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Conférence environnementale, un Grenelle sans pêcheurs
Il y a cinq ans, le gouvernement Sarkozy lançait le Grenelle de l’environnement, présenté alors aux Français comme une révolution verte. Depuis, sur le terrain bien peu de chose ont changé en ce qui concerne en tout cas la protection de l’eau. Pis, les services de l’état chargés d’assurer la police de l’eau n’ont jamais atteint un tel laxisme. L’Onema sera bientôt directement rattaché aux directions départementales des territoires (DDT). Les brigades voient leurs effectifs se réduire au strict minimum (un départ en retraite sur deux remplacé). Et voilà que, sous le gouvernement Hollande apparaît la Conférence environnementale. Cela s’est passé à Paris au palais d’Iena les 14 et 15 septembre. Une sorte de seconde chance au Grenelle, de la part d’un gouvernement qui compte dans ses rangs deux ministres “verts”, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Étrange préoccupation dans un contexte où rappeler vous, les mots environnement ou écologie étaient totalement absents des discours des deux supposés président de la République alors en campagne électorale. Ce qui a mal commencé, c’est le refus de recevoir les pêcheurs et les chasseurs aux tables rondes. Un refus pourtant contraire aux promesses de François Hollande, lors de sa campagne. Pêcheurs et chasseurs représentent près de trois millions de personnes, que les politiques n’oublient jamais de démarcher… La suite nous démontrera que le gouvernement du “changement” ne prend pas pour habitude de tenir ses promesses. Pour preuve, durant la semaine qui a précédé la Conférence, les affirmations d’Arnaud Montebourg dans une interview accordée à Challenges au sujet de l’exploitation des gaz de schistes. Le ministre du redressement productif dément la position de Delphine Batho, en affirmant bien haut qu’un moratoire sur la question n’est pas à l’ordre du jour. Il ajoute au passage que les techniques de fracturation hydraulique (qui utilise énormément d’eau et de produits chimiques) peuvent être maîtrisées, sans bien entendu, expliquer comment. Nouvel avis contraire quelques jours plus tard avec, enfin, une position ferme du gouvernement qui ferme le dossier à double tour… Jusqu’à quand ? Le Grenelle s’était engagé à réduire de moitié l’utilisation de pesticides entre 2008 et 2018. Belle motivation à propos d’un sujet qui touche d’une part directement la santé publique et d’autre part la disparition des abeilles, un sujet très sensible. Pour l’heure, l’utilisation de pesticides depuis 2008 a augmenté de 2,5 %. Lors de la conférence environnementale, la décision d’interdire l’épandage aérien de produit phytosanitaire a été prise, en spécifiant qu’elle resterait autorisée dans les cas où il s’agit de la seule solution possible. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a d’ailleurs, peu après sa nomination, reconnu que l’objectif ne sera pas atteint. Pas plus que le sera celui du “bon état écologique” des cours d’eau et lacs avant 2015 comme l’impose la Directive cadre européenne sur l’eau (DCE). Impuissant, voilà ce que sont les gouvernements face aux enjeux environnementaux. Impuissants face aux lobbies et incapable de proposer un nouveau modèle. L’agriculture bio, ou moins intensive si vous préférez, nécessiterait une aide du gouvernement. Or actuellement, et depuis longtemps, celle qui pollue le plus et aussi la plus subventionnée.
Pêcheurs et chasseurs sur la touche
A la veille de la conférence environnementale, la Fédération nationale pour la pêche en France (FNPF), a tenu à exprimer au président de la République sa surprise, sa déception et son souhait d’un… changement ! Contrairement à l’engagement pris pendant la campagne électorale, la FNPF est écartée (tout comme la Fédération nationale des chasseurs) des tables rondes consacrées à la gouvernance et au débat sur la transition énergétique. Selon nos sources, cette décision fait suite à une pression de certains organismes invités sur les organisateurs, afin “d’éviter certaines tensions”. Vive la démocratie ! La FNPF et son réseau associatif affilié (93 fédérations, 4000 associations), se dit fort d’une expertise reconnue, diverse et ancienne. Elle estime que sa légitimité à figurer parmi les acteurs environnementaux à part entière n’est plus à démontrer. Soit, mais si on y regarde de plus près, les fédérations les plus légitimes sont celles qui généralement sont en opposition totale ou partielle avec la politique de la FNPF. L’exemple de la Haute-Savoie (voir notre Echo du radier à propos du Chéran) est très parlant. Certaines fédérations départementales se professionnalisent en recrutant des ingénieurs et des techniciens très compétents. Elles mettent en place une gestion patrimoniale et dans la mesure où cela est possible, prennent en compte l’ensemble des bassins versants dans un souci de cohérence. Ce rôle est d’ailleurs une évolution naturelle des choses, puisque l’Onema, cède toujours plus de missions aux fédérations (pêche d’inventaires, études, etc.). Avoir plus d’un million d’adhérents ne suffit visiblement pas pour parler d’écologie… Consentie comme une mesure de faveur, la FNPF s’est vue accorder une place dans la table ronde consacrée à la biodiversité.
Philippe Boisson

La France pointée du doigt pour sa pollution industrielle
Le 14 mars dernier, la Commission européenne a décidé de renvoyer la France devant la justice pour n’avoir pas respecté une législation européenne sur la pollution industrielle. La France avait jusqu’au 30 octobre 2007 pour donner de nouvelles autorisations d’exploitation ou de réexaminer les anciennes autorisations données à un certain nombre d’industries à fort potentiel de pollution. L’Etat français n’a toujours pas pris les dispositions nécessaires provoquant ainsi les foudres de la Commission.
Ainsi ce n’est pas moins de 62 installations industrielles qui fonctionnent sans autorisations conformes à la directive européenne ! Huit pays de l’Union ont également été poursuivis pour des faits identiques ces dernières années : Estonie, Espagne, Slovénie, Suède, Portugal, Pays-Bas, Grèce et Danemark.

Indignez-vous !
Le “paradoxe” du Doubs franco-suisse
Encore quelques images bien attristantes !
Jusqu’à quand allons nous supporter tout çà !Voir ces poissons mourir après
plusieurs jours d’agonie ! Recouverts de mycoses, pourrissant lentement
mais sûrement ! Après la Loue, le Doubs franco-suisse dans le secteur de
Goumois a connu cet hiver des mortalités importantes de truites durant toute la
période de fraie. Ces rivières qui les accueillaient depuis si longtemps leur
sont devenues inhospitalières, un petit bouillon de culture où leur vie
s’apparente de plus en plus à de la survie ! Si le Doubs comptait cet
hiver de très nombreuses frayères avec des conditions hydrologiques plutôt
bonnes (plusieurs crues, un lit relativement propre, de basses températures), la
surprise fut de taille de voir les truites mourir en plein hiver. Pour l’heure,
il est assez difficile d’évaluer la quantité de truites mortes ou malades. Une
pêche électrique de grande ampleur semblable à celle qui a eu lieu en juillet
sur la Loue permettrait de connaître l’ampleur de ce désastre. Néanmoins, les
simples observations visuelles concluent à une mortalité continue qui s’est
déroulée durant tout l’hiver et qui n’est pas terminée. Il est clair que les
poissons sont toujours affaiblis depuis l’été et que l’effort lié à la
reproduction suffit à les mettre en danger de mort.Les services de l’État, qui nient l’influence des
pratiques agricoles sur l’état de santé des cours d’eau franc-comtois, mais qui
doit rendre des comptes dans le cadre de la Directive Cadre Européenne sur
l’Eau pour 2015 essaie de comprendre les raisons de la catastrophe de la Loue
(et désormais du Doubs frontalier). L’Etat reconnaît que les poissons meurent
mais trouve paradoxal ce phénomène car selon lui, la Loue présente un bon état écologique
affirmé par de bonnes analyses. En prélevant des échantillons d’eau au milieu
de la rivière et en surface, les taux de nitrates sont sans doute beaucoup plus
faibles que s’ils étaient prélevés sur le fond et dans les zones d’eau morte.
Ainsi, une étude sera menée en 2011 pour comparer la Loue, rivière dont 90% des
poissons sont morts sur certains secteurs (pêches électriques de l’Onema
juillet 2010), avec une rivière présentée comme exempte de problèmes… le
Dessoubre ! Ceux qui connaissent l’état critique du Dessoubre avec son
tapis d’algues filamenteuses qui recouvre la quasi totalité du fond hors
période de crue savent qu’il ne s’agit certainement d’une rivière en bon état.
Certes les poissons n’y meurent pas (encore) en masse, mais tout pousse à croire
que cela ne devrait pas tarder.Amoureux de ces rivières et de ces
poissons…..INDIGNEZ-VOUS ! Rejoignez-nous : Adhésion et
souscription : SOS Loue et rivières comtoises : http://www.arrete.net/La manifestation à Ornans courant Juin sera
renouvelée cette année, soyez présents ! Si vous souhaitez écrire et
manifester votre mécontentement :Direction départementales des territoire du
Doubs :6 rue Roussillon 25000 Besançon.
E-mails : [email protected]
Préfecture du Doubs :
8 bis rue Charles Nordier, 25035 Besançon
Cedex