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  • Voyage de pêche : rendez-vous en mer inconnue

    Voyage de pêche : rendez-vous en mer inconnue

    Prologue.

    Automne 2011. La saison de pêche dans l’hexagone se terminant, rien de mieux pour se remonter le moral que de prévoir les prochains projets de voyage de pêche. C’était de cela qu’on discutait lorsque notre ami Stéphane s’est étonné qu’on ne soit jamais allé au Honduras, car un de ses amis y faisait régulièrement de très belles pêches. Je savais que le coin était bon pour la pêche au gros, mais n’avais jamais entendu parler d’autre chose. Une dizaine de jours plus tard nous retrouvâmes et remerciâmes Stéphane pour son « tuyau » en lui disant que tout était déjà programmé pour aller pêcher sur l’île de Roatan. Surpris, il nous dit que ce n’était pas sur cette île que son ami allait pêcher… « ça commence bien par un « R » dit-il en réfléchissant « – mais c’est Los … Los … »
    « – Los Roques ? » je lui réplique en rigolant.
    « – Oui c’est ça ! C’est bien ça, il va à Los Roques, j’en suis sûr ! » poursuit-il.
    D’accord on s’est juste trompé de quelques milliers de kilomètres, car Los Roques est au Venezuela mon cher Stéphane !

    Par Kathleen & Jean-Pierre PICCIN

    C’est ainsi que quatre mois plus tard, nous voilà en train d’admirer le lever du soleil embrasant l’horizon des tropiques. Pluie ou vent en perspective se dit-on, mais le suspens ne dure pas :  une avalanche d’eau nous tombe dessus. La mine grise nous rejoignons Michael, notre guide tout sourire : « C’est super aujourd’hui ! Vous allez voir, il n’y a rien de mieux pour aller pêcher le tarpon ; Et en plus vous avez beaucoup de chance car on va pouvoir pêcher la marée montante et descendante ! Great ! »
    Je me souviens d’avoir eu des guides qui se lamentaient au moindre nuage, mais ici on ne peut avoir qu’une pêche d’enfer en voyant ce gamin si optimiste devant des éléments déchaînés !  Engoncés dans nos impers, capuche protégeant les yeux, trempés jusqu’aux os, têtes baissées, nous nous plongeons sans rien voir dans la tourmente. Quinze minutes de saute mouton et le bateau ralentit. Osant enfin relever nos visières nous entrevoyons un petit village lacustre qui se rapproche de nous : une dizaine de maisons, aux couleurs chatoyantes, les pieds dans l’eau et adossées à une colline à la végétation impénétrable. Nous arrivons à Helene en nous dirigeant dans ce que l’on pourrait appeler une cour intérieure entre deux habitations, sauf qu’ici elle est immergée et occupée par deux bateaux, les seuls moyens de transport des habitants. En effet, comme beaucoup de villages sur l’île, il n’y a pas de route et l’accès se fait uniquement par la mer .
    A peine le moteur arrêté, nous repérons immédiatement des marsouinages de baby tarpons. Je ne m’attendais à voir les poissons devant les terrasses des maisons ! Durant une bonne demi heure, cette cour, pas plus grande qu’une piste de cirque, se transforme en terrain de jeu ou de petits mais vaillants tarpons nous offrent un spectacle d’acrobatie du plus haut niveau au-dessus de l’eau.  Quelle merveilleuse mise en bouche pour débuter ce séjour !
    Le temps à notre bateau de faire un saut de puce et nous accostons dans un flat qui, au soleil aurait pu être magnifique… Mais qui sous ce ciel plombé ressemble à une belle esquisse dessinée à la mine de crayon. Sans trop y croire, nous avançons à petits pas sur un tapis d’herbe à tortue, mais quand même prêts à dégainer. Quelques pas pour se mettre « en jambes » et voilà déjà Michael canne tendue vers la surface de l’eau, immobile, à l’arrêt comme le ferait un chien de chasse devant une bécasse, qui nous montre un premier banc de bonefishs !
    Un lancer maladroit et ils s’évanouissent, comme effacés par un coup de gomme. Je pense alors que la pêche va être dure et qu’il ne faudrait pas trop gâcher de telles occasions. Mais, au moment où ces pensées me traversent l’esprit, Michael nous montre « à perpette » d’autres poissons impossibles même à deviner ! On passe ainsi durant une demi heure d’un banc à l’autre sans pour autant en pêcher un. A notre décharge il faut dire que nos yeux n’arrivant pas à pénétrer la surface opaque de l’eau, qu’il est impossible de voir le comportement des poissons et que nous devons absolument faire confiance aux directives de notre guide : « stripe doucement – accélère – stop – reprend – ferre ! » Plusieurs fois, ne sentant pas de « toc » je n’ai pas ferré pensant que si on peut admettre qu’il voie dans cette pénombre les poissons, il est impossible qu’il puisse suivre la mouche ! Après quelques lancers infructueux, je me décide à l’écouter et à la grande satisfaction de mon moulinet qui se met à chanter, mon premier bone me fait un sprint qui laisserait sur place des coureurs de 100 mètres. Si nous devions continuer ainsi, une canne blanche serait plus appropriée. Mais heureusement, le soleil vient à notre secours en pointant son nez et le flat reprend des couleurs. Tandis que je retrouve la vue et pars pêcher seul comme un grand, Katy qui s’escrime sur un banc finit par sortir le premier bonefish. Le moral est au beau fixe lorsque Michael me dit de me dépêcher de prendre la canne à permit car il en a vu deux à une centaine de mètres ! Sans nous presser, nous nous approchons de ces très beaux poissons qui se nourrissent bruyamment et frétillent de plaisir en tapant la surface de l’eau avec leur queue. C’est la situation parfaite pour essayer de les leurrer. Cela fait un bon quart d’heure que nous les poursuivons à petits pas. Ils sont enfin à portée de canne, mais sans rien dire, Michael me fait signe avec sa main d’attendre encore… Il veut que nous les contournions pour avoir le vent dans le dos et m’offrir ainsi un maximum de chance. Floc, floc, floc… Ils sont tout près, en train de faire du tailing et on pourrait presque entendre le bruits des carapaces des petits crustacés qui craquent sous leurs dents. Je peux enfin lancer !
    D’abord maladroitement, car le crabe accroché au bout de la ligne paraît être un boulet après les petites mouches utilisées jusqu’à présent. Puis, avec plus de précision, je lance sans les inquiéter juste à l’endroit où ils sont attablés en les invitant à goutter à mon amuse gueule. Rarement j’ai eu l’occasion de tenter ma chance et d’insister aussi longtemps avec des permits et c’est peut-être après un douzaine de tentatives que j’en vois un se diriger vers ma mouche. « Ramène vite. Arrête. Reprend doucement – Ok », me dit Michael. Le poisson n’est plus qu’à 7 à 8 mètres de nous lorsque j’entends « Ferre ! Ferre ! » Et comme d’habitude, n’ayant rien ressenti, bêtement, je n’en fais rien et je vois trois nageoires me saluer en s’éloignant à toute vitesse !  « Je l’ai vu prendre ta mouche et la recracher ! Sûr qu’il était pour toi, celui-la ! Pas de problème, on en trouvera d’autres ! » me dit Michael. Un petit repas au lodge et nous revoilà sur un autre flat où nous passons l’après-midi à croiser encore et encore des bancs de bonefishs qui se révèlent très malins (ou nous pas assez !) et pas du tout facile à leurrer. Heureusement pour nous que dans le nombre il y en avait un par-ci par-là, un peu plus affamé que les autres et qui venait jouer avec nous…
    La soirée qui suit permet de mieux connaître les propriétaires, de grand baroudeurs qui, loin des records de vitesse ont fait le tour du monde à la voile en six ans et regrettent de ne pas avoir assez traîné… Grands respectueux de la nature, ils ont équipé le lodge de panneaux solaires et sont quasiment autosuffisants. Par la même occasion, ils nous font connaître les lieux qui ont abrité à tour de rôle pirates et corsaires espagnols, français ou anglais, laissant derrière eux de nombreux galions que recherchent encore quelques aventuriers. Il y a juste deux semaines d’ailleurs, l’un d’eux a été découvert à quelques encablures du lodge .  Y a-t-il un trésor à son bord ? Le secret sera à coup sûr bien gardé dans la mesure où le gouvernement du Honduras est propriétaire des épaves…  D’autres secteurs tout proches, offrent de très nombreuses opportunités mais dans l’ensemble, la pêche reste plutôt difficile, c’est aussi ça, la pêche ! En tout cas, nous sommes vraiment loin des clichés habituels figurant un pêcheur au milieu d’une grande étendue d’eau et, en arrière-plan, un petit îlot couvert de cocotiers !

    Guide Pratique

    Points
    forts
    : C’est une
    destination peu fréquentée et qui le restera car le propriétaire du lodge tient
    à préserver la qualité de l’environnement et de la pêche en n’acceptant que 6
    pêcheurs . Très poissonneux, ce coin abrite de très beaux bonefish et de très
    nombreux permits qui vivent sur
    les flats en grand nombre. On n’insistera jamais assez sur le professionnalisme
    de notre guide et des autres qui travaillent à cet endroit. Leur spontanéité et
    leur gentillesse sont exceptionnelles ! On est loin des phrases
    stéréotypées qu’on entend dans d’autres lieux et qui manquent bien souvent de
    sincérité. Et enfin ,
    point à ne pas négliger les tarifs sont 50/100 inférieurs à des séjours
    équivalents : Il faut compter pour 6 jours au lodge environs 1800 euros
    pour un pêcheur et 750 euros pour un accompagnant .

    Points faibles : Il est de taille et concerne la pollution visuelle à proximité
    des villages . Le ramassage de poubelles étant difficile beaucoup de choses finissent dans la mer et on
    voit ainsi de nombreux bouteilles en plastique et détritus qui flottent .
    Heureusement que la plupart des zones sont propres et sauvages. Dans la partie
    nord de l’île, la plus touristique, le problème ne se pose plus et il est à
    parier que dans le reste de l’île on agisse de même dans très peu de temps .

    Comment s’y rendre

    Le Honduras étant un pays à haut risque il est préférable de se rendre
    directement des USA à Roatan.Les compagnies Continental/United propose plusieurs
    vols par semaine depuis Houston et un depuis New York, et la compagnie Delta
    s’y rend une fois par semaine depuis Atlanta . Penser
    enfin à faire mettre tous les vols
    sur le même billet pour qu’en cas de problème de connections ce soit la
    compagnie aérienne ou l’agence qui a vendu les billets qui prenne en charge
    d’éventuels frais supplémentaires.

    Où dormir

    Les villes
    West End & West Bay offrent de nombreuses possibilités d’hébergement . C’est un endroit animé et sympa où on peut se reposer du voyage ou profiter des
    vacances avant ou après la pêche .

    Une bonne adresse à West
    End

    www.cocolobo.com

    Pour plus d’informations
    sur l’île de Roatan

    – tourismroatan.com

    Séjour Pêche

    Mango Creek Lodge

    mangocreeklodge.com

    E-mail :[email protected]

    Pour les accompagnants non pêcheurs des séjours écotourisme
    avec snorkelling ou plongée et découverte de l’île sont proposés .

    Saison de pêche

    Ouvert toute
    l’année on n’a que l’embarras du choix. Retrouver le soleil en plein hiver est
    bien tentant surtout quand on sait que la pêche est fructueuse mais pour les
    aficionados du permit avril pourrait être le mois le plus intéressant.

    Materiel
    de pêche

    Pour le
    bonefish


    -canne 9’ pour
    soie flottante #8 , bas de ligne 15 livres et moulinet avec 150 mètres de
    backing

    Boite à
    Mouche :

    Les mouches
    classiques (crazy charlie …etc ) semblent pas être très adaptées. On préféra
    les petites crevettes vertes, roses et oranges ou de bitters, toutes avec un
    montage anti-herbe .

    Pour le
    permit


    canne 9’
    pour soie flottante #9, bas de ligne 20 livres et moulinet avec 200 mètres de
    backing . Ne pas trop serrer le frein du moulinet : lors du premier rush
    la puissance est telle que la casse serait assurée !


    Boite à
    Mouche :

    Crabes merkins
    verts foncé, bleus ou roses et crevettes vertes .

    Pour le
    baby Tarpon

    -canne 9’ pour
    soie # 9

    Boite à
    mouche :

    Deceiver de différentes couleurs

    On rajoutera
    des bas de ligne avec un brin en acier bien utile car il y a d’énormes
    barracuda très plaisants à pêcher . Bien vérifier
    tout son matériel avant le départ car il n’y a pas sur place de boutique
    permettant d’être dépanné.



    Et ne pas
    oublier


    Un écran
    solaire indice 40 ou 50 résistant à l’eau

    Un répulsif
    type « insect ecran » très efficace. Il ne faut pas oublier que dans
    presque toute la zone tropicale sévit la dengue, une maladie jamais anodine
    transmise par les moustiques. De plus, comme dans toute l’Amérique
    Centrale, en fonction de la saison
    une chimioprophylaxie antipaludéenne est conseillée.

    Un chapeau ,
    un masque et des gants de protection solaire

    Des lunettes
    polarisantes

    Un sac étanche
    pour protéger les appareil photos de la forte humidité ambiante .

  • La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer n’est pas forcément une technique aussi mécanique et rébarbative que l’on veut bien le croire ou le dire. Elle peut paraître simpliste lorsqu’elle est pratiquée au petit bonheur la chance sur des poissons frais, mais devient intéressante et gratifiante lorsqu’elle est pratiquée, avec méthode et intuition, sur des poissons relativement éduqués. Sébastien Allatissière, le maître incontesté de la pêche au streamer en réservoir, va nous révéler l’essentiel de sa technique au fil de cet article. Vous y trouverez nombre des trucs qui lui ont permis et lui permettent encore de si souvent réussir en compétition.

    Par Philippe Collet


    La distance de lancer

    Tous ceux qui se sont frottés à Sébastien en compétition savent qu’il ne pêche pas dans le même plan d’eau que les autres. Il pose ses mouches régulièrement à très grande distance (au-delà de 35 mètres, parfois tout près de 40 mètres) et réalise quasi systématiquement des posés de qualité, bien en ligne. Il sollicite ainsi des poissons moins vigilants car se sentant en sécurité, hors d’atteinte. Il ne s’embarrasse alors pas à essayer de leurrer des poissons visibles en bordure. Il les intéressera à un moment ou un autre en ramenant ses mouches vers la berge.
    Le lancer à distance permet un gain d’efficacité considérable dans l’action de pêche. Les mouches non seulement pêchent plus loin, mais aussi beaucoup plus longtemps une fois en place, c’est-à-dire une fois arrivées à la bonne profondeur, bien en ligne avec la soie. Alors qu’un pêcheur moyen va pêcher efficacement sur environ 20-25 mètres, Sébastien le fera sur au moins 30-35 mètres, soit environ un tiers de plus, ce qui va lui permettre la mise en oeuvre efficace d’animations spécifiques. En posant ses mouches bien en ligne, Sébastien peut détecter la touche instinctive d’un poisson surpris par l’arrivée du leurre sur son territoire. Les posés en paquet, à grande distance, qui sont souvent l’apanage des soies de type shooting mal utilisées, ne permettent pas ces prises. Le poisson est le plus souvent affolé par la soie proche de la mouche. Si toutefois il s’empare de cette dernière, il peut la gober et la recracher plusieurs fois avant que le pêcheur n’ait résorbé les 3 ou 4 mètres de soie nécessaires à la prise de contact.

    Une couverture en éventail

    Sébastien veille à pêcher chaque poste en éventail. Si la configuration de l’arrière du poste le permet, il modifie son angle d’attaque à chaque lancer. Il se déplace aussi latéralement. Cela permet d’aborder les poissons différemment et d’éviter de matraquer systématiquement la même zone. La distance de lancer évoquée précédemment contribue aussi à augmenter l’intervalle entre les posés et à moins effaroucher les poissons.

    Ne pas hésiter à changer d’animation, de mouches, de soie

    Un autre secret de la réussite de Sébastien réside dans le changement régulier de mouches, de densité de soie et d’animation. Au moins, tant qu’il n’a pas trouvé une technique dont l’efficacité est flagrante. J’ai eu l’occasion de pêcher à côté de lui en compétition. Alors qu’il venait de prendre des poissons avec une technique, il rembobinait tranquillement sa soie, raccrochait sa mouche et changeait de canne, donc de densité de soie et de style de streamers. Il anticipait en fait l’accoutumance des poissons situés devant lui, en leur proposant autre chose, avant même d’enregistrer un ralentissement dans leur réaction. Pour ma part, je cherchais désespérément ce qui pouvait fonctionner et me serais volontiers cantonné à reproduire une technique efficace ! Tentant de copier ce qu’il faisait : mêmes soies, mêmes couleurs, je me suis vite retrouvé totalement déboussolé. N’essayez pas de “prendre” Sébastien au streamer, il est quasiment impossible de le suivre à cette technique. Il a déstabilisé plus d’un de ses voisins en compétition. Si vous pêchez pour le plaisir, pensez à changer régulièrement de poste pour solliciter des poissons “neufs”, alternez les animations, vous pourrez ensuite vous tourner vers un changement de mouches, puis de soie, jusqu’à trouver une technique qui vous permet d’enchaîner les prises de façon régulière. La journée passant, avec ses conditions météorologiques parfois changeantes, vous aurez intérêt à remettre votre technique en cause régulièrement pour continuer à toucher des poissons.

    Le matériel

    Pour cette pêche, Sébastien utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 7 ou de 8, des Loomis GLX 2 brins traditionnelles. Il ne s’embête pas avec les moulinets et se sert toujours de ses vieux Dragonfly Cartridge 395. Ses soies préférées sont les intermédiaires Partridge Réservoir en taille 7, les soies Airflo intermédiaires rapides et S3 (coulante de 3) traditionnelles Delta Polyfuse en 7, une S 6 Cortland s’apparentant plus à une S 4 ou une S 5 qu’il affectionne pour son placement rectiligne sous l’eau (pas de ventre). Sébastien pêche aussi au streamer en soie flottante avec une soie Cortland 444 SL en WF 7. Il utilise du fil fluorocarbone Falcon en 21,5, 19,8, 17,7 ou 15,9 centièmes. Les petits diamètres sont réservés à la pêche en soie flottante. Pour la pêche en soies plongeante ou intermédiaire,Sébastien noue ses mouches le plus souvent sur un 21,5. Il peut être amené à réduire à un 19,8 si l’eau est claire ou pour améliorer la nage de ses streamers si les poissons sont un peu trop regardants. Quand les poissons sont difficiles, la pêche en soie flottante permet à Sébastien de placer ses mouches au même niveau qu’avec une soie intermédiaire, mais de ralentir considérablement son animation. A ce moment-là, il doit réduire le diamètre du fil utilisé car l’animation lente laisse plus de temps au poisson pour observer le montage. Il peut pêcher plus fin car la soie flottante oppose moins d’inertie à la touche et l’animation plus douce occasionne moins de risques de casse.


    Les bas de ligne

    Le bas de ligne est raccordé directement à la boucle de la soie réalisée en nylon de 40 centièmes (montage détaillé dans le n° 64 de Pêches sportives). Sébastien réalise ses potences avec des noeuds de pendu à 4 et 4 tours ou, si le fil est fin, 4 et 5 tours pour le brin le plus fin. La potence est toujours réalisée avec le brin qui remonte vers la soie. Pour la pêche avec des soies plongeantes ou intermédiaires, il utilise le plus souvent du fluorocarbone de 21,5 centièmes et en noue de 1,80 m à 2 mètres, de la soie à la première mouche. Il espace ensuite les deux mouches de 2,20 m. Les potences mesurent de 15 à 25 cm. Elles font en fait 25 cm au départ de la partie de pêche et réduisent progressivement en taille au fur et à mesure des changements de streamers. Pour la pêche en soie flottante, les longueurs sont identiques, mais les diamètres de fil sont plus faibles : 19,8 entre la soie et la première mouche, 17,7 ou 15,9 entre les deux mouches. Sébastien peut aussi n’utiliser qu’un seul streamer, notamment lorsque l’eau est très claire. Il allonge alors son bas de ligne pour placer la mouche à environ 4 mètres de la soie.