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  • L’Europe milite pour une croissance et des emplois « bleus »

    L’Europe milite pour une croissance et des emplois « bleus »

    La Commission européenne a proposé fin août
    de créer une carte numérique des fonds marins des eaux européennes d’ici
    à 2020 en rassemblant toutes les données existantes dans une base de
    données unique. L’idée étant de réaliser un état des lieux des ressources et du
    potentiel des océans et des mers qui entourent l’Europe.

    Maria Damanaki, membre de la Commission chargé des affaires
    maritimes et de la pêche, a déclaré: « L’économie européenne peut tirer
    parti d’une approche plus structurée de la connaissance du milieu marin. Cette
    approche peut améliorer la compétitivité des personnes travaillant sur nos mers
    et nos côtes de 300 millions € par an et générer de nouveaux débouchés
    équivalent à 200 millions € par an. Il est plus difficile d’évaluer les
    bénéfices tirés d’une réduction des incertitudes, mais nous estimons qu’une
    réduction de 25 % par an des incertitudes concernant l’élévation future du
    niveau de la mer permettrait aux autorités chargées de la protection des côtes
    européennes d’économiser 100 millions € supplémentaires par an. Une première
    série de projets pilotes a montré que cette approche était réalisable. Nous
    nous appuierons sur les enseignements tirés de ces projets pilotes. »

    Les eaux européennes peuvent selon la Commission « générer des emplois motivants
    et gratifiants qui répondent aux attentes des jeunes, fournir l’énergie propre
    nécessaire afin d’éviter une catastrophe climatique, être la source de protéines
    pour un régime alimentaire sain et permettre d’obtenir des produits
    pharmaceutiques ou des enzymes à partir d’organismes qui vivent dans les
    conditions de température, d’obscurité et de pression les plus extrêmes. De
    plus, l’extraction en haute mer peut répondre à la demande mondiale croissante
    de matières premières. »
    Difficile de
    ne pas être effrayé par une telle initiative lorsqu’on connaît les lobbys en
    place à Bruxelles. Malgré une approche « durable », l’idée de
    réaliser un état des lieux des ressources afin de mieux les exploiter laisse
    songeur. Et il est permis de douter de l’utilisation de ces données, tant la
    possibilité du profit relègue souvent l’impératif écologique au rang du
    discours politique.