliers des illettrés bacheliers… Dans son argumentaire, l’Agence de l’eau fournit elle-même les éléments qui mettent en évidence une jolie mascarade : “Bilan, tout juste 50% des rivières enfin en bon état : l’agence de l’eau lance un label « rivière en bon état » 50% des rivières sont en bon ou très bon état. La Corse et les Alpes s’arrogent le plus grand nombre de rivières en bon état de France, tandis que les zones les plus dégradées sont le bassin versant de la Saône, la moyenne et basse vallée du Rhône, le Languedoc et le Roussillon. La France se situe dans la moyenne européenne. En 4 ans, on constate une progression, avec 16% de gain de classe de qualité par les rivières. Ce gain est le fait surtout des rivières les plus abimées qui sortent de leur mauvais état. Au total, c’est l’état moyen, juste en dessous du bon état, qui connait la plus forte progression (+ 6%). ” Pas un mot sur les rivières de Franche-Comté. Comme c’est bizarre… Il va de soi qu’il ne vaut mieux pas que ces panneaux soient installés dans cette région, car leur espérance de vie risque d’être courte… Pour le reste, le label indique donc qu’une rivière qui contient plusieurs centaines de molécules chimiques d’origine humaine (ces données sont consultables… sur le site de l’agence), ce qui est le cas de toutes les rivières, hormis peut-être celles qui coulent en haute montagne, est en bon état. De même qu’une rivière qui a vu ses quantités d’invertébrés divisées par plusieurs milliers et ses poissons de moitié (cas de toutes les rivières de notre beau pays sur plus d’un siècle) est également en bon état. Ces panneaux sont les mêmes que ceux qui signalent des saumons sauvages en Auvergne ou des ours dans les Pyrénées, dans la moyenne nationale des incompétences, du manque de sérieux et de l’irresponsabilité. Ils sont simplement représentatifs du monde plein de contradictions dans lequel nous vivons.

Bon anniversaire Greenpeace !
L’association de protection de l’environnement Greenpeace fête cette année ses quarante ans. Créée en 1971 par quatorze militants luttant contre les essais nucléaires américains, l’ONG a depuis embrassé tous les grands combats écologistes. A cette occasion, un film, Mind Bomb, a été réalisé par Christophe Montaucieux pour retracer la passionnante histoire de Greenpeace.
Vous pouvez visionner la bande-annonce ici :